La petite fille qui aimait Tom Gordon, STEPHEN KING

LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TOM GORDON

Commentaire sur le livre de
STEPHEN KING

*À son tour, le moine noir s’avança et Trisha éprouva
tout à coup une intense terreur. « Non! Cria-t-elle…
pas vous!…Allez-vous-en!…Mais il leva les bras et en
se retroussant les manches noires révélèrent de
longues griffes jaunes.*
(Extrait : LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TOM GORDON, Stephen
King, t.f. Éditions Albin Michel, S.A. 2000, numériques, 260 p.)

L’histoire de Trisha, 9 ans. commence lors d’une excursion dans les Appalaches. Fatiguée et irritée d’entendre sa mère et son frère se disputer continuellement, Trisha décide de s’en éloigner mais elle se perd. Au beau milieu d’une forêt marécageuse, elle doit surmonter sa peur et affronter le froid, la faim, et…la nuit. Elle devra aussi faire face à deux personnages terrifiants qui la harcèlent : la Teigne et la Chose. Heureusement, Trisha a avec elle son baladeur qui lui permet de suivre les exploits de son héros, le joueur de baseball Tom Gordon. Il semble que Tom soit le seul à pouvoir sauver Trisha de sa fâcheuse position.

ON ÉTAIT TOUS COMME TRISHA
*Ses yeux se posèrent sur la masse sombre de la
forêt à sa droite. «Ne t’approche pas de moi…
Reste où tu es,  sinon je compose le 800 et
j’appelle le géant, compris?» La Chose l’entendit.
(Extrait : LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TOM GORDON)

C’est un bon livre… ce n’est pas le meilleur de King mais l’histoire est extrêmement originale. Elle est développée comme le déroulement d’un match de baseball. Les chapitres deviennent des manches, il y a des demi-manches et des prolongations.

Le baseball est omniprésent dans le récit ainsi qu’un de ses héros légendaires : Tom Gordon, star des Red Sox de Boston. Tom Gordon est le joueur préféré de Trisha. Tom Gordon est un symbole d’équilibre pour la jeune fille qui va vivre une pénible épreuve. Mais commençons par le commencement.

Patricia McFarland, appelée affectueusement Trisha, est une petite fille de 9 ans. Son frère Pete et sa mère se dispute continuellement. Un jour, lors d’une excursion en forêt, pour échapper un moment à une autre dispute qui ne finit pas de finir, Trisha décide de se distancer d’eux et quitte la piste forestière.

Après un certain temps, Trisha veut regagner la piste, mais sans le savoir, elle s’en éloigne jusqu’à être complètement perdue. Au lieu de rester sur place, Trisha décide d’avancer. Elle avancera pendant 9 jours.

Trisha va se débrouiller de son mieux, mais une mauvaise alimentation, de l’eau peu potable, l’angoisse et la peur, les dangers finiront par miner son moral et sa santé. Ce régime durera 9 jours.

Pour se tenir debout, avancer et garder le moral, Trisha brasse ses souvenirs avec sa famille, son amie Pepsi Robichaud, (ici, King n’a pas manqué d’humour), son père qui, comme elle, adore le baseball et la présence imaginaire et combien précieuse de Tom Gordon. En plus des dangers de la forêt, deux créatures viennent alimenter son angoisse. La Teigne et la Chose.

C’est ici que je reconnais vraiment Stephen King. S’il y a un point commun dans l’ensemble de son œuvre, c’est bien le développement précis de la psychologie de ses personnages. Par exemple, Trisha a une conscience qui lui parle mais aussi ce que j’appellerais une anti-conscience qui n’a pour but que d’affaiblir la petite fille et miner son moral. La petite voix qui lui parle, c’est la Teigne.

À cette dualité s’ajoute une mystérieuse présence qui suit et menace Trisha tout le long de son périple. Celle-là est réelle et donne au récit un petit caractère fantastique. Je vous laisse la découvrir.

LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TOM GORDON est moins un drame d’horreur qu’un thriller psychologique mais l’histoire est écrite avec une remarquable maîtrise. Comme d’habitude, Stephen King prend bien son temps pour présenter ses personnages, introduire les éléments d’angoisse et nous attacher solidement à son histoire et à ses deux principaux personnages : Trisha et Tom Gordon qui représente dans le récit comme une frontière, une démarcation entre la peur et le courage.

Je me suis approprié la peur de Trisha. La plume de King m’a simplement poussé à avoir mal pour elle. Trisha n’a que Tom pour garder l’équilibre et elle a son walkman qui lui permet de suivre un match. Tom Gordon sauve la mise des Sox en dernière manche et pose le geste que Trisha finira par poser dans sa recherche de la victoire…il pointe un doigt au ciel.

J’ai eu deux petites déceptions : La Chose n’a pas la place qu’elle devrait avoir dans le récit. Pour des raisons que j’ignore, elle échappe au long développement que King accorde habituellement à ses personnages. Je croix que La Chose aurait dû être beaucoup plus et mieux exploitée. Enfin, j’ai trouvé la finale un peu étrange et bâclée.

Quant à Tom Gordon, il existe vraiment, il a été lanceur de relève droitier ayant joué dans les Ligues majeures de baseball de 1988 à 2009. Tom Gordon est surnommé « Flash », en référence au super-héros Flash Gordon et il a effectivement établit un record d’équipe avec 46 sauvetages. Il évoluait alors avec les RedSox de Boston. Évidemment sa présence dans le roman se limite à l’imaginaire de Trisha, donc elle est purement fictive.

Principalement parce que Trisha est terriblement attachante, parce que l’écriture est mordante, parce que le brassage d’émotion est très fort et l’angoisse inévitable et parce que King, c’est King, je recommande ce livre. J’ai toujours eu un faible pour cet auteur génial. Même si son livre n’emprunte pas les sentiers de la gloire, j’ai beaucoup apprécié ma lecture.

Tom Gordon est né le 18 novembre 1967 à Sebring en Floride. Il a joué dans 7 équipes dont les Red Sox de Boston cités dans le livre de King, de 1996 à 1999. Il a participé à trois matchs d’étoiles. C’est avec les Phillies de Philadelphie qu’il a remporté la première série mondiale de sa carrière. C’était en 2008.

Pour consulter la biographie et la bibliographie de Stephen King, cliquez ici.

 LECTURE PARALLÈLE SUGGÉRÉE :

(Pour lire le commentaire sur LA PETITE FILLE QUI
AIMAIT STEPHEN KING, cliquez ici)

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 31 mars 2019

La petite fille qui aimait Stephen King

Commentaire sur le livre de
CLAUDINE DUMONT

*J’ai l’impression de vomir de l’acide. Encore. Je produis
un bruit inhumain en vomissant. Une sueur amère
couvre mon corps. Ça sent autre chose que ma sueur.
C’est acre, irritant, presque chimique. Ça sent la peur.
La peur de la mort.*
(Extrait : LA PETITE FILLE QUI AIMAIT STEPHEN KING, Claudine
Dumont, XYZ Éditeur, collection Romanichels, 2015, édition
numérique, 290 pages.)

