PREMIER À MOURIR, le livre de JAMES PATERSON

*-Eh, mec, t’es qui bordel?
-Celui qui tue des vermines inutiles comme toi.
Là-dessus, il tira. Une seule fois.
La tête de James Voskuhl bascula en arrière.
Du rouge éclaboussa le carrelage.
Le marié vacilla une fois, puis s’affala en avant,
tassé sur lui-même.*
(extrait de 1er
À MOURIR de James Patterson,
Éditions JC Lattès, 2003)

À San-Francisco, un tueur en série s’attaque à des nouveaux mariés. Il les assassine cruellement quelques heures à peine après la cérémonie de leur mariage. Les manies du tueur sont déroutantes et les indices, plutôt rares. L’enquête est confiée à l’inspectrice Lyndsay Boxer. Pour l’aider à neutraliser le tueur sadique qui semble insaisissable, elle s’adjoint sa meilleure amie, médecin légiste ainsi qu’une journaliste et une complice du bureau du procureur. Ensemble, les quatre femmes formeront le women murder club afin de pousser l’enquête même clandestinement s’il le faut avec un maximum d’audace et de ténacité pendant que le tueur est toujours à l’affut de…nouveaux mariés.

Place au *Crim’nanas*

Il y a  dans  1e À MOURIR beaucoup d’éléments que j’aime retrouver dans un thriller digne du titre : des chapitres courts, des liens rapides et clairs, une lecture aisée, beaucoup de rebondissements et une finale insoupçonnable. Et puis je sais pas, je ne suis pas sado mais je trouve excitant de lutter contre moi-même pour suspendre la lecture d’un livre.

Mon enthousiasme a toutefois été quelque peu tempéré par quelques irritants comme par exemple le côté *petite fille que tout le monde prend sous son aile* que Patterson a imposé à son personnage principal Lyndsay Boxer, d’autant qu’elle est atteinte d’une maladie bizarre et compliquée : l’anémie aplasique de Negli, souvent mortelle et qui s’envole comme par enchantement ou presque vers la fin. Ça donne un petit côté misérabiliste ennuyant qui n’a aucun lien avec l’histoire et dont on pourrait se passer.

Il y a bien sûr une amourette avec un collègue policier qui prend de l’ampleur jusqu’à aboutir à un drame que je vous laisse le soin de découvrir et qui n’apporte pas grand-chose au récit.

Quant au WOMEN MURDER CLUB,  je l’ai perçu comme un dispositif pas très efficace dans le roman et ce, pour la raison citée plus haut…c’est *la petite fille que tout le monde prend sous son aile* qui mène, les trois autres filles me donnant beaucoup trop l’impression de n’être que des sous-fifres. Il y a, dans le profil psychologique des personnages, un petit côté naïf agaçant.

Mais j’ai pu surmonter ces petits pépins qui sont généralement liés à ce que j’appellerais des manies littéraires des auteurs soucieux de rendre leurs personnages attachants.

Pour les raisons que j’ai citées au début de l’article, je dirai que 1er À MOURIR est un très bon thriller. J’ajoute que le sujet est original et le rythme est très rapide. Il l’est peut-être trop, mais le fil de l’histoire étant bien entretenu, ça ne devrait pas poser de problème pour bien comprendre toutes les subtilités du déroulement de l’enquête.

Un dernier petit détail. Pour être honnête, dans l’œuvre de James Patterson, je préfère l’inspecteur Alex Cross, mais Lyndsay Boxer est brillante avec une forte capacité de déduction. Elle gagnera à être connue surtout si elle gagne un peu en maturité.

Suggestion de lecture, du même auteur : SUR LE PONT DU LOUP

Écrivain et scénariste américain, James Patterson est né en 1947 dans l’état de New-York. Lyndsay Boxer est le second personnage principal de son œuvre, le premier étant l’inspecteur Alex Cross. Pour ses romans mettant en scène Boxer, Patterson a imaginé la création du Woman Murder Club où Boxer évolue avec ses amies Cindy, Claire et Jill dans la résolution d’enquêtes complexes.

Ses livres se sont vendus par millions. En 2012, le magazine américain FORBES classait James Patterson comme l’écrivain le mieux payé au monde avec 94 millions de dollars en revenus annuels.

En complément, j’attire votre attention sur une télé série de 13 épisodes produite par la chaîne américaine ABC en 2007-2008 créée par Elizabeth Craft et Sarah Fain. Cette série est intitulée WOMEN MURDER’S CLUB inspirée du fameux quatuor féminin des romans de James Patterson. Les vedettes sont Angie Harmon, Paula Newsome, Aubrey Dollar, Laura Harris, Rob Estes et Linda Park.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
SEPTEMBRE 2014

LE 11 SEPTEMBRE…MINUTE PAR MINUTE

11 SEPTEMBRE
Jour du chaos
Commentaire sur le livre de
Nicole Bacharan et Dominique Simonnet

*…Qui pouvait imaginer que des êtres humains, décervelés par un endoctrinement  fanatique, puissent réaliser méthodiquement une entreprise aussi fondamentalement décivilisée?…* (extrait de 11 SEPTEMBRE LE JOUR DU CHAOS, Nicole Bacharan Dominique Simonnet, Perrin 2011)

Nicole Bacharan et Dominique Simonnet livrent le récit stupéfiant d’un des jours les plus noirs de l’Amérique avec la destruction du World Trade Center, l’attaque du Pentagone et des milliers de morts. Ils passent en revue minute par minute les évènements de cette journée de chaos, mettant en perspective l’héroïsme de milliers de personnes et surtout l’incroyable dysfonctionnement de l’administration Bush, en particulier de ses services de renseignements.

J’ai suivi ce cauchemar le jour où il s’est produit et pendant les années qui ont suivi, à la radio, la télé, dans les journaux et sur Internet. La poussière n’est jamais retombée complètement. L’Amérique en a encore gros sur le cœur. À la recherche d’un livre crédible pour avoir une vue d’ensemble, j’ai choisi l’ouvrage de Dominique Bacharan et Dominique Simonnet. Je comprends mieux maintenant pourquoi l’Amérique n’oubliera jamais.

MINUTE PAR MINUTE

Ce  livre est un document rigoureux et détaillé qui passe en revue les enquêtes approfondies, analyses, documents et entrevues afin de reconstituer, dans une chronologie serrée, les évènements dramatiques qui ont marqué le 11 septembre 2001 et tendant à démontrer que la plus puissante nation du monde est plus fragile qu’il n’y paraît.

