*Je lui expédie un crochet du droit, puis un
crochet du gauche : coup sur coup. Je la
laisse s’affaler au pied de l’escalier. Son
cou a l’air d’avoir allongé de dix
centimètres, et sa tête ballotte comme
une citrouille sur un cep de vigne.*
(extrait de DES CLIQUES ET DES CLOAQUES,
Jim Thompson, t.f. Éditions Gallimard, 1967,
éd. Num. 160 pages)
Voici l’histoire de Frank Dillon, un raté, du moins en apparence, qui partage sa vie entre sa femme, Joyce, une maritorne impossible et Stapple, son patron à l’esprit cruel et méchant pour qui il vend de la camelote de porte en porte. Un jour, alors qu’il croit réussir à vendre des couverts de table à une vieille femme, celle-ci offre à Dillon de se faire payer en nature en couchant avec sa nièce Mona. Dillon refuse et par bonté, laisse les couverts sur place et sort. Stapple menace de le congédier s’il ne rembourse pas. Entre temps, la belle Mona offre à Dillon de l’aider à se débarrasser de sa vieille tante et mettre la main sur sa fortune. Dillon, ne réfléchis pas longtemps et élabore un plan machiavélique…
Noir, très noir…
*Je lui expédie six balles dans la tête et
dans la nuque. Il pique du nez et c’est
rideau pour Pete. Avant de partir, je
m’assure qu’il a passé. Sa figure ne
ressemble plus à grand-chose, mais
j’ai l’impression qu’il est mort
heureux. Il sourit.
(extrait de DES CLIQUES ET DES CLOAQUES)
DES CLIQUES ET DES CLOAQUES est un récit extrêmement sombre…*les aventures véridiques d’un homme en proie à la poisse et aux mauvaises femmes* (titre du chapitre 22)…le récit de Frank Dillon, surnommé Dolly, dont la vie est une prise en étau entre *ses femmes*, de véritables poufiasses qu’il appelle *roulures* dans le texte, et son patron Stapple, un exploiteur cruel.
Dolly, un raté, sympathique au départ, devient un parfait salaud, menacé par un plus salaud que lui…les meurtres s’accumulent…
Ne vous attendez pas à des élans de joie de vivre dans ce récit très noir qui explore les bas-fonds de l’esprit humain. La plume est crue et directe : *Si je suis noir, plus noir qu’un trou à charbon…* (extrait)…*Ce soir, tue-la ce soir Dolly…* (extrait) .
Ce roman est développé un peu en dents de scie et pourtant on s’y accroche même si les personnages n’ont rien d’attachant. Comme le récit m’a amené à me demander comment on pouvait tomber aussi bas, je suis devenu comme accroché au texte.
Le petit côté décevant est que Thompson a très peu développé la relation entre Dolly et Mona (la fille exploitée par une vieille femme avec qui elle vivait) et qui devient elle aussi une roulure comme les autres. La finale, tout de même assez solide tient très peu compte de son destin. En revanche, l’auteur exploite à fond son personnage principal : Frank Dillon, un pauvre raté, exploité, qui devient paranoïaque, meurtrier et finalement suicidaire.
Malgré certaines longueurs, pardonnables à mon avis, question de respirer un peu, le caractère sombre du récit va en s’intensifiant. Thompson nous entraîne dans un univers de folie et d’horreur. Sans être un chef d’œuvre, c’est un très bon roman qui décrit une clique de personnages douteux et dont l’esprit est moralement corrompu, ce qu’on appelle, sur le plan littéraire un cloaque. C’est un bon livre… qui porte bien son titre.
Suggestion de lecture : EN SACRIFICE À MOLOCH, d’Asa Larsson
Jim Thompson (1906-1977) est un écrivain américain. Son premier livre paraît en 1942 : NOW ON EARTH, inspiré du travail que Thompson faisait dans une usine d’aviation au début de la 2e guerre mondiale. L’empreinte autobiographique de ce livre se retrouvera à des degrés divers dans l’ensemble de son œuvre.
La notoriété de Jim Thompson prend forme en 1956 alors qu’il écrit le script d’un des plus beaux films de Stanley Kubrik : LES SENTIERS DE LA GLOIRE. Ce travail amènera Thompson à s’installer à Hollywood où il continue d’écrire.