Suite à un accident, Émilie s’est transformée. Et puis, elle ne semble plus avoir besoin de sa grande sœur Julie qui est pourtant la seule à pouvoir accéder à son monde troublé par l’autisme. Julie va donc tout faire pour aider et comprendre sa sœur, trouver une solution. Elle ira jusqu’à prendre des décisions impossibles, poser des gestes insensés. Le roman développe le thème de l’amour fusionnel qui, comme on le sait, peut devenir très malsain. Il y a quand même quelque chose qui n’a pas changé entre l’Émilie d’avant et l’Émilie de maintenant : un amour inconditionnel pour Stephen King et une remarquable connaissance de son œuvre.

L’OMNIPRÉSENCE DE STEPHEN
*L’espoir qui s’envole laisse une sensation
de vertige. Il n’y a aucun bâtiment dont

la fonction peut expliquer un tel dédale
de portes et de corridors. Julien s’arrête.
Il se penche vers moi et chuchote à mon
oreille : «Quelque chose ne va pas. Je ne
crois pas que notre évasion en soit une.»
(Extrait : LA PETITE FILLE QUI AIMAIT STEPHEN KING)

LA PETITE FILLE QUI AIMAIT STEPHEN KING est un roman à cheval entre le thriller psychologique et le drame d’horreur. L’histoire est celle d’Émilie et Julie. Em et Ju comme elles s’interpellent dans le récit. Émilie est une autiste sévère. Elle est donc différente des autres enfants.

Julie est sa sœur aînée. Julie est la seule qui peut aider Émilie et gérer ses crises. Un jour, un accident vient rendre encore plus profond le cauchemar d’Émilie et par ricochet, celui de sa sœur. Émilie tombe dans un trou très profond et y reste plus d’une trentaine d’heures avant d’être secourue, seule avec sa peur dévorante.

Après l’accident, Émilie a encore changé…en pire alors que Julie développe une obsession pour régler le problème d’Émilie ou tout au moins l’alléger. Il s’installe comme une symbiose malsaine entre les deux sœurs …

Il y a peu de personnages dans ce récit et le rôle des parents est totalement insignifiant. Tout repose sur les épaules de Julie. La vie des deux sœurs s’enlise dans une spirale infernale alors que se suivent des épisodes de terreurs nocturnes, automutilation, morbidité, sang qui coule et même de cannibalisme.

On est très loin des romans à l’eau de rose. Même si le roman est court (150 pages) il s’en dégage une tension à faire pâlir le lecteur. Le fil conducteur est facile à suivre, ça rend la lecture facile et rapide. Le livre se lit en à peine quelques heures. Toutefois, je vous l’avoue, j’ai eu besoin d’une pause tellement l’écriture de Claudine Dumont est maîtrisée, percutante et dont le style direct va parfois jusqu’à la crudité :

*Elle a commencé à manger des vers. Eux, avec leurs corps gluants, elle pouvait. Je pense que rien de plus horrible ne pouvait arriver, mais elle a essayé de croquer le rat de sa classe. Elle n’a pas réussi, il s’est enfui. Je lui ai fait promettre de s’en tenir aux vers. Mais elle m’a dit qu’elle avait voulu prendre une bouchée d’une élève dans sa classe…je ne pouvais quand même pas la laisser manger de l’humain.* (Extrait : LA PETITE FILLE QUI AIMAIT STEPHEN KING)

Il m’a paru évident que Claudine Dumont est une passionnée de Stephen King. C’est toute l’œuvre du maître de l’horreur qui transpire dans son récit. J’ai reconnu plus d’une dizaine de références à des livres de King dont ÇA, LES ENFANTS DU MAÏS, THE MIST et bien entendu LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TOM GORDON pour ne nommer que ceux-là.

Toutefois le style de Claudine Dumont est différent. Elle est beaucoup plus télégraphique, s’étend beaucoup moins sur la psychologie des personnages, phrases courtes, enchaînements saccadés, écriture nerveuse et audacieuse. Pas de longueurs, pas de temps à perdre.

Rendre le tout en moins de 150 pages oblige l’auteure à être un peu brutale sur le plan littéraire. Elle ne s’en prive pas et n’a pas peur des mots : *Je prends les ciseaux dans le tiroir, je soulève mon chandail, je pince un morceau de mon ventre, j’entends Émilie crier, puis je coupe. Je dois faire trois coups de ciseaux pour…couper tout le morceau. Je ne sens rien. Je prends le morceau de viande et je le mets sur la table, devant Émilie qui marmonne quelque chose entre ses larmes.* (Extrait)

Voilà. Pas de fioritures. Sur les plans descriptif et narratif, avec le vaste choix des mots et le caractère implacable du récit de Dumont, on reconnait, on sent l’aura de Stephen King entre les mots, les phrases, dans l’atmosphère parfois étouffante de l’histoire. C’est digne de King, on peut pratiquement percevoir l’ensemble comme un hommage à King.

Personnellement, j’ai adoré ce livre. Un peu déçu par une finale étrange et à couper au couteau mais sans plus. Pour le reste, ça m’a plu. C’est un roman très noir qui pourrait vous brasser un peu les émotions, grafigner un peu votre imagination et provoquer dans votre dos ces petits tremblements électriques qu’on appelle les frissons. Entrer dans cette histoire, c’est comme entrer dans un huis-clos…c’est étouffant, mais c’est efficace.

Enfin, je ne recommande pas ce livre aux âmes sensibles et je ne le recommande pas non plus comme lecture de chevet avant d’éteindre pour la nuit.

Claudine Dumont est auteure et enseignante. Elle a étudié en littérature, psychanalyse, les contes et la scénarisation. Elle enseigne le français dans des écoles secondaires de Laval. S’insère, dans cette vie fort active, la cogestion, avec sa sœur, d’un café, boulevard Saint-Martin ouest. Son objectif est de consacrer son temps moitié café moitié écriture. Elle admet elle-même avoir du rattrapage à faire. LA PETITE FILLE QUI AIMAIT STEPHEN KING est son deuxième roman après ANABIOSE publié en 2013 chez XYZ éditeur.

( photo et source partielle : Courrierlaval.com )

Lecture parallèle suggérée : LA PETITE FILLE QUI AIMAIT TOM GORDON de Stephen King.  

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le samedi 30 mars 2019

NUIT DE FUREUR, le livre de JIM THOMSOM

*Des capsules de trois cents milligrammes d’amytal.
Des barbituriques. Un produit vicieux. Vous en avalez
une et vous oubliez complètement en avoir pris. Alors
vous en prenez encore plus…il suffisait d’en vider
quelques-unes dans cette bouteille de piquette et…?*
(Extrait : NUIT DE FUREUR, Jim Thomson, Éditions Payot et
Rivages, 1953, réédition 2016, édition numérique, 200 pages)

Carl Bigelow est un petit homme, santé précaire, myope, poumons en très mauvais état.  Un jour, il se voit confier une mission par le patron : assassiner Jake Winroy, un mafieux. Personne ne doit soupçonner un règlement de compte. Comme Jake est un alcoolique perdu, Carl doit lui trouver une mort parfaite qui colle avec sa réalité d’épave. Carl a une réputation de manipulateur futé et il a misé là-dessus. Mais chez les Winroy, il y a deux femmes : l’épouse de Jake et la bonne, affublée d’une infirmité dont Carl aimerait bien connaître l’origine. 

