DERNIÈRE TERRE, la série audio de Clément Rivière

*…Ici, tout est clean…pas de zombie, pas de cadavres
à tous les coins de rue, juste des gens…des vrais…*
(Extrait : DERNIÈRE TERRE, LE PILOTE, Clément Rivière,
production celestory studio, captation Audible éditeur.
Narration multiple, durée d’écoute : 4 heures 10 minutes).

Au cœur d’une France envahie par les zombies, Dernière Terre raconte le voyage insolite de quatre jeunes prêts à tout pour rejoindre l’Angleterre. Thomas, David, Laura et la petite Sophie vont côtoyer une série d’univers aussi bien mystique, surnaturel que médiéval. Pour traverser la Manche, notre quatuor de bras cassés va ainsi croiser une galerie de survivants aussi terrifiants qu’excentriques.

Chaque étape de l’aventure permet de comprendre les origines de l’infection et le rôle primordial que les quatre personnages vont devoir tenir. Auront-ils assez de courage, de culot et d’inconscience pour parvenir à sauver l’Europe ? DERNIÈRE TERRE est un road movie burlesque et… particulièrement sanglant ! Avec, dans les rôles principaux : Donald Reignoux, Pierre Lacombe, Audrey Pirault & Mathilde Cerf.

Aventure incongrue
D’un quatuor déjanté
*Si on déterre quelques corps, et ben on peut
les attirer par l’odeur. Une fois massés à
L’intérieur, y’a plus qu’à tout faire péter…*
(Extrait)

Au-delà d’un possible cafouillage scientifique, au départ, il ne faut pas chercher à comprendre. Nous sommes dans une époque du futur où la France est entièrement parasitée par des morts vivants: des zombies. Au cœur de cet enfer, quatre jeunes personnes tentent de gagner l’Angleterre qui, apparemment, n’est pas touchée par cette tragédie.

Il y a Thomas, David et Laura et une petite fille qu’ils amènent in-extrémis : Sophie, 10 ans. Cette petite a un don particulier, elle ne se fait pas mordre, n’a pas peur des zombies et peut communiquer avec eux. Elle leur est tellement sympathique qu’elle est enlevée et enfermée dans le château de Vincennes avec des zombies à qui elle raconte des tas d’histoires. Reste à savoir qui est vraiment Sophie, d’où vient-elle ? Pourquoi et comment résiste-t-elle aux zombies. Pourrait-elle être la source d’un précieux vaccin?

C’est une série époustouflante qui, même avec un côté gore, parodie les histoires de zombies. Les passages humoristiques ne manquent pas. Les dialogues sont pétillants. Et la petite Sophie jouée par Mathilde Serre est particulièrement brillante même si sa petite voix aigüe peut parfois devenir énervante. La distribution est excellente.

Pour ce qui est de l’histoire, elle n’a pas ce que j’appellerais le prix de l’originalité…du réchauffé auquel on a ajouté de la fraîcheur: des bruitages et des effets spéciaux parfois saisissants, des dialogues parfois dynamiques et souvent burlesques.

Le scénario qui a un petit quelque chose de médiéval, serait digne d’un film et ce qui m’a particulièrement plu, ce sont des trouvailles intéressantes dont plusieurs sont rattachées à l’actualité européenne, des passages qui évoquent cette vieille rivalité entre la France et l’Angleterre.

Autre exemple : lorsqu’ils recherchent un zombie géant caché sous les combles de la bibliothèque nationale de Paris, Lara, David et Thomas tombent sur des *gilets jaunes* perdus depuis des mois dans ces sous-sols, pas du tout au courant de la *zombisation* de la France.

[Laura] : ………..Qui êtes-vous ?
[Inconnu] :. ……Euh… Vous pouvez baisser votre arme ? Euh… Moi, c’est Marc et voilà ma femme, Diane.
[Sir William] :…. Vous cherchez le Némésis ?
[Marc] : …………Euh… non. Nous on cherche la sortie.
[Diane] : ………..On sait pas ce que c’est votre truc de psoriasis
[Bérenice] : ……NE ME SIS
[Marc] : …………Eh ben nous on s’est perdu paumer dans les catacombes.
[Laura] : ………..Depuis quand ?
[Diane] : ………..Ah… euh… quelques mois…
[Laura] : ………..Quelques mois ?!!!
[Marc] : …………Peut-être plus… c’est mal indiqué aussi…
[Thomas] : ……..Pourquoi vous porter un gilet jaune ? Vous avez peur de vous faire renverser ?
[Diane] : ………..Mais non. Le gilet jaune c’est pour la manif.
[Marc] : …………Ben ouais voilà. On était venu manifester et quand les CRS ont chargés…
[Diane] : …………..Et pourtant on leur avait rien fait…
[Marc] : …………C’est vrai ça ! On avançait les bras en l’air…
[Diane] : … ……..et ils ont quand même tirés…
[Marc] : .. ……….comme quoi les Droits de l’Homme, ça ne leur créé pas des insomnies…

Voilà qui nous rapproche d’une actualité pas si ancienne et qui vient rafraîchir et stimuler un sujet élimé. J’ai adoré ça.

