La lune des feuilles rouges

Commentaire sur le livre de
Waubgeshig Rice

*Si on en prend trop, c’est tout le reste qui en souffre. Il faut respecter l’équilibre de toute la vie présente dans l’eau qui nous entoure. Or, en ce moment, on est la cause d’un déséquilibre. *

Extrait : LA LUNE DES FEUILLES ROUGES, de waubgeshig rice. Prisedeparole éditeur 2025.

Douze ans se sont écoulés depuis qu’une panne d’électricité mondiale a provoqué l’effondrement de la société. Dans la forêt boréale du nord de l’Ontario, une communauté anishinaabe perdure grâce aux pratiques et savoirs traditionnels. Isolée du reste du monde, elle s’organise, s’adapte. Mais les ressources s’amenuisent, et l’éventualité d’un départ devient de plus en plus difficile à ignorer.

Un petit groupe mené par Evan Whitesky et sa fille Nangohns se porte volontaire pour explorer les territoires du sud et retrouver les terres ancestrales, sur les rives du lac Huron. En chemin, ils traversent des villes dévastées, des paysages métamorphosés, des routes effacées par la nature qui reprend ses droits. Ils rencontrent aussi des survivants habités par la peur et la violence, et d’autres portés par la bienveillance. À mesure que les épreuves se succèdent, les liens se resserrent, et la volonté d’atteindre le territoire tant convoité reste intacte.

Une certitude se cristallise au fil du voyage : l’avenir ne peut se construire qu’en retournant aux racines.


La forêt boréale du nord de l’Ontario

Je commence par une petite précision. LA LUNE DES FEUILLES ROUGES est une prolongation du best-seller de waubgeshig rice NEIGE DES LUNES BRISÉES. LA LUNE DES FEUILLES ROUGES peut se lire indépendamment mais pour bien saisir l’histoire et la psychologie des anishinaabe, je vous suggère de commencer par NEIGE DES LUNES BRISÉES. Voici un petit aperçu du livre.


Une petite communauté
anishinaabe est plongée dans le noir, alors que l’hiver s’annonce. Plus d’électricité ni de moyens de communication. L’arrivée inopinée de visiteurs fuyant l’effondrement de la société dans le Sud attise les tensions et divise les allégeances.

Les mois durs de l’hiver s’éternisent, la pénurie de nourriture s’aggrave et s’accumulent les cadavres. La véritable menace, pourtant, pourrait bien survenir du cœur même de la communauté.

 

Retour aux sources vertes et bleues

C’est un livre dépaysant et apaisant aussi, malgré la couleur postapocalyptique omniprésente dans le récit, car il est très proche de la nature et son message environnemental est très fort sans jamais être agressant.

L’histoire se situe douze ans après une panne d’électricité mondiale ayant provoqué un chaos généralisé jusqu’à l’effondrement de la Société et la formation d’un univers dystopique et malade : *… et ils nous ont raconté les horreurs de la fin du monde, de la fin de ce monde-là. L’effondrement des gouvernements après plusieurs tentatives ratées de rétablir la loi et l’ordre. La destruction des immeubles, des maisons. Les incendies, les meurtres et les gangs dangereux… Les maladies aussi… * Extrait.

Une petite communauté anishinaabe vivant dans la forêt boréale du nord de l’Ontario a survécu grâce à ses savoirs traditionnels mais les ressources diminuent dangereusement. C’est ainsi qu’Evan Whitesky décide de mener un petit groupe pour explorer et trouver un chemin menant vers des terres ou sa communauté pourra s’épanouir. L’objectif est une île située au nord du Lac Huron.

Laissant le petit village derrière lui pour un temps, espère-t-il, le groupe, très restreint, comprenant Evan et sa fille, Nangohns, 15 ans, représentant la nouvelle génération, porteuse des espoirs de la communauté, Cal, Amber, Tyler, James Charles, appelé JC. Le défi du groupe est énorme, baliser un chemin vers le Lac Huron afin de préparer la migration de leur communauté.

Le voyage sera très long, plus de 1000 kilomètres, aller et retour, périlleux, éprouvant, épuisant…un voyage qui est autant un acte de survie qu’un geste de réaffirmation culturelle. À peu de choses près, toute l’histoire est consacrée à ce voyage exploratoire.

C’est une très belle histoire, porteuse d’émotions, de chaleur, d’amitié, de solidarité, de courage, de résilience et de spiritualité. J’ai trouvé l’écriture de Rice très belle. D’ailleurs, l’histoire commence par la mise au monde d’une petite fille, Waawaaskone. Cette naissance est décrite avec émerveillement et une infinie délicatesse. C’est ainsi que l’histoire m’a accroché dès le début et par la suite, j’ai développé une forte empathie pour les explorateurs qui ont sué sang et eau pour la survivance de leur peuple.

Dans son histoire, qui offre une voix puissante aux peuples anishinaabe, l’auteur révèle les multiples visages d’une humanité en crise et d’une terre victime d’un véritable gâchis humain. Il nous offre une bonne matière à réflexion issue d’une pensée qui est philosophique sans être moralisatrice sur la décolonisation et la recherche identitaire.

Une autre force non négligeable de ce livre est son caractère immersif. Personnellement, j’ai accompagné les explorateurs. J’ai souffert avec eux et j’ai évolué dans une nature à couper le souffle, une nature qui reprend ses droits. C’est un magnifique mélange de beauté, de tension, de moments tendres et dramatiques. La spiritualité est aussi très importante dans cette aventure et met en perspective des idées intéressantes. Par exemple, J’aime bien l’idée évoquée dans ce livre que le corps est un réceptacle de l’esprit. Ce n’est pas une idée neuve mais elle s’insère magnifiquement dans le récit.

Notez que le roman a quelques petites faiblesses. Il est plutôt linéaire pour une dystopie. Son rythme est lent, surtout dans la première moitié du roman parce qu’en fait les traditions ont été mises à l’avant plan.

Dans les moments de tension, certains épisodes sont répétitifs et il y a des longueurs comme par exemples quand les explorateurs visitent Gibson, ville saccagée, détruite, abandonnée. Une longue visite trop détaillée, qui apporte peu. Enfin, c’est un détail, mais vu l’immensité du territoire, j’aurais apprécié l’inclusion de quelques cartes géographiques pour mieux saisir le périple du petit groupe.

Quoiqu’il en soit, j’ai adoré cette nouvelle incursion dans la littérature autochtone et je recommande chaleureusement LA LUNE DES FEUILLES ROUGES.

Suggestion de lecture : CHEVAL INDIEN, de Richard Wagamese


L’auteur waubgeshig rice

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 31 octobre 2025

 

 

GLACE

Commentaire sur le livre de
CHRISTINE FÉRET-FLEURY

<La grand-mère de Kay se penche et arrache une poignée de pousses ligneuses, d’un jaune sale, dans la caisse de métal rouillé posée sous sa fenêtre. Ma caisse est juste en face, elle est pleine de cailloux que j’ai ramassés en allant au travail ou en revenant. J’essaie de les choisir de formes et de teintes différentes, même si je n’ai jamais plus que quelques secondes pour décider lequel je vais prendre ce jour-là.

