Les sœurs de Montmorts

Commentaire sur le livre de
JÉRÔME LOUBRY

*Julien, je te promets de raconter ton histoire à tout le pays. Tout le monde saura ce qu’il s’est passé, dans ce village maudit. Dès que j’aurai les explications à cette folie, j’écrirai la vérité, et alors …. Alors Montmorts ne pourra plus se cacher derrière ses histoires de sorcières ridicules. *

Extrait : LES SŒURS DE MONTMORTS, de Jérôme Loubry. Format papier : Calmann-Levy éditeur, 2021, 414 pages. Format numérique : Éditions de l’épée, 2021, 349 pages, 1 465 KB. Version audio : Audiolib éditeur, 2022, durée d’écoute : 9 heures 43. Narration : Slimane Yefsah.. Aussi disponible en CD audio, chez Audiolib.

UN BEAU DÉFI DE LECTURE

LES SŒURS DE MONTMORTS est un thriller à l’intrigue très soutenue sur fond de paranormal qui se déroule dans une petite ville impeccable, sans criminalité, trop parfaite pour être vraie. Toutefois, Montmort traîne un lourd passé de sorcellerie encore palpable.

Julien Perreault vient d’y être nommé chef de police et sent très vite que quelque chose cloche. Le propriétaire et maire du village charge Julien d’enquêter sur la mort de sa fille. En plus, à peine débarqué, une mort violente requiert toute son attention. Et ce n’est que le début.

Le force du roman réside en partie dans son atmosphère, noire, consistante, énigmatique, mystérieuse, voire malsaine qui définit l’intrigue. Cette ambiance addictive m’a vraiment fait travailler les neurones. L’auteur a été très habile pour me pousser à comprendre l’origine du malaise et il n’y a pas que des sorcières. Attendez-vous à des surprises étonnantes.

Fait intéressant, l’histoire de Montmorts, qui remonte à un retentissant procès en sorcellerie au XVIIe siècle, est mise en abîme dans le récit de Loubry. C’est bien écrit mais la mise en abîme fragilise sensiblement le fil conducteur de l’histoire. C’est un fait qu’au XVIIe siècle, on voyait des sorcières partout. Mais en est-il encore de même dans le présent de Montmorts.

Là-dessus, Loubry pousse au questionnement grâce à la force de ses personnages. Je pense à la journaliste, qui sera plongée dans une mission beaucoup plus considérable qu’elle le croyait, je pense surtout au maire, propriétaire du village (ce qui est assez singulier au départ), appelé Albert de Thionville, énigmatique, aux motivations obscures, intrigant.

Ne vous en faites pas…beaucoup de secrets sont dévoilés au compte-gouttes avec une habileté telle que le lecteur, la lectrice soit attiré(e) irrésistiblement à la page suivante. LES SŒURS DE MONTMORT devient alors ce que les anglais appellent un *page turner*.

Mais le véritable génie de Jérôme de Loubry a été de créer une espèce de jonction entre le paranormal et la science en gardant intacte la crédibilité de l’ensemble.

La dérive de la science est abordée dans ce volume surtout dans le sens de l’éthique et pousse aux questionnements sur les savants fous mais surtout sur l’absence de l’éthique en recherche et expérimentation. Quel est le lien avec notre histoire ? Ça vous fera je crois une agréable découverte.

C’est une histoire originale, captivante à l’atmosphère enveloppante quasi irréelle et dotée d’une finale qui *casse la barraque* même si elle comprend un palabre assez long, et évidemment, hors du bon sens et vous comprendrez pourquoi à la fin. Pour moi ce fut limpide. Ce qui m’a fait dire en tournant la dernière page que c’était simplement génial.

Suggestion de lecture : LA PORTE D’ABADDON, de Mathieu Bertrand

Du même auteur


L’auteur Jérôme Loubry

 

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 29 mars 2026

La clinique du docteur H.

