{"id":9514,"date":"2020-03-01T09:56:26","date_gmt":"2020-03-01T09:56:26","guid":{"rendered":"http:\/\/jailu.mllambert.com\/?p=9514"},"modified":"2025-11-13T21:21:21","modified_gmt":"2025-11-13T21:21:21","slug":"je-mennuie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2020\/03\/01\/je-mennuie\/","title":{"rendered":"JE M&rsquo;ENNUIE, le livre de MICHELINE CUMANT"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\"><strong><em>*Ch\u00e9ri, me demande-t-elle, est-ce ennuyeux de ne rien faire ? \u2013Non mais c\u2019est terriblement fatiguant. On cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment quelque chose \u00e0 faire, on fait de tels efforts que quand on l\u2019a trouv\u00e9, on en plus l\u2019envie ni le courage. Alors que faire ? -Tu vois, tu cherches d\u00e9j\u00e0.* <\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\" align=\"center\">(Extrait de la premi\u00e8re nouvelle du m\u00eame titre que le recueil JE M\u2019ENNUIE, Micheline Cumant, \u00c9ditions BoD num\u00e9rique, 2005, 200 pages)<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/je-mennuie...1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-9516\" style=\"border: 0px none;\" title=\"je-mennuie-1\" src=\"http:\/\/jailu.mllambert.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/je-mennuie...1-189x300.jpg\" alt=\"\" width=\"189\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/je-mennuie...1-189x300.jpg 189w, https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/je-mennuie...1.jpg 353w\" sizes=\"auto, (max-width: 189px) 100vw, 189px\" \/><\/a><strong>S<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>ennuyer<\/strong><strong>\u2026<\/strong><strong>concerne tout le monde et toutes les <\/strong><strong>\u00e9poques. Que l\u2019<\/strong><strong>on soit un artiste-peintre, une comptable, un chevalier du Moyen-<\/strong><strong>\u00e2<\/strong><strong>ge, une vache&#8230; nous sommes tous confront<\/strong><strong>\u00e9s \u00e0 ce vilain parasite <\/strong><strong>que constitue l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>ennui. Ce recueil <\/strong><strong>d\u00e9crit des personnages qui ont tous un point en commun<\/strong><strong>\u00a0: ils s<\/strong><strong>\u2018<\/strong><strong>ennuient &#8230;et cet ennui les pousse <\/strong><strong>\u00e0 agir d\u2019<\/strong><strong>une certaine fa<\/strong><strong>\u00e7on\u2026<\/strong><strong>logique ou non, selon les circonstances personnelles et historiques. M<\/strong><strong>\u00ea<\/strong><strong>me les vaches et les pianos peuvent le dire. Il suffit presque d<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>\u00e9changer sur la question pour effacer la m\u00e9lancolie induite par l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>ennui. \u00c7a en est distrayant\u2026<\/strong><\/p>\n<p align=\"center\"><span style=\"font-size: 24px;\"><strong>UNE APOLOGIE DE L&rsquo;ENNUI<\/strong><\/span><br \/>\n<strong><em>*L\u2019ennui de la vie au couvent lui ayant inspir\u00e9<br \/>\nd\u2019amener un homme de Dieu au bord du<br \/>\npr\u00e9cipice, la Comtesse en conclut que ce<br \/>\nsentiment est le pire des ennemies de la<br \/>\nvertu.*<br \/>\n<\/em><\/strong>(Extrait de la nouvelle DE VERSAILLES AU COUVENT,<br \/>\nrecueil JE M\u2019ENNUIE)<\/p>\n<p>Tout le monde est, t\u00f4t ou tard, victime de cette plaie qu\u2019on appelle l\u2019ennui. J\u2019ai trouv\u00e9 l\u2019ensemble original parce que l\u2019auteure semble vouloir vider la question de l\u2019ennui \u00e0 travers quatorze nouvelles qui d\u00e9veloppent toutes les facettes de l\u2019ennui : indiff\u00e9rence, solitude, m\u00e9lancolie, d\u00e9saffectation, lassitude, personne blas\u00e9e et j\u2019en passe.<\/p>\n<p>Je n\u2019avais jamais r\u00e9alis\u00e9 que l\u2019ennui pouvait avoir autant de tentacules, autant de corollaires. L\u2019auteure utilise un certain pouvoir empathique et va jusqu\u2019\u00e0 se mettre \u00e0 la place de la Tour Eiffel :<\/p>\n<p><strong><em>*Des po\u00e8tes ont fait une p\u00e9tition contre moi, ils m\u2019ont trait\u00e9e de lampadaire, de squelette, de chemin\u00e9e d\u2019usine\u2026et un historien d\u2019art a dit un jour qu\u2019il habitait \u00abau pied du monument le plus laid de Paris\u00bb*<\/em><\/strong> (Extrait) Et maintenant que Paris a accept\u00e9 la tour comme symbole, s\u2019ennuie-t-elle toujours?