La liste

Commentaire sur le livre de
FLORIAN DENNISSON

*« -Je les ai tous tués ! … Le brigadier de garde avait haussé des sourcils broussailleux et avait instinctivement effleuré de la paume son arme de service. L’inconnu s’enfonça lentement dans la pièce et, à chaque pas, le gendarme serrait un peu plus la crosse de son Sig Sauer. Les yeux du visiteur étaient injectés de sang… * 

Extrait : LA LISTE, de Florian Dennisson. Édition de papier, publication indépendante 2022, 386 pages. Édition numérique : Chambre noire éditeur, 2019, 388 pages. Version audio : Samarkand éditeur, 2021, durée d’écoute : 7 heures 35 minutes. Narrateur : Frédéric Kneip.

Quatre assassinats inscrits

J’ai constaté que les avis sont très partagés sur ce roman de Florian Dennisson. Moi j’ai bien aimé. Du même auteur, j’avais lu TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE en 2021 et c’était pour moi un beau moment de lecture.

L’idée de base est simple, mais fortement énigmatique. Un homme se présente à la brigade criminelle avec en main…une liste de quatre noms et en bouche, une petite phrase qui a de quoi saisir : *Je les ai tous tués* (Extrait) impossible d’en savoir plus sur ce bonhomme. Il refuse de parler. Les victimes sont introuvables. Les policiers ont 24 heures pour élucider ce mystère avant de relâcher cet homme comme l’exige la loi.

Si le thème qui sous-tend TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE est *la loi de Murphy* , le thème qui sous-tend LA LISTE est très différent. Il s’agit de la synergologie qui interprète le fonctionnement de l’esprit humain à partir du langage corporel. Ce serait en fait une sorte de profilage instantané.

Le personnage principal du roman est Maxime Monceau*, synergologue, passé obscur, accro aux anxiolytiques, nerveux, intraverti, irritable mais d’une efficacité redoutable et qui fera toute la différence dans cette course contre la montre à la finale tout fait surprenante.

Le développement de ce roman est d’une logique implacable qui a pour mérite de justifier une finale que j’ai trouvée tout à fait inattendue et même crédible. C’est un des aspects du récit qui fait balancer la critique. Pour moi c’est clair, ce roman est parfaitement ficelé et on sent qu’il y a de la recherche.

Il y a toutefois des irritants. La synergologie, encore considérée comme une pseudo-science, est surexploitée dans LA LISTE. Son utilisation est démesurée et met dans l’ombre les policiers en général et les techniques policières conventionnelles en particulier. Ça devient surréaliste. C’est trop.

Ensuite, Monceau recueille un tas d’indices qui le rattachent à son passé. Cette aspect du policier aux prises avec ses démons me lasse habituellement très vite. J’admets toutefois que, dans ce cas-ci, ces démons ont un lien avec l’enquête.

Donc dans l’ensemble, c’est bien ficelé. L’histoire est originale et ne prépare pas vraiment les lecteurs-lectrices à une finale que j’aurais qualifié au départ d’improbable. Beaucoup d’éléments viennent rythmer le récit : revirements, fausses pistes, des acteurs caractériels et de l’inattendu.

Le synergologue Monceau* n’est pas toujours facile à suivre mais il est attachant, la fluidité de la plume aidant. À mon avis, c’est une autre réussite pour Florian Dennisson.

Suggestion de lecture, du même auteur : TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE

*le personnage de Maxime Monceau a été introduit dans le livre L’OUBLIÉE de Florian Dennisson.


L’auteur Florian Dennisson

 DU MÊME AUTEUR



Bonne lecture
bonne écoute
Claude Lambert

le dimanche 1er mars 2026

La fois où j’ai écrit un livre

Commentaire sur le livre de
ROSALIE BONENFANT

*Féminisme : idéologie choquante selon laquelle les femmes devraient être considérées comme égales aux hommes sur les plans politique, économique et social. C’est tout ! Aucune misandrie, aucun désir de domination mondiale, aucune sorcellerie qui nous fait pousser le poil des jambes ou qui nous rend lesbiennes ! Le seul bémol, c’est qu’on ne pourra effectivement jamais atteindre l’égalité physique. *

Extrait : LA FOIS OÙ J’AI ÉCRIT UN LIVRE, de Rosalie Bonenfant. Édition de papier et format numérique: Hurtubise éditeur, 2018, 256 pages. Version audio : Vues et voix éditeur, 2018, durée d’écoute : 4 heures 43 minutes, narratrice, Rosalie Bonenfant.

D’abord présentées sur les ondes d’Énergie puis de Rouge FM, les chroniques de Rosalie Bonenfant ont conquis des dizaines de milliers d’auditeurs. Tantôt mordantes et cyniques, tantôt intimistes et sensibles, les « humeurs » de Rosalie ne rejoignent pas que les gens de sa génération mais tous les Québécois, de l’adolescent au boomer… à l’exception de quelques « matantes » indignées par son ton direct ou la crudité d’un thème ou d’un mot.

