{"id":4867,"date":"2017-08-13T09:10:49","date_gmt":"2017-08-13T09:10:49","guid":{"rendered":"http:\/\/jailu.mllambert.com\/?p=4867"},"modified":"2023-07-14T11:08:00","modified_gmt":"2023-07-14T11:08:00","slug":"le-tueur-du-dimanche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2017\/08\/13\/le-tueur-du-dimanche\/","title":{"rendered":"LE TUEUR DU DIMANCHE, de JOS\u00c9 GIOVANNI"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><strong><em>*Une seule question : pourquoi est-ce que vous<br \/>\ndescendez une femme par dimanche? Merde,<br \/>\nqu\u2019est-ce qu\u2019on lui racontait l\u00e0? \u00c0 cette seconde,<br \/>\nil sentit le canon d\u2019une arme qui lui entrait dans<br \/>\nla bouche jusqu\u2019au gosier en lui donnant envie<br \/>\nde vomir.*<br \/>\n<\/em><\/strong>(Extrait\u00a0: LE TUEUR DU DIMANCHE, Jos\u00e9 Giovanni,<br \/>\n\u00c9ditions Gallimard, 1985, num\u00e9rique, 126 pages.)<\/h1>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"right\"><a href=\"http:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-4878\" style=\"border: 0px;\" title=\"le-tueur-du-dimanche-1\" src=\"http:\/\/jailu.mllambert.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-1-187x300.jpg\" alt=\"\" width=\"187\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-1-187x300.jpg 187w, https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-1-639x1024.jpg 639w, https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-1.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 187px) 100vw, 187px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>\u00c0 Gen\u00e8ve, un tueur en s\u00e9rie assassine des femmes \u00e0 coups de couteau \u00e0 raison d\u2019une par dimanche matin. Un point en commun chez les victimes : elles sont riches. L\u2019enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e au commissaire Kramer mais le policier \u00e9prouve beaucoup de difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir un profil pr\u00e9cis du tueur qui n\u2019a apparemment pas de mobile. Pourquoi seulement des femmes, et pourquoi seulement le dimanche? Alors qu\u2019un vent de panique gagne la ville de Gen\u00e8ve, le commissaire Kramer va recevoir l\u2019aide inattendue de Rufus, un ouvrier de fonderie qui se trouverait m\u00eal\u00e9 tout \u00e0 fait par hasard \u00e0 ces crimes.\u00a0<\/strong><\/p>\n<h1 align=\"center\"><span style=\"font-size: 24px;\"><strong><span style=\"color: #800000;\">Des dimanches mortels<\/span><\/strong><\/span><br \/>\n<strong><em>*Des petits chocs heurt\u00e8rent la poitrine de<br \/>\nl\u00e9opold. \u00c7a ne faisait pas mal. Comme si<br \/>\non l\u2019avait touch\u00e9 du doigt. Mais il \u00e9touffa,<br \/>\nouvrit sa bouche, tr\u00e8s grande, sentit la<br \/>\nrambarde contre son dos et ne vit m\u00eame<br \/>\npas que la neige rougissait.*<br \/>\n<\/em><\/strong>(Extrait\u00a0: LE TUEUR DU DIMANCHE)<\/h1>\n<p>LE TUEUR DU DIMANCHE est un roman policier tout \u00e0 fait typique de la S\u00c9RIE NOIRE de Gallimard qui propose une forme particuli\u00e8re de litt\u00e9rature polici\u00e8re \u00e9voquant le c\u00f4t\u00e9 obscur de la Soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est une de mes rares incursions dans la S\u00c9RIE NOIRE et je dois dire que le TUEUR DU DIMANCHE m\u2019a gard\u00e9 en haleine du d\u00e9but \u00e0 la fin.<\/p>\n<p>D\u2019abord, c\u2019est un roman assez bref, 125 pages. Pas de longueurs, pas d\u2019errance. Giovanni ne tourne pas autour du pot et plonge dans le vif du sujet d\u00e8s le d\u00e9part : un meurtre \u00e0 la page 1. Puis tout s\u2019encha\u00eene rapidement. Le policier Kramer et ses acolytes, d\u2019abord tourn\u00e9s en bourriques vont d\u2019indice en indice puis tout finit par se pr\u00e9ciser.