DÉTRAQUÉ : CORPS ET ÂME
*Je jetai un dernier coup d’œil à Jake avant de quitter
la chambre. Ruthie lui avait presque arraché la gorge
avec l’un de ses propres rasoirs. Elle avait eu peur de
le faire, vous comprenez, et peur aussi de ne pas en
être capable. Et sa peur l’avait rendue folle de rage.
Ça ressemblait beaucoup à ce que j’avais fait subir à
la Gnôle.
(Extrait)

C’est le cinéma qui m’a fait connaître Jim Thompson. En fait, j’ai vu l’adaptation cinématographique de son roman L’ASSASSIN QUI EST EN MOI, version française de THE KILLER INSIDE ME avec Casey Affleck. Un film extrêmement opaque, froid, cru et violent. J’étais intrigué et pour en savoir un peu plus, j’ai jeté un œil sur la bibliographie de Thompson.

J’ai vu à qui j’avais affaire : un auteur débordant d’imagination, spécialiste du polar, devenu un incontournable de la littérature du XXe siècle et qui donne une place dans chacun de ses livres pour des esprits torturés et pas seulement les esprits, les corps aussi. C’est une caractéristique de son œuvre.

Dans NUIT DE FUREUR, un tueur impitoyable et insaisissable, Carl Bigelow se voit confier la mission de tuer Jake Winroy, une balance qui a donné ses complices à la police sur un plateau d’argent. Pourquoi la police n’a jamais pu mettre la main sur Bigelow?

Peut-être parce que ce personnage, intriguant, petit de taille, malade comme un chien, pâle comme un brouillard matinal, qui crache le sang, malmené par la tuberculose qu’il soigne avec du whisky et dont à peu près toutes les dents sont pourries…ce personnage donc n’inspire pas tellement la crainte puisqu’il porte le masque de l’insignifiance. Mais ce n’est qu’un masque. Sa réputation le précède. Il est froid, sans pitié.

Au cours de sa mission, beaucoup de choses vont changer pour le tueur sous l’influence de deux femmes dont l’une fortement handicapée et qui se déplace avec une béquille. Les femmes et le sexe constituent une forte addiction chez Carl, mais dans ce cas-ci, la vie de Bigelow va basculer….le manipulateur génial devenant graduellement manipulé lui-même.

Je crois que Jim Thompson est fidèle à son style. Il y a de la noirceur dans son roman, de la crudité, du cynisme même mais il s’est beaucoup attardé au profil psychologique de ses personnages. Ça complique l’histoire, ça la rend difficile à suivre parce que les directions sont changeantes. Le fil conducteur n’est pas solide. Parfois, j’avais plus l’impression de lire un drame psychologique qu’un thriller.

Le rythme est trop lent pour mettre l’intrigue en valeur. Le personnage principal est très intrigant. On dit que c’est un tueur froid et sans pitié et pourtant, dès le début de l’histoire, il me donnait une impression de faiblesse et de laisser aller…peut-être à cause de l’image de jeune étudiant qu’il se donnait pour préparer son crime, mais je n’ai pas embarqué dans cette mise en scène..

La finale du roman est beaucoup mieux travaillée, bâtie de façon à atteindre le lecteur. Elle est d’une grande profondeur sur le plan psychologique et dérangeante et elle nous ramène à du grand Thompson, donnant le point final à une âme détraquée, qui n’est pas celle qu’on pense, un cerveau en déroute. Une finale imprévisible qui donne une grande valeur à l’ensemble du récit et qui vous fera saisir tout le sens du titre.

Je ne regrette pas la lecture de NUIT DE FUREUR même si je l’ai trouvé un peu difficile à suivre. Je crois qu’il faut considérer la lecture d’un livre de Jim Thompson comme une expérience. C’est tortueux et tourmenté, incisif mais efficace.

Jim Thompson (1906-1977) est un romancier, nouvelliste et scénariste américain. Il s’est spécialisé dans le roman noir. Il en a écrit plus d’une trentaine, tous en partie autobiographiques. La notoriété de Thompson s’est surtout établie après sa mort, dans les années 1980 avec la réédition de ses livres et l’adaptation de plusieurs de ses romans au cinéma, dont le célèbre GUET-APENS sorti en 1972 et réalisé par Sam Peckinpah avec Steve McQueen. Je précise enfin qu’en France, entre 1950 et 1975, Thompson a été publié dans la collection SÉRIE NOIRE dont j’ai déjà parlé. Le créateur de la série, Marcel Duhamel lui avait offert symboliquement le numéro 1000 de la collection pour son livre 1275 ÂMES.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 16 décembre 2018

VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU, de KEN KESEY

*Le martyr de McMurphy est aussi un martyr
chrétien. Ce livre noir est aussi un livre
rayonnant de joie de vivre et un plaidoyer.
Il s’agit de mieux comprendre, de mieux
prendre conscience du monde fou dans
lequel nous vivons.*

(Extrait : VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU,
Plus précisément le texte AVERTISSEMENT signé
André Bay et précédent le récit  de Kesey, Ken
Kesey, Édition Stock de 2002, réédition, édition
numérique, 290 pages)

Dans une maison de santé, une redoutable infirmière fait régner, grâce à un arsenal de « traitements de choc », un ordre de fer, réduisant ses pensionnaires à une existence quasi-végétative avec des psychotropes, des électrochocs et même des lobotomies. Surgit alors McMurphy, un colosse irlandais, braillard et remuant, qui a choisi l’asile pour échapper à la prison. Révolté par la docilité de ses compagnons, il décide d’engager une lutte qui devient peu à peu implacable et tragique. McMurphy sera à l’origine non seulement d’un sentiment de révolte chez les internés, mais aussi d’une prise de conscience de leur personnalité et de leurs conditions de vie.

AVANT-PROPOS

Les origines du titre VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU  sont contestables pour plusieurs. Pour moi, ce titre pourrait très bien symboliser la lobotomie. Mais la version la plus courante laisse à penser que le *nid de coucou* représente l’asile et le *vol* représenterait la seule personne qui a réussi à s’échapper de l’asile : l’indien, le chef Bromdem, c’est-à-dire le narrateur.

UN CLASSIQUE INDÉMODABLE
*Ne reconnaissez-vous pas l’archétype du
psychopathe? Je n’ai jamais vu un cas de
psychopathie aussi manifeste. Cet homme,
c’est Un Napoléon, un Gengis Khan, un
Attila.*
(Extrait : VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU)

C’est un livre très dur, une histoire à haute intensité dramatique que j’ai fini par lire peut-être une vingtaine d’années après avoir vu le film, adaptation remarquable du réalisateur Milos Forman.

Même si ce livre a été un des plus commenté et critiqué dans l’histoire de la littérature américaine, force est de constater qu’il a été un mis dans l’ombre par le film, à cause, en particulier de l’interprétation magistrale de Jack Nicholson qui s’est approprié le rôle du rebelle McMurphy avec un naturel désarmant.