<\/p>\n<p>En plus de d\u00e9crire et de d\u00e9noncer d\u2019une certaine fa\u00e7on les cons\u00e9quences et implications de l\u2019ennui comme l\u2019errance par exemple qui fait l\u2019objet d\u2019une nouvelle tr\u00e8s int\u00e9ressante du recueil, <strong><em>*Je suis le Seigneur Enguerrand qui \u00e8re dans son ch\u00e2teau retrouv\u00e9 mais que les murs ne peuvent plus reconna\u00eetre\u2026*<\/em><\/strong> (Extrait)<\/p>\n<p>Il y a aussi le vice: une tare qui affectait entre autre la derni\u00e8re ma\u00eetresse de sa majest\u00e9 Louis XV, la comtesse du Barry <strong><em>: *L\u2019ennui \u00e9tant un diable qui poussait au vice, elle chercha dans son entourage quelque personne \u00e0 s\u00e9duire ou, \u00e0 d\u00e9faut, \u00e0 tourmenter\u2026*<\/em><\/strong> (Extrait de la nouvelle DE VERSAILLES AU COUVENT), l\u2019auteure donne vie et parole \u00e0 des objets. La tour Eiffel est un exemple.)<\/p>\n<p>Un autre exemple m\u2019am\u00e8ne \u00e0 parler de ma nouvelle pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e dans ce recueil. Avez-vous d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9 de vous mettre \u00e0 la place d\u2019un piano? Avez-vous d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9 que cet instrument pouvait s\u2019ennuyer \u00e0 mourir? Avec une plume d\u2019une remarquable sensibilit\u00e9, l\u2019auteure nous am\u00e8ne, le temps d\u2019une douce rafale de mots, \u00e0 devenir un piano\u2026un petit \u00e9pisode \u00e0 saveur onirique qui nous fait vivre le quotidien de cet instrument fier et prestigieux :<\/p>\n<p><strong><em>*\u2026j\u2019ai \u00e9t\u00e9 choisi par cet humain \u00abqui d\u00e9bute\u00bb, pas grave, il pose les doigts sur les touches, pas tr\u00e8s adroit, mais il fait attention. H\u00e9las, il n\u2019est pas patient et quand il n\u2019arrive pas \u00e0 la fin de son petit morceau, il me crie dessus\u2026* <\/em><\/strong>(Extrait de la nouvelle LES GAMMES)<\/p>\n<p>L\u2019auteure donne aussi vie et parole \u00e0 des animaux comme le sugg\u00e8re la page couverture\u2026encore un peu de cette empathie bien sp\u00e9ciale s\u2019il-vous-plait : Voici la parfaite vie de vache : brouter, ruminer, dormir, regarder passer les trains jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il n\u2019y ait plus de trains\u2026<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9t\u00e9 s\u00e9duit par ce petit recueil. La plume est fluide et l\u2019expression du langage d\u2019une grande simplicit\u00e9. L\u2019ensemble est original et je crois que l\u2019auteure a relev\u00e9 un d\u00e9fi tr\u00e8s int\u00e9ressant en d\u00e9veloppant un th\u00e8me un peu abstrait : l\u2019ennui et les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui induisent cet ennui : la monotonie, la lassitude, le d\u00e9s\u0153uvrement.<\/p>\n<p>Il faut l\u2019admettre, tout le monde a, t\u00f4t ou tard comme une esp\u00e8ce de vide int\u00e9rieur qui nous enl\u00e8ve go\u00fbt, volont\u00e9 et int\u00e9r\u00eat. Pour les humains, c\u2019est un d\u00e9sagr\u00e9ment temporaire\u2026enfin dans la plupart des cas. D\u00e9crire l\u2019ennui des objets apporte \u00e0 l\u2019ensemble un caract\u00e8re singulier, original. Et voil\u00e0 l\u2019ennui sch\u00e9matis\u00e9, d\u00e9dramatis\u00e9, dessin\u00e9 presque \u00e0 la perfection.<\/p>\n<p>Je crois que l\u2019auteure a eu un \u00e9clair d\u2019inspiration. Il fallait y penser : d\u00e9cortiquer l\u2019ennui avec distinction, \u00e9l\u00e9gance et pour certaines nouvelles, une \u00e9criture qui fr\u00f4le la po\u00e9sie. Un certain sens de l\u2019humour vient \u00e9gayer tout l\u2019ensemble. Ce n\u2019est peut-\u00eatre pas un livre appel\u00e9 \u00e0 enflammer la litt\u00e9rature et passer \u00e0 l\u2019histoire mais je l\u2019ai trouv\u00e9 int\u00e9ressant et divertissant et je vous le recommande ne serait-ce que pour sortir des sentiers battus.