CHARLY 9, de Jean Teulé 2

COMMENTAIRE, 2e partie

*Verre d’eau à la main droite où flottent des
 fleurs d’oranger, le roi assis sur son trône
 semble dans un état dépressif grave, proche
de la prostration, et troublé par d’incessantes
 hallucinations. Adolescent prolongé, ce jeune
monarque est tout bizarre et songeant
. *
Extrait : CHARLY 9, de Jean Teulé. Édition de papier :
Pocket éditeur 2012, 224 pages. Format numérique :
Julliard éditeur, 2011, 152 pages, 369 KB. Version
bande dessinée : Richard Guérineau, d’après Jean
Teulé, Delcourt éditeur, 2013, 128 pages.

Si vous voulez revenir sur la première partie de mon commentaire, cliquez ici.

Il est vrai que Charles IX ne fut pas un roi comme les autres et qu’il n’aurait pas laissé un grand souvenir s’il n’avait ordonné, en août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy, carnage qui horrifia l’Europe, à l’exception du pape et des Espagnols qui y virent, eux, la bienheureuse volonté de Dieu.

Cette décision n’était pas la sienne mais celle de sa mère, la redoutable Catherine de Médicis qui utilisa toute sa vie sa nombreuse progéniture pour assouvir son appétit dévorant de pouvoir : dès qu’un de ses fils mourait, elle poussait illico le suivant sur le trône de France.

Charles IX avait 22 ans à l’époque, et il ne possédait ni la cruauté, ni la détermination, ni la force morale d’assumer un crime aussi horrible. Accablé par le poids de sa faute, il sombra dans une folie qui le conduisit en quelques mois à la maladie et à la mort…

 

L’exécutant de Catherine

Jean Teulé raconte à sa manière, c’est-à-dire avec un mélange de cynisme et de rigueur, l’histoire de Charles IX qui fut sacré roi alors qu’il n’avait que dix ans. Il n’a pas eu le choix de se laisser porter par les évènements et faire confiance à sa mère, la régente Catherine de Médicis.

Mais même à l’adolescence, et encore à l’âge adulte, Charles était instable physiquement et mentalement, doux, docile, pusillanime et surtout, manipulable et à ce chapitre, sa cour ne s’est pas gênée pour prendre des décisions qui ont noirci la France au regard de l’histoire.

Le livre est centré sur Charles mais aussi beaucoup sur sa cour. Une de ces décisions fera baigner la France dans le sang. Catherine craignait les Huguenots et les détestait. Elle a donc orchestré le massacre de la noblesse protestante qui s’est évidemment transformé en carnage général avec un but simple : massacrer tout ce qui est huguenot.

Cette inimaginable orgie d’assassinats, débutée le jour de la Saint-Barthélemy de l’année 1572 à Paris et qui s’est répandue par la suite dans toute la France, applaudie par le pape et l’Espagne, fera des milliers de morts. Les historiens ne s’entendent pas sur le nombre, mais on parle de 30 000 morts.

Le livre se concentre sur trois éléments en particulier : 1) Le massacre des Protestants, issu du fanatisme catholique déployé au nom de règles absurdes et insensées dictées par l’église. 2) L’énorme pouvoir manipulateur de la reine-mère Catherine de Médicis et enfin, 3) un troisième élément, substantiel celui-là : les effets du massacre de la Saint-Barthélemy sur la santé du roi. Lui était contre, mais je le rappelle, il était faible et s’est laissé manipulé et forcé par une cour elle-même infectée par la haine et le fanatisme.

C’est ainsi qu’après le massacre, Charles sombre graduellement dans la folie en plus d’un douloureux dépérissement du corps et son comportement erratique provoquera bien d’autres morts par exemple, la distribution du muguet de mai.

Cette biographie romancée m’a ébranlé de par la violence qu’elle comporte et sa crudité un peu excessive à une époque où la vie ne semble avoir aucune valeur. Pas de pitié. Pas de remords. Il faut plaire au pape. Teulé décrit aussi avec un zèle assez marqué, la folie qui envahit l’esprit du roi et lui fait faire n’importe quoi. Aussi, l’auteur fait côtoyer l’horreur et le cocasse. Il y a comme un cynisme dérangeant dans ce livre.

Par contre ce livre m’a fasciné parce que Teulé a un don extraordinaire pour dépeindre l’atmosphère qui régnait en France au XVIe siècle en liant les guerres de religion à la situation politique du pays. Il est conforme à l’histoire mais enrobé je dirais de beaucoup d’imagination.

Et dire que 220 ans après le massacre de la Saint Barthélemy, une autre tête célèbre de la France tombera, celle de Louis XVI, avec des milliers d’autres qui, comme le dernier roi, sont passés par la guillotine. L’histoire de la France est vraiment tumultueuse.

Ce que j’ai beaucoup aimé de ce livre, c’est que l’auteur rend l’histoire comme si j’y étais. J’ai appris beaucoup de choses avérées et surtout, j’ai développé de l’empathie pour ce pauvre Charles, trompé et ridiculisé par sa propre cour. J’ai saisi sa souffrance et la blessure de sa conscience. Teulé rend l’atmosphère comme s’il le faisait pour raconter la fin du monde, avec un ton direct, froid sans verser dans le sensationnel.

Je recommande ce livre. À propos…je n’ai rien trouvé dans cette histoire pour me réconcilier avec la monarchie ni avec l’Église.


L’auteur Jean Teulé

Suggestion de lecture, du même auteur : LE MAGASIN DES SUICIDES

 

Charly 9 version BD


Extrait du roman graphique signé Richard Guérineau

 

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 26 juillet 2026

CHARLY IX, de Jean Teulé 1

COMMENTAIRE, 1ère partie

*- Sire, Sire ! Il me faut tout de suite une signature au bas de cette dépêche et que vous y apposiez l’empreinte en très bonne forme du sceau de votre bague ! La reine mère en ordonne l’expédition rapide.
Mais le roi qui halète glisse entièrement sa tête dans le ventre ouvert du cerf comme si c’était du sable et crie d’une voix étouffée :
– Je ne suis pas là ! Je ne suis pas là ! *

Extrait : CHARLY 9, de Jean Teulé. Édition de papier : Pocket éditeur 2012, 224 pages. Format numérique : Julliard éditeur, 2011, 152 pages, 369 KB. Version bande dessinée : Richard Guérineau, d’après Jean Teulé, Delcourt éditeur, 2013, 128 pages.