Qu’elle parle d’enjeux sociaux importants (le couple, le consentement, la famille, le féminisme, les préjugés, l’image de soi, le suicide) ou plus légers (le pot, la relâche, les potins, les galas, le temps des fêtes), Rosalie sait extraire de chaque sujet le zeste qui pique et qui fait mouche. (Présentation de l’éditeur)

Une compilation

Peu de choses à dire sur ce livre. Il s’agit d’une série de billets d’humeur déjà diffusés à la radio, au Québec, en 2017 et 2018. Rien de vraiment nouveau. Le livre ne tranche pas par son originalité mais développe toutefois des sujets ajustés à l’actualité et aux tendances de Société.

Pour ce titre, j’ai lu le livre et j’ai écouté la version audio narrée par l’autrice ou devrais-je dire *criée et déboulée*. Valérie Bonenfant parle tellement vite et articule si peu que ça frôle l’escamotage. Bref, ça ne m’a pas réconcilié avec les billets d’humeur qui font souvent office de spectacle, même s’ils atteignent des cordes souvent sensibles. Au moins, la version audio est vivante et dynamique   même si elle trop saccadée.

La version papier m’a fait réaliser à quel point les textes manquent de profondeur. Plus le sujet est brûlant, plus c’est flagrant.

Je mentionne toutefois que ces textes étaient destinés à la radio, donc à la transmission orale. Il faut en tenir compte. Ayant évolué moi-même dans les milieux de la radio, je sais que les communicateurs sont limités dans le temps et que souvent, il faut réduire, voire couper court. Trop, c’est comme pas assez.

Enfin, la crudité du langage dans les chroniques de l’autrice m’a frappé. Je me suis toujours demandé pourquoi les gens de la radio privée au Québec semblent persuadés qu’il est nécessaire de trafiquer la langue française pour être proche de l’auditoire et passer le message. Par exemple, pourrait-on dire *C’est nul* au lieu de *C’est d’la marde* ?

Il y a moyen d’être direct et même frôler la crudité à la rigueur, sans massacrer la langue française. Je vous rassure, en matière de langue, je ne suis pas puritain. Mais je crois qu’il faut déployer un minimum d’efforts pour préserver la langue française. Malheureusement, les billets d’humeur se prêtent peu à cette tendance.

Malgré les points que j’ai défendus plus haut, si vous aimez les propos mordants et cyniques, des billets généralistes, qui touchent tout et tous, même s’ils sont quelque peu superficiels, vous devriez trouver un peu de bonheur dans ce livre.

Suggestion de lecture : EN AS-TU VRAIMENT BESOIN ? de Pierre-Yves McSween


L’autrice et chroniqueuse Rosalie Bonenfant

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 28 février 2026

 

WILD WHISPER, Collectif

Robots aux angoisses existentielles, mission polaire schizophrène, ruches humaines, plantes envoûtantes et laboratoires de viande de synthèse, Wild Whispers nous plonge dans un univers futuriste, où la Nature a décidé de reprendre le contrôle.

Quand les arbres ne seront plus que des monceaux de poussière, et quand l’air aura l’odeur et le goût de la suie : qu’allons-nous devenir ? Nous n’avons pas la réponse à cette question. Peut-être simplement parce qu’elle ne peut pas venir de nous…

Wild whisper explore la qualité de nos liens avec la nature.

Wild Whispers, auteurs : Amélia Adelin, Selim Azzazi, Latishaka Babel, Sarah Brau-Mouret, Loïc Flameng, Noémie Landreau, Valérie Maureau, Romain Protat.
Comédiens : Bérénice Béjo, Béatrice Dalle, Dominique Pinon, Finnegan Oldfield, India Hair et Amaury de Crayencourt.

Uniquement en version audio. Audible originals éditeur, 2022. Durée d’écoute : 4 heures 55 minutes

Des dystopies sonores immersives

C’est du bon cinéma audio, un multicast de grande qualité avec une impressionnante distribution, Dominique Pinon en tête. Wild whispers est un recueil de cinq nouvelles séparées chacune en deux chapitres. C’est un mélange de thriller, d’horreur, de comédie, le tout lié par un même thème : la maltraitance de l’environnement et l’avenir qu’on lui réserve.

Sur le plan du choc environnemental, rien n’est vraiment nouveau mais le multicast, le scénario de type cinéma est développé avec un tel réalisme avec les effets sonores, bruitages, musique et mises en contexte percutantes qu’il m’a ébranlé d’une certaine façon. L’interprétation est en effet magistrale et on ne peut faire autrement que de se demander quel est notre rapport avec la nature. Qu’est-ce qu’on fait pour ? Qu’est-ce qu’on fait contre ?

L’intensité dramatique est forte un peu partout mais diffère tout de même d’une nouvelle à l’autre. Les récits abordent la révolte de la nature, l’intelligence artificielle, le futur de l’humanité, la philosophie avec en bout de ligne le sens de la vie et les dérives psychologiques.

Sur ce dernier thème, la cinquième nouvelle m’a particulièrement fasciné. Elle raconte l’histoire de Patrick Langevin qui anime le soir, une émission radiophonique appelée LE BOUDOIR qui permet des échanges de confidences et d’indiscrétions.

