Commentaire sur le livre de
FLORIAN DENNISSON
*« -Je les ai tous tués ! … Le brigadier de garde avait haussé des sourcils broussailleux et avait instinctivement effleuré de la paume son arme de service. L’inconnu s’enfonça lentement dans la pièce et, à chaque pas, le gendarme serrait un peu plus la crosse de son Sig Sauer. Les yeux du visiteur étaient injectés de sang… *
Extrait : LA LISTE, de Florian Dennisson. Édition de papier, publication indépendante 2022, 386 pages. Édition numérique : Chambre noire éditeur, 2019, 388 pages. Version audio : Samarkand éditeur, 2021, durée d’écoute : 7 heures 35 minutes. Narrateur : Frédéric Kneip.

Quatre assassinats inscrits


J’ai constaté que les avis sont très partagés sur ce roman de Florian Dennisson. Moi j’ai bien aimé. Du même auteur, j’avais lu TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE en 2021 et c’était pour moi un beau moment de lecture.
L’idée de base est simple, mais fortement énigmatique. Un homme se présente à la brigade criminelle avec en main…une liste de quatre noms et en bouche, une petite phrase qui a de quoi saisir : *Je les ai tous tués* (Extrait) impossible d’en savoir plus sur ce bonhomme. Il refuse de parler. Les victimes sont introuvables. Les policiers ont 24 heures pour élucider ce mystère avant de relâcher cet homme comme l’exige la loi.
Si le thème qui sous-tend TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE est *la loi de Murphy* , le thème qui sous-tend LA LISTE est très différent. Il s’agit de la synergologie qui interprète le fonctionnement de l’esprit humain à partir du langage corporel. Ce serait en fait une sorte de profilage instantané.
Le personnage principal du roman est Maxime Monceau*, synergologue, passé obscur, accro aux anxiolytiques, nerveux, intraverti, irritable mais d’une efficacité redoutable et qui fera toute la différence dans cette course contre la montre à la finale tout fait surprenante.
Le développement de ce roman est d’une logique implacable qui a pour mérite de justifier une finale que j’ai trouvée tout à fait inattendue et même crédible. C’est un des aspects du récit qui fait balancer la critique. Pour moi c’est clair, ce roman est parfaitement ficelé et on sent qu’il y a de la recherche.
Il y a toutefois des irritants. La synergologie, encore considérée comme une pseudo-science, est surexploitée dans LA LISTE. Son utilisation est démesurée et met dans l’ombre les policiers en général et les techniques policières conventionnelles en particulier. Ça devient surréaliste. C’est trop.
Ensuite, Monceau recueille un tas d’indices qui le rattachent à son passé. Cette aspect du policier aux prises avec ses démons me lasse habituellement très vite. J’admets toutefois que, dans ce cas-ci, ces démons ont un lien avec l’enquête.
Donc dans l’ensemble, c’est bien ficelé. L’histoire est originale et ne prépare pas vraiment les lecteurs-lectrices à une finale que j’aurais qualifié au départ d’improbable. Beaucoup d’éléments viennent rythmer le récit : revirements, fausses pistes, des acteurs caractériels et de l’inattendu.
Le synergologue Monceau* n’est pas toujours facile à suivre mais il est attachant, la fluidité de la plume aidant. À mon avis, c’est une autre réussite pour Florian Dennisson.
Suggestion de lecture, du même auteur : TELESKI QUI CROYAIT PRENDRE
*le personnage de Maxime Monceau a été introduit dans le livre L’OUBLIÉE de Florian Dennisson.

L’auteur Florian Dennisson
DU MÊME AUTEUR
Bonne lecture
bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 1er mars 2026






J’ai reconnu très vite et avec plaisir la plume visionnaire et onirique de Jules Verne, qui a embelli mon adolescence et jusqu’à aujourd’hui encore en me faisant voyager dans des univers extraordinaires : DE LA TERRE À LA LUNE, CINQ SEMAINES EN BALLONS, VING-MILLE LIEUES SOUS LES MERS, MICHEL STROGOFF, VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE…*Avec Jules Verne, vous pouvez aller partout et de toutes les façons possibles…par tous les temps : il vous suffit de puiser dans le trésor des voyages extraordinaires.* (Extrait du supplément)
Pour moi, ce n’est pas le meilleur de Verne à cause du personnage principal que l’auteur a imaginé trop mécanique, trop stoïque. Peu sympathique et à peu près pas attachant. Mais ma lecture a été sauvée par deux éléments en particulier. Premièrement, le deuxième personnage en importance : Jean Passepartout, valet de Fogg, un sympathique bavard rusé et surtout extrêmement intuitif. Il est sympathique, drôle, attachant et fera la différence dans cette extraordinaire aventure.
Malgré un personnage principal plutôt froid et très *british* j’ai beaucoup aimé ma lecture. Ce livre n’a pas vieilli et pourtant, il décrit la géographie physique et sociale du XIXe siècle. Comme tout ce qui est signé Jules Verne, il induit le rêve et incite aux voyages même les plus inusités. L’écriture n’est pas très actuelle dans le style mais j’ai trouvé la plume fluide et vivante, avec un soupçon d’humour. Toutes les péripéties de ces valeureux personnages ainsi que la finale à laquelle je n’aurais jamais pensé font de LE TOUR DU MONDE EN QUATRE-VINGT JOURS un incontournable roman d’aventure qui constitue une course effrénée contre la montre.
C’est la plus célèbre adaptation du classique de Verne : LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS, sorti en 2007. Une saga de 2 heures 50 minutes réalisée par Michael Anderson avec David Niven, Mario Moreno et Shirley MacLaine.







