VIOLENCE À L’ORIGINE, de MARTIN MICHAUD

*Valeri poussa une plainte horrible. Un cri
bestial, à glacer le sang. Le cri d’un animal
blessé qui sait d’instinct que la mort gagne
du terrain et que, cette fois, il n’y aura pas
de dérobade.*
(Extrait : VIOLENCE À L’ORIGINE, Martin Michaud,
Les Éditions Coup d’œil, 2016, papier, 475 pages.)

La tête d’un haut-gradé de la Police de Montréal est retrouvée dans un conteneur à déchet. L’assassin laisse un message clair : d’autres têtes pourraient rouler. L’enquête est confiée au détective Victor Lessard, tourmenté par son passé, personnage récurrent de l’œuvre de Michaud, (voir LA CHORALE DU DIABLE) Victor forme une équipe dans laquelle on retrouve entre autres, la redoutable Jacinthe Taillon. Victor devra résoudre le mystère d’une horrible toile qui semble inextricable et qui pourrait bien capturer son corps et son âme…

Un tueur hors-norme
*On dit que l’humain est la seule créature
du règne animal qui prend plaisir à tuer
ses congénères. On voudrait nous faire croire
le contraire, mais il s’agit précisément là de la
nature humaine*
(Extrait : VIOLENCE À L’ORIGINE)

C’est la troisième fois que je parle de Martin Michaud. Certains se rappelleront peut-être le commentaire assez favorable que j’ai publié le 30 aout 2015 sur son livre LA CHORALE DU DIABLE, et un autre commentaire que j’ai publié le 24 janvier 2016 sur le recueil de nouvelles CRIMES À LA LIBRAIRIE, dans lequel Michaud publie un texte très intéressant : UNE LONGUE VIE TRANQUILLE.

Il semble que Martin Michaud soit devenu un incontournable, ce que confirme les milieux littéraires québécois et même la francophonie canadienne.

De Martin Michaud, j’ai lu cette fois VIOLENCE À L’ORIGINE, un thriller puissant dans lequel j’ai pu retrouver deux personnages familiers que j’appelle les gentils mufles : Victor Lessard qui semble près de faire la paix avec son passé et Jacinthe Taillon, une caractérielle mal embouchée mais très efficace. Encore une fois, Martin Michaud nous offre quelque chose de solide, original, intriguant et haletant. Voyons voir…

La tête de Maurice Tanguay, un haut gradé du Service de Police de la Ville de Montréal est retrouvée dans un conteneur à déchet. Dans sa bouche, on retrouve un petit sachet avec un message à l’intérieur : «Le commandant Maurice Tanguay a été jugé et exécuté le 13 juillet à 3h25. Tanguay était le premier…le dernier sera le Père Noël». (Extrait)

Sur un mur à proximité, on retrouve un graffiti qui explique comment sera commis le prochain meurtre. Voilà donc le modus operandi du meurtrier qui annonce ainsi une série d’exécutions et de gros maux de tête pour les enquêteurs du SPVM, de la GRC et de la SQ qui iront de surprise en surprise.

Voilà, il m’est difficile d’en dire plus sans atteindre le cœur de l’histoire. Je peux toutefois vous dire que Maurice Tanguay était loin d’être un enfant de Chœur : «Fallait-il attribuer un sens au fait que la tête de la victime avait été retrouvée dans un conteneur à déchets?» (Extrait)

Les policiers seront carrément propulsés dans une histoire d’horreur qui évoque un fait malheureusement très réel et dont j’ai déjà parlé dans mon commentaire sur l’autobiographie d’Arielle Desabysses 14 ANS ET PORTÉE DISPARUE. Il s’agit du trafic humain ou esclavage sexuel, une plaie que la Société a tendance à occulter et qui est répandue partout, y compris au Québec, à Montréal en particulier.

Le récit est complexe car trois affaires s’imbriquent parfois dans la même enquête, ce qui éclaire beaucoup certains éléments laissés obscurs dans les livres précédents, mais grâce à une extraordinaire maîtrise de l’écriture et de l’intrigue et à un fil conducteur solide, VIOLENCE À L’ORIGINE est un régal à lire.

C’est un polar très sombre, voire noir mais riche et malgré tout teinté d’humour avec entre autres Jacinthe Taillon qui n’a pas peur des mots et un langage très québécois avec jurons appropriés. Le tout vient alléger une atmosphère parfois inévitablement lourde.

Michaud a développé sans excès la psychologie de ses personnages. Son roman est original parce qu’il a créé un tueur en série plutôt hors-normes avec des motivations complexes dont celle de faire justice soi-même, un problème de société vieux comme le monde.

Un petit fait à noter : dans le récit, Victor Lessard se rend régulièrement chez sa psychologue pour des problèmes évoqués dans les livres précédents. Je voyais ça comme le vieux cliché, répandu en littérature policière, du policier qui tente de combattre et vaincre ses démons du passé. Je trouvais ça un peu agaçant. Mais à la fin de l’histoire, j’ai compris pourquoi ce choix de l’auteur et j’ai trouvé ça brillant.

C’est toute la structure du récit qui est impeccable, ainsi que le développement du schéma de pensée. Les rebondissements s’enchaînent dans des chapitres courts. Ça se lit vite, le temps passe vite et lever le nez du livre est aussi difficile que de trouver le coupable car l’issue est imprévisible.

En terminant, ceux et celles qui lisent régulièrement mes textes savent que je suis sensible aux messages, petites morales et matières à réflexion issus des livres. Dans VIOLENCE À L’ORIGINE, les thèmes à réflexion ne manquent pas : la loi du Talion ou le principe du œil-pour-œil-dent-pour-dent et la tentation de se faire justice soi-même.

C’est inconcevable dans toutes sociétés civilisées mais ce problème encore fréquent de nos jours a toujours suscité réflexion et questionnements.

Il y a aussi matière à réflexion sur la violence faite aux femmes ainsi que sur les incroyables bassesses et perversités issues du trafic humain. N’ayons pas peur des mots, il s’agit de commerce sexuel et plus souvent qu’autrement avec des mineures. Ce trafic existe, même au Québec. Il n’y a rien de plus certain.

Enfin, une réflexion sur la manipulation et la violence, autant psychologique que physique, phénomène que l’auteur semble définir comme atavique, donc très tenace. Cette réflexion est distinctement exprimée dans le récit :

*On porte tous en nous la capacité de détruire et de tuer. On a tous un potentiel de violence à l’origine…ce qu’on appelle le mal est en chacun de nous. Et le seul rempart entre le chaos et la paix sociale, c’est la société qui, avec ses lois et ses règles nous permet de vivre dans une relative harmonie. Mais, parfois, des individus déviants se glissent dans les mailles du filet* (Extrait) on comprend mieux le titre maintenant.

Excellent bouquin. Beaucoup d’action et de rebondissements, une intrigue solide, le développement est impressionnant et la finale est superbe, bien imaginée, peu prévisible et elle laisse croire à une suite possible même si le livre dans son ensemble donne l’impression de la fin d’un cycle. Enfin, bien que plutôt noir, le roman ne manque pas de sensibilité. Du grand Michaud je dois dire.