Avant de parler du livre comme tel, j’ai rassemblé quelques éléments et liens qui vous aideront à comprendre le contexte de l’histoire et la personnalité de Charles IX (1550-1574) roi de France de 1560 à 1574, quatrième roi de la lignée VALOIS-ANGOULÊME. Il accède au trône de France à l’âge de 10 ans, la régence est alors assurée par sa mère, la redoutable Catherine de Médicis qui prend ainsi les rênes d’un pays déchiré par les guerres de religion.

POURQUOI *CHARLY IX* ?
C’est un simple surnom que l’auteur a donné au roi, sans doute pour mettre en évidence sa nature velléitaire et bon enfant

HUGUENOT :
C’était le nom donné aux protestants pendant les guerres de religion en France.
Voir le dossier préparé par Wikipédia

PROTESTANTISME :

Le protestantisme est une confession du christianisme apparue au XVIe siècle en Europe occidentale. Il est une rupture avec le catholicisme, sur, entre autres, le problème du Salut de l’âme, du papisme, des sacrements et de la gestion de l’église. Pour plus de détails sur cette religion née de la réforme, cliquez ici.

LE MASSACRE DE LA SAINT-BARTHÉLEMY :

Le massacre de la Saint-Barthélemy est le massacre de milliers de protestants par des catholiques déclenché à Paris, le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, prolongé pendant plusieurs jours dans la capitale, puis étendu à plus d’une vingtaine de villes de province durant les semaines suivantes et même les mois suivants. Un carnage issu plus de la cour du roi Charles IX que du roi lui-même. Voir le dossier préparé par Wikipédia.


Charles IX (1550-1574)
hérite d’un royaume déchiré par la haine
entre Catholiques et protestants.

LE MUGUET DE MAI :
Le muguet est une plante classée hautement toxique. Le premier mai 1561, l’histoire rapporte que Charles IX avait décidé d’offrir à son peuple du muguet en abondance à consommer en guise de porte bonheur. Ce geste, pas méchant au départ, se répand dans tout le pays, fera des centaines de morts. Pour en savoir plus sur le muguet, cliquez ici

CATHERINE DE MÉDICIS :

Catherine de Médicis était la mère de Charles IX, entre autres. L’image qu’en présente, Jean Teulé dans CHARLY IX est peu sympathique mais conforme à plusieurs aspects de l’histoire. Les historiens de nos jours auraient plutôt tendance à réhabiliter celle qui fut régente de France sous Charles IX tout en maintenant toutefois une forte influence sur cette période historique chaotique. Plus de détails ici.

J’omets volontairement plusieurs faits historiques comme celui par exemple qui voudrait que ce soit le bon Charles IX qui soit à l’origine du poisson d’avril comme Teulé le rapporte dans son livre.

Tous ces éléments étant réunis, dans la prochaine publication, je vous dévoilerai mon ressenti sur ce livre dur et cru, crédible sur le plan historique et qui raconte une histoire d’une cruelle noirceur, issue d’une monarchie malade.

À suivre

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 25 juillet 2026

MARC LAURENDEAU, Pierre Huet

C’est d’abord au sein de l’inoubliable quatuor humoristique Les Cyniques, fondé par lui avec trois camarades d’université au début des années 1960, qu’il a entrepris sa carrière publique. Avec leur humour iconoclaste et subversif, Les Cyniques ont largement participé à l’éveil collectif des Québécois et ont reçu du gouvernement du Québec la médaille de Grands artisans de la Révolution tranquille.

La vie de Marc Laurendeau a été marquée par un passage qui n’a pas son pareil au Québec. En pleine gloire, après onze ans au firmament des étoiles du showbiz, il a tourné le dos à la scène pour entamer une toute aussi florissante carrière en journalisme, tant à la radio et à la télévision que dans la presse écrite.

De la Casa Loma, mythique cabaret montréalais où Les Cyniques ont naguère
triomphé, à la place Rouge, où il a couvert en direct une tentative de coup d’État ;
de son enfance à Notre-Dame-de-Grâce à ses 22 années à la revue de presse
radiophonique matinale de Radio-Canada, Marc Laurendeau nous entraîne dans
son univers.

Artiste et artisan

Marc Laurendeau a toujours été une énigme pour moi. Je me suis longtemps demandé comment un personnage aussi versé dans l’humour et qui a fait rire des millions de fois pendant plus de 10 ans avec ses trois comparses, ait pu passer de l’humour cynique au journalisme d’enquête et d’analyse sans jamais perdre de crédibilité. C’est toujours une énigme pour moi mais les faits sont là, Marc Laurendeau est un témoin rigoureux de la révolution tranquille au Québec et son esprit analytique fascine les Québécois.

Pour apprécier ce livre et, comme moi, le savourer sur le plan contextuel, il faut comprendre l’époque dans laquelle a évolué le personnage. Suivre Marc Laurendeau, c’est comprendre la révolution tranquille au Québec, incontournable période de réforme et de modernisation de l’état québécois, jugée inachevée par l’auteur mais qui a tout de même sorti le Québec de la grande noirceur.

