LE CID EN 4e B, la bande dessinée de VÉROPÉE

De nos jours, pas évident de lire Le Cid, de Corneille, quand on a treize ans ! Et pourtant, malgré les 382 ans qui les séparent, Chimène, Rodrigue et Don Diègue ne sont pas si éloignés de Naomy, Sarah-Lou, Brandon, Amine et de leurs acolytes ! Bienvenue dans le huis clos de la salle de classe de 4 e B. Entre frictions, moments de grâce, inepties et traits d’esprit, les élèves vont peu à peu apprivoiser la pièce et son langage suranné, à l’image de Lou qui s’exclame désormais « M’dame, quel outrage infâme, on m’a pris mon quatre couleurs ! »

 

DU FRANÇAIS TRÈS VIVANT

(Extrait : LE CID EN 4e B, par Véropée, scénariste et dessinatrice, La Boîte à bulles éditeurs, 100 pages, format numérique : 39,3 Mo. Publication : 14 mai 2019)

Pour comprendre cette adorable petite bande dessinée de Véropée, il faut connaître LE CID. Il s’agit bien sûr de la célèbre pièce de théâtre tragi-comique de Pierre Corneille crée en 1637. Dès le départ, cette pièce en cinq actes, en vers rimés deux à deux et en Alexandrins est devenue un classique immortel du théâtre et de la littérature. J’ai dû bien sûr faire un sérieux exercice de mémoire et faire un bond en arrière. En fait, j’ai dû refaire mes devoirs et relire cette œuvre patrimoniale. J’en propose ici le résumé rédigé par superprof.fr.

Don Diègue et le comte de Gomès ont décidé d’unir leurs enfants Rodrigue et Chimène qui s’aiment. Mais le comte, jaloux de se voir préférer le vieux don Diègue pour le poste de précepteur du prince, offense ce dernier en lui donnant un soufflet. Don Diègue, affaibli par l’âge et trop vieux pour se venger par lui-même, remet sa vengeance entre les mains de son fils Rodrigue qui, déchiré entre son amour et son devoir, finit par écouter la voix du sang et tue le père de Chimène en duel. Chimène essaie de renier son amour et le cache au roi, à qui elle demande la tête de Rodrigue.

Mais l’attaque du royaume par les Maures donne à Rodrigue l’occasion de prouver sa valeur et d’obtenir le pardon du roi. Plus que jamais amoureuse de Rodrigue devenu un héros national, Chimène reste sur sa position et obtient du roi un duel entre don Sanche qui l’aime aussi et Rodrigue. Elle promet d’épouser le vainqueur. Rodrigue victorieux reçoit du roi la main de Chimène : le mariage sera célébré dans un délai d’un an.

Au départ, je me suis demandé pourquoi avoir imposé un tel sujet à des jeunes de 4e. J’aurais préféré une piève introductive ou préparatoire à un manifeste linguistique aussi pointu dont la profondeur est difficile à saisir pour des jeunes de 12 ans. La prof m’a sensiblement donné raison d’ailleurs.

Dans le récit dessiné, les jeunes sont en perpétuel questionnement. Ils sont excités, bavards, curieux et surtout intrigués…car ils apprennent la notion de dilemme et connaissent maintenant l’origine du terme dilemme cornélien car dans LE CID, si Rodrigue obéit à son devoir, il doit tuer le père de sa promise en perdant son amour ; s’il refuse la vengeance au profit de l’amour, il manque à son devoir et portera toute sa vie la marque de la lâcheté.

C’est un choix très difficile car il oppose la raison aux sentiments. C’est un peu lourd pour des enfants de cet âge. Et puis LE CID est une pièce de théâtre. Il eût été probablement plus intéressant de la jouer que la lire même si la prof semble s’appuyer sur l’audio-visuel.

Mais j’ai aimé cette bande dessinée. Elle m’a rappelé des souvenirs bien sûr. Mais j’ai aussi apprécié l’aplomb des enfants, leur spontanéité, leur personnalité attachante, leurs incessants questionnements et l’infinie patience de la prof qu’on ne voit jamais.

