TOUT CE QUI MEURT

Commentaire sur le livre de
JOHN CONNELLY

Série CHARLIE PARKER
livre 1

On l’appelle « le Voyageur ». C’est l’un des quelque deux cents tueurs en série qui sillonnent les Etats-Unis, semant la mort sur leur passage. Charlie Parker, dit « Bird », a de bonnes raisons de lui vouer une haine féroce : le monstre a assassiné sa femme et sa fille dans des conditions atroces.

Après avoir démissionné de la police, Bird a pris une licence de détective privé, ce qui lui permet de suivre le Voyageur à la trace, d’une petite bourgade de Virginie jusqu’à La Nouvelle-Orléans, ensanglantée par une guerre des gangs particulièrement cruelle. Mais c’est dans le décor fantomatique des bayous de Louisiane qu’aura lieu l’affrontement décisif, reflet de celui qui oppose depuis toujours le Bien et le Mal.

*Parfois, elles viennent à moi, dans ce court intervalle qui sépare le sommeil de l’éveil, lorsque les rues livrées à la nuit sont encore silencieuses, ou quand l’aube s’insinue entre les rideaux pour répandre dans la pièce un semblant de clarté. Elles viennent à moi et je distingue leurs silhouettes dans la pénombre, ma femme et ma fille, ensemble, qui m’observent sans un bruit, empourprées du sang de leur mort brutale. *

Extrait : TOUT CE QUI MEURT, John Connolly, version audio, Audible studios éditeur, 2017, durée d’écoute : 15heures 47 minutes, narrateur : François Tavares, édition de papier, Pocket éditeur, 2005, 576 pages, format numérique : Presses de la Cité 2017, 567 pages, 3228 KB 

La grande première de Charlie Parker

Un tueur en série, monstre cruel et sans conscience appelé LE VOYAGEUR assassine la femme et la fille de Charlie Parker, un policier ivrogne, du moins au départ. Charlie, appelé BIRD, soupçonné par ses collègues, démissionne de la police et mène sa propre enquête en ruminant sa vengeance. Voilà toute l’histoire.

Facile à suivre avec un fil conducteur à toute épreuve. La version audio offre une narration exécutée avec un calme désopilant et une signature vocale de type *multipiste* qui force l’attention. Donc excellente performance vocale de François Tavarès. J’avertis tout de même les auditeurs/auditrices, lecteurs/lectrices que ce roman est d’une infinie noirceur. La plume de Connolly est sans pitié à cause de son pouvoir descriptif qui est par moments d’une cruauté innommable.

Les âmes sensibles pourraient trouver l’écoute ou la lecture difficile par moment, l’écriture étant très forte où on trouve, omniprésente, une violence démesurée. LE VOYAGEUR est une occasion pour l’auteur d’explorer les arcanes de la folie. L’imagination de Connolly pousse l’auditeur/lecteur à se demander si la folie doit bien avoir une limite à son déploiement.

C’est un roman très fort. Pas de doute. La partie de l’histoire se déroulant en Nouvelle-Orléans est particulièrement intéressante. La description des bayous est superbe. En général, ce livre est une hécatombe. Les morts s’empilent. C’est un peu surfait. La principale faiblesse réside dans les personnages que j’ai trouvé plutôt vides et superficiels. En général, les personnages de cette histoire, peu travaillés, me rappellent un peu l’environnement de Dick Tracy, ce célèbre détective issu de la pop américaine, créé par Chester Gould.

Les personnages sont, soit exagérément déformés sur le plan physique soit hideux par en dedans. Quant au héros de l’histoire, Charlie Parker, qui reviendra plus d’une quinzaine de fois dans la bibliographie de Connolly, Je n’ai pas pu m’y attacher. C’est un personnage froid, mû par la vengeance, devenu tueur, inatteignable. Mais comme c’est sa première apparition dans l’œuvre de l’auteur, je donnerai la chance au coureur.

La principale force tient au fait que l’auteur développe son histoire lentement et avec beaucoup d’habileté jusqu’à une finale plutôt surprenante. Le style Connolly est définitivement addictif. Il m’a accroché dès le départ et m’a tenu en haleine. 

Suggestion de lecture du même auteur : LES CLOCHES DE L’ENFER


Pour tout savoir sur John Connolly, biographie et bibliographie, cliquez ici

DU MÊME AUTEUR

Bonne lecture
Bonne écoute

Claude Lambert
le vendredi 4 octobre 2024

 

LIEUTENANT EVE DALLAS, de NORA ROBERTS

-Démence du crime
-Préméditation du crime
*Une mise en garde…-De quel genre ? aboya Eve .
Enfermez-vous chez vous? Fuyez la ville ?… ne sortez
plus faire vos courses au cas où le magasin où vous vous
rendrez soit visé ? Semer la panique, voilà l’objectif
de ces ordures.*
(Extrait : DÉMENCE DU CRIME, Nora Roberts, t.f. Éditions
J’ai lu, 2014, édition de papier, 800 pages en co-publication
avec PRÉMÉDITATION DU CRIME)

Dans un bar chic de Manhattan, une folie contagieuse fait une véritable boucherie : 83 morts. Eve Dallas interroge les rescapés, terrorisés, qui lui relatent l’apparition d’un monstre et d’abeilles par centaines. Eve traque le moindre indice pour trouver le coupable jusqu’à déterrer des souvenirs qu’elle croyait enfouis pour toujours. Après cette affaire, Dallas n’aura guère le temps de reprendre ses esprits car elle doit élucider la mort d’une comptable appréciée et sans histoire. Quand des dossiers confidentiels de la défunte disparaissent, Ève n’a d’autres choix que de s’immiscer dans le monde impitoyable des affaires…

AVANT-PROPOS :
le lieutenant de police Eve Dallas consacre sa vie à traquer des criminels. Dans son métier, pas de place pour les sentiments. Alors, les cauchemars qui hantent ses nuits, elle les oublie…elle essaie…comme son passé, un passé pas simple…un passé qui, forcément va s’amalgamer avec plusieurs de ses enquêtes, c’est inévitable.

