Les aventures de Tintin

Commentaire sur les albums de
HERGÉ

Malgré les efforts de Tintin pour les protéger, six membres d’une expédition scientifique consacrée à la civilisation Inca sont mystérieusement plongés dans une profonde léthargie. Lorsque le dernier scientifique tomba en léthargie, le professeur tournesol disparait, enlevé après s’être paré du bracelet de la momie Rascar Capac. Tintin et le capitaine Haddock concluent que leur enquête devra se poursuivre au Pérou d’où origine la momie. Pendant ce temps, les scientifiques endormis font régulièrement et simultanément le même cauchemar. Un rêve fou dans lequel la momie est vivante.

LE TEMPLE DU SOLEIL est la suite de l’aventure amorcée dans LES 7 BOULES DE CRISTAL. Nos amis Tintin et Hadock sont au Pérou, à la poursuite du professeur Tournesol, après avoir appris que ce dernier a commis le sacrilège de porter le bracelet de la momie Rascar Capac. Ils auront l’aide inespérée d’un jeune indien Quishua appelé Zorrino qui leur apprend l’existence d’un temple, très loin dans les montagnes péruviennes où pourrait être mis à mort le professeur Tournesol. Ils entreprennent un long et périlleux voyage qui pourrait bien conduire nos amis au sacrifice de leur vie…

Riche et indémodable

Ma première lecture à vie fut celle d’un album de Tintin. Par la suite, j’ai dévoré rapidement la collection complète et j’y suis revenu régulièrement au fil des ans. C’est comme plus fort que moi. Tintin fut mon premier ami. C’est lui qui m’a introduit à la lecture. Même après soixante ans, j’y reviens à l’occasion.

Cette fois, j’ai profité de l’arrivée sur le marché d’un nouveau format d’édition, plus petit mais tout aussi attractif et qui se glisse bien mieux dans une bibliothèque. En fait, ce nouveau format est sorti en 2007, toujours chez Casterman pour souligner le centenaire de la naissance de Hergé.

Il était temps pour moi de m’y remettre. J’étais dû comme on dit. Pour me replonger dans l’univers du jeune reporter, j’ai choisi les diptyques de la collection, c’est-à-dire les aventures de Tintin déployées sur deux albums. Il y a quatre diptyques en tout dans la collection : LES CIGARES DU PHARAON et LE LOTS BLEU, LES 7 BOULES DE CRISTAL et LE TEMPLE DU SOLEIL, LE SECRET DE LA LICORNE et LE TRÉSOR DE RACHAM LE ROUGE et le diptyque lunaire : OBJECTIF LUNE et ON A MARCHÉ SUR LA LUNE.

J’ai réalisé peut-être encore davantage aujourd’hui la richesse de ces albums avec leurs graphismes recherchés, leur caractère initiatique en géographie, histoire, sciences et phénomènes de toutes sortes et ce magnifique équilibre que Hergé a toujours jalousement conservé entre mystères, énigmes, enquêtes et l’humour avec les attachants personnages qui entourent Tintin dont bien sûr le tonitruant capitaine Haddock.

Toutes ces qualités sont toujours recherchées par les jeunes lecteurs à qui on propose encore plus car Hergé a su insuffler à son jeune héros un inexplicable pouvoir attractif comme une aura qui tend un irrésistible filet gardant les jeunes lecteurs dans le coup.

Je constate aujourd’hui que Tintin demeure une icône de la francophonie internationale. Un incontournable. Il n’a pas vieilli. Et après toutes ces années, je le redécouvre encore.

Quant au diptyque en rubrique, c’est mon préféré. Il est teinté de véracité et de crédibilité qui supposent une recherche sérieuse et beaucoup de documentation. Il y a aussi les personnages secondaires qui sont venus me chercher en particulier Zorrino dans LE TEMPLE DU SOLEIL, une attachante petite racine péruvienne. Il y a aussi Tchang le jeune chinois qui fut au centre de mon attention dans LE LOTUS BLEU et TINTIN AU TIBET.

Chaque album a un petit quelque chose, une particularité, un personnage ou une situation, susceptible de vous atteindre personnellement. Pour moi, dans les   boules de cristal, ce fut un petit cachet fantastique, personnifié par Rascar Capac. Quoiqu’il en soit, encore aujourd’hui, Tintin ne laisse personne indifférent.

C’est donc avec un plaisir renouvelé que je vous recommande un des fleurons du neuvième art : LES AVENTURES DE TINTIN, créé par Hergé.

Suggestion de lecture : FINGERS,  une aventure de Lucky Luke, de Lo Hartog Van Banda et Morris


L’auteur : Georges Remi, dit HERGÉ

Les autres suites

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 22 mars 2025

NOA, de Marc Levy

*La cupidité est une tare que l’on peut pardonner, mais trahir son pays pour de l’argent, c’est un acte inacceptable. Le XXIe siècle est l’histoire de la victoire progressive de la démocratie sur les idéologies fascistes, communistes et nationalistes, le XXIe siècle est l’histoire inverse. *

Extrait : NOA, de Marc Levy. Versions papier et numérique:  Robert Laffont/Versilio éditeur, 2022, 367 et 332 pages.  Version audio : Lizzie éditeur, 2022, durée d’écoute : 7 heures 43 minutes. Narratrices : Audrey Sourdive et Marie Bouvier.

9 hackers combattent un dictateur.

Des vies sont en danger.

Une reporter d’investigation va s’infiltrer en terrain ennemi.