Parmi les petites faiblesses, appelons ça des irritants mineurs qui pourraient bien être voulus par les auteurs, car c’est évident que tout le monde a pris un plaisir fou à créer cette production, sans trop se prendre au sérieux et pourtant désireux de faire quelque chose de professionnel. Les dialogues sont déclamés et rappellent un peu le ton utilisé sur les planches d’un théâtre. Le tout est sensiblement caricatural, grossi, expressions souvent gonflées.

Le réalisme est dans l’ombre d’un jeu parfois exagéré. Par exemple, les sons produits par les zombies me rappellent ceux des cartoons. Ça m’a fait sourire mais au final, certains dialogues sont tellement tordus que j’ai carrément éclaté de rire. Dans cette création, l’horreur chevauche la comédie et l’humour souvent spontané n’est pas sans me rappeler FRANKESTEIN JUNIOR, célèbre comédie hilarante réalisée par Mel Brooks en 1974.

DERNIÈRE TERRE est en fin de compte un bon divertissement, très proche de la littérature jeunesse, une production de qualité, multisonore, essentiellement audio.

Suggestion de lecture : PASSEPEUR TRIO, de Richard Petit

Clement Rivière est scénariste et directeur artistique français. Il travaille sur des fictions interactives en format jeu vidéo, spectacle vivant et audio. Il est auteur, formateur en sciences de l’information et des bibliothèques, narrative designer.
En parallèle, il enseigne l’écriture et le théâtre dans plusieurs écoles en Europe.

À lire aussi, du même auteur

Bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 18 février 2023

L’ÉLU DE MILNOR, saga de Sophie Moulay

L’intégrale

*…Nous les sept sages de Milnor nous réunîmes et
entreprîmes de consulter les oracles. Nous formâmes
le cercle sacré et psalmodiâmes les paroles rituelles.
L’un des oracles daigna nous apparaître. Il nous
expliqua qu’un grand péril nous menaçait. L’ennemi
s’apprêtait à asservir Milnor. Il entendait fondre sur
toutes les contrées connues et réduire…la population
à l’état de bétail.*

(Extrait : L’ÉLU DE MILNOR, livre 1, la fuite d’Almus, voir
le synopsis pour l’intégrale. Format numérique, E38
éditeur, 2017, 1255 pages, 1944 KB, )

Depuis son plus jeune âge, Almus s’entend répéter la Prophétie : il est l’Élu qui sauvera le monde quand viendra l’Ennemi. Dans l’univers médiéval de Milnor, il apprend donc la magie auprès des Sages. Mais un jour, ses maîtres découvrent qu’ils se sont trompés d’Élu. Humilié et rejeté, Almus s’enfuit du palais des Sages pour rejoindre le lointain domaine de ses parents. Mille dangers le guettent au cours de ce voyage initiatique et, sans ses pouvoirs magiques, il n’est plus qu’un adolescent ordinaire. Almus découvrira le côté sombre de la vie, mais aussi l’amitié. Toutefois, les Hargors, des êtres mi-humains mi-félins, le poursuivent. Leur mission : capturer l’Élu et le ramener à leur empereur. 

Le cœur de la fantasy
*La mort dans l’âme, nous convînmes que l’Élu
apprendrait mieux les vicissitudes de la vie à
l’extérieur que dans les murs du palais et qu’il
nous reviendrait plus puissant que jamais. Nous
endurcîmes nos cœurs et exécutâmes les
directives de l’Oracle.*

(Extrait du livre 2 : L’OMBRE DE L’ENNEMI)

 

Mon commentaire porte sur l’intégrale de L’ÉLU DE MILNOR, soit cinq tomes : LA FUITE D’ALMUS, L’OMBRE DE L’ENNEMI, L’EMPIRE HARGOR, LE PAYS DES MORTS et LE MIROIR DU SAGE. C’est une longue saga de type *fantasy* écrite pour la jeunesse mais elle est aussi très acceptable pour les adultes qui aiment particulièrement l’atmosphère médiévale.

Voici l’histoire d’Almus. Un garçon qui a onze ans au début de l’histoire. Depuis plusieurs années il a été reconnu par les sages du royaume, L’ÉLU. C’est-à-dire le seul capable de sauver Milnor en affrontant l’ennemi. Un jour, les Sages se rendent compte qu’ils se sont trompés et rejettent Almus qui s’enfuira et entreprendra alors un voyage initiatique avec un statut de simple adolescent.

Il connaîtra une vie dure et fera face à mille dangers mais il fera aussi la connaissance de nouveaux amis : Pil, un voleur tout ce qu’il y a de plus gauche, Noir-Cœur, un jeune assassin qui n’a jamais tué personne, et Mira, une jeune voyante nomade…trois amis qui partageront finalement le destin d’Almus. Almus sera poursuivi et harcelé entre autres par les Hargor, êtres mi humains et mi chats.

C’est ainsi qu’Almus maintenant réhabilité par les Sages, gagne en puissance magique. Il se rend au pays des morts afin de ramener sa sœur, assassinée par l’ennemi puis enfin se prépare à l’affrontement final.