Né à Québec en 1970, Martin Michaud est un véritable homme-orchestre : avocat, scénariste, écrivain, il est aussi musicien. Sur le plan littéraire, il s’est spécialisé dans le thriller à forte intensité.

Ses trois premiers ouvrages (IL NE FAUT PAS PARLER DANS L’ASCENSEUR et LA CHORALE DU DIABLE en 2011, JE ME SOUVIENS en 2012) obtiennent un succès spontané et fulgurant avec la création d’un personnage tourmenté mais d’une impeccable moralité : Victor Lessard qui récidive dans VIOLENCE À L’ORIGINE. Son œuvre lui vaut de prestigieux prix littéraires.

Pour en savoir davantage sur cet auteur déjà qualifié de maître du thriller québécois, consultez le site internet michaudmartin.com Je vous invite également à lire mon commentaire sur LA CHORALE DU DIABLE, de Martin Michaud, publié sur ce site en août 2015.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 12 août 2018

FAIMS, le livre de PATRICK SÉNÉCAL

*Vous avez une vie en apparence comblée, vous
êtes l’image de l’homme honorable, mais une
étrange faim s’est installée en vous… À
tel point que parfois, vous êtes littéralement
affamé. Parce que cette faim ne se contente plus
de repas discrets et équilibrés.*
(Extrait : FAIMS, Patrick Sénécal, Éditions Alire, 2015,
édition numérique, 545 pages)

Ville de Kadpidi, 20,000 habitants. Par une journée magnifique, une étrange caravane entre en ville et s’y installe. C’est le cirque ambulant HUMANUS CIRCUS. Alors la bucolique tranquillité de Kadpidi se dégrade vite: les attitudes et les comportements changent, des meurtres se succèdent. Plusieurs citoyens habituellement tranquilles se laissent aller à satisfaire leurs pulsions : une faim ressentie au quotidien mais refoulée avec le temps, malsaine. Après le premier spectacle, d’une singulière étrangeté, Joël sera entraîné dans une enquête troublante…

LE COMMENCEMENT DE LA FAIM
*-Pis y parait qu’la femme a pas juste pété les
meubles dans toute sa maison, mais aussi
son char! Pis est allée au bureau où a
travaille, pis a tout cassé là aussi! À coup
de masse! Criss de folle, hein?
(Extrait : FAIMS)

Encore du grand Sénécal mais dans un style un peu différent. Il nous sort complètement de l’univers de Malphas qui a un registre très à part dans l’œuvre de Sénécal mais FAIMS diffère aussi de ses autres livres même si en cours de lecture, j’ai fait souvent le rapprochement avec LE VIDE.

Finalement, j’ai compris que l’auteur avait à peu près le même modus operandi. Dans FAIMS je n’ai pas vraiment ressenti l’horreur, mais plutôt une pression psychologique très forte qui caractérise beaucoup de thrillers. Ça ne change rien, ce livre m’a secoué. Il m’a accroché dès les premières pages…par curiosité d’abord et puis rapidement, je fus pris d’une *faim* de tout comprendre, de tout savoir.

Imaginez qu’un petit cirque ambulant qui s’installe dans un petit patelin chamboule complètement le quotidien des gens, modifie attitudes et comportements, provoque bagarres et querelles, alimente des idées de haine, de violence, de meurtres. Le ton est donné dès le départ.

Le cirque est bizarre, ses membres sont étranges, marginaux. Leur spectacle est pour adulte seulement. Il est d’une singulière intensité, extrêmement violent en plus d’être sexuellement explicite et hautement suggestif pour des esprits qui ont…*faim*.

Alors qu’un premier meurtre suit de près l’arrivée du cirque, le médecin du patelin, Stéphane, dont la faim est appelée à se réveiller y va de sa petite appréciation du spectacle : *C’est innovateur, c’est baveux, ça brasse la cage et ça fait du bien.* (extrait)

voilà qui annonce un changement dans l’esprit du médecin qui finira par dire tout haut ce que tout le monde pense sous l’influence du HUMANUS CIRCUS : *Personne va bien! Tout le monde est tanné, tout le monde est déprimé, tout le monde est frustré! Mais moi, je suis juste écœuré de faire semblant, de me mettre un gros sourire dans face pis de faire ah-ah-ah, pis de raconter n’importe quoi. * (Extrait)

Vous avez compris que cette faim n’a rien à voir avec la nourriture mais symbolise plutôt des pulsions latentes de violence et d’agressivité qui caractérisent l’être humain. La façon dont le thème est développé nous amène à voir la Société sous un jour très différent.

Je considère ce récit comme un thriller, extrêmement noir, puissant et dont il se dégage une atmosphère pesante. La violence y est décrite sans retenue et certains passages sont d’une crudité à faire frémir. L’intrigue est très bien ficelée et j’ai trouvé la finale géniale…totalement imprévisible en ce qui me concerne.

Je signale au passage que Sénécal a inclus dans sa distribution un de ses personnages fétiches : Michelle Beaulieu (5150 RUE DES ORMES, REINE ROUGE, ALISS). Je vous laisse aussi découvrir quel personnage de FAIMS a été pourvoyeur dans HELL.COM du même auteur…ce sont des petits entrecroisements à la Stephen King qui me plaisent beaucoup.

Les chapitres sont entrecoupés par un profil complet de chacun des personnages du Humanus Circus : Markitos, Laurus, Sarratou, Régina, Wulf et Wefa…les saltimbanques étranges à l’histoire tordue qui m’ont fait passé par une gamme d’émotions plutôt fortes.

Au cœur de l’histoire, il y a aussi la famille Leblanc, Joël, policier de la SQ qui mène l’enquête sur les meurtres et qui n’est pas au bout de ses surprises, sa femme Martine, vétérinaire et leurs ados Nicholas et Émilie dont les rôles pourraient vous surprendre.

Encore un Sénécal dont il est très difficile d’interrompre la lecture… Un nouveau voyage dans les recoins les plus obscurs de l’esprit… Écriture fluide, ventilée, un rythme d’enfer….une écriture qui n’a pas peur des mots…

VOIR AUSSI MES COMMENTAIRES SUR LE VIDE ET CONTRE DIEU DU MÊME AUTEUR.

Patrick Sénécal né en 1967, est un écrivain québécois spécialisé dans le roman *noir*. Il est aussi scénariste et réalisateur. Il publie son premier roman en 1994 : 5150 rue des Ormes, adapté au cinéma en 2009. Il est détenteur  de plusieurs prix littéraires importants dont le prix Boréal du meilleur roman en 2001 (Aliss) et le prix Masterton en 2006 en plus des distinctions dans les salons  du livre.  