Le terme *minute par minute* n’est pas exagéré. En fait, c’est presque du temps réel et ça donne au livre une apparence de thriller, ce qui était inévitable à mon avis à cause de l’intensité parfois oppressante de la chaîne d’évènements.

Ce livre m’a ému par la description qu’il fait de la générosité et de l’héroïsme des policiers, pompiers, secouristes et même beaucoup de simples civils dont beaucoup y ont laissé leur vie pour tenter de sauver celle des autres.

Par ailleurs, ce livre met en lumière l’incompétence de l’administration Bush et de ses départements et agences de sécurité et de renseignements, tellement nombreuses qu’elles se pilent sur les pieds. La gestion de cette crise n’a été que cafouillage. Permettez-moi de citer un passage évocateur :

*Civils et militaire agissent donc séparément, sans se concerter directement. Toutes les informations doivent transiter par différents intermédiaires, une source de malentendus et de perte de temps.

Les militaires ne reçoivent pas les informations fraîches concernant les avions commerciaux en vol ni les alertes aux détournements; les civils, eux, ne sont pas au courant des activités militaires dans le ciel.  En un mot : c’est la pagaille.*

On dirait que la raison s’est égarée quelque part : le président Bush qui tourne en rond dans le ciel à bord d’Air force one et qui sous terre, passe d’un bunker à l’autre, des agences qui se boudent et qui ne communiquent pas, des ordres contradictoires.

L’administration emmurée dans les bunkers tombe dans le piège tentaculaire de la grande confusion des rumeurs, ce qu’on appelle le brouillard de guerre si justement évoqué par les auteurs.

Ce livre m’a été utile. Il m’a permis entre autres, de réaliser que l’Amérique avait en main des indices précieux qui laissaient à penser que les États-Unis se savaient menacer sérieusement.

J’aurais cru que sortir de la guerre froide côté jardin aurait laissé les gestionnaires et exécutants de la sécurité beaucoup plus aguerris. Mais voilà, tout le monde s’attendait à une menace de l’extérieur…aucun stratège n’a prévu que ça pouvait venir de l’intérieur.

J’ai apprécié ce livre. Il est *éclairant*, crédible et extrêmement bien documenté. Il est très détaillé mais sans être trop académique. Pourquoi le lire? Parce qu’après toutes  ces années, on peut en apprendre encore sur ce cauchemar historique dans lequel 2749 personnes ont trouvé la mort sans compter les milliers de blessés.

Ce livre vient aussi nous rappeler que le fanatisme accorde peu de valeur à la vie humaine. On peut être porté à l’oublier mais l’histoire nous rappellera toujours à l’ordre.

Suggestion de lecture : HAUTE TENSION, de Richard Castle

L’écrivain, journaliste et éditeur français Dominique Simonnet et Nicole Bacharan, historienne et politologue se sont associés en 1997 pour écrire une série de quatre romans destinés aux adolescents : la série Nemo.

Ils ont aussi publié en 2000 un petit livre d’initiation à l’amour et à la sexualité destiné aux enfants : L’AMOUR EXPLIQUÉ AUX ENFANTS. Ils se sont aussi démarqués avec GOOD MORNING AMERICA ceux qui ont inventé l’Amérique (Seuil, 2011) et maintenant 11 SEPTEMBRE JOUR DE CHAO …une belle complicité…

Pour en savoir plus sur la biographie et les œuvres de Nicole Bacharan et Dominique Simonnet, ou pour leur écrire, consultez le site internet qu’ils partagent :

www.droledeplanete.com

En complément, le film-documentaire le plus crédible sur le 11 septembre 2001 est à mon avis le film intitulé simplement 9/11 réalisé par Jules Naudet, Gédéon Naudet, James Hanlon et Rob Klug. Il a été produit par la Paramount pictures en 2002.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
SEPTEMBRE 2014

COUP DE FOUDRE, texte de SHININGSTAR

L’AMOUR DANS L’AIR

Y a de l’amour dans l’air ce soir
Y a de l’amour dans l’air ce soir
et moi je broie du noir
qu’on me donne ma chance
qu’on me regarde un peu
je serai votre délivrance
j’exaucerai vos vœux
je me donne tout entière
quand l’amour est dans
l’air
(refrain de la chanson Y A DE
L’AMOUR DANS L’AIR par
Bruna Giraldi)

Bonjour à tous. Je vous propose cette fois un article un peu hors-norme car il ne s’agit pas d’un livre mais plutôt d’un texte écrit par une jeune fille de Québec qui a déjà collaboré à ce site sous le pseudonyme de Shiningstar. C’est un texte écrit avec l’émotion du cœur et marqué par de la candeur et de la sincérité. Merci à la jeune auteure et n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.

COUP DE FOUDRE
Deux êtres qui s’aiment se rencontrent toujours
(proverbe danois)

Vous avez sûrement rêvé d’un type parfait…ou d’une relation parfaite. Ou peut-être avez-vous eu simplement l’impression d’être comblé par le regard d’un gars ou d’une fille ayant une belle personnalité et sûrement de grandes qualités. Peut-être avez-vous pensé que cette personne est faite pour vous. Ressentir le vrai coup de foudre est une expérience unique et inoubliable à cause des effets qu’il exerce sur tout notre système: physiquement, moralement et même chimiquement.

C’est indéniable, le coup de foudre est d’abord lié à la toute puissance d’un sentiment apparu spontanément et lié à une personne apparue comme une bombe dans notre vie. On se perd dans son regard profond et sa voix résonne en nous comme une mélodie infinie. Il est dur d’avoir un contrôle sur ce magnétisme, peu importe l’âge de la personne, qui elle est et ce qu’elle est. Cet effet ne se produit pas par la volonté ou le rêve. C’est une fixation venue de nulle part qui s’installe et dont le pouvoir est extraordinaire, surtout si le coup de foudre est réciproque.

Le pouvoir de cette fixation s’atténue rapidement en général, sans doute à cause des barrières qui sont parties intégrantes de notre personnalité: insatisfaction, manque de  volonté, manque d’attention ou juste un besoin inassouvi d’affection. Une statistique française démontre qu’en 2011, le taux de divorce après un mariage était de 44.7%, les femmes demandant le divorce plus souvent que les hommes.

