Commentaire sur le livre de
RAY BRADBURY

*Les fonds de la mer morte charriaient de la poussière qui inondait la terre lorsque le vent lui commandait de redonner vie à une vieille légende de déluge. Les cités étaient profondément enfouies sous des greniers de silence, de temps ensilé, de bassins et de fontaines de calme et de souvenir.
Mars était morte. *
Extrait de la nouvelle LE FLACON BLEU, du recueil BIEN APRÈS MINUIT, de Ray Bradbury. Édition de papier : Denoël éditeur, 1998, 256 pages. Format numérique : Denoël éditeur pour la traduction française, 1977, 165 pages.
LES NOUVELLES :
- Le Flacon bleu
- Un printemps hors du temps
- Le Perroquet qui avait connu papa
- L’homme brûlant
- Un morceau de bois
- Le Messie
- B.S. modèle V
- Boire en une fois : contre la fureur des foules
- Intermède au soleil
- A jamais la Terre
- Les Miracles de Jamie
- Le Jeu d’octobre
- Bien après minui
- La Tablette de chocolat

DE TOUT POUR TOUS

BIEN APRÈS MINUIT est la première partie d’une série de deux recueils de nouvelles publiées pour la plupart dans des magasines américains entre 1946 et 1976. Le deuxième tome de la série a été publié en 1979 sous les titres UN DIMANCHE TANT BIEN QUE MAL.
Bien que je parle ici du grand Ray Bradbury qui demeure dans le top 10 de mes auteurs préférés à vie, le recueil BIEN APRÈS MINUIT n’échappe pas à la règle classique : certaines nouvelles plaisent, d’autres plaisent moins et certaines pas du tout. BIEN APRÈS MINUIT est un recueil multi-tendances. Plusieurs de ces nouvelles sont devenues des morceaux d’anthologie.
La première observation est que BIEN APRÈS MINUIT m’a semblé comme une extension des CHRONIQUES MARTIENNES publiées en 1954. C’est sans doute le plus célèbre recueil de Bradbury. Il raconte l’histoire des premiers colons terriens installés sur la planète Mars. La planète rouge a largement inspiré l’auteur dans BIEN APRÈS MINUIT.
Le recueil commence en force avec LE FLACON BLEU. Sur Mars, deux astronautes recherchent activement un mystérieux flacon dans les décombres d’une ville morte parce qu’ils sont persuadés d’y boire leur destin. Profond…bien écrit. Comme toujours, Bradbury s’inspire de sa vision du futur pour bâtir des textes sur de la matière à réflexion, philosophique ou brûlante d’actualité encore aujourd’hui.
Plusieurs textes posent des questions embarrassantes auxquelles on n’ose répondre encore aujourd’hui. Par exemple, dans L’HOMME BRÛLANT :
*-Qu’est-ce que vous, les officiers, feriez, que feraient les hommes, que ferait le monde, si demain nous nous réveillions tous avec des canons complètement hors d’usage et en ruine? (Extrait)
Autre exemple, cette fois dans G.B.S. MODÈLE V : *Regardons les profondeurs et voyons à quoi Dieu s’est occupé pendant les dix milliards d’années depuis qu’il est entré en collision avec lui-même et a procréé l’immensité. * (Extrait)
Je ne peux que confirmer l’extraordinaire imagination de Bradbury qui m’a marqué avec FARENHEIT 451 et qui me marque encore. Quelques nouvelles de BIEN APRÈS MINUIT m’ont laissé froid. C’est normal. Mais le recueil dans son ensemble fut pour moi un vrai p’tit bonheur.
Suggestion de lecture : LE PROJET BRADBURY, de Neil Jomunsi

L’auteur Ray Bradbury
DU MÊME AUTEUR

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 26 avril 2026




LE MUR est un ouvrage réédité plusieurs fois depuis sa sortie en 1939. (Voir les 4e de couverture en lisant l’article). Il s’agit d’un recueil de nouvelles réunissant cinq récits. C’est aussi le titre de la première nouvelle. Chaque histoire évoque une dérive humaine tragique ou drôle. Toutes les nouvelles ont un point en commun : des fuites ou tentatives de fuites, arrêtées par un mur.

Pour moi, Sartre a toujours été un penseur en contradiction. Chez Sartre, j’ai toujours eu un peu plus de facilité à saisir l’esprit du dramaturge que celui du philosophe. Et pourtant, il est philosophe bien avant d’être dramaturge. C’est LE MUR qui a valu à Sartre le prix Nobel de la littérature en 1964. Il l’a refusé car selon lui, personne ne devrait être consacré de son vivant.






Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire ouvrir grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différentes interprétations de la vision.





Lorsque Marine met au monde son petit garçon, celui-ci est rouge. Mais vraiment rouge ! Et cette particularité va faire son cauchemar. Nombreux sont ceux qui voudront le disséquer, en faire un messie, un produit marketing ou un antéchrist à détruire… « L’Enfant rouge » est la première nouvelle d’un recueil qui déborde d’idées toutes plus farfelues les unes que les autres. Karim Berrouka convoque des cauchemars, des fantômes, des monstres et pire que tout, des hommes, pour nous faire rire, parfois jaune.




Les fantômes, ça n’existe pas !


« Mortelles, Mortels, Peu avenante, la Grande Faucheuse jouit, depuis la nuit des temps, d’une réputation qui ternit, bien injustement, l’énergie d’hommes et de femmes qui s’évertuent, sans relâche, à prodiguer fauchages et agonies de qualité. Aussi, je vous prie de bien vouloir prendre connaissance, au travers du recueil qui suit, de leur quotidien, et des rencontres et péripéties qui le parsèment. Bien à vous, Josiane Smith, Secrétariat de la Grande faucheuse. P.S. : Pardonnez le sentimentalisme de ma secrétaire. Ce livre c’est mon best of, point barre. Vénérez-moi. Sa macabre majesté, La Grande Faucheuse. »

Le thème est développé de façon décontractée, avec philosophie. Si la mort est démystifiée, la vie elle, est mise en valeur avec finesse subtilité et beaucoup d’imagination.


Martine Desjardins est née à Mont-Royal au Québec. Après des études de russe, d’italien et de littérature comparée, elle a travaillé pour plusieurs magazines, et tient présentement la chronique Livres à L’actualité. Saluée par la critique pour son premier roman, Le cercle de Clara, ainsi que pour L’élu du hasard, elle a remporté le prix Ringuet pour L’évocation, et les prix Jacques-Brossard et Sunburst pour Maleficium.