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 29 avril 2018

ENLÈVEMENT, le livre de TARA TAYLOR-QUINN

*Après tant de mois passés sur la route à la
recherche de son fils, elle n’avait vraiment
pas besoin qu’on lui dise que la police se
chargerait de le trouver…elle n’avait pas
besoin non plus de compassion, de pitié, de
sympathie, de conseils et de Dieu sait quoi
encore. Elle avait besoin de son fils, point
final.*
(Extrait : ENLÈVEMENT, Tara Taylor Quinn, 2007,
Harlequin, S.A., numérique, 530 pages)

Une jeune et riche femme d’affaires voit sa vie basculer quand son fils de cinq ans est enlevé au beau milieu d’une fête foraine. Pas de demande de rançon, un silence à glacer le sang. Désespérée, elle commence une longue quête, prête à tout pour récupérer son enfant. Aidée d’un détective privé, la jeune femme explore la moindre piste, exploite le moindre indice. Alors qu’elle s’approche lentement de la fin de sa quête, elle n’a aucune idée de la découverte terrifiante qui l’attend, pire que tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Il n’y a qu’une seule chose de sûre, Amélia fera n’importe quoi pour retrouver son fils, y compris l’inimaginable.

Prête à tout…
*Ses yeux cherchaient désespérément le moindre
bout de tissu vert dans la foule. Elle vivait le pire
des cauchemars. Ce qu’elle craignait le plus au
monde était en train de se produire. Et elle ne
savait pas quoi faire…*
(Extrait : ENLÈVEMENT)

Le livre développe un sujet assez répandu en littérature, au cinéma et à la télévision : l’enlèvement d’un enfant : Charles est enlevé. On soupçonne tout de suite Kathie, la nounou qui vouait à l’enfant un amour démesuré. Kathie est congédiée. L’enfant disparait peu après, puis Kathie devient introuvable.

La plume de Tara Taylor Quin n’apporte rien de vraiment nouveau même si son récit est assez bien ficelé et pousse le lecteur à se mettre à la place de la pauvre Amélia qui recherche désespérément son petit Charles. Ce qui m’amène à vous parler du rapport de force et de faiblesses du récit.

La principale faiblesse du livre tient dans l’errance interminable de la mère pour retrouver son fils. Pendant neuf mois, Amélia va de ville en ville, accumule les mensonges afin de gagner la confiance des citoyens. Elle voit son fils partout, même dans sa soupe si ça se trouve. À chaque semblant de piste, son intuition prend le dessus sur l’avis de son détective privé. Dans chaque ville, c’est le même *patern*.

C’est seulement dans le dernier quart du livre que j’ai senti que l’étau se resserrait autour du kidnappeur, jusqu’à la grande finale qui, quoique d’une densité assez captivante, ne m’a pas vraiment surpris.

Vous voyez où je veux en venir? Le récit m’a paru redondant et son ton un peu misérabiliste. Aussi, l’accent est surtout mis sur la quête laborieuse d’Amélia. Pendant ces 9 mois d’errance, on a peu de nouvelles de l’enfant. Je ne souhaitais pas nécessairement deux récits parallèles, mais un peu plus de détails sur ce que vivait Charles aurait certainement ajouté un plus à l’histoire et ravivé mon intérêt.

Quant à la force du récit, elle réside à mon avis dans la psychologie d’Amélia. Tout au cours de sa quête, cette femme riche et indépendante, développe une seconde personnalité avec laquelle elle croit avoir plus de chances de retrouver son fils. On assiste graduellement à une transformation de ses valeurs, et étrangement, ces changements évoluent plus vite que sa quête.

Cette femme incroyablement riche, à la tête d’une multinationale prospère, qui consacrait peu de temps à sa famille modifie et précise graduellement sa vision de la vie grâce à ce qu’elle découvre dans ses nombreux déplacements : l’amitié, l’empathie, l’entraide, la valeur des sentiments et le courage. Je dois le dire, cet aspect du récit est venu me chercher et a *sauvé les meubles* pour utiliser l’expression consacrée.

Pour moi, ce livre est intéressant, mais ça s’arrête là. Il se lit quand même vite, la plume est fluide et le fil conducteur est bien ancré. À vous de voir…

Tara Taylor Quinn est une auteure américaine. Elle a écrit plus de 70 romans. Plusieurs ont été traduits en une vingtaine de langues. Elle s’est spécialisée dans la littérature romanesque et sentimentale mais elle a aussi écrit plusieurs suspenses dont le succès a été plutôt flatteur. La touche émotionnelle et profondément psychologique qu’elle imprègne à ses récits a séduit des millions de lecteurs.

Pour parcourir la bibliographie de Tara Taylor Quinn, cliquez ici.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 15 avril 2018

LE SYNDROME «E», livre de FRANCK THILLIEZ

*-Je vais te cramer un peu, jouer avec mes couteaux,
puis j’irai te larguer dans le désert, vivant. Les
hyènes et les vautours te boufferont en quelques
heures. On ne retrouvera jamais ton corps. Il
cogna Sharko en pleine face avec le bidon. Un
craquement, une giclée de sang.*

(Extrait : LE SYNDROME [E], Franck Thilliez, Fleuve Noir,
2010, édition numérique, 420 pages)

Deux évènements dramatiques viennent compliquer la vie de deux policiers, Lucie Hennebelle et Frank Sharko. D’abord, une équipe technique de la voirie découvre par hasard cinq cadavres ensevelis sous deux mètres de terre à Notre-Dame-De-Gravenchon. Fait tout à fait horrible : leur crâne a été scié, ouvert, le cerveau et les yeux prélevés. Parallèlement, un passionné de films anciens devient inexplicablement aveugle après avoir visionné un film qu’il vient d’acquérir…deux affaires différentes mais qui sont pourtant liées. Un nouveau mal fait son apparition : LE SYNDROME [E]. 

Très haute teneur en adrénaline

*Ces lignes de brancards représentent l’attente pour la salle des électrochocs. Les patients les subirent trois fois par jour, durant des programmes de sept à huit semaines. Trois fois par jour, mademoiselle. Des milliers de volts dans l’organisme. Imaginez-vous seulement les dégâts que cela pouvait occasionner aux nerfs, au cœur et au cerveau?* (Extrait : LE SYNDROME [E])

J’ai beaucoup à dire sur ce livre qui joue dur. Pour ma part, c’est une première incursion dans l’univers de Franck Thilliez et d’entrée de jeu, je peux vous dire que ça m’a ébranlé tellement le récit est noir et teinté d’un implacable réalisme.

J’aurais peut-être dû commencer par un des premiers ouvrages de Thilliez comme LA CHAMBRE DES MORTS ou à la rigueur LA FORÊT DES OMBRES, mais quand j’ai découvert le titre SYNDROME E, j’étais trop intrigué pour passer outre.

Mais commençons par le commencement. LE SYNDROME E est le premier volet d’un diptyque qui décortique le phénomène de la violence. Le récit porte sur deux enquêtes policières séparées au départ, devenant graduellement convergentes pour finalement ne faire qu’une.

Au début d’une part, l’ex-ami de l’enquêteuse Lucie Hennebel, un passionné de cinéma et collectionneur de films rares est frappé de cécité après avoir visionné un film rare et non répertorié. Lucie enquête et commence par faire analyser la pellicule.

D’autre part, un enquêteur devenu schizophrène suite au décès soudain de sa femme et de sa fille, Franck Sharko enquête sur la découverte de cinq corps atrocement mutilés.