<\/p>\n<p>Suggestion de lecture : <a href=\"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2017\/04\/02\/bastien-gamin-de-paris\/\">BASTIEN GAMIN DE PARIS<\/a>, de Bertrand Solet<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/je-mennuie...2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-9519\" style=\"border: 0px none;\" title=\"je-mennuie-2\" src=\"http:\/\/jailu.mllambert.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/je-mennuie...2-300x234.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"234\" srcset=\"https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/je-mennuie...2-300x234.jpg 300w, https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/je-mennuie...2-384x300.jpg 384w, https:\/\/biblioclo.com\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/je-mennuie...2.jpg 587w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><strong>Sur <\/strong><a href=\"https:\/\/www.atramenta.net\/authors\/micheline-cumant\/71202\"><strong>Atramenta.net<\/strong><\/a><strong>, Micheline Cumant se pr\u00e9sente de cette fa\u00e7on\u00a0: *violoncelliste de formation, musicologue, professeur de bridge\u2026on fait ce qu\u2019on peut ! J\u2019ai toujours \u00e9crit mais il a fallu la venue du Net pour que je me lance dans l\u2019auto-\u00e9dition. Je suis publi\u00e9e chez Books on Demand et Amazon create space. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Je donne aussi bien dans le roman, le roman policier, le fantastique que dans le livre pratique (musique, partitions, jeux de soci\u00e9t\u00e9). Je d\u00e9cris plus facilement les petits pas-dou\u00e9s que les h\u00e9ros, mon chat est un d\u00e9tective, et mes personnages \u00e9coutent Jean-S\u00e9bastien\u00a0 Bach au milieu des tours de la D\u00e9fense\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Bonne lecture<br \/>\nClaude Lambert<br \/>\nle dimanche 1er mars 2020<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il suffit d\u2019\u00e9changer sur la question pour effacer la m\u00e9lancolie induite par l\u2019ennui. \u00c7a en est distrayant\u2026je commente. JE M&rsquo;ENNUIE de Micheline Cumant.  <a href=\"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2020\/03\/01\/je-mennuie\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\"> \u00bb<\/span><\/a><\/p>\n<div class='heateorSssClear'><\/div><div style=\"float:right\" class='heateor_sss_sharing_container heateor_sss_horizontal_sharing' data-heateor-sss-href='https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2020\/03\/01\/je-mennuie\/'><div class='heateor_sss_sharing_title' style=\"font-weight:bold\" ><\/div><div class=\"heateor_sss_sharing_ul\"><a style=\"padding:7.35px 0 !important\" class=\"heateor_sss_facebook_share\"><div class=\"fb-share-button\" data-href=\"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/2020\/03\/01\/je-mennuie\/\" data-layout=\"button\"><\/div><\/a><\/div><div class=\"heateorSssClear\"><\/div><\/div><div class='heateorSssClear'><\/div>","protected":false},"author":3,"featured_media":9516,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[461,581,607,975,1096,1138,1404,1453,1623],"class_list":["post-9514","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-compterendus","category-critiques","tag-desoeuvrement","tag-ennui","tag-errance","tag-lassitude","tag-melancolie","tag-monotonie","tag-psychologie","tag-recueil-de-nouvelles","tag-solitude"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9514","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9514"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9514\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18823,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9514\/revisions\/18823"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9514"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9514"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/biblioclo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9514"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}