C’est l’approche classique de la Fantasy pour jeunes lecteurs. Les héros sont des adolescents aux prises avec l’éternelle dualité entre le bien et le mal. Je dois dire toutefois que l’auteure, Sophie Moulay a bien travaillé ses personnages et leur a attribué un équilibre réaliste de forces et de faiblesse.

Comme c’est très courant en littérature, certains attributs sont un peu poussés comme le raisonnement par exemple ou le vocabulaire mais à ce titre, j’ai senti une retenue de l’auteure et je n’en ai que mieux apprécié ma lecture. Toujours est-il que les jeunes m’ont entraîné dans une alternance d’action et de moments bucoliques et j’ai pu apprécier avec bonheur leur caractère bien trempé.

Les jeunes lectrices seront enchantées d’apprendre que la seule fille du groupe,  Mira a le caractère nécessaire pour mettre les garçons à leur place et elle ne se gêne pas. J’ai trouvé ça amusant et ça donne au récit un aspect actuel.

L’esprit d’équipe, le courage, la détermination et l’espoir des jeunes acteurs m’ont davantage impressionné que l’histoire comme telle qui est un peu usée avec un *ENNEMI* pas très bien défini et dont le statut est relativement facile à deviner.

Donc un élément capital qui pousse les jeunes lecteurs et lectrices à se rendre jusqu’au bout de la saga est respecté : un attachement rapide aux héros et la possibilité de s’identifier à eux. J’ai aussi apprécié le caractère initiatique du voyage des héros qui devront apprendre, comprendre, démêler le vrai du faux.

C’est un autre élément qui rend le lectorat captif : Apprendre des choses qui lui rappellent son quotidien. Les jeunes lecteurs et lectrices ajustent en général la dimension actuelle du récit à leur besoin de connaissances et d’aventures.

Pour toutes ces raisons et comme j’aime particulièrement l’atmosphère médiévale bien campée qui se dégage du récit, je considère que cette saga signée Sophie Moulay est une réussite.

Évidemment, c’est très long. La saga totalise 5 livres, pratiquement un millier de pages (j’ai utilisé un support numérique) mais ne craignez pas le terme *intégrale*. L’ÉLU DE MILNOR est un récit évolutif avec de l’action et des rebondissements.

Prenez le temps de le lire et vous vous retrouverez vite sur le chemin d’Almus, Pil, Mira et Noircoeur (Je ne comprends pas ce prénom car le garçon a le cœur sur la main) pour partager leurs aventures.

Sophie Moulay  a commencé à écrire en 2007, mais c’est en 2009 qu’elle imagine le personnage d’Almus, en s’appuyant sur l’expérience acquise au contact des adolescents. Elle développe alors la série « L’Élu de Milnor ». Depuis, elle a commis quelques meurtres dans ses « Enquêtes d’outre-tombe » « Drôle de mort » en constitue le premier volet. Il sera suivi d’un second en 2018. Elle s’est rôtie dans la chaleur d’un désert post-apocalyptique dans « Inhumaine, retour aux sources », mais est bien trop frileuse pour oser écrire sur le Pôle Nord ou tout autre latitude supérieure à 50°.

Les rues d’Hoggu ne sont pas sûres pour les enfants des quartiers pauvres. Et lorsque le jeune Calus décide par bravade de s’y aventurer, il ne se doute pas que son geste le met à la merci du redoutable Cruzac. Ce dernier lui offre un avenir étonnant, à condition de renoncer à son passé.
Pour cette nouvelle aventure, Sophie Moulay remonte aux sources et nous révèle les secrets de l’enfance et l’adolescence de Calus. Un vrai bonheur pour les fans de la saga L’Élu de Milnor et pour tous ceux qui découvrent ici l’univers de l’auteur.

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 8 avril 2022 avril 2022

LES SENTIERS DES ASTRES 1, Stefan Platteau

 

*La main encore un peu tremblante, je prends ma plume
pour inscrire quelques mots dans le grimoire de bord,
Attiré sur le vélin le fil de l’encre, la tension s’en va peu
à peu. Les questions, elles, demeurent. Fourbe est le vieux
 fleuve et folle qui prétend lire le cours de ses eaux. *

(Extrait de MANESH, premier volet de la série LES SENTIERS
DES ASTRES, Stefan Platteau. À l’origine, J’ai lu Librio éditeur,
2016, 736 pages. Version audio : Audible studios éditeur, 2018,
durée d’écoute : 20 heures 33 minutes, narration : Matthieu Dahan)

Le Roi-Diseur est le dernier espoir d’une nation ravagée par la guerre civile. Le capitaine Rana remonte le fleuve à sa recherche, avec une poignée de braves. Personne n’a jamais navigué si loin. Pourtant, un naufragé dérive à leur rencontre, accroché à une branche. Qui est-il? Est-il un simple humain, ou l’héritier d’un sang plus ancien ? En ces terres du Nord, les géants et les dieux marchent encore sous les arbres. Déjà, la forêt frémit des prémices de leur colère…

Un périple envoûtant
*Puis cette euphorie inattendue s’est dissipée comme
elle était venue. L’aîné des Mahhtmar avait baissé à
nouveau les yeux vers le vieux compagnon qui se
mourrait au sol et toute sa douleur était revenue lui
étreindre les tripes. Alors, sans dire un mot mais en
serrant les dents de chagrin, il avait levé son épée.
(Extrait)

C’est avec MANESH, le premier volet de LES SENTIERS DES ASTRES, que Stefan Platteau se lance dans l’écriture et vient enrichir la littérature de fantasy et de mythologie. La saga compte cinq tomes.

