LE DERNIER RESTAURANT AVANT LA FIN DU MONDE

H2G2, II

Commentaire sur le livre de
Douglas Adams

*Mesdames et messieurs…l’Univers tel que nous le
connaissons existe maintenant depuis cent soixante-
dix millions de milliards d’années et s’achèvera dans
un peu plus d’une demi-heure. Aussi, sans plus tarder,
bienvenue à tous et à chacun à Milliways, le dernier
restaurant avant la fin du monde!*
(extrait de LE DERNIER RESTAURANT AVANT LA FIN DU MONDE
H2G2, II, Douglas Adams, Folio sf,  t.f. : éditions denoël 1982
211 pages, éd. Num.)

Nous sommes dans un futur indéterminé.  La terre a été détruite pour permettre la construction d’une voie rapide intergalactique. Un petit groupe, (un astrostoppeur, un androïde instable, un président de galaxie et deux terriens rescapés de la destruction) vadrouille de galaxie en galaxie équipé d’un guide galactique en faisant des sauts temporels, ce qui les rapproche dangereusement de la fin de l’univers : le big crunch. C’est ainsi que notre équipe, le temps d’une dernière bouffe, aboutit chez Milliways, le dernier restaurant avant la fin du monde. Il s’agit du deuxième tome de la pentalogie H2G2. 

Adams ou le futur halluciné
*Dans la crypte, les vingt-quatre joggers se
dirigèrent vers vingt-quatre sarcophages
vides alignés contre le mur, les ouvrirent,
y pénétrèrent et tombèrent dans
vingt-quatre sommeils sans rêve…*

LE DERNIER RESTAURANT AVANT LA FIN DU MONDE est un récit extrêmement original qui comporte de multiples facettes : on y trouve un peu de psychologie, de la philosophie…l’écriture rappelle parfois l’essai, l’étude de mœurs…on trouve évidemment de la science-fiction et de l’humour…beaucoup d’humour lié à la spontanéité des dialogues…

*Les Jatravartidiens de Viltevolde VI croient pour leur part que tout l’univers fut en réalité violemment éternué de la narine d’un être qu’ils nomment le Grand Archtoumtec vert…*

*…un guide touristique…mieux vendu que la théorie du trou noir, un itinéraire personnel par Teraroplopla Eccentrica (la fameuse prostituée à trois seins d’Eroticon Six) et même plus controversé que le dernier titre à scandale du philosophe Ooland Colluphid : Tout ce que vous n’avez jamais voulu savoir sur le sexe tout en étant obligé de le trouver…*

*L’immeuble ne va pas tarder à atterrir. Pour sortir, ne prenez pas la porte…Sortez par la fenêtre…*

*Trin Tragula était un rêveur, un penseur, un spéculateur, un philosophe ou-comme se plaisait à le répéter son épouse-un idiot.* (extraits de LE DERNIER RESTAURANT AVANT LA FIN DU MONDE de Douglas Adams).

Voilà pour l’humour…je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ce livre. Pour l’aspect science-fiction, il y a plein de trouvailles que je vous laisserai découvrir. Je dirai toutefois que la question n’est pas de savoir où se situe le dernier restaurant avant la fin du monde mais plutôt  QUAND il se situe. L’auteur développe la théorie selon laquelle si l’univers a un commencement : LE BIG BANG, il aura aussi une fin : LE BIG CRUSH.

Or une bulle temporelle permet à des privilégiés d’assister à la fin de l’Univers en mangeant tranquillement…puis de revenir en arrière par saut temporel pour s’éloigner de la fin et permettre à la vie de continuer tout aussi tranquillement. L’auteur s’amuse ici à amplifier l’absurdité et le comique loufoque des clichés liés aux voyages dans le temps. Ça donne des passages très drôles et parfois même tordus et des trouvailles pour le moins farfelues.

J’ai maintes fois remarqué, dans mes lectures, que la philosophie d’apparence bon marché ou teintée d’humour cache souvent des pensées profondes et même de grandes vérités. À travers l’humour qui confine parfois à la loufoquerie, le récit d’Adams porte en lui une réflexion sur l’humanité, ses mythes religieux, ses cultures et comme il est question de fin du monde, l’histoire met en perspective des questionnements sur le sens de la vie et les buts de l’existence.