Les effets du coup de foudre peuvent constituer une belle promesse d’amour. Ils peuvent aussi être foudroyants au point qu’on ne peut réfléchir sur la viabilité d’une relation à long terme. Alors la relation se dégrade peu à peu. La conscience nous rattrape. La raison prend le dessus sur le cœur et nous amène à redéfinir la relation ou à y mettre fin.

Dans la réalité du coup de foudre, la chimie joue aussi un rôle important. Elle conditionne le cerveau selon deux scénarios distincts: celui des émotions et celui de la logique…c’est-à-dire le cœur et la raison. Dans l’évolution fulgurante d’un coup de foudre, l’émotion met la logique en échec provisoirement. Apparaissent alors les premiers symptômes physiques: au premier regard, on commence à se sentir bizarre, voire gaga, augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle, sensation de chaleur, de bien-être et de confiance en soi.

J’irai plus loin en abordant ce qui se passe dans l’infiniment petit. Quand le vrai coup de foudre se manifeste, une panoplie de molécules sont secrétées comme la phéniléthylamine qui fait qu’on se sent bien et même un peu étourdi. Il faut composer aussi avec la dopamine qui peut amener la dépendance à ce bonheur ressenti. Notez qu’autant chimiquement que moralement, l’effet est loin d’être éternel. Une étude scientifique démontre que toutes ces molécules, hormones comprises, diminuent 12 à 18 mois après le coup de foudre et disparaissent complètement après quatre ans.

En somme, le coup de foudre peut se produire à tout moment et il est très difficile d’en exercer le contrôle. C’est un état qui nous rend un peu bizarre et aussi un peu aveugle. Le coup de foudre peut aboutir autant sur une belle relation que sur une grande douleur. Il peut être merveilleux de ressentir ce que l’amour a à donner à la condition de repérer ses pièges qui sont rarement évidents. Si ça vous arrive, ne rêvez pas trop. Apprenez à bien connaître une personne avant de l’élire être aimé.

Shinningstar

Suggestion de lecture : VIES PARALLÈLES, de Sonia Bessone

BONNE LECTURE
JAILU
SEPTEMBRE 2014

À L’HÔTEL BERTRAM, livre d’AGATHA CHRISTIE

*…Le chanoine Pennyfather…une énigme.
Il parlait d’abord de se rendre en Suisse,
embrouillait tout, si bien qu’il ne s’y rendait
pas, revenait à son hôtel sans se faire
remarquer et en ressortait au petit jour…
pour aller où? L’étourderie pouvait-elle être
poussée si loin? Sinon que manigançait le
chanoine? Où était-il?*
(extrait de À L’HÔTEL BERTRAM, Agatha Christie,
Librairie des Champs-Élysées 1965)

L’intrigue se déroule au Bertram, un vieil hôtel de Londres qui a résisté aux bombardements de la 2e guerre mondiale et qui a conservé son cachet victorien et feutré. Le Bertram, prisé par les personnes d’un certain âge pour son confort et sa tranquillité accueille Miss Jane Marple, notre héroïne, de passage pour une petite semaine de détente.

Elle ne se doute pas que l’hôtel est sous surveillance par Scotland Yard et observe une chaîne d’évènements impliquant des employés et des clients de l’hôtel  jusqu’à ce qu’un portier de l’établissement soit assassiné. Un inspecteur de Scotland Yard mène l’enquête, mais l’expertise de Miss Marple pourrait bien devenir décisive…

La pause *Agatha*

*J’ai appris, après bien des années, à ne pas croire à l’enchaînement d’événements, trop simples. Les événements, apparemment simples, ne le sont presque jamais*
(Jane Marple, extrait de À l’HÔTEL BERTRAM, Agatha Christie)

AVANT-PROPOS :

Dans mes lectures, il m’arrive à l’occasion de délaisser pour un temps les nouveautés, canons littéraires ou curiosités diverses pour revenir à des valeurs qui sont sûres pour moi : des classiques ou des ouvrages de mes auteurs préférés. Cette fois, j’ai dévoré un livre d’Agatha Christie.

Je connais très bien son personnage le plus célèbre : Hercule Poirot , apparaissant dans 33 romans et 51 nouvelles. Mais pour cette pause *Agatha*, je voulais faire plus ample connaissance avec une vieille dame sympathique et très brillante : MISS MARPLE. J’ai choisi de lire À L’HÔTEL BERTRAM.

Je dois dire d’abord que À L’HÔTEL BERTRAM n’est pas le livre idéal pour faire connaissance avec Miss Marple comme je le souhaitais parce qu’elle ne mène pas l’enquête personnellement.

Elle y prête son concours de façon plus ou moins passive. Je voulais savoir s’il y avait une différence fondamentale entre Hercule Poirot et Jane Marple. J’ai compris qu’il n’y en a pas vraiment. Les deux célèbres détectives appliquent les grands principes du roman policier qu’Agatha Christie a collés à la réalité de l’ensemble de son œuvre, à savoir :

-Le crime peut-être expliqué par la personnalité de la victime comme celle de l’assassin.
-La recherche de mobiles est plus importante que celle d’indices dans la recherche de solution d’un crime.
– le coupable ne peut être démasqué qu’au terme d’une investigation, souvent psychologique, des antécédents de la victime.
-Très souvent la solution de l’énigme ne se trouve qu’après une recherche purement intellectuelle.

Donc Poirot et Marple sont le reflet fidèle de la mentalité littéraire de leur créatrice qui fait passer la solution des énigmes par une profonde compréhension de la psychologie des personnages. <voir les secrets de son  succès> Je mentionnerai simplement en terminant cet avant-propos que Miss Marple est un personnage un peu plus attachant que Poirot, qu’elle a plus de vécu et qu’elle met à contribution une très forte intuition féminine. Cela dit, voyons ce qu’a donné ma lecture du livre À L’HÔTEL BERTRAM.

Mystère dans un nid feutré

C’est un livre un peu spécial qui présente une variation du style habituel d’Agatha Christie. L’intrigue est très longue à s’installer, et le meurtre n’intervient que vers la fin de l’histoire et encore, il est accessoire, comme secondaire dans le récit.

La raison en est très simple et c’est ce qui fait l’originalité de cette histoire : l’énigme de ce roman est principalement l’hôtel Bertram lui-même, visé comme un personnage principal et dans lequel on trouve des personnages qui semblent mystifier les lieux.

