*Il resta bouche bée durant de longues
minutes, alors que son téléphone
continuait de sonner. Cette fois, son
meilleur ami le harcelait, voulant vérifier
s’il était bel et bien mort comme les
journalistes se plaisaient à l’annoncer.
Des gouttes de sueurs dégoulinèrent de
son visage…*
(Extrait : LE DOSSIER MÉTÉORE, Benjamin
Faucon, AdA éditions, 2018, papier, 275 pages)
Matt Roy regarda la revue d’astronomie qui traînait sur le comptoir de son magasin. Ses yeux fixèrent la photographie de la nova observée le 19 mars 2012 et un large sourire apparut sur son visage. Cette étoile serait le sujet parfait pour son canular ! Au même moment à New York, un officier de la CIA, rangeait un dossier dans son bureau sans se douter qu’un plaisantin se préparait à en dévoiler le contenu. Du bureau présidentiel aux observatoires universitaires, les destins de plusieurs individus se trouvent bouleversés par la découverte d’une vérité que l’être humain s’efforçait de cacher depuis plus de 50 ans.
L’OMBRE DE ROSWELL
*Il ne s’agissait pas d’une nouvelle rumeur émanant
de son canular, mais de telles affirmations confirmaient
ses craintes. Sa blague pouvait en avoir dérangé plus
d’un. Et si le gouvernement comptait parmi eux, sa vie
prendrait un virage désastreux !
C’est un livre trépidant qui montre à quel point internet peut grossir et faire exploser une rumeur, qu’elle soit fondée ou pas : *Il jeta un dernier coup d’œil à son téléphone intelligent et éteignit la lumière. Son texte annonçait un changement dans la vie des hommes, mais en allant jusqu’au bout de sa mascarade, Matt venait de bouleverser les éléments de son propre univers.* (Extrait)
Désœuvré Matt Roy, inspiré par une revue d’astronomie annonçant l’observation d’une étoile très particulière de type nova, décide d’envoyer sur internet un canular annonçant l’arrivée prochaine d’extra-terrestres, Mat signe son texte d’un pseudonyme pompeux : Docteur Rosfield, ce qui n’est pas sans rappeler le célèbre dossier Roswell.
Ce que Matt ne sait pas c’est que la nova dont il est question et son lien possible avec des extra-terrestres fait l’objet d’un dossier très chaud à la CIA qui se fait forte d’éliminer tous ceux qui savent quelque chose sur cette fameuse nova appelée *Nova 19-3*. La CIA a vent rapidement de l’existence du texte signé dr. Rosfield.
Dès lors, Matt et tous ceux qui l’aideront sont condamnés à mort, traqués sans pitié par la CIA en particulier par Robert Owen, un monstre froid et sans conscience. Le président des USA s’énerve. Le message est clair : faites le ménage. Mais un policier de la ville de New-York décide de s’opposer aux meurtres et autres abus de l’agent Owen et de faire face courageusement à l’insaisissable CIA.
L’histoire est haletante et l’imagination de l’auteur m’a impressionné Cette impression s’est précisée lors de ma rencontre avec l’auteur au Salon International du Livre de Québec en 2018.
L’histoire est centrée sur le canular bien sûr et plus précisément par la CIA qui traque sans relâche et en semant la mort le fameux docteur Rosfield identifié très rapidement comme étant Matt Roy. L’auteur n’est pas tendre pour la CIA qu’il fait passer pour une fabrique de monstres et de tueurs sans scrupules.
Là ou Benjamin Faucon a poussé très loin, c’est que la CIA considérait que ceux qui s’occupait du dossier Nova 19-3 dans leur propre agence en savaient trop et devaient être éliminés. C’est un peu fort. Quel est l’avantage d’être recruté à la CIA si on en sait trop dès le départ. J’ai trouvé ça un peu fantaisiste mais c’est bien le seul petit point négatif que je peux apporter sur ce livre à la trame captivante et parfois même essoufflante.
Ayant réalisé que l’édition que j’ai lue est en fait une réédition et plus que ça en fait. Il s’agit d’une réécriture du roman. J’en ai discuté avec l’auteur quand je l’ai rencontré. En réécrivant son texte, son idée était de changer la finale, ce qu’il a fait. Il a vraiment pondu quelque chose de différent mais aussi bon à peu de chose près.
Dans ce livre, AdA publie à la fin de l’histoire, la fin qui accompagnait le texte original. Je vous laisse bien sûr découvrir les deux finales et établir votre préférence. Mais très personnellement, et je ne veux pas vous décevoir Benjamin, mais la finale originale m’a fait davantage vibrer.
Je recommande ce livre sans hésiter. Il se lit vite et bien, l’intrigue est menée à la perfection. Les personnages sont très bien définis, assez pour détester royalement les méchants et c’est évidemment la CIA qui est pointée du doigt. Je serais curieux de voir ce que donnerait l’adaptation de ce livre au cinéma.
C’est un excellent divertissement qui vient nous rappeler qu’on est peut-être pas seul dans l’univers. Dans la dédicace que Benjamin Faucon a écrite dans mon exemplaire de son livre il précise : *Pour Claude, et si tout était vrai*…
Suggestion de lecture : MOMENTUM, de Patrick de Friberg

Bernard Faucon est un romancier canadien d’origine française né en 1983. C’est à 20 ans qu’il écrira son premier ouvrage. Son style est alors surtout axé sur la poésie. C’est un genre qu’il délaissera assez rapidement au profit du roman, s’orientant vers la littérature fantastique avec la série ÉDEN ET LE MONDE VERT, puis le thriller NOVA 19-3 publié en 2012. En 2014, publie LA THÉORIE DES GÉANTS. C’est le début d’une longue collaboration qui amènera entre autres LE DOSSIER MÉTÉORE, 15e roman publié chez AdA.
Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 13 décembre 2020
1974. De retour du Vietnam, John Gaines a accepté le poste de shérif de Whytesburg, Mississippi. Une petite ville tranquille jusqu’au jour où l’on découvre, enterré sur les berges de la rivière, le cadavre d’une adolescente : Nancy Denton, une jeune fille mystérieusement disparue vingt ans plus tôt et dont le corps a été préservé par la boue. L’autopsie révèle que son cœur a disparu, remplacé par un panier contenant la dépouille d’un serpent. Traumatisé par le Vietnam, John doit à nouveau faire face à l’horreur et se lancer dans un combat mené pour une adolescente assassinée et une mère de famille déchirée. Ce qui attend John : une nouvelle traversée des neuf cercles de l’enfer.
Depuis la mort de sa femme, Dean Evers trompe l’ennui devant les matchs de baseball à la télé. Quand soudain, dans les gradins, il découvre un visage surgi du passé. Quelqu’un qui ne devrait pas être là, au stade… ni même parmi les vivants. Le lendemain, un autre homme apparait…un homme dont Dean a assisté aux funérailles…Soir après soir, Dean se laisse hypnotiser par les visages de ceux qu’ils n’espéraient ou ne voulait plus voir. Mais le pire est à venir…


























Robert-Charles Wilson (1953- ) est né en Californie. Il écrit ses premières nouvelles dans les années 70 et ses premiers romans dignes d’intérêt sont livrés à la fin des années 90 : Darwinia et Mysterium. Wilson est lauréat de nombreux prix. LES CHRONOLITHES s’est vu décerné le prix John W Campbell en 2002. SPIN, écrit en 2007, son œuvre la plus remarquable s’est vue remettre 