Pour comprendre le cheminement de Marc Laurendeau, il faut retourner en arrière, autant au niveau de l’humour avec les Cyniques que dans son intégration au monde journalistique. : *…ce n’est pas une bonne idée de regarder le passé en le jugeant avec une grille du présent et des critères récemment forgés. * (Extrait)

Pour comprendre Laurendeau, il faut comprendre l’époque dans laquelle il a évolué, époque qui fut critique pour le Québec. Le Québec des années 60 n’avait pas de réseaux sociaux, internet allait connaître ses premiers balbutiements, l’humour n’était pas une industrie comme aujourd’hui et la liberté d’expression n’avait presque pas d’entraves. Il est en effet impensable que de nos jours, on puisse reproduire le sketch des Cyniques LES BALAYEURS dans lequel Laurendeau présente son briquet Lise Payette…une grosse torche…(Les Cynique, album EXIT, 1972)

Les Cyniques (1962-1972) de gauche à droite : Marcel Saint-Germain, Serge Grenier, Marc Laurendeau et André Dubois.

Aujourd’hui, la rectitude politique est la règle, les droits et liberté, le respect, la tolérance et un tas d’autres notions qui poussent à la rectitude littéraire. Ce qui a amené, pour ne donner qu’un exemple, les propriétaires des droits littéraires des œuvres d’Agatha Christie à changer le titre d’un des romans les plus vendus au monde LES DIX PETITS NÈGRES pour ILS ÉTAIENT DIX.

DU RIRE CYNIQUE AU REGARD JOURNALISTIQUE est plus qu’une biographie. C’est un manuel d’histoire. À l’époque des Cyniques, Laurendeau était déjà mon préféré, à cause sans doute de sa voix qui force l’attention, de son sens de la répartie et plus tard à cause de son sens aigu de la recherche et de ses exceptionnelles capacités analytiques. Il possède de plus un magnétisme hors du commun et une personnalité attachante.

Je précise ici que la transition de l’humour au journalisme n’a pas été simple. Elle aura nécessité sept années de travail acharné : *La mutation n’aura pas été facile et elle aura été semée d’embûches. J’ai trouvé le ton approprié à force d’ajustements et appris le métier en l’exerçant… * (Extrait) Malgré tout, les Cyniques sont omniprésents dans le livre de Laurendeau. Comme quoi on n’échappe pas à son passé. Ça ajoute une petite touche intrigante à l’œuvre.

J’ai beaucoup aimé cette autobiographie de Marc Laurendeau. Elle est un peu fleurie, sensiblement empreinte d’autosatisfaction mais tellement riche en histoire, celle d’un peuple, celle d’un quatuor versé dans l’humour et celle d’un homme, puits de connaissances, sympathique et attachant.

Suggestion de lecture : DOCTEURE IRMA, de Pauline Gill

Autre livre de Marc Laurendeau

SUGGESTION DE LECTURE

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 17 mai 2026

L’apothicaire

Commentaire sur le livre 
D’HENRI LOEVENBRUCK 

*Malgré le froid et l’heure matinale, les ouvroirs bigarrés des épiciers envahissaient l’allée, avec leurs odeurs mêlées de suif à bougies, de cannelle, de gingembre… et de clou de girofle. L’apothicaire soupira. Ces vulgaires marchands faisaient passer de simples blandices pour de vrais médicaments en les vendant à des prix que seule la mode expliquait, sans les justifier pour autant. *

Extrait : L’APOTHICAIRE, de Henri Loevenbruck. Édition de papier : Jailu éditeur 2013, 800 pages. Format numérique : Flammarion éditeur, 2011, 774 pages, 1517 KB, version audio : Audible studios éditeur, 2017, durée d’écoute : 22 heures 22 minutes. Narrateur : Jean-Christophe Lebert.




Une grosse machination




L’APOTHICAIRE est un roman historique qui pourrait bien être addictif pour de nombreux lecteurs et lectrices à cause des faits historiques qui y sont détaillés, soutenus par une imposante recherche, du caractère intrigant de l’ouvrage et de la qualité de ses personnages.

Nous suivons un énigmatique personnage, Andreas Saint-Loup, appelé l’apothicaire car il est très versé dans les soins du corps par les plantes. Saint-Loup est un peu atypique pour son époque et intrigue beaucoup ses contemporains. Nous suivons aussi son apprenti, Robin Messonier, adolescent à l’esprit vif, et une jeune fille appelée Aaliss qui a fui la cruauté de ses parents et croisé le destin de l’apothicaire et de Robin. Maintenant résumons brièvement l’histoire.

Nous sommes en France, en 1313, sous le règne du roi Philippe IV LeBel, celui-là même qui a envoyé au bûcher les derniers templiers. (voir LES ROIS MAUDITS de Maurice Druon) Un matin de la nouvelle année, un apothicaire, Andreas Saint-Loup, découvre qu’il y a une pièce dont il n’a jamais réalisé l’existence, à mi-étage de sa boutique. À partir de ce moment, et de celui où il découvrira une toile effacée du tiers de sa surface, la vie de Saint-Loup basculera complètement.

Une chaîne d’évènements amène la cour de France à accuser l’apothicaire d’hérésie ce qui pousse Philippe LeBel à le pourchasser, faisant même intervenir le grand inquisiteur de France, le redoutable Guillaume Imber qui joua un sinistre rôle dans le sort des templiers, un autre produit de la charité débordante de l’Église.

L’apothicaire, son apprenti et Aaliss deviennent des fugitifs et frôlent la mort. Saint-Loup, obsédé par la présence de sa chambre mystérieuse entreprend, parallèlement la recherche du *livre qui n’existe pas*. Le périple entraînera nos héros sur les traces du prophètes Moïse, jusqu’au buisson ardent sur le mont Sinaï. 

J’ai trouvé ce roman très fort, nullement influencé par une partie de la masse critique qui considère le récit lourd et parfois ennuyeux à cause de ses longs descriptifs historiques et religieux. Moi j’ai adoré ça car j’ai appris beaucoup de choses qui ont totalement mobilisé mon attention et les exemples sont nombreux. Je dois me limiter évidemment.

J’ai lu par exemple, avec beaucoup d’intérêt, les origines du Chemin de Compostelle, le sens de ce pèlerinage, les mystères de la basilique de Saint Jacques. J’ai appris beaucoup de choses intéressantes, entre autres sur le gnosticisme, le moyen âge qui est magnifiquement bien décrit, sur l’intolérance religieuse, les templiers et même sur le pouvoir des plantes.