Me baisser, ramasser, me relever sans attirer l’attention des drones. Je m’y entraîne depuis longtemps. Depuis que j’ai compris une chose essentielle : pour les yeux luisants, inexpressifs, de ces insectes électroniques, nous nous ressemblons tous. Une seule masse terne qui disparait sous terre le matin pour en sortir à la nuit tombée.

Un long serpent animé de soubresauts et de spasmes, mais qui avance, qui avance toujours. Du moment que la marche se déroule normalement, que les wagonnets chargés de minerai se succèdent au rythme fixé. Ils n’interviennent pas.

Si nous nous arrêtions, ce serait autre chose. >
Extrait : GLACE, Christine Féret-Fleury, Scrineo éditeur, 2021, format numérique, 171 pages.


Depuis que ses parents sont morts et que Kay, son meilleur ami, a été enlevé par les Glacés, Sanna se réfugie dans ses souvenirs pour se protéger du désespoir.  Seule, elle décide alors de partir à la recherche de son ami disparu.  Pour la jeune fille, c’est le début d’un long voyage semé d’embûches et de rencontres, parfois improbables, parfois inquiétantes… Qu’y a-t-il au-delà des montagnes et du bouclier climatique érigé par les Glacés ? Kay se trouve-t-il là-bas, captif de l’incarnation
maléfique des contes qui ont bercé son enfance, l’immortelle Reine des Neiges ?

 

DU CONTE À LA DYSTOPIE

C’est un livre intéressant malgré certaines faiblesses comme le début qui est très lent, le rythme un peu traînard mais surtout, la superficialité de certains personnages, la reine des neiges en particulier. Le livre m’a toutefois apporté passablement de satisfaction parce qu’il est imprégné de l’esprit d’Andersen l’auteur du célèbre conte LA REINE DES NEIGES paru en 1844. Dans GLACE, on trouve des extraits de LA REINE DES NEIGES mais aussi l’empreinte du célèbre conteur et ça, ça m’a plu.

Donc Christine Féret-Fleury revisite le conte et réécrit l’histoire en lui insufflant un sens environnemental et en donnant à la Reine Des Neiges un caractère eugéniste.

Nous sommes dans un futur qui pourrait bien ne pas être si lointain. Un mystérieux nuage toxique sème la mort, la désolation, le froid. Un bout de territoire fait exception, protégé par un bouclier thermique. Plusieurs habitants enlevés y ont été envoyés. Nous suivons Sana, 17 ans, vivant dans des conditions misérables et qui recherche désespérément son ami d’enfance, Kay, 19 ans qui se trouverait sous le bouclier thermique.

Pourquoi? Dans quel but? Qui est la Reine des Neiges et d’où vient-elle? Veut-elle refaire le monde sur d’autres bases ? Les siennes? À vous le plaisir de la découverte, amis lecteurs et amies lectrices.

C’est le lien entre Andersen et le récit qui m’a captivé, lien qu’on pourrait apparenter à un cordon ombilical. Que l’auteure ait donné au récit un caractère dystopique n’était pas pour me déplaire non plus. L’avertissement climatique est aussi assez bien développé…davantage que l’intrigue.

Le récit comporte des éléments démotivants. Par exemple, le premier quart de l’histoire est d’une lenteur désespérante. C’est difficile d’embarquer dans l’histoire et de s’attacher à Sana, le personnage principal au profil psychologique un peu obscur. Et puis, il y a Kay. Il est partout, mais on ne le voit nulle part sauf à la fin. Kay est l’obsession de Sana et il n’est pas facile de trouver pourquoi. C’est un peu frustrant.

Enfin, les motivations de la reine des neiges sont difficiles à saisir. Ce qui se passe sous le bouclier thermique, les objectifs de la reine et le rôle de Kay sont sous-développés. Toutefois, plusieurs éléments intéressants contribuent à faire avancer l’intrigue, quoique lentement. Un ou deux personnages se démarquent.

J’ai tiré du récit suffisamment d’éléments positifs pour en tirer de la satisfaction. Ça pourrait vous plaire, surtout si vous êtes amateur de dystopies. Le récit véhicule aussi certains messages que je qualifierais de crédibles.

Suggestion de lecture : LA MAISON TELLIER et autres contes, de Guy de Maupassant

À lire aussi


L’auteure Christine Féret-Fleury

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 18 octobre 2025

L’ICKABOG, J.K. Rowling

*Et de par le territoire entier, petits garçons et petites filles jouaient à combattre l’Ickabog, tentaient de se faire peur en se racontant l’histoire de l’Ickabog, et même, si le conte devenait trop convaincant, cauchemardaient de l’Ickabog. *

Extrait : L’ICKABOG, de J.K. Rowling. Édition de papier : Gallimard Jeunesse éditeur, 2020, 400 pages. Édition numérique : Gallimard Jeunesse éditeur, 2020, 316 pages. Version audio : Audible studio éditeur 2020, durée d’écoute : 7 heures 50 minutes, narratrice : Aïssa Maïga.

La Cornucopia était un petit royaume heureux. On n’y manquait de rien, le roi portait la plus élégante des moustaches, et le pays était célèbre pour ses mets délicieux : Délice-des-Ducs ou Nacelles-de-Fées, nul ne pouvait goûter ses gâteaux divins sans pleurer de joie !

Mais dans tout le royaume, un monstre rôde : selon la légende, l’Ickabog habitait les Marécages brumeux et froids du nord du pays. On disait de cette créature qu’elle avait de formidables pouvoirs et sortait la nuit pour dévorer les moutons comme les enfants. Des histoires pour les petits et les naïfs ? Parfois, les mythes prennent vie de façon étonnante…

 Un conte de fantaisie et de
petits frissons

L’Ickabog est un conte dystopique, politique et à certains égards, satirique. L’histoire se déroule dans un royaume appelé La Cornucopia où règne le roi Fred Sans-effroi dont on ne connait finalement que la vanité et l’insipidité et qui n’est rien d’autre que la marionnette de son conseiller suprême, Lord Crachinet, avide de pouvoir et de domination.

Crachinet utilise une vieille légende pour s’enrichir et étouffer le peuple : L’ICKABOG, une créature mythique à qui on prêtait la volonté de dévorer les enfants, entre autres. Invention ou réalité? Ce qu’on peut dire est que la vérité transformera le royaume à tout jamais grâce au courage et à l’empathie de deux enfants : Bert et Daisy.

Il m’a été difficile d’adhérer à cette histoire à cause de ses personnages adultes que je trouvais parfois insignifiants et qui frôlent la carricature. Il y a aussi des passages qui traînent en longueur. Son intrigue est linéaire et métaphorique et tient peu compte des réalités du peuple qui vit sous le joug de Crachinet.

L’écriture est superficielle et oppose de façon peu originale des méchants très méchants aux gentils trop gentils. Rien de neuf. Ça m’a poussé un peu à l’ennui sauf que ce livre comporte des forces qui ont maintenu mon attention. Des petites trouvailles pas mal intéressantes qui enrichissent l’histoire.

Par exemple, la <néance>. C’est un principe Ickabog qui donne à la naissance d’un petit un sens philosophique très profond et qui veut que le nouveau-né adopte la nature des personnes présentes à sa naissance. Cette trouvaille et quelques autres m’ont réconcilié avec l’histoire car elles en disent long sur la connaissance de la nature humaine.