Donc l’auteure s’attarde à décrire ce vestige du passé qu’est le Bertram, introduit très graduellement mais efficacement ses acteurs et donne à l’ensemble une saveur très *british* qui va un peu plus loin que le thé et les muffins.

Dans cette histoire, c’est Scotland Yard qui mène l’enquête, et avec brio encore, ce qui sort un peu du cadre habituel de l’œuvre d’Agatha Christie. Mais elle s’est arrangée pour donner à Miss Marple un rôle d’observatrice, presque passive et qui pourtant est essentiel à la résolution de l’énigme. Mais c’est bien la miss Marple telle que madame Christie l’a créée : extraordinairement intuitive et mettant à profit une remarquable connaissance de la nature humaine.

À l’HÔTEL BERTRAM n’est pas ce que j’appellerais un grand livre et sûrement pas le meilleur d’Agatha Christie, mais l’histoire est originale, les lieux et les personnages attachants et il y a des rebondissements intéressants. Malheureusement, Miss Marple étant un peu trop effacée dans le récit, je n’ai pu vraiment me faire une idée précise et satisfaisante du personnage. Pour cela, je devrai me rabattre sur un autre titre.

Suggestion de lecture : 17 NOUVELLES ENQUÊTES DE SHERLOCK HOLMES ET DU DOCTEUR WATSON de Sherlock Holmes

J’attire aussi votre attention sur l’adaptation à la télé de À L’HÔTEL BERTRAM, produite par la BBC en 1987 dans la série MISS MARPLE, 7e épisode, en deux parties, avec Joan Hickson dans le rôle de Miss Marple.

Agatha Mary Clarissa Miller devenue Agatha Christie est une des romancières les plus appréciées de l’histoire de la littérature. Elle a vécu de 1891 à 1976. Auteure de 84 romans, une vingtaine de pièces de théâtre et de plusieurs recueils de nouvelles, elle a présidé à l’élaboration de règles de base pour un bon roman policier avec ses fameux détectives Hercule Poirot et Jane Marple  qui ont une  approche originale et hautement intuitive de la résolution d’énigmes.

BONNE LECTURE
JAILU
SEPTEMBRE 2014

REGISTRE DES MORTS, de PATRICIA CORNWELL

*…J’aime les émissions sur les crimes et les suspenses, parce que, en général, je sais toujours qui a fait le coup. Mais après ce qui vient de m’arriver, je ne suis pas
certaine de pouvoir un jour regarder à nouveau des choses violentes…*
(extrait de REGISTRE DES MORTS, Patricia Cormwell, Éditions des deux Terres, 2008)

Kay Scarpetta et sa nièce Lucy, aidées par l’incontournable Pete Marino ouvrent un cabinet de médecine légale à Charleston en Caroline du sud. Scarpetta n’est pas la bienvenue. Elle entre en conflit avec des notables du milieu et le tout coïncide avec une accumulation de meurtres sordides.

Le seul lien susceptible de faire avancer Scarpetta dans sa difficile enquête est une mystérieuse psychiatre : Marylin Self, personnage excentrique et instable qui en sait beaucoup sur l’énigmatique Marchand de sable qui aurait perpétré ces meurtres. Une affaire très nébuleuse pour Scarpetta et surtout, très dangereuse.

UN CASSE-TÊTE POUR KAY

Il y a longtemps que je voulais faire la connaissance de Kay Scarpetta, le personnage central de l’oeuvre de Patricia Cornwell. Voilà…j’ai été servi. Bien que ce ne soit pas obligatoire pour apprécier un livre, il m’a été impossible de m’attacher à ce personnage plutôt froid et à la personnalité complexe.

C’est une femme extrêmement compétente dans son domaine, la médecine légale, mais difficile d’approche et qui entretient des relations compliquées avec son entourage, en commençant par son fiancé, avec sa nièce et avec son environnement en général et je dois dire que l’auteure ne l’a pas doté d’une grande sensibilité.

Je termine toujours mes livres, mais avec REGISTRE DES MORTS, je dois avouer que j’ai trouver le temps un peu long. l’intrigue est tentaculaire. Elle nous entraîne dans toutes sortes de directions, et de fausses pistes en fausses pistes, on s’y perd.

Ce n’est qu’au quatrième quart du livre que j’ai compris où l’auteure voulait en venir et là je suis devenu captif. Il faut être patient et se concentrer car le fil conducteur de l’histoire est plutôt mal entretenu. Il y a des longueurs, notamment sur l’état d’âme des personnages.

Je dois préciser toutefois, au profit de Patricia Cornwell que l’intrigue qu’elle propose n’est pas conventionnelle car elle repose sur la médecine légale, auxiliaire précieux de la justice mais qui est aussi une science poussée, aussi complexe que précise.

J’en ai beaucoup appris à ce sujet en lisant REGISTRE DES MORTS: les techniques d’autopsie, les prélèvements d’ADN et l’analyse de la moindre particule qui peut aider à faire avancer une enquête. Les sciences légales sont devenues capitales pour la conclusion des enquêtes criminelles et en développer les aspects dans un roman est un défi très intéressant.

C’est un bon thriller mais pas plus. Vous l’apprécierez peut-être à la condition d’être patient et ouvert parce que l’histoire est longue et compliquée. Il se pourrait même que, comme moi, vous soyez obligé de revenir en arrière pour mieux comprendre les voies empruntées par l’auteure.

Il est probable que je n’ai pas choisi le livre idéal pour faire la connaissance de Kay Scarpetta car je sais que Patricia Cornwell a habitué ses lecteurs et lectrices à des histoires bien ficelées et captivantes, c’est du moins ce que je conclue à la lumière des chiffres de vente et des critiques.

Si vous voulez aussi connaître Kay Scarpetta, je vous suggère de commencer par autre chose que REGISTRE DES MORTS (même ce titre est étrange car son lien avec l’histoire n’est pas évident). Vous trouverez à la fin de cet article des titres qui pourraient peut-être vous accrocher comme POST MORTEM par exemple, qui semble pour moi, un titre prometteur pour un avenir indéterminé.

Suggestion de lecture : AMERICAN GODS, de Neil Gaiman

Patricia Cornwell est née à Miami en Floride et réside maintenant dans le Massachusetts. Elle a été journaliste mais son poste d’informaticienne à l’Institut médico-légal  de Richmond, Virginie l’a définitivement inspiré dans sa carrière de romancière.

