ODYSSÉE, le livre de CLIVE CUSSLER

…Tout se passe comme prévu…Selon le calcul De nos savants, il faudra 60 jours pour abaisser la température du Gulf Stream jusqu’au niveau qui provoquera un froid extrême dans les Régions du nord. La femme en or sourit et se versa une autre coupe de champagne…(extrait de ODYSSÉE de Clive Cussler, Grasset, 2004)

Dirk Pitt et Al Giordino découvriront alors un mystérieux projet de tunnels reliant deux océans et qui pourrait avoir un impact dramatique et permanent sur notre planète et notre monde…serait-il déjà trop tard?

Bien que ce livre ait, encore une fois comme toile de fond, la domination du monde par un sombre personnage riche et puissant (car, que recherchent les puissants de ce monde sinon encore plus de puissance, thème développé des milliers de fois dans la littérature) , j’ai beaucoup aimé ce livre à cause de son lien avec l’œuvre d’Homère.

Fidèle à sa tradition, Cussler débute son histoire par l’évocation d’une catastrophe du passé qui bien que légendaire, n’a jamais eu d’explication plausible sur le plan historique et géographique. Il s’agit ici de la guerre de Troie.

Toujours en partant de la découverte d’un vase Celte de 3,000 ans et avec son extraordinaire imagination, Cussler explique sa vision de l’odyssée et avance des explications fort plausibles sur ce que fût le cheval de Troie, l’utilisation qui en a été faite, le lien avec les Celtes, les druides et même l’emplacement géographique de la guerre de Troie qui ne serait pas du tout celui qu’on croit.

Sans artifice ni lourds discours scientifiques, Cussler a développé, à travers son interprétation de l’histoire, une intrigue solide et cohérente, sans longueur, en maintenant une tension constante. Ses personnages sont attachants et l’ensemble est bien documenté. J’ajoute que le percement d’un canal entre le pacifique et l’Atlantique sous le Nicaragua afin de stopper l’action naturelle du Gulf stream est une véritable trouvaille sur le plan littéraire bien sûr..

Odyssée est un roman intelligent. Je vous le recommande sans hésitation.

Suggestion e lecture : L’ODYSSÉE DU TEMPS d’Arthur C Clarke

BONNE LECTURE
Claude Lambert
JUIN 2013

(En Complément…)

LE TEMPS PARALYSÉ, livre de DEAN KOONTZ

…Le garçon se libéra de sa ceinture de sécurité,
s’agenouilla sur le siège et regarda derrière lui.
-Bordel de merde…
-Étant donné les circonstances, je pardonne le
Langage…
(extrait de LE TEMPS PARALYSÉ
Dean Koontz, éditions J’ai Lu, 1990)

Le temps est relatif : le voyage dans le temps
Est théoriquement possible
(théorie de la relativité générale, Einstein, 1916)

Corollaire de la théorie d’Einstein : revenir dans
Le passé pourrait permettre de modifier les
Évènements futurs. Cette théorie ouvre la porte
À ce qu’on appelle LES PARADOXES TEMPORELS.

LE TEMPS PARALYSÉ raconte le destin de Laura née au moment précis où un éclair transperçait le ciel. Alors que Laura a 12 ans, son père meurt et elle est par la suite trimbalée d’orphelinat en famille d’accueil jusqu’à l’âge adulte où elle devient une écrivaine célèbre. À chaque épisode de bonheur, la fatalité la rattrape par l’action de mystérieux hommes en noir qui veulent sa mort, et à chaque fois, elle est sauvée par un mystérieux ange gardien prescient qui semble  venir de nulle part et dont l’arrivée toujours providentielle coïncide avec…un éclair qui transperce le ciel…pourquoi un ange gardien…la réponse est dans le livre où le temps prend une importance capitale.

C’est un livre passionnant mais qui nécessite un exercice parfois intense de la pensée à cause du thème développé. Ce thème, très présent dans la littérature de science-fiction et développé largement dans la série-culte AU CŒUR DU TEMPS est complexe. Il s’agit de la notion du temps, le voyage dans le temps et les paradoxes temporels. (voir les liens à la fin de l’article).