C’est un livre intéressant, bien écrit et qui va droit au but, avec un regard objectif sur notre ouverture d’esprit quant au rôle que nous jouons dans cette vie. Une lecture divertissante, agréable et même enrichissante…

Suggestion de lecture : HISTOIRES À LIRE AVANT LA FIN DU MONDE, collectif, recueil de nouvelles.

Douglas Adams (1952-2001) était un écrivain natif du Royaume-Uni. Il s’est fait connaître au départ par sa collaboration avec les Monthy Python. Mais son heure de gloire arrive avec la diffusion de la célèbre série radio H2G2 sur BBC. Quatre ans plus tard en 1979, Adams publie le premier tome du cycle H2G2 le guide du voyageur galactique. Le cycle sera complété en 1992 et comprendra cinq volumes. H2G2 sera par la suite adapté au théâtre, en série télévisée, au cinéma et même en jeu vidéo. LE DERNIER RESTAURANT AVANT LA FIN DU MONDE est le deuxième tome de la série.

BONNE LECTURE
JAILU
MAI 2015

L’APOCALYPSE N’EST PAS POUR DEMAIN, Bruno Tertrais

*…Qu’il s’agisse du développement, de la santé
De l’environnement ou des relations internationales,
Le monde va mieux qu’on le pense, et le futur n’est
Pas aussi sombre qu’on le dit*
(extrait de L’APOCALYPSE N’EST PAS POUR DEMAIN, de
Bruno Tertrais, Éditions Denoel, 2011) 

L’APOCALYPSE N’EST PAS POUR DEMAIN est un livre-documentaire qui s’appuie sur l’analyse rigoureuse d’études scientifiques et des statistiques pour dédramatiser la menace nucléaire et mettre en veilleuse les multiples scénarios d’autodestruction du monde qui circulent à l’échelle de la planète sous forme de rumeurs ou de prophéties. L’auteur adopte une vision beaucoup plus sereine du monde et explique l’importance de bannir le catastrophisme.

Les prophéties d’autodestruction humaine, d’apocalypse, bref de fin du monde ne sont pas un phénomène nouveau. Elles fleurissent depuis le milieu du XIXe siècle et malheureusement les humains leur ont accordé une crédibilité qu’elles n’ont jamais eue dans les faits. Après tout, n’ont-elles pas toujours été fausses?

Mais les prophéties continuent de pleuvoir et elles reçoivent toujours autant d’attention. L’auteur veut démontrer dans son livre que le catastrophisme est contre-productif.

J’ai choisi et lu ce livre parce qu’au départ son titre et sa présentation vont complètement à contre-courant des idées reçues. Et je n’ai pas été déçu car j’ai pu constater rapidement la crédibilité de l’ensemble.

En effet, en s’appuyant sur les dernières statistiques, une analyse rigoureuse des études scientifiques les plus pointues et sur la logique des faits, Bruno Tertrais dévoile sa compréhension des grands problèmes contemporains et de l’avenir qui nous attend.

L’auteur passe en revue tout ce qui a pu inspirer les prophètes de malheur : terrorisme et menace nucléaire, la menace djihadiste, l’effondrement du capitalisme, la prolifération des armes de destruction massive, l’épuisement des ressources naturelles, les pandémies, une démographie hors de contrôle, la dégradation du climat, la surutilisation des produits chimiques, la pollution, les guerres et j’en passe.

L’auteur ne prétend pas que tout va bien. Au contraire il pointe du doigt des défis extrêmement sérieux mais il veut expliquer de façon très rigoureuse pourquoi les prophètes de malheur ont toujours eu tort et démystifier le catastrophisme.

Tertrais propose une vision plus sereine de notre avenir et ce qui m’a séduit dans son livre, c’est qu’il le fait avec un optimisme raisonné en s’appuyant sur des recherches rigoureuses comme en témoigne une très imposante bibliographie proposée à la fin du livre et le tout, sans faire aucune prédiction.

La meilleure façon de conclure ici est de mentionner l’avertissement du grand philosophe Karl Popper publié en 1957 et cité dans le livre de Bruno Tertrais :

 *…IL NE PEUT Y AVOIR DE PRÉDICTION DU COURS DE L’HISTOIRE HUMAINE À L’AIDE DE MÉTHODES RATIONNELLES DE TYPE SCIENTIFIQUE*.

Suggestion de lecture : A COMME APOCALYPSE de Preston & Child

BONNE LECTURE
JAILU
JANVIER 2014

(En complément…)