À L’HÔTEL BERTRAM, livre d’AGATHA CHRISTIE

*…Le chanoine Pennyfather…une énigme.
Il parlait d’abord de se rendre en Suisse,
embrouillait tout, si bien qu’il ne s’y rendait
pas, revenait à son hôtel sans se faire
remarquer et en ressortait au petit jour…
pour aller où? L’étourderie pouvait-elle être
poussée si loin? Sinon que manigançait le
chanoine? Où était-il?*
(extrait de À L’HÔTEL BERTRAM, Agatha Christie,
Librairie des Champs-Élysées 1965)

L’intrigue se déroule au Bertram, un vieil hôtel de Londres qui a résisté aux bombardements de la 2e guerre mondiale et qui a conservé son cachet victorien et feutré. Le Bertram, prisé par les personnes d’un certain âge pour son confort et sa tranquillité accueille Miss Jane Marple, notre héroïne, de passage pour une petite semaine de détente.

Elle ne se doute pas que l’hôtel est sous surveillance par Scotland Yard et observe une chaîne d’évènements impliquant des employés et des clients de l’hôtel  jusqu’à ce qu’un portier de l’établissement soit assassiné. Un inspecteur de Scotland Yard mène l’enquête, mais l’expertise de Miss Marple pourrait bien devenir décisive…

La pause *Agatha*

*J’ai appris, après bien des années, à ne pas croire à l’enchaînement d’événements, trop simples. Les événements, apparemment simples, ne le sont presque jamais*
(Jane Marple, extrait de À l’HÔTEL BERTRAM, Agatha Christie)

AVANT-PROPOS :

Dans mes lectures, il m’arrive à l’occasion de délaisser pour un temps les nouveautés, canons littéraires ou curiosités diverses pour revenir à des valeurs qui sont sûres pour moi : des classiques ou des ouvrages de mes auteurs préférés. Cette fois, j’ai dévoré un livre d’Agatha Christie.

Je connais très bien son personnage le plus célèbre : Hercule Poirot , apparaissant dans 33 romans et 51 nouvelles. Mais pour cette pause *Agatha*, je voulais faire plus ample connaissance avec une vieille dame sympathique et très brillante : MISS MARPLE. J’ai choisi de lire À L’HÔTEL BERTRAM.

Je dois dire d’abord que À L’HÔTEL BERTRAM n’est pas le livre idéal pour faire connaissance avec Miss Marple comme je le souhaitais parce qu’elle ne mène pas l’enquête personnellement.

Elle y prête son concours de façon plus ou moins passive. Je voulais savoir s’il y avait une différence fondamentale entre Hercule Poirot et Jane Marple. J’ai compris qu’il n’y en a pas vraiment. Les deux célèbres détectives appliquent les grands principes du roman policier qu’Agatha Christie a collés à la réalité de l’ensemble de son œuvre, à savoir :

-Le crime peut-être expliqué par la personnalité de la victime comme celle de l’assassin.
-La recherche de mobiles est plus importante que celle d’indices dans la recherche de solution d’un crime.
– le coupable ne peut être démasqué qu’au terme d’une investigation, souvent psychologique, des antécédents de la victime.
-Très souvent la solution de l’énigme ne se trouve qu’après une recherche purement intellectuelle.

Donc Poirot et Marple sont le reflet fidèle de la mentalité littéraire de leur créatrice qui fait passer la solution des énigmes par une profonde compréhension de la psychologie des personnages. <voir les secrets de son  succès> Je mentionnerai simplement en terminant cet avant-propos que Miss Marple est un personnage un peu plus attachant que Poirot, qu’elle a plus de vécu et qu’elle met à contribution une très forte intuition féminine. Cela dit, voyons ce qu’a donné ma lecture du livre À L’HÔTEL BERTRAM.

Mystère dans un nid feutré

C’est un livre un peu spécial qui présente une variation du style habituel d’Agatha Christie. L’intrigue est très longue à s’installer, et le meurtre n’intervient que vers la fin de l’histoire et encore, il est accessoire, comme secondaire dans le récit.

La raison en est très simple et c’est ce qui fait l’originalité de cette histoire : l’énigme de ce roman est principalement l’hôtel Bertram lui-même, visé comme un personnage principal et dans lequel on trouve des personnages qui semblent mystifier les lieux.

Donc l’auteure s’attarde à décrire ce vestige du passé qu’est le Bertram, introduit très graduellement mais efficacement ses acteurs et donne à l’ensemble une saveur très *british* qui va un peu plus loin que le thé et les muffins.

Dans cette histoire, c’est Scotland Yard qui mène l’enquête, et avec brio encore, ce qui sort un peu du cadre habituel de l’œuvre d’Agatha Christie. Mais elle s’est arrangée pour donner à Miss Marple un rôle d’observatrice, presque passive et qui pourtant est essentiel à la résolution de l’énigme. Mais c’est bien la miss Marple telle que madame Christie l’a créée : extraordinairement intuitive et mettant à profit une remarquable connaissance de la nature humaine.

À l’HÔTEL BERTRAM n’est pas ce que j’appellerais un grand livre et sûrement pas le meilleur d’Agatha Christie, mais l’histoire est originale, les lieux et les personnages attachants et il y a des rebondissements intéressants. Malheureusement, Miss Marple étant un peu trop effacée dans le récit, je n’ai pu vraiment me faire une idée précise et satisfaisante du personnage. Pour cela, je devrai me rabattre sur un autre titre.