L’ICKABOG est un récit axé sur les dérives du pouvoir. Il repose sur les pires côtés de la nature humaine : pouvoir, domination, manipulation, mensonge, traîtrise, meurtre, soumission, abrutissement et j’en passe.

Je ne comprends donc pas pourquoi ce livre est classé conte pour enfants de sept ans et plus. Personnellement, je ne recommanderai jamais ce livre aux enfants, sauf peut-être sous réserve de la stricte surveillance d’un adulte et encore.

Le personnage le mieux fignolé dans cette histoire est encore celui qui parle le moins : l’Ickabog lui-même. Belle trouvaille de madame Rowling, pas développée comme je l’aurais souhaité mais néanmoins très intéressante.

Le livre nous rappelle que les vrais monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit et est porteur d’une belle réflexion sur les régimes politiques, les abus de pouvoir et la corruption…entre autres.

Ces détails donnent au conte une saveur particulière et c’est la raison pour laquelle je le recommande aux 13 ans et plus. En passant, ne cherchez pas d’analogies ou de ressemblances avec Harry Potter, il n’y en a pas…

Suggestion de lecture, de la même autrice : UNE PLACE À PRENDRE 


L’autrice J.K. Rowling

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert

le samedi 14 juin 2025

LA SERVANTE ÉCARLATE, de Margaret Atwood

*En un sens le Mur est encore plus sinistre quand il est vide,
 comme aujourd’hui. Quand quelqu’un y est pendu, au moins
on est informé du pire. Mais, désert, il est latent comme un
orage qui menace. *

(Extrait : LA SERVANTE ÉCARLATE, Margaret
Atwood, à l’origine : RLaffont éditeur, 2015, papier, 544 pages. Version
audio : Audible éditeur, 2019, durée d’écoute : 11 heures 19 minutes,
narratrice : Sarah-Jeanne Labrosse)

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.   

Indémodable
*Nous apprîmes à lire sur les lèvres, la tête à plat sur le
lit, tournées sur le côté à nous entr’observer la bouche.
C’est ainsi que nous avons échangé nos prénoms, d’un
lit à l’autre :
Alma, Jeanine, Dolorès, Moïra, June…*
(Extrait)

C’est une histoire sombre et choquante qui se déroule dans une société dystopique étouffante et dans laquelle les femmes sont asservies au bon plaisir, aux caprices et au besoin de la Société, les servantes en particulier, appelées *les tantes*, portant la robe écarlate, qualifiées de parias et dont le rôle en est un de reproduction humaine essentiellement.

Les femmes qui ne servent à rien sont envoyées dans les lointaines colonies où elles sont affectées aux tâches les plus repoussantes. Defred est l’héroïne du roman. C’est une servante écarlate, donc destinée à la reproduction sans le droit de séduire. Elle se qualifie elle-même d’utérus à deux pattes, de calice ambulant. Defred raconte son histoire, au compte-gouttes je dois dire, dans un rythme désespérément lent.

Le premier quart du récit traîne en longueur mais mon intérêt s’est accru à partir du moment où la servante écarlate décide de rejoindre un réseau secret de femmes désireuses de s’organiser afin de devenir libres. Cette démarche est très justement appelée *la route clandestine des femmes* dans le récit.

C’est un livre fort. L’écriture est puissante et ne ménage pas les lecteurs et encore moins les lectrices. Style direct, parfois incisif. Il n’y a pas d’action dans cette histoire, pas de rebondissement mais elle rappelle, parfois crument le prix démesuré que beaucoup de femmes ont payé pour leur liberté. À ce niveau, on peut qualifier LA SERVANTE ÉCARLATE de roman *Coup de poing*.

Cette histoire, qui n’est pas sans rappeler *1984* du grand Orwell se déroule dans une Société sans âge mais elle est suivie de l’analyse d’un conférencier spécialisé dans l’histoire de la République de Giléad dans laquelle évolue Defred. C’est un aspect très intéressant de LA SERVANTE ÉCARLATE car cette analyse est livrée dans un très lointain futur et jette donc un regard très critique sur les tares d’une très ancienne Société.

J’ai trouvé l’idée très bonne car elle apporte de l’éclairage sur un récit parfois difficile à suivre, si je me réfère du moins aux souvenirs de Defred. C’est un roman qui donne à réfléchir en particulier sur le sens de la liberté, le prix à payer pour la conquérir et le courage nécessaire pour la gagner. Si j’analyse la situation des femmes dans le monde, compte tenu entre autres des lourdeurs et des absurdités religieuses, le livre demeure d’une brûlante actualité.

Suggestion de lecture : I.R.L. d’Agnès Marot

Née au Canada, Margaret Atwood est depuis plus d’un demi-siècle une des forces vives de la scène littéraire internationale. Ses romans embrassent féminisme, changements climatiques, religion et technologie, puisant dans les multiples champs d’intérêt de l’écrivaine, qui est aussi inventrice, ainsi que poète, essayiste et critique littéraire accomplie.

Elle a écrit plus de 40 romans dont Le tueur aveugle, Œil-de-chat et La servante écarlate, un classique de la littérature dystopique – ont remporté certains des prix littéraires les plus prestigieux, comme le prix Arthur C. Clarke. Avec Les testaments, son dernier roman – la suite de La servante écarlate –, elle a remporté le prix Booker 2019.

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
Le mardi 25 juillet 2023

LA FANTASTIQUE ODYSSÉE, Chérif Arbouz

Tome 1 : L’ÉPOPÉE COSMIQUE

*Si cet ouvrage a été conçu comme un roman d’anticipation
et de science-fiction à la fois, il n’est pas que cela. Ce qui
relève du passé de la terre et de ses habitants sous des
rapports divers, y compris ceux d’ordre scientifique, y est
également concerné, car constituant une base de réalités
à partir de laquelle s’est construite la fiction. *

(Extrait : LA FANTASTIQUE ODYSSÉE, tome 1
Chérif Arbouz, PUblisher éditeur, 2016, papier et
numérique, 156 pages, 692 kb)

Entre 2037 et 2056, la Terre connaît la plus grande crise de son histoire. La surpopulation démentielle et le réchauffement climatique désastreux constituent la pire menace pesant sur l’humanité. Dans ce contexte, les USA et la Confédération Russe fusionnent en 2056 pour devenir les USNAR (United States of North America and Russia). Ce méga état déclenche une guerre éclair massive et destructrice qui lui permet d´imposer un nouvel ordre mondial. Des extraterrestres sont les témoins directs de ce qui s’y passe et décident d’aider les Terriens à s’engager dans une voie salvatrice. Ils ont aussi une autre bonne raison d´intervenir…

Une aide inattendue pour
affronter l’apocalypse
*En un temps record, près de trente mille bombes à neutrons
véhiculées par des nuées de missiles intercontinentaux
s’abattirent simultanément sur leurs objectifs dans les
pays jugés susceptibles d’utiliser les armes de destruction
massive qu’ils possédaient. *
(Extrait)

Ce premier volume de la saga ÉPOPÉES COSMIQUES, LA FANTASTIQUE ODYSSÉE, se divise en trois parties. D’abord, la situation de la terre en 2056. Elle se meurt et le redressement de sa situation est devenue une priorité. Aussi, les USNAR sont créés.  Un nouvel ordre mondial est né. Des extra-terrestres qui visitent les humains depuis des siècles à leur insu, décident d’intervenir.

