ARRIVÉE, Morgan Rice

*-Et si c’était les extraterrestres, ou des personnes contrôlées par eux ? – demanda-t-elle. -Et s’ils faisaient le tour des refuges pour capturer les survivants ? – Pourquoi le feraient-ils ? – Demanda Kevin. Cependant, à cette idée, il sentit la peur l’envahir peu à peu. Et si c’était bien le cas ? Et s’ils entraient ?

Extrait : LES CHRONIQUES DE L’INVASION, tome 2 : ARRIVÉE. Format numérique, Morgan Rice 2018, 290 pages

Le SETI a reçu un signal venant d’une civilisation extraterrestre. Est-il encore temps de sauver le monde ? Pour des raisons à découvrir, Kevin, 13 ans, comprend qu’il le seul à pouvoir sauver le monde. Mais est-il encore temps ? Que doit-il faire ? Et qu’est-ce que les extraterrestres prévoient de faire ensuite ?

Intéressant mais forte
impression de déjà vu

La série développe un sujet encore très prisé des jeunes lecteurs et lectrices : l’envahissement de la terre par des extraterrestres hostiles. Les acteurs de ce drame sont des ados. Morgan Rice s’est appliquée à atteindre directement et sans détour l’imaginaire des adolescents et des jeunes adultes. Vu sous cet angle, je crois qu’elle a réussi. Les lecteurs moins jeunes pourraient trouver le contenu réchauffé.

Kevin a 13 ans. Il souffre d’une maladie incurable au cerveau. Cette même maladie a permis à Kevin de capter un message extra-terrestre annonçant un envahissement imminent de la terre. Kevin reçoit, d’un extraterrestre ami, une idée pour détruire l’envahisseur.

À plusieurs égards, LES CHRONIQUES DE L’INVASION me rappellent INDEPENDANCE DAY, le célèbre film de Roland Emmerich dans lequel on voit des engins volants de 20 kilomètres de diamètres avec des extraterrestres laids et belliqueux, capable de prendre le contrôle de l’esprit humain, et venu vider la terre de ses ressources naturelles. Le même principe est exprimé dans les chroniques de l’invasion, mais différemment, y compris l’idée d’introduire un virus dans le vaisseau pour détruire les envahisseurs, ce qui m’a rappelé un peu la guerre des mondes.

Certaines idées m’ont rappelé L’INVASION DES PROFANATEURS, le film de Philip Kaufman, d’autres idées m’ont rappelé les rencontres du quatrième type qui relèvent plus du paranormal. L’idée de confier à des adolescents le rôle de sauver le monde n’est pas non plus nouvelle en littérature.

J’ai beaucoup aimé cette série. Je me suis attaché rapidement aux jeunes personnages. Je pense quand même que les dialogues et les raisonnements exprimés faisaient un peu trop adulte pour leur âge.

Mais j’ai trouvé ces jeunes profondément humains et l’autrice a évité le piège des *héros sans peur et sans reproche*. Ce ne sont pas des superhéros et c’est exactement ce que je souhaitais.

Donc l’histoire est bonne, quoique pas tellement originale, le rythme est rapide et ça devient même addictif. L’autrice a bien travaillé à rendre son récit le plus plausible possible.

Un récit comme celui-ci, surtout s’il est bien écrit et porteur d’émotions, comme c’est le cas ici, demeure résolument actuel et nous pousse à nous poser la question à laquelle on cherche désespérément la réponse : SOMMES-NOUS SEULS DANS L’UNIVERS ? Très bonne lecture.

Suggestion de lecture : IDEALIS, de Christopher Paolini


L’autrice Morgan Rice

Les autres livres de la série

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Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 30 mai 2026

Jurassic Park

 

Commentaire sur le livre de
MICHAEL CRICHTON

*Vous créez de nouveaux êtres vivants dont vous ignorez tout. Votre Dr Wu ne connaît même pas le nom des animaux qu’il fabrique… Il n’a pas de temps à perdre avec des détails de ce genre. Vous en créez un grand nombre en très peu de temps, vous n’apprenez rien sur eux et, malgré cela, vous exigez d’eux une docilité totale sous prétexte que, les ayant fabriqués, vous considérez qu’ils vous appartiennent.

Vous oubliez qu’ils sont vivants, qu’ils ont leur intelligence propre et qu’ils ne seront peut-être pas dociles. Vous oubliez que vous en savez très peu sur eux et que vous êtes totalement incompétent pour accomplir ces choses que vous qualifiez inconsidérément de simples…*

Extrait : JURASSIC PARK, de Michael Chrichton. Édition de papier : Robert Laffont éditeur, 2006, 448 pages. Version audio : Lizzie éditeur, 2022 : Durée d’écoute : 15 heures 48 minutes. Narrateur : Laurent Blanpain

Que s’est-il donc passé sur Isla Nublar, durant ces deux jours d’août 1989, pour obliger l’armée à venir  » faire le ménage  » ? Le programme dont cette île est le théâtre avait pourtant tout du paradis scientifique : un immense complexe naturel où s’ébattent, aux yeux de tous, les plus féroces sauriens du Jurassique, génétiquement ramenés à la vie… Quelques jours avant le chaos, le paléontologue Alan Grant et Ian Malcolm, mathématicien de renom, chargés de délivrer une caution universitaire au projet, embarquent pour ce bout de terre perdu au large du Pacifique.

