STONEHEART, le livre de CHARLIE FLETCHER

Stoneheart, la malédiction de pierre est le premier volume d’une trilogie de Charlie Fletcher publié chez Hachette Jeunesse. Suivent le tome 2, Stoneheart main de fer et le tome 3, Stoneheart, langue d’argent. La trilogie a été bien accueillie en général, le tome 1 ayant figuré dans la liste des best-sellers jeunesse en 2007. Charlie Fletcher, natif du Royaume-Uni en 1960 est scénariste pour le cinéma, on lui doit entres autres CARTON ROUGE. On lui doit aussi LA FUREUR DANS LE SANG, scénarisé pour la télévision.

Sous l’effet de la colère et de la déception, un jeune
ado d’une douzaine d’années : Georges brise une de
ces statues de dragon qui ornent plusieurs édifices de
Londres. Ce faisant, il déclenche une effroyable
malédiction. Des gargouilles et des statues deviennent
vivantes, et poursuivent Georges pour le tuer afin de laver
son affront. Aidé par Edie (c’est une fille) et l’artilleur, une
statue de la première grande guerre, Georges part à la
recherche du CŒUR DE PIERRE afin de conjurer la
malédiction.

Je dois le dire d’entrée de jeu, j’ai été déçu par ce livre que je considère non-représentatif du talent de Charlie Fletcher. Il y a beaucoup de longueurs, l’histoire n’est pas toujours facile à suivre, les personnages manquent de consistance, la nature des rebondissements est souvent répétitive.

Mais aucun auteur digne du titre n’est sans force. J’ai apprécié par exemple le fait que Fletcher a créé un personnage principal au départ vulnérable, mou et sans personnalité. Une avalanche de problèmes, d’ennuis et de danger pousse le jeune Georges, tout au long de l’histoire à se forger un caractère et à gagner en audace et en courage. Ça rend le personnage attachant. Cela compense beaucoup pour le caractère surexploité du thème fantastique développé dans l’histoire.

Ajoutons à cela des charges émotionnelles qui ont la particularité de remettre en piste le lecteur un peu égaré et des descriptions assez exhaustives de Londres, de ses gargouilles et de ses statues. Ça pourrait donner le goût de visiter Londres selon l’itinéraire proposé par Fletcher. Je signale aussi que Fletcher s’est fort bien repris dans les tomes 2 et 3. Pour ces raisons, je crois bien pouvoir recommander la lecture de STONEHEART.

Suggestion de lecture : LE COFFRE D’AVLEN de L. Sprague De Camp

JAILU
Novembre 2012

(En complément…)

D’étoile en étoile, les livres de MAURICE LIMAT

Amateurs de lecture, je vous salue. Pour débuter cette série de collaborations
à ce blogue, j’ai pensé attirer votre attention sur une trouvaille que j’ai faite
récemment lors d’une de mes nombreuses pérégrinations sur internet. Attiré
cette fois par un goût de fantastique et de science-fiction, j’ai découvert Maurice
Limat, un auteur français extrêmement prolifique qui vécut de 1914 à 2002.

Quand je dis prolifique, c’est peu dire, d’autant qu’il a publié sous plusieurs
pseudonymes : Maurice Lionel, Maurice d’Escrignelles, Lionel Rey, Lionel
Rex. Vous verrez par vous-même en consultant la bibliographie très partielle
proposée à la fin de cet article.

Maurice Limat a publié une quantité considérable de petits romans d’aventure. Il est devenu célèbre pour ses romans de science-fiction réunis dans des collections non moins célèbres, en particulier FLEUVE NOIR dont il est devenu le pilier.

C’était un passionné d’occultisme, des mystères de l’espace, de science-fiction, de fantastique.

Maurice Limat a écris plus de 500 romans. C’est énorme pour un lecteur comme moi qui aime varier ses découvertes. Et puis il faut bien passer à autre chose. Néanmoins, je me suis attardé à la fameuse collection FLEUVE NOIR. J’ai lu en
tout 27 romans de cette collection. Voici les titres:

Un astronef nommé péril – La cloche de brume – Les cosmatelots de Lupus –Les créatures d’Hypnos – Un de la galaxie – Le dieu couleur de nuit – Et la comète passa – L’étoile de Satan – Le flambeau du monde – Flammes sur Titan – Les foudroyants – Fréquence ZZ – Ici finit le monde – J’écoute l’univers – Lumière qui tremble – Particule zéro – La planète de feu – Plus loin qu’Orion – Les portes de l’aurore – Le septième nuage – Les sirènes de Fao – Le soleil de glace – Les soleils noirs – Tempête sur Goxxi – La terre n’est pas ronde – Le treizième signe du zodiaque – Le voleur de rêves.

À la lecture de ces petits romans, j’ai été agacé par le manque d’aboutissement et de fini, des conclusions hâtives et quelques fois bâclées. Toutefois, cette faiblesse évidente est compensée par une force non moins évidente, soit l’idée que se fait l’auteur de l’univers. Ici, Limat fait preuve d’une imagination extraordinaire. Il a créé des centaines de mondes, sur des centaines de planètes avec leur flore, leur faune, leurs mystères, leurs phénomènes étranges, leurs peuples, leur organisation administrative et politique, leurs guerres et l’éternelle dualité entre les dominants et les soumis.

J’ai fait aussi des trouvailles étymologiques fort originales, des mots qui parlent par eux-mêmes : cosmatelot, astroport, volnager, coplanétriotes, etc. Enfin, je ne voudrais pas passer sous silence, les personnages que Limat a créé et qui gravitent autour de deux héros : Robin Muscat, policier de l’interplan (créé sur les bases de l’interpol actuelle), la police interplanétaire…un personnage énergique, brillant au caractère fort et pas toujours prévisible et son ami, le Chevalier Coqdor que j’appelle le détective de l’esprit, un personnage sympathique, sensible et attachant qui met ses importants pouvoirs paranormaux au service du bien et de la justice.

Je ne dirai pas que ces romans sont des chefs d’œuvre ou même des ouvrages de haut niveau, mais je vous recommande de les explorer, question de vous offrir une petite fantaisie rafraîchissante en pénétrant dans des mondes mystérieux et fascinants.

Maurice Limat a dépeint, pendant un peu plus de trente ans et un peu plus de cinq cents ouvrages, l’épopée d’une race humaine qui, partie de sa Terre natale, a su s’allier avec les races voisines de Mars et Vénus puis, de là, se lancer à la découverte de la Galaxie pour enfin fièrement prendre place aux côtés des natifs d’Altaïr et de Persée…

Dépaysement garanti…

suggestion de lecture : Esperanza 64 de Julien Centaure

JAILU
Octobre 2012
(En Complément…)