Suggestion de lecture : 17 NOUVELLES ENQUÊTES DE SHERLOCK HOLMES ET DU DOCTEUR WATSON de Sherlock Holmes

J’attire aussi votre attention sur l’adaptation à la télé de À L’HÔTEL BERTRAM, produite par la BBC en 1987 dans la série MISS MARPLE, 7e épisode, en deux parties, avec Joan Hickson dans le rôle de Miss Marple.

Agatha Mary Clarissa Miller devenue Agatha Christie est une des romancières les plus appréciées de l’histoire de la littérature. Elle a vécu de 1891 à 1976. Auteure de 84 romans, une vingtaine de pièces de théâtre et de plusieurs recueils de nouvelles, elle a présidé à l’élaboration de règles de base pour un bon roman policier avec ses fameux détectives Hercule Poirot et Jane Marple  qui ont une  approche originale et hautement intuitive de la résolution d’énigmes.

BONNE LECTURE
JAILU
SEPTEMBRE 2014

1 COBRA, 2 SOULIERS ET BEAUCOUP D’ENNUIS

Commentaire sur le livre d’
Alexander McCall Smith

*…Elle continue à feuilleter le magazine, il y avait
une photo du pape qui descendait d’hélicoptère…
Deux cardinaux vêtus de rouge le suivaient et elle
remarqua qu’ils étaient l’un comme l’autre de
constitution très traditionnelle, ce qu’elle trouva
rassurant. Si je vois Dieu un jour se dit-elle, je suis
certaine qu’il ne sera pas maigre…*
(extrait de 1 COBRA, DEUX SOULIERS ET BEAUCOUP
D’ENNUIS, Alexander McCall Smith, éditions 10/18,
Collection Grands Détectives, 2007)

Ce livre raconte le quotidien de l’Agence numéro 1 des Dames Détectives du Botswana dirigée par Mma Precious Ramotswe et sa fidèle assistante Mma Makutsi. Grâce à leur extraordinaire capacité de déduction et à leur formidable intuition, elles réussissent à résoudre toutes les énigmes…histoires familiales, chantage, adultère, falsification, etc. la vie professionnelle des Dames Détectives s’imbrique dans leur vie amoureuse et sociale. 1 COBRA, DEUX SOULIERS ET BEAUCOUP D’ENNUIS est le 7e tome des aventures de ces dames sympathiques et énergiques.

BOTSWANA :

La république du Botswana est un petit pays d’Afrique australe sans accès à la mer, entouré par l’Afrique du sud, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe. On appelle les habitants les Botswanais. La population est d’un peu plus de 2 millions d’habitants. Les langues officielles sont l’anglais et le tswana. La capitale est Gaborone.

Entre un terrible cobra
et un maître chanteur…

Tout au cours de ma lecture, je me suis posé la question : s’il y a une intrigue digne du titre dans ce livre, où est-elle? Eh bien voilà, il n’y en a pas. Dans cette histoire, il n’y a pas de crimes violents ou de situations morbides. Il n’y a à peu près pas d’action, pas de suspense. Pourtant j’ai pris plaisir à lire ce livre et je crois comprendre pourquoi Alexander McCall Smith s’est rendu au septième tome.

D’abord, l’histoire comprend quelques énigmes qui, malgré leur légèreté, pousse le lecteur à émettre quelques hypothèses et même à tirer des conclusions. Toutefois la vraie force du livre réside dans le caractère des personnages principaux : les dames détectives…premières femmes détectives du Botswana (ce n’est pas rien), des femmes sympathiques et empathiques. On s’y attache dès le début de l’histoire.

Il y a aussi l’omniprésence de certains thèmes qui sont comme une pointe d’humour et jouent un peu le rôle de fils conducteurs pas déplaisants du tout. Par exemple, il est beaucoup  question dans ce livre de la constitution traditionnelle de Mma Ramotswe, un gentil euphémisme pour dire qu’elle est grosse.

Il est aussi beaucoup question de chaussures et même de féminisme. Il est difficile de ne pas tomber sous le charme de ces femmes sages et profondément humaines.

J’en ai aussi beaucoup appris sur le Botswana, un *gros village* africain pris en sandwich entre des pays plus important comme l’Afrique du sud et le Zimbabwe. Le Botswana est un petit pays de 2 millions d’habitants.

Les traditions y ont la vie dure et il est présenté comme un beau pays, progressiste et accueillant dans lequel il fait bon vivre paisiblement. La notion d’entraide y est particulièrement forte. Le livre m’a quasiment donné le goût d’aller y faire un tour.

Si vous entreprenez la lecture de ce livre, faites-le sans attente. Moi j’ai pris ce livre pour ce qu’il est… un anti-stress…une petite douceur…

Suggestion de lecture : FIFI RINDACIER d’Astrid Lindgren

Alexander McCall Smith est né en 1948 au Zimbabwe. Il s’est fait connaître à l’échelle internationale après avoir créé le personnage de la première femme détective du Botswana : Mma Precious Ramotswe, héroïne d’une série qui compte huit volumes à ce jour. Il est également l’auteur des AVENTURES D’ISABEL DALHOUSIE et de 44 Scotland Street, premier tome des CHRONIQUES D’EDIMBOURG.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
JUIN 2014