Commentaire sur le livre de
MARY HIGGINS-CLARK


Katie DeMaio, est une jeune et brillante adjointe au procureur dans une petite ville du New jersey. Un accident de voiture la conduit à la clinique Westlake où elle croit apercevoir, au milieu de la nuit, une silhouette familière transportant un corps de femme inanimée dans une voiture. Lorsque la femme est retrouvée le lendemain morte dans son lit, Katie décide de découvrir la vérité, et met très vite au jour les scandales enfouis dans la vie de personnages en apparence parfaitement équilibrés. Parmi ceux-ci : le Dr Edgar Highley, un grand gynécologue dont la froideur distante cache peut-être autre chose que son intérêt pour les problèmes de maternité…

*Je suis en train de rêver, pensa-t-elle. Et au même instant, elle pressa sa main sur la bouche pour étouffer un hurlement. Elle avait les yeux rivés sur le coffre de la voiture. Il était éclairé. À travers le rideau de neige fondue qui heurtait la vitre, Katie vit la substance blanche s’entrouvrir. Au moment où le couvercle se refermait, elle aperçut un visage. Le visage d’une femme, grotesque dans l’abandon sans retenue de la mort* (LA CLINIQUE DU DOCTEUR H., Mary Higgins Clark, t. f. Albin Michel éditeur 1981. Édition de papier, 290 pages)

Diabolique

C’est le deuxième livre que je lis de Mary Higgins-Clark. J’ai lu le premier en 1995. J’étais sorti déçu de ma lecture de son recueil LE BILLET GAGNANT ET AUTRES NOUVELLES, des récits que je trouvais ennuyeux et peu profonds. Mais je me suis dit qu’avec un si impressionnant volume de vente, l’auteure avait autre chose à offrir. J’avais conclu cet article comme suit : Je veux croire que LE BILLET GAGNANT ET AUTRES NOUVELLES n’est pas le reflet fidèle de l’oeuvre de Clark. Il faudra simplement que j’essaie autre chose.

C’est exactement ce que j’ai fait. J’ai mis la main sur un livre d’une toute autre trempe. LA CLINIQUE DU DOCTEUR H. est une histoire bien écrite, très bien développée, rapide et facile à lire. 290 pages de pure terreur sur le thème du complot médical et pour être plus précis, un complot d’une inimaginable bassesse.

Comme vous l’avez lu plus haut dans le quatrième de couverture, une chaîne d’évènements amène une jeune procureure, Kati de Maïo à entraîner les autorités dans la mise au jour d’activités criminelles du docteur Edgar Highley, un gynécologue soi-disant faiseur de miracle mais dénué de tout sens moral et éthique. Son ingéniosité pour échapper à la justice est remarquable, l’enquête laissant à penser que le coupable est ailleurs.

Comme roman, c’est noir et machiavélique. Le récit a un caractère aussi troublant qu’addictif car la question n’est pas de savoir qui est coupable mais plutôt comment sera-t-il arrêté ? Quand ? Comment démêler les fausses pistes et quel mal le docteur aura-t-il encore le temps de faire ?Les chapitres vont crescendo. J’ai particulièrement apprécié la façon dont Higgins-Clark termine ses chapitres : toujours une petite phrase ou un petit paragraphe à saveur de rebondissement, de revirement, de révélation ou ayant un caractère spectaculaire. Comme les chapitres sont courts, il devient très difficile d’abandonner le récit en cours de lecture.

Dans ce livre, il est secondaire de connaître très vite qui est le coupable, il faut se rappeler que l’auteur dévoile à la petite cuillère jusqu’où un homme, dit savant, scientifique peut pousser l’abomination. Je ne perds pas de vue non plus la réflexion que véhicule l’histoire sur les dérives de la science, la dénonciation des savants fous et la nécessité d’un contrôle serré des questions éthiques.

Je recommande ce livre. C’est un excellent roman, un thriller à saveur de complot médical bas et sordide mais un régal de lecture.


L’auteure Mary Higgins Clark (voir sa biographie)

Mary Higgins Clark a une imposante bibliographie. Vous pouvez la consulter ici. De la même auteure, j’ai commenté sur ce site le livre LE BILLET GAGNANT. Je signale aussi que LA CLINIQUE DU DOCTEUR H. a été adapté dans un téléfilm français (photo ci-bas) réalisé par Olivier Barma en 1995. Je vous invite enfin à lire l’hommage posthume de l’éditeur de madame Clarke (décédée en 1992) , Francis Esmenard.

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 17 octobre 2024