Elle a créé le personnage qui deviendra le pilier de son œuvre : Kay Scarpetta, pathologiste, médecin légiste, une femme énergique et brillante. Son premier roman, POSTMORTEM publié en 1990 a obtenu de nombreux prix dont le prestigieux EDGAR POE AWARD. REGISTRE DES MORTS lui a valu en 2008 le GALAXY BRITISH BOOK AWARD remis pour la première fois à une américaine.

De la même auteur :

BONNE LECTURE

JAILU/Claude Lambert

AOÛT 2014

ACIDE SULFURIQUE, livre de AMELIE NOTHOMB

*…Qu’une fille si belle et si gracieuse fût
promise à une mort à laquelle on
assisterait en direct créait une tension
insoutenable et irrésistible…*
**********
*…Vint le moment où la souffrance des
autres ne leur suffit plus : il leur en fallut
le spectacle.*
(extraits de ACIDE SULFURIQUE, Amélie Nothomb,
Éditions Albin Michel, 2005)

Pour les besoins d’une émission de téléréalité intitulée CONCENTRATION, les organisateurs kidnappent des gens, engagent des gardiens appelés kapos et réunissent tout ce monde dans un endroit secret aménagé en camp de concentration. Cruauté et horreur sont alors portées à l’écran quotidiennement pour le bénéfice d’un public avide appelé à voter pour désigner les prisonniers à abattre. Les cotes d’écoute atteignent des sommets. L’histoire se concentre sur une belle étudiante devenue la prisonnière CKZ114 et une chômeuse engagée comme kapo appelée ZDENA qui devient obsédée par la prisonnière CKZ114…

ACIDE SULFURIQUE : Composé chimique huileux, incolore, inodore, hautement corrosif, appelé aussi Vitriol.

Souriez…la télévision vous enlaidi…

*…si tu parles, tu meurs,
si tu ne parles pas, tu meurs,
alors parle et meurs*

ACIDE SULFURIQUE a comme toile de fond la téléréalité.  Quant à savoir ce que je pense de la téléréalité, c’est très simple, pour moi elle est le nec plus ultra de la connerie. Mais comme je suis plutôt du genre à vivre et laisser vivre, je respecte les gens qui aiment ça. Toutefois, et vous me trouverez un peu naïf peut-être, je n’imaginais pas qu’on puisse partir d’une coquille aussi vide de sens pour en faire un tableau aussi brutal et hors de toutes réalités probables.

ACIDE SULFURIQUE est un opuscule de moins de 100 pages. Il ne faut donc pas se surprendre du fait que Amélie Nothomb entre tout de suite dans le vif du sujet : à peu près pas d’introduction, mise en contexte déficiente, à peu près rien sur la psychologie des personnages à part les deux héroïnes :  CKZ114 qui finit par dévoiler son nom,  Pannonique et la kapo Zdena, une finale prévisible et un développement un peu simpliste.

Bien sûr, le livre est porteur d’une certaine réflexion sur la téléréalité et les réactions du grand public, décrit un peu comme ce qui pourrait ressembler à un cheptel de moutons. Mais j’ai trouvé l’ensemble trivial, insipide et bâclé. C’est très en dessous du talent d’Amelie Nothomb qui nous a habitué à mieux, avec entre autres BIOGRAPHIE DE LA FAIM et TUER LE PÈRE.

J’avais développé l’impression, en lisant,  que l’auteure est partie d’une idée de génie mais sans trop savoir quoi faire avec. Le résultat est qu’elle n’a rien inventé du tout et que l’ensemble est peu crédible.

C’est dommage parce que la téléréalité est un domaine, pour ne pas dire une industrie sur laquelle il y a beaucoup à dire. Avec son talent qui ne fait aucun doute, l’auteure aurait pu ficeler une histoire crédible en misant sur la force de ses personnages, la subtilité habituelle de sa plume et même y ajouter un petit caractère visionnaire qui colle avec la réalité…

Partie remise…

complément : la téléréalité selon Larousse.

Suggestion d’un roman traitant de la téléréalité : I.R.L.,  d’Agnès Marot

Amelie Nothomb est née au Japon en 1967. Elle vit de l’écriture depuis 1992, époque à partir de laquelle les succès s’enchainent, entre autres STUPEUR ET TREMBLEMENTS, grand prix de l’Académie Française en 1999 et adapté au cinéma en 2003. Elle a été honorée par le jury du prix Jean Giono en 2008 pour l’ensemble de son œuvre. Considérée comme extravagante et généreuse, l’auteure a plus d’une vingtaine de roman à son actif dont BARBE-BLEUE publié en 2012

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
AOÛT 2014

ETERNITY EXPRESS, le livre de JEAN-MICHEL TRUONG

*…Patere legem quam ipse tulisti :
la société s’apprête à opposer à ses vieux
la loi qu’ils ont eux-mêmes opposée aux
êtres encore à naître, à savoir qu’ils n’ont
le droit de vivre que s’ils ne gênent pas les
vivants. Aux deux extrémités de la vie
s’appliquera bientôt le primat de  celui
qui est là sur celui qui est encore à venir
et sur celui qui n’est déjà  plus tout à fait là…*
(Extrait de ETERNITY EXPRESS, Jean-Michel Truong,
Éditions Albin Michel, 2003)

Une économie ruinée et une démographie hors de contrôle poussent l’Union Européenne à adopter la LOI DE DÉLOCALISATION DU TROISIÈME ÂGE. Les baby-boomers devenus papy boomers sont l’objet d’un marchandage sordide. Ne pouvant plus les nourrir, l’Europe, avec la bénédiction des familles envoie ses aînés dans un coin reculé de la Chine où ils pourront *couler* leur retraite…à moindre frais. ETERNITY EXPRESS est le récit du docteur Jonathan Bronstein (devenu lui aussi papy de trop) du voyage de ces vieux, entassés dans un train à destination d’une ville construite spécialement pour eux au bout du monde…

VOYAGE VERS LA FIN

Il ne faut pas avoir une nature trop empathique pour lire sans mal ce livre troublant et dérangeant. En effet dans ce livre dont l’écriture est directe et puissante, le troisième âge est décrit comme une marchandise périmée et dérangeante qu’il faut *parquer* quelque part sans que ça coûte trop cher et encore…si on pouvait faire mieux…

Il fallait un fonctionnaire aussi froid que génial pour trouver la solution… pourquoi ne pas les envoyer en Chine… je cite… *À prestations égales, le coût de la vie était six fois moins élevé en Chine. Y expédier les retraités permettait de leur offrir une fin de vie décente, à moindre frais pour la collectivité.