On peut dire six tomes si on tient compte du préquel à l’Univers des Sentiers des Astres : Le dévoreur. Ce récit m’a séduit par la beauté de son écriture qui est un heureux mélange de caractère et de poésie.

L’histoire a une forte empreinte celtique, médiévale et les légendes et la mythologie y ont une place importante. Voyons d’abord comment débute la grande saga. Le narrateur de l’histoire est Fintan Calathyn. C’est un barde à la Cour du royaume, une position élevée. Il est aussi capitaine en second d’un navire qui poursuit une quête très spéciale.

En fait, deux navires sillonnent les bras et estuaires du fleuve framar à la recherche du roi-diseur, un oracle légendaire que le capitaine Frama veut interroger pour connaître l’avenir du Royaume menacé par la guerre civile.

En chemin, les bateliers vont repêcher le corps inanimé d’un homme blessé. Le Capitaine Rama veut savoir à tout prix qui est cet homme, son but et surtout s’assurer qu’il n’est pas un danger pour le Royaume.

Rama charge son second, Fintan, de soigner l’homme et de l’interroger. Malgré un grand état de faiblesse, l’homme accepte de se raconter. Il dit s’appeler LE BATARD. Mais en cours de récit, ce nom ne suffira plus à Fintan. Ce dernier exige de connaître le nom véritable. Il s’appelle MANESH.

C’est ainsi que débute une belle et longue histoire. Étant donné la nature de la quête, il m’est difficile d’en dévoiler davantage mais vous verrez que le voyage des bateliers sur le Framar et le récit de Manesh se recoupent de façon à dévoiler d’étonnantes révélations. Tout le récit est concentré sur l’histoire de Manesh, ses origines, son caractère, sa nature.

Le lecteur et la lectrice feront sa connaissance par le biais de nombreux épisodes de sa vie parmi les plus significatifs. La question est de savoir si LE BATARD est un danger potentiel pour le royaume ou un allié de taille qui pourrait sauver la quête. La réponse est dévoilée à la petite cuillère…très graduellement à travers les aventures du mystérieux personnage.

C’est un roman-fleuve raconté en un peu plus d’une vingtaine d’heures par un narrateur habile qui nous fait oublier, par sa voix envoûtante et sa capacité d’adaptation, les nombreuses longueurs qui auraient tendance à alourdir l’histoire.

Il n’y a pas vraiment d’action dans ce pavé mais le récit est immersif et met en perspective la vie du bâtard, une vie dans laquelle se chevauche la bonté et la cruauté et une intrigue continue sur sa nature.

D’après l’auteur Jean-Philippe Jaworsky, l’auteur de la trilogie MÊME PAS MORT, *Toute la force du livre est d’entrelacer la puissance du mythe avec la structure même du récit. *  (J.-P. Jaworsky) Je le cite ici car je n’aurais pu mieux m’exprimer. Je peux dire que l’auditeur et l’auditrice verront très vite que Manesh est très spécial…

*Manesh avait déjà cette carnation cuivrée que l’on ne retrouvait chez nul autre membre de la famille, le visage rond et une tignasse d’un noir de jais, semblable à celle de sa mère par la couleur mais non par la forme…On aurait dit qu’il cherchait toujours les visages derrière les visages, les mots derrière les mots.

Ses grands yeux verts possédaient une étrange acuité. Ils laissaient parfois à ses proches l’impression de les dépouiller de leur écorce et de les lire en dedans* (Extrait) L’irrésistible besoin d’en savoir plus fera le reste.

Malgré les longueurs, quelques passages un peu plus lourds et le fait que l’intrigue se dévoile très lentement, peut-être un peu trop, j’ai été envoûté par la beauté du récit, la sensibilité de la plume qui n’enlève rien à sa vivacité, ses personnages attachants, la qualité des dialogues et un savant mélange de réalisme et de fantastique, le tout encadré par un narrateur efficace. Vous passerez, je crois, de très belles heures d’écoute.

Stefan Platteau est l’auteur francophone du surgissement mythique. Il revient aux fondations de la fantasy, à cet exotisme magique fait de splendeurs, de fascinations, de terreurs, où l’on tremble devant les dieux, où les actes surnaturels se paient au prix fort, où l’on ne ressort pas indemne des combats.

L’auteur y parvient grâce à un allié de poids : une plume charnue et pleine d’âme. Salué dès son premier ouvrage par de grandes figures de l’imaginaire (Ayerdhal, Jean-Philippe Jaworski, Justine Niogret…), Stefan Platteau aime mêler dans ses textes humanité des personnages et souffle de l’aventure.