<\/p>\n<p>Et pour ajouter \u00e0 la tension du lecteur, tout porte \u00e0 croire qu\u2019on a coinc\u00e9 puis abattu le meurtrier\u2026surprise impr\u00e9visible pour le lecteur coinc\u00e9 lui aussi dans une intrigue puissamment ficel\u00e9e, ce n\u2019\u00e9tait pas le bon\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est un roman tr\u00e8s violent dans lequel les meurtres s\u2019accumulent. Mais ce qui m\u2019a surtout saut\u00e9 aux yeux, c\u2019est la violence du langage et \u00e7a va bien au-del\u00e0 du langage populaire. L\u2019\u00e9criture est tr\u00e8s argotique, glauque, froide, directe et d\u2019une crudit\u00e9 pour le moins implacable\u00a0: <strong><em>*On t\u2019aura, esp\u00e8ce de fumier!&#8230;on te plombera!&#8230;cent kilos de plomb dans tes tripes de pourceau! <\/em><\/strong>(Extrait) <strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Le traducteur s\u2019est donn\u00e9 libre cours comme on voit. <strong><em>*Le sang noyait les cartilages bris\u00e9s et le truand vomissait d\u00e9j\u00e0 le reste de ses dents. Sur le trottoir noy\u00e9 de bave on ne le voyait pas. Mais dans la bouche de leur propri\u00e9taire, \u00e7a faisait un sacr\u00e9 vide. <\/em><\/strong>(Extrait) Il serait int\u00e9ressant de voir ce que \u00e7a donnerait en jargon qu\u00e9b\u00e9cois. Quoiqu\u2019il en soit, prendre autant de libert\u00e9 dans une traduction peut-\u00eatre parfois aga\u00e7ant.<\/p>\n<p>L\u2019auteur est plus nuanc\u00e9 quand il d\u00e9crit la mort des victimes du TUEUR DU DIMANCHE, de quoi entretenir les \u00e9motions d\u00e9j\u00e0 fortes du lecteur\u00a0: <strong><em>*Mme Risler se sentit touch\u00e9e \u00e0 la poitrine\u2026elle heurta la terre battue\u2026le regard gris-bleu qui avait chauff\u00e9 les tempes de plus d\u2019un homme se r\u00e9vulsa. Sa vie n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un \u00e9norme tampon d\u2019ouate qui l\u2019\u00e9touffait et, elle e\u00fbt, pour finir, la sensation qu\u2019on lui maintenait la t\u00eate dans une piscine remplie de lait. Et ce fut tout.*<\/em><\/strong>(extrait)<\/p>\n<p>Quand on lit ce genre de polar noir pour la premi\u00e8re fois, \u00e7a donne un coup, tellement l\u2019\u00e9criture est descriptive, et la trame violente. M\u00eame si l\u2019\u00e9criture est teint\u00e9e d\u2019argots, je la trouve sup\u00e9rieure \u00e0 beaucoup de polars que j\u2019ai lus comme la s\u00e9rie <a href=\"http:\/\/jailu.mllambert.com\/?p=3086\">San Antonio<\/a> dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 sur ce site.<\/p>\n<p>Bref, ce livre m\u2019a remu\u00e9. Il est assez court. Il se lit vite et bien. Les personnages ne sont pas particuli\u00e8rement attachants mais l\u2019auteur a fait preuve de beaucoup d\u2019imagination et en ce qui me concerne en tout cas, il a su m\u2019agripper d\u00e8s le d\u00e9part. Rythme rapide et sans retenue caract\u00e9risent ce polar tr\u00e8s noir.<\/p>\n<p>C\u2019est cette lecture qui m\u2019avait donn\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019en savoir plus sur la S\u00c9RIE NOIRE de GALLIMARD. Cette impressionnante collection fait l\u2019objet d\u2019un commentaire sur ce site. Cliquez <a href=\"http:\/\/jailu.mllambert.com\/?p=4622\">ici\u00a0<\/a>.<\/p>\n<p>Suggestion e lecture : <a href=\"https:\/\/jailu.mllambert.com\/2022\/01\/23\/a-lombre-de-la-montagne-de-kathleen-brassard\/\">\u00c0 L&rsquo;OMBRE DE LA MONTAGNE<\/a>, de Kathleen Brassard<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4889\" style=\"border: 0px;\" title=\"le-tueur-du-dimanche-2\" src=\"http:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-2.