La forêt des disparus

Commentaire sur le livre
D’OLIVIER BAL

La peur est une maladie. La pire qui existe. Elle ne se soigne pas. Ne disparaît jamais vraiment. Elle reste là, tapie en nous, attendant de trouver un nouveau moyen de ressurgir.

Extrait : LA FORÊT DES DISPARUS, d’Olivier Bal. Édition de papier : XO éditeur, 2021, 440 pages. Version audio : Lizzie éditeur, 2022, durée d’écoute : 12 heures 19 minutes, narrateurs : Yann Sunberg et Pascale Chemin.

Un secret  terrifiant

Le théâtre des évènements est Redwoods, Oregon, près de l’océan Pacifique. Une petite ville écrasée par une gigantesque forêt dense de séquoia millénaires. Une malédiction courre sur cette forêt maudite où sont disparus beaucoup de gens, des randonneurs, des touristes. Paul Green vit au cœur de cette forêt depuis 5 ans et il n’a toujours pas été accepté par les citoyens de Redwoods qui l’appellent l’Étranger. Green un ancien journaliste du Globe, têtu, opiniâtre, a connu ses heures de gloire avec l’affaire Clara Miller.

J’ouvre une parenthèse sur L’AFFAIRE CLARA MILLER. Il s’agit du premier livre de la trilogie de Paul Green par Olivier Bal. La personnalité et la psychologie complexe de Green y sont clairement développées, ce qui n’est pas tout à fait le cas dans LA FORÊT DES DISPARUS. Donc pour comprendre le personnage et son choix de s’installer dans une forêt maléfique, je vous suggère de lire L’AFFAIRE CLARA MILLER, un roman choral rouge sang. Pour les détails, cliquez ici

Revenons à LA FORÊT DES DISPARUS. L’histoire commence avec la disparition mystérieuse et inquiétante d’une randonneuse appelée Emily Bennet encore une fois dans la forêt maudite. Entre temps, une jeune fille nommée Charlie frappe, en panique, à la porte de Paul Green, horrifiée après avoir croisé la route de l’homme rouge, un autre élément central qui vient épaissir le mystère. Charlie a désespérément besoin d’aide.

Paul décide d’aller au bout de cette histoire et, avec l’aide d’alliés précieux comme Lauren, l’adjointe du shérif, les évènements pourraient bien basculer et ce ne sera pas simple, d’autant que Paul lui-même pourrait être soupçonné. D’autres morts s’annoncent.

C’est un des romans les plus oppressants que j’ai lu. Dans cette histoire, la forêt de Redwoods, sinistre, noire et abritant une considérable quantité de morts dans des mises en scène rappelant des rituels. Cette forêt est tellement étrange et centrale dans le roman qu’elle tient pratiquement lieu de personnage. Ici, le folklore, les légendes et croyances s’introduisent par le biais d’une divinité sanguinaire qui réclame du sang.

C’est un roman très intense. Comme un piège qui se referme sur le lecteur, un piège générateur de fascination, de peur, d’angoisse. Cette intensité est encore plus forte que l’intrigue et rend le roman immersif avec une tension constante qui prend l’air du lecteur en le surprenant de révélation en révélation, même si certains indicateurs laissent à penser que le roman pourrait être inégal à cause de la longueur du pavé et de l’abondance et la longueur de certaines descriptions.

L’intensité et le caractère immersif demeurent pour moi les points les plus positifs de cette histoire. Je peux ajouter à cela la qualité des personnages. Ceux de Charlie et Paul sont particulièrement approfondis. Le livre fait ressortir l’urgence et l’addiction malgré certaines faiblesses qu’on pardonnera volontiers, surtout si vous êtes le moindrement impressionnable : une trame un peu prévisible. (Je sentais bien que certains personnages n’étaient pas nets, j’avais raison.)

Il y a ensuite, les longueurs, quelques descriptions interminables. Puis l’histoire n’invente rien. C’est la forêt perdue, mystérieuse et dangereuse revisitée. Cela m’a rappelé DÉRACINÉE, de Naomi Rovik, ou LA FORÊT DES MYTHAGOS, de Robert Holdstock, ou encore UNE FORÊT OBSCURE, de Fabio M. Mitchelli, j’en passe, et c’est sans compter les films.

Étrangement, ces détails me sont sortis rapidement de l’esprit en cours de lecture ce qui semble démontrer qu’Olivier Bal a trouvé le ton juste pour mettre les nerfs des lecteurs à l’épreuve. En effet, les miens n’ont pas été ménagés.

Suggestion de lecture : SAUVAGE, de Jamey Bradbury


L’auteur Olivier Bal

 

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 8 novembre 2026