En quatre livres puissants (Manesh – prix Imaginales du roman francophone 2015), Dévoreur (Prix « les petits mots des libraires » 2016), Shakti (2016) et Meijo (2018), l’écrivain belge s’impose comme une voix importante de la fantasy de langue française.
(Les moutons électriques)

SUITE À LIRE OU À ENTENDRE

Bonne écoute
Claude Lambert
les samedi 26 mars 2022

 

L’INQUISITEUR, le livre d’HENRI GOUGAUD

*Je sais, dit l’évêque Gui, qu’une centaine de juifs
ont été massacrés, ce matin, par cette bande de
bergers normands que la reine de France nous
envoie, puisqu’il paraît qu’elle les a bénis…*
(Extrait :
L’INQUISITEUR, Henri Gougaud, Éditions du Seuil 1984,
Format numérique, 217 pages.)


À travers la Garonne médiévale, une troupe de paysans massacre les populations juives en invoquant Dieu. À leur tête : Jean le Hongre, dont l’influence sur les foules est grandissante. Prié par la papauté d’agir, le très intraitable Inquisiteur, Jacques Novelli, entend bien rétablir son autorité. Il décide d’enfermer la belle Stéphanie, la sœur de son ennemi. Mais voilà qu’il s’éprend d’elle…

 

 

Quelque chose qui change tout
*Mais ce morveux n’a pas plus de cervelle que de pitié. Je te le dis : Il
est perdu. Sais-tu ce qu’il a fait ? –Il a tué le curé de Castelsarrasin,
répondit Jacques en grimaçant douloureusement. Et sans doute aussi
le viguier. –Tout juste mon bon. Il les a égorgés lui-même en deux
coups d’épée. Ce fut, paraît-il, très horrible. Il dit cela avec un dégoût
de mauvais comédien qui scandalisa Novelli.
* (Extrait)

Ce n’est pas tout à fait le livre auquel je m’attendais. En fait, l’histoire, imaginée par Henri Gougaud développe davantage le profil de l’homme que celui de l’inquisiteur. Quoique le récit soit plus lourd à cause de la psychologie complexe du personnage principal, je l’ai trouvé tout de même très intéressant.

Le rôle d’inquisiteur est donc secondaire…pas de bûcher, pas de cruauté, pas de procès expédiés, pas de violence. L’homme quant à lui devient, après la mort de son oncle cardinal, profondément confus dans ses sentiments. Voyons l’aperçu. Nous sommes à Toulouse en 1321 dans une France où l’Église régente tout et opère une chasse sans merci à l’hérésie.

Un dominicain, Jacques Novelli, inquisiteur réputé intraitable, est chargé par le pape de capturer, juger et exécuter Jean Le Hongre, un meurtrier à la tête d’une bande qui massacre les juifs au nom de Dieu. Au tout début de sa mission, Novelli subit une transformation intérieure avec l’arrivée dans le décor de la belle Stéphanie.

L’inquisiteur devient mou. L’homme devient fragile et ses ambitions s’aplatissent. Son âme s’attendrit, confus devant ce qu’il ressent pour Stéphanie d’autant que Stéphanie est la sœur de Jean Le Hongre.

Il développe l’idée d’abandonner sa charge d’inquisiteur, de faire vœux  de pauvreté en devenant moine errant et mendiant et surtout convertir à la foi catholique un juif coriace dont il s’est pris d’amitié : Salomon d’Ondes. C’est surtout ce dernier aspect de l’histoire qui m’a tenu captif car il s’agit de la confrontation pacifique de deux hommes de caractère sur la base de puissants argumentaires.

Cela s’est traduit par des dialogues savoureux teintés de foi, de sincérité et de conviction mais souvent obscurcis par l’incompréhension et la certitude acquise par chacun d’avoir raison :

*Si donc je dois venir un jour dans votre Église, je n’y serai pas poussé par un enseignement en bonne et claire langue, mais par cette douceur de brise, par ce vent de miracle que l’on sent, parfois, entre deux élans de paroles.

Pour l’heure je vous l’ai dit, nous nous efforçons l’un et l’autre contre un mur qui nous empêche de nous joindre. –Un mur maître Salomon ? Quel est-il ? Désignez-le sans crainte, je l’abattrai, répondit Novelli* (Extrait)

Ce qui précède est un exemple de la qualité des dialogues. Gougaud a inséré dans son roman, un élément qui consacre toute l’originalité du récit : l’ouverture d’esprit qui a toujours cruellement manqué à l’Église. L’INQUISITEUR est donc la description du virage extraordinaire du destin d’un homme de foi.

La force du récit est principalement dans sa richesse descriptive. Je parle surtout de la transformation de Jacques Novelli en insistant sur la différence entre un homme d’Église et un homme de foi. Bien sûr ce type de développement ouvre la voie aux longueurs et à la redondance.

Certains passages sont lourds. C’est la principale faiblesse de l’œuvre. Elle est compensée par la force des personnages, y compris le serviteur et ange gardien de Novelli, le valeureux Frère Bernard qui vient nous rappeler que les hommes d’Église sont d’abord des hommes. Ce détail a échappé à beaucoup de monde dans l’histoire de l’humanité. C’est précisément une étincelle d’humanité qui donne toute sa valeur au récit de Gougaud.

