ORACLE, Andrew Pyper

*Lorsqu’on lui a demandé de décrire l’homme, Nathaniel a seulement dit qu’il était grand et qu’il était moitié couvert de peau moitié squelette. Le sac d’os. Contrairement aux esprits menaçant d’Amittyville qui voulaient que les Lotts sortent, le sac d’os de Johnstown voulait que les Russo restent et qu’ils y goutent.. *

Extrait : ORACLE d’Andrew Pyper, en version audio seulement chez Audible Originals éditeur, 2022, durée d’écoute : 9 heures 7 minutes. Narrateur, Patrick Labbé.

Une petite famille, papa, maman et deux garçons achète une maison. Personne ne leur a dit qu’il s’y trouve un revenant que seul le plus jeune des garçons : Nathaniel peut voir et entendre. Les parents apprennent donc que leur fils est médium. La révélation de cette histoire entraîne beaucoup de péripéties à découvrir. À l’âge adulte Nath est régulièrement sollicité par la police dans le cadre de disparitions.

Aujourd’hui adulte, Nathaniel est devenu médium du FBI qui aide à résoudre des enlèvements et des homicides en touchant les proches des personnes disparues. Son don unique a toutefois un prix terrible: il voit les moments d’horreur ayant précédé la disparition des victimes.

 

Amityville fait écho

ORACLE est un livre essentiellement audio édité par Audible. Au moment d’écrire cet article, il n’existe pas de version papier ou numérique. J’ai beaucoup aimé l’écoute de cette histoire qui tranche moins sur son originalité que sur l’excellente interprétation de Patrick Labbé, un acteur québécois dont je suis la carrière avec intérêt depuis sont tout premier rôle dans la série ROCK réalisée par Jean Lepage en 1988, puis LES BOYS,  et quantité d’autres.

ORACLE est donc une variation sur un thème connu et dont le développement  me rappelle, du moins sur le plan de l’atmosphère de l’histoire,  l’affaire d’Amityville qui fait référence à des évènements réels survenus dans les années 1970 à Amityville, une petite ville côtière à l’est de New York. Des évènements empreints de mystère et de fantastique qui ont inspiré toute une série de livres et de films d’horreur.

Comme on l’a vu plus haut, l’histoire est celle de Nathaniel Russo, qui, tout jeune, pouvait voir et entendre un revenant dans la maison qu’il occupait avec sa famille. Nath est donc médium et accepte de mettre son talent au service du FBI dans la résolution d’affaires à caractère mystérieux et même surnaturels. Oui, ça peut rappeler X FILES mais en beaucoup plus glauque.

Avec ce don de voyant, Nath a une particularité qui fait frémir : il peut décrire avec précision l’agonie des victimes avant leur disparition. Tout est là. Tout, dans cette histoire se joue sur le talent de Nath et l’atmosphère que ça induit. Une ambiance à la Edgar Poe, glauque, noire, inquiétante, lugubre, sinistre. J’ai aussi ressenti une espèce de non-dit qui suppose que l’auteur nous amène exactement là où il veut.

ORACLE repose aussi sur le personnage principal, Nathaniel Russo, particulièrement bien travaillé avec une psychologie complexe qui pimente l’ensemble. Russo est un homme atypique. Il est grognon, mufle, timoré et ce qui n’arrange pas les choses, il est alcoolique…un alcolo à la recherche d’un sevrage définitif. Ça joue sur le caractère. Je peux le comprendre.

Malgré cette sensation tenace de déjà vu, j’ai été enchaîné à ce thriller psychologique à forte connotation fantastique à cause de son atmosphère, à cause du personnage principal, Nath Russo, aussi caractériel qu’intelligent, à cause de certains détours habiles de l’auteur et bien sûr à cause de l’excellente interprétation de Patrick Labbé.

La seule faiblesse de la narration est un léger manque de nuance dans l’interprétation des personnages mais il n’y a aucun doute que la narration de Labbé force l’attention.

Enfin, ORACLE est un roman plein de rebondissements, quelques notes d’humour mais surtout générateur d’émotions que les auditeurs et auditrices n’auront aucune difficulté à ressentir… la peur, la colère, l’effroi. Je n’insisterais pas pour offrir ce livre à une personne impressionnable. En ce qui me concerne, je peux dire que j’ai passé un très bon moment de lecture.

Suggestion d’écoute : ALIEN LA SORTIE DES PROFONDEURS, de Tim Lebbon


L’auteur Andrew Pyper

Depuis qu’il a incarné Rock dans la série télévisée du même nom en 1986, Patrick Labbé a enchaîné les rôles importants. À la télévision, nous avons pu le suivre dans plusieurs séries, telles que Lance et compteLa vie, la vieYamaskaMiradorDistrict 31Virage et Classé secret, pour n’en nommer que quelques-unes. Il a également participé à plusieurs long-métrages, dont Les boys. Patrick Labbé s’est aussi illustré sur le marché anglophone, entre autres dans les productions The Dead ZoneQuanticoStreet Legal et The TransplantOracle est le troisième livre audio auquel le comédien prête sa voix.