Bientôt, le petit groupe invité par le créateur du parc doit se rendre à l’évidence : au cœur d’une jungle primitive et farouchement hostile, l’être humain n’est plus l’espèce dominante, mais la proie… Et la science se révèle vite impuissante face à la sauvagerie d’un écosystème disparu, un monde oublié qui cherche à reprendre ses droits. Dès lors, l’évolution impose sa loi, unique, éternelle, terrifiante : survivre…

 

La vie trouve toujours son chemin
phrase devenue célèbre du professeur Ian Malcolm incarné
par Jeff Goldblum dans l’adaptation cinématographique de JURASSIC PARK 1

Ça peut paraître incroyable, mais je me suis enfin décidé à lire le livre culte de Michael Crichton plus de 30 ans après la sortie du film que j’ai vu peut-être plus de 10 fois. Si l’intensité dramatique du film m’a saisi, celle du livre m’a littéralement mis les nerfs à vif. J’utiliserai avec justesse le vieux cliché : j’ai été cloué à mon siège, je n’ai pas vu le temps passer. Le quatrième de couverture tient déjà en haleine mais je ferai quand-même un résumé un peu plus cartésien.

Un milliardaire un peu excentrique, John Hammond réunit une équipe de généticiens de haut niveau pour redonner vie à des dinosaures à partir de leur ADN fossilisé. Le but est de peupler un parc jurassique située au large du Costa Rica.

Avant l’ouverture officielle, qui ne se fera jamais d’ailleurs, Hammond réunit cette fois une équipe de scientifique afin de cautionner le parc, de le valider sur le plan de la sécurité et de la viabilité. L’équipe comprend le paléontologue Allan Grant, une paléobotaniste, Élie Satler et le mathématicien Ian Malcolm, spécialiste de la théorie du chaos qui étudie le comportement des systèmes dynamiques sensibles. Cette théorie sera au centre du drame que vivra le parc jurassique.

À cette équipe s’ajoute le milliardaire John Hammond lui-même, un avocat qui veille aux intérêts des actionnaires et les deux petits enfants de Hammond, Tim et Lex. Alors que la visite s’amorce, un informaticien véreux dérobe des embryons de dinosaures pour les vendre à une entreprise concurrente. Pour ce faire, il désactive les systèmes de sécurité. Les dinosaures exploitent la faille et s’échappent de leur enclos.  Un chaos total menace l’île et peut-être le monde.

Première observation et elle est importante car vous vous poserez sans doute la question si vous ne connaissez pas Jurassic Park : la trame du livre est différente de celle du film. C’est un simple détail car en bout de ligne, le résultat est le même. Toutefois, comme ça se voit toujours dans les adaptations, le livre est beaucoup plus détaillé, profond et dense.

Le livre est aussi porteur de réflexion sur les dangers de la manipulation génétique exempte d’éthique. Le film accorde moins d’attention à ce détail. C’est plus un spectacle. Autre qualité qui m’a frappé dans ce livre, c’est son accessibilité. La paléontologie y est présentée de façon claire, démystifiée, vulgarisée. Donc en plus de donner des frissons, le livre est instructif.

Non seulement Michael Chrichton a bâti un thriller époustouflant avec une technique parfaitement maîtrisée, mais il a créé pour mon plus grand plaisir une impressionnante galerie de personnages tous bien travaillés, façonnés. Le plus intéressant est sans doute Ian Malcolm le mathématicien, l’empêcheur de danser en rond, celui qui *en a marre d’avoir toujours raison*.

Il peut casser les oreilles de tout le monde avec sa théorie du chaos, mais tous les évènements valident son raisonnement. Toute la cohésion scientifique du livre passe par ce personnage brillant et par Grant qui a conservé tout son sens de l’émerveillement.

PARC JURASSIQUE a été pour moi un grand moment de lecture dévorée en trois jours, aussi angoissant qu’instructif. Quant à savoir s’il faut préférer le livre ou le film, je vous le dis sans hésiter, prenez les deux, ça décoiffe.

Suggestion de lecture : MICRO, de Michael Chrichton et Richard Preston


Image du film JURASSIC PARK 1, adaptation cinématographique du livre de Michael Chrichton, par Steven Spielberg, sorti en 1993, avec Sam Neil, Laura Dem, Jeff
Goldblum et Richard Attenborough


L’auteur Michael Chrichton


Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 31 janvier 2026

La mort leur va si bien

Commentaire sur le livre de
PETER JAMES

*-Très chers clients, nous espérons Que ce petit bonus vous a plu. N’oubliez pas de vous connecter à 21 h 15, Mardi, pour notre prochain grand spectacle : Un mari et sa femme ensemble. Notre tout premier DOUBLE MEURTRE ! *

Extrait : LA MORT LEUR VA SI BIEN, Peter James, Pocket éditeur 2011, papier, 512 pages. Format numérique : 12-21 éditeur, 2012, 489 pages. Format audio : Lizzie éditeur, 2018, durée d’écoute : 13 heures 6 minutes.  Narrateur : Arnaud Romain.

<Cher Monsieur Bryce,
Hier soir, vous avez accédé à un site que vous n’étiez pas autorisé à visiter. Vous avez de nouveau essayé d’y accéder ce soir. Nous n’apprécions pas les visiteurs non sollicités. Si vous parlez à la police de ce que vous avez vu ou si vous essayez encore d’accéder à ce site, ce qui va arriver à votre ordinateur arrivera à votre femme, Kellie, à votre fils, Max et à votre fille, Jessica. Regardez et réfléchissez bien. Vos amis de Scarab Productions.>

S’il avait eu le moindre soupçon de l’effet dévastateur qu’un CD, trouvé sur la banquette d’un train de banlieue, allait avoir sur sa vie, Tom Bryce l’aurait sans doute laissé là où il était…

 L’expression du scénariste



Ça fait plus d’un an que ce livre figure dans mes projets de lecture. J’ai décidé de me lancer, toujours aussi intrigué par le titre. En effet, ce titre annonce quelque chose de malsain, de pervers, et d’énigmatique. Ça parle fort. D’autant que le livre pénètre dans l’univers sinistre de la snuff movie, une industrie sous-terraine qui produit des films dans lesquels les figurants sont torturés et tués…pour le vrai.