Au fur et à mesure que l’analyse de la pellicule progresse, les deux enquêtes fusionnent. En fait, tout démarre et tourne autour de ce mystérieux film d’un réalisateur non moins mystérieux, Jacques Lacombe :

*Mais la question qui la turlupinait le plus était de savoir quel lien invisible il pouvait y avoir entre le film anonyme et les cadavres déterrés en Haute Normandie. Cette bobine maléfique était peut-être l’arbre qui cachait la forêt.*(Extrait)

Je vous ai déjà parlé de l’énorme pouvoir du septième art, c’est-à-dire, de cette capacité qu’a le cinéma de façonner les esprits, de créer des tendances, d’influencer les modes de pensées et d’apprentissages. Imaginez tout ce qu’on peut sortir sur le potentiel cinématographique du cinéma. (Voir mon commentaire sur LA CONSPIRATION DES TÉNÈBRES)

Dans LE SYNDROME E, Thilliez va encore plus loin car par des procédés de surimpression, d’insertions subliminales, de découpages obscurs et autres diableries, la pellicule sert ici à cacher un incroyable secret qui dévoile un potentiel extraordinaire et apparemment exploitable du cerveau humain.

Cela va plus loin car cette mystérieuse pellicule camouffle un complot imaginé par des esprits tordus, des scientifiques malades, auteurs d’expériences sur des sujets vivants dont plusieurs comptaient parmi les Orphelins de Duplessis :

*Ce que Lucie Découvrait dépassait l’entendement. Une aliénation de masse, à grand renfort de bulletins médicaux faussés et d’occultes financements* (Extrait)

La dernière citation fait référence au financement par la CIA de certaines expériences sur des cerveaux d’êtres humains vivants. L’enquête amène à l’identification du syndrome E et je vous laisse découvrir par vous-même qu’est-ce que c’est que cette saloperie.

Évidemment, ce roman est une fiction mais quand on y pense, on sait peu de choses sur le cerveau et ça peut laisser un doute dans l’esprit du lecteur. Appelons ça un facteur de stress car l’auteur dévoile les horreurs du film au compte-gouttes et ça n’arrête jamais jusqu’à la dernière page qui là encore dévoile un punch tout à fait imprévisible.

Donc pour résumer, LE SYNDROME E est un thriller d’une fantastique efficacité, fait de corps mutilés, de tortures, de cadavres, de crasse, de fourberie et d’une science qui évoque des bêtes conduites à l’abattoir.

C’est un livre audacieux qui m’a sorti des sentiers battus et qui m’a écorché au passage. Rythme rapide malgré certaines longueurs, lecture aisée, fil conducteur solide.

Dans l’ensemble, le récit est gore et décapant et il est porteur je crois d’une petite réflexion sur la science et l’éthique car je ne suis pas certain que les savants fous et les scientifiques tarés n’appartiennent qu’à la légende et la littérature.

Si vous avez survécu au SYNDROME E, vous êtes mûrs pour la lecture de GATACA, le deuxième volet du dyptique.

Par définition du diptyque, il faut avoir lu LE SYNDROME E pour comprendre GATACA. Je vous le dis tout de suite, l’un est aussi effrayant que l’autre. Un an après l’identification du syndrome E et l’explosion de la vérité, et toujours en vertu d’une quête de la compréhension globale de la violence, l’auteur Franck Thilliez nous entraîne cette fois dans les arcanes obscurs du génome humain.

À nouveaux réunis et prêts à explorer un autre cercle de l’enfer, les policiers Lucie Hennebelle et Franck Sharko remontent cette fois aux origines de la violence, là où le génome humain détermine son avenir : rien de moins que l’extinction. 

Franck Thilliez est un écrivain et ingénieur français né en 1973. En plus d’avoir développé un goût irrésistible pour la lecture, Thilliez a une passion pour le cinéma et pour les Nouvelles technologies. C’est d’ailleurs dans ce dernier domaine qu’il exerce l’ingénierie. Sa carrière d’écrivain a été lancée en pompe dès 2003 avec TRAIN D’ENFER POUR ANGE ROUGE en 2003, nominé au prix SNCF du polar français.

Le succès des livres suivants lui a permis d’abandonner son travail d’informaticien et de s’adonner à l’écriture à temps plein. Ses passions se reflètent dans son écriture. Il aime enduire ses récits d’une atmosphère glauque et comme son imagination est débordante, sa plume produit des romans qui retiennent les lecteurs dans un filet qui évoque la toile d’araignée. 

Bonne lecture
Claude Lambert
Le dimanche 25 février 2018

LE HUIT, livre de CATHERINE NEVILLE

*-Sire, ce jeu maure me fait peur. Je crois qu’il est possédé par une force démoniaque qui vous a poussé à engager ma vie. Charlemagne retomba lourdement sur son siège, passa une main égarée sur son front, mais ne parla pas.* (Extrait : LE HUIT, Katherine Neville, 1988, Ballantine, t.f. : Le Cherche Midi, 2002. Éditions de papier, 960 pages.)

Alors qu’elle s’apprête à se rendre au Maghreb, Catherine Velis apprend d’un mystérieux antiquaire qu’elle court un grand danger. Un fabuleux jeu d’échecs d’origine mauresque l’attendrait dans le désert du Sahara. En 782, ce jeu aurait, dit-on envoûté dangereusement Charlemagne avant d’exciter pendant de nombreux siècles des personnages historiques tels Richelieu, Robespierre, Catherine de Russie et Napoléon. Tous ont voulu mettre ce jeu au service de leurs funestes desseins car selon la légende, ce jeu ferait de son détenteur rien de moins que l’égal de Dieu. La jeune femme plonge dans une quête où l’avenir même de l’humanité se joue et elle n’est pas la seule à vouloir percer le secret du jeu maudit…

On ne connait pas vraiment l’origine du jeu d’échecs. Certains textes anciens laissent à penser que le jeu aurait été inventé par on ne sait qui vers 600 après Jésus-Christ en Inde. On s’est qu’il s’est actualisé lors de son introduction en Europe par les Arabes au Xe siècle. On dit que les règles actuelles se sont fixées vers la fin du XVe siècle.

Le jeu d’échecs est devenu le jeu de concentration tactique et stratégique le plus joué dans le monde. L’objectif du jeu d’échecs est de mettre le roi adverse en échec, c’est-à-dire de l’attaquer de manière à ce que l’adversaire n’ait pas de coup légal qui puisse empêcher la prise du roi au coup suivant. On dit alors que le joueur a maté le roi de l’adversaire, d’où l’expression ÉCHEC ET MAT.

Le spectre des échecs
*Empoignant à deux mains mon sac de marin, je le soulevai
au-dessus de ma tête dans un arc de cercle parfait, avant
de l’abattre de toutes mes forces et de tout son poids sur
son crâne. Ses yeux se révulsèrent et il s’effondra sur le
côté tandis que je pirouettais pour vérifier ce qui se
passait derrière moi.
(Extrait : LE HUIT)

LE HUIT est un livre intéressant mais qui souffre d’un pénible handicap : son incroyable lourdeur. Nous avons ici une brique de 1000 pages dont l’intrigue est noyée dans des descriptions interminables, de nombreux détails peu signifiants et des artifices qui n’apportent rien. Autre détail important : il n’est pas vraiment indispensable de jouer aux échecs pour plonger dans cette histoire, mais comprendre le jeu et le pratiquer aide beaucoup à la compréhension de l’intrigue.

