Commentaire sur le livre de
JOHN BRUNNER

*Elle s’agrippa au rebord de la couche et se releva péniblement. Le sol se souleva sous elle comme une mer déchaînée. Elle gémit doucement et mit un pied devant l’autre, jusqu’à ce qu’elle atteigne la porte. Elle réussit à l’ouvrir, de l’autre côté du seuil : les paysages, les bruits et les odeurs d’un monde étranger.
Elle se mit à penser à la mort et, pour y échapper, elle s’ensuit, à moitié nue, dans la nuit fantastique. *
Extrait : LA PLANÈTE FOLIE, de John Brunner. Édition de papier : J’ai lu éditeur, 2006,150 pages. Format numérique : J’ai lu éditeur, 1977, 139 pages.

Anticipation écologique

Dans LA PLANÈTE FOLIE, Brunner a mis de côté la science-fiction pour mettre à l’avant-plan la philosophie et un message à caractère environnemental. C’est une histoire qui a quelque chose d’initiatique ce qui donne un récit un peu lourd avec des longueurs et ce que j’identifie comme de l’errance, un peu comme si l’auteur avait couché un rêve épars sur papier. L’écriture est très belle mais ce n’est pas toujours facile à suivre.
Voyons un peu le contenu. Des colons terriens, au nombre de près de 180, s’installent sur une nouvelle planète appelée Asgard. Rapidement, en cours d’installation, il se produit un phénomène biologique imprévu : l’organisme des colons cesse de métaboliser la vitamine C au profit d’une bactérie spécifique. Résultat, le scorbut ravage la colonie.
Aussi, 6 colons sont désignés comme cobayes pour consommer la flore locale afin de voir si leur organisme peut s’accoutumer et réabsorber la précieuse vitamine. Entre temps, un membre du groupe, Dennis Malone part seul en prospection sur une île éloignée. Malone sera mordu par un animal marin dont le venin plongera l’homme dans un univers onirique mêlant rêve, réalité et introspection. Cela durera près de 10 jours.
Ce voyage intérieur qui a réactualisé les mythologies et croyances terrestres a transformé Malone qui n’a finalement jamais été atteint du scorbut. Au campement, les six cobayes ont vécu la même expérience sauf qu’eux ont posé des gestes extrêmement destructeurs qui ont complètement échappé à la compréhension des colons et qui avaient pourtant un but précis.
Malone et les cobayes ont réalisé que pour survivre sur Asgard, il fallait respecter les règles d’Asgard et oublier la terre exception faite de certains éléments dominants des mythologies :
Est-ce que Parvati t’a expliqué ce qui a dû se passer lorsque tu as été empoisonné ? -Oui, fit lentement Dennis. Elle m’a dit que j’étais devenu sain d’esprit. * (Extrait) L’objectif pour le petit groupe de *miraculés* devenait limpide : entraîner toute la colonie dans le même schéma de pensée. Ce ne sera pas simple. *…partir pour progresser dans une direction nouvelle et quasiment inimaginable. * (Extrait)

La principale force du récit réside dans le message qu’il nous livre dont le principal questionnement qui en découle est celui-ci : si l’homme avait à s’installer sur une autre planète, devrait-on la transformer en une nouvelle terre ou s’adapter à son écosystème, respecter la planète hôtesse et se comporter en dignes invités ?
C’est un roman écologique écrit en 1968 par un visionnaire. C’est bien écrit avec des doigts qui pèsent autant sur la plume que sur la sonnette d’alarme. Toutefois, je me suis souvent perdu dans les longs et nombreux passages oniriques qui ont pour effet de casser le fil conducteur et diluer l’intrigue. J’ai aussi été un peu déçu par la conclusion.
Ce n’est pas le meilleur de Brunner mais pour moi, l’auteur reste un pèlerin qui nous fait réfléchir sur le sens de la nature humaine, les travers de la Société et les dérives de la technologie et surtout, sur cette impression tenace que la terre est vivante, intelligente avec sa propre volonté. Et gare au jour où elle entrera en colère.
…une belle réflexion à lire avec la patience du pèlerin.
Suggestions de lecture, du même auteur :
TOUS À ZANZIBAR