Le dernier quart du livre propose de larges extraits du CID…longs et ennuyeux, mais Ça m’a fait réaliser la qualité de la vulgarisation et de l’approche pédagogique dans la bande dessinée de Véropée.

Les enfants ont été dirigés dans cette expérience de raisonnement et de compréhension avec un magnifique savoir-faire d’autant qu’ils ont rejoint sans le savoir l’opinion de la haute-Société de l’époque de Corneille qui avait plus ou moins bien accueilli LE CID à sa sortie. Pour les enfants, la question se pose : comment une tragédie peut être comique et finalement, comme à l’époque les jeunes ont été un peu choqués par la finale.

C’est une petite BD très sympathique et rafraîchissante. On ne peut faire autrement que d’en rire. Je pense entre autres au fait que les jeunes de quatrième étant à l’âge du réveil hormonal ont parfois des petites remarques à caractère sexuel. C’est drôle et dénote, de la part de l’auteure une juste connaissance des jeunes. Prenez une petite heure pour lire cette BD. Je crois que vous serez charmés.

Suggestion de lecture : LES CHRONIQUES D’UNE MÈRE INDIGNE, de Caroline Allard

Véropée fait partie de ces auteurs fantômes qui ne publie pas de photos sur internet. Ça m’a toujours irrité mais heureusement ça n’enlève rien au talent de cette femme à la fois auteure et scénariste.

 

Après des études d’arts plastiques puis de lettres, Véronique devient prof de français en 2005. Enseignante le plus souvent en REP en banlieue parisienne, elle est mutée à Tours en 2013. Elle renoue, avec le dessin et crée un blog dessiné, Raoul en Milieu Naturel, et est repérée par une maison d’édition. L’album sort en 2017. Inspirée par les mots farfelus de ses élèves et l’envie de partager, elle se lance dans la réalisation d’une nouvelle Bande dessinée : Le Cid en 4eB.

BONNE LECTURE

Claude Lambert
le dimanche février 2022

HERGÉ FILS DE TINTIN, partie 1, de BENOÎT PEETERS

*«Tintin, c’était moi, avec tout ce qu’il y a
en moi de besoin d’héroïsme, de courage,
de droiture, de malice et de débrouillardise…»*

Hergé (Extrait: HERGÉ FILS DE TINTIN,
Benoît Peeters, Éditions Flammarion, 2006,
collection Champs essais, édition de papier,
540 pages pour l’édition numérique)

L’ART DU DESSIN
ET LA SCIENCE DE LA NARRATION
<«Au fil des ans, je n’ai cessé de retrouver
Hergé : j’ai lu des dizaines de livres et de
manuscrits à son propos, préfacé de
nombreux volumes…mon regard sur Hergé
avait changé : son travail continuait de me
parler, mais chaque fois différemment.
Benoît Peeters.>
(HERGÉ FILS DE TINTIN. Extrait de l’introduction)

Dans cette première partie d’un dossier consacré à HERGÉ, FILS DE TINTIN, je me limiterai à vous communiquer mon commentaire et mes sentiments sur ce livre fascinant…personnellement, je le considère fascinant d’une part parce qu’il y est question de deux de mes meilleurs amis d’enfance : Tintin et Milou et d’autre part parce qu’il s’agit d’une des meilleures biographies d’un personnage adulé par ses pairs et par des millions de jeunes lecteurs et lectrices qui connaissent Georges Rémi sous le nom de HERGÉ.