 

Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 2 août 2026

L’ESCALIER DU DIABLE

Commentaire sur le livre de
DEAN KOONTZ

*-Le mal à l’état pur, insiste Sanjay. Tous
les fous ne prônent pas le mal, mais tous
 les gens malfaisants sont fous. *
(Extrait : L’ESCALIER DU DIABLE, Dean Koontz,
Archipel éditeur, 2020, édition de papier, 448 pages
Lu en format numérique pour la présente.)

Luttant contre l’étrange épidémie de suicides qui a emporté son mari, Jane Hawk est devenue la fugitive la plus recherchée des Etats-Unis. Tant par le gouvernement que par les responsables d’une confrérie secrète. A présent, elle tient une proie dans son viseur : un homme influent… disposant d’une armée de tueurs. Mue par sa soif de vengeance, Jane rejoint les flancs enneigés du Lac Tahoe, en Californie. Ce qu’elle va y découvrir est terrifiant. D’autant qu’elle va devoir gravir l’escalier du diable ! Jane sait que le temps lui est compté. Que sa vie ne tient qu’à un fil. Mais, elle respire encore… Et une conspiration menace des millions d’êtres humains.

L’ascension de Jane Hawk
*Les experts dont je parle n’ont aucune notion de la vraie
vie, Ce sont des élitistes dans l’âme, pétris de belles
théories, mais sans aucune expérience du monde réel. *
(extrait)

C’est le troisième volet des aventures de Jane Hawk, ex-agente du FBI qui enquête sur la mort suspecte de son mari. En cours d’enquête, Hawk découvre l’existence d’une conspiration qui menace des millions d’individus. Elle met son fils à l’abri car, comme elle en sait trop, tout le monde la recherche. Elle réussit à kidnapper un homme puissant qui est au cœur du complot : Booth Henrikson, rien de moins qu’un monstre.

Il est difficile de parler de ce roman sans tout dévoiler mais vous comprendrez mieux ce qui vous attend avec l’extrait qui suit :

<-Retrouver ton chemin avec une lampe n’est pas compliqué, mon fils, mais tu comprendras mieux ta douleur quand tu devras effectuer la descente dans le noir, à l’aveugle, comme une scolopendre dans une grotte. Cet escalier symbolise la vie, mon fils. Il évoque la triste réalité du monde, la cruauté et la brutalité humaines. Si tu espères survivre, sale petit merdeux, je te conseille de te montrer fort, comme moi. Descend au fond du trou et retiens la leçon, mon fils. Au fin fond du trou.> Extrait.

Vous avez une idée de ce dans quoi veut vous entraîner Dean Koontz, une visite dans les arcanes de la folie, des âmes noires.

C’est un roman solidement bâti mais qui comporte des faiblesses. L’intrigue est excellente et induit même une certaine addiction mais je crois que l’auteur a quelque peu abusé du pouvoir descriptif de sa plume. En effet, plusieurs passages d’une violence extrême n’ajoutent aucune valeur au récit. J’ai trouvé également que le jeune fils de Jane Hawk, Travis est sous-utilisé dans l’histoire. Il se cache.

C’est à peu près tout. Quant à la finale, malheureusement je l’ai trouvé bâclée, expédiée. On sait que L’ESCALIER DU DIABLE a une suite : LA PORTE INTERDITE mais Koontz ne m’a pas tellement donné le goût de poursuivre. Je pense que la finale aurait pu être beaucoup mieux travaillée et contenir quelques indices intrigants de nature à mettre l’eau à la bouche.

La principale force du récit est dans le fil conducteur. L’histoire est facile à suivre et comporte beaucoup d’action et certains passages sont pour le moins surprenants. L’écriture est fluide, ça se lit vite et bien. Jane Hawk fait un peu figure de superhéros mais au moins, l’auteur a veillé à ce qu’elle ne verse pas dans la caricature. Je l’ai même trouvé attachante.

Si vous êtes sensible, vous êtes tout de même prévenu que L’ESCALIER DU DIABLE est un roman très noir et très violent et on n’est pas insensible à la morbidité du questionnement qu’il pose : <et si ça arrivait pour de vrai?>          

Suggestion de lecture du même auteur : DARK WEB

LA SUITE

 

Né en 1945 en Pennsylvanie, Dean Koontz publie son premier roman en 1968 : Star Quest mais attendra jusqu’en 1981 pour atteindre la renommée avec LA NUIT DES CAFARDS. Les livres suivants sont une véritable collection de best-sellers dont MIDNIGHT, LA MAISON INTERDITE, LA CLÉ INTERDITE. Auteur prolifique, Dean Koontz a aussi publié plusieurs livres sous différents pseudonymes.

Bonne lecture

Claude Lambert
Le dimanche 5 mai 2024