Toutefois, il y a des éléments intéressants dans l’ouvrage. Le fait par exemple que deux récits alternent à deux époques différentes…deux récits en semi-convergence. Pour moi c’est une trouvaille qui a sa place dans l’œuvre.

Dans le récit historique, j’ai beaucoup apprécié faire la rencontre de grands personnages qui ont marqué l’histoire; Jean-Sébastien Bach, Isaac Newton, Voltaire, Danton, Robespierre, la grande Catherine de Russie et plusieurs autres. C’est dans le passage où l’évêque d’Autun rencontre le célèbre François-Marie Arouet dit Voltaire (1694-1778) que j’ai trouvé finalement un fil conducteur sur lequel m’accroché.

La quête de ce roman est celle du jeu Montglane, un jeu d’échec possédé jadis par le puissant Charlemagne et dont les pièces ont été disséminées de par la monde, et ce dans les 2 récits en alternance. Or ce jeu donne à son détenteur un pouvoir infini, à ne pas mettre entre n’importe quelles mains. Voilà le fil conducteur, un thème qui n’a rien de neuf : la recherche effrénée du pouvoir et les incroyables bassesses qu’elle peut engendrer.

L’intrigue comme telle est intéressante, mais elle aurait pu être passionnante n’eut été des chaînes qu’elle traîne. La lourdeur du récit par exemple : 300 pages de moins n’auraient pas nui au récit, au contraire, ça l’aurait mis en valeur. Je pense aussi à des hasards trop *tape-à-l’œil* pour être crédibles. (Imaginez qu’une nuit vous rêvez que vous gagnez à la loterie et le matin en vous réveillant, vous constatez que vous avez effectivement gagné).

Je pense aussi à l’omniprésence du chiffre 8. Logique me direz-vous si on tient compte du titre. Mais il faut savoir ici que les explications relatives au chiffre 8 sont un mélange de sciences alchimiques, physiques, mystiques et astronomiques et que l’auteur n’a pas vraiment fait d’efforts pour présenter le tout de façon simple et claire…vulgarisée quoi…

Je me suis tout de même accroché à certains passages pour avancer dans le récit et pour le finir…*Ce qui peut être un bienfait pour l’humanité peut aussi devenir une horrible malédiction, l’histoire l’a prouvé.* (Extrait)

Dans une lecture aussi longue et complexe parsemée de passages ennuyants, je me suis senti un peu perdu malheureusement. Peut-être avez-vous trouvé dans mon commentaire des éléments intéressants. Je vais être honnête avec vous…ce commentaire n’engage que moi parce que je ne joue pas aux échecs…j’aurais peut-être vu certaines choses autrement…

Katherine Neville est  une romancière américaine né le 4 avril 1945 à Saint-Louis. Elle fut d’abord mannequin, puis consultante internationale en informatique. Puis, grâce à une expertise développée dans le domaine énergétique, Katherine Neville participera à la recherche sur l’énergie nucléaire et développera des méthodes pour identifier et contrôler les matériaux toxiques et dangereux.

Par la suite, dès 1980, elle sera vice-présidente de la Bank of America, et ce pendant 10 ans. Sa vaste expérience développée dans divers métiers lui ont fourni la matière de son premier roman : LE HUIT qui a connu sa suite 20 ans plus tard avec LE FEU SACRÉ.

PETIT À-CÔTÉ…

Une des plus impressionnantes scènes de la saga HARY POTTER est la scène du jeu d’échec décrite dans le premier opus de la série, livre et film: HARRY POTTER À L’ÉCOLE DES SORCIERS. Voir la reconstitution.

BONNE LECTURE
Claude Lambert

Le dimanche 18 février 2018

LE BONHOMME DE NEIGE, livre de JO NESBO

*Au moment de se coucher, elle voulut se
blottir contre lui. Mais elle ne put pas. Ne
put se résoudre à le faire. Elle était impure.
-Nous allons mourir- avait lâché la voix au
téléphone. Nous allons mourir, catin*
(Extrait : LE BONHOMME DE NEIGE, Jo Nesbo,
Gallimard, série noire, 2007, éd. Numérique,
430 pages.)

Un jour de novembre 2004, un bonhomme de neige sorti de nulle part se retrouve dans le jardin des Becker, le regard tourné vers les fenêtres de la maison. La nuit suivante, madame Becker disparaît. Un maigre indice, son écharpe rose se retrouve au cou du bonhomme de neige. Parallèlement, l’inspecteur Harry Hole reçoit une lettre annonçant d’autres victimes. Une lettre signée…*le bonhomme de neige*…un tueur en série sévit en Norvège. Le seul indice récurrent mais bien maigre : un bonhomme de neige…un spectre de la folie…

UN BON CRU(el) NORVÉGIEN
*…le congélateur…laissait voir quelque chose pressé
à l’intérieur…les genoux pliés et la tête appuyée
vers le haut contre l’intérieur du congélateur. Le
corps était couvert de cristaux de glace, comme
une couche de moisissures blanches qui s’en serait
repue, et la position torturée du corps était à
l’unisson du cri de Katerine…*
(Extrait : LE BONHOMME DE NEIGE)

C’est une histoire complexe développée avec une lenteur parfois exaspérante, très caractéristique de la littérature Norvégienne. La faiblesse du récit réside dans le fil conducteur qui prend souvent toutes sortes de directions. Ajoutons à cela que l’intrigue est bourrée de fausses pistes, de démarches qui n’aboutissent pas, de retours à la case départ.

Ça ne m’a pas beaucoup gêné car j’ai compris dès les premières pages que l’auteur me lançait le défi de sortir d’un labyrinthe bourré d’indices, souvent trompeurs, et me laissant le choix de trouver le coupable parmi une foule de candidats potentiels. Mais quand la lumière commence à jaillir dans le dernier quart du livre, ça devient génial.

Ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre est la psychologie des personnages, Harry Hole en tête, héro récurrent dans l’œuvre de Nesbo : un personnage précédé par sa réputation d’esprit tordu et d’alcoolique qui évolue laborieusement dans une enquête difficile d’une remarquable minutie où il y a tellement de détails que le lecteur a parfois l’impression de déraper. Mais dans la finale qui est remarquable, on voit l’importance de chaque détail, rassuré à l’idée que l’auteur n’a rien laissé au hasard.

L’histoire est originale. L’idée de précéder les meurtres par l’édification d’un bonhomme de neige est une trouvaille car les bonhommes de neige parlent d’une certaine façon, dévoilent des indices, reflètent la psychologie du tueur et bien sûr obnubilent les policiers. Hole en tête.

UNE PLUME FORTE MAIS NOIRE

Tout le livre comporte beaucoup de petites forces qui retiennent le lecteur dans sa toile. Outre la toponymie chantante de la Norvège, la plume est forte, la structure narrative happe le lecteur qui se sent attiré par les nombreux rebondissements. On sent que l’auteur maîtrise son art.

C’est un roman noir. Son atmosphère se fige parfois en une sensation lugubre car les bonhommes de neige conduisent implacablement à des chefs d’œuvre de cruauté de la part d’un tueur aussi froid et dépourvu de moralité que ses œuvres de neige. La découverte très lente et très graduelle de la psychologie de ce monstre m’a tenu en haleine.