Le temps est compté.

Le Groupe 9, plus uni que jamais, repart en mission.

L’avenir de tout un peuple est en jeu.

Le pouvoir du hacking

NOA est un drame d’espionnage extrêmement bien ajusté à la réalité géopolitique des années 2021-22 et 23. Peut-être même trop selon une partie de la masse critique. Mais moi, j’ai passé un bon moment.

Une entité que je vous laisse découvrir, crée un groupe de 9 hackers qui doivent s’infiltrer dans un vaste complot international visant à détruire les démocraties. Le tout premier membre recruté fut une femme appelée NOA. La mission des 9 : utiliser leur génie technologique pour empêcher les russes d’arriver à leur fin.

Dans ce troisième tome, les 9 veulent protéger un reporter d’investigation infiltré en Biélorussie où le dictateur Loutchine met le pays à feu et à sang pour s’enrichir, foulant du pied le moindre droit humain.

Pas besoin d’être sorcier pour deviner que Loutchine est en fait le nom compressé de deux despotes tristement célèbres : Loutchenko, dictateur biélorusse et Poutine président de la fédération de Russie.

Même si le roman a été écrit avant l’invasion de l’Ukraine, le récit fait référence à des évènements qui ont fragilisé le monde, mettant à mal, l’équilibre géopolitique, la liberté de la Presse, les droits de la personne.

Dans ce roman aux multiples facettes, ce n’est pas l’action qui manque et elle se déroule partout dans le monde. Toutes les recettes du genre sont réunies : dessein hégémonique, meurtres à glacer le sang, énigmes, poursuites sans oublier ce qui fait la grande force du récit : une incroyable technologie de pointe dans laquelle se déploient les génies du piratage.

C’est riche en rebondissements, en revirement, en action, en vitesse et en trouvailles de toutes sortes. C’est un récit électrique qui se dévore et qui n’est pas sans rappeler les grands *James Bond* du cinéma.

Les petites faiblesses maintenant… la principale n’est pas forcément une faiblesse. Ça dépend de vos attentes et de la perception que vous avez eue des deux premiers tomes.

Ici, Marc Levy nous rapproche beaucoup trop d’une réalité alors qu’habituellement, il nous en éloigne. J’avais parfois l’impression de lire un grand reportage. Moins romanesque, plus réaliste. Moi ça m’a plu.

Il y a beaucoup de personnages. La galerie est même imposante. Il est facile de s’y perdre. Je note aussi dans la série un certain essoufflement…quelques idées qui s’étirent ou se répètent. Enfin toute bonne chose a une fin. De toutes façons, ça n’arrêtera pas les inconditionnels des nouvelles technologies.

J’ai trouvé fascinant le déploiement d’imagination dont l’auteur a fait preuve dans cette histoire. C’est un livre qui fait beaucoup réfléchir sur les effets de l’hégémonie, les droits humains et sur la valeur de la vie humaine…des grands principes dont les besoins de domination et de pouvoir ne s’encombrent pas tellement.

Une très bonne lecture.

Suggestion de lecture : LE CRÉPUSCULE DES DIEUX, de Stéphane Przybylki


L’auteur Marc Levy

Autres livres de Marc Levy

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 15 mars 2025

Le fantôme de l’opéra

Commentaire sur le livre de
GASTON LEROUX

Version audio

Le fantôme leur était apparu sous les espèces d’un monsieur en habit noir qui s’était dressé tout à coup devant elles, dans le couloir, sans qu’on puisse savoir d’où il venait. Son apparition était si subite qu’om eut pu croire qu’il sortait de la muraille. Et c’est vrai que depuis quelques mois, il n’était question, à l’opéra, que de ce fantôme en habit noir qui se promenait comme une ombre du haut en bas du bâtiment, qui n’adressait la parole à personne, à qui personne n’osait parler et qui s’évanouissait, du teste, aussitôt qu’on l’avait vu…

Extrait : LE FANTÔME DE L’OPÉRA, version audio, Compagnie du savoir éditeur, 2015. Durée d’écoute : 10 heures 43. Narrateurs : William Cros, Frédéric Chevaux, Florence Dupuy-Aleyrac, Philippe Colin, Patrick Blandin et Patrick Martinez-Bournat. Publié à l’origine en 1910 par l’éditeur Pierre Lafitte.

Des événements étranges ont lieu à l’Opéra : le grand lustre s’effondre pendant une représentation, un machiniste est retrouvé pendu. La direction doit se rendre à l’évidence : un fantôme ou un homme machiavélique hante le théâtre.

Certains affirment avoir vu le visage déformé de cet être qui ne semblerait pas être humain. Puis une jeune chanteuse, Christine Daaé incarne une Marguerite éblouissante dans Faust de Gounod. Effrayée, elle confie au vicomte Raoul de Chagny, secrètement amoureux d’elle, une incroyable histoire. La nuit, l’ange de la musique l’inspire et visite fréquemment sa loge. Cette voix est-elle celle du fameux fantôme, Erik, un être au visage hideux, réfugié dans son royaume souterrain, sous l’Opéra ?

Passionnément épris de la jeune Christine, il l’enlève et l’emprisonne dans son repaire des sombres profondeurs. Raoul de Chagny, aidé d’un mystérieux Persan, se lance à la recherche de la jeune femme. Il doit alors affronter une série de pièges diaboliques conçus par le fantôme, grand maître des illusions.