Le héros de l’histoire est un personnage récurrent de l’œuvre de Peter James, bon vieux flic sympathique genre toutou, attachant. Un jour, Bryce trouve un CD-ROM dans le train. Une fois chez lui, il ouvre son ordi et lance le CD.

Il découvre avec horreur que le CD est une snuff movie. Il en est ébranlé.

Le lendemain, les messages de menace commencent et ils ne font pas dans la dentelle. Il est dorénavant en grand danger, lui, sa femme et ses deux enfants. Il semble que sa curiosité pourrait lui coûter très cher.

C’est une histoire très bien construite qui *fait cuire le lecteur* à petit feu comme sait si bien le faire Peter James.  C’est sordide et ça met par moment mal à l’aise, sachant que la perversité qui s’y trouve est malheureusement une réalité dans les anales judiciaires. L’atmosphère glauque et le non-dit ajoutent au livre un caractère dérangeant.

Évidement, le sujet est usé. Il faut toutefois se rappeler que le livre a été publié à l’origine en 2006. Son contenu était considéré à l’époque comme original.

La principale force du livre réside dans son personnage principal, Grace, un policier efficace mais humain et sujet à l’erreur. Une autre force tient au fait que le l’histoire est développée comme un scénario de film, ce qui est en fait la spécialité de Peter James.

Quant aux faiblesses, disons que, comme le livre évoque un univers sordide d’une implacable cruauté, l’auteur n’a pas résisté à la tentation d’en mettre parfois un peu trop. Il y a beaucoup de dialogues tranchants, de détails croustillants qui n’apportent rien de plus au récit.

Ajoutons à cela une finale trop rapide qui m’a donné l’impression d’un manque d’inspiration en bout de piste.

Dans l’ensemble, c’est une histoire captivante, facile à suivre grâce à un fil conducteur stable et une écriture limpide. Le rythme est un peu lent, pas beaucoup d’action, mais le suspense est prenant et force l’attention surtout étant donnée la nature du sujet traité.

À lire sans retenue, sauf pour les âmes sensibles

Suggestion de lecture : LA MORT DANS LES NUAGES, d’Agatha Christie 


L’auteur Peter James

Bonne lecture
bonne écoute

Claude Lambert
le vendredi 15 août 2025

LA CITÉ ENSEVELIE

*-Le sol tremble non? J’ai l’impression que le sol s’est mis à trembler…il ne faut pas s’inquiéter, ce n’est sûrement rien…pas de panique…Ah   mon Dieu ! Nous sommes le 19 septembre et il est 7 heures 19…le studio est en train de se lézarder totalement…Attention,,,Poussez-vooouuus…*

Extrait : LA CITÉ ENSEVELIE (version sonore seulement) MULTICAST. Auteurs : Alma Delia Murillo, José Esteban Pavlovich, Adriana Bello, Julia Santibañez, Bernardo Esquinca Audible originals éditeur, 2021. ACTEURS : Fred Testot, Jean-Baptiste Maunier, Pascal Germain, Sandra Parra, Caroline Mozzone, Fili Keyta, Emmanuel Lemire, Jessica Barrier, Olivier Chauvel, Emmanuel Karsen, Hubert Drac, Frédéric Cerdal, Antoine Tome, Alexandre Donders Durée d’écoute : 6 heures 26 minutes

Quelque chose se trame sous la surface de la métropole archaïque de Mexico. Des tremblements de terre à répétition et des éruptions volcaniques sèment la terreur chez les habitants. Mais les dernières catastrophes naturelles qui ont frappé la ville semblent de plus en plus anormales…et sinistres.

Des essaims entiers de grillons noirs et des pluies meurtrières ravagent le paysage, les cathédrales s’embrasent sans raison, et une multitude d’enfants se volatilisent. La fille du professeur Fernando Navarro a elle aussi mystérieusement disparu. Tandis que l’archéologue part à la recherche de sa fille, il recroise la route de l’ex-lieutenant Gastón Ramírez qui est, lui aussi, en quête de réponses.

Les deux hommes suivent plusieurs indices obscurs qui les mènent aux ruines souterraines du Grand Temple, autrefois si majestueux. Tandis qu’ils progressent dans ce lieu apocalyptique, une force si sombre se développe autour d’eux qu’elle pourrait plonger toute la ville de Mexico dans une obscurité éternelle. Avec l’aide de l’ingénieuse archéologue Pía Malinalli, experte en mythologie aztèque, ils espèrent lever le voile sur le mystère qui menace leur civilisation.  

 
Comme au cinéma

On aime ou on n’aime pas

Ce n’est pas un livre audio à proprement parler. C’est un multicast, du cinéma sans image, un spectacle sonore. Si vous êtes un inconditionnel de la narration classique, vous pourriez être déçu. Il faut simplement s’attendre à quelque chose de différent et se laisser aller.

Personnellement, je préfère la narration conventionnelle, mais je suis aussi cinéphile, amateur d’effets spéciaux sonores et visuels. Dans LA CITÉ ENSEVELIE, j’ai été servi. Des effets spéciaux, il n’y a que ça et à leur profit, les auteurs ont malheureusement négligé les dialogues qui sont décousus, pas toujours cohérents et peu explicatifs.

Principales forces : les effets spéciaux et le bruitage en général, bonnes performances du casting dans l’ensemble. Les concepts historique et archéologique sont intéressants. Les chapitres sont courts et fluides. Le fil conducteur est solide. L’intrigue force l’attention. L’ambiance de mystère est enveloppante.

Principales faibles : Le scénario est peu original. Le sujet de la secte religieuse qui veut refaire le monde est en surchauffe. Le lien entre les catastrophes comme les tremblements de terre et la mythologie aztèque est loin d’être clair si tant est qu’il y en a un. Alors, on doit se rabattre sur le surnaturel. C’est un peu facile parce que ça dit tout mais ça n’explique rien.