Je veux rappeler en terminant que si je recommande ce livre, je le fais sous la réserve suivante : C’est tout le récit dans son ensemble qui fait appel à la patience du lecteur parce qu’il comporte de nombreux changements de direction, de fausses pistes, de virages imprévus.

Aussi, bien que l’histoire soit très longue à démarrer, je vous suggère de bien vous concentrer sur les premières pages car elles contiennent des éléments importants qui vous feront apprécier grandement l’ensemble du récit.

Vous êtes maintenant prêts à entrer dans une histoire à donner froid dans le dos et à savourer ainsi toute l’intensité de la plume scandinave.

Jo Nesbo est norvégien. Il est né à Oslo  le 29 mars 1960. C’est un talentueux touche-à-tout : auteur-interprète, musicien, journaliste spécialisé en économie et écrivain très renommé. De 1993 à 1998, il a écrit et interprété les grands succès d’un des groupes musicaux les plus populaires de Norvège : DI DERRE. Un an avant de quitter le groupe, il se lance dans l’écriture littéraire. Le succès est instantané avec L’HOMME CHAUVE-SOURIS, prix du meilleur roman policier nordique en 1998. Plusieurs autres romans suivront dont ROUGE-GORGE, consacré meilleur polar norvégien de tous les temps par les lecteurs.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le samedi 16 décembre 2017

LA THÉORIE DES DOMINOS, ALEX SCARROW

*En arrivant au bout de leur rue, elle scruta Uxbridge Road. De chaque côté, les vitrines avaient disparu. Les articles étaient éparpillés sur la chaussée : machines à laver, télés, vêtements…Uxbridge Road aurait dû être embouteillée…mais elle ressemblait à une ville fantôme de western.* (Extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS, éditeur original : Orion 2007, t.f. : Le Cherche-midi, 2010, num. 470 pages)

Un expert en stratégie pétrolière est en mission en Irak au moment où la tension internationale est très élevée. Pendant son séjour, les pires craintes de David se concrétisent. L’ensemble du Moyen-Orient se déstabilise complètement et s’embrase. Alors que des terroristes détruisent les oléoducs, raffineries et les installations pétrolières les plus stratégiques, la panique s’installe à l’échelle mondiale. En effet c’est tout le globe qui risque d’être privé d’énergie, de nourriture, de chauffage, d’essence et j’en passe, cédant ainsi le quotidien aux émeutes, à la violence…David comprend vite que cette situation explosive est issue d’un complot machiavélique.

La fragilité de l’équilibre…
*Tout s’enchaînera rapidement…
une chose après l’autre,
comme des dominos.
Personne ne s’y attendra…*
(Extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS)

Imaginez un instant que, pour toute sortes de raisons et du jour au lendemain, notre approvisionnement en pétrole soit coupé. Quelles seraient selon vous les conséquences à court terme sur notre vie? La nourriture, l’eau, les transports, les communications, l’électricité, les soins de santé, le chauffage et j’en passe?

Dans la THÉORIE DES DOMINOS, Alex Scarrow tombe rapidement dans le vif du sujet et annonce des couleurs plutôt apocalyptiques : J’ai le sentiment qu’il se passe bien plus de choses que l’on sait…tout a commencé par une série d’explosions en Arabie Saoudite, programmée par quelqu’un qui voulait provoquer une colère à grande échelle…(Extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS)

Les évènements en Arabie Saoudite constituent la chute du premier domino, issue d’un complot machiavélique et, avec un argumentaire redoutable, Scarrow raconte la suite des évènements : anarchie, chaos… Arrêter le flot continu de pétrole, même l’espace d’un court instant, ressemblait à une embolie ou un infarctus dans le corps humain. Cet étranglement ressemblait exactement à cela : une crise cardiaque économique mondiale* (Extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS).

Avec une plume impitoyable décrivant les côtés sombres de la nature humaine, LA THÉORIE DES DOMINOS raconte le destin d’une famille éparpillée entre l’Angleterre et l’Irak et qui tente de se réunir à travers l’incroyable chaos provoqué par une crise pétrolière planifiée qui se transforme rapidement en panique mondiale.

Cette description anticipée de la chute d’un monde moderne tellement dépendant du pétrole est d’un réalisme à faire frémir et Scarrow n’a pas peur des mots. Il a bâti d’une façon marquante, un thriller anxiogène qui n’est pas sans nous faire réfléchir d’une part sur notre mode de vie actuel et notre dépendance à l’or noir et d’autre part sur l’extrême violence dont l’homme est capable pour survivre.

Ce livre est, et demeurera selon moi, d’une grande actualité puisqu’il évoque les tensions religieuses, politiques, frontalières et pétrolières au Moyen Orient, une partie extrêmement instable du monde que j’appelle la poudrière planétaire.

Scarrow ne fait pas dans la dentelle en décrivant un monde de désorganisation brutale et de violence car les premières conséquences d’une coupure subite d’approvisionnement en pétrole touchent inévitablement la nourriture, l’eau, l’électricité. Scarrow démontre avec une logique désarmante que les hommes peuvent être pires que des bêtes.

C’est un livre qui rend captif. La trame est solide, le fil conducteur accrochant, un thriller efficace qui porte à réflexion. Il me rappelle un peu le livre de Barjavel, RAVAGES dans lequel l’électricité cesse d’exister, excellent livre dont j’ai déjà parlé sur ce site.

Je vous recommande LA THÉORIE DES DOMINOS de Alex Scarrow…réaliste à faire peur…*le monde est un vieil homme au cœur fragile et le pétrole est le sang qui coule dans ses veines…* (extrait : LA THÉORIE DES DOMINOS)

Suggestion de lecture : LA CONSTELLATION DU LYNX, de Louis Hamelin

Alex Scarrow est né à Nigéria en 1966. Après le collège, il a travaillé pendant 10 ans dans le domaine de la musique, et par la suite une douzaine d’années comme graphiste et concepteur de jeux. Après le collège, il développe le goût de l’écriture et se spécialise dans la science-fiction. On lui doit entres autres l’octalogie TIME RIDERS. Il a écrit entre temps LA THÉORIE DES DOMINOS et L’EFFET DOMINO qui développe un thème cher à l’auteur : La déroute et l’effondrement de la civilisation. 

BONNE LECTURE
JAILU/ CLAUDE LAMBERT
27 novembre 2016

SHUTTER ISLAND, livre de Dennis Lehane

*-…Il a assassiné sa belle-sœur et ses deux nièces
pendant que son frangin se battait en Corée.
Il a conservé les cadavres à la cave pour se faire
plaisir de temps en temps, si vous voyez ce que
je veux dire…*
(Extrait : SHUTTER ISLAND, Dennis Lehane, 2006,
Éditions Payot & Rivages, pour l’édition de poche.
295 pages)

Un matin de septembre 1954, deux marshals débarquent sur Shutter Island, une île située au large de Boston et abritant un hôpital psychiatrique pour des personnes atteintes de graves troubles mentaux et des criminels psychotiques irrécupérables. Mission: enquêter sur l’évasion d’une patiente internée après avoir noyé ses trois enfants. Dès lors, les policiers sont saisis par l’atmosphère oppressante des lieux. Les responsables ont, semble-t-il beaucoup à cacher. Les agents doivent éclaircir le mystère, déjà épaissi par un message codé laissé par une pensionnaire en cavale.

