AVATAR le destin de Tsu’tey

Commentaire sur la bande dessinée de Sherri L. Smith, Jan Duursema, Doug Wheatley et Dan Parsons.

Cet album est un complément du film sorti sur les écrans en 2022.

Depuis sa première rencontre avec Jake Sully à son acceptation de la Dernière Ombre, la vie de Tsu’tey a pris un chemin auquel il n’était pas préparé, et dont le film AVATAR de James Cameron ne dévoilait qu’une partie.
Retour à Pandora pour y suivre le récit de cette fable écologique et de cette
charge anti-impérialiste, racontée du point de vue de Tsu’tey, le guerrier de la tribu Omatikaya.

 

Extrait : AVATAR, LE DESTIN DE TSU’TEY, la bande dessinée de Sherri L. Smith, Jan Duursema, Doug Wheatley et Dan Parsons.
Note : Sur cette image, les bulles sont floues, mais elle donne tout de même une très bonne idée des graphismes.

Intimement lié au film

Cette bande dessinée est adaptée du film AVATAR du réalisateur canadien James Cameron, l’original sorti en 2009. C’est aussi un complément du film car elle dévoile certains détails qui ne sont pas développés dans la production cinématographique.

Le personnage central  est Tsu Tey et l’histoire revisite l’arrivée de l’avatar, c’est-à-dire Jake Sully. On en apprend entre autres, beaucoup plus sur Tsu Tey et c’est avec les yeux de ce guerrier qu’on suit la vie et les traditions des Na’vi, ces grands personnages bleus qui ont ravi tant de cinéphiles.

C’est une très belle bande dessinée. Le réalisme graphique est tel que l’action est palpable et le scénario est monté de façon à nous faire ressentir l’émotion des personnages, en particulier la colère qui anime Tsu Tey.

Ménagez-vous quelques pauses toutefois, car le bleu étant dominant, Ça devient par moment étourdissant. Par rapport à l’histoire originale, j’ai trouvé le scénario crédible, cohérent. Ne vous attendez pas toutefois à une brassée de nouveautés. J’ai quand même apprécié que l’histoire se centre sur les Na’vi, laissant de côté les humains.

Je note deux irritants en particulier. Les planches s’imbriquent sans vraiment de séparation et prennent toutes sortes de format. Ce manque de fluidité m’obligeait parfois à revenir en arrière pour être certain de suivre le scénario avec précision. J’ai aussi observé dès le début que les personnages sont difficiles à départager, du fait qu’ils se ressemblent beaucoup.

Il y a des signes distinctifs entre les personnages, mais il faut chercher un peu pour les reconnaître et c’est un peu mêlant.. J’aurais par exemple apprécié une présentation des personnages avec un bref historique au début de l’histoire ou au moins, que les signes distinctifs soient plus évidents.

Quant à savoir comment se positionne la BD par rapport aux films, je vous dirais de regarder d’abord le film original. Si vous avez aimé, vous apprécierez la BD. C’est ce que j’ai fait. C’est aussi une belle façon de se replonger dans le monde bleu avant de regarder la 2e production cinématographique, soit celle de 2022, LA VOIE DE L’EAU.

Dans l’ensemble, j’ai apprécié ma lecture. Je l’ai trouvé divertissante et j’étais heureux de retrouver un de mes personnages préférés, Grace Augustine, incarnée dans le film original par Sigourney Weaver qu’on revoit avec plaisir dans Avatar 2.

Suggestion de lecture : HANDMAN, livre 1, DESTIN INDÉSIRÉ de Quentin Lefebvre


La scénariste Sherri L. Smith


De gauche à droite, les illustrateurs Jane Duursema, Doug Wheatley et Dan Parsons

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 20 juin 2026

I.R.L. le livre d’AGNÈS MAROT, Chloé raconte…

*Cette fois, ce n’est pas de la fiction. Personne ne vous
cachera la vérité qui dérange, n’enclenchera une jolie
musique quand vous vous mettrez à pleurer. Aucun
écran ne vous protégera de votre propre histoire.*
(Extrait : I.R.L., Agnès Marot, Gulf stream éditeur,
collection Electrogen3, science-fiction, 2016, édition
numérique, 444 pages)

Je m’appelle Chloé Blanche et j’ai grandi à Life City. Comme tous les habitants, j’ignorais que nous étions filmés en permanence, que nous étions un divertissement pour des milliers  et des milliers de foyers. J’ignorais que nous étions les personnages de PLAY YOUR LIFE, l’émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. J’ignorais surtout à quel point nous étions manipulés. Puis j’ai rencontré Hilmi, le nouveau à la peau caramel…le garçon qui faisait battre mon cœur mais que ceux qui tirent les ficelles ne me destinaient pas. C’est ainsi, que j’ai découvert ce que nous étions, Life City : Les personnages d’un immense jeu vidéo

Et si on était des *SIMS*
*Il a conçu un programme pour empêcher un joueur de se
connecter à son personnage…Il suffit de lui construire un
support dans Life City pour l’attacher aux IA, un bracelet
par exemple ; on ne peut pas le matérialiser nous-mêmes,
toutes les entrées sont surveillées maintenant. Tu le passes
au poignet de ta mère, et personne ne pourra plus rien contre
elle.*

(Extrait:  I.R.L.)