Pardonnez-moi d’insister…si vous voulez pleinement savourer cette histoire imaginée avec intelligence, vous devrez en faire la lecture dans un endroit calme et vous concentrer pour démêler et comprendre les notions de paradoxes.

Même si l’auteur a fait de très beaux efforts de vulgarisation, il n’hésite pas à faire dire à son héroïne…je cite *VOUS N’AURIEZ PAS UNE TONNE D’ASPIRINE?*  Ça vous donne une idée du défi à relever, mais ça vaut la peine.

L’intrigue est intense et soutenue et donne l’impression qu’on a plus affaire à un thriller qu’à un roman de science-fiction avec un dosage équilibré de terreur et de suspense. D’ailleurs, il y a une phrase qui revient souvent dans la deuxième moitié du volume…je cite : *-LE DESTIN LUTTE POUR RÉTABLIR CE QUI ÉTAIT PRÉVU.-

Koontz s’attache à cette phrase ou devrais-je dire au sens profond de cette phrase pour donner à son récit une intensité dramatique qui garde infailliblement le lecteur captif. Il est fidèle à son style en offrant une histoire étoffée qui conjugue l’histoire (qui appartient au passé) et le destin des hommes (qui est une notion d’avenir). Je vous recommande LE TEMPS PARALYSÉ…un excellent divertissement

Suggestion de lecture : DARK  WEB de Dean Koontz

BONNE LECTURE
MAI 2013
Claude Lambert

(En Complément…)

MOI, CLAUDE – le livre de ROBERT GRAVES

Moi, Tibère-Claude-Drusus-Néron-Germanicus, etc
(Je ne vais pas vous infliger dès maintenant tous mes titres)
Connu encore tout récemment de mes amis…sous les noms de
-Claude l’Idiot-, Claude le Bègue-, Clau-Clau-Claude-, ou à
Tout le moins de –pauvre oncle Claude-, je m’apprête
Aujourd’hui à écrire l’étrange histoire de ma vie.
……
-Qui est ce vieux monsieur? Demanda un des soldats,
Nouveau venu au Palais. Il n’a pas l’air dangereux.
-Comment, tu ne sais pas? C’est le frère infirme de
Germanicus. Un brave vieux type. Pas méchant pour
Un sou.. Lève-toi Seigneur. On ne te fera pas de mal.

(extrait de MOI, CLAUDE de Robert Graves, Galimard 1987)

Mémoires et récit autobiographique de Tibère-Claude-Drusus-Néron-Germanicus, petit-neveu d’Auguste, neveu de Tibère, oncle de Caligula, beau-père de Néron, époux d’Agripine et de Messaline…devenu malgré lui empereur de Rome suite au meurtre de Caligula (lui-même héritier de Tibère)

Je précise ici que les mémoires de Claude sont imaginaires. En fait, MOI CLAUDE est un roman historique que Robert Graves a écrit sous forme d’autobiographie. Ça n’a rien à voir avec la série télévisée britannique MOI CLAUDE EMPEREUR qu’on dit une série culte et qui, sans l’apport de Derek Jacobi, aurait été un parfait navet.

L’ouvrage de Graves est supérieur par sa sensibilité, sa sobriété et la recherche constante de la réalité politique de l’époque, une politique qui était polluée par des croyances qu’aujourd’hui nous jugeons absurdes, conditionnés que nous sommes par le modernisme libéral du 21e siècle.

Graves donne donc la parole à Claude, considéré par ses contemporains comme un parfait débile intellectuel et qui fait le bilan de sa vie. J’ai apprécié le fait que l’auteur ait bien mis en perspective le fait que Claude n’a jamais voulu être empereur. Il l’est devenu parce qu’on le jugeait plus manipulable que dangereux…c’était sans doute une erreur.

Graves n’a pas fait l’erreur de sombrer dans le sensationnalisme. Mais que pouvait rapporter Claude de sa vie publique sinon les meurtres, les boucheries, les intrigues de cour, les mensonges, les trahisons, les complots, la vie débridée des Julio-Claudiens. Cependant, l’auteur a pris soin de comprendre l’homme.