Patrick, qui demeure dans une maison dont l’intendance est assurée par un ordinateur, a vécu une séparation douloureuse avec Catherine et force dangereusement sur sa consommation de whisky, jusqu’à ce qu’il fasse la connaissance d’une plante et dialogue avec celle-ci. Une violette appelée violette et qui a la même voix que celle de Catherine. Patrick plonge-t-il dans la folie ?

Les dialogues semblaient raisonnés jusqu’à ce que je comprenne que Violette reprochait à Patrick d’être un *consommateur d’environnement* et que l’homme ne peut changer son rapport avec la nature s’il ne change pas lui-même en profondeur en quête d’harmonie et d’équilibre.

Bien sûr, Patrick se parlait à lui-même, mais s’en est-il sorti, je croyais que oui jusqu’à la conclusion du récit qui m’a laissé pantois.

J’ai beaucoup aimé WILD WHISPERS, cinq épisodes d’environ une heure, développés dans le style *black mirror*, cette série d’anthologie britannique, créée par Charles Brooker qui développe chaque épisode dans des environnements dystopiques et met en perspective différents problèmes sociaux en utilisant surtout les supports de la technologie et de la science-fiction.

Je vous recommande chaleureusement WILD WHISPERS. C’est bien fait, fortement immersif. Petit bémol, les nouvelles sont inégales. La principale faiblesse réside dans les dialogues qui manquent parfois d’imagination. Les nouvelles ne brillent pas toutes par leur originalité mais sont porteuses d’émotions et de questionnements.

Suggestion de multicast : ASTÉRIX GLADIATEUR/LE TOUR DE GAULE D’ASTÉRIX, par Albert Uderzo et René Goscinny.


Le réalisateur de Wild Whispers Sélim Azzazi


Musique originale par Étienne Forget

 

Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 22 février 2026

LES HÉRITIÈRES DE LÖWENHOF

tome 1

Commentaire sur le livre de
CORINA BOMANN

*Le monde est en mutation. Les femmes ne sont pas incapables de mener leur vie toutes seules. C’est la société qui leur met des bâtons dans les roues. Certaines femmes ne connaissent rien d’autre parce que c’est ainsi qu’elles ont été éduquées. D’autres se voient contraintes par la nécessité de trouver un mari. Et il y en a qui, comme moi, veulent essayer de vivre par elles-mêmes. *

EXTRAIT : LES HÉRITIÈRES DE LÖWENHOF, tome 1, LE CHOIX D’AGNETA, de Corina Bomann. Édition de papier : Charleston éditeur, 2023, 752 pages. Format numérique : Guy Saint-Jean éditeur, 2023, 688 pages 3030 KB. Version audio : Audible studio éditeur 2022, durée d’écoute : 16 heures 47 minutes, narratrice : Peggy Martineau.

Le courage fait femme

C’est une histoire intéressante. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle m’a emballé mais plusieurs éléments, historiques et contextuels, ont capté et maintenu mon intérêt. Voyons d’abord le synopsis.

L’histoire se déroule en 1913 à Stockholm. La Suède vit alors, comme le reste de l’Europe des moments de haute tension politique, sociale et militaire. Cette agitation conduira au déclenchement du premier grand conflit mondial. Ça ne touche pas beaucoup le destin de l’héroïne, Agnetta Lejongard mais cette tension est omniprésente dans le récit, quoique traitée sans artifice, avec modération et finesse. Voilà pour l’aspect contextuel.

Agnetta est une femme de caractère. Ce qui passe très mal dans un monde presque complètement machiste. Parce que c’est une femme moderne, énergique, féministe et volontaire, elle est considérée comme curieuse, bizarre, au pire, dérangeante. C’est ce profil de rebelle qui a poussé Agnetta à couper les ponts avec sa famille.

Pour des raisons que je vous laisse découvrir, Agnetta est forcée de revenir au bercail : la maison Löwenhof, une famille dynastique qui gère un prestigieux établissement d’élevage d’étalons et de juments de race en vue de la reproduction et du maintien de la pureté de la race.

Malgré des amours impossibles, d’interminables disputes avec sa mère et les affrontements inévitables à cause des préjugés propres à son époque, Agnetta demeure résolument une femme d’avenir.

C’est un autre livre sur le thème du féminisme. L’histoire est bien bâtie mais elle n’est pas vraiment originale car la recette réunit les ingrédients habituels ce qui donne à l’ensemble un caractère prévisible. Le livre a toutefois des forces intéressantes. On se retrouve assez facilement dans la galerie de personnages et l’héroïne est particulièrement audacieuse avec un caractère suffisamment trempé pour qu’on s’y attache. Et bien sûr, si vous aimez les chevaux, vous maîtriserez d’autant mieux l’histoire.

Pour moi, le livre comporte deux irritants qui ne seront peut-être pas perçus comme tels par tout le monde. Agnetta et sa mère sont deux femmes que tout oppose. Elles se disputent…et ça recommence. C’est le droit des femmes par opposition au respect dû à la matriarche. Je vous avoue que c’est lassant. Enfin, il y a les amours d’Agnetta…tordus, compliqués. Ça donne le vertige mais ça prépare efficacement à un happy ending, prévisible évidemment.