J’ai appris beaucoup tout en me divertissant car l’ouvrage est riche d’intrigues, sa finale est renversante. Et ses personnages attachants, Robin en particulier.

Voyons maintenant les faiblesses et irritants. L’ouvrage accuse une surexploitation de locutions latines et grecques. Quoiqu’elles soient bien placées dans le contexte, il y en a trop et ça rend le récit un peu ampoulé, prétentieux. Il faut lire le livre avec patience et aussi de l’intérêt pour le moyen-âge car l’intrigue est souvent noyée dans les descriptifs.

Je crois enfin que le personnage principal manque de fluidité et garde un côté mystérieux jamais vraiment éclairci, abouti. Je l’ai trouvé un peu imbu et je n’ai pas réussi à m’y attacher.

Je me rabats plutôt sur l’exactitude des faits historiques, l’intrigue, qui m’a gardé sur la touche, avec un petit soupçon d’ésotérisme et de philosophie, et la nature de la quête qui est pour le moins originale. Je peux dire que ce roman initiatique a été pour moi un coup de cœur.

Suggestion de lecture, du même auteur : le rasoir d’Ockham


L’auteur : Henri Loevenbruck

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 14 décembre 2025



 

LETTRES, madame de Sévigné

*M. de La Rochefoucauld voulait que j’allasse chez lui entendre lire une comédie de Molière. Mais en vérité, j’ai tout refusé avec plaisir, et me voilà à mon devoir, avec la joie et la tristesse de vous écrire. *

Extrait : LETTRES, de madame De Sévigné. Pour la présente, version audio : Frémeaux et Associés éditeur, 2004, durée d’écoute : 1 heure 48 minutes, narratrice : Marie-Christine Barrault. Édition de papier : Wentworth press éditeur, 2018, 444 pages. Format numérique, Larousse éditeur, 2014, 14,4 MB, version audio : Frémeaux et Associés éditeur, 2004, durée d’écoute : 1 heure 48 minutes, narratrice : Marie-Christine Barrault.

NOTE : Les LETTRES de madame de Sévigné ont été publiées à l’origine aux Éditions Perrin en 1734-1737 puis en 1754. Ce furent les deux premières éditions officielles. De nombreuses autres suivirent.

L’EXPRESSION DU XVIIe SIÈCLE

Les lettres de madame de Sévigné ont été écrites entre 1671 et 1696, année de sa mort. On compte plus de 760 lettres. La majeure partie de cette correspondance était adressée à sa fille, madame de Grignan. Ces lettres n’étaient pas destinées à être publiées. Elles le seront pourtant progressivement après la mort de l’épistolière.

Ces lettres, bien que sensiblement déformées ou enrichies au fil du temps par des éditeurs ambitieux constituent selon plusieurs observateurs du monde littéraire, une chronique à caractère biographique. Plusieurs de ces lettres se démarquent par leur nature intimiste, mondaine et toujours très observatrice des tendances de la Société française de la fin du XVIIe siècle.

Madame de Sévigné était une épistolière et nom une autrice. D’ailleurs, même si plusieurs critiques considèrent les LETTRES comme un incontournable de la littérature et si je peux me permettre une opinion personnelle, l’œuvre ne présente pas grand intérêt sur le plan littéraire. Toutefois, et c’est ici que ma lecture des LETTRES devint un enchantement, madame de Sévigné était une exceptionnelle portraitiste de son époque.

Ce fut une belle expérience pour moi de prendre connaissance des lettres de la marquise de Sévigné, qui n’a jamais rien publié et qui est pourtant une des femmes de lettres françaises les plus citées. Avant de lire les lettres, j’ai écouté une des nombreuses versions audios, celle de l’éditeur Frémeaux, ce qui a doublé mon émerveillement.

En effet, avec son ton de la confidence et la subtilité des réparties, j’avais l’impression que la narratrice Marie Christine Barrault jasait avec moi en prenant le thé dans mon salon, sous le regard bienveillant du roi Soleil, de Molière ou du moraliste François de la Rochefoucauld. J’ai savouré cette trop brève narration, livré dans le français haut-perché typique de la noblesse du XVIIe siècle.

*Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie. Je vous avoue que j’y trouve des chagrins cuisants; mais je suis encore plus dégoûtée de la mort : je me trouve si malheureuse d’avoir à finir tout ceci par elle, que si je pouvais retourner en arrière, je ne demanderais pas mieux.

Je me trouve dans un engagement qui m’embarrasse : je suis embarquée dans la vie sans mon consentement; il faut que j’en sorte, cela m’assomme, et comment en sortirai-je ? par où ? par quelle porte ? quand sera-ce ? en quelle disposition ? souffrirai-je mille et mille douleurs, qui me feront mourir désespérée ? … comment serai-je avec Dieu ? Qu’aurai-je à lui présenter ? * (Extrait)

Ces lettres sont un condensé de galanterie et de mondanité qui livrent, souvent sur le ton de la confidence et parfois de l’humour, un regard direct et parfois critique de madame de Sévigné sur ses contemporains. Elles sont un reflet de l’histoire de France, écrites dans un style rigoureux que j’ai pourtant trouvé très agréable.

Les LETTRES sont aisées à lire, agréables à écouter, à la portée de tous. Les sujets traités sont extrêmement variés. Pas de longueurs, de monotonie. La richesse historique est remarquable et l’écriture est un pur régal. Donc à lire ou à écouter absolument.

Suggestion de lecture : LES MISÉRABLES, de Victor Hugo

NOTE : Il existe une très belle chanson de Georges Brassens évoquant madame de Sévigné : BÉCASSINE

A sa bouche, deux belles guignes,
Deux cerises tout à fait dignes,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.  