Dans la deuxième partie, l’auteur développe l’histoire de ces extra-terrestres, les stargils et les Iskogéens, issus des humains de la terre. Dans la troisième partie, Arbouz raconte comment les stargils sont intervenus en amenant les humains à sauver la terre, présidant à la création d’un gouvernement mondial.

Les nouveaux législateurs entre autres une dépopulation mondiale qui s’étendra sur 400 ans, le peuplement de la planète passant de 9 milliards d’individus à 600 millions. L’auteur explique comment les humains et les stargils sont devenus intimement liés.

Ici, deux mondes s’attirent : Les Stargils, supérieurs aux humains à tous points de vue et les humains qui se retrouvent devant un choix difficile : mourir ou désapprendre. Ça signifie que les humains devaient définitivement mettre dans l’ombre et vaincre toutes ses tares ataviques qui en faisaient des créatures poussées à l’autodestruction.

L’auteur met en perspective les difficultés énormes que ça implique : *La Société des humains vivant sur terre est profondément marquée dans sa nature même par ce qui l’avait prédisposé à tourner le dos à tout ce qui aurait pu lui être bénéfique. * (Extrait)

Ce livre n’est pas sans rappeler le grand classique de la littérature de science-fiction LE MEILLEUR DES MONDES, un roman d’anticipation dystopique écrit par Aldous Huxley (1894-1963). Dans cette société décrite par Huxley, les êtres humains sont tous créés en laboratoire. Les enfants y sont conditionnés, créant une morale commune.

Il y a des similitudes avec LA FANTASTIQUE ODYSSÉE et qui plus est, l’auteur Chérif Arbouz ne se gêne pas pour faire des rapprochements dans son récit. La Société décrite par Huxley est aussi un état mondial.

Huxley percevait notre monde comme allant dangereusement vers le monde décrit dans son livre. La démarche des Stargils visent à éviter aux humains la catastrophe…sans rien en retour.

Dans LA FANTASTIQUE ODYSSÉE, l’auteur vulgarise la notion de gouvernement mondial. Il en décrit les étapes, le mode de fonctionnement et les avantages. Le côté *B* de cette médaille est qu’il ne fait aucune mention des désavantages.

À peine est-il question de quelques dommages collatéraux. J’ai eu l’impression qu’Arbouz faisait la promotion d’un gouvernement mondial, limitant son raisonnement à ses avantages.

Mais c’est  le premier livre qui me parle explicitement de la notion de gouvernement mondial et il est de nature à me demander si un jour, l’humanité n’aura plus le choix. Autre petite faiblesse : les raisons pour lesquelles les Stargils interviennent ne sont pas claires.

J’ai de la difficulté à comprendre et à croire que les extra-terrestres ne demandaient rien en retour de leur intervention salvatrice et de l’extraordinaire transfert de connaissance qui en découla. Que les stargils aient sauvé les humains de l’éradication par simple altruisme me semble surréaliste. Le roman prend parfois l’allure d’un documentaire.

Malgré des longueurs, spécialement dans la partie qui développe l’histoire des Stargils, LA FANTASTIQUE ODYSSÉE comporte de très bonnes idées et constitue un bon départ pour la saga ÉPOPÉES COSMIQUES. L’ouvrage porte aussi à réfléchir sur le surpeuplement mondial et à la capacité limitée de la terre à nourrir ses enfants et à supporter le gaspillage.

Ici, le livre d’Arbouz crie une certaine urgence. On sent que l’auteur s’est documenté et sait où il va. Un meilleur équilibre aurait été souhaitable tout simplement.

Suggestion de lecture : LES CHRONOLITHES de Robert-Charles Wilson

Chérif Arbouz, né le 8 février 1930, est un écrivain algérien. Esprit curieux, il partage dans ses écrits ses passions, qui vont des légendes ancestrales de son pays aux recherches les plus avancées sur la cybernétique et le cerveau. Épopées médiévales, voyages cosmiques, aliens et robots sont autant de prétextes pour réfléchir à la nature de notre humanité, l’évolution des sciences. Avec LA FANTASTIQUE ODYSSÉE, Chérif Arbouz dresse le portrait d’une civilisation humaine à bout de souffle, incapable de trouver la voie d’une coopération mondiale, seule capable d’assurer sa survie à long terme.

LA SÉRIE

Bonne lecture
Claude Lambert

LES DOUZE ROIS DE SHARACKHAÏ de Bradley P. Beaulieu

COMMENTAIRE


Tome 1, version audio

*Elle fit glisser ses doigts calleux sur son torse, son ventre, ses hanches avant de descendre quelques centimètres plus bas. Elle se figea et échangea un sourire carnassier avec l’ancien guerrier. Rien de plus…*

(Extrait : LES DOUZE ROIS DE SHARAKHAÏ, tome 1, Bradley P Beaulieu, Bragelonne éditeur, 2016, 575 pages. Version audio : Hardigan éditeur, 2018, narratrice : Anne Cardonna,. 21 heures 12)

Grand centre culturel et marchand du désert, la cité de Sharakhaï est dirigée depuis des siècles par douze rois immortels, cruels et omnipotents. Ils ont écrasé tout espoir de liberté avec leur armée et leur unité d’élite de guerrières. Çeda, jeune fille des quartiers pauvres, va pourtant braver leur autorité. Le lien qu’elle découvre entre les secrets des tyrans et les énigmes de son propre passé pourrait bien changer son destin… comme celui de Sharakhaï. <<douze Rois immortels, protégés par leurs guerrières surentraînées règnent d’une main de fer sur une population à la fois apeurée et révoltée.>> (smallthings.fr)

L’ombre des mille et une nuits
*<Il reposera en dessous de l’arbre tordu
jusqu’à la mort par son engeance portée
Par les larmes de Lanamaee et par la
crainte divine, le sang du sang gagnera
les sombres terres>*
(Extrait)

Dans un royaume dirigé par douze rois tyranniques pour autant de tribus, nous suivons une jeune fille : Çedamin  Ayaneshala, appelée au cours du récit Çeda. Nous suivons aussi l’ami de toujours de Çeda : Emery. Çeda a perdu sa mère alors qu’elle avait huit ans.

Elle a été pendue en public par les rois pour donner l’exemple et d’autres raisons plus politiques mais sans fondement. Très graduellement, Çeda entreprend une recherche pour comprendre cette barbarie qui hante Sharakhaï et l’assassinat froid et cruel de sa mère.

Très tôt dans son investigation, Çeda découvre un livre écrit par sa mère et qui prend la forme d’un journal dans lequel se trouvent des poèmes. C’est un de ses poèmes qui fera germer dans l’esprit de Çeda l’idée de venger sa mère. Le livre lui fera aussi comprendre que Çeda a été trompée sur ses origines.

Tout est en place pour le développement d’une longue saga : *Il reposera en dessous de l’arbre tordu- Jusqu’à la mort par son engeance portée- par la crainte divine- Le sang du sang gagnera les sombres terres. * (Extrait) Tout est dans ce poème. Il est à l’origine de tout. C’est la quête de Çeda : découvrir le sens de ce poème. 