Le scénario est peu descriptif. Déjà que les chapitres sont courts. Souvent, l’auditeur, l’auditrice doit tirer ses conclusions en interprétant les effets sonores. En fait, c’est le principal point négatif, pas assez détaillé sur le plan du scénario et aussi sur le plan du contexte historique.

Mais au moins, c’est captivant. Il y a de l’action et l’ensemble suscite la curiosité même s’il ne la satisfait pas entièrement. Je peux dire que j’ai apprécié cette œuvre parce que je l’ai pris pour ce qu’elle est : un spectacle.


Autres livres audios multicast

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Pour lire mon commentaire sur
LA SORTIE DES PROFONDEURS, cliquez ici

 

Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 23 mai 2025

 

 

L’HÉRITAGE, John Grisham

Trouver trois millions de dollars dans une maison vide… Un rêve ! C’est celui que vit Ray Atlee, un professeur de droit sans histoire. La maison vide est celle de son père, le juge Atlee, et les trois millions de dollars sont entassés dans les placards… Le juge vient de mourir et personne ne connaît l’existence ni l’origine du magot. Ray cède à la tentation : il s’octroie « l’héritage ». Mais les sacs-poubelles pleins de billets de banque qu’il traîne partout avec lui sont porteurs de mort. Quelqu’un le suit, le menace, change sa vie en enfer. Il n’a plus qu’une solution : découvrir comment cet argent a pu arriver dans la maison d’un juge réputé pour son intégrité…

*Impossible de ne pas admirer la fortune étalée sur le lit. Combien de fois dans sa vie aurait-il l’occasion de contempler trois millions de dollars? A qui cela était-il donné? Assis dans un fauteuil, le menton entre les mains, il ne pouvait détacher les yeux des tas de billets parfaitement alignés. Les mêmes questions revenaient sans cesse à son esprit: d’où venait cet argent et à qui était-il destiné? *

Extrait : L’HÉRITAGE, John Grisham, Robert Laffont éditeur, édition de papier, 2002, 300 pages

Le choix de Pandore

Voyons d’abord le contenu. Un professeur de droit, Ray Atlee, découvre son père, le juge Atlee mort dans son lit, emporté par le cancer. Une petite tournée rapide de la maison lui permet de découvrir, dans un placard, une grande quantité de boîtes contenant des billets de 100$. En tout, 3 millions de dollars. Et cette fortune ne figure pas dans le testament du juge. Une tempête de questions fait rage dans la tête de Ray.

Est-ce de l’argent sale, le juge a-t-il été acheté, a-t-il gagné le gros lot au casino ou à la bourse? Doit-il garder l’argent pour lui et en profiter ou le verser à la succession, c’est-à-dire lui et son frère Forrest, un toxicomane rebelle récidiviste qui brûlerait l’argent en drogues dures, accélérant ainsi sa fin.

En prenant en charge ces 3 millions, Ray Atlee ouvre une boîte de Pandore. Il est suivi, harcelé, intimidé, menacé. Sa vie tourne au cauchemar. Pour s’apaiser, il doit connaître la vérité : comment un juge aussi droit et intègre a pu engranger 3 millions de dollars en liquide ?

Si vous me permettez l’expression, L’HÉRITAGE est une histoire sans histoire. C’est un roman sans vraiment d’action, pas de rebondissements, de revirements. L’intrigue est intéressante mais je l’ai trouvé sous-développée. Les motivations des harceleurs de Ray ne sont pas claires encore moins leur façon de faire. Le rôle de Forrest est obscur. Il va il vient et se place au cœur de la finale sans trop d’explications. En général, les personnages ne sont pas d’une très grande profondeur.

C’est loin d’être le meilleur Grisham que j’ai lu. Mais la véritable force du roman réside dans les thèmes qu’il véhicule. Les questions que je me suis posées dans la lecture de ce roman concernaient moins le sort de Ray que l’intégrité du juge. Vous avez compris que les thèmes tournent autour de la droiture judiciaire, de l’intégrité sans oublier l’envers de la médaille : la cupidité, l’avidité. Ajoutez à cela un avocat véreux.

Dans la filière judiciaire, je reconnais Grisham. Il y est toujours fort mais le développement m’a déçu. Je n’ai pas été tenu en haleine. Pas de frissons, pas d’émotions, un personnage principal vide. Rien d’audacieux, de captivant. Il y a les liens avec le fonctionnent de la justice qui sont intéressants mais très insuffisants pour donner au roman l’appellation de thriller. Les thèmes développés dans l’histoire m’ont tenu dans le coup. C’est toujours ça.

Suggestion de lecture : LE PUITS, de Vincent Fournier-Boisvert


John Grisham

Pour en savoir un peu plus sur John Grisham, cliquez ici. Je vous invite aussi à parcourir sa bibliographie.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 11 mai 2025

LES PASSAGERS, John Marrs

<Claire inspira plusieurs fois profondément pour se calmer et contempla, mal à l’aise, sa propre voiture. Ben avait signé le contrat pour l’acheter à crédit trois semaines plus tôt, et elle avait encore du mal à s’habituer à ses multiples fonctionnalités nouvelles. La plus grande différence avec leur précédente voiture, c’est que celle-ci n’avait plus ni volant, ni pédales, ni possibilité de passer en contrôle manuel. Elle était totalement autonome, et ça effrayait Claire.>

Extrait : LES PASSAGERS, John Marrs, Hugo roman éditeur, 2020, édition de papier, 448 pages. Aussi en format numérique.

Les voitures sans conducteur ? Un réel progrès pour la sécurité de tous, nous dit-on. Mais quand un hacker prend le contrôle de huit d’entre elles, le progrès devient une menace. Mortelle. Les huit véhicules et leurs passagers sont programmés pour rouler vers une collision aussi spectaculaire que fatale.