Les hobereaux, les gentillâtres,
Tombés tous fous d’elle, idolâtres,
Auraient bien mis leur bourse à plat
Pour s’offrir ces deux guignes-là,
Tout à fait dignes du panier
De madame de Sévigné.  
(Extrait de Bécassine)

Paroles de Georges BRASSENS
Musique de Georges BRASSENS
© UNIVERSAL MUSIC PUBLISHING

La cerise est un fruit très utilisé dans l’art. Ici, Madame de Sévigné établit un lien fort entre une cerise de son panier, la plus belle, avec les Fables de Jean De La Fontaine.  À peine la cerise est-elle dévorée, qu’on s’empresse de passer à la suivante. Sans sombrer dans la facilité, il est tentant de faire la comparaison avec les lettres.

Pour une analyse de BÉCASSINE, visitez analysebrassens.com


L’autrice Marquise Marie de Rabutin-Chantal,
appelée de tout temps Madame de Sévigné

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 28 novembre 2025

L’histoire secrète du monde

Commentaire sur le livre de
JONATHAN BLACK

*Il suffit qu’une seule chose soit vraie dans tout ce que vous allez lire pour que tout ce qui vous a toujours été enseigné par vos professeurs soit remis en question. *

Extrait : L’HISTOIRE SECRÈTE DU MONDE, de Jonathan Black, édition de papier. JAI LU éditeur 2011, 670 pages.

LA PHILOSOPHIE DERRIÈRE L’HISTOIRE

C’est un livre étrange qui parcourt l’histoire du monde à travers le regard des sociétés secrètes qui ont foisonné jusqu’à ce jour partout dans le monde comme Rose-Croix, la franc-maçonnerie, les philadelphes, les illuminés et j’en passe. C’est un livre à lire avec une grande ouverture d’esprit à défaut de quoi il vous paraîtra indigeste ou tout au moins déroutant.

Bien que ce livre aborde l’histoire de la pensée humaine, il traite de connaissances cachées, d’écoles du mystère et d’une doctrine secrète selon laquelle *le cosmos a créé le cerveau humain afin de pouvoir réfléchir à lui-même. * C’est un livre qui met à l’avant-plan le caractère ésotérique de notre histoire et il n’est pas facile, empreints que nous sommes du matérialisme contemporain.

Donc, pour apprendre de ce livre, il faut désapprendre, c’est-à-dire analyser son contenu sur un plan dématérialisé. À moins d’être initié, même très partiellement, c’est un exercice très lourd. Les secrets du monde sont explorés à travers l’art, la littérature, la philosophie et l’histoire des grands maîtres. Le point de vue de l’auteur tend vers l’unicité des religions, du moins si on en étudie les origines.

L’ouvrage se divise essentiellement en trois parties : le commencement, vu par les Sociétés secrètes, puis, les personnages mythiques ou légendaires, enfin, une transition vers l’histoire comme telle.

Points forts du livre : l’auteur semble crédibiliser son ouvrage en créant un lien très fort avec l’art. Les illustrations sont nombreuses avec une série de planches en couleur au centre de l’ouvrage.

Aussi, le livre contient une somme impressionnante de savoir, de connaissances. Les liens avec la littérature et la philosophie sont aussi puissants. 

L’histoire traverse aisément les âges et pose une énigme que j’ai trouvé intéressante d’autant qu’elle est omniprésente dans le livre : Est-ce que l’esprit est la conséquence logique de la matière, ou est-ce que la matière découle de l’esprit.

Points faibles : Je n’ai jamais été attiré ou impressionné par les Sociétés secrètes. C’est ce qui explique sans doute que beaucoup d’idées de l’auteur sont difficiles à admettre. Aussi, vous excuserez j’espère ma naïveté, pourquoi autant de cachoteries, de secrets, de mystère, d’occultisme ? L’auteur ne m’a pas vraiment aidé à comprendre à part peut-être le fait que je ne suis pas formé pour en savoir autant.

J’ai été intrigué par le quatrième de couverture, tout comme je l’ai été par le célèbre DA VINCI CODE de Dan Brown, cité par Black dans son livre. Mais le livre dans son ensemble manque de profondeur, de clarté, de vulgarisation. De plus, j’ai trouvé beaucoup d’arguments plutôt sophistes.

Voilà. Ce livre est très intéressant pour le développement de la pensée mais je ne l’ai pas trouvé vraiment initiatique ce qui le rend peu accessible pour les néophytes.

Suggestion de lecture : UNE HISTOIRE DU QUÉBEC, de Jacques Lacourcière


L’auteur Jonathan Black

 Du même auteur

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 26 octobre 2025



 

Le journal d’Anne Frank

*Je vais pouvoir, j’espère, te confier toutes sortes de choses, comme je n’ai encore pu le faire à personne, et j’espère que tu me seras d’un grand soutien* (12 juin 1942, jour d’acquisition du journal d’Anne Frank)

Extrait : JOURNAL D’ANNE FRANK. Ce livre autobiographique a été édité à de nombreuses reprises sur toutes les plateformes. Pour la présente, j’ai utilisé la version papier de l’éditeur Calman-Lévy publiée en 1989. 350 pages. La pages couverture se trouve ci-bas à l’extrême droite. Le livre a été écrit à partir du journal intime d’Anne Frank

En 1942, la jeune Anne Frank a 13 ans. Elle vit heureuse à Amsterdam avec sa sœur Margot et ses parents, malgré la guerre. En juillet, ils s’installent clandestinement dans « l’Annexe » d’un immeuble. En 1944, ils sont arrêtés sur dénonciation. Anne est déportée à Auschwitz, puis à Bergen-Belsen, où elle meurt du typhus au début de 1945, peu après sa sœur. Son journal, qu’elle a tenu du 12 juin 1942 au 1er août 1944, est un des témoignages les plus bouleversants qui nous soient parvenus sur la vie quotidienne d’une famille juive sous le joug nazi.

 

MÉMOIRE EN HÉRITAGE

J’ai eu un peu de difficulté à adhérer à ce livre et je me sens à contrecourant de la masse critique. LE JOURNAL D’ANNE FRANK a été tiré à plus de vingt millions d’exemplaires. Je comprends donc qu’il ait atteint et ému tant de gens partout dans le monde. Pourtant je m’explique mal le dithyrambe dont cet ouvrage a fait l‘objet.