Nora Roberts a publié cinquante-cinq titres dans la série LIEUTENANT EVE DALLAS, en grande partie sous le pseudonyme J.D. Robb. Chaque titre de la série comprend le mot CRIME : AU BÉNÉFICE DU CRIME (#3), LA LOI DU CRIME (#11), HANTÉ PAR LE CRIME (#22), CONFUSION DU CRIME (#42), etc


DES ANGLES DU CRIME

*Tout s’est passé si vite. Ce salaud avait une façon de bouger-
rapide, agile. Il a soulevé le gamin d’une main, cogné le père
du coude gauche, pivoté sur lui-même et lancé. Ce type a joué
au football… Il est fort. Le gosse devait peser une dizaine de
kilos.*
(Extrait : #36 PRÉMÉDITATION DU CRIME)

Je n’ai lu que deux livres de la série LIEUTENANT ÈVE DALLAS, laquelle série compte 55 tomes qui peuvent se lire indépendamment. Je ne peux donc pas dire si DALLAS a évolué au cours des années. Je peux cependant affirmer que le personnage est bien campé : Dallas est très intelligente, intuitive, minutieuse, curieuse, un peu froide, agressive, tenace.

J’ai eu de la difficulté à m’attacher au personnage, peut-être à cause de son côté un peu roublard, imbu, peut-être aussi à cause de sa précision militaire et son petit côté parfait. Bref, elle m’énerve. Mais le cadre dans lequel elle a été installée est très intéressant à cause de l’histoire qui est à saveur de terrorisme, donc très ajustée avec l’actualité.

Au tout début du récit, Roberts frappe fort. Dans un grand restaurant, une folie contagieuse éclate subitement. D’abord une hallucination collective puis une paranoïa généralisée amène tout le monde à s’entretuer avec une violence innommable.

Résultat de cette incroyable boucherie : 83 morts et des blessés. L’auteure m’a accroché immédiatement à cause de l’intrigue et à cause du mobile qui est mis en lumière à la petite cuillère jusqu’à la fin qui m’a coupé le souffle.

Les possibilités sont nombreuses, le ou les tueurs sans pitié : *Qui a pu commettre un acte pareil?…Peut-être ciblait-il une ou plusieurs victimes en particulier, mais provoquer un tel massacre dans un bar en quelques minutes, Ça l’a forcément excité. Êtes-vous d’accord docteur Mira? Absolument. Tuer des gens si vite et de surcroit les manipuler comme des marionnettes. Probablement sans se salir les mains…* (Extrait)

Ce n’est pas du tout le lieutenant Dallas qui m’a fasciné dans ce récit, mais bien l’intensité dramatique de l’histoire qui amène le lecteur de rebondissement en revirement jusqu’à une seconde hécatombe qui fera une cinquantaine de morts. Comment décrire un tel meurtrier ? *Notre tueur jongle avec la colère, la cruauté, un mépris total à l’égard de l’humanité- et plus encore à l’égard de ceux qu’il côtoie chaque jour.* (Extrait)

Ce qui m’amène à vous parler d’un autre aspect du récit qui m’a fasciné : l’omniprésence du profilage. En criminologie, le profileur établit le profil psychologique d’un individu recherché en fonction des indices recueillis par les services d’enquête. C’est la première fois que je lis un roman policier dans lequel est développé et expliqué le profilage psychologique prévisionnel. J’ai donc appris quelque chose qui m’a accroché.

Maintenant, pour le tome 36, PRÉMÉDITATION DU CRIME, il est assez bien fait mais beaucoup moins intense et dramatique que dans le tome précédent. L’action se déroule dans le monde des affaires, des sociétés qui s’imbriquent les une dans les autres avec leurs clientèles…et quand des audits sont réclamés, beaucoup de financiers sont pris par surprise parce qu’ils ont beaucoup à cacher…et puis un meurtre en appelle un autre.

On s’y perd un peu tellement ce monde est tentaculaire et impitoyable. Ça donne tout de même une enquête tricotée serrée avec un lieutenant Dallas toujours aussi opiniâtre et directif. Un point en commun avec l’épisode précédent : La vie de Dallas : boulot pour 90%, du sexe pour le reste avec Connors, l’amant parfait qui gagne à être connu.

En conclusion, sans être emballé, j’ai trouvé ces deux lectures intéressantes. Je ne serais pas surpris que DÉMENCE DU CRIME soit un épisode très à part dans le monde du lieutenant Dallas. Je ne serais pas plus surpris si le fait de se lancer dans la lecture des 55 épisodes deviennent singulièrement ennuyant. Toutefois, DÉMENCE DU CRIME vaut bien qu’on s’y arrête.

Suggestion de lecture : NÉBULOSITÉ CROISSANTE EN FIN DE JOURNÉE, de Jacques Côté

voir la liste complète des tomes ici

Nora Roberts (de son vrai nom Eleanor Marie Robertson) est une romancière américaine spécialisée dans les romans sentimentaux et les thrillers psychologiques, née en 1950 dans le Maryland. Elle commence à écrire pendant une tempête de neige en février 1979 et son premier roman L’INVITÉE IRLANDAISE est publié en 1981. Nora Roberts est une auteure particulièrement prolifique. Près d’une dizaine de nouveaux romans sortent chaque année. Elle a vendu plus de 100 millions de livres et est traduite en plus de 25 langues.

QUELQUES ÉPISODES DE *LIEUTENANT ÈVE DALLAS*

           

Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 4 avril 2020