Les intéressés avaient bien tenté de protester, jetant tout leur poids dans la bataille pour éviter ce que les plus virulents n’hésitaient pas à qualifier de déportation. Mais les objecteurs n’étaient pas les payeurs et les payeurs étaient cent soixante millions, bien résolus à ne pas se laisser vampirisé par cette génération à qui ils ne devaient rien.*

Le sujet abordé par Truong dans ce livre est extrêmement préoccupant. Il s’agit bien sûr de la gestion des retraites en opposition avec la Loi du profit et la gestion des *baby-boomers* devenus trop nombreux et trop dispendieux*.

Et encore, l’auteur va plus loin car si la destination imposée aux vieux a tout ce qu’il y a d’idyllique, en apparence en tout cas, la loi de délocalisation du troisième âge imaginée par l’auteur n’est pas sans mettre en perspective  des sous-thèmes qui m’ont fait grimacer comme par exemple la bienveillance hypocrite des familles.

C’est ainsi qu’on trouvera dans ce livre des dialogues agressifs et d’une incroyable froideur d’où découlent des insanités du genre *-Nous avons limité les naissances et accru la durée de la vie : l’exact inverse de ce qu’il fallait faire.*

ETERNITY EXPRESS est donc le récit du voyage de plusieurs centaines d’ainés à destination de la Chine décrite pour eux comme la Terre Promise. Pour une bonne part, l’histoire tourne autour des questionnements qui tourmentent les vieux et qui reviennent tous à une question qui pourrait être celle-ci : qu’est-ce qu’on a fait pour en arriver là?

C’est là, par le biais de son personnage principal et narrateur, Jonathan Bronstein, médecin déchu, que l’auteur dépeint un monde froid, gouverné par l’argent, le pouvoir, les promesses électorales, les dérives et l’amoralité d’une société capitaliste dans laquelle fleurissent autant la recherche du profit que l’incompétence.

Alors…il faut élaguer… pourquoi ne pas se débarrasser des vieux devenus improductifs et par voie de conséquence, une nuisance administrative, sociale et financière.

Ce livre est porteur d’une profonde réflexion sur notre société de consommation. Bien sûr nous n’en sommes pas encore là, mais je n’ai pu faire autrement que de me poser la question, moi qui est déjà sexagénaire, est-ce que la chose est plausible? En tout cas, les réflexions de Truong sont d’une justesse à faire peur.

Bien sûr, ETERNITY EXPRESS demeure un roman, mais un roman qui tire un signal d’alarme. C’est un livre que je classerais comme *thriller philosophique*. Il est noir, dur, mais captivant et intelligent et au-delà de tout ça, il est nécessaire.

*Quand ce train arrivera à destination, vous saurez vraiment ce que vaut votre vie*

Suggestion de lecture : TOUS À ZANZIBAR, de John Brunner

Jean-Michel Truong

Psychologue et philosophe,  Jean-Michel Truong est né en France en avril 1950. À sa sortie de l’Université de Strasbourg, il est cogniticien, c’est-à-dire spécialiste en intelligence artificielle. D’ailleurs, il est fondateur de COGNITECH, première société européenne spécialisée en intelligence artificielle. Parallèlement à ses activités professionnelles, il est romancier et essayiste. 

Pour en savoir plus sur Jean-Michel Truong, consultez son site officiel :
www.jean-michel-truong.com

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
AOÛT 2014

ON NE MEURT QU’UNE FOIS ET C’EST POUR SI LONGTEMPS

Commentaire sur le livre de
Patrick Pelloux

*Ce livre est un plaidoyer pour que la médecine
reste humble face à l’histoire. Combien de
médecins ont tué leurs malades au cours des
siècles?*
(extrait de ON NE MEURT QU’UNE FOIS ET C’EST
POUR SI LONGTEMPS, Patrick Pelloux, éditions
Robert Laffont, 2013)

Partant d’une recherche poussée sur les plans historique et médical, le docteur Patrick Pelloux, urgentiste, passe en revue l’agonie et les derniers moments de la vie de 30 personnalités historiques en commençant par Jésus, jusqu’à Winston Churchill en passant par Molière, Louis XIV, Beethoven, Balzac, Staline et même Laurel et Hardy. L’auteur s’est appuyé sur le contexte social, politique, culturel et médical des époques visées pour retracer avec un maximum de justesse la fin de vie de ces personnes dont le génie s’est gravé dans l’histoire.

Il faut bien mourir de quelque chose…

C’est un livre intéressant. Le sujet est original. Je craignais au départ que la lecture soit pénible à cause du sujet traité…agonie, mort, errance médicale… mais non,  le sujet est traité avec doigté, finesse, un petit soupçon d’ironie et une pointe d’humour qui vient donner à l’ensemble un bel équilibre.

Il ne faut pas oublier que Patrick Pelloux est médecin. Il ne faut donc pas se surprendre de trouver une grande quantité de détails sur l’état physiologique des illustres personnages réunis dans ce livre. Mais qu’à cela ne tienne, Patrick Pelloux est un excellent vulgarisateur et nous livre des pistes très intéressantes sur l’évolution médicale.

Il faut ici faire la différence entre manque de connaissance et errance médicale. J’étais heureux que Pelloux pointe du doigt l’incompétence crasse des médecins de la Cour de France par exemple.

Pour ces charlatans, les lavements et la saignée étaient la panacée, le remède passe –partout. Je ne suis pas expert en médecine, mais est-ce que faire des saignées généreuses et à répétition ne rend pas exsangue un malade déjà très faible.

Est-ce que même un médecin du 17e ou 18e siècle ne pouvait pas comprendre ça au moins d’instinct? J’ai l’impression qu’à cette époque, pour achever un malade, l’idéal était de trouver un médecin. Je comprends mieux l’état d’esprit de Molière quand il a écrit LE MALADE IMAGINAIRE.

Autre fait intéressant : la description de l’agonie de tous ces personnages illustres en dit très long sur leur époque. Bien que ce ne soit pas son objectif premier, le livre est porteur d’histoire avec des faits précis quoique parfois grinçants sur la mentalité de ces époques. J’ai particulièrement apprécié les chapitres sur Marie Curie et le duo le plus célèbre de l’histoire du cinéma, Laurel et Hardy.