Bien que l’empire Romain ait continué de s’étendre sous le règne de Claude, ce dernier était sans doute le moins *militaire* des Césars. Il s’intéressait davantage à la justice, aux affaires sociales et à l’architecture. C’était un bon administrateur et un bâtisseur. En plus, il était travaillant. Pas mal pour quelqu’un à qui on ne prêtait que la moitié d’une cervelle (aspect qui a été retenue dans de nombreux livres et au cinéma)

Bien sûr, MOI CLAUDE est un roman mais je crois que son regard critique sur la politique et la décadence des Césars est crédible…un aperçu de quelques éléments importants qui devaient tisser lentement la toile de la chute de l’empire romain.

Un livre intéressant…

Suggestion de lecture : LE SCANDALEUX HELIOGABALE d’Emma Locatelli

À gauche :
l’auteur Robert Graves

BONNE LECTURE

JAILU/Claude Lambert
MAI 2013

LA FORMULE DE DIEU, de J.R. DOS SANTOS

Si Dieu est bon, il ne peut pas être Tout-puissant
Puisqu’Il ne parvient pas à éliminer le mal.
S’Il est tout-puissant, il ne peut pas être bon
Puisqu’Il permet au mal d’exister.
Un concept exclut l’autre. Lequel préférez-vous?
-extrait de LA FORMULE DE DIEU

1951, 2 espions de la CIA épient une conversation entre David Ben Gourion, chef du nouvel État d’Israël et Albert   Einstein. Les deux hommes discutent de l’obtention de l’arme nucléaire par Israël et de l’existence de Dieu. 50 ans plus tard, un expert en cryptologie, Tomas Noronha est appelé au Caire par une mystérieuse femme qui lui demande de déchiffrer un cryptogramme caché dans un document détenu par le gouvernement de Téhéran écrit de la main d’Albert Einstein et dont le contenu pourrait bousculer l’ordre mondial. Noronha devient agent double. En cours d’enquête, il découvre que le manuscrit contient beaucoup plus que les belligérants ne le croient…ce document ne serait rien d’autre que la preuve scientifique de l’existence de Dieu…

1952 : rencontre d’Albert Einstein avec David Ben Gourion

C’est un livre intéressant. Il peut être même passionnant pour les personnes versées en philosophies orientales qui accordent de l’importance à la dualité universelle entre le Ying et le yang et surtout à ceux et celles versés dans les sciences, en particuliers les sciences physiques et mathématiques.

En effet j’ai trouvé cet ouvrage très lourd puisqu’il évoque et tente d’expliquer les secrets de l’Univers par le biais de principes et de lois complexes que l’auteur arrive difficilement à vulgariser : théorie de la relativité, principe de l’incertitudethéorie des cordes, microcosme et macrocosme, théorie du chaos, physique quantique sans oublier le déterminisme car d’après la *formule de Dieu*, notre existence n’a pas la moindre chance d’être accidentelle par le simple fait que tout est déterminé depuis le commencement.

C’est d’ailleurs sur la question du déterminisme que j’ai développé l’impression qu’on peut faire dire ce qu’on veut à la *Formule de Dieu* et que les limites de la science seront toujours confrontées à celles de la Foi. Pour ce qui est du roman comme tel, vous avez compris que l’intrigue est noyée dans les longues explications scientifiques, il y a une petite insertion sentimentale *poids plume* et une petite finale qui, bien qu’elle ne m’a pas laissé pantois, est originale quoique prévisible.

Pour résumer, vous apprécierez ce volume dans la mesure où vous êtes prêts à vous investir intellectuellement dans la compréhension des lois physiques et philosophiques qui régissent la vie, le reste étant accessoire…

Suggestion de lecture : VATICANUM de Jose Rodriguez Doss Santos

Claude Lambert
AVRIL 2013

(En Complément…)

UNE PLACE À PRENDRE, de J.K. ROWLING

*La lame libérait la douleur qui occupait Toutes ses pensées et la faisait hurler en Silence, pour la transformer en pure Incandescence bestiale par le truchement des nerfs et de la peau à vif. Chaque Entaille était un soulagement…*
(Extrait de UNE PLACE À PRENDRE de J.K. Rowling, Bernard Grasset éditeur. 2012)

L’action se déroule à Pagford, un petit village apparemment calme. Dans cette petite bourgade ou le quotidien des uns est imbriqué dans celui des autres, un personnage populaire, membre influent du Conseil Paroissial et instructeur de l’équipe féminine d’aviron, Barry Fairbrother meurt subitement.

