Celle qui a tous les dons

Commentaire sur le livre de
M.R. CAREY

*Elle pense à tous les gamins de cette planète qui ont disparu sans avoir grandi. Ils ont dû se compter par milliards. Des hécatombes, des apocalypses, des génocides entiers. Au cours de chaque guerre, chaque famine, sacrifiés, annihilés. Trop petits pour se protéger, trop innocents pour s’écarter. Tués par des fous, des pervers, des juges, des soldats, des passants qui se trouvaient là par hasard, des amis, des voisins, leurs propres parents. Par un destin idiot ou, impitoyablement, sur décret…*

Extrait : CELLE QUI A TOUS LES DONS, de M.R. Carey. Version papier et numérique : Atalante Éditeur, 2014, 448 pages. Version audio : Hardigan éditeur, 2018, durée d’écoute : 13 heures 19, narrateur : Nicolas Planchais. Format numérique : 858 KB

Les clichés du post apocalyptique

Intéressante variation sur le thème des zombies. Une pandémie mondiale tend à éradiquer l’humanité. En effet, les humains sont réduits à l’état de zombies. Mais pas tous. Une poignée d’enfants sont devenus zombies tout en conservant leur conscience. C’est là qu’est toute l’originalité du récit.

Ces enfants, menottés et muselés, sont enfermés dans un camp militaire dirigés par le sergent Parks. Ils sont étudiés par une scientifique froide et calculatrice, madame Caldwell qui a même disséqué des enfants vivants pour comprendre comment un zombie, considéré comme mort pouvait être conscient.

Le récit tourne autour de la plus intelligente et sensible de ces enfants, Mélanie, une petite fille de 10 ans qui s’est liée d’amitié avec son enseignante, mademoiselle Justineau qui se rebelle contre Caldwell qui juge le moment venu de *traiter* Mélanie. Mais bientôt, le camp militaire est infiltré. Les survivants doivent fuir, mais où ?

L’idée du zombie conscient est bien développée et exploitée tout au long du récit même si elle devient un peu polluée par les clichés du genre. Dans cette histoire, le monde prend une nouvelle forme et celle-ci est dévoilée à la petite cuillère ce qui donne un certain aspect intriguant au récit même s’il est difficile de parler d’intrigue quand il est question de zombie.

Malgré la qualité du plat, on n’échappe pas vraiment aux ingrédients habituels de la recette. Cette histoire est extrêmement violente. Le récit de la fuite n’apporte rien de neuf et dirige le lecteur et la lectrice vers une finale intéressante dotée d’un parfum de terreur.

L’idée d’un zombie doté de conscience demeure une trouvaille mais force est de constater qu’au final, un zombie, ça reste un zombie et que renouveler le genre n’est pas chose facile. Je dirais que l’auteur, Mike Carey a réussi à dépoussiérer le genre, donnant en plus à son récit l’allure d’un thriller.

Quand aux personnages, mon préféré fut celui du sergent Parks. Il a une enveloppe de dur à cuir mais on lui découvre une fibre profondément humaine, même à la limite un peu nounours. C’est sans doute le plus authentique et le plus travaillé des acteurs de ce drame. Je n’ai pas été impressionné vraiment par la jeune héroïne que j’ai trouvé un peu surfaite.

La plus grande force de cette histoire tient dans son originalité. Comme dans un livre, je cherche toujours un certain sens, ou un message que cherche à faire passer l’auteur, je dirais que la plume de Carey pousse au questionnement et à la réflexion sur la fragilité de l’être humain.

Suggestion de lecture : LA ROUTE, de Cormac McCarthy

Au cinéma


Affiche du film post apocalyptique britannique réalisé en 2016 par Colm McCarthy, Adaptation du roman homonyme de M.R. Carey qui a scénarisé le film.


L’auteur Mike Carey

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 17 juillet 2026