J’ai apprécié l’optimisme qui se dégage du récit, son atmosphère médiévale, sa conclusion brillante et certains éléments de réflexion qui viennent nous rappeler qu’on a encore fort à faire pour sortir de l’obscurantisme religieux. Un bon livre mais attention, le titre est un peu trompeur.

Suggestion de lecture : LES SORCIÈRES DE SALEM, de Millie Sydenier

Considéré comme notre plus grand conteur, Henri Gougaud est l’auteur d’une œuvre impressionnante avec des romans, des recueils de contes et des paroles de chansons pour notamment Juliette Gréco et Jean Ferrat. Il a publié chez Albin Michel L’enfant de la neige (plus de 26 000 exemplaires vendus), Le livre des chemins (plus de 25 000 exemplaires vendus) et bien d’autres tel Le secret de l’Aigle avec Luis Ansa.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 20 février 2022

LE FÉLIN/MYSTÈRE AU CONGRÈS D’ALCHIMIE

COMMENTAIRE SUR LE LIVRE
D’ARTHUR TÉNOR

Dans la série LE FÉLIN, AGENT SECRET MÉDIÉVAL
*Abel Phégor est le lieutenant de police du duc
de Pique. Sa réputation est aussi sombre que
son regard…On prétend qu’il possèderait un
sixième sens pour repérer menteurs et aigrefins.
Et pour les faire parler, sa cruauté est d’un
raffinement reconnu jusque dans les plus
lointains cachots d’Orient.*
(Extrait : LE FÉLIN AGENT SECRET MÉDIÉVAL, MYSTÈRE
AU CONGRÈS D’ALCHIMIE, Arthur Ténor, éditions LITO,
2005, édition de papier, 170 pages)

Ce récit raconte l’aventure d’Yvain de Bréac, agent secret à la cour du seigneur de Montbrisac. On l’appelle le félin à cause de sa grande souplesse et de sa ruse. Un jour, Yvain est chargé d’une mission:  escorter l’alchimiste de la cour Maître Pirus au congrès mondial d’alchimie. Arrivés sur les lieux, d’inquiétants phénomènes se produisent : des formules secrètes disparaissent, des savants sont agressés… Le lieutenant Abel Phégor, chargé de démasquer le coupable, soupçonne Maître Pirus. Le Félin mène l’enquête et découvre la plus incroyable des vérités…

QUI PIQUE CHEZ LE DUC DE PIQUE ?
Deux hommes approchent, s’arrêtent devant la porte…
Une clé pénètre dans la serrure. Panique!

(Extrait : MYSTÈRE AU CONGRÈS D’ALCHIMIE)

LE FÉLIN AGENT SECRET MÉDIÉVAL est sans doute l’œuvre la plus connue d’Arthur Ténor. Cette série devrait intéresser les jeunes ados et pré-ados en particulier parce que l’auteur situe l’action à l’époque médiévale. Les jeunes aiment beaucoup le contexte médiéval depuis DONJON ET DRAGON entre autres, et puis la cour du roi Arthur n’a jamais vraiment perdu de son influence dans la littérature de toutes les époques.

Donc dans un contexte très médiéval, Ténor ajoute un élément qui séduit beaucoup de jeunes lecteurs, c’est-à-dire qu’il introduit un personnage très spécial, le Chevalier Yvain De Bréa dit LE FÉLIN, un Chevalier espion, ou devrait-on dire un agent secret qui rappelle étrangement le fameux personnage créé par Ian Flemming, James Bond .

Il en a à peu près toutes les caractéristiques : jeune, beau garçon, séduisant et séducteur, ingénieux et courageux. De plus, le génial savant Maître Pirrus équipe notre chevalier de ses gadgets les plus ingénieux pour aider le Chevalier dans ses missions. Ça rappelle bien sûr le célèbre Q, le pourvoyeur en gadgets de James Bond.

Donc, environnement médiéval, mission secrète pour agent secret, espionnage, danger sans oublier une dose d’humour…tous ces éléments font de la collection LE FÉLIN AGENT SECRET MÉDIÉVAL une série très appréciée des jeunes lecteurs. Au hasard de la collection, j’ai choisi le livre MYSTÈRE AU CONGRÈS D’ALCHIMIE : une histoire bien ficelée qui m’a intrigué du début à la fin.

Des alchimistes venus de partout se rassemblent en congrès dans la forteresse du Duc De Pique pour déterminer entre autres qui sera élu au premier cercle extrêmement restreint des alchimistes les plus brillants.

Maître Pirrus est sur les rangs, le Félin est responsable de sa sécurité. Mais très vite, des phénomènes inquiétants se produisent : des formules secrètes qui disparaissent mystérieusement, des savants tabassés, des ingrédients subtilisés. Le Félin mène l’enquête.

C’est une histoire bien bâtie et jamais je n’aurais imaginé qui était le coupable. Ténor m’a tenu en haleine du début à la fin et la finale était drôlement bien orchestrée. L’intrigue est donc solide et bien bâtie.