 ERIK LE DIABOLIQUE

   Malgré son indéniable côté lugubre et sombre, LE FANTÔME DE L’OPÉRA est une histoire d’amour. Il m’a semblé aussi que l’histoire avait un certain caractère gothique, ce qui n’est pas surprenant vus les mystères qui entourent le grand opéra de Paris. Nous l’avons vu plus haut, des évènements étranges ont lieu à l’opéra.

Ces manifestations suscitent peurs, craintes et superstitions. En effet, on pointe du doigt une mystérieuse créature qui a installé ses quartiers dans un des cinq sous-sols de l’opéra, là où personne ne s’aventure. Cette créature squelettique et au visage scarifié dépourvu de nez aurait comme vrai nom Erik mais on l’appelle aussi l’ange de la musique, le monstre tant sa laideur porte au dégoût et plus souvent, le fantôme de l’opéra.

Erik tombe en amour avec une starlette nommée Christine qu’on dit sublime dans son interprétation de Marguerite dans Faust de Gounod. Or le vicomte Raoul de Chagny est déjà amoureux d’elle quoique secrètement. Dans sa folie, le fantôme va jusqu’à enlever Christine ce qui provoque une montée aux barricades dont les acteurs auront à résoudre énigmes, imbroglios et mystères qui placent le récit aux frontières du policier et du genre fantastique.

Ce récit repose sur cette capacité extraordinaire de Gaston Leroux d’entretenir l’intrigue, de la manipuler, de la tordre, de l’intensifier ou l’adoucir à volonté laissant le lecteur dans l’expectative avec un irrésistible besoin de comprendre et d’aller jusqu’au bout de l’aventure.

Telle est la force du récit : la profondeur de son intrigue. Ceux et celles qui ont lu LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE JAUNE vont me comprendre plus aisément. Ne comptez pas trop sur les personnages. Personnellement, j’ai trouvé Christine un peu insignifiante, le vicomte m’a semblé avoir plutôt les allures d’un ado et le policier était rien de moins qu’énervant. Bref des personnages peu travaillés et pas vraiment attachants. Il est possible ici que Gaston Leroux ait été sarcastique car il était passablement critique de ses contemporains.

Je ne peux pas dire que ce roman m’aura marqué. Son départ et son rythme sont lents. Il y a des longueurs, beaucoup de déclamation, un peu de redondance. Malgré tout, comme dans LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE JAUNE, Gaston Leroux m’a attrapé dans ses filets avec une intrigue solidement bâtie.

D’autant intrigant, que le récit évoque, de façon voilée un mystère provenant des dédales sous-terrain de l’opéra Garnier à Paris. C’est un fait avéré qu’à l’époque, les moins nantis qui n’avaient pas accès au prestigieux opéra associaient les évènements suspects qui semblaient hanter l’opéra aux légendes. Habilement, Leroux nous laisse croire au fantastique et semble aussi habilement défaire ses arguments. C’est plutôt le lecteur qui est mystifié.

Je le répète, LE FANTÔME DE L’OPÉRA n’est pas pour moi une lecture marquante mais ça reste un grand classique de la littérature. Pour moi, il y a plus de pour que de contre et je suis heureux de connaître enfin l’histoire du FANTÔME DE L’OPÉRA.

Suggestion de lecture : LE MYSTÈRE DES JONQUILLES d’Edgar Wallace

À gauche, l’auteur Gaston Leroux. À droite un autre de ses livres LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE JAUNE que j’ai commenté sur ce site.  Cliquez ici

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert

Cartes sur table

Commentaire sur le livre d’
AGATHA CHRISTIE

*-Si je voulais commettre un crime…> dit M. Shaitana…
-Je m’y prendrais de façon très simple. Des accidents se
produisent tous les jours…il haussa les épaules et prit
son verre de vin… il y eut un moment de silence… *
(Extrait : CARTES SUR TABLE, Agatha Christie, Librairie des
Champs-Élysées éditeur, 1939, papier, poche, 320 pages)

M. Shaitana est un excentrique collectionneur à l’air méphistophélique, il met toujours un point d’honneur à chercher l’excellence, que ce soit pour acheter une tabatière ou pour débusquer le parfait assassin. Et pour le prouver au célèbre détective belge, Hercule Poirot, il convie lors d’une soirée huit hôtes triés sur le volet :  u. Mais quand on entre dans la cage du tigre, celui-ci peut bondir et, au cours de la soirée, le rictus démoniaque de M. Shaitana s’effacera définitivement. C’est une erreur de laisser traîner des armes potentielles en présence d’aussi éminents spécialistes

 

Une nouvelle pause AGATHA
*-Voyons, laissez-moi l’examiner ! s’écria le médecin avec
impatience. Il ne s’agit peut-être que d’une syncope.
-Excusez-moi mais personne ne touchera le cadavre avant
l’arrivée du médecin légiste. Mesdames et messieurs,
M, Shaitana a été assassiné. *
(Extrait)

Je reste émerveillé par cette capacité d’Agatha Christie d’apporter à chacune de ses histoires une touche différente et de l’originalité. Je constate aussi avec bonheur qu’Agatha Christie n’a jamais fait de concession sur la place de la psychologie dans la résolution des énigmes. Voyons ce que nous avons ici. Un monsieur *je sais tout* excentrique, énigmatique et surtout diabolique, invite à un dîner suivi d’un bridge, huit personnes : quatre spécialistes du crime, et quatre criminels qui ont échappé à la justice.