Cette tragédie mettra tout le village en émoi évidemment. Elle mettra surtout en perspective le chaos dans lequel l’ambition peut faire plonger une petite communauté, car après tout…la place de Barry Fairbrother est à prendre…

Sur UNE PLACE À PRENDRE, j’ai lu dans des sites internet que le livre est classé *comédie de mœurs*. C’est la seule chose de drôle qui me vient à l’esprit en évoquant ce livre si je me base sur le portrait psychologique détaillé des nombreux personnages réunis dans ce livre qui n’a rien d’une comédie.

Ceci dit, je m’attendais à plus et à mieux de J.K. Rowling. Malgré tout c’est un roman assez intéressant malgré des irritants susceptibles de décourager des lecteurs aux attentes élevées : une introduction interminable d’une grande quantité de personnages (on s’y perd un peu), une toile de fond trop *noire* inutilement, une accumulation excessive de commérages, papotages et faits divers (phénomène normal quand une histoire se déroule dans un petit village, mais ici c’est trop) et enfin un style un peu trop cru. Et puis dans ce livre, personne n’est irréprochable sauf le héros mort en première page : Barry Fairbrother à qui on a attribué une pureté trop belle pour être vraie.

Toutefois, il y a dans ce livre des éléments intéressants qui m’ont gardé suffisamment captif pour en apprécier l’ensemble. En effet, ce livre pousse à une réflexion sur le pouvoir d’Internet et des réseaux sociaux potentiellement dangereux quand ils sont utilisés à des fins de délation, de petites vengeances, de médisances, de calomnies…les effets dévastateurs pouvant être décuplés dans de petites agglomérations où tout le monde connait tout le monde et où il est facile de pointer du doigt l’ambition et la lâcheté de tout un chacun sans se soucier de séparer le vrai du faux. Je crois que ce thème a été inséré dans le roman avec finesse et intelligence.

Aussi, dans le dernier quart du livre, Rowling fait errer ses personnages en convergence en augmentant de façon graduelle et constante l’intensité dramatique. Toute la puissance de l’écriture de Rowling est concentrée vers la fin. C’est agaçant mais ça vaut la peine de s’y rendre.

On est très loin du livre innovant, mais UNE PLACE À PRENDRE est quand même un assez bon roman, quoique très insuffisant pour mettre Harry Potter dans l’ombre.

BONNE LECTURE

Suggestion de lecture : HARRY POTTER À L’ÉCOLE DES SORCIERS, de J.K.Rawling

Claude Lambert
AVRIL 2013

(En Complément…)

VINGT MILLE LIEUES SOUS LES MERS, de JULES VERNE

*À partir de ce jour, vous entrez dans un nouvel élément, vous verrez ce que n’a encore vu aucun homme car moi et les miens, nous ne comptons plus et notre planète, grâce à moi, va vous livrer ses derniers secrets.* (paroles du Capitaine Nemo)
(Extrait de 20,000 lieues sous les mers, de Jules Verne, 1869)

Ces derniers temps, j’avais envie de mettre de côté les livres récents, les découvertes et ce qu’on pourrait appeler les incontournables pour me tourner vers une valeur sûre, un beau classique…vous savez le genre de livre qu’on aime rouvrir après plusieurs années et dans lequel on replonge avec délice, sans jamais perdre sa faculté d’émerveillement.

Jules Verne m’est tout de suite venu à l’esprit. De ce bon vieux Jules, j’ai choisi ce que je considère comme le plus beau et le plus humain des classiques : 20 000 lieues sous les mers.

C’est ainsi que j’ai renoué avec le capitaine Nemo et le moyen extraordinaire qu’il s’est donné pour vivre à l’écart des hommes dans une perpétuelle méditation favorisée par les courants et les fonds marins…dans un univers de calme bucolique, de beauté et aussi de plaisirs pour les yeux et le palais. Bien sûr, cet univers n’est pas sans danger.