Tous vont mourir. Tous, sauf celui ou celle que le public décidera de sauver via les réseaux sociaux. Chaque passager doit plaider sa cause pour influencer les votes. Mais le hacker connaît aussi leurs secrets Les plus sombres…

Qui sont les huit passagers ?

Libby : Une femme ordinaire qui devient la voix du public dans cette crise.
Jude : Un homme avec un passé sombre, cachant des secrets.
Sofia : Une immigrée qui lutte pour sa survie et celle de sa famille
Sam : Un vétéran de guerre avec des blessures physiques et émotionnelles.
Claire : Une femme enceinte, symbole d’espoir et de vulnérabilité
Shabana : Une politicienne controversée avec des ambitions personnelles.
Jack : Un influenceur des réseaux sociaux, obsédé par sa popularité
Victor : Un homme âgé, représentant une génération passée.

Huit piégés…
Qui survivra ?

Nous sommes dans un futur pas si lointain dans une Angleterre régie par les nouvelles technologies. Tout est intelligence, depuis le grille-pain en passant par la tondeuse jusqu’aux voitures qui ne requièrent plus de conducteurs.

Un jour, huit passagers deviennent otages dans leur propre voiture, un mystérieux hacker ayant pris le contrôle de tous les systèmes. Impossible de fuir. Le pirate annonce froidement que les huit voitures vont entrer en collision et que tout le monde devrait en mourir.

C’est un roman qui m’a époustouflé et même giflé d’une certaine façon. LES PASSAGERS est un thriller-chorale, une forme littéraire qui exige une parfaite maîtrise de la technique d’écriture. À ce titre, je considère John Marrs comme un artiste.

C’est une histoire aussi sordide que glaçante car elle évoque une société trompée, désinformée, exploitée et manipulée, ce qui est en fait, très proche de la Société d’aujourd’hui. Le livre dénonce aussi le pouvoir des hackers, le piratage informatique et la corruption politique qui sous-tend toute l’intrigue.

Le plus grand pouvoir de cette histoire à faire frémir est de pénétrer profondément dans les dérives technologiques et l’inimaginable puissance des réseaux sociaux. Car il faut bien le dire, le malheur des huit passagers terrorisés fera l’objet d’un spectacle. Je parle bien sûr de cette plaie de l’univers médiatique qu’on appelle la téléréalité.

Sur le parcours des voitures piégées, la foule est hystérique : *Quand les gens deviennent partie d’une foule, ils cessent d’être des individus, leurs inhibitions disparaissent, ils ne suivent plus leurs règles morales habituelles* (Extrait) L’auteur a tout prévu, y compris un profil psychologique de chaque passager et un jugement de nature à nous rappeler qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

C’est un roman coup de poing, spectaculaire. Le rythme est haletant. La lecture est vite devenue addictive. Quoique très intrigant, L’épilogue est long et sensiblement embrouillé et je n’ai pas été très surpris de la finale.

Mai dans l’ensemble, ce livre fut pour moi un vrai coup de cœur qui n’est pas sans faire réfléchir sur la corruption politique et le dangereux pouvoir qu’exerce l’intelligence artificielle sur nos vies. En principe c’est un roman d’anticipation mais son actualité m’a pris de court.

C’est une histoire développée avec génie. Malgré sa ventilation, elle ne m’a laissé aucun répit. J’espère voir ce livre adapté au cinéma. Ce n’était pas le cas au moment d’écrire cet article.  Si l’éventuel réalisateur y met autant de talent que l’auteur, la production battrait des records.

Je pourrais en parler encore longtemps mais en conclusion, je dirai que c’est un livre à lire absolument et que John Marrs est un auteur à surveiller.

Suggestion de lecture : NOA, de Marc Levy


L’auteur John Marrs

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 13 avril 2025

 

Le destin du magister

Commentaire sur le livre de
EVA ORBELUNE

Un râle de douleur et d’incompréhension fit écho à son geste tandis que les yeux clairs du vieillard s’obscurcissaient. Un centyre s’écoula. Puis, sur la peau presque translucide des poignets du défunt, s’effacèrent les marques qui le désignaient jusqu’alors comme le meneur des Sept Provinces. Désormais, il n’était plus le Magister.

Les Dieux nommeraient un nouveau porteur, un Aspirant. La création de la Marque du Magister générait une énergie particulière que la meurtrière devait localiser avant de partir à sa rencontre.

Extrait : LE DESTIN DU MAGISTER, tome 1 : LA MARQUE, Eva Orbelune, Beta publisher éditeur, 2022, format numérique, 408 pages

Les Sept Provinces sont ébranlées par l’assassinat de leur meneur spirituel, le Magister.  Malgré l’instabilité du territoire, les Dieux doivent désigner un remplaçant, tandis que les habitants traquent le meurtrier qui a disparu sans laisser de traces.

Contre toute attente, le choix des Dieux se porte sur des jumeaux qui, pour la première fois de l’histoire, sont contraints de devenir les deux faces d’une même pièce.  Malgré leur jeune âge, Yaellin et Wyll devront faire face ensemble à un sombre complot. Seront-ils à la hauteur de leur destin ?

 SOLIDARITÉ GÉMELLAIRE

 

C’est une histoire originale qui se déroule dans un univers composé de sept provinces réunies en un genre de fédération dirigée par ce que l’on appelle un magister qui est nommé par les dieux, parmi les élus. Celui qui est visé reçoit une marque des dieux sur un bras.