D’abord, dès les premières lignes de l’ouvrage, l’éditeur, Flammarion, nous donne une précieuse indication sur la façon dont on doit aborder le livre : *…dans ce singulier roman de formation, c’est surtout le personnage qui a construit son auteur. Le jeune employé du quotidien LE VINGTIÈME SIÈCLE était parti de bien peu de chose. Album après album, Tintin a fait l’éducation de Hergé, le conduisant vers des horizons inimaginables. * (Extrait)

Cette belle histoire commence en 1929 avec une idée qui débouche sur la naissance de Tintin. Au début, des revues et des magazines jusqu’en 1930 où parait le premier album officiel : TINTIN AU PAYS DES SOVIETS et suivront 22 albums canoniques, de TINTIN AU CONGO jusqu’à TINTIN ET LES PICAROS. Il faut mentionner aussi qu’entre les albums de Tintin, Hergé développait d’autres séries qui allaient faire la joie des jeunes lecteurs et lectrices : Quick et Flupke et les aventures de Jo, Zette et Jocko.

Du livre HERGÉ, FILS DE TINTIN en général, j’ai apprécié le caractère exhaustif. J’ai tout appris : chaque album a son histoire et fait un pas de plus dans l’évolution de son auteur, on apprend aussi que la plupart des personnages ne sont pas là par hasard. Ils ont été inspirés par la réalité, même les Dupond-Dupont. Par exemple, une des premières amies de Hergé s’appelait Marie-Louise Van Cutsem. Son surnom était …Milou! Vous devinez la suite. J’ai aussi appris que, malgré tout le respect qu’on lui vouait, Hergé était souvent critiqué. 

En fait, plusieurs attribuaient à certains albums un caractère politique qui passe évidemment tout droit aux yeux des enfants. J’ai aussi appris que Hergé était un homme fragile à l’esprit tourmenté, devenu un peu dépressif suite au fameux retour d’âge de la  quarantaine. Les relations avec ses pairs étaient souvent houleuses, d’autant que Hergé était perfectionniste jusqu’à l’obsession.

Une chose m’est apparue évidente : outre l’altruisme et l’empathie qui caractérisent Tintin, c’est le caractère propre insufflé au personnage qui forcera son créateur à grandir et évoluer, sans compter l’interaction du héros avec ses amis dont le capitaine Haddock qui est mon préféré…Mille sabords qu’il m’a fait rire celui-là!

Peeters a passé en revue chaque étape de la vie de Hergé, a interrogé de nombreux témoins, lu une impressionnante correspondance et appuyé sur le concept historique de chaque album et l’influence de la deuxième guerre mondiale. C’est fouillé, c’est approfondi, documenté et complété par une impressionnante bibliographie.

Suggestion de lecture: GEORGE LUCAS UNE VIE, de Brian Jay Jones

Je suis devenu *tintinophile* dès le premier album. Je ne me souciais sûrement pas des côtés sombres de son auteur et de ses États d’âme. Quand j’ai terminé ce livre remarquable de Peeters, je me sentais un peu bizarre. J’ai vite compris pourquoi. Lire ce livre comporte un danger, celui de briser la magie. J’ai connu le monde magnifique de Tintin et de ses amis, maintenant je connais l’essence floue et compliquée de son auteur. On finit par passer par-dessus cette faiblesse. Je vous recommande ce livre sans hésiter.

Dans un deuxième volet consacré à HERGÉ, FILS DE TINTIN, je vous proposerai, à la prochaine publication,  une courte biographie de Hergé, deux lectures parallèles issues de l’extraordinaire bibliographie sur le célèbre auteur-dessinateur dont une sur les célèbres jurons du capitaine Haddock et je complèterai en parlant brièvement de la présence de Tintin au cinéma.


BONNE LECTURE

CLAUDE LAMBERT

Le samedi 18 janvier 2020

René Goscinny raconte les secrets d’Astérix

*Ma légende selon le cas, m’amuse, m’indiffère ou m’agace.
Elle m’agace quand on me fait dire des choses que je n’ai pas dites.
Elle m’amuse quand un petit garçon me regarde, avec des yeux
écarquillés parce que, pour lui, je suis Astérix réincarné.*

(René Goscinny en citation, extrait de RENÉ GOSCINNY raconte les
secrets d’Astérix, Éditions le Cherche-Midi, 2014, disponible en
papier et en numérique. Pour cet article : édition de papier, 220 pages)

(Le Figaro)
Voici l’histoire d’Astérix racontée par son co-créateur, René Goscinny disparu prématurément en 1977. Rassemblées sous forme d’abécédaire, des centaines de citations composent ce «récit» inédit émanant directement de celui qui, un jour, écrivit pour la première fois sur une feuille de papier le nom «ASTÉRIX».