Bien que bourrée de clichés, l’histoire réserve quelques virements intéressants. Mais ça reste une variation sur un thème connu avec en plus les éléments propres au sagas dynastiques : intrigues de coulisses, secrets de famille, les relations avec la noblesse, etc.

Je n’ai pas accroché comme j’aurais voulu à cette histoire, mais elle est somme toute sympathique, la plume est fluide et le contexte historique capte l’attention. J’ai eu aussi du plaisir à voir évoluer l’héroïne Agnetta.

Suggestion de lecture : LE MONDE SELON GARP, de John Irving

La suite


L’autrice Corina Bomann

 

BONNE LECTURE
BONNE ÉCOUTE
CLAUDE LAMBERT
le samedi 21 février 2026

Renard Bleu

Commentaire sur le livre 
d’YVES BEAUCHEMIN

<Albert avala sa salive et remit le poids lourd en marche. Il regrettait à présent d’avoir cédé à sa curiosité. Cette rencontre ne lui plaisait pas du tout. Il avait eu le sentiment qu’Eulalie Laloux avait pénétré dans le secret de ses pensées. Et pourtant, il n’avait pas ouvert la gueule ! >

Extrait : RENARD BLEU, d’Yves Beauchemin. Fidès éditeur, 2019, relié. 376 pages.

Vous croyez avoir tout vu? Des animaux parlants, ça vous dit quelque chose? Dans ce livre, on en entend de toutes les couleurs: Renard Bleu et ses amis, le Canard Athlète, Gustave l’ours et d’autres, parmi lesquels, oui, des humains qui parlent eux aussi, bien sûr, même si certains sont… des squelettes ou des fantômes. Malheureusement, certains de ces humains ne sont pas toujours sympathiques. Renard Bleu réussira-t-il à délivrer ses parents du sort inouï que leur a jeté l’exécrable sorcière Gertrude Grondin, alias Eulalie Laloux? Est-ce même possible qu’il y parvienne ?

 UN RENARD BLEU ET PARLANT

Je suis sorti de cette lecture ravi. Quelle plume magnifique que celle d’Yves Beauchemin qui nous a donné entre autres LE MATOU. Je sais bien que ce livre n’a pas été reçu par tout le monde de la même façon. Il a tous les aspects d’un récit pour enfants mais je ne crois pas qu’Yves Beauchemin ait eu à l’idée de soumettre les enfants à un conte de 300 pages.

Disons plutôt que RENARD BLEU est un conte fantastique que je pourrais classer *conte pour tous* à partir de dix ans. C’est une histoire abracadabrante, tout à fait sortie des sentiers battus avec une brochette de personnages totalement disparates : des animaux qui parlent, une petite famille de fantômes sympathiques, un squelette timoré, un gros nounours attachant, un canard de type *tête enflée*, une sorcière haïssable, des humains et bien sûr, un renard bleu.

Renard bleu est notre héros. Sa quête sera de délivrer ses parents et sa sœur d’un sort cruel jeté par la sorcière Eulalie Laloux. Pour annuler le sort, Renard Bleu doit résoudre une énigme qui demeurera au cœur du récit et tenant lieu de fil conducteur pour les lecteurs-lectrices…une énigme complexe qui amènera nos amis au cœur de l’océan Atlantique à quatre kilomètres de profondeur. Heureusement, Renard Bleu peut compter sur ses amis pour l’aider et sur des alliés improbables.

J’ai beaucoup aimé ce récit malgré certains irritants comme par exemple la surexploitation d’un personnage, le canard athlète, vantard et fanfaron, qui a fini par me taper sur les nerfs. Le dénouement m’a semblé expédié et il y a de la redondance dans le récit quoique l’action s’installe durablement quand la résolution de l’énigme commence à travailler toutes les cervelles, même celui qui n’en a pas comme le gentil squelette.

 

Toutes ces faiblesses furent pour moi très surmontables si je retiens l’enchantement que m’a procuré la beauté et la sensibilité de la plume sans compter un beau sens de l’humour. Par ailleurs, le récit est enrichi de très belles valeurs qui viennent rejoindre tous les âges : esprit d’équipe, perspicacité, amitié, sens de la famille, courage, volonté et bien sûr la tolérance avec tout ce que ça comporte dont le respect des différences.

Je sais que ce livre a été imposé comme projet de lecture dans des cours de français. Pour moi, c’est une bonne idée qui vient me conforter dans ma certitude que Renard bleu n’est pas exclusivement un livre pour les enfants. C’est une lecture légère et sympathique mais il faut la prendre pour les valeurs qu’elle recèle, spécialement celle qui pousse à la compréhension des différences en société et au libéralisme.

Un livre original. C’est le moins qu’on puisse dire.

Suggestion de lecture, du même auteur : CHARLES LE TÉMÉRAIRE

Un classique d’Yves Beauchemin




L’auteur Yves Beauchemin

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 20 février 2026

L’âge des étoiles

Commentaire sur le livre de
ROBERT HEINLEIN

*La principale menace dans l’espace, c’est de devenir fou. On reste confinés pendant longtemps. Dehors, c’est le grand vide. Ni réverbères, ni ruelles. Dedans, on voit toujours les mêmes têtes et on se met à les haïr. Alors un capitaine intelligent veille à ce qu’on soit tous bien occupés et fatigués. *

Extrait : L’ÂGE DES ÉTOILES, de Robert A. Heinlein. Édition numérique : Terre de Brume éditeur, 2007, 224 pages rééd. 2022 par Livre de poche éditeur. Format papier : Presse Pocket 1982.