Or, au début de l’histoire, le magister en titre est assassiné. Pour le remplacer, les dieux choisissent des jumeaux : Wyll et Yaellin, deux adolescents de 14 ans. Pourquoi un tel choix ? Deux jumeaux pour une seule marque, et pourquoi aussi jeunes ? Et pourquoi ici, deux personnes ne peuvent être qu’une ?  Les dieux ont leurs raisons que la raison ne connait pas…

Eva Orbelune nous plonge dans un univers de fantasy riche de trouvailles et d’imagination dans lequel on trouve des magiciens, deux jumeaux télépathes, des sorciers et des dieux dont il est difficile de comprendre les motivations.

La première partie est particulièrement immersive. On se familiarise avec la culture des sept provinces, son gouvernement, son fonctionnement et on fait la connaissance de deux jumeaux ados, attachants, humains et *appelés à n’être qu’un* pour gouverner les sept provinces sous la tutelle de dieux capricieux.

Le mandat du nouveau magister commence d’ailleurs sur des chapeaux de roues, car il doit éclaircir un mystère, un complot ourdi par une redoutable sorcière et qui menace la vie des habitants.

L’autrice a bien travaillé je crois pour rendre attrayant un sujet assez usé en exploitant de nouvelles idées comme par exemple l’exploitation des courants énergétiques pour expliquer la magie et son fonctionnement. Elle a eu aussi l’idée d’utiliser la signature énergétique d’un magicien, l’équivalent des empreintes digitales pour déterminer qui menace le royaume. Ce sont des idées qui rendent l’ensemble crédible et stimulent l’intrigue. Les runes sont aussi omniprésentes.

Elle a aussi beaucoup travaillé sur les personnages en général et sur la personnalité des jumeaux en particulier. Leur interdépendance est par moment inutilement compliquée mais leur bonne nature et leur complicité pousse le lecteur à l’empathie.

J’ai trouvé la plume empreinte d’émotion, une qualité rare dans la littérature de fantasy. Il faut dire qu’à ce chapitre, je suis assez difficile. Un autre bon point pour Eva Oberlune.

Je signale enfin deux petites faiblesses. L’action est très souvent en baisse au profit de l’intrigue. Ça compromet l’équilibre du récit. Dans cette histoire, les sorcières apparaissent comme le diable d’une boîte. Leur origine et leur rôle ne sont pas bien définis tout comme d’ailleurs la différence entre un magicien et une sorcière. À ce titre, Hélisa est sans doute le personnage le moins abouti de l’histoire.

Je n’ai pas tout à fait compris non plus les motivations des dieux et leur choix porté sur des jumeaux et leur participation apporte peu d’éclairage. Mais en général, j’ai beaucoup aimé ce livre qui a été pour moi une belle découverte.

Suggestion de lecture : L’OEIL DU MONDE, de Robert Jordan

L’AUTRICE EVA ORBELUNE

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 1er mars 2025

RAINBOW 6, livre 2

Commentaire sur le livre de
TOM CLANCY

*…Et il était embringué dans une affaire dont
les implications dépassaient en envergure
un massacre collectif. *
(Extrait : RAINBOW SIX, tome 2, Tom Clancy,
T.f. Alabin Michel éditeur, 1999. Papier, 510 p.)

Une terrible menace pèse sur le monde. À la veille des jeux Olympiques, les attentats terroristes aveugles se multiplient en Europe. Aux États-Unis, le FBI enquête discrètement sur de mystérieuses disparitions. Un grand trust pharmaceutique édifie un étrange centre de recherches avancées en plein Kansas. John Clark, qui a déjà combattu sur le terrain les maniaques du chantage nucléaire, économique ou biologique, va se retrouver au cœur d’intrigues infernales. Récemment nommé à la tête d’une cellule antiterroriste internationale , Rainbow, il peut tenter l’impossible et sauver le monde d’une menace mortelle. Car c’est l’incroyable objectif des terroristes : la fin de l’espèce humaine

Le scénario de la fin
*…ce sont des druides, une secte de types qui vénèrent
la nature comme si c’était une divinité. Ils disent que
la planète appartient aux animaux mais pas aux hommes.
Ils disent qu’ils veulent restaurer l’ordre naturel… et
pour y parvenir, ils sont prêts à éliminer la totalité du
genre humain…de la folie pure… *
(Extrait)

Pour ceux et celles qui n’ont pas lu le livre 1, la bonne nouvelle est que le livre deux se lit très bien indépendamment. L’essentiel est de savoir que, vu la montée du terrorisme à l’échelle mondiale, des américains prendront une initiative très particulière mais hautement efficace. Entre autres, des agents de la CIA, John Clarke et Domingo Chavez se joindront à Alistair Stanley pour former une unité antiterroriste internationale baptisée RAINBOW, basée au Royaume-Uni et mise à la disposition de l’OTAN même si elle est entièrement financée et commandée par les États-Unis.

Voilà pour la création de RAINBOW. Le livre deux est basé sur un complot écologiste et développe le thème des savants fous et des dérives scientifiques. Je dois dire que la corde est sensible parce qu’au moment d’écrire mon article, la pandémie COVID 19 fait rage depuis un an sur l’ensemble de la planète. Maintenant voyons le résumé et vous allez comprendre ma petite gêne.

À l’approche des jeux olympiques en Australie, les attentats terroristes se multiplient et on signale de mystérieuses disparitions pendant qu’un puissant consortium pharmaceutique bâtit un centre de recherches ultra-secret au Kansas. Le FBI ne tarde pas à faire des liens et met au jour une menace biologique qui atteint la terre entière, ourdie par des écologistes extrémistes obsédés, tordus, dirigés par un milliardaire qui s’est adjoint des scientifiques sans scrupules dans le but de créer une saloperie qui éliminerait l’humanité et ainsi sauver la nature.