Avec son ami dessinateur Albert Uderzo, le génial scénariste ignorait alors qu’il venait de créer un héros planétaire :  350 millions d’albums vendus et plus de 150 traductions. On en sait maintenant un peu plus sur Astérix, Obélix, Panoramix et le secret de la potion magique, sur les sources d’inspiration de René Goscinny, sa méthode d’écriture et l’extraordinaire complicité développée avec Uderzo. On en sait maintenant un peu plus sur l’univers d’Astérix, protégé de très haut par Toutatis…

UN AMI POUR LA VIE !
*Notre seule ambition, c’est de
faire rigoler…les autres
Interprétations sont démesurées.*
(René Goscinny, extrait)

RENÉ GOSCINNY RACONTE LES SECRETS D’ASTÉRIX est un recueil de récits, d’extraits d’entrevue, de citations et de calembours de René Goscinny, créateur d’Astérix. Ce n’est pas une autobiographie. Goscinny n’aurait jamais eu le temps de la faire. Il est mort en pleine gloire, très jeune, 51 ans…très prématurément, le 5 novembre 1977 d’une crise cardiaque. Heureusement, Astérix a survécu grâce à un ami de toujours : Albert Uderzo.

Ce faisant, René Goscinny nous a laissé un héritage extraordinaire, voir unique au monde : *L’œuvre de René Goscinny est si abondante et multiple que la notoriété de l’auteur se perd dans celle de ses héros* (Extrait) Tous les propos de Goscinny sous quelques formes qu’ils soient sont réunis dans cet opuscule sous forme d’abécédaire affectueusement préfacé par la fille de monsieur René : Anne Goscinny : *Désormais, pour entendre la voix de mon père, j’ouvrirai aussi ce livre-là.* (Extrait)

Lire le CV de Goscinny a été pour moi, étourdissant. Déjà en 1977, je regrettais sa disparition car il a donné à la BD, ce genre littéraire capricieux à l’époque, un souffle qu’il n’a jamais perdu. Si je reviens à ce livre sur les secrets d’Astérix, sa forme d’abécédaire était pratiquement obligée. Le concepteur n’avait pas le choix…trop de citations sur des sujets extrêmement variés…

Dans un contexte purement autobiographique, je suis sûr que Goscinny aurait présenté les choses d’une façon différente. Mais sous sa forme actuelle, le livre a un petit quelque chose de…je sais pas…nombriliste peut-être, un peu sensationnaliste. Vu l’extraordinaire productivité de Goscinnny, rien ne pouvait m’empêcher de dévorer ce livre.

L’ensemble des citations, les définitions de l’auteur, les bulles, les interventions d’Uderzo, tous ces éléments rassemblés dans une certaine anarchie qui fait sympathique perpétuent avec une évidente émotion l’intelligence supérieure et l’extraordinaire imagination de René Goscinny.

Il se raconte avec une passion débordante et le livre est effectivement bourré de petits secrets, des petites choses toutes simples que j’ignorais, des petites indiscrétions, des notes historiques et surtout comment insérer des personnages ou objets qui n’étaient pas du tout voués à la pérennité comme la potion magique par exemple, ou le Idéfix.