Anne Frank est une jeune fille juive au caractère bien trempé, très proche de son père, en conflit avec sa mère. Je veux rappeler ici le contexte : à Amsterdam, anticipant l’horrible sort qui attend le peuple juif pendant la deuxième guerre mondial, le père d’Anne, Otto, décide de cacher sa famille et quelques amis de celle-ci dans l’annexe jouxtant leur maison avant l’occupation de la Hollande par les Nazis.

Cette dissimulation durera plus de deux ans. Anne y entreprendra son journal, du 12 juin 1942, jour de ses 13ans, jusqu’au premier août 1944, une semaine avant son arrestation. Deux aspects précis caractérisent le journal : d’abord, il sera totalement empreint de l’entrée de la jeune fille dans l’adolescence : connaissance de son corps, premier amour, réveil de l’ambition, etc.

Ensuite, et c’est là la grande force du livre, Anne précise sa pensée sur l’histoire, la religion, la dimension humaine de la guerre et la condition des juifs. Je ne suis donc pas surpris que tant de gens dans le monde aient rejoint la pensée d’Anne Frank :

*Cette histoire nous a rappelé brutalement à la réalité, au fait que nous sommes des juifs enchaînés, enchaînés en un seul lieu, sans droit et avec des milliers d’obligations. Nous, juifs, nous ne devons pas écouter notre cœur, nous devons être courageux et forts, nous devons subir tous les désagréments sans rien dire, nous devons faire notre possible et garder confiance en Dieu. Un jour, cette horrible guerre se terminera enfin, un jour, nous pourrons être des êtres humains et pas seulement des juifs ? * (Extrait)

La sincérité de la jeune fille marque profondément le journal. Toutefois, je ressens un certain inconfort à l’idée qu’Anne Frank philosophe tranquillement dans sa cachette pendant deux années alors que des millions de juifs sont massacrés. Inconfort aussi parce que le récit est très intimiste. Trop par moments, spécialement quand il est question d’hygiène et de sexualité.

J’ai trouvé aussi le lien entre la guerre et la vie dans l’annexe un peu faible. Anne n’a pas parlé beaucoup de la guerre et pourtant, elle avait accès aux nouvelles.

Enfin, je me suis beaucoup interrogé sur cette édition du Journal d’Anne Frank qu’on dit définitive. Je ne suis pas certain de sa validité car l’histoire éditoriale du livre rapporte des ratures, des omissions, des ajouts au journal, un journal original, un autre revampé en vue de sa publication. Ce n’est rien pour mettre à l’aise.

En dehors du lien contextuel, j’avais trop l’impression d’être limité aux récits d’une jeune fille qui découvre les joies et les vicissitudes de l’adolescence. Quoiqu’il en soit, je crois qu’Anne n’a pas tout dit. C’est un journal à lire entre les lignes et il faut savoir analyser le ressenti.

Je sors mitigé de cette lecture. LE JOURNAL D’ANNE FRANK n’est pas une œuvre littéraire à proprement parler. Mais son caractère historique et sa charge émotive doivent conforter l’humanité dans un devoir primaire…celui de ne pas oublier…de ne jamais oublier.

Suggestion de lecture : AU NOM DE TOUS LES MIENS, de Martin Gray



Ci-haut, le manuscrit d’Anne Frank. À gauche, extrait du film LE JOURNAL D’ANNE FRANK, version 1959, réalisé par George Stevens, avec Millie Perkins dans le rôle-titre.  Autres versions : consultez la liste préparée par cinetrafic.fr


Anne Frank (1929-1945)


Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 3 octobre 2025

L’espoir est une terre lointaine

Commentaire sur le livre de
COLLEEN McCULLOUGH

*…Me voici en route pour une île minuscule, perdue au milieu de l’océan, si loin de tout que les hommes ne s’y sont jamais établi

s jusqu’à ce que nous arrivions, nous autres anglais…
Une chose est sûre, cet endroit ne sera jamais mon chez-moi. Je m’y retrouve seul après avoir navigué sur des eaux solitaires et je le quitterai seul…Un lieu aussi éloigné ne peut avoir de substance… *

Extrait : L’ESPOIR EST UNE TERRE LOINTAINE, de Colleen McCullough, Format papier, Les Presses de la Cité éditeur, 2002, 770 pages

À travers le destin de Richard Morgan, (qui, selon l’auteure, a réellement existé) Colleen McCullough brosse une gigantesque fresque historique retraçant la formation de l’Australie. Mais avant tout, ce livre raconte l’histoire d’un homme ordinaire qui connut l’amour, la haine et les pires épreuves, un homme qui a su transcender l’injustice et les souffrances les plus terribles pour fonder une nouvelle génération de conquérants.

Australie en devenir

 

Avec L’ESPOIR EST UNE TERRE LOINTAINE, Colleen McCullough nous offre cette fois un roman historique ou s’entremêlent la fiction et les faits historiques avérés, solidement documentés. Elle nous décrit les évènements qui ont présidé à la création de l’Australie : *Sur la carte, elle figure sous le nom de <Terra incognita> ou encore <Terra Australia> * (Extrait) Elle raconte cette histoire à travers le destin de Richard Morgan, ancêtre de quatrième génération du conjoint de Colleen McCullough. Le destin de Morgan croisera celui de Fletcher Christian, le célèbre mutiné du Bounty.

Tout débute en 1765 à Bristol, Angleterre, à une époque où une justice peu éclairée et désorganisée, condamnait pour tout et pour rien. Richard Morgan, veuf, deux enfants morts, armurier, aubergiste, homme à tout faire, est injustement condamné à être déporté sur une terre lointaine dans un endroit sinistre appelé Botany bay, découvert plus tôt par l’explorateur James Cook et qui deviendra plus tard Sydney.