Avec la surpopulation qui épuise les ressources de la Terre, la nécessité de trouver de nouveaux mondes habitables est devenue plus urgente encore en ce début de quatrième millénaire. Cependant, si le voyage interplanétaire est devenu techniquement possible, les vaisseaux spatiaux voyageront moins vite que la lumière et communiquer avec la Terre prendra chaque fois des années. Mais l’Institut de Recherches Prospectives a découvert une solution inattendue à ce dilemme : la télépathie. C’est ainsi que Pat, un adolescent extraverti, et son jumeau Tom vont pouvoir mettre leurs dons exceptionnels au service du grand projet de colonisation interstellaire. Tandis que Pat vieillira sur la Terre, Tom et tout l’équipage de l’Elsie échapperont à l’emprise du temps. 

GROS PLAN SUR LE TEMPS

« Lâge des étoiles » est un voyage interstellaire dont l’objectif est de découvrir d’autres planètes habitables pour l’humanité, désormais en surpopulation sur terre . Comme vous le savez, sur le plan littéraire, ce sujet est en surchauffe même s’il tient désespérément la route.

Toutefois, cette histoire m’a tenu en haleine. Je l’ai trouvé originale et même passionnante au moins à deux égards. Premièrement, les réalités et capacités psychiques gémellaires, ainsi que le ressenti des jumeaux, c’est-à-dire l’empathie et différentes impressions : *Une chose m’ennuyait pourtant : la *voix* télépathique de Pat était la même que sa voix sonore. * (Extrait) Cette notion est au cœur du récit.

Avant d’aller plus loin, il faut d’abord regarder le fil de l’histoire. Voici donc l’histoire de Thomas Bartlett et de son jumeau Patrick. Ils sont contactés par un institut de recherche qui veut prouver la télépathie chez les jumeaux et l’appliquer à des fins scientifiques.

Il semblerait en effet que la seule façon de communiquer avec les vaisseaux à la recherche de planètes lointaines soit la télépathie gémellaire avec un jumeau émetteur à bord et un jumeau récepteur sur terre.

Il se trouve que la communication télépathique gémellaire est instantanée, contrairement aux communications conventionnelles qui sont, elles, victimes d’un aspect très singulier de la théorie de la relativité d’einstein : la dilatation temporelle. Plus le vaisseau s’éloigne, plus longues sont les communications, la réponse à une simple question pouvant prendre des dizaines d’années à parvenir au destinataire.

Autre effet de la dilatation temporelle, les passagers des vaisseaux explorateurs, évoluant un peu sous la vitesse de la lumière, vieillissent beaucoup moins vite que les gens restés sur terre, et l’écart se creuse avec le *temps*. C’est l’autre aspect qui m’a fasciné dans cette histoire, les mystères du temps. Aspect qui m’a réservé une finale bien spéciale. L’histoire suit donc le destin de Pat et Thom à travers leur don qui nous réserve bien des surprises.

Outre mes sujets de prédilections développés avec habileté, j’ai aimé de ce livre la simplicité du langage. Malgré la complexité de la théorie d’Einstein, l’aspect scientifique est développé avec des efforts très louables de vulgarisation. L’ensemble est donc facile d’accès, agréable et rapide à lire. Le style propre à Heinlein conduit à l’addiction.

Malgré quelques invraisemblances propres à l’intrigue, l’histoire n’a pas vieilli. C’est plutôt Thom qui s’exprime dans ce roman. Pat est légèrement mis dans l’ombre dans son vieillissement. C’est un peu la faiblesse du récit. Mais l’ensemble est crédible. Ce fut un plaisir pour moi d’explorer les possibilités gémellaires, toujours à l’étude d’ailleurs.

Je vous recommande la lecture de L’ÂGE DES ÉTOILES et je vous laisse avec un passage qui m’a particulièrement fasciné :

*-Vois-tu, les jumeaux identiques présentent un intérêt exceptionnel pour les psychologues, sans parler des généticiens, des sociologues et des biochimistes. Sortis du même œuf et aussi semblables que des organismes complexes peuvent l’être, vous devenez pourtant deux personnes distinctes. La différence vient-elle de l’environnement ? Ou bien y a-t-il autre chose en jeu ? J’ai réfléchi à cette question.

