*Quand il eut révisé l’ensemble, il replaça le haut du crâne, le recouvrit en tirant le haut de la tête, puis rinça consciencieusement l’intérieur du corps à grande eau avant de remplir la cage thoracique de boules de papier journal froissé. Enfin, il la referma
à l’aide d’une couture. Il avait vraiment faim…
(Extrait : NE TE RETOURNE PAS, Karin Fossum, Odin éditions, mai 201. Édition de papier, 370 pages)
Une fillette trop confiante, Ragnhild, six ans, qui accepte de monter en voiture avec un inconnu. Le cadavre d’Annie Holland, une jeune fille de 15 ans, trouvée nue au bord d’un lac. Le petit ami d’Annie, Halvor, soupçonné d’avoir supprimé son père. Un garçonnet, Eskill, deux ans, mort étouffé en mangeant des gaufres.
L’entraîneur de handball, Knut, emprisonné pour viol. Un trisomique, Raymond, incapable de discerner le bien du mal mais en adoration devant ses lapins. Voilà de quoi donner du fil à retordre à l’inspecteur de police Konrad Sejer et son adjoint. L’enquête s’annonce coriace.

À LA SCANDINAVE
*Raymond se tenait non loin, à la
contempler. Il avait une petite
fille pour lui tout seul et personne
ne les avait vus.*
(Extrait : NE TE RETOURNE PAS)
C’est un roman intriguant et captivant. D’abord une petite fille accepte de monter en voiture avec un inconnu. Raymond, un trisomique obsédé par le soin de ses lapins. Ensuite, une jeune fille de 15 ans, Annie Holland est retrouvée morte, nue au bord d’un lac. Comme il n’est rien arrivé à la petite fille qui est montée en voiture avec Raymond, j’ai cherché à faire le lien entre ces deux éléments.
Je l’ai finalement trouvé à la dernière ligne du roman. L’auteur m’a eu…il m’a gardé jusqu’à la fin. Pour le meurtre d’Annie, les policiers se sont évidemment tournés vers le petit ami Halvor, mais lui-même est tué laissant les policiers en plan jusqu’à ce que la petite lumière allume dans une finale écrite de main de maître.
L’enquête est effectivement coriace et c’est là qu’intervient la principale faiblesse du roman. Dans le milieu du récit l’enquête s’enlise et le récit s’enlise avec. L’auteur se permet des digressions. Ça devient un peu plus long à suivre et c’est ennuyeux mais ça finit par redémarrer sur un chapeau de roue.
Ceux qui connaissent l’auteure, Karin Fossum, connaissent les inspecteurs Sejer et Karlsen, des personnages récurrents dans l’œuvre de Fossum. Sejer en particulier est calme, presque lent, méthodique à en être énervant. Il n’y a donc pas vraiment de rebondissements spectaculaires, pas de violence gratuite. Seulement de l’opiniâtreté, un peu à la Columbo.
Ce qui est surtout spécial c’est que l’identité de la personne qui a tué Annie n’est pas formellement établie, écrite noir sur blanc. C’est vraiment à la fin que le lecteur est mis sur la piste. J’aime ce genre d’intrigue typique de la littérature policière nordique.
Je reconnais entre autres le style de Camilla Läckberg, lent mais sûr et je suis heureux de retrouver des policiers qui ne s’étendent pas sur leur état d’âme, un irritant que je retrouve beaucoup trop souvent dans la littérature policière.
C’est un polar au rythme lent à moyen mais bien ficelé avec des personnages bien travaillés quoique l’auteur ne m’a pas vraiment poussé à m’y attaché. Il faudra que je lise d’autres polars de Karin Fossum.
car les critiques s’entendent sur son exceptionnelle capacité de jouer avec l’imprévisible toujours dans un environnement ou un contexte sans complication, où tout semble ordinaire, tranquille et simple. Ça crée parfois des effets de surprise qui brassent un peu la colonne dorsale. C’est exactement ce qui m’est arrivé.
Ce n’est pas un roman qui tranche par son originalité. Son sujet est très courant en littérature policière. Ici c’est l’efficacité de l’écriture qui tranche et certains revirements fort bien imaginés qui font toute la différence. Ce livre m’a plus. Le temps a passé vite.
Suggestion de lecture : LE MYSTÈRE DES JONQUILLES, d’Edgar Wallace