L’auteur John Brunner
Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 8 février 2026



















Voilà ce qu’est pour moi ce livre de Richard Powers : un câlin, doublé d’un sérieux avertissement, un plaidoyer d’une profonde sincérité doublé d’un appel au respect et à la reconnaissance. C’est un livre énorme et puissant mais aussi doux et enveloppant.
Depuis la mort de sa femme, Theo Byrne, un astrobiologiste, élève seul Robin, leur enfant de neuf ans. Attachant et sensible, le jeune garçon se passionne pour les animaux qu’il peut dessiner des heures durant. Mais il est aussi sujet à des crises de rage qui laissent son père Depuis la mort de sa femme, Theo Byrne, un astrobiologiste, élève seul Robin, leur enfant de neuf ans. 

C’est une production sonore qui nous fait visiter un écosystème unique au monde : la forêt boréale canadienne. Un enchantement. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit pour qualifier cette série qui, par la captation des bruits de la vie sauvage canadienne, pousse à la méditation, l’introspection et aussi à une réflexion sur la fragilité de l’environnement. Le tout est bien documenté.
C’est ainsi que j’ai pu entendre les sons puissants et mélodieux d’oiseaux rares et des troupeaux de caribous de la forêt subarctique du Yukon…Orques, ours et poissons-crapauds de la Côte ouest du Canada…les nombreux oiseaux et le clapotis du Lac des Émeraudes dans le parc national de Jasper…les notes harmoniques des Alouettes et le hurlement des coyotes de la Saskatchewan…l’appel énergique d’un huard sur les eaux noires d’un lac du Manitoba…la magie sonore qui émerge du parc Algonquin en Ontario…
Le seul petit défaut que je me permets de signaler dans cette production est une légère surmodulation des effets sonores par rapport à la voix de la narratrice qui manque de puissance ou si vous préférez, qui ne projette pas beaucoup. Malgré tout Laurence Lafond-Beaune a fait un excellent travail avec sa voix un peu juvénile et tout à fait rafraîchissante. Le contenu documentaire est riche, touchant la géographie canadienne, l’histoire, les secrets de la nature et dans une certaine mesure, les effets de l’activité humaine sur l’environnement. L’ensemble est sublime. C’est une petite collection remarquable qui va rester à jamais dans ma bibliothèque.
Formée depuis son tout jeune âge en musique classique et en jazz, Laurence Lafond-Beaulne est une multi-instrumentiste, auteure, compositrice, interprète et réalisatrice canadienne. Elle signe la musique de plusieurs films et documentaires, et même de deux spectacles du Cirque du Soleil. On peut entendre sa voix sur de nombreux albums, et elle coécrit pour plusieurs artistes. Militante pour l’environnement, Laurence a cofondé ACT (Artistes Citoyens en Tournée), un mouvement qui fait la promotion de pratiques écoresponsables dans l’industrie du spectacle.
Il n’y a pas, dans tout l’Empire, de planètes plus inhospitalières que Dune. Partout des sables à perte de vue. Une seule richesse : l’épice de longue vie, née du désert, et que tout l’univers convoite. Quand Leto Atréides reçoit Dune en fief, il flaire le piège. Il aura besoin des guerriers Fremen qui se sont adaptés à une vie très dure en préservant leur liberté, leurs coutumes et leur foi. Ils rêvent du prophète qui proclamera la guerre sainte et changera le cours de l’Histoire.

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Née à Montréal en 1974, Annie Bacon détient un baccalauréat en communication et travaille principalement comme scénariste dans les milieux interactifs. Si elle a fait ses premières armes dans le domaine des jeux vidéos, ce n’est que pour mieux plonger ses lecteurs en plein cœur de l’action et de l’aventure.