 Non, la liberté, c’est permettre à l’autre de penser, de choisir et
même de se tromper si ça lui chante. Et dans ton monde, personne
n’est libre. Pas plus que dans le mien. »
(Extrait I.R.L.)

Pour bien apprécier voire savourer cette histoire, le lecteur doit d’abord en comprendre les principales définitions. PLAY YOUR LIFE : Un jeu virtuel très futuriste dans lequel les utilisateurs créent des avatars très semblables aux humains et les font évoluer dans un monde virtuel très proche de la réalité appelé LIFE CITY. Ce jeu évoque ce qui pourrait être son ancêtre : LES SIMS poussés à un très haut degré de perfection.

Les créateurs et utilisateurs et les téléspectateurs qui bénéficient de cette téléréalité font partie de l’IRL : In real life. *Life city n’est pas la ville que tu penses connaître, commence-t-il. C’est une société qui a été imaginée pour permettre aux gens de la vie réelle comme moi, de se divertir. Vous êtes une sorte de—jeu télévisé à échelle géante. * (Extrait)

Deuxième petit devoir du lecteur, c’est qu’il devra composer avec des réalités qui s’imbriquent, des sauts dans le temps, des narrations différentes parfois dans le même chapitre et elles ne s’annoncent pas. Les lecteurs et lectrices auront plaisir je crois à démêler tout ça et je dois dire qu’ils sont très bien outillés par l’auteure qui fournit une plume d’une extraordinaire efficacité et un fil conducteur qui aident les lecteurs à garder le cap.

L’originalité, la trouvaille dans cette histoire est qu’un des personnages, l’héroïne Chloé Blanche développe de façon totalement imprévue un impressionnant quotient émotionnel et finit par échapper à tout contrôle et ce n’est pas le seul problème de son créateur, Link Rinku qui devient jaloux d’un personnage qui aurait un petit sentiment pour Chloé : Hilmi. Link en vient à faire des bêtises et ça se complique du fait qu’il est le fils du PDG de PLAY YOUR LIFE, Arn Rinku, une espèce de monstre sans conscience.

Link se retrouve entre l’écorce et le bouleau. L’énorme entreprise d’Arn a maintenant un problème majeur : une intelligence artificielle qui évolue. Du jamais vu. Le pourquoi et le comment restent dans le domaine du mystère. Une chose est sûre, Chloé constitue un danger potentiel énorme pour l’IRL.

Embarquer dans cette histoire a été un peu long et difficile, mais une fois accroché au fil conducteur, je ne pouvais plus m’arrêter, J’ai senti l’influence de plusieurs des immortels de la littérature dont les célèbres dystopies 1984 de George Orwell et Farenheit 451 de Ray Bradbury.

J’ai surtout senti l’influence d’un chef d’œuvre du cinéma : LE SHOW TRUMAN de Peter Weir sorti en 1998 avec Jim Carrey et Ed Harris. Influence largement admise à l’intérieur même du récit d’Agnès Marot : *Il (Arn) s’est inspiré du concept de « the Truman show», tu sais, ce vieux film où tout le monde regarde la vie d’un homme qui évolue dans une ville remplie d’acteurs ? Avec les nouvelles technologies et le développement des univers virtuels, mon père a compris qu’il pouvait la réaliser pour de vrai et même aller beaucoup plus loin. * (Extrait)

Donc on a un univers d’IA autonomes avec une vie propre, dotée d’une intelligence émotionnelle modifiable selon les besoins de la production. Toutefois, un personnage semble vouloir sortir du décor.  L’auteure a réussi à m’imposer son rythme qui est assez rapide avec des intrigues qui diffèrent tout en se complétant. J’ai aimé cette façon de manipuler les technologies, de faire chevaucher la fiction et la réalité, cette façon de garder le lecteur dans le coup. Les personnages ont été travaillés avec beaucoup d’intelligence et de patience.

En terminant, je veux mentionner que ce livre n’est pas sans nous faire réfléchir sur les abus et dérives des Nouvelles technologies et sur la nécessité de les encadrer. Ça me rappelle aussi l’insipidité de la téléréalité et les bizarreries exprimées de son public de voyeurs. Il y a de quoi réfléchir sur la question comme je l’ai fait en lisant LE VIDE de Patrick Sénécal, et ACIDE SULFURIQUE d’Amelie Nothomb. Rien pour embellir la réputation de cette tache qu’on appelle la téléréalité. Des livres porteurs de réflexion. C’est gagnant. Lisez IRL. Je crois que vous ne serez pas déçu.

Suggestion de lecture : L’OEIL DE CAINE, de Patrick Bauwen

Sa tasse de thé bien chaude à la main, sa panthère de poche sur les genoux, Agnès Marot écrit des histoires dans lesquelles elle partage ses rêves, ses espoirs. Depuis L’AUTRE CÔTÉ DU MUR jusqu’à I.R.L., son cinquième roman, ses personnages empruntent les mille facettes des émotions et parcourent les sentiers de l’imaginaire pour mieux parler des hommes et du monde.

Entre deux mots et trois carrés de chocolat, elles passe de l’autre côté de la barrière pour travailler les romans des autres auteurs en tant qu’éditrice indépendante et tente de dompter sa muse incontrôlable. Elle écrit plus spécifiquement pour les ados et les jeunes adultes. Pour sa pages Facebook, cliquez ici.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 11 avril 2021