La plume est fidèle au contexte médiéval, même dans le vocabulaire, et suffisamment descriptive pour plonger le lecteur dans l’atmosphère de la chevalerie et de ses petits mystères. Aussi, elle familiarise le jeune lecteur avec l’alchimie, appelée aussi le grand œuvre qui vise la réalisation de la pierre philosophale, capable de changer le métal en or, de guérir de toutes les maladies et de rendre immortel.

C’est donc un bon petit livre pour les jeunes. L’auteur a su maintenir un très bel équilibre entre l’humour et l’intensité dramatique. La plume est fluide, les chapitres sont courts et l’ensemble est actualisé par les très belles illustrations de Mathieu Blanchin qui ont le don de capter l’attention.

J’ai bien aimé ce petit livre et c’est maintenant toute la série que je vous invite à découvrir. Vous pouvez aussi prendre simplement les titres qui vous inspirent car chaque histoire se lit indépendamment des autres. Un beau moment d’aventure…un beau moment de lecture…

Arthur Ténor est écrivain pour la jeunesse depuis 1998. Il a publié des romans pour toutes les tranches d’âge et pratiquement dans tous les domaines. Il est cependant plus connu pour ses récits historiques, notamment sur les deux guerres mondiales, Versailles et Louis XIV ou encore le Moyen Age. Il réside en Bourbonnais, tout près de Vichy.

Dans une présentation personnelle, il se décrit comme un « explorateur de l’imaginaire » Sa passion de l’écriture est pour lui « semblable à celle d’un aventurier sans cesse en quête de contrées inconnues, de rencontres inoubliables, de péripéties palpitantes ». L’esprit qui anime ses récits est résolument positif « L’action et le suspense se mêlent toujours à l’étonnement et à la tendresse, à l’humour et à la fantaisie ». Son souhait est surtout d’exprimer son amour et son respect indéfectibles de la vie.

DANS LA MÊME SÉRIE

 BONNE LECTURE
Claude Lambert
le  7 avril 2019

 

LE CYCLE DU GRAAL, l’octalogie de JEAN MARKALE

1)    La naissance du roi Arthur
2)    Les chevaliers de la Table Ronde
3)    Lancelot du Lac
4)    La fée Morgane
5)    Gauvain et les chemins d’Avalon
6)    Perceval le Gallois
7)    Galaad et le roi Pêcheur
8)    La mort du roi Arthur

*…et tous deux s’affrontèrent de toute la force de leurs
chevaux. Bientôt, Gauvain fit vider les étriers à son
adversaire, et sautant à bas de sa monture, il le
poursuivit l’épée à la  main. Il y mit toute sa rage, car
le tort et l’insulte qu’il venait de recevoir excitaient sa
haine…*

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*…et Lancelot se mit à genoux et, tout heureux de
savoir qu’il verrait bientôt Galaad, conjura
ardemment Dieu de le conduire, et de lui
permettre…d’approcher les grands mystères du
Saint Graal.*
(Premier extrait : LE CYCLE DU GRAAL, tome 2, LES
CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE, deuxième extrait :
LE CYCLE DU GRAAL, tome 7, GALAAD ET LE ROI
PÊCHEUR.
LE CYCLE DU GRAAL, Jean Markale, Éditions Pygmalion,
Gérard Watelet à Paris.
1992 à 1996, 2230 pages, édition numérique)

Mettant de côté les traductions et adaptations des textes médiévaux, Jean Markale s’est octroyé une mission à la fois difficile et fantastique : réécrire dans un style moderne les grandes légendes arthuriennes apparaissant dans les manuscrits du XIe au XVe siècle, autant les textes les plus connus que ceux demeurés dans l’ombre pour des raisons qui se perdent dans la nuit des temps.

Markale s’est fait fort de garder l’esprit de la légende pour rapporter dans un langage contemporain toute la beauté des récits de la Table Ronde. Ce travail colossal a donné LE CYCLE DU GRAAL en huit tomes…une œuvre gigantesque dont le but est simple : *redire avec le langage d’aujourd’hui ce qui constitue le plus merveilleux et le plus essentiel de la tradition européenne dans ses sources vives* (Extrait : introduction au CYCLE DU GRAAL, Poul Fétan, 1992)

Les légendes arthuriennes
au goût du jour
*Ah! Dit Arthur, Excalibur, ma bonne, ma précieuse
épée…tu vas perdre ton maître! …Puis il dit à
Girflet –Monte sur cette colline qui est derrière
nous. D’en haut, tu apercevras un lac. Va
jusque-là et jettes-y mon épée, car je ne veux
pas qu’elle demeure en ce royaume*
(Extrait : LE CYCLE DU GRAAL, Tome 8
LA MORT DU ROI ARTHUR)

Au milieu des années 70, je me rappelle avoir entrepris la lecture des LÉGENDES ARTHURIENNES…toute une série de vieux textes écrits en prose française du 13e siècle à partir de récits médiévaux traduits de l’anglais, du gallois, de l’islandais et de l’allemand entre autres.

La plume étant d’une lourdeur pénible, essentiellement compréhensible et accessible pour des spécialistes, j’ai abandonné la lecture (pour une des rares fois de ma vie). Je me suis promis d’y revenir plus tard sans grande sincérité.