Pour exercer sa vengeance, le cheminement de Çeda sera très long, complexe et physiquement très dur. Il n’y avait qu’un moyen pour elle d’arriver à ses fins : adhérer à la garde rapprochée des rois, et pour ce faire, Çeda subira de nombreuses épreuves dont elle n’est pas du tout certaine de sortir vivante. Mais Çeda était stimulée par la nécessité de mettre fin au règne de ces 12 rois cruels qui ont piétiné tout espoir de liberté.

Un de ces rois avait tué sa mère. Au cours de ces terribles épreuves, Çeda apprendra la vérité sur ses origines, une vérité qui l’ébranlera jusqu’au plus profond de son âme. Le récit mêle habilement quête personnelle, vengeance, univers mythologique, cruauté des rois à la tête d’une société dystopique et ambiance orientale.

L’histoire est très complexe, j’en ai autant d’ailleurs pour le personnage principal Çeda. Mais la plume est habile. Elle dévoile très graduellement la personnalité, au départ embrouillée, de notre héroïne.

C’est un récit très long qui fait cheminer le lecteur dans un environnement littéraire qui me rappelle un peu les CONTES DES MILLE ET UNE NUIT développés dans une atmosphère arabo-musulmane d’une forte intensité, style fantasy avec magie, des dieux, légendes, des mythes. La saga comprenant plusieurs tomes, on comprend que l’auteur prend son temps.

J’avais cru au départ que j’aurais à subir des longueurs, de la lourdeur, mais non. L’auteur livre les secrets de son univers avec une lenteur qui peut paraître désespérante, mais suivre Çeda vers son destin est un bonheur.

En fait, le récit comporte deux éléments addictifs : Çeda et la Cité de Sharakhaï elle-même qui est décrite tout au long de l’œuvre avec un extraordinaire souci du détail : ses modes, ses traditions, ses façons de vivre et même sa gastronomie.

Un bon point pour Bradley Beaulieu, il n’a rien négligé comme s’il s’était imprégné de cet univers avant de nous en livrer les secrets. Et ce souci du détail sera très utile pour la suite.

Du côté des faiblesses, plusieurs lecteurs/lectrices pourraient être irrités par la longueur du récit, près de 22 heures en mode audio. Si vous vous accrochez comme moi à la nature des personnages, ça devrait aller. Sinon, vous risquez de trouver le compte-gouttes passablement serré et l’aspect dramatique dilué.

Ensuite, pour un récit aussi long et qui est en plus le premier volet d’une saga, et avec une aussi imposante galerie de personnages, l’auteur aurait dû faire une présentation des personnages principaux au début. J’y aurais référé souvent.

Ajoutons à cela l’utilité d’un glossaire et un petit tableau résumant les mythes et légendes. Le lecteur pourrait se sentir livré à lui-même pour le premier quart du volume. À mon avis, les éditeurs devraient imposer cette règle pour les bouquins de plus de 500 pages. Quant à la narration, je l’ai trouvé perfectible mais acceptable.

Bref, ce livre est une mise en place pour une très longue histoire…longue mais prometteuse si je me réfère au tome 1.

Suggestion de lecture : À LA CROISÉE DES MONDES, de Philipp Pullman

Bradley P. Beaulieu a commencé à écrire son premier roman fantastique au collège. Il ne l’a pas terminé. 

La volonté d’écrire est revenue au début des années 2000, au cours de laquelle Brad s’est consacré au métier, écrivant plusieurs romans et apprenant sous la direction d’écrivains comme Nancy Kress, Joe Haldeman, Tim Powers et beaucoup d’autres. Les romans de Beaulieu ont fait l’objet de nombreux éloges.

En plus d’être lauréat du prix L. Ron Hubbard pour les écrivains du futur, les récits de Brad ont paru dans diverses publications, notamment le magazine Realms of Fantasy, Writers of the Future 20 et plusieurs anthologies de DAW Books.  Son histoire, « Aux yeux du chat de l’impératrice », a été élue Histoire remarquable de 2006 dans le Million Writers Award.

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Bonne lecture
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Claude Lambert
Le vendredi 27 août 2021

Le projet Bradbury, nouvelles de Neil Jomunsi

Lors d’une conférence prononcée en 2011, Ray Bradbury (photo à droite) disait :
*Écrire un roman, c’est compliqué: vous pouvez passer un an, peut-être plus, sur quelque chose qui au final, sera raté. Écrivez des histoires courtes, une par semaine. Ainsi vous apprendrez votre métier d’écrivain. Au bout d’un an, vous aurez la joie d’avoir accompli quelque chose: vous aurez entre les mains 52 histoires courtes. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises. C’est impossible. *

   

Neil Jomunsi a relevé le défi. (LE PROJET BRADBURY tome 1. Neil Jomunsi, page42.org 2012)

Le Projet Bradbury est autant un défi littéraire qu’un hommage : en souvenir du grand auteur américain Ray Bradbury, auteur notamment des Chroniques Martiennes et de Fahrenheit 451 et qui conseillait aux écrivains en herbe d’écrire une nouvelle par semaine pendant un an, Neil Jomunsi s’est lancé le défi de prendre son mentor au mot et de relever le défi.

                                                               LES TITRES :

                                                               -Nouveau message
                                                               -Onkalo
                                                               -Le dernier invité
                                                               -Kukulkan
                                                               -Le grand-Ozirus
                                                               -Aurélia sur la terre
                                                               -Celsius 233
                                                               -Face à l’étoile
                                                               -Kindergarten
                                                               -La dernière guerre
                                                               -Antichrist Understar
                                                               -Touristes
                                                               -Page blanche

Un exercice-hommage
*…Le projet Bradbury est aussi un hommage au grand
écrivain américain Ray Bradbury…dont Neil est un
inconditionnel invétéré. L’histoire retiendra certains
de ses brillants textes comme
FAHRENHEIT 451 ou
LES CHRONIQUES MARTIENNES, mais aussi ses
nombreuses nouvelles… nimbées de mélancolie,
d’étrange et de merveilleux*
(extrait de la présentation)

Tout ce qui touche Ray Bradbury m’intéresse. Il est un de mes auteurs préférés et son chef-d’œuvre FARENHEIT 451 est une de mes meilleures lectures à vie. Ça ne m’étonnerait pas que neil Jomunsi ait le même sentiment.

Faut-il s’étonner que sa nouvelle CELSIUS 233 qui est une de mes préférées dans le recueil PROJET BRADBURY 1 soit une dystopie qui raconte l’histoire d’un agent secret au service d’un système totalitaire, tyrannique et fortemenf intrusif. L’agent tombera en disgrâce tout le système se retournant contre lui. Faut-il s’étonner que 451 degrés Fahrenheit convertis en degrés Celsius donne 232,778 degrés ?

J’ai été impressionné par l’acharnement qu’a mis Jomunsi à relever le défi de Ray Bradbury. Écrire une nouvelle par semaine pendant 52 semaines ne doit pas être facile compte tenu des exigences d’un tel exercice : Assurer un démarrage attractif, maintenir la qualité des textes et la constance des intrigues, varier les genres et j’en passe. Je crois que le défi a été relevé avec brio et l’auteur peut dire Mission Accomplie.