Mais le livre vaut la peine d’être lu, je le considère même meilleur que le film car la plume extrêmement puissante de Ken Kesey appelle à l’angoisse dès le début et vient nous rappeler, grâce à un sordide jeu de pouvoir, cette fâcheuse tendance de toutes les sociétés à vouloir contrôler leurs sujets.

Le fil conducteur est simple à suivre : dans un asile psychiatrique, une redoutable infirmière fait régner une discipline de fer grâce à toute une panoplie de traitements de choc, réduisant les pensionnaires à une existence quasi végétative. Les choses vont changer dès le jour où Randal McMurphy, personnage subversif, exubérant et rebelle arrive à l’asile parce qu’il a choisi cette solution pour échapper à la prison.

Pendant un certain moment de lecture, je me suis demandé qu’est-ce que McMurphy faisait dans ce décor, me disant qu’il était loin d’être fou. Mais j’ai compris assez vite que, révolté par la docilité de ses compagnons à l’égard de l’infirmière, qui est une véritable peau de vache, McMurphy s’est engagé dans une lutte qui devient graduellement implacable et dramatique :

*…eh bien, j’ai été étonné de constater à quel point vous êtes sains d’esprit, tous autant que vous êtes. Pour autant que je puisse en juger, vous n’êtes pas plus fous que le trou-du-cul moyen qui se balade en liberté.*(Extrait)

Dès lors, le récit se concentre sur un impitoyable jeu de pouvoir qui retiendra définitivement l’attention du lecteur allant jusqu’à prendre une très intéressante valeur de symbole révélatrice de la vie actuelle : d’un côté la répression et la coercition et de l’autre, un appel à la tolérance, à l’ouverture d’esprit et à la liberté.

Autre fait intéressant et magnifiquement mis en mots dans le récit de Kesey, l’agitateur devient, aux yeux de ses pairs, un héros…une solution au conformisme crasse qui caractérisait la société des années 60 en général et les institutions psychiatriques américaines en particulier:

*Il était un géant descendu du ciel pour nous libérer du système qui ligotait le monde de son réseau de fils électriques et de cristaux, un être de trop d’envergure pour se soucier de mesquines questions d’intérêt.*(extrait)

Le récit est narré par un vieil indien, un géant qui fait semblant d’être sourd depuis son arrivée à l’asile il y a des années. Tout comme le lecteur, l’indien est témoin et raconte les tentatives habiles de McMurphy pour donner aux pensionnaires de l’asile de la personnalité, une raison de vivre, de se battre.

VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU est un livre en quatre parties. Il n’y a pas de chapitres, pas de temps mort, peu de diversions. C’est un crescendo de révolte et de frustrations. Le livre m’a fait vibrer et passer par toute une gamme d’émotions.

Tantôt j’étais choqué et triste, tantôt fasciné et admiratif. Ce fût pour moi un moment de lecture intense et touchant…le temps s’est arrêté, effet d’une plume habile et sans compromis qui ne laisse pas indifférent.

Je vous recommande la lecture de VOL AU-DESSUS d’un nid de coucou. Une œuvre de premier plan…une grande lecture…

Ken Kesey (1935-2001) était un écrivain américain natif du Colorado. Il s’est prêté à des expérimentations de drogues entraînant temporairement des états de psychose. Continuellement sous acide, Kesey est embauché dans un hôpital. C’est de cette étrange expérience que naîtra son premier roman : VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU, un succès immédiat qui sera adapté au cinéma par Milos Forman. D’autres titres à succès suivront dont SOMETIMES A GREAT NATION, adapté au cinéma en 1963 sous le titre : LE CLAN DES IRRÉDUCTIBLES.

VOL AU-DESSUS D’UN NID DE COUCOU AU CINÉMA
Le livre de Ken Kesey a été adapté au cinéma par Michael Forman. Le film est sorti en 1976 et a fait époque avec 15 prix et 5 nominations.
Le film met en vedette Jack Nicholson

Et Louise Fletcher…la redoutable infirmière

La presse a salué ce film. Le journaliste Jacques Doyon écrivit, peu après la sortie du film en 1976 : *Voilà un film qui est grand parce que fait à l’intérieur d’un système, il nous atteint et nous transforme*.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le samedi 20 octobre 2018

ENLÈVEMENT, le livre de TARA TAYLOR-QUINN

*Après tant de mois passés sur la route à la
recherche de son fils, elle n’avait vraiment
pas besoin qu’on lui dise que la police se
chargerait de le trouver…elle n’avait pas
besoin non plus de compassion, de pitié, de
sympathie, de conseils et de Dieu sait quoi
encore. Elle avait besoin de son fils, point
final.*
(Extrait : ENLÈVEMENT, Tara Taylor Quinn, 2007,
Harlequin, S.A., numérique, 530 pages)

Une jeune et riche femme d’affaires voit sa vie basculer quand son fils de cinq ans est enlevé au beau milieu d’une fête foraine. Pas de demande de rançon, un silence à glacer le sang. Désespérée, elle commence une longue quête, prête à tout pour récupérer son enfant. Aidée d’un détective privé, la jeune femme explore la moindre piste, exploite le moindre indice. Alors qu’elle s’approche lentement de la fin de sa quête, elle n’a aucune idée de la découverte terrifiante qui l’attend, pire que tout ce qu’elle aurait pu imaginer. Il n’y a qu’une seule chose de sûre, Amélia fera n’importe quoi pour retrouver son fils, y compris l’inimaginable.

Prête à tout…
*Ses yeux cherchaient désespérément le moindre
bout de tissu vert dans la foule. Elle vivait le pire
des cauchemars. Ce qu’elle craignait le plus au
monde était en train de se produire. Et elle ne
savait pas quoi faire…*
(Extrait : ENLÈVEMENT)

Le livre développe un sujet assez répandu en littérature, au cinéma et à la télévision : l’enlèvement d’un enfant : Charles est enlevé. On soupçonne tout de suite Kathie, la nounou qui vouait à l’enfant un amour démesuré. Kathie est congédiée. L’enfant disparait peu après, puis Kathie devient introuvable.

La plume de Tara Taylor Quin n’apporte rien de vraiment nouveau même si son récit est assez bien ficelé et pousse le lecteur à se mettre à la place de la pauvre Amélia qui recherche désespérément son petit Charles. Ce qui m’amène à vous parler du rapport de force et de faiblesses du récit.

La principale faiblesse du livre tient dans l’errance interminable de la mère pour retrouver son fils. Pendant neuf mois, Amélia va de ville en ville, accumule les mensonges afin de gagner la confiance des citoyens. Elle voit son fils partout, même dans sa soupe si ça se trouve. À chaque semblant de piste, son intuition prend le dessus sur l’avis de son détective privé. Dans chaque ville, c’est le même *patern*.

C’est seulement dans le dernier quart du livre que j’ai senti que l’étau se resserrait autour du kidnappeur, jusqu’à la grande finale qui, quoique d’une densité assez captivante, ne m’a pas vraiment surpris.

Vous voyez où je veux en venir? Le récit m’a paru redondant et son ton un peu misérabiliste. Aussi, l’accent est surtout mis sur la quête laborieuse d’Amélia. Pendant ces 9 mois d’errance, on a peu de nouvelles de l’enfant. Je ne souhaitais pas nécessairement deux récits parallèles, mais un peu plus de détails sur ce que vivait Charles aurait certainement ajouté un plus à l’histoire et ravivé mon intérêt.