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"504\" srcset=\"https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-2.jpg 400w, https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-2-238x300.jpg 238w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Jos\u00e9 Giovanni est un auteur, r\u00e9alisateur et sc\u00e9nariste fran\u00e7ais n\u00e9 \u00e0 Paris en 1923. Condamn\u00e9 \u00e0 mort en 1948 pour complicit\u00e9 dans une affaire de meurtre, Joseph Giovanni \u00e9chappera finalement de peu \u00e0 la guillotine, sa peine \u00e9tant commu\u00e9e par l\u2019\u00e9tat en 20 ans de travaux forc\u00e9s. Il est lib\u00e9r\u00e9 en 1956. Mais c\u2019est dans le Couloir de la Mort qu\u2019il s\u2019oriente vers l\u2019\u00e9criture. <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Son premier r\u00e9cit relatant sa tentative d\u2019\u00e9vasion de la prison de la sant\u00e9, LE TROU est publi\u00e9 chez Gallimard en 1957. Une vingtaine de romans suivront dont plusieurs chefs d\u2019\u0153uvres du roman noir, une quinzaine de sc\u00e9narios et 20 films dont LE CLAN DES SICILIENS. \u00a0En fait, c\u2019est l\u2019\u00e9criture qui a rescap\u00e9 <\/strong><a href=\"https:\/\/anardedroite.wordpress.com\/category\/jose-giovanni\/\"><strong>Jos\u00e9 Giovanni<\/strong><\/a><strong>. Il a \u0153uvr\u00e9 avec passion jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 2004.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-4894 size-medium\" style=\"border: 0px;\" title=\"le-tueur-du-dimanche-3\" src=\"http:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-3-300x232.jpeg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"232\" srcset=\"https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-3-300x232.jpeg 300w, https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/le-tueur-du-dimanche-3.jpeg 352w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p><strong>LE TUEUR DU DIMANCHE a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 pour la t\u00e9l\u00e9vision, r\u00e9alis\u00e9 par l\u2019auteur lui-m\u00eame, Jos\u00e9 Giovanni en 1985. On retrouve dans la distribution George Wod dans le r\u00f4le du commissaire Kramer et Rufus (photo) dans le r\u00f4le de L\u00e9opold.<\/strong><\/p>\n<p>BONNE LECTURE<br \/>\nJAILU\/Claude Lambert<br \/>\nle dimanche 13 ao\u00fbt 2017<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Gen\u00e8ve, des femmes riches sont assassin\u00e9es \u00e0 raison d\u2019une par dimanche.  L&rsquo;enqu\u00eate s&rsquo;annonce difficile. LE TUEUR DU DIMANCHE de Jos\u00e9 Giovanni.  <a href=\"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2017\/08\/13\/le-tueur-du-dimanche\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\"> \u00bb<\/span><\/a><\/p>\n<div class='heateorSssClear'><\/div><div style=\"float:right\" class='heateor_sss_sharing_container heateor_sss_horizontal_sharing' data-heateor-sss-href='https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2017\/08\/13\/le-tueur-du-dimanche\/'><div class='heateor_sss_sharing_title' style=\"font-weight:bold\" ><\/div><div class=\"heateor_sss_sharing_ul\"><a style=\"padding:7.35px 0 !important\" class=\"heateor_sss_facebook_share\"><div class=\"fb-share-button\" data-href=\"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2017\/08\/13\/le-tueur-du-dimanche\/\" data-layout=\"button\"><\/div><\/a><\/div><div class=\"heateorSssClear\"><\/div><\/div><div class='heateorSssClear'><\/div>","protected":false},"author":3,"featured_media":4878,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[583,1343,1346,1795,1828,1845],"class_list":["post-4867","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-compterendus","category-critiques","tag-enquete","tag-polar","tag-policier","tag-tueur-en-serie","tag-victimes-riches","tag-violence"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4867","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4867"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4867\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18367,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4867\/revisions\/18367"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4878"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4867"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4867"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4867"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}