Le trône de fer.1

Commentaire sur le livre de 
GEORGE R.R. MARTIN

En ces temps-là nimbés de brume, où la belle saison pouvait durer des années, et la mauvaise toute une vie, se multiplièrent un jour des présages alarmants. Au nord du Mur colossal qui protégeait le royaume, se massèrent soudain des forces obscures. Au sud, l’ordre établi chancela.

Le meurtre et la corruption, la lâcheté et le mensonge enserrèrent inexorablement le trône convoité… Le Trône de fer plonge le lecteur dans un tourbillon d’aventures sanguinaires, peuplé de créatures surnaturelles, de barbares et de traîtres. Un monde où parfois cependant l’amour et la tendresse triomphent.

Après avoir tué le monarque dément Aerys II Targaryen, Robert Baratheon est devenu le nouveau souverain du royaume des Sept Couronnes. Tandis qu’en son domaine de Winterfell, son fidèle ami le duc Eddard Stark rend paisiblement la justice.

Mais un jour, le roi Robert lui rend visite, porteur de sombres nouvelles : le trône est en péril. Stark, qui s’est toujours tenu éloigné des affaires du pouvoir, doit alors abandonner les terres du Nord pour rejoindre la cour et ses intrigues.
L’heure est grave, d’autant qu’au-delà du Mur qui protège le royaume depuis des siècles, d’étranges créatures rôdent.

 Un géant du fantasy
Mais ce soir différait des autres.  Les ténèbres avaient, ce soir,
une espèce d’âpreté qui vous hérissait le poil…

Il sentait les yeux des morts peser sur lui.
Il les savait tous à l’écoute. Et l’hiver venait.

Extraits : LE TRÔNE DE FER, TOME 1, LA GLACE ET LE FEU, de George R.R. Martin. Édition de papier : Jai lu éditeur, 480 pages en format de poche. Format numérique, Pygmalion éditeur, 2017, 420 pages, 4048 KB.

Version audio : Gallimard éditeur, 2015. Durée d’écoute : 17 heures 4 minutes, narrateur :  Bernard Métraux. Format BD : en 9 tomes, publiés entre 2012 et 2020 chez Dargaud éditeur. Aussi, adaptations disponibles en série télévisées, jeux de cartes à collectionner, jeux de société et jeux vidéos.

Quoique peu attiré par cette série, je me suis quand même penché sur le livre 1 pour voir comment l’histoire se présente, pourquoi la série est considérée comme un monument de la littérature du genre fantasy et comprendre aussi pourquoi la masse critique déploie un tel dithyrambe concernant cette saga de George R.R. Martin.

Je ne partage pas tous les avis flatteurs mais je rejoins quand-même beaucoup de commentaires positifs. Il faut admettre que quelque chose, quelque part a accroché le lectorat : 90 millions d’exemplaires vendus dans le monde, traduit en 47 langues et générant une phénoménale quantité de produits dérivés dont la plupart sont connus sous leur nom d’origine : GAMES OF THRONES, en plus de la série Télé.

Côté positif, ce qui m’a frappé, c’est l’élégance de l’écriture. La plume est imagée, recherchée. Elle a quelque chose de théâtral et rappelle fortement la notion de scénario ce qui n’est guère surprenant. Il y a plus d’intrigue que d’action. J’ai senti que Martin prenait bien son temps pour mettre une impressionnante quantité de personnages en place. Je ne vous cache pas que j’ai été mêlé par moment, que j’ai eu de la difficulté à entrer dans l’histoire.

Pour être plus précis sur le contenu, TRÔNE DE FER est un roman de fantasy dont l’histoire se déroule dans un monde médiéval, féodal. En principe, la magie et les créatures de légendes ont disparu mais on pourrait avoir des surprises. Il y a plusieurs intrigues, la principale étant que plusieurs maisons nobles rivalisent pour l’obtention du trône.

C’est ici qu’on entre dans les recettes habituelles du genre : manipulation, alliances douteuses, trahison, complot, hypocrisie. Je crois que l’ouvrage est loin de sortir des sentiers battus comme le suggèrent certains propos à caractère éditorial. On doit aussi faire attention au fait que la télé prend souvent des directions bien différentes des livres et on sait qu’il est souvent difficile de mettre la télé de côté. Moi j’ai préféré le livre. Je m’en suis tenu au premier je le rappelle et je ne crois pas continuer malgré ses belles qualités, momentanément lassé de la fantasy.

Allons-y maintenant avec un rapport de forces et de faiblesses. POINTS FORTS : L’écriture est magnifique et tend à intégrer le fantastique dans une trame où l’ambition est à l’avant-plan. C’est habile. Il se dégage de l’histoire une atmosphère spéciale de vieilles légendes, de créatures de l’ombre, de forêts où planent mystère et froid. Toutefois, dans mon cas, le pouvoir de l’intrigue a dépassé celui du ressenti. Aussi, Martin a le don de raccorder le langage moderne avec celui du médiéval, ce qui met les lecteurs en zone de confort et exacerbe l’intrigue en plus de contribuer à la crédibilité de l’ensemble. Enfin, j’ai été subjugué par la version audio. La narration de Bernard Métraux est tout simplement magistrale. La finale est un peu expédiée mais tout est en place pour donner au lectorat le goût de continuer.

POINTS FAIBLES : beaucoup de longueurs, de palabres. On sent le désir de l’auteur de pousser loin la saga et de tout mettre en place correctement pour la démarrer. Le problème est qu’il s’étend longtemps et avec la quantité énorme de personnages qu’il met en scène, ça peut pousser à la confusion et/ou au découragement.

Je note aussi que, comme ça se produit souvent dans ce genre de récit, beaucoup de personnages sont surfaits, les enfants en particulier à qui on prête une précocité irréaliste. Le début de l’histoire est pénible. J’ai fait des efforts pour m’accrocher et comprendre quelle direction prenait l’auteur. Introduction lente, longue et parfois ennuyante.

Autre irritant qui pourrait nécessiter un maximum de ténacité des lecteurs/lectrices : il y a huit narrateurs. Ça change à chaque chapitre. J’ai trouvé cela irritant parce que j’avais le sentiment que les personnages étaient dilués, moins intéressants ou attachants. Heureusement, dans la deuxième moitié du récit, l’histoire gagne un peu en limpidité.

Voilà. En ce qui me concerne, j’en reste là. Non que la saga ne mérite pas d’être poursuivie, au contraire mais j’ai besoin de sortir de l’univers de la fantasy pour un temps.

UNE PARTIE DE LA SUITE


L’auteur George R.R. Martin

 

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 23 mai 2026