Relisez bien le synopsis. Quel serait selon vous le meilleur endroit pour lâcher un virus qui tuerait tout le monde en moins de deux semaines? Mais la grande pharmacie arrive en héros avec un vaccin, en fait, deux vaccins. Un pour les élus, l’autre pour les condamnés. C’est fou mais intrigant. Il semble que ce livre vieillissant se soit remis au goût du jour en s’ajustant à l’actualité.

Évidemment, le livre met en garde contre les déviations scientifiques, l’insuffisance de rigueur et appelle à l’intensification d’une conscience, d’une éthique. En dehors de ce fait, beaucoup de passages m’ont paru invraisemblables, peu crédibles et exagérément spectaculaires. Puisque je suis dans les irritants, il y a de la redondance dans les explications techniques qui sont déjà parfois lourdes comme ça arrive souvent dans les livres de Clancy. Ça se répète.

Enfin, le livre suit une tendance littéraire bien américaine qui, heureusement, semble vouloir s’atténuer : il glorifie les américains dans une logique de bons et de méchants. Les américains sont évidemment les bons, les gardiens de la vérité, les policiers du monde. Ça m’énerve à un point… Dans les points forts…l’histoire ne manque pas d’action. L’intrigue est bien développée et tient en haleine. Le sujet du livre a un côté terrifiant qui garde le lecteur et la lectrice dans le coup.

C’est un roman fort, techno-thriller, sensiblement dépoussiéré par la situation dans le monde. Intéressant…

Suggestion de lecture : LE VENGEUR, de Frederick Forsythe

Thomas Leo Clancy Jr., dit Tom Clancy, né le 12 avril 1947 à Baltimore (Maryland), où il meurt le 1er octobre 2013, est un romancier américain. Ses romans d’espionnage, du genre techno-thriller ou thriller politique, sont technologiquement très documentés et tournent autour du milieu du renseignement américain, plus précisément la CIA — à l’exception de TEMPÊTE ROUGE — sur fond de guerre froide ou de terrorisme. Certains de ses romans connaissent des adaptations au cinéma, notamment À la poursuite d’Octobre rouge ou La Somme de toutes les peurs. Au moment d’écrire cet article, RAINBOW 6 était en projet d’adaptation au cinéma pour 2022.

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 7 décembre 2024

Dix-huit heures pour mourir

Commentaire sur le livre de
JEFFERY DEAVER

*Mélanie restait en arrière, le regard fixe. Le conducteur
était étendu comme une poupée de son, une jambe pliée,
comme désarticulée. Elle n’avait encore jamais vu de
cadavre.*
(Extrait : DIX-HUIT HEURES POUR MOURIR, Jeffery Deaver,
t.f. Calmann Lévy éditeur, 1996, format numérique, 364 pages)

Trois criminels en cavale sont retranchés dans un abattoir abandonné au cœur des plaines du Kansas. Ils y tiennent en otage huit écolières sourdes-muettes et leurs enseignantes, qu’ils viennent d’arracher à la quiétude de leur bus scolaire. Une armada policière assiège immédiatement les lieux.
Un bras de fer s’engage entre Arthur Potter, négociateur chevronné du FBI, et le meneur psychopathe Lou Handy.
Dès le premier contact, en imposant un compte à rebours sanglant, Lou place très haut ses enchères meurtrières. Il exécutera une fillette toutes les heures s’il n’obtient pas satisfaction.

Le duel psychologique entre ces deux hommes talonnés par le sablier rythme une partie de poker menteur où tous les moyens sont bons : bluff, diversions, fausses promesses, même le sacrifice éventuel des innocentes. Cette terrifiante course contre la mort, mettant en scène l’univers si riche et si singulier des sourds-muets, mène ce suspense hallucinant jusqu’à l’affrontement ultime.

Terreur silencieuse
*Ces filles sont sourdes. Elles vont avoir
la trouille, là-dedans…elles vont…flipper… *

C’est un roman noir, glauque et très violent que j’ai lu en une version numérique extrêmement pauvre, mal éditée, bourrée de faute et dont la traduction est plutôt douteuse. Une fois que j’ai réussi à me dépêtrer dans les lettres escamotées, absence de chapitres, de numérotation et de ventilation et multiples erreurs qui pourrissent la lecture, j’ai pu apprécier un roman très singulier qui fait ce que j’appellerais l’autopsie d’une prise d’otages.

Pour résumer l’histoire, je dirai que trois criminels en fuite se terrent dans un ancien abattoir, bâtiment en ruine sordide et sombre, retenant en otage huit élèves sourdes-muettes et leurs enseignantes. Le chef de ces bandits, Lou Andy menace de tuer une fillette chaque heure s’il n’obtient pas ce qu’il veut. Un agent du FBI, Arthur Potter, spécialisé dans le dialogue avec des preneurs d’otage, commence la négociation la plus étrange et la plus éprouvante de sa carrière.

Toute l’histoire repose sur la confrontation entre Andy et Potter. Elle met en lumière des éléments particuliers dont plusieurs font l’originalité du récit : L’auteur décortique la négociation minute par minute et pénètre profondément dans l’esprit de Potter et celui de Lou Andy à côté de qui le diable est un enfant de chœur.

L’auteur analyse également un jeu de pouvoir qui se joue entre Potter et Andy, un lien particulier entre le négociateur et le preneur d’otages, entre les otages eux-mêmes, et, entre les otages et leurs geôliers, allant jusqu’à évoquer le syndrome de Stockholm. Aussi, Deaver explique à quel gâchis peut mener des instances gouvernementales et policières qui travaillent en double et rament dans le sens opposé, sans compter les conséquences de la traîtrise et de l’usurpation d’identité.

Ça va plus loin car un petit sentiment se développe entre Potter et une des otages, Mélanie qui semble vouloir prendre les choses en mains, jusqu’à un certain point. Enfin, j’ai beaucoup apprécié que l’auteur adopte, en plusieurs passages de son histoire, le point de vue de la sourde-muette. Une sérieuse réflexion sur un monde de silence et de solitude.