Son œuvre comprend plus d’une trentaine de romans dont plusieurs sont devenus des classiques de la littérature américaine. La notoriété de l’auteur ne s’est installée que très graduellement et n’atteindra son apogée qu’après sa mort grâce, entre autres, à l’adaptation au cinéma de certains de ses romans.
C’est ainsi qu’Alain Corneau réalise SÉRIE NOIRE en 1979, adaptation cinématographique de DES CLIQUES ET DES CLOAQUES. Plusieurs adaptations suivront dont LES ARNAQUEURS en 1990, nominé aux Oscars.
Affiche du film SÉRIE NOIRE réalisé par Alain Corneau en 1979, adaptation du roman de Jim Thompson DES CLIQUES ET DES CLOAQUES avec Patrick Dewaere, Myriam Boyer, Marie Trintignant et Bernard Blier.
BONNE LECTURE
JAILU
MAI 2015












Nancy Taylor Rosenberg est née en 1946. Elle a travaillé pendant 14 ans dans la police et les milieux juridiques américains où elle évoluait comme
Voici l’histoire de Léonard Moreno, appelé Chib, la quarantaine, un peu introverti, renfermé, et vivant confortablement de sa profession d’embaumeur. Un jour, Moreno est approché par une femme : Blanche Andrieu qui lui demande d’embaumer sa petite fille Élizabeth-Louise, appelée Elilou, morte accidentellement et de l’installer dans un cercueil de verre. Attiré par cette femme, Chib accepte et fait la connaissance de sa famille, des nobles très riches. Au cours de l’embaumement, Chib s’aperçoit que la petite a été victime de mauvais traitements allant jusqu’à l’agression. Troublé, Chib enquête discrètement sur les sévices infligés à la jeune fille et s’apprête à pénétrer très graduellement dans un horrible secret de famille.
LE TEMPS PARALYSÉ raconte le destin de Laura née au moment précis où un éclair transperçait le ciel. Alors que Laura a 12 ans, son père meurt et elle est par la suite trimbalée d’orphelinat en famille d’accueil jusqu’à l’âge adulte où elle devient une écrivaine célèbre. À chaque épisode de bonheur, la fatalité la rattrape par l’action de mystérieux hommes en noir qui veulent sa mort, et à chaque fois, elle est sauvée par un mystérieux ange gardien prescient qui semble venir de nulle part et dont l’arrivée toujours providentielle coïncide avec…un éclair qui transperce le ciel…pourquoi un ange gardien…la réponse est dans le livre où le temps prend une importance capitale.
Je viens de terminer GENESIS, le premier roman de John Case (Il s’agit d’un pseudonyme collaboratif, voir le complément). Le quatrième de couverture en parle comme d’un thriller scientifique, ce qui est ridicule. À mon avis le suspense n’y est pas suffisamment intense pour le qualifier de thriller, et la science n’y prend vraiment pas assez de place pour le qualifier de scientifique. Par contre il n’est pas mauvais! Mais selon moi il s’agit plutôt d’un roman policier. Seul le dénouement nous immerge vraiment dans la science complexe de la génétique et c’est peut-être là où la classification est détournée.

J’ai lu plusieurs critiques négatives sur ce livre entre autres parce qu’il comporte du déjà vu, ce qui n’est pas entièrement faux. Toutefois, je vais aller à contre-courant aujourd’hui parce que ce livre m’a plu. Il se lit vite et bien grâce à l’excellente traduction de Dominique Wattwiller mais aussi parce que l’écriture est simple et directe. En effet, dans son livre, Saul va droit au but…il entre rapidement dans le vif du sujet et maintient une tension constante.
L’histoire se déroule au cour d’une nuit, dans Washington. Notre Robert Langdon y arrive, convoqué d’urgence par un vieil ami, Peter Solomon. Langdon fera une découverte macabre qui initiera une quête à travers la ville, une course contre la montre dans les arcanes de la franc-maçonnerie et dont l’objectif est de sauver son ami. Mais est-il étrange que l’élite de la CIA prennent l’affaire autant à cœur? Quelles sont les intentions réelles du séquestreur de Solomon?