La prophétie Charlemagne

Commentaire sur le livre de
STEVE BERRY

*Les manouvriers s’attelèrent à leur tâche. Deux évêques assistaient à la scène, sans un mot. Le tombeau dans lequel ils s’apprêtaient à entrer était resté clos depuis le 29 janvier 814, le jour où mourut le sérénissime auguste couronné par Dieu, grand empereur qui maintient la paix, gouvernant l’empire romain, roi des francs et de lombards par la grâce de Dieu. Il était d’une sagesse dépassant celle des hommes, faiseur de miracles, protecteur de Jérusalem, d’une clairvoyance de prophète, inflexible et chef des évêques. *

Extrait : LA PROPHÉTIE DE CHARLEMAGNE, de Steve Berry. Édition de papier : Pocket, le Cherche midi éditeur 2010 700 pages.  Format numérique : Cherche midi éditeur 2012, 752 pages, 2012 KB

Avant-propos : Présentation de Cotton Malone

Pour bien saisir cette histoire, il faut bien saisir le profil de Cotton Malone, personnage récurrent dans l’œuvre de Steve Berry. Harold Earl Malone plus connu sous le nom de Cotton Malone est un personnage de fiction héros d’au moins 12 romans. PROPHÉTIE DE CHARLEMAGNE est le quatrième volet de la série.

Ce monsieur a près de 50 ans, en forme, assez baraqué. C’est un passionné de vieux livres, d’ésotérisme et d’énigme. Il a une mémoire phénoménale. Ancien membre de l’unité Magellan, un service de renseignements du département américain, il a la gâchette relativement facile. Enfin, disons qu’il ne tranche pas par sa délicatesse.

Une quatrième mission pour Cotton Malone

Le développement de l’histoire est basé sur l’idée que le célèbre empereur Charlemagne aurait eu connaissance d’une civilisation infiniment plus évoluée et abritant un secret qui, s’il était développé, changerait la face du monde. Une information largement suffisante pour créer une chasse aux énigmes. Entre autres, une expédition allemande en 1935 dans l’antarctique afin de prouver, grâce à Charlemagne, la pureté et la supériorité de la race aryenne, ce qui aurait amené à justifier les atrocités nazies. On sait déjà que ça ne repose sur rien.

Plus tard, en 1971, un sous-marin, le NR1 commandé par le père de Cotton Malone, Forrest part en antarctique pour une mission top secrète. Il disparaît corps et biens avec ses secrets et le gouvernement ne fera à peu près rien pour le rechercher. Toute l’histoire repose premièrement sur le secret entourant la disparition du NR1 et ensuite sur une idée intéressante qui est toujours d’actualité.

C’est l’élément le plus percutant du récit : l’existence d’une ancienne civilisation, vieille de quelques millénaires, fort avancée sur tous les plans. Il n’est pas question ici de l’Atlantide qui a ouvert la porte à beaucoup d’exagération. C’est un peu plus simple : nous ne serions pas les premiers à avoir un niveau intellectuel tel que le nôtre. Selon l’auteur, l’histoire se perd dans la nuit des temps et compte parmi les 90% des connaissances antiques qu’on ne découvrira jamais.

À travers les sépultures et les civilisations et afin d’élucider la mort de son père, Cotton Malone va devoir décoder les énigmes contenues dans deux manuscrits, ce qui l’amènera en Allemagne, en France et dans le mystérieux Antarctique. Vu l’énormité du secret, les lecteurs/lectrices doivent s’attendre aux ingrédients habituels du thriller politique et militaire : meurtres, tueurs à gage, trahison, ambition, intrigue, manigances et manipulation.

J’ai beaucoup aimé l’aspect historique du récit mais la véritable énigme historique n’apparait que dans une brève annexe à la fin du volume, ce qui appauvrit la substance de l’histoire, d’autant que le volume est très long, les personnages très nombreux et les longueurs plutôt abondantes, au moins jusqu’au dernier quart.

Ce qui est intéressant par contre, c’est que les chapitres sont découpés en faisant avancer différentes histoires en parallèle, avec un petit coup de théâtre à chaque fois. Je reconnais bien là le style de Steve Berry. L’histoire peut paraître longue, diluée, l’auteur a réussi à y imprégner un caractère addictif.

Le livre comporte beaucoup de détails historiques intéressants et avérés. Toutefois il faut rappeler que LA PROPHÉTIE CHARLEMAGNE est un mélange de vrai et de fiction. Il faut se reporter à l’annexe pour mieux comprendre. J’ai trouvé le lien avec le troisième Reich intéressant mais pas suffisamment développé à mon goût et les liens avec Charlemagne un peu minces.

Deux éléments m’ont subjugué dans cette histoire et c’est ce qui fait que je recommande ce livre malgré les faiblesses citées plus haut : le caractère véreux de certains personnages comme l’amiral Ramsey par exemple, qui a autant de scrupules qu’il y a de la neige au Sahara et bien sûr Cotton Malone, l’éternel chercheur de vérité, toujours aussi opiniâtre et attachant.

Très bon livre malgré les bémols. Berry reste Berry. S’il m’a donné l’impression d’avoir froid en lisant les nombreux passages se déroulant en Antarctique, c’est qu’il connaît le pouvoir des mots.

Suggestion de lecture : L’APOTHICAIRE de Henri Loevenbruck


L’empereur Charlemagne (742-814)

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le jeudi 4 juin 2026