Quant à la force du récit, elle réside à mon avis dans la psychologie d’Amélia. Tout au cours de sa quête, cette femme riche et indépendante, développe une seconde personnalité avec laquelle elle croit avoir plus de chances de retrouver son fils. On assiste graduellement à une transformation de ses valeurs, et étrangement, ces changements évoluent plus vite que sa quête.

Cette femme incroyablement riche, à la tête d’une multinationale prospère, qui consacrait peu de temps à sa famille modifie et précise graduellement sa vision de la vie grâce à ce qu’elle découvre dans ses nombreux déplacements : l’amitié, l’empathie, l’entraide, la valeur des sentiments et le courage. Je dois le dire, cet aspect du récit est venu me chercher et a *sauvé les meubles* pour utiliser l’expression consacrée.

Pour moi, ce livre est intéressant, mais ça s’arrête là. Il se lit quand même vite, la plume est fluide et le fil conducteur est bien ancré. À vous de voir…

Tara Taylor Quinn est une auteure américaine. Elle a écrit plus de 70 romans. Plusieurs ont été traduits en une vingtaine de langues. Elle s’est spécialisée dans la littérature romanesque et sentimentale mais elle a aussi écrit plusieurs suspenses dont le succès a été plutôt flatteur. La touche émotionnelle et profondément psychologique qu’elle imprègne à ses récits a séduit des millions de lecteurs.

Pour parcourir la bibliographie de Tara Taylor Quinn, cliquez ici.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 15 avril 2018

LES MANIPULATEURS ET L’AMOUR, d’ISABELLE NAZARE-AGA

*Que feriez-vous si une relation amoureuse vous
détruisait, écrasait votre personnalité et votre
identité propre, sans laisser place au bien-être, à
l’épanouissement, voire au bonheur? «Je prendrais
la poudre d’escampette au plus vite!» est sans
doute votre réponse. Cela n’est pas si sûr…*
(Extrait : LES MANIPULATEURS ET L’AMOUR, Isabelle
Nazare-Aga, Les Éditions de l’homme, 2004, édition
de papier, 215 pages)

Dans LES MANIPULATEURS ET L’AMOUR, la thérapeute comportementaliste Isabelle Nazare-Aga nous trace un portrait du manipulateur affectif et explique ce qu’il y a de mieux à faire lorsqu’on se rend compte qu’une relation amoureuse est destructrice, qu’elle écrase la personnalité et l’identité propre. À partir de témoignages recueillis pendant sa carrière, Isabelle Nazare-Aga étudie au quotidien les méfaits et les conséquences d’une relation amoureuse avec ce qu’elle appelle un vampire affectif.

Dans son livre, elle expose les mécanismes et manifestation de cette emprise éprouvante et donne des conseils pratiques pour s’en protéger en identifiant les différentes étapes de la vie amoureuse avec un manipulateur et les répercussions qu’elles ont sur la victime. Le livre poursuit un but simple : identifier avec certitude la manipulation et ne plus jamais être manipulable.

LE VAMPIRISME AFFECTIF POINTÉ DU DOIGT
*Maintes fois, ces conjoints tentent de réparer,
de comprendre et de se faire comprendre. En
vain. Maintes fois, ils pensent partir, se séparer…
sortir de cette relation devenue sordide! Qu’est-ce
qui les en empêche? Les lois de nos pays ne sont
en rien des obstacles. Les freins sont ailleurs…
(Extrait : LES MANIPULATEURS ET L’AMOUR)

C’est un livre intéressant qui étudie les méfaits et les conséquences d’une relation avec un manipulateur. Dans son livre, Isabelle Nazare-Aga précise que les manipulateurs ne représentent que 3% de la population mais…*leur cas nous intéresse tant les dégâts qu’ils provoquent sont nombreux, systématiques et dévastateurs pour 90% de leur entourage.* (Extrait)

Le point fort du livre est ce chapitre qui nous apprend les 30 principales caractéristiques du manipulateur ou de la manipulatrice. Autre élément intéressant, Chaque chapitre se termine par une petite section intitulée *QUE FAIRE* qui résume les stratégies en lien avec le sujet développé.

Des sujets parallèles ou qui sous-tendent le sujet principal sont aussi développés comme la dépendance affective et en particulier la contre-manipulation qui serait un premier pas extrêmement intéressant pour s’en sortir, dans les cas des personnes manipulées.

Dans sa forme, ce n’est pas un livre qui innove. Comme dans beaucoup de livres de psychologie et de développement personnel, on retrouve beaucoup de témoignages qui ne diffèrent les uns des autres que par certaines variantes. On a l’impression que les témoignages se répètent ou disent la même chose.

Peu importe, ils amènent le lecteur à se demander comment les victimes peuvent vivre avec de tels monstres. En effet, le livre met en présence les manipulées, soit les victimes d’un côté et les manipulateurs de l’autre. Les bons et les méchants. Gros plan sur la malfaisance des manipulateurs et sur les conséquences néfastes pour les victimes.

Je veux en venir au fait que le livre laisse des questions en suspens : Il laisse supposer qu’on reconnaît les manipulateurs, mais une fois qu’on est tombé dans le piège. Mais si on revient juste un peu avant la case départ, y a-t-il moyen de prévenir, ou le manipulateur est-il indétectable? Ce n’est pas clair.

L’auteure précise que 30% des manipulateurs ont ou avaient des parents eux-mêmes manipulateurs. Il aurait été intéressant de savoir comment on devient un manipulateur comme il aurait été aussi intéressant de reconnaître certains signes qui laissent supposer que nos enfants pourraient être de futurs manipulateurs, question de faire un peu de prévention.

Je suppose que ces sujets doivent être développés dans d’autres livres comme le laisse supposer l’importante bibliographie publiée à la fin du livre, mais il aurait été intéressant de se voir proposé un petit condensé qui couvre ces questionnements et d’autres questions aussi comme : peut-on amener un manipulateur à prendre conscience de son problème et comment l’aider?

Ce livre est tout de même digne d’intérêt, surtout si vous trouvez que quelque chose cloche dans votre environnement relationnel. C’est un livre axé sur la victime…un manuel de survie quoi!

Thérapeute comportementaliste et cognitiviste, ­Isabelle Nazare-Aga exerce en cabinet et dirige des stages d’affirmation et d’estime de soi, de recherche des valeurs personnelles et de gestion des émotions. Elle donne aussi des séminaires sur l’art de faire face aux manipulateurs.

Elle est l’auteur de plusieurs best-sellers internationaux. Elle a écrit plus d’une dizaine de livres. Ses plus récents titres sont : LES MANIPULATEURS ET L’AMOUR (2013), LES PARENTS MANIPULATEURS (2014), LES MANIPULATEURS SONT PARMI NOUS (2015), JE SUIS COMME JE SUIS (2015) et SORTEZ DE VOTRE COQUILLE (2015).