Avec CELSIUS 233 dont j’ai parlé plus haut, la nouvelle que je préfère dans le recueil de Jomunsi s’intitule LE GRAND-HOZIRUS. L’histoire d’une espèce de gourou qui a étendu son influence dans le monde entier. Un prétendu chef spirituel qui est vénéré de façon grotesque est avilissante, ce qui donne à l’histoire un côté caricatural intéressant : *Tout s’est bien passé, Ô Grand Soleil ? * *Je ne suis pas digne de respirer le même air que vous, Ô Magnifique Calculateur du Monde. *
*Selon votre convenance, Inimitable Splendeur Solaire…* *…si cela plait à son Auguste Char Céleste. *
(Extrait)

Dans son histoire, Jomunsi a élevé la reptation au niveau de l’art. Toujours est-il qu’un jour, le *Splendide Condor* annonce une décision qui va changer le monde.

Cette nouvelle a un petit quelque chose de satirique et de touchant à la fois évoquant un être charismatique qui fascine le monde et qui est prisonnier d’un système d’aise qu’il a lui-même créé. Une nouvelle originale et prenante qui m’a absorbé, d’autant que je ne suis pas fanatique des guides spirituels qui oublient souvent qu’ils ne sont que des hommes.

VARIÉTÉ ET TROUVAILLES

Toutes les nouvelles de ce recueil ont un cachet particulier et elles m’ont toutes intéressées ce qui assez rare dans un recueil, en ce qui me concerne en tout cas. J’ai parlé plus haut de variété des genres. Je crois que les lecteurs/lectrices seront servis : science-fiction, fantastique, drame social, une touche de fantasy et certaines nouvelles du recueil, et je peux même extrapoler sur les tomes suivants, sont de véritables trouvailles comme NOUVEAU MESSAGE.

Qui sait ce qui se cache derrière les courriers que nous mettons chaque jour à la corbeille sans prendre le temps de les lire? Ce recueil est un magnifique mélange d’imagination et d’enthousiasme. La seule petite faiblesse que j’y ai trouvée est la finale de certaines nouvelles qui est expédiée ou bâclée par rapport au développement. Je ne me serais pas privé pour autant d’un travail aussi considérable et original. À lire donc avec mes chaleureuses recommandations : PROJET BRADBURY INTÉGRAL 1 et la suite, 2, 3 et 4.

Suggestion de lecture : THÉRAPIE, de Sebastian Fitzek

Neil Jomunsi raconte des histoires depuis qu’il est tout petit. Mais il aura dû attendre d’atteindre l’âge adulte pour que l’on arrête de s’en offusquer. On peut même dire que la situation s’améliore de jour en jour puisque dorénavant les adultes le payent pour écrire.

Aussi étonnant que cela puisse paraître après avoir étudié la réalisation cinématographique et l’écriture de scénarios pendant trois ans, après avoir travaillé dans une librairie et dans l’édition, mais aussi après avoir lu trois millions de livres (chiffre non contractuel), Neil continue de penser qu’il a quelque chose à dire… et il veut vous le faire savoir.

À travers ses livres, ses pièces de théâtre et ses courts-métrages, l’univers de Neil oscille entre réalité et fantastique. Ses textes sont souvent décalés, quelquefois loufoques, et tirent leur inspiration d’une vénérable tradition d’auteurs de littérature fantastique tels que Ray Bradbury, Neil Gaiman ou H.P. Lovecraft. Bien sûr, Neil est un geek. Mais il est aussi amateur de poésie britannique du XVIIIème siècle. Comme quoi tout arrive. (Amazon)

Pour en savoir plus sur le PROJET BRADBURY, cliquez ici
Je vous propose aussi cet article fort intéressant du site internet <actualitté les univers du livre>

Bonne lecture
Claude Lambert
Le dimanche 2 mai 2021

I.R.L. le livre d’AGNÈS MAROT, Chloé raconte…

*Cette fois, ce n’est pas de la fiction. Personne ne vous
cachera la vérité qui dérange, n’enclenchera une jolie
musique quand vous vous mettrez à pleurer. Aucun
écran ne vous protégera de votre propre histoire.*
(Extrait : I.R.L., Agnès Marot, Gulf stream éditeur,
collection Electrogen3, science-fiction, 2016, édition
numérique, 444 pages)

Je m’appelle Chloé Blanche et j’ai grandi à Life City. Comme tous les habitants, j’ignorais que nous étions filmés en permanence, que nous étions un divertissement pour des milliers  et des milliers de foyers. J’ignorais que nous étions les personnages de PLAY YOUR LIFE, l’émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. J’ignorais surtout à quel point nous étions manipulés. Puis j’ai rencontré Hilmi, le nouveau à la peau caramel…le garçon qui faisait battre mon cœur mais que ceux qui tirent les ficelles ne me destinaient pas. C’est ainsi, que j’ai découvert ce que nous étions, Life City : Les personnages d’un immense jeu vidéo

Et si on était des *SIMS*
*Il a conçu un programme pour empêcher un joueur de se
connecter à son personnage…Il suffit de lui construire un
support dans Life City pour l’attacher aux IA, un bracelet
par exemple ; on ne peut pas le matérialiser nous-mêmes,
toutes les entrées sont surveillées maintenant. Tu le passes
au poignet de ta mère, et personne ne pourra plus rien contre
elle.*

(Extrait:  I.R.L.)

 Non, la liberté, c’est permettre à l’autre de penser, de choisir et
même de se tromper si ça lui chante. Et dans ton monde, personne
n’est libre. Pas plus que dans le mien. »
(Extrait I.R.L.)

Pour bien apprécier voire savourer cette histoire, le lecteur doit d’abord en comprendre les principales définitions. PLAY YOUR LIFE : Un jeu virtuel très futuriste dans lequel les utilisateurs créent des avatars très semblables aux humains et les font évoluer dans un monde virtuel très proche de la réalité appelé LIFE CITY. Ce jeu évoque ce qui pourrait être son ancêtre : LES SIMS poussés à un très haut degré de perfection.

Les créateurs et utilisateurs et les téléspectateurs qui bénéficient de cette téléréalité font partie de l’IRL : In real life. *Life city n’est pas la ville que tu penses connaître, commence-t-il. C’est une société qui a été imaginée pour permettre aux gens de la vie réelle comme moi, de se divertir. Vous êtes une sorte de—jeu télévisé à échelle géante. * (Extrait)

Deuxième petit devoir du lecteur, c’est qu’il devra composer avec des réalités qui s’imbriquent, des sauts dans le temps, des narrations différentes parfois dans le même chapitre et elles ne s’annoncent pas. Les lecteurs et lectrices auront plaisir je crois à démêler tout ça et je dois dire qu’ils sont très bien outillés par l’auteure qui fournit une plume d’une extraordinaire efficacité et un fil conducteur qui aident les lecteurs à garder le cap.

L’originalité, la trouvaille dans cette histoire est qu’un des personnages, l’héroïne Chloé Blanche développe de façon totalement imprévue un impressionnant quotient émotionnel et finit par échapper à tout contrôle et ce n’est pas le seul problème de son créateur, Link Rinku qui devient jaloux d’un personnage qui aurait un petit sentiment pour Chloé : Hilmi. Link en vient à faire des bêtises et ça se complique du fait qu’il est le fils du PDG de PLAY YOUR LIFE, Arn Rinku, une espèce de monstre sans conscience.

