{"id":5374,"date":"2017-12-10T09:46:08","date_gmt":"2017-12-10T09:46:08","guid":{"rendered":"http:\/\/jailu.mllambert.com\/?p=5374"},"modified":"2023-11-02T12:56:42","modified_gmt":"2023-11-02T12:56:42","slug":"liroquois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2017\/12\/10\/liroquois\/","title":{"rendered":"L&rsquo;IROQUOIS, le livre de PASCAL MILLET"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><strong><em>*Pierrot a effleur\u00e9 le sein et Sabrina a tir\u00e9. Elle a tir\u00e9 en l\u2019air, vid\u00e9 tout le r\u00e9volver avant<br \/>\nde le reposer sur le front de Pierrot et de tirer encore, \u00e0 vide. \u2013Tu ne regarderas plus<br \/>\njamais une fille de la m\u00eame mani\u00e8re\u2026* <\/em><\/strong>(Extrait\u00a0: L\u2019IROQUOIS, Pascal Millet, XYZ \u00c9diteur,<br \/>\ncollection Romanichels, 2006, \u00e9dition de papier, 110 pages)<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"right\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-13161  alignleft\" style=\"border: 0px;\" title=\"capture-decran-2016-08-16-a-14-19-52\" src=\"http:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/12\/14-199x300.jpg\" alt=\"\" width=\"234\" height=\"346\" \/> <strong>Deux jeunes : Pierrot et Julien, d\u00e9couvrent le cadavre de leur m\u00e8re, pendue au portemanteau. Sa langue \u00e9tait sortie de sa bouche, toute bleue. Pierrot s\u2019est mis \u00e0 fouiller dans les affaires de sa m\u00e8re, pour trouver n\u2019importe quoi d\u2019utile, de l\u2019argent surtout, car il voulait partir\u2026gagner l\u2019Am\u00e9rique. Julien lui,\u00a0 pr\u00e9f\u00e9rait rester. Finalement, l\u2019occasion se pr\u00e9sente. L\u2019id\u00e9e que Pierrot et Julien se faisait de l\u2019Am\u00e9rique \u00e9tait passablement exotique : la qualit\u00e9 de vie, les grands espaces et\u2026les indiens\u2026Pour les gar\u00e7ons, ce qui s\u2019annon\u00e7ait comme une odyss\u00e9e devient un cauchemar et m\u00eame pire.<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"font-size: 24px; color: #993300;\"><strong>UN MONDE POURRI<\/strong><\/span><br \/>\n<strong><em>*Il s\u2019est mis \u00e0 ramper, le revolver \u00e0 la main. Il avan\u00e7ait<br \/>\nsur ses coudes\u2026se retournait pour v\u00e9rifier si j\u2019\u00e9tais<br \/>\ntoujours au milieu des ronces, avec des \u00e9pines dans le<br \/>\ncul\u2026Il y avait un grand parking, la maison de l\u2019ogre, et,<br \/>\nplus haut, le ciel bleu avec, en dessous, un bleu que<br \/>\njamais je n\u2019avais vu. \u00abOn est arriv\u00e9s, j\u2019ai murmur\u00e9.<br \/>\nC\u2019est la mer.\u00bb*<br \/>\n<\/em><\/strong>(Extrait\u00a0: L\u2019IROQUOIS)<\/p>\n<p>Il y a longtemps que je n\u2019avais lu un drame psychologique. Ce genre litt\u00e9raire a toujours repr\u00e9sent\u00e9 un d\u00e9fi pour moi car il appelle \u00e0 la compr\u00e9hension de l\u2019Esprit humain en mettant l\u2019emphase sur la psychologie des personnages, donc les drames qui marquent leur vie et par la bande, leurs motivations, \u00e9tats d\u2019\u00e2me et enfin leurs r\u00e9solutions et leur destin\u00e9e.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le suicide de leur m\u00e8re, Julien Henry, 11 ans et son fr\u00e8re, Pierrot, 14 ans d\u00e9cident de quitter la ville et de partir \u00e0 la recherche de la mer et du navire qui les m\u00e8nera en Am\u00e9rique du nord, le pays selon les apparences riche en promesse, l\u00e0 o\u00f9 se trouvent la libert\u00e9, le bonheur et le pays des Iroquois. Cet id\u00e9al bien justifiable est celui de Pierrot.<\/p>\n<p>Julien lui, est beaucoup plus jeune et se contente de suivre. Une chose est s\u00fbre, les deux gar\u00e7ons sont \u00e0 la recherche d\u2019un bonheur qui ne viendra jamais.<\/p>\n<p>Donc L\u2019IROQUOIS est l\u2019histoire d\u2019une qu\u00eate du bonheur pour deux jeunes gar\u00e7ons appel\u00e9s \u00e0 devenir adultes beaucoup trop vite et pour qui la d\u00e9sillusion sera d\u2019une cruaut\u00e9 horrifiante car s\u2019ils s\u2019attendaient \u00e0 trouver le bonheur, ils n\u2019auront trouv\u00e9 finalement qu\u2019\u2019un monde totalement pourri qui se d\u00e9compose dans la violence, le vice et l\u2019hypocrisie.<\/p>\n<p>Alors que son r\u00eave lui \u00e9chappe, Pierrot devient graduellement l\u2019IROQUOIS, ce personnage de l\u00e9gende, symbole de force et de libert\u00e9 qu\u2019il souhaitait tant rencontrer :<\/p>\n<p><strong><em>*Il a fini par ressembler \u00e0 un indien, surtout apr\u00e8s s\u2019\u00eatre appliqu\u00e9 tous les produits de beaut\u00e9 d\u2019Alex sur la gueule. Mascara, rouge \u00e0 l\u00e8vre et fond de teint, il a trac\u00e9 des ronds et des \u00e9clairs, des trucs qui donnaient la frousse et cassaient les angles de son visage. Je savais aussi qu\u2019en \u00e9tant indien, il allait redevenir m\u00e9chant, se mettre \u00e0 danser, \u00e0 tourner et \u00e0 crier comme un fou. Que dans sa t\u00eate \u00e7a s\u2019embrouillerait un peu plus et que jamais plus, on ne pourrait \u00e9crire, en gros et dans sa marge, que la vie c\u2019\u00e9tait pas comme au cin\u00e9ma.*<\/em><\/strong> (Extrait)<\/p>\n<p>Pascal Millet signe un roman tr\u00e8s dur et violent, mais la plume est aussi belle que puissante, juste ce qu\u2019il faut pour raconter un monde cruel, instable et \u00e9go\u00efste \u00e0 travers les yeux et le c\u0153ur d\u2019un enfant de 11 ans : Julien, le narrateur de l\u2019histoire, un peu victime de sa puret\u00e9, de sa na\u00efvet\u00e9.