Ce *plus tard* est venu au début des années 90 alors que Jean Markale, un spécialiste de l’histoire celtique entreprit la publication de son octalogie LE CYCLE DU GRAAL sur laquelle il a travaillé pendant presque toute sa vie active d’écrivain, soit près de 40 ans. Je me demandais si la vieille expression consacrée *plus ça change plus c’est pareil* s’appliquait. Aussi, j’entrepris une petite recherche.

J’ai vite compris l’objectif de Markale. Il ne s’agissait pas de livrer une nouvelle traduction des textes, mais plutôt de faire une réécriture de ces textes dans un français contemporain fluide, accessible et rassemblés dans une suite logique de récits qui se lisent un peu comme un roman, tout en respectant l’esprit des Légendes Arthuriennes.

Il y a plus. Les récits mettent en perspective les aspects romanesques du Moyen Âge en général et de l’histoire celtique en particulier. C’est ainsi que dans les années 90, je fis la lecture complète de l’octalogie et plus récemment, en 2016, je fis une relecture de l’œuvre afin de vous en parler ici. Je me suis tout simplement régalé.

Tout y est : chevalerie, enchantement, mystère, magie, érotisme, violence, religion et bien sûr les personnages qui ont, tôt ou tard marqué notre adolescence et ou notre enfance, ne serait-ce que par les multiples adaptations télévisuelles et cinématographiques réalisées à ce jour : Le roi Arthur, Lancelot-du-Lac, Merlin, la Fée Morgane, la Dame du Lac, Perceval, Galaad…

Il faut prendre chaque tome de l’octalogie pour ce qu’il est : une suite de récits…mais une suite cohérente, logique, écrite dans un français d’une remarquable limpidité. La tâche de Markale a été colossale : rien de moins que livrer aux amateurs de légendes et de récits fantastiques une des plus belles fresques de la littérature.

Est-ce que Jean Markale a été d’une rigueur parfaite dans l’écriture du CYCLE DU GRAAL eu égard aux textes originaux? Je ne peux pas vraiment l’affirmer car je n’ai pas de comparatifs. Je sais que les critiques sont assez mitigées. Mais, moi, j’ai vu dans la progression de l’œuvre une logique sans faille et éclairante sur la quête du graal, quête sur laquelle l’humanité s’interroge toujours d’ailleurs…

En ce qui me concerne, LE CYCLE DU GRAAL, c’est plus de 2200 pages de pur régal…une grande épopée racontée simplement dans un style littéraire accessible, confinant parfois à la poésie. C’est avec enthousiasme que je recommande LE CYCLE DU GRAAL de Jean Markale.

Quelques symboles clés du Cycle :

LA TABLE RONDE fut dressée à Camelot, la cour du roi Arthur, après que Merlin l’enchanteur eut révélé son souhait, voire la nécessité de réunir les Chevaliers les plus courageux pour entreprendre la quête du graal. Cette quête ne prendrait fin que lorsque le Graal, la coupe sacrée sera définitivement installée sur la Table Ronde. Ainsi, les Chevaliers de la légendaire Table Ronde devaient jurer fidélité et à leur roi, et au Graal. C’est le fils de Lancelot, Galaad qui remportera cette quête sacrée.

EXCALIBUR est l’épée magique légendaire du roi Arthur. Plusieurs versions des légendes arthuriennes disent que l’épée du rocher et Excalibur sont deux épées distinctes. Mais ce qui est sûr, c’est qu’Arthur fut le seul à pouvoir retirer l’épée du roc, prouvant ainsi son lignage. Il fut  ainsi sacré Roi et présida ensuite à l’édification de la Table Ronde.

LE GRAAL est le but ultime de la quête des Chevaliers de la Table Ronde. Il s’agit de la Coupe utilisée par Jésus-Christ et ses apôtres lors de la dernière Cène. La Coupe Sacrée revient aussi dans de nombreuses autres époques. Selon la légende, c’est Joseph d’Arimathie qui aurait introduit la précieuse Coupe en Grande Bretagne. Dans les légendes arthuriennes, la recherche du Graal donnera lieu à de nombreuses prouesses jusqu’au triomphe de Galaad qui clôturera les temps aventureux.
Peinture de William Morris réalisée en 1890 représentant Bohort, Perceval et Galaad découvrant le Graal.
(Source : Wikipédia)

Jean Markale (1928-2008) était un écrivain, conteur, poète et conférencier français. Dès son enfance, il a développé une véritable passion pour la culture celtique. Il commence sa carrière comme professeur et parallèlement, il entreprend d’étudier le cycle arthurien et de le raconter. Il a fini par quitter l’enseignement pour se vouer entièrement à son œuvre, se spécialisant ainsi dans l’histoire celtique et la culture bretonne.

Ses premiers ouvrages étaient destinés aux érudits, mais il a vite compris que pour élargir l’auditoire, il fallait vulgariser la mythologie, ce qu’il a fait entre autres avec les légendes arthuriennes devenues LE CYCLE DU GRAAL.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 5 août 2018