UN THRILLER ÉPROUVANT
*Espèce de sale putain de violeur! Quand mon mari
reviendra, il te tranchera la gorge! T’as compris?
Il te coupera ta tête de tordu et on boira ton sang!
On se baignera dedans pauvre malade!
(Extrait : SHUTTER ISLAND)

 SHUTTER ISLAND est un thriller psychologique très puissant. Deux marshals américains débarquent sur un petit îlot où se trouve un étrange établissement psycho-carcéral abritant des criminels violents et dangereux. Teddy et Chuck sont là pour enquêter sur la disparition d’une des pensionnaires : Rachel Solando. En fouillant la cellule de la patiente, les marshals découvrent une lettre adressée aux docteurs et dans laquelle se trouve une énigme.

..LA LOI DES 4
..JE SUIS 47
..ILS ÉTAIENT 80
..+VOUS ÊTES 3
..NOUS SOMMES 4
..MAIS
-QUI EST 67?

Toute l’histoire tourne autour de cette énigme complexe qui accaparera le lecteur et lui demandera un maximum de concentration pour comprendre l’action des marshals qui se livrent eux-mêmes à une profonde investigation psychologique.

Cette lecture a été tout un défi pour moi, pénétrer au maximum dans la psychologie des personnages étant le seul moyen de comprendre la formulation de l’énigme. Dès que les marshals ont mis le pied sur l’île, je me suis senti englouti dans le récit. Ce n’est pas simple et ça demande beaucoup de concentration et j’ai même dû relire plusieurs passages pour bien comprendre dans quoi l’auteur m’embarquait.

Dès le départ, Lehane ne s’est pas privé de donner à l’atmosphère de l’île un caractère opaque : des bâtiments lugubres, des docteurs étranges qui semblent avoir plein de choses à cacher, un phare mystérieux et bien sûr, un cliché exploité des milliers de fois en littérature psychologique : une bonne tempête.

Bien que SHUTTER ISLAND soit un thriller très fort, j’ai trouvé sa lecture un peu éprouvante. Il m’a semblé que plusieurs passages étaient incohérents, confus. Les passages du contexte onirique à la réalité sont particulièrement complexes.

J’ai eu l’impression d’être impliqué dans un malicieux jeu de rôle. Mais quand je finissais par comprendre la solution d’une énigme dans la progression de l’histoire, je criais victoire et un lecteur qui ressent la victoire dans la lecture d’un livre est généralement satisfait.

C’est finalement un thriller écrit avec beaucoup d’intelligence, très captivant et intéressant. Mais je le rappelle, il est complexe. Vous ne devez rien perdre si vous voulez tout comprendre. Enfin, je vous suggère fortement de lire le livre AVANT de regarder le film.

Suggestion de lecture : THÉRAPIE, de Sebastian Fitzek

Dennis Lehane est un écrivain américain né à Boston en 1965. Avant de se mettre à l’écriture, Lehanne a exercé plusieurs métiers dont celui de libraire. Il est devenu rapidement un des auteurs de polars les plus populaires en Amérique avec plus d’une cinquantaine de titres dont plusieurs best-sellers. Je cite Gone baby gone, adapté au cinéma, MYSTIC RIVER, prix mystère de la critique en 2003, puis gratifié de 6 autres prix, adapté au cinéma par Clint Estwood qui décrochera le César du meilleur film étranger en 2003. Bien sûr il y a Shutter Island, adapté au cinéma (voir plus bas).

SHUTTER ISLAND AU CINÉMA

SHUTTER ISLAND a été adapté au cinéma par le réalisateur Martin Scorsese d’après un scénario de l’auteur du livre Dennis Lehane. Le film psycho-dramatique est sorti en 2010. L’éclatante distribution réunit Leonardo Di Caprio, Max Von Sydow, Ben Kingley, Mark Ruffalo, Emily Mortimer et Michelle Williams. Le film a été accueilli par la critique pour l’excellence de l’adaptation, la beauté de la photographie et la force de l’interprétation. Le film a été nominé à plusieurs reprises par le Saturn Award et le National board of review entre autres pour l’excellence de sa réalisation.

BONNE LECTURE
JAILU
16 OCTOBRE 2016

 

SANS UN MOT, livre de HARLAN COBEN

*Un bon coup dans le foie, ça vous neutralise pendant
un moment…il ouvrit la bouche mais aucun son n’en
sortit. Il s’affaissa sur un genou. Un deuxième coup,
oblique, l’atteignit à l’oreille…il tenta de réagir…mais
un coup de pied dans les côtes le fit tomber à la
renverse.*
(Extrait : SANS UN MOT, Harlan Coben, Pocket, pubié à
l’origine chez Belfont, collection NOIR, 2008. Num. 350 pages)

Voici trois histoires convergentes: -On découvre un e mail plutôt troublant et un ado, perturbé par le suicide de son ami disparaît. –un professeur commet un écart de langage psychologiquement blessant à l’endroit d’une adolescente : Yasmin. Le père de celle-ci n’admet pas que sa fille soit la risée de l’école et harcèle le professeur. –La voisine de Mike et Tia,  Suzan Loriman cherche un donneur d’organe pour son fils. Mike et Tia qui sont tous deux médecins découvrent des éléments troublants sur le passé de la mère. Ajoutons à cela la mystérieuse quête d’un tueur en série. Des récits sans lien au début mais qui convergent vers un dénouement surprenant dans ce livre 

UN PUZZLE MACHIAVÉLIQUE
*Salle pauvre conne.
Sa tête retomba en arrière.
Ce beau visage réduit en
bouillie.
Jamais il n’oublierait cette
image.*
(Extrait : SANS UN MOT)

Amener plusieurs histoires en convergence vers une seule et unique finale est un défi en littérature. Avec SANS UN MOT, Harlan Coben a assez bien relevé ce défi. C’est loin toutefois d’être le meilleur thriller que j’ai lu même si l’intrigue est bien ficelée. Je dois avouer toutefois que la finale est excellente mais voilà…il faut s’y rendre…

les liens entre les histoires n’apparaissant que très graduellement et vu l’impressionnante quantité de personnages dont les rôles s’imbriquent dans les récits, le lecteur doit faire preuve de patience et de persévérance. Plusieurs pourraient être tentés d’abandonner la lecture avant même d’atteindre la moitié du récit. Je crois tout de même que ça vaut la peine de persévérer.

La principale faiblesse de ce livre réside dans ses personnages qui sont un peu caricaturaux, idéalisés…parfois trop parfaits. C’est le genre de détail qui me pousse à croire que l’auteur a choisi la facilité dans ce rayon. Le fil conducteur est un peu alambiqué. Mais si le lecteur réussit à persévérer dans le style tentaculaire propre à Harlen Coben, il sera sûrement entraîné dans un rythme allant en crescendo vers une finale où tout s’explique…un dénouement brillant quoiqu’un peu *rose bonbon*.