-Vous pensez à l’âme docteur ? * (Extrait)

Suggestion de lecture : L’ODYSSÉE DU TEMPS, d’Arthur C. Clarke


L’auteur Robert Anson Heilein

 Du même auteur

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 15 février 2026

BUMS, Christian Tétreault

*<Bum> est l’un des mots que nous, les francophones d’Amérique, avons piqué à l’anglais. <Bum> ça sonne. C’est court, c’est clair et c’est comme le citron en cuisine, ça s’adapte à tout plein de recettes…

…Quelques 150 ans plus tard, le mot a multiplié ses significations et s’apprête à plusieurs sauces… *

Extrait : BUMS, de Christian Tétreault. Édition de papier et format numérique : Les éditions de l’homme éditeur, 2020, 328 pages. Version audio : Vues et Voix éditeur, 2021. Durée d’écoute : 10 heures 9 minutes. Narré par l’auteur

Dur, émouvant

LES PERSONNAGES :

D’abord, Ti-gars. Un prénom très euphémique pour un gars de 6 pieds, 200 livres. Ti-Gars a 14 ans à la mort de son père. Il ne manifeste aucune tristesse et s’empresse plutôt de mettre le pied dans l’engrenage du crime. Sa vie sera une suite de mauvais coups et de fréquentations hasardeuses avec des mafieux, des motards et des importateurs de drogue… 

Adolescent, Rusty Cat délaisse l’école pour plonger dans la petite criminalité avec ses amis membres d’un gang de rue. En leur compagnie, il se perdra dans la consommation de cocaïne et d’alcool… Rusty a ceci de particulier que son père a joué un rôle important sur le chemin de la rédemption.

Enfin, Jeep est le prototype même du rebelle avec son caractère singulier : dès la fin de l’enfance, il trouve refuge dans l’ivresse, à l’arrière d’un club de danseuses nues. Insensible et prétentieux, il aura tôt fait de sombrer dans l’enfer du jeu. Découragé, alcoolique et ruiné, il passera à un cheveu du suicide…

Ce fut pour moi un magnifique moment de lecture, quasi magique. Christian nous raconte l’histoire de trois mauvais garçons, c’est ainsi qu’on pouvait traduire le mot BUM dans les années 1960-70 mais ici, on a trois mauvais garçons dotés d’une nature sensible et extrêmement attachante.

Pourquoi ai-je l’impression d’avoir connu Ti-gars, Rusty Cat et Jeep personnellement ? Parce que Christian Tétreault a raconté leur histoire avec une étonnante sincérité et un réalisme tout naturel car ce sont des personnages que l’auteur a côtoyés pendant ses thérapies. Et puis, Christian est un excellent conteur autant sur papier qu’en audio, cette dernière version, donnant encore davantage l’impression que l’auteur parle avec le cœur.

C’est un livre fort, porteur de fortes émotions et de leçons. Au début de l’ouvrage, l’auteur nous propose une analyse étymologique du mot *BUM*, sans prétention, je le précise. J’ai trouvé cette idée géniale car la suite vient nous rappeler que notre Société a le jugement rapide et facile sur ces écorchés de la vie qu’on appelle les bums et que chaque personne portant ses erreurs comme une croix ont un sauf-conduit pour la rédemption à la condition que le désir de s’en sortir soit sincère.

Christian Tétreault est venu me chercher rapidement avec son récit que j’ai trouvé intense et émouvant car si les personnages se présentent au tout début comme étant du tout-venant, ils portent chacun une étincelle, Une *fureur de vivre* qui poussent les lecteurs/lectrices à l’attachement et à l’empathie. À la lumière de BUMS, je me suis créé de nouveaux petits frères issus du magnétisme d’un auteur qui ne l’a pas eu toujours facile lui-même et qui a misé sur l’authenticité.

Vous aurez compris que BUMS a été pour moi un coup de cœur.

Suggestion de lecture : OSTI DE TABARNAK de Ghislain Taschereau

Du même auteur


L’auteur Christian Tétreault

 

Bonne lecture
bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 14 février 2026

La planète Folie

Commentaire sur le livre de
JOHN BRUNNER

*Elle s’agrippa au rebord de la couche et se releva péniblement. Le sol se souleva sous elle comme une mer déchaînée. Elle gémit doucement et mit un pied devant l’autre, jusqu’à ce qu’elle atteigne la porte. Elle réussit à l’ouvrir, de l’autre côté du seuil : les paysages, les bruits et les odeurs d’un monde étranger.

Elle se mit à penser à la mort et, pour y échapper, elle s’ensuit, à moitié nue, dans la nuit fantastique. *

Extrait : LA PLANÈTE FOLIE, de John Brunner. Édition de papier : J’ai lu éditeur, 2006,150 pages. Format numérique : J’ai lu éditeur, 1977, 139 pages.

Anticipation écologique

Dans LA PLANÈTE FOLIE, Brunner a mis de côté la science-fiction pour mettre à l’avant-plan la philosophie et un message à caractère environnemental. C’est une histoire qui a quelque chose d’initiatique ce qui donne un récit un peu lourd avec des longueurs et ce que j’identifie comme de l’errance, un peu comme si l’auteur avait couché un rêve épars sur papier. L’écriture est très belle mais ce n’est pas toujours facile à suivre.

Voyons un peu le contenu. Des colons terriens, au nombre de près de 180, s’installent sur une nouvelle planète appelée Asgard. Rapidement, en cours d’installation, il se produit un phénomène biologique imprévu : l’organisme des colons cesse de métaboliser la vitamine C au profit d’une bactérie spécifique. Résultat, le scorbut ravage la colonie.