Je pense que vous apprécierez ce livre, dont le titre a été emprunté au grand Molière d’ailleurs…il est si doux de vivre. On ne meurt qu’une fois et c’est pour si longtemps…(LE DÉPIT AMOUREUX, MOLIÈRE 1622-1672).

Je crois qu’on peut être sérieux sans se prendre au sérieux, comme Molière et comme Patrick Pelloux qui a mis à contribution non seulement ses compétences de médecin, mais aussi sa passion de l’histoire et son engouement pour la recherche afin de nous offrir un livre qui nous amène d’un personnage et d’une époque à l’autre en nous arrachant au passage des sourires amusés.

Je vous souhaite d’avoir autant de plaisir que j’en ai eu à lire ce livre.

Suggestion de lecture : LA MORT HEUREUSE de Hans Küng

Patrick Pelloux est médecin urgentiste très populaire en France pour son implication active dans les débats sur la santé et l’évolution sociale. Il publie régulièrement des chroniques dans lesquelles il prend la défense de l’hôpital public et pour lesquelles il a obtenu le prix CINO DEL DUCA de l’institut de France.

Il a écrit entre autres HISTOIRE D’URGENCES tome 1 et 2. Pelloux est devenu célèbre en 2003 quand il a donné l’alerte aux médias de la France sur les conséquences de la canicule dans les services hospitaliers.

BONNE LECTURE
JAILU
JUILLET 2014

Et vous trouvez ça drôle ? Le livre de COLUCHE

*Nous organisons un grand concours
de chèques à mon nom. Le plus gros a
gagné*
(extrait de ET VOUS TROUVEZ ÇA DRÔLE de
Coluche,  Le livre de Poche, France Loisirs,
2000, 112 pages , éd. Num.)

ET VOUS TROUVEZ ÇA DRÔLE est un ouvrage en deux parties. On y retrouve d’abord un recueil de blagues, pensées humoristiques, remarques et aphorismes à saveur de critique sociale, extraits de conférences et d’émissions de radio et de télévision animées par Coluche au cours de sa carrière.

Dans la deuxième partie, l’éditeur propose la transcription d’une très intéressante conférence faite par Coluche le 27 février 1986 à la loge Locarno 72 du Grand Orient de France. Cette conférence portait sur les nouveaux pouvoirs ainsi que sur les évènements et les motivations qui ont conduit à la création des RESTOS DU CŒUR. (Voir complément cinéma et anecdote à la fin de l’article)

COLUCCI : de l’humour et du cœur
*De toute manière, il y a un truc qui est sûr, c’est que
j’ai trouvé un créneau, et tant que je parlerai au
public, je leur parlerai de ça. Je leur parlerai de la
possibilité qu’ils ont de débarrasser le pouvoir de
ce qu’il ne fait pas ou de ce qu’il fait mal.*
(extrait d’une conférence de Coluche, le 27 février 1986
et consignée dans son livre ET VOUS TROUVEZ ÇA DRÔLE)

*******

*Lolita a plus d’parrain
nous on a plus notre meilleur copain
t’étais un clown mais t’étais pas un pantin
enfoiré on t’aimait bien
maintenant on est tous orphelins
putain d’camion, putain d’destin, tiens ça craint*

(Extrait de la chanson PUTAIN DE CAMION de Renaud Séchan, sortie en 1988 en mémoire de son ami Coluche, mort en 1986 en percutant un camion avec sa motocyclette. La chanson est dédiée aux enfants de Coluche Marius et Romain ainsi qu’à la fille de l’auteur, Lolita Séchan, filleule de Coluche.)

*******

Je voulais en savoir plus sur Coluche. Bien sûr, rien ne vaut une bonne biographie, mais j’étais essentiellement attiré par la chaîne d’évènements qui a préludé à la création des RESTOS DU CŒUR. ET VOUS TROUVEZ ÇA DRÔLE est donc un opuscule en deux parties. J’ai passé rapidement sur la première partie,  un recueil de blagues et de pensées humoristiques parfois à saveur politique ou idéologique.

Bon c’est de l’humour français…on aime ou on n’aime pas. Ça m’a fait sourire un peu…pas plus. Coluche est beaucoup plus drôle quand on le voit que quand on le lit. Au cinéma, sa présence est puissante et transcende n’importe quel scénario.

J’ai été beaucoup plus captif de la deuxième partie qui est la transcription d’une conférence dans laquelle Coluche s’exprime sur les nouveaux  pouvoirs et c’est dans cette partie que j’ai compris les motivations de Coluche, le sens de son implication sociale et son altruisme.  Mon objectif était de mieux comprendre l’homme et j’ai atteint cet objectif.

Louis Dalmas, responsable de la loge Maçonnique  Locarno a bien cerné Coluche en décrivant les trois ressorts qui le motivent : provocation, satire, générosité. Dalmas n’a pas manqué de faire le lien entre Coluche et le grand Molière dont la plume était plutôt vitriolique face à l’avarice, la cupidité et l’hypocrisie.

En fait, avec son langage éclaté habituel, Coluche nous pousse à une réflexion très sérieuse sur le pouvoir du show-business. C’est d’ailleurs ce nouveau pouvoir qui a amené la création des restos du cœur et la réalisation de nombreux gestes de solidarité.

Ce pouvoir est supérieur à celui de la Presse. Coluche ne se gêne pas pour le dire…je cite : *…nous, on fait une profession de générosité, alors que les journalistes font une profession qui est très proche de la méchanceté.*

Je pourrais dire, de façon peut-être un peu plus euphémique que les journalistes atteignent la tête et que les artistes atteignent le cœur. Ça donne aux artistes un pouvoir extraordinaire qui n’a pas de frontière. Coluche ne prétend pas détenir la vérité absolue, mais son argumentaire pourrait pousser le lecteur à tirer des conclusions intéressantes.

Michel Colucci (1944-1986) était un comédien et humoriste français, né de famille italienne. Dès l’âge de 15 ans, il devient chanteur et à partir de 1974, obtient la notoriété  comme comédien à la radio et à la télévision, puis comme acteur au cinéma.

Il utilise son humour caustique pour dénoncer les travers de la société en matière de religion, de morale et de politique. Il va jusqu’à se présenter aux élections présidentielles de 1981 avec comme slogan : *je vais foutre la merde*. Il finit par se retirer. François Mitterand devait-il être soulagé?