Après le repas, les invités se lancent dans un bridge mais Shaitana reste dans le salon et semble assoupi jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il est mort, poignardé au cœur. Comme de juste, parmi les criminalistes se trouve Hercule Poirot, Comment Shaitana a pu être assassiné au nez et à la barbe de tout le monde. Pas d’indice, pas de preuve, pas d’idée. Même Poirot est déstabilisé…phénomène assez rare.

Pour faire avancer l’investigation, il y a deux possibilités : fouiller le passé de chaque suspect et faire preuve de psychologie. Comme le dit Poirot, *je mets cartes sur tables* , son idée étant d’analyser et de fouiller les attitudes, les comportements et la mémoire de chaque joueur pendant la partie de bridge. S’ensuivra, une extraordinaire chaîne de déductions qui déterminera le coupable le plus improbable.

Évidemment, je suivais un peu en arrière car je n’ai aucune notion de bridge mais, de la démarche du limier, j’ai pu saisir toute la force de la logique…logique qui va permettre à Poirot de résoudre beaucoup plus qu’un meurtre. L’intrigue est un peu complexe et oppose les méthodes de Poirot à celles de la police. C’est souvent comme ça. Certains dialogues sont trop longs, et l’enquête est compliquée. Mais j’ai trouvé l’ensemble bien ficelé et le dernier quart du récit fait place à de nombreux revirements.

Quant aux méthodes de Poirot et je pense aussi à un autre limier célèbre créé par Agatha Christie, Miss Marple, je reproduis ici un extrait de l’article que j’ai publié en septembre 2014 sur ce site :

 <Les deux célèbres détectives appliquent les grands principes du roman policier qu’Agatha Christie a collés à la réalité de l’ensemble de son œuvre, à savoir :
-Le crime peut-être expliqué par la personnalité de la victime comme celle de l’assassin.
-La recherche de mobiles est plus importante que celle d’indices dans la recherche de solution d’un crime.
– le coupable ne peut être démasqué qu’au terme d’une investigation, souvent psychologique, des antécédents de la victime.
-Très souvent la solution de l’énigme ne se trouve qu’après une recherche purement intellectuelle.
Donc Poirot et Marple sont le reflet fidèle de la mentalité littéraire de leur créatrice qui fait passer la solution des énigmes par une profonde compréhension de la psychologie des personnages.>

À lire donc : CARTES SUR TABLE, une autre très bonne idée d’Agatha Christie.

Suggestion de lecture : 17 NOUVELLES ENQUÊTES DE SHERLOCK HOLMES et du docteur Watson, d’Arthur Conan Doyle

Agatha Mary Clarissa Miller devenue Agatha Christie est une des romancières les plus appréciées de l’histoire de la littérature. Elle a vécu de 1891 à 1976. Auteure de 84 romans, une vingtaine de pièces de théâtre et de plusieurs recueils de nouvelles, elle a présidé à l’élaboration de règles de base pour un bon roman policier avec ses fameux détectives Hercule Poirot et Jane Marple qui ont une approche originale et hautement intuitive de la résolution d’énigmes. Évidemment, il y aurait beaucoup à dire sur la grande dame. La place et le temps me manquent mais pour en savoir plus sur la célèbre romancière, je vous invite à consulter le site internet  http//agatha.christie.free.fr/.

DU MÊME AUTEUR :
Pour prendre connaissance du livre audio DIX PETITS NÈGRES,
cliquez ici.
Pour lire mon commentaire sur À L’HÔTEL BERTRAM,
cliquez ici.

Bonne lecture 
Claude Lambert
le dimanche 12 octobre 2024

Le bureau des affaires occultes

Commentaire saur le livre
d’ÉRIC FOUASSIER

*Selon les témoignages… le fils de la maison s’était jeté volontairement d’une fenêtre de l’hôtel paternel. Il avait été tué sur le coup. De prime abord, le suicide ne semblait pas faire le moindre doute.  Cependant, ce qui rendait la chose peu banale, c’est que Lucien Dauvergne avait mis fin à ses jours en présence de sa mère qui s’inquiétait de son absence prolongée et était montée le chercher à l’étage… Les proches du défunt… avaient tous assuré qu’aucun signe, au cours de la soirée, n’avait pu laisser augurer pareille issue funeste. *

Extrait : LE BUREAU DES AFFAIRES OCCULTES, Éric Fouassier, Albin Michel éditeur 2021, 384 pages, papier. Version audio : LIZZIE éditeur, 2021, durée d’écoute 10 heures 36 minutes, 891 mo, narrateur : Benjamin Jungers


L’auteur Éric Fouassier

Une étincelle dans la Sainte-Barbe

C’est un beau roman, développé dans un contexte historique bien mis en valeur. Nous sommes en 1830. Paris ne s’est vraiment jamais remise de la révolution et elle n’est pas au bout de ses peines. La monarchie absolue n’existe plus. Elle a été remplacée par une monarchie parlementaire.

Celui qui se fait appelé <Le roi des français> Louis-Philippe, patauge dans l’incertitude politique et doit composer avec une opposition virulente et agressive. L’équilibre social est fragile. Nous suivons un jeune inspecteur nommé par le légendaire Vidocq à la brigade de sûreté : Valentin Verne. Un homme au passé tortueux qui accepte d’enquêter surf la mort suspecte d’un homme politique influent.