Je crois que la véritable force de ce livre tient dans son actualité. Il pourrait intéresser les adolescents dans une certaine mesure (le style d’écriture étant un peu coriace). Il pourrait intéresser davantage les parents de jeunes ados et même les pousser à l’introspection étant donnés les thèmes qui y sont abordés.

On parle ici de contrôle parental des activités en ligne des enfants, le respect de la vie privée des ados par leurs parents, le danger global que représente internet sur la fragilité de l’adolescence et les thèmes sous-jacents comme les activités illégales et les téléchargements, la sécurité à la maison, en particulier l’accès libre à la pharmacie familiale.

En fait, que ce soit voulu ou pas, Coben nous pousse à nous interroger sur la délicate frontière qui sépare le contrôle parental de l’ingérence souvent considérée tyrannique par les ados qui sont dans une période de leur vie où la dérive est souvent facile.

Pour ces raisons, le livre vaut la peine d’être lu. Globalement le récit ne m’a causé aucun choc ni frisson. L’ensemble est un peu tiédasse. Le quatrième de couverture parle d’un thriller électrisant… je dirai que j’ai apprécié ce livre…il m’a diverti…mais disons qu’il ne m’a pas *électrisé*…

Suggestion de lecture, du même auteur : INTIMIDATION

Harlan Coben est un auteur américain né en 1962 à Newark, New Jersey. Ses romans, traduits dans une quarantaine de langues, occupent des positions plus qu’avantageuses dans la liste des best-sellers à l’échelle mondiale. Il fût un des premiers auteurs à recevoir les trois prix majeurs de la littérature américaine de type *thriller*, à savoir le SHAMUS AWARD, le prestigieux prix Edgar-Allan-Poe  et le Anthony Award. Il cumule d’importantes distinctions littéraires. Coben a aussi participé à des œuvres collectives. 

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
2 octobre 2016

 

OPÉRATION HADÈS, Robert Ludlum, Gayle Lynds

*Jon tenta de réprimer la vague de terreur qui
le submergeait au souvenir de la description
que lui avait faite Jerzy Domalewski du complexe
souterrain de six étages où on pratiquait la torture
et les exécutions. Il échangea un regard avec Randi…
elle aussi savait. On ne survivait pas à cet enfer.*
(Extrait : OPÉRATION HADÈS, Robert Ludlum, Gayle Linds,
t.f. Éditions Grasset et Fasquelle, 2001, 325 pages)

Aux États-Unis, trois morts, provoqués par un virus inconnu se produisent en trois lieux différents. On confie à une biologiste une analyse en laboratoire mais elle meurt à son tour, victime du mystérieux virus. Son fiancé, médecin militaire et chercheur assiste impuissant à l’agonie et la mort de Sophia. Malgré les conclusions médicales, Jon est persuadé que Sophia a été assassinée et décide d’entreprendre avec d’anciens amis une enquête clandestine. Le commando a développé la conviction qu’un homme possède le virus et compte s’en servir pour déclencher une pandémie. 

LE FRUIT DE LA MÉGALOMANIE
*Pourquoi se soucier de ces millions de gens sans
visage? Ils mourraient de toute façon…en outre,
la terre était surpeuplée…en conséquence, la
nature se vengerait, comme toujours à coups de
famines, fléaux…quel inconvénient à ce que lui,
Victor et la société s’enrichissent sur la mort de
millions de gens?
(Extrait : Opération Hadès)

Le livre est intéressant, l’intrigue est bien menée. Toutefois, à plusieurs reprises au cours de ma lecture, j’avais une impression de déjà vu avec des passages clichés et un thème un peu éculé, c’est-à-dire la lutte de l’agent secret intègre, lui-même médecin empathique et humaniste contre un homme à la puissance et à l’ambition démesurées, prêt à sacrifier des millions de vies pour satisfaire son intarissable soif de profits. L’instrument de sa convoitise : un virus mortel menaçant la terre entière.

Il y a cependant des variantes intéressantes. Le développement de l’intrigue relève du style plus personnel de Robert Ludlum : beaucoup de rebondissements, une touche d’imprévu et la façon dont le héros de l’histoire Jon Smith traque les bandits pendant qu’il est lui-même traqué donnent à l’ensemble un rythme élevé et comme le fil conducteur du récit est assez solide, mon attention a été assez soutenue.

J’ajoute que dans le récit, le risque de perdre le contrôle du virus mortel est omniprésent et concerne autant les héros que les criminels. Tout le monde a un désir commun : survivre. Ce fait, bien ancré dans le développement est une force du livre.

Du côté des faiblesses, disons que certains éléments m’ont agacé : des passages rocambolesques parfois surréalistes, des personnages un peu archétypiques à l’exception peut-être du génie de l’informatique, Marty que j’ai trouvé drôle et attachant. Certains passages m’ont semblé aussi bâclés.

Enfin, j’aurais souhaité que les auteurs ajoutent une touche de réalisme au récit. La propagation à dessein d’un virus mortel dans le monde est techniquement possible mais il y a trop d’invraisemblances dans l’histoire pour s’y projeter totalement.

Peut-être bien que OPÉRATION HADÈS a un petit caractère expérimental. Robert Ludlum est mort en 2001 mais je suis à peu près certain qu’il aurait fait de Jonathan Smith un personnage récurrent dans son oeuvre, comme spécialiste de la lutte contre les attaques épidémiologiques d’origine humaine, à la tête du Réseau Bouclier. Je ne doute pas que Ludlum aurait fait des ajustements pour rendre l’œuvre encore plus attractive.

Il est très rare que je chiffre mon appréciation pour un livre, mais dans ce cas-ci, je donnerais 70% à cause surtout du style marqué de Ludlum et du rythme de son écriture. OPÉRATION HADÈS reste un bon divertissement.

Suggestion de lecture : LA 5e VAGUE, de Rick Yancey

Robert Ludlum (1927-2001) est un écrivain, metteur en scène et comédien américain. Il s’est tourné vers l’écriture à l’âge de 40 ans. Son premier roman L’HÉRITAGE SCARLATTI publié en 1971 obtient un succès immédiat et l’imposera comme un des grands maîtres du suspense d’espionnage. Vingt-cinq autres romans suivront qui sont autant de chefs d’œuvre dans le genre. Il a vendu plus de 200 millions de livres dans le monde, traduits en plus d’une trentaine de langues.

Ancienne journaliste, éditrice et conseillère militaire, Gayle Lynds a elle aussi versé dans l’écriture de romans d’espionnage. Son nom figure dans le prestigieux NEW-YORK TIMES BEST-SELLING AUTHORS.  Elle s’est vue attribuée plusieurs prix prestigieux et fait partie du TOP 10 des romans d’espionnage de tous les temps du PUBLISHER’WEEKLY. Avec Robert Ludlum, elle a coécrit trois romans qui ont obtenu un succès fulgurant : OBJECTIF PARIS, LE CODE ALTMAN et bien sûr OPÉRATION HADÈS.

En complément, je signale qu’OPÉRATION HADÈS a été adapté à la télé sous forme de mini-série.
La série réalisée en 2006 par Mick Jackson met en vedette Stephen Dorf, Mira Sorvino, Sophia Myles et Blair Underwood

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le 11 septembre 2016