Aussi, 6 colons sont désignés comme cobayes pour consommer la flore locale afin de voir si leur organisme peut s’accoutumer et réabsorber la précieuse vitamine. Entre temps, un membre du groupe, Dennis Malone part seul en prospection sur une île éloignée. Malone sera mordu par un animal marin dont le venin plongera l’homme dans un univers onirique mêlant rêve, réalité et introspection. Cela durera près de 10 jours.

Ce voyage intérieur qui a réactualisé les mythologies et croyances terrestres a transformé Malone qui n’a finalement jamais été atteint du scorbut. Au campement, les six cobayes ont vécu la même expérience sauf qu’eux ont posé des gestes extrêmement destructeurs qui ont complètement échappé à la compréhension des colons et qui avaient pourtant un but précis.

Malone et les cobayes ont réalisé que pour survivre sur Asgard, il fallait respecter les règles d’Asgard et oublier la terre exception faite de certains éléments dominants des mythologies :

Est-ce que Parvati t’a expliqué ce qui a dû se passer lorsque tu as été empoisonné ? -Oui, fit lentement Dennis. Elle m’a dit que j’étais devenu sain d’esprit. * (Extrait) L’objectif pour le petit groupe de *miraculés* devenait limpide : entraîner toute la colonie dans le même schéma de pensée. Ce ne sera pas simple. *…partir pour progresser dans une direction nouvelle et quasiment inimaginable. * (Extrait)

La principale force du récit réside dans le message qu’il nous livre dont le principal questionnement qui en découle est celui-ci : si l’homme avait à s’installer sur une autre planète, devrait-on la transformer en une nouvelle terre ou s’adapter à son écosystème, respecter la planète hôtesse et se comporter en dignes invités ?

C’est un roman écologique écrit en 1968 par un visionnaire. C’est bien écrit avec des doigts qui pèsent autant sur la plume que sur la sonnette d’alarme. Toutefois, je me suis souvent perdu dans les longs et nombreux passages oniriques qui ont pour effet de casser le fil conducteur et diluer l’intrigue. J’ai aussi été un peu déçu par la conclusion.

Ce n’est pas le meilleur de Brunner mais pour moi, l’auteur reste un pèlerin qui nous fait réfléchir sur le sens de la nature humaine, les travers de la Société et les dérives de la technologie et surtout, sur cette impression tenace que la terre est vivante, intelligente avec sa propre volonté. Et gare au jour où elle entrera en colère.

…une belle réflexion à lire avec la patience du pèlerin.

Suggestions de lecture, du même auteur :

TOUS À ZANZIBAR

LE TROUPEAU AVEUGLE


L’auteur John Brunner

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 8 février 2026


LE PRÉDICATEUR, Mila-Ha

*La haine a pris racine en moi et m’a changée de manière radicale. Maintenant envahie par un esprit de vengeance incisif, je n’ai plus rien à perdre, ce qui me rend beaucoup plus dangereuse. Personne ne pourra me raisonner ni m’empêcher de commettre l’irréparable. *

Extrait : LE PRÉDICATEUR, de Mila-Ha. Édition de papier et version numérique : Black Ink éditeur, 2020, 645 Kb. Version audio : Saga Egmont éditeur, 2021, durée d’écoute : 8 heures 51 minutes. Narration : Polma

Noir huis-clos

Je n’ai pas vraiment compris l’engouement de la masse critique pour ce livre. Aussi, je me permettrai cette fois, de nager un peu à contre-courant. Mais voyons d’abord l’essentiel de l’histoire.

Une agente du FBI, Maryssa Rawlings, infiltre une secte appelée LA MAIN DE DIEU pour coincer son gourou, Fenton Graham. D’une part, Rawlings se fait prendre à son jeu, d’autre part, Graham développe une véritable obsession pour celle qui devient rapidement sa proie.

Première observation : LA MAIN DE DIEU est appelée une secte. Il s’agirait plutôt d’un harem de jeunes femmes, dirigé par un manipulateur dégénéré qui *pige dans le tas*. Un passage du récit résume assez bien le profil du bonhomme :

*Son profil m’éclate soudain à la tronche…manipulateur, narcissique, dyssocial, changement d’humeur, intolérance à la frustration, absence de remords…ce n’est pas un simple gourou, c’est un putain de psychopathe. * (Extrait)

Autre observation : ce livre est classé *dark romance*. Désolé. Je n’ai trouvé aucune romance dans ce récit, tout au plus une chimie malsaine entre l’agresseur et l’agressée, une policière qu’on dit ambitieuse et brillante, ce que je n’ai aucunement senti dans l’histoire. *Dark porno* serait à mon avis un classement plus approprié. Question de perception je suppose.

Au moins, tout le monde s’entend sur un point. C’est noir…très noir. L’histoire est fortement centrée sur le sexe, la violence, la manipulation. Quand au développement policier, il est bâclé. Pas de pistage, intrigue faible et prévisible, Le récit est sans profondeur parce que trop basé sur le sexe. Enfin, j’ai été déçu parce que l’autrice a très peu investi dans la psychologie de ses personnages.