Avec plusieurs autres condamnés, Morgan allait inaugurer le rêve de l’Angleterre : se débarrasser des bandits, criminels, indésirables et bons à rien de tout le pays en les envoyant aux confins du monde: *J’ai atteint ce point du globe où ma destinée prend fin et où le cercle de ma vie se referme sur lui-même. * Extrait

Ici, la vie de Morgan, quoique très romancée, est reconstituée avec une remarquable précision historique. Vous pouvez me croire quand je vous dis que Morgan ne l’aura pas facile car, n’ayant pas vu plus loin que le bout de leur nez, les autorités anglaises ont imposé ces déportations sans préparation, peu ou pas d’équipement de survie, alimentation pauvre, inadéquate, pas de directives d’installation. Souffrance et misère attendent les déportés et même leurs gardiens :

*Mais cette conviction si bien ancrée ne l’empêchait nullement de tout faire pour résoudre des problèmes que ces imbéciles de Londres n’avaient même pas envisagés. Comme il était facile de déplacer des pions humains sur un échiquier quand on restait assis dans un fauteuil confortable, le ventre plein, à côté d’un bon feu et d’une carafe de porto toujours bien remplie ! * Extrait

Ces sur des cœurs vaillants comme Richard Morgan qu’une colonie pénitentiaire donnera naissance à l’Australie. Une histoire de bâtisseur, mais aussi une histoire d’amour dont les acteurs sont résolument tournés vers l’avenir.

J’ai beaucoup aimé cette histoire malgré certains irritants que je dois signaler au passage : beaucoup de longueurs, une trop forte quantité de détails techniques assommants, certains dialogues peu utiles ou trop longuement élaborés, une galerie de personnages qui donne le vertige.

Je dois dire aussi que je me suis beaucoup interrogé sur Richard Morgan. C’est un personnage plus grand que nature. Il excelle dans tout ce qu’il fait et dois-je le rappeler, c’est un touche-à-tout. Santé de fer, philosophe, cultivé, habile, travailleur en plus d’être beau comme Adonis.

Voilà. Je m’interroge sur une telle perfection. C’est comme trop beau pour être vrai. J’ai suivi avec intérêt son évolution mais avec un certain sentiment de détachement. Malgré tout, j’ai été très sensible aux réalités historiques décrites dans ce récit et qui soulève beaucoup de questions sur le fonctionnement de la justice anglaise par exemple et qui décrit avec un réalisme bouleversant la situation des femmes dans une société où elles n’ont aucun droit.

L’autrice y développe aussi certains thèmes comme la cruauté (et elle ne manque pas dans cette histoire) et même l’homosexualité.

J’ai apprécié cette histoire. C’est une belle et grande fresque romanesque qui ravira je crois, les amateurs d’histoire.

Suggestion de lecture de la même autrice: UN AUTRE NOM POUR L’AMOUR

 

La suite

DE LA MÊME AUTRICE


Colleen McCullough

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 20 septembre 2025

 

Tintin et le Québec, Tristan Demers

TINTIN ET LE QUÉBEC
Commentaire sur le livre de Tristan Demers, publié en co-réédition en 2020 par les *éditionsmoulinsart* et Hurtubise. Édition de papier, grand format, 175 pages.
<Avec le recul et fort du succès remporté par TINTIN ET LE QUÉBEC, je réalise à quel point cet ouvrage a été un déclencheur de mémoire, une façon de voyager dans le temps et de replonger dans la nostalgie des souvenirs tendres de l’enfance de tout un chacun>
Tristan Demers
Extrait de l’avant-propos
livre illustré

Dans une édition entièrement revue, enrichie d’images et de documents d’archives, Tristan Demers retrace, à la manière d’un journal de bord, le voyage d’Hergé au Québec en 1965. Il y évoque, en parallèle, le parcours de Tintin, un héros bien ancré dans l’imaginaire collectif des québécois.

Le Phénomène Tintin, surtout Hergé

C’est un très beau livre. Sa présentation graphique est chaude, attrayante. Exactement ce à quoi m’a habitué Tristan Demers avec une bibliographie créative et recherchée sans compter son incroyable imagination étant, entre autres, l’auteur concepteur de plus de soixante bandes dessinées

Dans son livre, Tristan Demers visite un bout d’histoire du Québec appelé à juste titre La révolution tranquille, histoire marquée sur le plan culturel par la visite chez nous de George Remi, appelé familièrement et simplement Hergé suite à l’association de la première lettre de ses nom et prénom…Hergé, créateur de Quick et Flupke, de Jo, Zette et Jocko, mais surtout, le papa de Tintin, un des personnages les plus charismatiques de l’univers des bandes dessinées.

La visite arrivait à point car dans les années 60, les préjugés sur la BD avaient la vie dure. Cet aspect est évoqué dans le livre et le charisme de Hergé va peut-être changer les choses. Le livre est centré sur la visite de Hergé au Québec, son itinéraire, son agenda, ses rencontres de presse et ses interminables séances d’autographe, confirmant qu’il était attendu et adulé. J’ai été déçu de ce choix car le contenu du livre ne livre pas les promesses du contenant, dont le titre.

Ne devrait-on pas dire HERGÉ AU QUÉBEC ? Malgré toute la sympathie que j’ai pour Hergé, ce brillant et génial dessinateur et concepteur, dans le livre de Tristan Demers, le personnage est entouré d’une aura surdimensionnée. J’aurais aimé qu’on laisse les enfants s’exprimer sur Tintin, parler de l’impact du jeune reporter sur le jeune lectorat et même les premiers lecteurs…je n’exagère pas, j’ai pratiquement appris à lire dans les albums de Tintin.

J’aurais souhaité que l’auteur développe davantage sur l’influence et la crédibilité de Tintin et Milou auprès des jeunes québécois et québécoises, comme il l’a fait dans son excellent documentaire ASTÉRIX CHEZ LES QUÉBÉCOIS qui m’a procuré personnellement beaucoup plus de découvertes et d’émotions. J’ai quand même appris dans TINTIN ET LE QUÉBEC beaucoup de choses intéressantes. Par exemple, le rôle joué par le regretté comédien Jean Besré dans une série radiophonique consacrée aux aventures de Tintin à Radio-Canada et son rôle dans la visite de Hergé au Québec.