Mais Verne est surtout obsédé par la traque d’un criminel insaisissable appelé le Vicaire qu’il s’est juré d’épingler. En enquêtant sur la mort du politicien, Verne n’a pas idée de ce qui l’attend…traîtrise, complot, machination, trahison et mise au jour d’une sinistre organisation : le renouveau jacobin qui tente de dupliquer les heures de gloire de la révolution sous Robespierre.

Il faut faire attention au terme <occulte> dans le titre. L’histoire se déroule effectivement à une époque où on prête facilement un caractère surnaturel aux énigmes insolubles. Mais ici le terme a surtout un sens politique. Aussi il est impératif de conclure les enquêtes afin de conserver un équilibre politique déjà précaire car dans la première moitié du XIXe siècle, la France demeure une poudrière.

J’ai lu ce livre avec beaucoup d’intérêt, voire de plaisir. Le contexte historique est bien soigné et le personnage central, Valentin Verne est particulièrement bien travaillé. La psychologie des personnages est bien développée et l’intrigue est prenante. Le développement de l’histoire est constant, le fil conducteur assez stable. L’intrigue est double mais si une affaire est résolue avec un bel effet de surprise, l’enquête sur le vicaire n’est pas aboutie et m’a laissé sur ma faim.

Heureusement, tout est en place pour une suite qui permettra sans doute de nous expliquer où l’auteur veut en venir d’autant qu’il nous laisse sur la nomination de Verne au poste de chef du bureau des affaires occultes. Entre temps, j’ai pu profiter d’une plume fluide, agréable et d’une intrigue digne du titre.

En passant, pour la version audio, très belle narration du comédien Benjamin Jungers.

Suggestion de lecture : LES AVENTURES OCCULTES DE LADY BRADSLEY, d’Olivier Saraja

Du même auteur

Bonne lecture
Bonne écoute
le samedi 28 septembre 2024

LA MORT DANS LES NUAGES

Commentaire sur le livre

D’AGATHA CHRISTIE

*-Bonsoir ! dit une voix dans l’obscurité. Quelqu’un s’avança et une paire de superbes moustaches apparut à la lumière du réverbère. -Eh bien, dit Hercule Poirot. Quelle belle nuit pour une chasse à l’homme, n’est-ce-pas ? *
(LA MORT DANS LES NUAGES, Agatha Christie, Édition du Masque 1992. Réédition, 2002, édition de papier, petit format, 225 pages.)


La mort au ciel

Dans un avion en plein vol, une femme est assassinée, transpercée par une fléchette empoisonnée lancée d’une sarbacane. Le tueur a réussi ce coup difficile, même si tous les passagers, y compris le détective belge Hercule Poirot, pouvaient le voir. En fait, tout le monde n’y a vu que du feu. Une énigme de taille, en vase clos pour Poirot.

L’inspecteur-chef James Japp, un pro de Scotland-Yard participe à l’enquête. Les limiers vont unir leurs cellules grises pour résoudre cette singulière affaire. Elle ne sera pas simple en effet car les 21 passagers sont suspects, et notre ami Poirot est toujours quelque peu affaibli par son légendaire mal de l’air.

Ce type d’énigme en vase clos constitue un beau défi pour les lecteurs qui ont tous les éléments pour *assister* les enquêteurs. La plume superbement calculée d’Agatha Christie m’a happé dans l’avion. J’ai essayé de m’imaginer un assassin lancer une fléchette empoisonnée un peu à la manière des anciens sud-américains avec un souffle précis et une discrétion sans faille. Jusqu’à ce qu’on trouve l’indice-clé.

Mais vous connaissez Agatha Christie. À la fin du livre, qui ne fait que 220 pages, on se dit : *Quoi ? C’était juste ça ? * Ça nous pendait au bout du nez. C’est la force de madame Christie, cette manière de mystifier les lecteurs comme elle a si bien fait avec LE CRIME DE L’ORIENT-EXPRESS. C’est une des très bonnes histoires de l’autrice qui tranche par son originalité et sa galerie de personnages.

C’est dans la précision du crime et le contexte que réside la force du récit. Comment personne n’a pu remarquer un meurtre qui, en principe, sautait aux yeux ? Avec une sarbacane en plus ? Si l’assassin est insoupçonnable, tout le monde est suspect. Tout est dévoilé dans une finale surprenante.

La principale difficulté de cette histoire vient du nombre de personnages. L’avion n’est pas un gros porteur, mais 21 suspects, çà fait quand même beaucoup de monde. Les connexions ne sont pas toujours faciles à faire. Ajoutons à cela le caractère haut perché de monsieur Poirot que j’ai toujours trouvé agaçant. Mais ça passe parce que sa créatrice l’a doté d’une extraordinaire capacité de déduction qui ne se dément absolument pas dans LA MORT DANS LES NUAGES.

C’est donc une nouvelle *pause Agatha* que je vous recommande absolument.

Suggestion de lecture de la même autrice : LES PENDULES


Extrait du téléfilm Britannique LA MORT DANS LES NUAGES
adaptation du Roman d’Agatha Christie. Avec David Suchet dans
le rôle d’Hercule Poirot

Passionnés (es) d’Agatha Christie, je vous invite à parcourir les liens suivants : Biographie et bibliographie, commentaires de deux livres d’Agatha Christie sur ce site : À L’HÔTEL BERTRAM, LES DIX PETITS NÈGRES. Liste d’adaptations cinématographiques. Je vous réfère également à une fort intéressante analyse de l’œuvre d’Agatha Christie livrée en 2020 sur theconversation.com. Et pour terminer, une petite curiosité.

