
*Une mer au milieu des arbres. De l’eau à perte de vue, grise ou bleue selon les humeurs du ciel, traversée de courants glacés. Ce lac est à la fois beau et effrayant. Démesuré. Et la vie y est aussi facile qu’ardente. *
Extrait : KUKUM, de Michel Jean. Édition de papier et format numérique : Libre Expression éditeur, 2019, 224 pages. Version audio : Vues et Voix éditeur, 2020. Duré d’écoute 4 heures 42 minutes. Narratrice : Domonique Pétin
Ce roman raconte l’histoire d’Almanda Siméon, une orpheline amoureuse qui va partager la vie des Innus de Pekuakami. Elle apprendra l’existence nomade et la langue, et brisera les barrières imposées aux femmes autochtones. Relaté sur un ton intimiste, le parcours de cette femme exprime l’attachement aux valeurs ancestrales des Innus et le besoin de liberté qu’éprouvent les peuples nomades, encore aujourd’hui.
Chaleureux, positif et optimiste

C’est un récit intimiste à saveur biographique puisque Michel Jean raconte l’histoire de son arrière-grand-mère Almanda Fortier (1882-1977) et lui donne la parole. Voici donc le récit de Kukum Almanda, (Kukum : grand-mère) une orpheline courageuse qui, à 15 ans, devenue amoureuse d’un beau jeune chasseur innu, Thomas Siméon, adolescent, comme elle. Surmontant la barrière des langues, Almanda quittera sa petite ferme pour partager la vie aventurière des innus de Pekuakami (Lac-Saint-Jean).
Almanda passera donc du sédentarisme au nomadisme et développera au cours de ses aventures, des idées féministes, un désir d’abattre les barrières à une époque pas si lointaine où les amérindiens étaient appelés des sauvages. Almanda vivra aussi la sombre période au cours de laquelle le gouvernement fédéral à Ottawa travaillera à *désindianiser* les premières nations,
À ce chapitre, par la voix de son héroïne, l’auteur revient sur les évènements déjà évoqués dans son livre LE VENT EN PARLE ENCORE alors que les enfants de Mashteuiatsh sont arrachés à leur famille par la Gendarmerie Royale du Canada pour être emmenés dans un pensionnat de Fort George à mille kilomètres de leur foyer. Le vent en parle encore…
Je ne reviendrai pas sur ce véritable gâchis encore commenté de nos jours dans la grande actualité mais cela donne une bonne idée du combat et des sentiments de Kukum Almanda à une époque où les indiens étaient mal vus, et le féminisme, impensable.
J’ai adoré ce livre. J’ai écouté la version audio deux fois plus pour la beauté du texte que pour la voix de la narratrice qui ne débordait pas vraiment d’émotion. Kukum était une femme forte, hors du commun. Par sa voix, l’auteur a raconté la passion la vie d’une communauté Innu du Lac-Saint-Jean, ses traditions, sa culture, et bien sûr, toute la chaîne d’évènements issus de la sédentarisation forcée.
En écoutant ce récit, je n’ai pu faire autrement que de développer une gêne, une sorte de malaise, me demandant encore aujourd’hui comment on a pu tomber si bas autant chez les religieux que chez les politiques.
KUKUM est aussi une belle histoire d’amour. Je suis étonné qu’il soit aussi peu fait mention de Thomas dans les descriptifs du livre et dans la masse critique. Je me suis beaucoup attaché à Thomas. C’est un personnage ombrageux et surtout très proche de la terre, ce qui m’a plu énormément.
Une toute petite faiblesse si on peut l’appeler comme ça, c’est que j’aurais souhaiter avoir plus de détails sur les origines d’Almanda, ses parents, son adoption par son oncle et sa tante, une certaine généalogie, même chose pour Thomas. Je sais qu’Almanda est orpheline d’une famille de migrants irlandais. J’aurais juste souhaité en savoir un peu plus.
Mais autrement, Kukum est un récit qui parle fort, riche d’un vécu raconté à la première personne. Sa simplicité et sa sensibilité m’ont touché et les évènements évoqués me choquent encore aujourd’hui. Kukum semble vouloir me dire, avec une infinie douceur, qu’il ne faut tout simplement pas oublier….
KUKUM de Michel Jean…à mettre dans vos projets de lecture…
Suggestion de lecture : L’INDIEN MALCOMMODE, de Thomas King

L’auteur Michel Jean
Du même auteur

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 19 avril 2026




























Voilà ce qu’est pour moi ce livre de Richard Powers : un câlin, doublé d’un sérieux avertissement, un plaidoyer d’une profonde sincérité doublé d’un appel au respect et à la reconnaissance. C’est un livre énorme et puissant mais aussi doux et enveloppant.
Depuis la mort de sa femme, Theo Byrne, un astrobiologiste, élève seul Robin, leur enfant de neuf ans. Attachant et sensible, le jeune garçon se passionne pour les animaux qu’il peut dessiner des heures durant. Mais il est aussi sujet à des crises de rage qui laissent son père Depuis la mort de sa femme, Theo Byrne, un astrobiologiste, élève seul Robin, leur enfant de neuf ans. 

C’est une production sonore qui nous fait visiter un écosystème unique au monde : la forêt boréale canadienne. Un enchantement. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit pour qualifier cette série qui, par la captation des bruits de la vie sauvage canadienne, pousse à la méditation, l’introspection et aussi à une réflexion sur la fragilité de l’environnement. Le tout est bien documenté.
C’est ainsi que j’ai pu entendre les sons puissants et mélodieux d’oiseaux rares et des troupeaux de caribous de la forêt subarctique du Yukon…Orques, ours et poissons-crapauds de la Côte ouest du Canada…les nombreux oiseaux et le clapotis du Lac des Émeraudes dans le parc national de Jasper…les notes harmoniques des Alouettes et le hurlement des coyotes de la Saskatchewan…l’appel énergique d’un huard sur les eaux noires d’un lac du Manitoba…la magie sonore qui émerge du parc Algonquin en Ontario…
Le seul petit défaut que je me permets de signaler dans cette production est une légère surmodulation des effets sonores par rapport à la voix de la narratrice qui manque de puissance ou si vous préférez, qui ne projette pas beaucoup. Malgré tout Laurence Lafond-Beaune a fait un excellent travail avec sa voix un peu juvénile et tout à fait rafraîchissante. Le contenu documentaire est riche, touchant la géographie canadienne, l’histoire, les secrets de la nature et dans une certaine mesure, les effets de l’activité humaine sur l’environnement. L’ensemble est sublime. C’est une petite collection remarquable qui va rester à jamais dans ma bibliothèque.
Formée depuis son tout jeune âge en musique classique et en jazz, Laurence Lafond-Beaulne est une multi-instrumentiste, auteure, compositrice, interprète et réalisatrice canadienne. Elle signe la musique de plusieurs films et documentaires, et même de deux spectacles du Cirque du Soleil. On peut entendre sa voix sur de nombreux albums, et elle coécrit pour plusieurs artistes. Militante pour l’environnement, Laurence a cofondé ACT (Artistes Citoyens en Tournée), un mouvement qui fait la promotion de pratiques écoresponsables dans l’industrie du spectacle.
Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planètes plus inhospitalières que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers convoite. Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l’Histoire.