Link se retrouve entre l’écorce et le bouleau. L’énorme entreprise d’Arn a maintenant un problème majeur : une intelligence artificielle qui évolue. Du jamais vu. Le pourquoi et le comment restent dans le domaine du mystère. Une chose est sûre, Chloé constitue un danger potentiel énorme pour l’IRL.

Embarquer dans cette histoire a été un peu long et difficile, mais une fois accroché au fil conducteur, je ne pouvais plus m’arrêter, J’ai senti l’influence de plusieurs des immortels de la littérature dont les célèbres dystopies 1984 de George Orwell et Farenheit 451 de Ray Bradbury.

J’ai surtout senti l’influence d’un chef d’œuvre du cinéma : LE SHOW TRUMAN de Peter Weir sorti en 1998 avec Jim Carrey et Ed Harris. Influence largement admise à l’intérieur même du récit d’Agnès Marot : *Il (Arn) s’est inspiré du concept de « the Truman show», tu sais, ce vieux film où tout le monde regarde la vie d’un homme qui évolue dans une ville remplie d’acteurs ? Avec les nouvelles technologies et le développement des univers virtuels, mon père a compris qu’il pouvait la réaliser pour de vrai et même aller beaucoup plus loin. * (Extrait)

Donc on a un univers d’IA autonomes avec une vie propre, dotée d’une intelligence émotionnelle modifiable selon les besoins de la production. Toutefois, un personnage semble vouloir sortir du décor.  L’auteure a réussi à m’imposer son rythme qui est assez rapide avec des intrigues qui diffèrent tout en se complétant. J’ai aimé cette façon de manipuler les technologies, de faire chevaucher la fiction et la réalité, cette façon de garder le lecteur dans le coup. Les personnages ont été travaillés avec beaucoup d’intelligence et de patience.

En terminant, je veux mentionner que ce livre n’est pas sans nous faire réfléchir sur les abus et dérives des Nouvelles technologies et sur la nécessité de les encadrer. Ça me rappelle aussi l’insipidité de la téléréalité et les bizarreries exprimées de son public de voyeurs. Il y a de quoi réfléchir sur la question comme je l’ai fait en lisant LE VIDE de Patrick Sénécal, et ACIDE SULFURIQUE d’Amelie Nothomb. Rien pour embellir la réputation de cette tache qu’on appelle la téléréalité. Des livres porteurs de réflexion. C’est gagnant. Lisez IRL. Je crois que vous ne serez pas déçu.

Suggestion de lecture : L’OEIL DE CAINE, de Patrick Bauwen

Sa tasse de thé bien chaude à la main, sa panthère de poche sur les genoux, Agnès Marot écrit des histoires dans lesquelles elle partage ses rêves, ses espoirs. Depuis L’AUTRE CÔTÉ DU MUR jusqu’à I.R.L., son cinquième roman, ses personnages empruntent les mille facettes des émotions et parcourent les sentiers de l’imaginaire pour mieux parler des hommes et du monde.

Entre deux mots et trois carrés de chocolat, elles passe de l’autre côté de la barrière pour travailler les romans des autres auteurs en tant qu’éditrice indépendante et tente de dompter sa muse incontrôlable. Elle écrit plus spécifiquement pour les ados et les jeunes adultes. Pour sa pages Facebook, cliquez ici.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 11 avril 2021

H+ : Tome 1 TRANSMUTATION, de CÉLIA IBANEZ

*Moi je fais partie des H N A : les humains non améliorés, de la région la plus sinistre d’Allantys. Des bouges incapables de <Googleiser> une information à partir de leur cerveau…des sombres crétins tolérés par le gouvernement sans avenir…* (Extrait : H+ , tome 1, TRANSMUTATION, Célia Ibanez, À l’origine, éditeur Green Light, 2017, version audio : Audio livre-14, narration : Emmanuelle Lemée, 2018 duré d’écoute : 7h5m , captation : Audible)

Vénus est une H.N.A. – humaine non-améliorée – qui rêve de quitter sa banlieue défavorisée pour vivre à Solon, la capitale d’Allantys, à la pointe de la modernité. Mais comment trouver un emploi et envisager l’avenir sans moteur de recherche greffé dans le cerveau et sans puce d’identification ? Comment devenir riche et célèbre quand on est née en marge du système ? Quand elle apprend qu’elle est la grande gagnante d’un concours national sur plus de vingt mille candidats, son rêve prend forme : en acceptant les termes du contrat, elle aura la chance de devenir un humain de huitième génération. Mais ira-t-elle au bout des conditions ?

AU-DELÀ DE LA TRANS HUMANITÉ
*C’est vraiment la chose la plus bizarre que j’ai jamais
vue. À Solhan, la mode est aux B M V…les bijoux
mutants vivants. Ils sont créés en laboratoire, dressés
pour nous servir…je croyais que c’était une légende
urbaine…*
(Extrait)

L’histoire se déroule dans une société futuriste à caractère dystopique sur une planète fortement abimée par une absence totale de conscience environnementale. Le prolétariat, le petit peuple est composé de HNA, c’est-à-dire les humains non améliorés.

Selon sa position, ses moyens, ses relations, sa chance et autres facteurs, un HNA peut atteindre des grades supérieurs allant de HA1 à HA8. Le HA8 est presque complètement bionique, immortel, pas besoin de dormir, accès illimité à Internet par le cerveau et j’en passe. C’est le summum du transhumanisme…le rêve ultime.

TRANSMUTATION raconte l’histoire de Vénus Myr Garcia, une jeune femme issue du *boyau*, un quartier misérable de Sorgem. Un jour, Vénus reçoit une lettre du président Atlas qui lui confirme qu’elle a gagné le grand prix d’un concours national auquel ont participé pas moins de 20,000 personnes. Ce grand prix n’est rien de moins qu’une transformation en HA de huitième génération…le top…aux limites de la perfection.

Toutefois, le processus qui mène aux premières phases de la transformation est perturbé par *Les anges de la liberté*,  un groupe rebelle hostile à la trans humanité . Une chaîne d’évènements amène Vénus à faire la connaissance d’un ange illustre : Harry Dum Lunel, beau, sexy, charmant, magnétique… Vénus développe un sentiment tellement fort qu’elle aura à faire un choix entre réaliser son rêve ou devenir une icône de la révolution. 

C’est un livre fascinant. Une histoire originale qui plonge le lecteur dans les arcanes de la trans humanité, un processus à la fine pointe de la science et de la technologie qui amène l’homme et la femme à s’améliorer, devenir énergique, performant, endurant, cérébral. Le récit fait l’étalage de subtilités scientifiques, de technologies complexes et présente de façon détaillée la trans humanité avec ses tenants et aboutissants.

J’ai été fasciné à plusieurs égards : d’abord, l’idée même des stades de perfectionnement de l’être humain, l’univers même créé par Célia Ibanez qui a fait preuve d’une imagination presque sans limite avançant par exemple l’idée que le cerveau humain soit doté d’un moteur de recherche. Je frémis à l’idée d’avoir Google dans ma tête avec un forfait internet illimité. C’est une trouvaille.

