LOUIS VUITTON L’AUDACIEUX

Commentaire sur le récit biographique de
CAROLINE BONGRAND

*Constant lui enseigna le métier d’emballeur. Toute la journée, il allait proposer ses services de magasin en magasin. Sa technique était simple. Posté dans une rue commerçante fréquentée par les aristocrates et les bourgeois, il attendait de voir un client sortir d’une boutique pour y entrer aussitôt et proposer l’emballage.

Extrait : LOUIS VUITTON L’AUDACIEUX, Caroline Bongrand, version audio : Gallimard éditeur, 2021 Durée d’écoute : 7 heures 26 minutes. Narratrice : Isabelle Huppert.

Louis Vuitton a tout juste 14 ans lorsqu’il quitte son Jura natal. À Paris, il trouve à s’employer auprès du layetier-coffretier-emballeur le plus en vue du faubourg Saint-Honoré. D’une plume alerte, Caroline Bongrand retrace l’ascension de ce jeune audacieux, artisan virtuose et visionnaire. Lorsqu’Eugénie de Montijo devient impératrice des Français, elle garde auprès d’elle son emballeur préféré auquel la lie une amitié aussi vraie que durable. Installé à son compte en 1854, Louis Vuitton, porté par les fastes du Second Empire, ne cessera plus d’innover pour créer des malles adaptées aux tenues les plus extravagantes et aux voyages les plus lointains, faisant de sa propre existence un roman.  

 Louis le bagagier

J’aime prendre le temps, occasionnellement, de lire ou entendre un récit biographique. Je fais ainsi la connaissance de personnages qui ont participé à leur façon à l’histoire. Je parle de personnages nouveaux pour moi, que je connais peu ou pas du tout.

Élargir ce champ de connaissance pour moi est un plaisir. LOUIS VUITTON L’AUDACIEUX raconte l’histoire d’un homme vaillant, ingénieux, industrieux et à l’ambition réfléchie. C’était un innovateur et oui, il était audacieux, n’hésitant pas à se donner, s’investir, accepter l’échec et recommencer.

Ayant quitté Paris à 14 ans pour chercher du travail, Louis a commencé dans une petite entreprise comme simple emballeur. Encadré par un bon employeur qui lui faisait confiance, Louis a gagné en assurance. Il a développé ensuite toutes sortes d’habiletés : layetier, coffretier. Il devint enfin un malletier célèbre.

Sur fond d’agitation politique et de menaces de guerre, l’autrice raconte une véritable amitié que Louis Vuitton a développé avec Eugénie, devenue impératrice des français qui considérait Vuitton comme un précieux confident.

C’est vraiment une belle histoire, livrée avec simplicité. J’ai beaucoup apprécié sa lente évolution jusqu’à l’entrée en scène du fils de Louis, George qui exportera finalement les produits Vuitton dans les Amériques. Peu avant sa mort, Louis Vuitton était devenu un des plus célèbres maroquiniers du monde.

C’est un cheminement d’autant plus remarquable qu’aujourd’hui, l’entreprise existe toujours, devenue une maison de luxe pour les accessoires de voyage qui a étendu son savoir-faire jusque dans le prêt-à-porter.

Très beau récit biographique présenté sous forme de roman. Je me suis attaché au héros dont l’histoire est prenante et passionnante. Seule ombre au tableau, dans la version audio, la narration manque de chaleur et transmet laborieusement l’émotion.

Divertissant et instructif.

Suggestion de lecture : LÉO MAJOR un héros résilient, Biographie écrite par LUC LÉPINE


Louis Vuitton (1821-1892)


L’autrice Caroline Bongrand

Bonne écoute
Claude Lambert

le dimanche 30 mars 2025

DEREK AUCOIN LA TÊTE HAUTE

Commentaire sur le livre de
BENOIT RIOUX

<Vivre, c’est donner. Et quand tu donnes, tu reçois. Dans mon cas, Wow ! La vie m’a offert une femme extraordinaire, Isabelle, et un fils dont je suis tellement fier, Dawson. J’me considère comme l’homme le plus chanceux au monde. Je suis choyé, béni et privilégié. Ce sentiment de bien-être qui m’enveloppe, je le dois partiellement au baseball, lequel continue chaque jour à me faire des cadeaux…j’ai longtemps pratiqué ce sport, je l’ai enseigné…> Extrait : DEREK AUCOIN la tête haute, Benoit Rioux auteur, version audio : Vues et Voix éditeur. Durée d’écoute : 5 heures 54 minutes, narrateur : Derek Aucoin.