J’ai toujours été intrigué par le choix de HERCULE POIROT comme nom pour le détective vedette d’Agatha Christie. Comme bien des gens, je me suis demandé *C’est quoi l’idée *? Je n’ai pas trouvé la réponse mais je crois avoir compris pourquoi la célèbre romancière est allée jusque ne plus pouvoir supporter sa propre création

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 6 septembre 2024

L’infini au creux de votre main

Commentaire sur le livre de
MARCUS SHOWN

<Et le fait que 97,5% de l’univers est invisible nous fait prendre conscience de manière extraordinaire mais gênante, que tout ce que les scientifiques ont étudié ces 350 dernières années ne représente qu’une infime partie de l’univers>

Extrait : L’UNIVERS AU CREUX DE VOTRE MAIN, Marcus Chown, Larousse éditeur, 2019, 288 pages, version audio : Audible Studios 2019, durée d’écoute : 5 heures 56 minutes. Narrateur : Florent Cheippe.

Les énormes progrès technologiques récents ont révélé un univers bien plus étrange que nous n’aurions pu l’imaginer. L’infini au creux de votre main est un voyage époustouflant à travers 50 observations scientifiques parmi les plus insolites et les plus merveilleuses de notre univers.


Connaissances en vrac

Ce livre est en fait la collection d’une cinquantaine d’énigmes scientifiques relevant surtout de la cosmologie et présentées de façon très résumée. L’auteur passe en revue des thèmes dont plusieurs auteurs célèbres de science-fiction ont été fortement inspirés. Ce lien est la principale force du livre.

C’est ainsi qu’on parle entre autres de l’espace-temps, la matière noire, l’origine de la lune, l’anneau de Saturne, les trous noirs, le big bang, les voyages dans le temps et le célèbre paradoxe du grand-père,  évoqué dans le livre du célèbre auteur de science-fiction René Barjavel, l’expansion du l’univers, les cellules, le vide de la matière et j’en passe.

Le lien avec la science-fiction va sûrement stimuler la mémoire du lecteur\auditeur. Quant au développement des sujets, je dirais qu’il faut être initié pour les comprendre. Ce n’est pas un ouvrage qui brille particulièrement sur le plan de la vulgarisation scientifique. Certains sujets sont même carrément indigestes comme la mécanique quantique par exemple.

J’ai par contre beaucoup apprécié les références à de très grands noms qui ont fait avancer la science comme Galilée, Albert Einstein et Stephen Hawking dont les découvertes et rigoureuses observations ont fait faire à la science des bonds de géants. Il y a aussi dans le livre des petites trouvailles spontanées qui sont intrigantes et forcent l’attention. Le fait par exemple que le monde entier pourrait tenir dans un morceau de sucre.

Ce livre est loin d’être le premier à offrir un survol de sujets relevant de la science cosmologique. Cette façon de faire est très courante et n’invente donc rien mais j’y ai fait tout de même quelques découvertes surprenantes. Je les ai acceptées comme telles à défaut de les comprendre.

Je me dis que même si un livre comme L’INFINI AU CREUX DE VOTRE MAIN ne fait qu’effleurer les sujets, et partant du principe qu’il y a des limites à la vulgarisation, il pourrait tout de même vous donner le goût d’en savoir plus sur les sujets qui vous touchent davantage. C’est ce qui m’est arrivé et c’est la raison pour laquelle je recommande ce livre.

Suggestion de lecture : HISTOIRE DE LA SCIENCE-FICTION, collectif d’écrivains dirigé par James Cameron


L’auteur Marcus Chown

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert

le dimanche 18 août 2024

LES SEPT MORTS D’EVELYN HARDCASTLE

Le tout premier roman de Stuart Turton

PROMETTEUR…

*Rien de tel qu’un masque pour révéler la vraie nature d’une personne. * (Version audio par Lizzie éditeur, 2019. Durée d’écoute : 17 heures 15 minutes. Narrateur : Laurent Natrella. Édition de papier : Sonatine éditeur, 2017, 539 pages, format numérique : Sonatine éditeur, 2019, 467 pages 2383 KB)

Ce soir à 11 heures, Evelyn Hardcastle va être assassinée. Qui, dans cette luxueuse demeure anglaise, a intérêt à la tuer ? Aiden Bishop a quelques heures pour trouver l’identité de l’assassin et empêcher le meurtre. Tant qu’il n’est pas parvenu à ses fins, il est condamné à revivre sans cesse la même journée. Celle de la mort d’Evelyn Hardcastle.

*À quel point faut-il être perdu pour
laisser le diable vous indiquer votre chemin ? *
(Extrait)

C’est un roman complexe qui dénature l’espace-temps au profit d’un système qui ne sera dévoilé qu’à la fin, rien de moins qu’imprévisible, une finale fort intéressante mais qui manque un peu de saveur, ce qui n’est pas le cas du récit dans son ensemble alors que dès que vous croyez mettre la main sur un meurtrier potentiel, une chaîne d’évènements vous ramène à vos devoirs pour la simple raison que tout n’est qu’apparence comme dans SHUTTER ISLAND le livre célèbre de Dennis Lehane qui a entretenu dans son oeuvre une confusion savamment étudiée.

LES SEPT MORTS D’EVELYN HARDCASTLE n’est qu’une longue mystification. Reste pour vous à découvrir sur quoi elle repose. Drogue ? Surnaturel ? Machiavélisme ? Un amalgame peut-être. L’intrigue est profonde et complexe. L’histoire débute d’ailleurs presque sur des chapeaux de roues.