J’ai noté bien sûr quelques faiblesses dans l’histoire. L’entrée en matière est très longue, l’auteur prenant beaucoup de temps pour planter le décor. Je note aussi que les otages constituent les personnages les moins développés sur le plan psychologique et leur caractère un peu geignard m’a empêché de m’y attacher. Sur le plan éditorial, la version numérique sur laquelle je suis tombé est un flop.

Je vous suggère fortement la version papier. Autrement, ce livre m’a accroché. Plus, il m’a atteint avec ses nombreux rebondissements, la finesse de son développement et sa finale déconcertante. Je précise en terminant que c’est une histoire très violente et son atmosphère est lourde mais l’auteur s’est fort bien documenté et j’ai appris beaucoup de choses intéressantes. Excellent moment de lecture malgré la faiblesse de l’édition.

Suggestion de lecture : VIOLENCE À L’ORIGINE, de Martin Michaud

Jeffery Deaver est l’auteur de dix-neuf romans, récompensés par les prix les plus prestigieux de la littérature policière. Le Rectificateur a obtenu le prix Steel Dagger. Un roman précédent, Le Désosseur, a été adapté au cinéma (Universal), avec Denzel Washington dans le rôle principal. Jeffery Deaver est également connu pour sa série policière centrée sur les personnages de Lincoln Rhyme et Amelia Sachs. La critique salue son talent pour la terreur qu’il distille et pour ses intrigues à rebondissements. Jeffery Deaver partage son temps entre la Virginie et la Californie.

SUGGESTIONS, DU MÊME AUTEUR

Bonne lecture
Claude Lambert
janvier 2022

ATTAQUE EXTRATERRESTRE

COMMENTAIRE SUR

LES CHRONIQUES DE L’INVASION, tome 1
de Morgan Rice

*Kevin trouvait que le terme « hallucination » n’était pas apte à décrire ce qu’il vivait. Il donnait l’impression que ses visions étaient des choses irréelles et fantomatiques alors qu’elles semblaient remplir le monde quand elles se produisaient. C’étaient des images de paysages qu’il n’avait jamais vus, des horizons indistincts. Et, bien sûr, les chiffres. « 23h06m 29.283s, -05 02’28.59 », dit-il. <Cela doit avoir un sens. C’est forcé.> *

Extrait : ATTAQUE EXTRATERRESTRE La chronique des invasions livre 1, de Morgan Rice. Morgan Rice éditrice, 2019. Pour la présente, j’ai utilisé le format numérique.

Un garçon de 13 ans, qui est en train de mourir d’une maladie rare du cerveau, est le seul humain capable d’entendre et de décoder les signaux qui viennent de l’espace. SETI confirme qu’il s’agit d’un signal authentique.

Quel est ce message ? Comment le monde va-t-il réagir ?

Et surtout : est-ce que les extra-terrestres arrivent ?

Une vision de l’heroic fantasy

Le personnage principal de cette histoire est un sympathique adolescent de 13 ans, Kevin McKenzie. Il y a aussi son amie Luna, attachante elle aussi, authentique, qui jouera un rôle un peu plus tardif mais très important. Kevin souffre d’une maladie rare, la leucodystrophie, une maladie dégénérative du cerveau qui le condamne à court terme et qui a entre autres pour effet de provoquer des visions.

Paradoxalement, sa maladie permet à Kevin de capter et décoder de véritables signaux venus de l’espace. Le SETI est consulté, puis la NASA entre en jeu. Avant d’éclater, la vérité fera un détour par ce qui a toutes les apparences d’un canular. Cette incompréhension de la nature des évènements pourrait coûter très cher à l’humanité.

Très bon livre, intrigue solide allant crescendo jusqu’à en être haletante dans le dernier quart du tome. ATTAQUE EXTRATERRESTRE est le premier tome d’une tétralogie dramatique, LES CHRONIQUES DE L’INVASION écrite par une écrivaine réputée pour ses séries littéraires.

Il faut toutefois faire attention et interpréter correctement le quatrième de couverture et l’image de la page de couverture qui laisse à penser qu’un ou des vaisseaux extraterrestres viennent menacer la terre. Ça viendra sans aucun doute. Disons que pour ce premier tome, le titre a été mal choisi. Mais dans ce premier opus, l’auteure met les éléments en place pour amener les lecteurs/lectrices vers une invasion de type <abduction>, ou enlèvement par possession.

Dans ce fantasy addictif, rapide et facile à lire, l’action se resserre graduellement et prend subitement un envol foudroyant. Dans ce livre, beaucoup d’éléments relèvent du déjà-vu. La série n’invente rien et ne brille pas par son originalité. Aussi, malheureusement, l’édition que j’ai lue était farcie de fautes de traductions, mots escamotés et groupes de mots inadéquats. Je trouve dommage qu’un éditeur laisse passer autant d’erreurs.

La force du livre réside dans la qualité de ses personnages et la montée scrupuleusement calculée de l’intrigue. J’ai aussi beaucoup apprécié les informations livrées par l’auteure sur le programme SETI concernant la recherche d’intelligence extraterrestre et sur le rôle de la NASA à ce niveau. L’ouvrage est bien documenté.

Donc très bon livre qui annonce une série prometteuse. Le tome suivant, ARRIVÉE dit tout je crois, sauf quel sera le sort de Kevin et Luna. À lire sans hésitation.

Suggestion de lecture : LA FANTASTIQUE ODYSSÉE, de Chérif Arbouz

La suite

De gauche à droite, les tomes 1, 2 et 3



L’auteure Morgan Rice

Intéressé par une possible vie extraterrestre ? Je vous invite à consulter ce petit dossier fort intéressant de Futura science sur nos connaissances actuelles à ce sujet.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 2 juin 2024