Une histoire de baseball et de gratitude

Plus jeune, Derek Aucoin n’avait qu’un seul rêve: porter les couleurs des Expos de Montréal. «Go for it!» Ces trois mots, lancés par son idole Andre Dawson, le guideront dans son ascension vers le baseball professionnel et il deviendra, en 1996, un des rares Québécois à jouer pour l’équipe montréalaise.

Porté par une passion indéfectible pour un sport qui lui a fait tant de cadeaux, l’ancien lanceur nous raconte un parcours ponctué de rencontres déterminantes et d’innombrables anecdotes. Depuis qu’il a accroché son gant, il s’est illustré comme animateur et analyste sportif. Reconnu pour son implication dans la communauté, il a également enseigné le baseball aux enfants de New York et d’ailleurs, se donnant comme mission de leur transmettre ses valeurs et sa philosophie du jeu.

Et même s’il doit, en 2019, affronter un adversaire sans pitié, un cancer du cerveau, le grand Derek se considère toujours comme l’être le plus chanceux du monde. Débordant de gratitude, la tête plus haute que jamais,

Le circuit Aucoin

DEREK AUCOIN LA TÊTE HAUTE est un récit biographique intimiste et chaleureux. Son cheminement est remarquable. Passionné de baseball, son rêve de gamin et d’adolescent était de jouer pour les Expos de Montréal. Il a trimé dur pour y arriver et même si les Expos ne lui ont pas réservé la place qu’il méritait vraiment, Derek a toujours regardé en avant et a fait un long chemin sur lequel il a accumulé toutes sortes d’expériences, même la vente de sapins de Noël.

Je veux seulement rappeler ici que Derek Aucoin a signé comme agent libre avec les Expos de Montréal en juillet 1989.  Il a joué avec les Expos de Rockford, puis les Expos de West-Palm beach dans un niveau plus élevé. Son parcours a dévié par la suite vers les Senators de Harrisburg et les Lynx d’Ottawa.

Pour les Expos de Montréal, il n’aura joué que deux matchs en 1996 : deux manches et deux tiers au total. Il s’est ensuite tourné vers les Mets de New York en 1998 pour lesquels il s’est aligné dans les rangs mineurs. Il avait le physique, un talent fou mais les organisations de baseball ne lui ont pas fait la vie facile. Ça ne l’a jamais empêché d’entraîner et développer les jeunes et de s’impliquer dans le sport.

J’ai été touché par le récit de Derek Aucoin dont j’ai écouté la version audio, narrée par lui-même. Je savais déjà que Derek avait un extraordinaire don d’empathie, ce que m’a confirmé le livre. En écoutant Derek Aucoin, j’ai eu l’impression qu’on se parlait tous les deux devant un café, qu’il racontait son histoire pour moi, qu’il me parlait personnellement quoi.

J’ai eu un peu de difficulté à suivre les explications sur ses techniques de baseball et ses descriptions parce que dans les faits le baseball n’est pas un sport que j’apprécie particulièrement. Mais sur le plan humain et social, il m’a fait vibrer et son récit a généré en moi beaucoup d’émotion, me serait-ce que par le seul fait que ce grand monsieur de 6 pieds 8 pouces était proche des gens, il les aimait, comme son grand-père Alfred. Il a donné de lui-même de tout son cœur jusqu’au dernier souffle. Cet amour de la vie, de sa famille et des êtres humains transpire dans tout le récit qui transmet une profonde gratitude.

Je vous recommande vivement le livre de cet homme emporté par un cancer au cerveau à 50 ans le 26 décembre 2020. Il a fait honneur au Québec et n’a rien ménagé pour aider, soutenir, construire. Je n’oublierai jamais entre autres sa dynamique présence à l’émission Bonsoir les sportifs.

C’est un récit touchant, humble, chaleureux et même drôle qui m’a fait un bien fou…

Suggestion de lecture : LE TEMPS DES SEIGNEURS, Dan Bigras


L’auteur Benoit Rioux et Derek Aucoin

Bonne lecture
Bonne écoute

Claude Lambert