Un soir, à 11 heures très précises, Evelyn Hardcastle sera tuée. C’est Aiden Bishop qui est désignée pour découvrir le meurtrier et il n’a que quelques heures pour le faire. S’il ne réussit pas, il devra revivre la mort d’Evelyn chaque jour, sans arrêt, vivre chaque journée, qui sera toujours la même. Il n’y a qu’une solution pour sortir de ce cauchemar : fournir un nom à celui qu’on pourrait appeler le maître du jeu. Quand ce fut fait, je compris alors les motivations des mystificateurs et c’est là que j’ai consacré finalement l’originalité du roman : plus qu’un jeu, un défi pour l’esprit.

Turton entretient savamment le mystère et l’intrigue grâce à ses personnages bien modelés, travaillés en profondeur. Que ce soit le mystérieux docteur de Peste qui semble un intermédiaire dans cette histoire, ou l’énigmatique Hélene Hardcastle qui fût ma première suspecte officielle mais qui fut supplantée par la suite, ou le docteur Diggy qui semble en savoir très long ou monsieur Bell qui confirme un lien de la drogue avec cette histoire.

Dites-vous bien que, vous explorez un pavé bourré de phrases masquées, de non-dits, de liens obscurs et d’énigmes qui gagnent en épaisseur au fil du récit. Je me demande comment ce serait débrouillé Hercule Poirot, le célèbre détective créé par Agatha Christie dans un casse-tête *mille pièces* comme celui-ci. J’ai beaucoup aimé relever ce défi. Ça m’a bousculé, brassé même. Mais j’y ai pris goût.

Malgré tout, je déplore des longueurs, une grande quantité de personnages qu’il faut se remettre à l’esprit rapidement et une finale un peu molle mais le développement est impeccable. Pour son premier roman, je crois que Stuart Turnton s’est investi à fond. C’est prometteur.  Quant à la version audio, Beau travail du narrateur Laurent Natrella.



Pour en savoir plus sur Stuart Turton (ci-haut), cliquez ici.
Du même genre, commentaire sur BIBLIOCLO : le livre d’Agatha Christie À l’hôtel Bertram

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 28 juillet 2024

 

L’ÉNIGME DE LA CHAMBRE 622

Commentaire sur le livre de
JOËL DICKER

*- Vous êtes le diable ! s’écria Macaire.
– Je suis pire que le diable, car moi j’existe. *
Extrait : L’énigme de la chambre 622, de Joël
Dicker, version audio par Audiolib éditeur, 2020
durée d’écoute : 17 heures 20 minutes.
Narrateur : Steve Driesen. Édition de papier:
B. de Fallois éditeur, 2020, 572 pages

Une nuit de décembre, un meurtre a lieu au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses. L’enquête de police n’aboutira jamais.

Des années plus tard, au début de l’été 2018, lorsqu’un écrivain se rend dans ce même hôtel pour y passer des vacances, il est loin d’imaginer qu’il va se retrouver plongé dans cette affaire.

Que s’est-il passé dans la chambre 622 du Palace de Verbier ?

 

Retour aux sources helvètes

J’aime autant vous dire d’entrée de jeu que pour lire ce livre, il faut s’armer de patience. Voyons d’abord la trame. De passage dans un hôtel appelé Palace de Verbier, dans les Alpes suisses, un écrivain est intrigué par le fait qu’il n’y a pas de chambre 622. Il découvre dans l’ordre, les chambres 621, 621-bis et 623.

L’écrivain est intrigué au point d’entreprendre des recherches qui lui apprendront finalement qu’il y a eu un meurtre dans la chambre 622. Une sombre affaire qui n’a jamais eu sa conclusion et qui a poussé la direction de l’hôtel à éliminer le chiffre 622. Mais que s’est-il passé exactement dans la chambre 622 ? toute l’histoire repose sur cet évènement. On dirait bien que notre écrivain tient le sujet de son prochain livre.

Le sujet est intéressant, mais l’auteur l’a complexifié inutilement, y a incorporé de petites romances insignifiantes et s’est lui-même mis en scène, ce que j’ai trouvé très ordinaire d’autant que son rôle est très accessoire. Le fait que l’auteur, Joël Dicker se soit attribué le rôle de l’écrivain n’est pas la moindre de mes déceptions. Dans ce livre, il y a tellement de revirements, de dialogues platoniques, de longueurs et de personnages mal définis qu’au bout du compte, les pinceaux s’emmêlent, sans compter les sauts temporels qui ne sont pas de nature à simplifier ce récit qui s’en trouve passablement alourdi.

Les idées géniales, parce qu’il y en a, sont occultées par le caractère fantaisiste de L’ensemble. On dirait une caricature se manifestant suite à une idée de départ mal développée. J’ai été tout de même captivé par un personnage énigmatique : Ternagol, fasciné aussi par une machination qui a échappé à tout le monde pendant quinze ans et qui connait un dénouement surprenant dans le troisième quart du récit.

Je ne peux pas en dire plus sinon que l’idée était excellente, mais gâchée, peut-être par l’idée de trop bien faire…manifestation d’un vieux principe qui dit que trop, c’est comme pas assez. Certains personnages sont carrément ridicules, c’est le cas notamment de Scarlet, une connaissance de l’écrivain, insignifiante à tout point de vue. L’auteur a d’ailleurs établi un lien avec Scarlet Ohara, la miss Scarlet du film Autant en emporte le vent de Victor Flemming. Ça frôle le remplissage.