À LIRE : dossier sur la manipulation dans le couple

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 4 mars 2018

L’HOMME QUI N’AVAIT PAS DE NOMBRIL

Commentaire sur le livre de
Michel Leboeuf

*Non, non, lecteurs de premières pages en librairie,
ne me quittez pas! Ne refermez pas le bouquin si
vite. Lisez la dernière page tant qu’à faire. Vous
allez voir, la fin est pas mal du tout. Vous arriverez
peut-être même à vous réconcilier avec moi, le
personnage principal.*
(Extrait : L’HOMME QUI N’AVAIT PAS DE NOMBRIL,
Michel Leboeuf, Éditions Michel Quintin, num. 480 pages)

C’est le récit de Philippe Morel, 53 ans, un professionnel des relations publiques. Morel a une particularité extrêmement rare : il n’a pas de nombril. Évidemment ce signe particulièrement distinctif a marqué sa vie. Cette vie tourmentée, Morel nous la raconte : une vie de moqueries et de mépris de la part de son entourage. Il passe en revue toutes les étapes de son destin, y compris les épisodes où il fait l’objet de D’expériences scientifiques. Mais le récit déborde de la science. C’est l’histoire d’un homme qui n’a pas été uni à sa mère par un cordon ombilical et qui ne connaîtra rien de moins qu’une véritable descente aux enfers.

LE DRAME DE L’HOMME-OPOSSUM
*Dans mon berceau, me voilà saisi d’une sorte
de pressentiment…la voix douce me camoufle
la vérité, elle l’enrobe de rose bonbon…
J’ai peur, j’ai la certitude que ce qui vient ne
sera ni rose ni bonbon. Après ça, on
s’étonnera du fait que je veuille vivre tout
seul, en parfaite autarcie, le plus loin
possible des hommes.
(Extrait : L’HOMME QUI N’AVAIT PAS DE NOMBRIL)

Ce livre raconte l’histoire très particulière de Philippe Morel, né sans nombril, comme un opossum. Pour apprécier ce livre, il y faut bien comprendre la situation très singulière de Morel. Il est né sans nombril comme si dès le départ, la nature l’avait débranché de sa mère.

Comme cette nouvelle va faire le tour du monde, le phénomène étant assez rare, on peut penser qu’étant trop différent des autres, Morel devienne comme débranché de la société avec des rapports humains réduits au minimum.

Quant à savoir ce qui se passe dans sa tête, je vous laisse lire le livre pour le savoir, mais je peux vous mettre sur le sentier en vous dévoilant que Philippe Morel adore tuer des mouches en les brulant avec une loupe. Ça vous donne une petite idée…je dis bien petite.

Si vous arrivez à bien saisir la psychologie du personnage, sa tare plutôt embarrassante, et ses motivations, il vous faudra accepter maintenant la deuxième condition. 2) s’armer de patience. Le roman est très intéressant et tranche un peu par son originalité mais il traîne en longueur.

C’est très long avant de pouvoir s’accrocher à l’histoire ou aux personnages qui ne sont pas particulièrement attachants. C’est long d’autant que le récit est narré à la première personne par Morel qui n’a pas toujours des choses intéressantes à raconter. Pour toutes ces raisons, je préfère utiliser le terme DRAME qui convient mieux que THRILLER.

Là où le roman devient intéressant, à partir du moment où il prend son rythme, après au moins une bonne centaine de pages, c’est quand on commence à comprendre les motivations de Morel. Ça m’a poussé à me demander qu’est-ce que je ferais à sa place et c’est là que le roman devient un peu dérangeant. Morel devient un peu bizarre, violent et la finale, sans être spectaculaire, est intéressante, voire surprenante jusqu’à un certain point.

Même si ce livre est parfois long à en être pénible, je pense surtout à la première moitié, l’histoire a quelque chose de particulier, elle a un caractère étrange. La plume de Michel Leboeuf est tout aussi étrange nous entraînant dans les méandres d’un esprit confus.

L’homme dont on a discuté du cas dans les plus grandes facultés de médecine et qui servira de cobaye pour des expériences bizarres sera dorénavant appelé l’homme-opossum et tentera le plus possible de retourner à l’anonymat. Ce ne sera pas simple et c’est là qu’est le point fort du roman : la relation devenant graduellement et irrémédiablement tordue entre Philippe Morel et son environnement.

Malgré ses faiblesses, l’histoire est intéressante et appelle une suite de deux autres tomes : Le tome 2 : L’HOMME QUI N’AVAIT PAS DE NOMBRIL Alter Ego et le tome 3 : L’HOMME QUI N’AVAIT PAS DE NOMBRIL Alma Mater.

Michel Leboeuf est un écrivain, scientifique, naturaliste et communicateur québécois né à Trois-Rivières en 1962. Après avoir œuvré pendant plusieurs années en écologie forestière, il consacre maintenant tout son temps dans le secteur des médias et de l’édition.

Il est rédacteur en chef du magazine NATURE SAUVAGE et auteur de 14 livres documentaires sur la flore et la faune, d’essais et d’œuvres de fiction. Il a été deux fois lauréat du prix HUBERT-REEVES qui récompense l’excellence littéraire dans le domaine de la vulgarisation scientifique en français au Canada.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 11 février 2018

LE BONHOMME DE NEIGE, livre de JO NESBO

*Au moment de se coucher, elle voulut se
blottir contre lui. Mais elle ne put pas. Ne
put se résoudre à le faire. Elle était impure.
-Nous allons mourir- avait lâché la voix au
téléphone. Nous allons mourir, catin*
(Extrait : LE BONHOMME DE NEIGE, Jo Nesbo,
Gallimard, série noire, 2007, éd. Numérique,
430 pages.)

Un jour de novembre 2004, un bonhomme de neige sorti de nulle part se retrouve dans le jardin des Becker, le regard tourné vers les fenêtres de la maison. La nuit suivante, madame Becker disparaît. Un maigre indice, son écharpe rose se retrouve au cou du bonhomme de neige. Parallèlement, l’inspecteur Harry Hole reçoit une lettre annonçant d’autres victimes. Une lettre signée…*le bonhomme de neige*…un tueur en série sévit en Norvège. Le seul indice récurrent mais bien maigre : un bonhomme de neige…un spectre de la folie…

UN BON CRU(el) NORVÉGIEN
*…le congélateur…laissait voir quelque chose pressé
à l’intérieur…les genoux pliés et la tête appuyée
vers le haut contre l’intérieur du congélateur. Le
corps était couvert de cristaux de glace, comme
une couche de moisissures blanches qui s’en serait
repue, et la position torturée du corps était à
l’unisson du cri de Katerine…*
(Extrait : LE BONHOMME DE NEIGE)

C’est une histoire complexe développée avec une lenteur parfois exaspérante, très caractéristique de la littérature Norvégienne. La faiblesse du récit réside dans le fil conducteur qui prend souvent toutes sortes de directions. Ajoutons à cela que l’intrigue est bourrée de fausses pistes, de démarches qui n’aboutissent pas, de retours à la case départ.

Ça ne m’a pas beaucoup gêné car j’ai compris dès les premières pages que l’auteur me lançait le défi de sortir d’un labyrinthe bourré d’indices, souvent trompeurs, et me laissant le choix de trouver le coupable parmi une foule de candidats potentiels. Mais quand la lumière commence à jaillir dans le dernier quart du livre, ça devient génial.

Ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre est la psychologie des personnages, Harry Hole en tête, héro récurrent dans l’œuvre de Nesbo : un personnage précédé par sa réputation d’esprit tordu et d’alcoolique qui évolue laborieusement dans une enquête difficile d’une remarquable minutie où il y a tellement de détails que le lecteur a parfois l’impression de déraper. Mais dans la finale qui est remarquable, on voit l’importance de chaque détail, rassuré à l’idée que l’auteur n’a rien laissé au hasard.

L’histoire est originale. L’idée de précéder les meurtres par l’édification d’un bonhomme de neige est une trouvaille car les bonhommes de neige parlent d’une certaine façon, dévoilent des indices, reflètent la psychologie du tueur et bien sûr obnubilent les policiers. Hole en tête.

UNE PLUME FORTE MAIS NOIRE

Tout le livre comporte beaucoup de petites forces qui retiennent le lecteur dans sa toile. Outre la toponymie chantante de la Norvège, la plume est forte, la structure narrative happe le lecteur qui se sent attiré par les nombreux rebondissements. On sent que l’auteur maîtrise son art.

C’est un roman noir. Son atmosphère se fige parfois en une sensation lugubre car les bonhommes de neige conduisent implacablement à des chefs d’œuvre de cruauté de la part d’un tueur aussi froid et dépourvu de moralité que ses œuvres de neige. La découverte très lente et très graduelle de la psychologie de ce monstre m’a tenu en haleine.

Je veux rappeler en terminant que si je recommande ce livre, je le fais sous la réserve suivante : C’est tout le récit dans son ensemble qui fait appel à la patience du lecteur parce qu’il comporte de nombreux changements de direction, de fausses pistes, de virages imprévus.

Aussi, bien que l’histoire soit très longue à démarrer, je vous suggère de bien vous concentrer sur les premières pages car elles contiennent des éléments importants qui vous feront apprécier grandement l’ensemble du récit.

Vous êtes maintenant prêts à entrer dans une histoire à donner froid dans le dos et à savourer ainsi toute l’intensité de la plume scandinave.

Jo Nesbo est norvégien. Il est né à Oslo  le 29 mars 1960. C’est un talentueux touche-à-tout : auteur-interprète, musicien, journaliste spécialisé en économie et écrivain très renommé. De 1993 à 1998, il a écrit et interprété les grands succès d’un des groupes musicaux les plus populaires de Norvège : DI DERRE. Un an avant de quitter le groupe, il se lance dans l’écriture littéraire. Le succès est instantané avec L’HOMME CHAUVE-SOURIS, prix du meilleur roman policier nordique en 1998. Plusieurs autres romans suivront dont ROUGE-GORGE, consacré meilleur polar norvégien de tous les temps par les lecteurs.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
Le samedi 16 décembre 2017

L’IROQUOIS, le livre de PASCAL MILLET

*Pierrot a effleuré le sein et Sabrina a tiré. Elle a tiré en l’air, vidé tout le révolver avant
de le reposer sur le front de Pierrot et de tirer encore, à vide. –Tu ne regarderas plus
jamais une fille de la même manière…*
(Extrait : L’IROQUOIS, Pascal Millet, XYZ Éditeur,
collection Romanichels, 2006, édition de papier, 110 pages)

Deux jeunes : Pierrot et Julien, découvrent le cadavre de leur mère, pendue au portemanteau. Sa langue était sortie de sa bouche, toute bleue. Pierrot s’est mis à fouiller dans les affaires de sa mère, pour trouver n’importe quoi d’utile, de l’argent surtout, car il voulait partir…gagner l’Amérique. Julien lui,  préférait rester. Finalement, l’occasion se présente. L’idée que Pierrot et Julien se faisait de l’Amérique était passablement exotique : la qualité de vie, les grands espaces et…les indiens…Pour les garçons, ce qui s’annonçait comme une odyssée devient un cauchemar et même pire.

UN MONDE POURRI
*Il s’est mis à ramper, le revolver à la main. Il avançait
sur ses coudes…se retournait pour vérifier si j’étais
toujours au milieu des ronces, avec des épines dans le
cul…Il y avait un grand parking, la maison de l’ogre, et,
plus haut, le ciel bleu avec, en dessous, un bleu que
jamais je n’avais vu. «On est arrivés, j’ai murmuré.
C’est la mer.»*
(Extrait : L’IROQUOIS)

Il y a longtemps que je n’avais lu un drame psychologique. Ce genre littéraire a toujours représenté un défi pour moi car il appelle à la compréhension de l’Esprit humain en mettant l’emphase sur la psychologie des personnages, donc les drames qui marquent leur vie et par la bande, leurs motivations, états d’âme et enfin leurs résolutions et leur destinée.

Après le suicide de leur mère, Julien Henry, 11 ans et son frère, Pierrot, 14 ans décident de quitter la ville et de partir à la recherche de la mer et du navire qui les mènera en Amérique du nord, le pays selon les apparences riche en promesse, là où se trouvent la liberté, le bonheur et le pays des Iroquois. Cet idéal bien justifiable est celui de Pierrot.

Julien lui, est beaucoup plus jeune et se contente de suivre. Une chose est sûre, les deux garçons sont à la recherche d’un bonheur qui ne viendra jamais.

Donc L’IROQUOIS est l’histoire d’une quête du bonheur pour deux jeunes garçons appelés à devenir adultes beaucoup trop vite et pour qui la désillusion sera d’une cruauté horrifiante car s’ils s’attendaient à trouver le bonheur, ils n’auront trouvé finalement qu’’un monde totalement pourri qui se décompose dans la violence, le vice et l’hypocrisie.

Alors que son rêve lui échappe, Pierrot devient graduellement l’IROQUOIS, ce personnage de légende, symbole de force et de liberté qu’il souhaitait tant rencontrer :

*Il a fini par ressembler à un indien, surtout après s’être appliqué tous les produits de beauté d’Alex sur la gueule. Mascara, rouge à lèvre et fond de teint, il a tracé des ronds et des éclairs, des trucs qui donnaient la frousse et cassaient les angles de son visage. Je savais aussi qu’en étant indien, il allait redevenir méchant, se mettre à danser, à tourner et à crier comme un fou. Que dans sa tête ça s’embrouillerait un peu plus et que jamais plus, on ne pourrait écrire, en gros et dans sa marge, que la vie c’était pas comme au cinéma.* (Extrait)

Pascal Millet signe un roman très dur et violent, mais la plume est aussi belle que puissante, juste ce qu’il faut pour raconter un monde cruel, instable et égoïste à travers les yeux et le cœur d’un enfant de 11 ans : Julien, le narrateur de l’histoire, un peu victime de sa pureté, de sa naïveté.

On ne peut que s’attacher à cet enfant et avoir du chagrin de le sentir évoluer dans la violence au quotidien et on peut comprendre pourquoi il n’arrive pas à saisir ce qui se passe dans la tête de son frère qui n’est rien d’autre qu’une victime malheureuse de sa désillusion.