<\/p>\n<p>On ne peut que s\u2019attacher \u00e0 cet enfant et avoir du chagrin de le sentir \u00e9voluer dans la violence au quotidien et on peut comprendre pourquoi il n\u2019arrive pas \u00e0 saisir ce qui se passe dans la t\u00eate de son fr\u00e8re qui n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une victime malheureuse de sa d\u00e9sillusion.<\/p>\n<p>L\u2019auteur donne le ton d\u00e8s le d\u00e9but du roman :<strong> *En vrai, \u00e7a a commenc\u00e9 en rentrant de l\u2019\u00e9cole, quand on a trouv\u00e9 maman dans le couloir. Elle \u00e9tait blanche et pendue au porte-manteau\u2026*<\/strong> (Extrait) et par la suite, c\u2019est une errance de Julien et Pierrot qui conna\u00eetra une fin dramatique, ce dernier ne portant que la haine dans son c\u0153ur, alors qu\u2019il criera pour une ultime fois : <strong>*Je suis un IROQUOIS*<\/strong>.<\/p>\n<p>Telle est cette histoire de Pascal Millet, une qu\u00eate du bonheur qui devient rapidement une errance sur une route qui finit en cul-de-sac et qui est marqu\u00e9e par le d\u00e9sespoir. C\u2019est un roman noir mais fort, \u00e9mouvant et sensible et surtout tr\u00e8s bien \u00e9crit qui suit deux \u00e2mes en peine qui ne verront jamais le pays des Iroquois.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/1562668_11278839-expobibli-s114d.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-5386\" style=\"border: 0px none;\" title=\"1562668_11278839-expobibli-s114d\" src=\"http:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/1562668_11278839-expobibli-s114d.jpg\" alt=\"\" width=\"539\" height=\"306\" srcset=\"https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/1562668_11278839-expobibli-s114d.jpg 539w, https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/1562668_11278839-expobibli-s114d-300x170.jpg 300w, https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/1562668_11278839-expobibli-s114d-500x284.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 539px) 100vw, 539px\" \/><\/a><strong>Pascal Millet est n\u00e9 en France et a v\u00e9cu plus de douze ans au Qu\u00e9bec. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 guide aux baleines dans la r\u00e9gion de Tadoussac, il a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al et a travaill\u00e9 comme r\u00e9dacteur scientifique pour le <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/fr\/environnement-changement-climatique\/services\/sciences-technologies\/centres\/quebec.html\">Centre Saint-Laurent<\/a> (Environnement Canada). <\/strong><\/p>\n<p><strong>Auteur de nouvelles, de romans noirs et de livres pour la jeunesse, il vit pr\u00e9sentement en Bretagne o\u00f9 il anime des ateliers d\u2019\u00e9criture dans des \u00e9tablissements scolaires et p\u00e9nitentiaires. Plusieurs de ses nouvelles ont \u00e9t\u00e9 traduites en anglais et en espagnol.<\/strong><\/p>\n<h1><span style=\"color: #333300;\">Bonne lecture<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #333300;\"> Jailu\/Claude Lambert<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #333300;\">Le dimanche 10 d\u00e9cembre 2017<\/span><\/h1>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deux adolescents gagnent l&rsquo;Am\u00e9rique, pour eux, le pays des Iroquois.  l&rsquo;errance de deux \u00e2mes en peine. Je commente  L&rsquo;IROQUOIS de Pascal Millet.  <a href=\"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2017\/12\/10\/liroquois\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\"> \u00bb<\/span><\/a><\/p>\n<div class='heateorSssClear'><\/div><div style=\"float:right\" class='heateor_sss_sharing_container heateor_sss_horizontal_sharing' data-heateor-sss-href='https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2017\/12\/10\/liroquois\/'><div class='heateor_sss_sharing_title' style=\"font-weight:bold\" ><\/div><div class=\"heateor_sss_sharing_ul\"><a style=\"padding:7.35px 0 !important\" class=\"heateor_sss_facebook_share\"><div class=\"fb-share-button\" data-href=\"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2017\/12\/10\/liroquois\/\" data-layout=\"button\"><\/div><\/a><\/div><div class=\"heateorSssClear\"><\/div><\/div><div class='heateorSssClear'><\/div>","protected":false},"author":3,"featured_media":13161,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[47,151,457,509,1172,1404,1845],"class_list":["post-5374","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-compterendus","category-critiques","tag-adolescents","tag-aventure","tag-desillusion","tag-drame","tag-naivete","tag-psychologie","tag-violence"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5374","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5374"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5374\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":19914,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5374\/revisions\/19914"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13161"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5374"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5374"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5374"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}