Pour un lecteur patient, la finale est intéressante et ne manque pas d’imagination mais malheureusement l’ensemble est décevant par la faiblesse de son style, ses tendances à l’errance et ses dialogues vides. Enfin, j’ai trouvé la version audio empreinte d’un dynamisme et d’une qualité qui ont l’avantage de…disons sauver les meubles.

Suggestion de lecture : LE MYSTÈRE DE LA CHAMBRE JAUNE, de Gaston Leroux


L’auteur Joël Dicker

Bonne lecture
Bonne écoute

Claude Lambert

le samedi 27 juillet 2024

UN MONDE APRÈS L’AUTRE

Livre premier de la série signée
JODI TAYLOR

La jeune historienne Madeleine Maxwell vient de terminer brillamment ses études et s’apprête à passer un entretien à l’institut St Mary. Mais en pénétrant dans l’enceinte de ce centre de recherche historique, « Max » comprend très vite que celui-ci ne ressemble à aucun autre. Derrière la façade très académique de l’institut St Mary, les équipes d’historiens, de techniciens, de chercheurs ont découvert le secret du voyage dans le temps.

Ici, les historiens n’étudient pas seulement le passé, ils le visitent… Max découvre alors les possibilités qui s’offrent à elle.

De la disparition de Pompéi aux tranchées de la Première Guerre mondiale, du grand incendie de Londres à la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, la jeune historienne va revivre d’extraordinaires événements. Alors qu’au sein de l’institut naissent des enjeux de pouvoir…


Quand on met des dinosaures et des humains ensemble, les hurlements sont inévitables.

<Extrait : LES CHRONIQUES DE ST MARY’S, livre premier :
UN MONDE APRÈS L’AUTRE, Jodi Taylor, HC éditions 2018, papier :
320 pages, audio : par Audibles  studios, 11 heures 27 minutes, lu par Ludmila Ruoso>

 

 

L’histoire attaquée

Bien que le sujet développé dans ce livre soit en surchauffe sur le plan littéraire parce qu’il est question de voyage dans le temps, il a un indéniable pouvoir attractif. Voyons le contenu. Un institut ultrasecret du nom de Saint-Mary réunit des historiens qui, non seulement étudient le passé mais le visitent grâce à la maîtrise du voyage dans le temps. Le but : apportez à leurs contemporains et aux générations futures les réponses manquantes aux grandes énigmes historiques en prenant soin de ne rien changer aux lignes temporelles.

Au fil d’une intrigue complexe, la mission de l’institut évolue et en devient une de sauvetage humain dans un premier temps puis, un audacieux projet : sauver le maximum de documents, parchemins et manuscrits de l’incendie historique qui a détruit un des bijoux de la planète : la grande bibliothèque d’Alexandrie.

Là où l’histoire se complexifie, c’est que le futur et le présent s’imbriquant dans la ligne temporelle, lors d’un passage dans le crétacé, nos historiens découvrent que des contemporains tentent d’exploiter Saint-Mary à des fins mercantiles. Comme l’action se déroule dans le futur, il faut croire que l’avenir de Saint-Mary serait compromis. Plusieurs autres éléments viennent compliquer davantage le récit. À vous de les découvrir amis lecteurs et amies lectrices.

Un mot sur le personnage central, que j’ai beaucoup aimé : Madeleine Maxwell, une femme de tête au caractère bien trempé, bagarreuse opiniâtre et qui donne l’impression d’être une parfaite fabrique de catastrophes. Est-ce que Max, comme tout le monde l’appelle, pourra extirper ce qui pourrit Saint-Mary tout en palliant ce qui lui manque? C’est la question je crois qui va garder le lecteur et la lectrice captifs jusqu’à la fin du récit où tout est mis en place pour la suite.

C’est un ouvrage instructif, riche sur le plan historique mais plutôt pauvre sur le plan scientifique. En effet, pour l’histoire, le livre est bien documenté, crédible dans l’ensemble. Le plan scientifique est tout simplement sous-développé. On sait que les historiens ne doivent pas interférer sur les évènements passés pour ne pas modifier la ligne temporelle ou le cours de l’histoire. Si je tiens compte de tout ce que j’ai lu de romans et documentaires sur les voyages dans le temps, je crois que c’est impossible.

L’ouvrage ne fait aucune allusion aux principes scientifiques de déplacements dans le temps, pas question non plus de la fiche technique et scientifique des capsules temporelles, pas d’allusion aux paradoxes temporels, à l’effet papillon et autres principes liés aux voyages dans le temps. C’est comme si le récit n’était pas en équilibre.

Toutefois, à ce rapport de forces et de faiblesses s’ajoute la dimension de l’intrigue : complexe, palpitante et énigmatique eu égard au domaine mystérieux du temps. Ajoutons à cela un peu d’humour tendance au noir, quelques épisodes sexuels qui cadrent bizarrement avec le récit. Comme tous les récits ayant pour sujet le tripotage de la ligne temporelle, le fil conducteur est fragile et nécessite un peu de concentration. Mais ça vaut le coup. Je crois qu’il sera intéressant de suivre toute la série.

Suggestion de lecture : L’ODYSSÉE DU TEMPS d’Arthur C Clarke

 La suite

À lire :  les biographie/bibliographies de Jodi Taylor et un petit dossier pas mal intéressant sur le voyage dans le temps.

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 28 avril 2024