IMMORTELLE RANDONNÉE (1) Compostelle malgré moi

Commentaire (partie 1) sur le livre de
JEAN-CHRISTOPHE RUFIN

*Le Chemin est une alchimie du temps sur l’âme. C’est
un processus qui ne peut être immédiat ni même rapide.
Le pèlerin qui enchaîne les semaines à pied en fait
l’expérience. *
(Extrait : IMMORTELLE RANDONNÉE, Jean-Christophe Rufin,
Édition de papier, illustrée, Gallimard éditeur, 2013, 240 pages)

La marche de Compostelle a comme but d’atteindre le tombeau de l’apôtre Saint Jacques le Majeur situé dans la crypte de la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle en Galice (Espagne). Semé de nombreuses démonstrations de ferveur, de pénitence, d’hospitalité, d’art et de culture, le chemin de Compostelle évoque de manière éloquente les racines spirituelles du vieux continent.

La photo montre la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle, aboutissement ultime du pèlerinage, la plus importante route de pèlerinage au monde. Cet imposant bâtiment est le foyer de la plus profonde dévotion catholique.

APRÈS LE RÉCIT, L’ALBUM DE L’ÉTONNANT VOYAGE D’UN ÉCRIVAIN NOMADE, ASSORTI D’ILLUSTRATIONS DE L’AUTEUR ET DE PHOTOS INÉDITES. Le texte intégral accompagné de 130 photos et dessins. Un mois sur le Camino del Norte, de Bayonne à Santiago, 40 kilomètres de marche par jour : étape après étape, Jean-Christophe Rufin, infecté par le virus de Saint-Jacques, se transforme en clochard céleste, en routard de Compostelle.

Une forte aura spirituelle
*Et là, dans ces splendeurs, le chemin m’a confié son secret.
Il m’a glissé sa vérité qui est tout aussitôt devenue la mienne.
Compostelle n’est pas un pèlerinage chrétien mais bien plus,
ou bien moins selon la manière dont on accueille cette
révélation. Il n’appartient en propre à aucun culte et, à vrai
dire, on peut y mettre tout ce que l’on souhaite.
(Extrait)

Comment définir IMMORTELLE RANDONNÉE ? Un carnet de voyage ? Un journal de bord ? Un témoignage ? Une aventure ? Un exercice d’introspection ? Je dirais tout cela à la fois en plus d’adhérer au sentiment de l’auteur : *Le Chemin est une alchimie du temps sur l’âme* (Extrait)

Il y a une personne très proche de moi qui a fait le chemin de Compostelle et qui m’a raconté son périple et les effets qu’il a ressenti. Effectivement, le Chemin de Compostelle transforme et Jean-Christophe Rufin insiste sur ce point : La marche est beaucoup plus qu’un exercice chrétien ou une dévotion catholique, elle transcende la religion. Elle est avant tout une démarche spirituelle…un exercice éprouvant qui amène le pèlerin au dépouillement :

*La clochardisation du marcheur se fait très vite. Si délicat et policé que l’on parte, on ne tarde guère, sous l’effet du Chemin, à perdre sa pudeur, en même temps que sa dignité. Sans devenir tout à fait une bête, on est déjà plus complètement un homme. Ce pourrait être la définition du pèlerin.*  Extrait.

Je précise ici que j’ai été quelque peu surpris du regard critique que jette l’auteur sur le pèlerinage mais je crois son récit authentique, honnête et sincère, mis en perspective par les magnifiques photos de Marc Vachon et même un certain sens de l’humour. Plusieurs passages m’ont en effet arraché un sourire.

Je n’ai pas senti d’emballement dans le récit de Rufin, pas de sensationnalisme mais plutôt l’expression d’un cheminement graduel vers l’humilité. *En une journée, j’avais tout perdu : mes repères géographiques, la stupide dignité que pouvaient me conférer ma position sociale et mes titres. Cette expérience n’était pas la coquetterie d’un week-end mais bien un nouvel état, qui allait durer.* (Extrait)

Même si Jean-Christophe Rufin passe des remarques parfois acerbes sur les *effets Compostelle* j’ai senti dans son récit une fierté du dépouillement dont il était l’objet ce qui m’a procuré un bien être stimulant en cours de lecture et l’impression d’être quelque part en quête de Compostelle aux côtés de l’auteur ou pas loin. J’ai pu ressentir sa fatigue, sa solitude.

À bien des égards, Jean-Christophe Rufin a le ton juste. Il n’essaie pas de convaincre. Ce livre n’est pas un exercice de vente. C’est un témoignage. *Mon propos n’a pas pour but de convaincre mais seulement de décrire ce que fut pour moi ce voyage. Pour le dire d’une formule qui n’est plaisante qu’en apparence : en partant pour Saint-Jacques, je ne cherchais rien et je l’ai trouvé.* (Extrait)

Suggestion de lecture : L’ALCHIMISTE, de Paulo Coelho

Le pèlerinage de Compostelle propose principalement quatre itinéraires majeurs. Le départ le plus au nord est la VOIE DE TOURS, Paris Saint-Jean-Pied-de-Port. 960 kilomètres, 39 jours de marche. Ensuite, un peu plus bas sur la carte, il y a un trajet en deux embranchements : LA VOIE DE VÉZELAY, Saint-Jean-Pied-de-Port 884 kilomètres par Bourges, ou 923 kilomètres par Nevers. 36 jours de marche. 

Toujours plus bas sur la carte, le troisième trajet est LA VOIE DU PUY-EN-VELAY, Saint-Jean-Pied-de-Port. 750 kilomètres, 30 jours de marche. Enfin, le départ le plus au sud est la VOIE D’ARLES, Col du Somport, 740 kilomètres, 30 jours de marche. 

 À suivre…

Bonne lecture
Claude Lambert

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