J’ai été aussi surpris par les courbettes que les organisateurs ont dû faire pour amener Hergé au Québec ainsi que l’accueil princier qui lui a été réservé. Également sur l’insistance d’un rêve qui ne s’est jamais réalisé : la création d’une aventure de Tintin au Québec. À ce sujet, Hergé ne s’est vraiment jamais montré intéressé. Ce qui est très dommage.

Beaucoup de <Hergé> pas assez de <Tintin>. C’est le défaut de la qualité du livre. J’admire Hergé le créateur mais je n’ai pas réussi à m’attacher au personnage. Pour le reste, Tintin est mon ami à vie. Je vous recommande le livre parce qu’il est vraiment bien fait et reflète fidèlement une portion de l’histoire du Québec dans laquelle couvaient des changements importants ainsi que des stimulants majeurs de la vigueur culturelle québécoise.

Suggestion de lecture : ASTÉRIX CHEZ LES QUÉBÉCOIS, de Tristan Demers

Aussi, très intéressant :


Tintin à travers parodies et pastiches d’après
Yves rodier. 25 planches magnifique à voir. Sur
cette œuvre parodique et sur Yves Rodier, je
vous invite à visiter *le Naufrageur*



Sur Tristan Demers, je vous invite à lire un article de presse signé Marie-Ève Lambert, une biographie (dossier biographique et bibliographique complet), sa page Facebook, ainsi que mon commentaire sur son livre ASTÉRIX CHEZ LES QUÉBÉCOIS.

Bonne lecture
Claude Lambert

le dimanche 25 mai 2025

LA CITÉ ENSEVELIE

*-Le sol tremble non? J’ai l’impression que le sol s’est mis à trembler…il ne faut pas s’inquiéter, ce n’est sûrement rien…pas de panique…Ah   mon Dieu ! Nous sommes le 19 septembre et il est 7 heures 19…le studio est en train de se lézarder totalement…Attention,,,Poussez-vooouuus…*

Extrait : LA CITÉ ENSEVELIE (version sonore seulement) MULTICAST. Auteurs : Alma Delia Murillo, José Esteban Pavlovich, Adriana Bello, Julia Santibañez, Bernardo Esquinca Audible originals éditeur, 2021. ACTEURS : Fred Testot, Jean-Baptiste Maunier, Pascal Germain, Sandra Parra, Caroline Mozzone, Fili Keyta, Emmanuel Lemire, Jessica Barrier, Olivier Chauvel, Emmanuel Karsen, Hubert Drac, Frédéric Cerdal, Antoine Tome, Alexandre Donders Durée d’écoute : 6 heures 26 minutes

Quelque chose se trame sous la surface de la métropole archaïque de Mexico. Des tremblements de terre à répétition et des éruptions volcaniques sèment la terreur chez les habitants. Mais les dernières catastrophes naturelles qui ont frappé la ville semblent de plus en plus anormales…et sinistres.

Des essaims entiers de grillons noirs et des pluies meurtrières ravagent le paysage, les cathédrales s’embrasent sans raison, et une multitude d’enfants se volatilisent. La fille du professeur Fernando Navarro a elle aussi mystérieusement disparu. Tandis que l’archéologue part à la recherche de sa fille, il recroise la route de l’ex-lieutenant Gastón Ramírez qui est, lui aussi, en quête de réponses.

Les deux hommes suivent plusieurs indices obscurs qui les mènent aux ruines souterraines du Grand Temple, autrefois si majestueux. Tandis qu’ils progressent dans ce lieu apocalyptique, une force si sombre se développe autour d’eux qu’elle pourrait plonger toute la ville de Mexico dans une obscurité éternelle. Avec l’aide de l’ingénieuse archéologue Pía Malinalli, experte en mythologie aztèque, ils espèrent lever le voile sur le mystère qui menace leur civilisation.  

 
Comme au cinéma

On aime ou on n’aime pas

Ce n’est pas un livre audio à proprement parler. C’est un multicast, du cinéma sans image, un spectacle sonore. Si vous êtes un inconditionnel de la narration classique, vous pourriez être déçu. Il faut simplement s’attendre à quelque chose de différent et se laisser aller.

Personnellement, je préfère la narration conventionnelle, mais je suis aussi cinéphile, amateur d’effets spéciaux sonores et visuels. Dans LA CITÉ ENSEVELIE, j’ai été servi. Des effets spéciaux, il n’y a que ça et à leur profit, les auteurs ont malheureusement négligé les dialogues qui sont décousus, pas toujours cohérents et peu explicatifs.

Principales forces : les effets spéciaux et le bruitage en général, bonnes performances du casting dans l’ensemble. Les concepts historique et archéologique sont intéressants. Les chapitres sont courts et fluides. Le fil conducteur est solide. L’intrigue force l’attention. L’ambiance de mystère est enveloppante.

Principales faibles : Le scénario est peu original. Le sujet de la secte religieuse qui veut refaire le monde est en surchauffe. Le lien entre les catastrophes comme les tremblements de terre et la mythologie aztèque est loin d’être clair si tant est qu’il y en a un. Alors, on doit se rabattre sur le surnaturel. C’est un peu facile parce que ça dit tout mais ça n’explique rien.

Le scénario est peu descriptif. Déjà que les chapitres sont courts. Souvent, l’auditeur, l’auditrice doit tirer ses conclusions en interprétant les effets sonores. En fait, c’est le principal point négatif, pas assez détaillé sur le plan du scénario et aussi sur le plan du contexte historique.

Mais au moins, c’est captivant. Il y a de l’action et l’ensemble suscite la curiosité même s’il ne la satisfait pas entièrement. Je peux dire que j’ai apprécié cette œuvre parce que je l’ai pris pour ce qu’elle est : un spectacle.


Autres livres audios multicast

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LA SORTIE DES PROFONDEURS, cliquez ici

 

Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 23 mai 2025