Suggestion de lecture : LOUIS DE FUNÈS, de Brigitte Kernel

BONNE LECTURE
JAILU
JUILLET 2015

VOIR LE COMPLÉMENT CINÉMA ET ANECDOTE

À l’intérieur des vaisseaux de l’espace

Commentaire sur le livre de
Georges Adamski

 *Dans le vaisseau, il n’y avait pas le moindre
coin sombre. Je ne pus  voir d’où venait la
lumière. Elle semblait pénétrer toutes les
cavités et les coins avec une lueur légère et
plaisante. Il n’y a aucun moyen de décrire
correctement cette lumière.*
(extrait À L’INTÉRIEUR DES VAISSEAUX DE L’ESPACE,
Georges Adamski, Michel Moutet éditeur, t.f. 1979,
num. 150 pages)

Dans À L’INTÉRIEUR DES VAISSEAUX DE L’ESPACE,  Georges Adamski raconte son contact avec les extra-terrestres, comment, le 13 décembre 1952, il s’est embarqué dans un vaisseau, a voyagé dans l’espace, a pu observer la face cachée de la lune, ainsi que les ceintures de Van Allen dont il a fait une description assez précise avant même qu’elles ne soient découvertes par le célèbre physicien James Alfred Van Allen et qu’elles ne portent son nom.

Il a même fait une description des lucioles de l’espace avant même les astronautes. Bien que l’auteur ait de nombreux détracteurs et qu’il demeure fort controversé, son histoire s’est insérée très solidement au cœur de l’histoire de l’ufologie. L’ouvrage, toujours disponible, est encore cité en référence de nos jours. Il s’agit de son quatrième livre (publié en 1953).

L’énigme Adamski
*Je crois que j’ai été réellement le témoin
de la force même qui pénètre tout l’espace
et dont les planètes, les soleils et les
galaxies sont formés; la même force qui
soutient et supporte toute activité et
toute vie dans l’univers.*
(extrait À L’INTÉRIEUR DES VAISSEAUX DE
L’ESPACE, Georges Adamski)

Georges Adamski est un de ces personnages qui a marqué mon adolescence, m’intéressant aux sujets qu’il développe, en particulier les extra-terrestres et la Loi Universelle. Je me suis décidé à replonger dans une partie de son œuvre. Je dois dire aujourd’hui que À L’INTÉRIEUR DES VAISSEAUX DE L’ESPACE est un livre peu crédible, mais il suscite tout de même quelques doutes qui déchirent les ufologues.

Peut-être est-ce à cause de sa sincérité, de ses observations sur le fonctionnement des vaisseaux qui sont parfois d’un réalisme impressionnant, ou à cause de certaines photos certifiées par des spécialistes comme ne contenant aucun trucage.

Là où ça ne va pas du tout, c’est quand Adamski décrit les planètes Vénus, Saturne et Mars comme des planètes vivantes avec des communautés prospères et heureuses, de l’eau, de l’air et de la nourriture en abondance, des mondes sans guerre et sans maladie à côté desquels la terre n’abrite que des barbares au balbutiement de leur évolution.

Adamski décrit même la face cachée de la lune comme étant habitée avec des vallées verdoyantes, du gibier, de l’air de l’eau et un peuple évolué.

*…Je vis des engins construits sur le modèle du vaisseau-mère, en miniature. Ils paraissaient glisser juste au-dessus du sol, comme les autobus que j’avais vus sur la lune…* (Adamski, description de Vénus)

Dans l’œuvre d’Adamski, il n’y a pas de petits hommes verts, pas de vaisseaux aux dimensions monstrueuses type *independance day*, pas d’intentions belliqueuses, pas d’armes, aucune hostilité. Les extra-terrestres en question sont des hommes.

Là où la crédibilité en prend pour son rhume, c’est que depuis la publication de l’ouvrage jusqu’à nos jours, la science a fait des progrès énormes jusqu’à démontrer qu’il n’y a pas de vie ni sur Vénus, ni sur Saturne ni sur mars et encore moins sur la lune. Pas d’eau, pas d’air, pas de petites fleurs et encore moins d’autobus aéroglisseur.

Toutefois, les *pro-adamski* avancent l’hypothèse que les visiteurs n’étaient pas de notre système solaire, mais ont fait croire à Adamski que c’était le cas, peut-être pour des raisons de commodité ou pour éviter de communiquer des secrets que l’humanité n’est vraiment pas prête à entendre.

Le livre d’Adamski ouvre à toutes sortes de possibilités, y compris celle de la fumisterie mais les ufologues sont trop partagés pour considérer celle-ci comme étant le seul élément à considérer.

En définitive, c’est au lecteur à faire la part des choses et c’est un défi très intéressant. Pour ma part, ce que j’ai trouvé le plus fascinant dans ce livre est le message véhiculé par les extra-terrestres .

Il est avant tout un vibrant plaidoyer pour la paix et laisse à penser que l’homme n’atteindra jamais sa plénitude, son bonheur et les jalons supérieurs de son évolution tant que son esprit sera gouverné par le besoin de domination, générateur de guerre, de violence, d’intolérance et de haine. Le message semble démontrer que l’humanité n’atteindra son plein potentiel qu’en passant par un scrupuleux respect de la Loi Universelle.

Comme le dit le vieux cliché, la balle est dans le camp du lecteur. Peut-être les extra-terrestres ont-ils simplement imprégné un songe dans l’esprit d’Adamski, comme Dieu l’a fait pour Jean avant la création de l’apocalypse. Toutes les possibilités sont à envisager. Le débat est toujours très actif chez les ufologues pour qui Adamski demeure une énigme.

Suggestion de lecture : AFFAIRES ÉTRANGES de Joslan F. Keller

D’origine polonaise, Georges Adamski (1891-1965) est auteur, astronome autodidacte, conférencier et Ufologue. Il est ce que l’ufologie appelle un CONTACTÉ. En effet, Adamski prétend qu’un être venu de Vénus l’a fait voyager dans l’espace. Il aurait eu plusieurs contacts ayant apparemment pour but d’amener les humains à préserver leurs ressources, cesser de polluer et cesser tout essai nucléaires. Même si l’auteur demeure toujours controversé, ses livres continuent de nos jours à obtenir d’intéressants succès de librairie et le personnage demeure  fascinant.

BONNE LECTURE
JAILU/Claude Lambert
JUILLET 2014

VOIR LE COMPLÉMENT SUR LA LOI UNIVERSELLE