Il n’y a pas grand-chose non plus sur la secte comme telle, ses méthodes d’endoctrinement, son idéologie. On se doute très bien toutefois de ses objectifs. Bref je n’ai pas aimé ce livre, même si je dois admettre qu’il se démarque par son pouvoir descriptif ce qui est en fait un livre parfois pénible, 18 ans et plus non recommandé aux âmes sensibles.

En terminant, ne vous fiez pas à la version audio pour voir cette histoire sous un autre angle. La narration dégage autant d’émotion qu’une liste d’épicerie.

Suggestion de lecture : DANS LA SECTE, bande dessinés de PIERRE HENRI et LOUIS ALLOING


L’autrice Mila-Ha

De la même autrice

 

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 7 février 2026

 

 

 

MYTHOS, Stephen Fry

*De nos jours, on explique la naissance de l’Univers par un Big Bang, une singularité originelle qui, en un instant aurait engendré la matière dont tout et tous sont constitués. Les Grecs de l’Antiquité s’en faisaient une idée bien différente. Selon eux, tout n’avait pas commencé par un « bang », mais par le Chaos. Le Chaos était-il à leurs yeux un dieu – un être divin – ou plus simplement, un état de néant ? Ou n’était-ce qu’un mot décrivant, comme pour nous, un foutoir absolu, comme une chambre d’ado, mais en pire? *

Extrait : MYTHOS, de Stephen Fry. Édition de papier : LGF éditeur (poche) 2023, 568 pages. Version audio : Audiolib éditeur, 2022, durée d’écoute : 13 heures 20 minutes. Narrateur : Frédéric Souterelle.

Tout sauf ennuyeux

Ce n’et pas la première fois que j’en parle sur ce site et sans doute pas la dernière. La mythologie grecque a toujours été une de mes grandes passions autant sur le plan littéraire, cinématographique et iconographique. Je croyais tout savoir à ce sujet, mais après avoir lu MYTHOS de Stephen Fry, j’ai dû faire acte d’humilité.

D’abord, j’ai vu que beaucoup de choses ne changent pas d’un livre à l’autre. Le caractère tordu des dieux par exemple. Ils sont toujours aussi torves, hypocrites, cruels et dépravés. J’ai compris dans le livre de Fry que Zeus lui-même pouvait être le pire des obsédés sexuels de tous les panthéons réunis. Une fille dans chaque port comme on dit mais pas seulement. Dans MYTHOS, j’ai appris par exemple beaucoup de détails sur la liaison homosexuelle entretenue par Zeus avec le beau Ganymède.

La liste qui suit n’est pas exhaustive évidemment, mais dans MYTHOS, j’ai appris beaucoup de choses, d’histoires et de détails sur l’origine du nœud gordien, la signification du chant du cygne, l’histoire des constellations comme la Grande Ourse, la Petite Ourse et le Verseau, l’origine des araignées, le terrible secret de la célèbre boîte de Pandore, l’histoire d’amour d’Éros et de Psyché, la mort de Narcisse (à l’origine du narcissisme) et l’origine de l’écho, l’histoire de la pomme de discorde et j’en passe.

Difficile d’être exhaustif dans ce domaine et l’auteur Stephen Fry précise bien que son livre ne l’est pas. Ce qu’il faut retenir, c’est que la mythologie grecque nous a laissé un héritage inestimable et Stephen Fry nous en livre l’essentiel sur un ton décalé, parfois facétieux, d’autres fois mordant, mais jamais ennuyant. Et puisque je parle de ton, je précise en passant que la version audio est une pure merveille. J’ai tout simplement adoré la narration de Frédéric Souterelle.

L’histoire de la mythologie grecque est longue et complexe. Sa généalogie est vaste et lourde. À ce niveau l’auteur a déployé de très beaux efforts de vulgarisation. Tout est présenté clairement en commençant par le départage des acteurs à l’origine de la mythologie : Le chaos, le tartare, les Titans, Gaïa, les géants, les cyclopes et autres.

J’ajoute à cela, en ce qui me concerne du moins, de nouvelles connaissances acquises sur les personnages secondaires de la mythologie : les nymphes, les muses, les centaures, les satyres et autres.

Dans MYTHOS, la mythologie, sans être servie totalement à la moderne comme le ferait Rick Riordan avec son célèbre Percy Jackson, est abordable. Le récit est agréable, fluide, bien ventilé, chapitres courts, à la portée d’un vaste lectorat.

C’est un livre rafraîchissant que je verrais très bien être adapté en télésérie type docu-série.

Pour terminer, je vous propose deux liens qui pourrait intéresser les amateurs de mythologie et qui complèteraient à merveille la lecture ou l’audition de MYTHOS. Premièrement, pour avoir en un seul coup d’œil la généalogie mythologique grecque, allez sur http://andreetgyps.centerblog.net/6331-arbre-genealogique-de-la-mythologie-grecque c’est un peu lourd mais ça répond à beaucoup de questions au premier coup d’œil.

Enfin, le clan du dragon propose un résumé de 30 des contes les plus célèbres de la mythologie grecque. La présentation est très agréable. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt.

Suggestion de lecture : PETITES HISTOIRES DE LA MYTHOLOGIE, de Hélène Montardre


L’auteur Stephen Fry

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 6 février 2026