Karin Fossum est une romancière norvégienne née à Sandefjord le 6 novembre 1954. Elle a commencé par publier, en 1974, un recueil de poésie qui lui a valu le Prix des débutants Tarjei Vesaas. Elle s’est lancée dans le genre policier en 1995 avec L’Œil d’Eve, qui a rencontré un excellent accueil après de la critique.
C’est le premier d’une série couronnée par le Prix Riverton (meilleur polar de l’année en Norvège) en 1996 pour Ne te retourne Pas ! et le prix nordique La clé de Verre en 1997 pour Celui qui craint le loup. Depuis, elle a publié Le Diable Tient la Torche et Poona, mon amour.
Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 6 juin 2021
Georg Stransky dîne avec femme et enfant dans sa maison de banlieue lorsqu’un étrange projectile perturbe ce moment de paix : une pomme brise une vitre et finit sa course sous la table. Un incident vite oublié, si ce n’est qu’au matin, Georg a disparu. Pour Lilli Steinbeck, spécialiste des questions d’enlèvement, cette mise en scène n’est pas nouvelle. Sept hommes ont déjà disparu dans des circonstances similaires, avant d’être retrouvés morts aux quatre coins du monde, bien loin de leur Allemagne natale. Rien ne semble les relier, à part un passage à Athènes. C’est là que commence l’étrange enquête de Lilli Steinbeck. 
Erlendur est de retour dans ce roman noir d’Arnaldur Indridason. Parti en vacances dans les régions sauvages des fjords de l’Est, le commissaire est hanté par le passé, celui des affaires restées sans réponses comme des évènements sinistres qui se sont déroulés dans cette région bien des années auparavant. Un groupe de soldats anglais s’est perdu dans ces montagnes pendant une tempête. Certains ont réussi à regagner la ville. Cette même nuit, une jeune femme a disparu dans la même région et n’a jamais été retrouvée. Erlendur veut trouver coûte que coûte ce qui est arrivé… Une histoire étrange…
Alors que Jean Royer s’apprête à annoncer à ses deux employés sa décision de vendre son agence de détectives privés, une vieille femme arrive en larmes : on a tué son chien. Sur les lieux du crime, Jean Royer découvre ce qu’il appelle un camp pour futurs tueurs en série. Connaître l’identité du malade qui a perpétré ces atrocités l’obsède. Serait-ce un semblable désaxé qui, six ans plus tôt, a enlevé sa fille jamais retrouvée ? Ainsi, Royer s’enfonce dans les méandres de l’âme humaine, Le détective entreprend d’écrire le journal d’une enquête émotivement éprouvante.
Avant de se consacrer à l’écriture, Claude Champagne a fait le tour du Québec sur le pouce, périple qui l’a mené jusque dans l’ouest canadien, puis en Europe pendant deux ans. En 1992, il a obtenu son diplôme en écriture dramatique de l’École Nationale de Théâtre du Canada.
CRIME ACADEMY est le titre d’une nouvelle émission créée par une chaîne populaire de télévision et qui se rapproche de la téléréalité. Sept assassins impunis, des criminels qui ont échappé à la justice, sont invités à l’émission pour raconter les circonstances de leur crime. Ensuite, le public est appelé à choisir son criminel préféré. Les grands pontes de Scotland Yard sont furieux et délèguent l’inspecteur à la retraite Higgins et son remplaçant Scott Marlow pour enquêter. Ce dernier commence par rencontrer les *vedettes* . Quelque chose cloche…






Carl Bigelow est un petit homme, santé précaire, myope, poumons en très mauvais état. Un jour, il se voit confier une mission par le patron : assassiner Jake Winroy, un mafieux. Personne ne doit soupçonner un règlement de compte. Comme Jake est un alcoolique perdu, Carl doit lui trouver une mort parfaite qui colle avec sa réalité d’épave. Carl a une réputation de manipulateur futé et il a misé là-dessus. Mais chez les Winroy, il y a deux femmes : l’épouse de Jake et la bonne, affublée d’une infirmité dont Carl aimerait bien connaître l’origine. 