L’auteur donne le ton dès le début du roman : *En vrai, ça a commencé en rentrant de l’école, quand on a trouvé maman dans le couloir. Elle était blanche et pendue au porte-manteau…* (Extrait) et par la suite, c’est une errance de Julien et Pierrot qui connaîtra une fin dramatique, ce dernier ne portant que la haine dans son cœur, alors qu’il criera pour une ultime fois : *Je suis un IROQUOIS*.

Telle est cette histoire de Pascal Millet, une quête du bonheur qui devient rapidement une errance sur une route qui finit en cul-de-sac et qui est marquée par le désespoir. C’est un roman noir mais fort, émouvant et sensible et surtout très bien écrit qui suit deux âmes en peine qui ne verront jamais le pays des Iroquois.

Pascal Millet est né en France et a vécu plus de douze ans au Québec. Après avoir été guide aux baleines dans la région de Tadoussac, il a étudié à l’Université de Montréal et a travaillé comme rédacteur scientifique pour le Centre Saint-Laurent (Environnement Canada).

Auteur de nouvelles, de romans noirs et de livres pour la jeunesse, il vit présentement en Bretagne où il anime des ateliers d’écriture dans des établissements scolaires et pénitentiaires. Plusieurs de ses nouvelles ont été traduites en anglais et en espagnol.

Bonne lecture
Jailu/Claude Lambert
Le dimanche 10 décembre 2017

LA PIEUVRE, le livre de JULIE RIVARD

*Après avoir roulé sur l’asphalte, se tordant pour
chasser la souffrance physique, il rouvrit les yeux
et aperçut, non loin, l’agent du SPVM sous
couverture qui regardait la scène sans réagir.
Henrik crispa le visage pour lui communiquer son
impuissance. En guise de réplique, l’agent prit la
fuite.*
(Extrait : LA PIEUVRE, Julie Rivard, VLB éditeur, 2013
édition de papier, 265 pages.)

Dans le petit village de Cap-à-Nipi, l’agent Henrik Hansen, se bat contre un syndrome de stress post-traumatique à force d’avoir repêché des cadavres et il n’est pas au bout de ses peines. Une organisation criminelle d’un nouveau genre prend racine dans la paisible région : la Pieuvre. Le groupe, composé exclusivement de femmes, sévit dans toute la province. chargé de démanteler l’organisation, Henrik commet l’erreur de prendre l’affaire un peu trop à la légère mais il a tort, surtout lorsque le mystérieux leader du groupe l’entraîne dans les eaux les plus sombres qui soient : celles de son passé.  

Pourquoi pas des femmes?
*Issues pour la plupart de familles dysfonctionnelles,
elles avaient modelé leur comportement sur celui
d’un père minable ou d’un conjoint accro aux séjours
en prison…Pour que ses filles puissent agir à leur
guise, la leader avait eu la brillante idée de déléguer
toutes les besognes routinières à…des jeunes hommes!
C’était le monde à l’envers.
(Extrait : LA PIEUVRE)

Je dirais dès le départ que LA PIEUVRE est un roman *bon-moyen*. Il n’y a pas beaucoup d’action ou peut-être a-t-elle été mal pressentie parce qu’elle ne saute pas aux yeux. L’histoire tourne autour d’une organisation criminelle, composée de femmes et qui s’étend à des grandes villes jusque dans les régions éloignées dont Cap-À-Nipi , un village fictif situé sur la Côte-Nord du Québec. Ces femmes prétendent prendre la place des Hells Angels.

Malheureusement, le sujet qui, au départ, était original, a été très insuffisamment exploité et l’auteure a ouvert grande la porte aux clichés et dans une certaine mesure au machisme, je fais ici référence à l’humour qui est passablement mâle.

Et puis j’ai pu encore une fois lire le développement d’une histoire vieille comme le monde : celle du policier aux prises avec ses démons qui rencontre régulièrement son psychologue…policier qui a une sœur pour laquelle il est très protecteur.

Ce n’est pas tout…il se trouve que le bon policier a eu une flamme amoureuse dans le passé avec la cheffe de la Pieuvre : Eva qui se trouve par hasard dans la région de Cap-À-Nipi et que cette flamme se ravive. C’est du déjà vu et revu. En littérature, cette situation amincit considérablement l’intrigue.

Il y a un dernier détail que j’ai trouvé étrange : l’arrivée d’un personnage mal défini dans la vie d’Astrid, la sœur du policier dont j’ai parlé plus haut. Ce personnage s’appelle Marc Bertollini.

Il arrive de nulle part, tombe amoureux d’Astrid, s’installe à toute fin pratique avec elle. D’où vient-il? Qu’est-ce qu’il vient faire dans l’histoire? Il y a une explication à la fin, mais elle m’a laissé sur ma faim par sa minceur. Était-ce pour brouiller les cartes du côté du lecteur? Possible.

Donc nous avons ici l’exemple d’une bonne idée, mais exploitée avec timidité. Je m’attendais au départ à un polar solide et original mais je suis tombé finalement sur un simple suspense.

Le livre a toutefois des qualités intéressantes. Je pense entre autres à ce petit côté convivial et parfois bon enfant qui rend les personnages sympathiques. Par exemple, le policier principal Henryk Hensen fait équipe avec Denis et Danny Dupuis, une paire de jumeaux qui verse parfois dans le comique et qui n’est pas sans rappeler le célèbre duo de policiers créé par Hergé : Les dupond-Dupont.

Ajoutons à cela une relation très rafraîchissante entre le policier et sa sœur et un bel humour parsemé tout le long du récit. Comme je le disais, cet humour peut faire un peu mâle étant donnée la nature de l’organisation criminelle, mais comme c’est le cas pour le langage un peu cru, l’auteure ne pouvait pas vraiment passer outre..

J’apprends, dans le quatrième de couverture que LA PIEUVRE est le premier volet des aventures du fameux policier Henrik Hansen. Comme je l’ai constaté souvent en littérature policière, le personnage principal a besoin d’aide, notre héro se bat contre un syndrome de stress post-traumatique dont il souffre à force d’avoir repêché des cadavres. L’influence de ce syndrome sur le travail du policier n’est pas évidente mais force quelques épisodes chez le psy.

Bien que je n’aie pas trouvé cette lecture emballante, je lui ai trouvé un petit quelque chose de sympa, de la sensibilité, et j’y ai pris un certain plaisir. Je suis sûr qu’avec le temps, l’auteure va raffiner son personnage principal, mieux mettre en perspective son petit côté ténébreux et surtout mieux ligoter son intrigue. Quoiqu’il en soit, je suis partant pour lire le prochain volet des aventures du policier d’origine danoise : Henrik Hansen.

Suggestion de lecture : LE CHAT ET LES PIGEONS, d’Agatha Christie

Julie Rivard est native de Pointe-Claire. Au moment d’écrire ces lignes, elle habite la ville de Québec où elle a étudié en droit, puis en enseignement de l’anglais. Elle dit avoir écrit son roman à l’âge de 12 ans alors qu’elle était en 6e année du primaire.

C’était peut-être mauvais, mais on sait qu’une véritable passion venait de naître. Elle a d’abord écrit des livres pour enfants et trois romans policiers : MEZZA MORTA, DRAMMA (prix des abonnés du réseau des bibliothèques de la ville de Québec), LA PIEUVRE est son troisième roman.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 30 juillet 2017