*Et pourtant, dans la tour du coin de sa chambre, Stéphanie contemplait la nuit monstrueuse qui eût pu redonner vie à tous les morts du cimetière si tant est qu’un docteur Frankenstein ait manipulé les courants électriques et les cerveaux de la manière appropriée. *
Extrait : NOYADE, d’André Mathieu. Format numérique, Les Éditions Coup d’œil, 2021, 334 pages, 1230 kb. Édition de papier : 1ère édition, Les éditions Nathalie, 1998, rééd. : Les Éditions Coup d’œil 2021, 403 pages.

À l’aube des années 2000, Marilou Forest, une adolescente que les épreuves ont fait vieillir avant le temps, se voit obligée de suivre sa mère, récemment divorcée, dans sa ville natale. Un retour aux sources qu’elles espèrent toutes les deux être l’occasion d’un nouveau départ.
Cependant, aussitôt engagée au McDo pour un emploi d’été, Marilou rencontre Stéphanie « Toupette » Lavigne, dont l’exubérance ne laisse présager aucun répit. C’est sans compter Sandra, Jonathan, Danny, Jérôme… La jeune fille devra décider si elle fera entrer dans sa nouvelle vie cette bande de personnages hauts en couleur, au risque de révéler ses blessures et de découvrir celles des autres.
La densité de l’adolescence

C’est une histoire triste mais tellement bien écrite. Elle m’a sensibilisé sur une période fragile et délicate de la vie : l’adolescence, un passage où tout est remis en question, où le besoin d’amour et de reconnaissance se manifeste avec force. Adolescence en mal de vivre qui doit affronter tous les problèmes induits par le réveil hormonal.
André Mathieu décrit avec beaucoup de sensibilité cette période phare de la vie. Il a beaucoup investi dans ses personnages en créant une intimité, pas seulement entre eux mais avec les lecteurs.
On suit Marilou Forest, une adolescente en deuil de son petit ami et qui revient aux sources avec sa mère. C’est par sa bouche que l’auteur déploie toute sa poésie. Notre héroïne sera par moment mise dans l’ombre par Stéphanie Lavigne, une jeune fille exubérante, extravertie, bavarde, fille à papa et qui manifeste un sérieux penchant pour l’alcool.
Il serait faux de dire, d’après moi, que les autres personnages sont secondaires. Danny, Jérôme, Sandra et Jonathan, forment, avec Marilou et Stéphanie un clan lié par une force indéfinissable qui subira la fureur du destin.
Je ne peux pas dévoiler ce qui les attend mais je vous invite à plonger dans cette histoire touchante et émouvante. Ce que je peux dire, c’est que les jeunes seront confrontés à l’amour, la mort, l’opposition sociale et l’étroitesse d’esprit de beaucoup d’adultes. Vous risquez d’être surpris, comme moi, du discours insignifiant fait par le père de Stéphanie alors que tout le monde était réuni dans son sous-sol.
Cette histoire pousse à une profonde réflexion sur le sens de la vie et de la mort aussi car le récit est assombri par une tentative de suicide et pas seulement. Elle fait aussi réfléchir sur les étapes qui conduisent inexorablement à l’alcoolisme. J’ai découvert des jeunes profondément attachant manifestant un besoin parfois désespéré de reconnaissance, d’empathie.
NOYADE est une ode chargée d’émotion et empreinte d’une poésie chaude et qui parle fort. J’ai beaucoup aimé cette histoire centrée sur deux jeunes filles que tout oppose mais qui sont beaucoup plus rassembleuses qu’elles ne le croient.
C’est un drame humain, bien bâti et développé, fort sur le plan psychologique avec des personnages qui pourraient être nos enfants, nos amis, nos frères, nos sœurs… Cette histoire, issue d’une plume exceptionnelle nécessite une bonne ouverture d’esprit. Je recommande chaleureusement NOYADE.
Suggestion de lecture : ANNA ET L’ENFANT-VIEILLARD de Francine Ruel

L’auteur André Mathieu
DU MÊME AUTEUR

BONNE LECTURE
CLAUDE LAMBERT
le samedi 8 août 2026



C’est un très beau roman d’aventure, mais d’une infinie tristesse qui met à l’avant-plan une maladie cruelle, la dégénérescence, la peur et la mort. C’est un aspect du roman qui a mis ma patience à l’épreuve. La peur et la mort sont omniprésentes dans le récit. J’avoue que ça devient un peu lassant à la longue.
J’ai été un peu surpris et pas très emballé par le dernier quart du livre où l’auteur a complété en vrac sa vision de la pandémie en développant l’aspect philosophique, médical et sociétal du problème, le tout, dans une présentation tout ce qu’il y a de plus provençal. J’ai trouvé ça un peu lourd.




L’autrice





Le roman suit Paul Raison, un fonctionnaire du Ministère de l’Économie et des finances, attaché au Cabinet du Ministre Bruno Juge, avec lequel il entretient également des liens d’amitié. Le climat politique est marqué par des attentats terroristes extrêmement sophistiqués, faisant appel à des moyens militaires importants, sans qu’on connaisse vraiment les motivations des auteurs. Paul entretient des liens distants avec sa femme Prudence. Le couple vote ouvertement pour le Rassemblement national. Enfin, le frère cadet de Paul travaille comme restaurateur d’œuvres d’art et est marié à une femme détestable.





La planète se trouve peu à peu paralysée par de mystérieuses catastrophes, des accidents autant absurdes qu’atroces surgissant n’importe où n’importe quand. Tout converge vers une nouvelle forme d’attentat. Les questions s’accumulent tandis que la peur grandit partout sur le globe. Qui se cache derrière toutes ces horreurs ? Pourquoi personne ne les revendique ? Mais, surtout, jusqu’où sont prêts à aller ces inconnus qui sèment une terreur de plus en plus grande ? Le temps passe alors qu’une évidence se dessine : et si les fondements mêmes du monde moderne en venaient à vaciller ?





« Mortelles, Mortels, Peu avenante, la Grande Faucheuse jouit, depuis la nuit des temps, d’une réputation qui ternit, bien injustement, l’énergie d’hommes et de femmes qui s’évertuent, sans relâche, à prodiguer fauchages et agonies de qualité. Aussi, je vous prie de bien vouloir prendre connaissance, au travers du recueil qui suit, de leur quotidien, et des rencontres et péripéties qui le parsèment. Bien à vous, Josiane Smith, Secrétariat de la Grande faucheuse. P.S. : Pardonnez le sentimentalisme de ma secrétaire. Ce livre c’est mon best of, point barre. Vénérez-moi. Sa macabre majesté, La Grande Faucheuse. »

Le thème est développé de façon décontractée, avec philosophie. Si la mort est démystifiée, la vie elle, est mise en valeur avec finesse subtilité et beaucoup d’imagination.
Dans une sinistre petite ville appelée Milburn, dans l’état de New-York, quatre vieux amis passent leurs soirées à se raconter de terrifiantes histoires de fantômes. Avant, ils étaient cinq, mais le cinquième est mort dans des circonstances très étranges et il avait toutes les apparences de quelqu’un mort de peur. Depuis, aucun des trois autre n’échappe aux terribles visions qui hantent leurs nuits. Entre créatures mythiques et esprits vengeurs tout droit sortis de leurs récits d’horreur, ils découvrent bientôt que la pire des monstruosités est en réalité issue de leur propre passé…un secret…un terrible secret…

