*- Avant, la plupart des assassinats et des crimes violents étaient faciles à comprendre, dit-il. Mari jaloux, meurtre crapuleux ou crise de folie, les mobiles étaient toujours les mêmes. Aujourd’hui, les choses ont changé. Violences gratuites, règlements de comptes, crimes sexuels, menaces de mort sur les réseaux sociaux : la violence est partout. Y compris dans nombre de nos actes, de nos paroles et des spectacles que nous regardons quotidiennement. *
Extrait : LUCIA, de Bernard Minier. Édition de papier : Pocket éditeur, 2023, 512 pages. Format numérique : XO éditeur, 2022, 3914 kb. Version audio : Lizzie éditeur. Durée d’écoute : 11 heures 45 minutes. Narratrice : Alice Taurrand.

Le malaise qui ne lâche pas


Bernard Minier introduit, dans sa galerie de personnages, une nouvelle actrice, appelée à devenir récurrente dans la production future de l’auteur. Il s’agit de l’enquêtrice Lucia Guerrero. C’est une femme chaotique, rebelle, continuellement rattrapé par son passé instable et qui utilise des méthodes d’enquête aux limites de l’éthique.
Première déception : l’héroïne. Lucia a un caractère bien trempé, ce qui me plait mais il n’y a rien de plus classique en littérature policière qu’un policier caractériel rattrapé par son passé tortueux. Pas d’originalité de ce côté.
Ensuite, dans LUCIA, le meurtrier s’inspire des MÉTAMORPHOSES du fameux poète latin Ovide (43 av. J.-C.-18 ap. J.-C.) pour mettre en scène ses crimes et en déployer toute l’atrocité. Je ne me suis pas imposé l’œuvre d’Ovide. LES MÉTAMORPHOSES sont composées de 15 livres totalisant 12,000 vers. C’est assez lourd. Je veux surtout dire que l’idée de créer un meurtrier s’inspirant des classiques est loin d’être nouvelle en littérature policière. Encore là, rien de bien neuf ou d’original.
Le roman démarre sur des chapeaux de roues alors qu’un collègue de Lucia est découvert, crucifié et maintenu à son poteau par une colle très forte. Première mise en scène macabre…d’autres suivront. Ce meurtre pour le moins singulier fait l’objet d’une enquête poussée qui nous permet d’apprécier Lucia dans toute la force de son caractère et beaucoup d’éléments permettent de croire à un récit prometteur.
Toutefois, un peu avant le milieu de l’histoire, ça devient plus difficile à suivre. Le fil conducteur prend toutes sortes de directions. Le récit devient lourd avec une tendance au remplissage. Je vais de déception en désenchantement jusqu’à la finale que j’ai trouvée d’une inimaginable banalité.
Si on porte attention, on observe des retournements de situation, un certain rythme, de l’intrigue et je sens que dans l’exploitation du personnage principal, le meilleur est à venir. Faudra-t-il être très patient ?
Je note enfin que l’environnement de l’histoire est intéressant. Ayant pour cadre l’Espagne, cette histoire se déroule dans les coulisses de l’Unité Centrale des Opérations de la Guardia civile Espagnole à Madrid. Ça donne au récit une certaine couleur, voire une chaleur.
Certains passages sont oppressants. LUCIA reste, malgré les longueurs et redondances, un thriller dur par moments. Sa principale force est l’atmosphère qui s’en dégage, issue de légendes étranges, de traditions baroques et bien sûr des MÉTAMORPHOSES qui viennent alimenter la cruauté d’un esprit dégénéré. Dommage que la finale soit aussi simpliste. Le roman aurait gagné beaucoup de points.
Suggestion de lecture : CHARADE, de Laurent Loison

L’auteur Bernard Minier
D’autres livres

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
Le dimanche 15 mars 2026


C’est un roman dur qui rapporte la pénible réalité des travailleurs au début du XIXe siècle au Québec et partout en Amérique du nord, l’exploitation des femmes et des enfants en usine par un capitalisme sauvage et gourmand. Ce roman a la connotation d’un documentaire. Son style est journalistique et même parfois un peu télégraphique, ce qui a pour effet un sous-développement des personnages secondaires, des sauts dans le temps et une perte de vue de certains personnages, Madeleine par exemple, qui a une histoire désolante à elle seule.










J’ai été surpris par l’imagination déployée par l’auteur pour amener les lecteurs exactement là où il veut, l’entraînant de rebondissement en rebondissement même jusqu’à quelques pages de la fin.

















Je suis sorti de cette lecture ravi. Quelle plume magnifique que celle d’Yves Beauchemin qui nous a donné entre autres LE MATOU. Je sais bien que ce livre n’a pas été reçu par tout le monde de la même façon. Il a tous les aspects d’un récit pour enfants mais je ne crois pas qu’Yves Beauchemin ait eu à l’idée de soumettre les enfants à un conte de 300 pages.
J’ai beaucoup aimé ce récit malgré certains irritants comme par exemple la surexploitation d’un personnage, le canard athlète, vantard et fanfaron, qui a fini par me taper sur les nerfs. Le dénouement m’a semblé expédié et il y a de la redondance dans le récit quoique l’action s’installe durablement quand la résolution de l’énigme commence à travailler toutes les cervelles, même celui qui n’en a pas comme le gentil squelette.