L’auteure décrit avec un remarquable souci du détail Solon, la capitale d’Allantys dotée d’incroyables gadgets technologiques. Ibanez décrit aussi avec un luxe de détails tout le rituel social et le train de mondanités qui caractérisent chaque stade d’amélioration. Je vous laisse imaginer tout le <pourléchage>  qui entoure la transformation en H8.

C’est un livre qui nous amène de découverte en découverte, de trouvaille en trouvaille et qui aboutit sur un déchirement qui annonce un tome 2 fort intéressant. Vénus est attachante. La plume est fluide, légère et extrêmement généreuse, ce qui compense pour la narration d’Emmanuelle Lemée qui est plutôt hésitante avec tendance à s’enfarger sur les mots compliqués. Elle a une belle voix, mais sa prononciation a tout juste la note de passage.

Donc Vénus est sur le point de se laisser aller dans l’ultime processus d’hybridation. Ira-t-elle au bout? C’est ce que nous dira le tome 2. Entre temps, je vous recommande ce livre qui a été pour moi un excellent divertissement en plus d’être un puits de réflexion sur l’avenir de l’humanité et le futur de l’intégrité de l’homme.

Suggestion de lecture : LA FANTASTIQUE ODYSSÉE : Chérif Arbouz

Célia Ibanez est née en 1982 à Marseille. Elle est aujourd’hui conférencière dans le domaine de l’ésotérisme, et spécialisée dans l’étude des sociétés secrètes. Ses différents voyages l’ont amenée à consacrer une part croissante de son attention aux religions et traditions spirituelles, ainsi qu’aux évènements de l’actualité, qui constituent la principale source d’ inspiration du Cinquième Monde, sa première série de romans. Célia Ibanez accompagne des enfants ayant des troubles de comportement.

La narratrice française Emmanuelle Lemée : 120 livres audio en 8 ans.

LA SUITE :

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 16 novembre 2019

LEGEND, tome 1, le livre de MARIE LU

*L’espion nous observe les uns après les autres.
Une lueur de rage brille dans son regard. Des
filets de sang s’échappent de sa bouche et
coulent sur son front et ses cheveux avant de
tomber par terre. Dès qu’il s’agite, le
commandant marche sur la chaîne qui lui
enserre le cou.*
(Extrait : LEGEND, tome 1, Marie Lu, édition originale
XIWEI LU, 2012, traduction française chez Bragelonne,
2012. Littérature-jeunesse. Éd. Num. 290 pages.)

LEGEND est le récit de June, brillante jeune femme dont l’avenir est prometteur dans les hauts rangs de l’armée, et Day, le criminel le plus recherché du pays. Il sévit depuis des années sans que les autorités puissent lui mettre la main dessus. Un jour, le frère de June, Métias, officier de l’armée, est assassiné. June, persuadée que Day est responsable de ce meurtre, le traque sans relâche. June et Day vont finir par se rencontrer, d’abord sans rien savoir de leur identité, le temps que s’installent attirance et sentiments et avant que la vérité éclate. 

JUNE Vs DAY
*Le garçon jaillit de derrière la cheminée avant que
la malheureuse ait le temps de s’effondrer. Je me
fige. Le contrôle de la situation m’a échappé.
Personne ne devait être blessé ou tué. Le
commandant Jameson ne m’a jamais dit qu’elle
ferait abattre un prisonnier…*
(Extrait : LEGEND)

LEGEND est une dystopie. L’action se déroule dans un pays où les libertés individuelles sont étouffées. Le livre raconte l’histoire de deux jeunes ados de 15 ans que tout oppose…qui vivent dans des mondes complètement opposés et à qui pourtant l’auteur a attribué une nature et un caractère auxquels beaucoup de jeunes se reconnaissent ou s’identifient.

Il y a d’abord June paris, une jeune fille considérée comme un prodige, brillante, astucieuse, patriote jusqu’au bout des ongles et vouée à un avenir fort prometteur dans l’armée. Et puis il y a Daniel Wing, appelé DAY…un jeune hors-la-loi issu d’un taudis des bidonvilles qui entourent la ville. Day est intelligent, futé, plutôt beau garçon et il a soif de ce que sa société lui refuse résolument : la liberté.

Un jour, June est appelée à remplacer son frère Métias assassiné comme officier de l’armée. Elle est convaincue que c’est DAY le meurtrier. L’histoire est un crescendo d’action soutenue qui dirige graduellement les deux jeunes héros vers la vérité. Au départ, il s’agit d’une histoire de vengeance.

En fait, l’histoire se compose de deux récits en alternance…DAY…June…DAY…June…jusqu’à la fin. Chacun se raconte à son tour. Ici, la les mécanismes de la convergence sont tout à fait prévisibles. C’est la faiblesse du livre.

Mais il faut voir de quelle façon les sentiments de June envers DAY et aussi envers le système se modifieront, pour ne pas dire s’inverseront, au fur et à mesure que la vérité se précisera. Ça, c’est le côté génial du livre : la psychologie et la force de nos jeunes héros.

De sa plume alerte et intelligente, Marie Lu a lancé comme un défi au lecteur en semant, à des moments judicieusement choisis des indices sur ce qui, finalement transformera June dans tout son être.

LEGEND est une belle histoire qui met donc en scène deux jeunes personnages séparés par une raison d’état pourrie et sans scrupule, mais qui finissent par se comprendre… il faut voir comment…c’est plus qu’une simple amourette. Il y a dans ce récit la recherche d’une vérité qui m’a agrippé.

J’ai été enthousiasmé par la lecture de ce livre. Il n’est pas très long, il se lit en quelques heures. Malgré ses petits aspects prévisibles, c’est un livre fort. J’ai déjà noté que d’une dystopie à l’autre, les mêmes thèmes reviennent souvent.

Mais dans LEGEND, j’ai relevé deux points intéressants : Marie Lu plonge le lecteur rapidement et avec un remarquable savoir-faire dans l’atmosphère et le contexte social de l’histoire et elle livre ici et là dans son récit d’intéressantes réflexions qui manquent souvent dans cette tendance littéraire qui souffre d’épuisement : la dystopie.

Le récit ne présente aucune longueur ni redondance. L’écriture est fluide, directe et laisse absorber au lecteur beaucoup d’émotion. En passant, je me suis demandé pourquoi Daniel Wing est surnommé DAY et pourquoi ce surnom est devenu le titre.

C’est brièvement mais clairement expliqué vers la fin de l’histoire. C’est comme si ça venait résumer toute l’existence de Day…bien pensé… J’ai vraiment passé un bon moment de lecture. Vivement…les deux autres tomes…

Marie Lu est une romancière américaine née en 1984 née à Wuxi en Chine. Elle n’avait que 5 ans quand sa famille s’est installée aux États-Unis. Passionnée de lecture, elle s’est mise très tôt à l’écriture et s’est spécialisée dans les dystopies. C’est sa série LEGEND en trois tomes qui lui a valu la renommée. On dit que le film LES MISÉRABLES a inspiré Marie Lu pour la création de DAY, un jeune hors-la-loi de génie. Elle continue d’écrire autant pour les jeunes que pour les adultes.

 

Bonne lecture,
Claude Lambert
le 23 septembre 2018