Enfin, c’est non sans émotion que j’ai compris la nature du contact entre Hergé, le père de Tintin, mon ami d’enfance et Goscinny, le père d’Astérix, mon ami d’adolescence, et la profonde interaction entre René Goscinny et Albert Uderzo : *Moi c’est l’autre* (extrait)

Je pense que ce livre vient chercher toutes les générations. Il comprend beaucoup d’humour, la marque distinctive de Goscinny, de l’émotion, de la tendresse, des révélations surprenantes et des allusions aussi fines que drôles comme celle-ci par exemple qui évoque l’installation de Goscinny aux États-Unis : *J’étais parti aux États-Unis pour travailler avec Walt Disney, mais Walt Disney n’en savait rien* (Extrait)

Je ne veux pas me lancer dans ce qui pourrait vous paraître une dithyrambe, mais il faut prendre ce livre pour ce qu’il est : un petit coffre au trésor dans lequel humour rime avec amour, sensible rime avec susceptible, talent rime avec enfant. Le livre rassemble les propos d’un homme qui aimait être aimé. Ce livre m’a touché, m’a fait rire et m’a appris beaucoup de choses. Je vous le recommande chaleureusement.

Le mot de la fin, je le laisse au Cherche midi, car il est l’expression d’une heureuse finalité eu égard au patrimoine culturel mondial. Il dit tout… :*En redonnant aujourd’hui la parole à celui qui l’a donnée à Astérix, nous faisons œuvre de mémoire. Sociologues, essayistes, universitaires, spécialistes, journalistes se sont emparés du mythe. Mais la véritable histoire d’Astérix, c’est celle que raconte René Goscinny.*. (Extrait : introduction «Ils sont fous, ces romains!» René Goscinny raconte les secrets d’Astérix).

Suggestion de lecture : ASTÉRIX CHEZ LES QUÉBÉCOIS, de Tristan Demers

Né le 14 août 1926 à Paris, René Goscinny passe son enfance en Argentine, entre Buenos Aires et la pampa. Après des débuts prometteurs de sous-aide-comptable d’un aide-comptable dans une usine de récupération de vieux pneus, il entre comme apprenti dessinateur dans une agence de publicité. 

BRÈVE BIOGRAPHIE…GRANDES ÉTAPES POUR GOSCINNY

À 19 ans, il part à la conquête de l’Amérique et, plus précisément, des studios Walt Disney. Il rencontre Morris à New York, Jean-Michel Charlier à Bruxelles et Albert Uderzo à Paris. Goscinny, qui a compris que son talent s’épanouissait plus efficacement dans le scénario que dans le dessin, met en chantier une multitude de bandes dessinées (parmi lesquelles « Oumpah-Pah », « Strapontin » et « Luc Junior »).  

En 1955, il reprend le scénario de « Lucky Luke » et anime, avec Sempé, une version en bande dessinée du « Petit Nicolas »… En 1959, Goscinny, Charlier et Uderzo prennent une part active dans le lancement de l’hebdomadaire ‘Pilote’. Avec Uderzo, Goscinny y signe le premier épisode des aventures d’Astérix ; En 1962, il crée « Iznogoud », une série mise en images par Jean Tabary.

Puis, le petit Gaulois connaît une irrésistible ascension : en 1965, le premier satellite français est baptisé « Astérix » et, quelques années plus tard, les albums sont traduits dans une trentaine de langues…Pendant que le boom « Astérix » secoue la bande dessinée, Goscinny fait de ‘Pilote’ un laboratoire de création où s’épanouit la nouvelle bande dessinée, avec Gotlib entre autres.

En 1973, Goscinny crée, avec Uderzo et Georges Dargaud, les studios Idéfix. En 1976, alors que les studios donnent naissance aux « Douze Travaux d’Astérix », le 23e album du petit Gaulois sort, tiré à 1 300 000 exemplaires. L’histoire de Goscinny s’arrête le 5 novembre 1977, tandis que l’équipe des studios Idéfix travaille sur « La Ballade des Dalton », perpétuant son rêve le plus ancien …

Vous le voyez, il est impossible de faire le tour de cette illustre carrière en quelques lignes. Je vous invite à visiter, pour en savoir plus, le site officiel d’Astérix. Vous ne serez pas déçu.
Bonne lecture
JAILU/Claude Lambert
Le dimanche 15 décembre 2019

YUL ET SA CLIQUE, une BD de JULIEN MARIOLE

Yul et sa clique
1. L’âge de raison

La clef, extrait de YUL ET SA CLIQUE, 1. L’âge de raison. Scénario, dessins et couleurs : Julien Mariolle. Éditions Sandawe, 2014, 50 pages, édition numérique, collection Youbox.

YUL ET SA CLIQUE est une série de sketches en bandes dessinées mettant en scène Yul que l’auteur appelle un *adulescent* c’est-à-dire un jeune adulte qui peine à maturer. La vie de Yul est complètement chambardée quand il emménage avec Sam, sa copine, mère de jumelles : Liz et Lola. Yul est un grand amateur de science-fiction et de cinéma fantastique. Il va devoir concilier ses rêves et son travail avec son nouveau rôle de papa de substitution et conjoint d’une mère-poule… le quotidien rocambolesque d’un éternel adolescent. 

Immature mais tellement attachant 

C’est la première fois que je commente une bande dessinée et  ma foi je me demande pourquoi j’ai tant tardé. Après tout, c’est la bande dessinée qui m’a introduit dans le merveilleux univers du livre et je ne m’en privais pas : Tintin, Spirou, Quick et Flupke, Jo et Zette, Bob et Bobette, Gaston Lagaffe, Astérix…Voilà…je me reprends aujourd’hui.

Avant de faire mon choix, j’ai fait une longue recherche pour me familiariser avec l’univers actuel de la bande dessinée. J’ai fait d’extraordinaires découvertes de talents et d’imagination…des bédéistes québécois comme, entres autres,  Michel Rabagliati, Réal Godbout, Philippe Girard, Michel Falardeau et des bédéistes d’ailleurs…Christophe Allerston, Matt Groening avec les Simpson, Philippe Chapuis le créateur de TITEUF sans oublier l’immortel Uderzo….et j’en passe comme vous vous en doutez.

Il fallait faire un choix et celui-ci s’est arrêté sur YUL ET SA CLIQUE, une excellente bande dessinée de Julien Mariolle un bédéiste français qui en a écrit le scénario et réalisé les dessins…une remarquable manifestation de talents. J’ai ri. J’ai même beaucoup ri.

YUL ET SA CLIQUE est un opuscule humoristique qui comprend deux sketches par page, indépendants les uns des autres mais formant une histoire continue. Il se lit vite et bien et j’ai même eu plaisir à le relire.

Que ce soit voulu ou non, tous les livres portent en eux des petits messages, ou des pensées, des réflexions ou dépeignent des réalités qui nous touchent. YUL ET SA CLIQUE ne fait pas exception à la règle car l’histoire est bâtie sur le thème de la famille recomposée. Ça ne fait pas de l’ouvrage une profonde étude sociologique, mais beaucoup de lecteurs se reconnaîtront et en riront car l’humour de Mariolle est omniprésent et efficace.

Je vous invite donc à faire la connaissance de Yul, immature mais tellement drôle et sympathique, et de sa clique…parfait pour tous les âges y compris les vieux qui sont demeurés jeunes.

Suggestion de lecture : Capitaine Static, BD de Alain M. Bergeron et Sampar

Julien Mariolle est un bédéiste français né en 1978 dans la région Bordelaise, plus précisément à Libourne. Dès son enfance, il rêve de devenir dessinateur humoristique et créateur de bandes dessinées pour adultes.

Après l’obtention du BAC, Julien Mariolle décroche un diplôme de narration graphique à l’École Supérieure de l’Image d’Angoulême. Il devient par la suite professeur d’arts plastiques et fait ses débuts dans la création graphique. Il signe son premier album en 2009 aux éditions Les enfants rouges, DANS LES CORDES. LE TEMPS DES CERISES SUIT EN 2010. Brillante carrière en évolution.

BON DIVERTISSEMENT
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 14 mai 2017