Il m’a donc été donné de renouer avec l’incroyable sens de l’anticipation de Jules Verne, cet extraordinaire puits de science qui a ce don merveilleux de *connecter* le savoir avec la poésie et de garder captif le lecteur, la lectrice.

Quel plaisir de retrouver ce magnifique classique de Verne. Lors de ma première lecture de l’œuvre (et ça remonte à mon adolescence), j’étais agacé par l’étalage de connaissances dont Verne imprégnait son œuvre. Il me semblait que l’intrigue et l’histoire elle-même étaient négligées au profit de l’érudition de l’auteur. Aujourd’hui, après une nouvelle lecture, je considère l’œuvre avec un œil et un état d’esprit complètement différents.

Bien sûr, *20 000 lieues sous les mers* est une magistrale leçon de zoologie et de botanique marines, de géographie, de science et de technique, mais c’est aussi un regard critique sur la complexité des relations humaines et sur la solitude.

Malgré la masse formidable de détails et de descriptions qui sont incorporés dans le récit, l’écriture est telle que j’avais l’impression de me retrouver à côté d’Aronnax ou encore de pénétrer l’esprit du capitaine Nemo pour mieux saisir le sens de sa démarche.

Je pourrais m’éterniser…surtout quand il est question de Verne, mais j’aimerais compléter avec de brefs éléments qui pourraient ajouter à la tentation de lire ou relire ce chef d’œuvre.

-Le titre du livre n’a rien d’exagéré. L’odyssée du Nautilus couvre en effet près de 80 000 kilomètres dans tous les océans du monde, y compris l’Antarctique.

-Il ne faut jamais perdre de vue le contexte de l’époque dans cette histoire : 1866…le 19e siècle. (Verne a vécu de 1828 à 1905). Il vous sera plus facile d’apprécier l’extraordinaire esprit visionnaire de l’auteur.

-Verne accorde plus de crédit à la science qu’à l’homme. Il n’y a pas de message social ou moralisateur dans son œuvre…seulement une imagination bouillonnante qui place l’homme devant son destin avec des arguments tout à fait crédibles.

20 000 LIEUES SOUS LES MERS est un livre plus que divertissant…il est attachant avec une bonne dose d’émotion et qui nous rappelle que la nature n’a pas fini de nous étonner…

Suggestion de lecture : VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE de Jules Verne

BONNE LECTURE
Claude Lambert
MARS 2013

(En Complément…)

LE C.V. DE DIEU, livre de JEAN-LOUIS FOURNIER

EXTRAIT DU DOSSIER MÉDICAL :
Électrocardiogramme du 28 août 1994 :

EXAMEN DU CŒUR DE DIEU :
Observations du cardiologue :
État neuf, n’a jamais servi……..

-Pourquoi vous appelle-t-on LE BON DIEU?
-Une vieille habitude d’avant le déluge.

-Et ça vous est resté malgré tout ce que vous avez fait?
-C’est un mot dont on se sert beaucoup dans la famille.
Regardez mon fils, vous savez comment on l’appelle?
-Je sais pas, ‘’Bon Jésus?’’
-On l’appelle ‘’bon à rien’’, ça lui va beaucoup mieux.
Et c’est pas faute de m’en être occupé…
(extraits de LE CV DE DIEU de Jean-Louis Fournier)

Une fois son Œuvre achevé, Dieu devint désœuvré et commença graduellement à s’ennuyer ferme. Alors, il prit la décision de chercher un emploi chez les humains. Il prépara son CV (quelques milliers de pages) et descendit sur terre pour sa première entrevue d’emploi, entrevue qui passa évidemment en revue les grandes réalisations de Dieu.

L’auteur a prévu dans son livre l’agenda de Dieu sur terre, quelques statistiques intéressantes et bien sûr, la transcription de l’entrevue d’emploi de Dieu avec le directeur d’une grande firme.

Je crois que ça m’a fait du bien de lire ce petit bouquin. Il est un tantinet cinglant, coquin à coup sûr, irrévérencieux mais surtout drôle et original. J’avertis tout de suite les puritains de la religion versés dans la *bondieuserie* de s’abstenir à moins d’avoir un solide sens de l’humour.

Jean-Louis Fournier nous propose un livre très original, ventilé, avec des chapitres très courts sans lourdeur mais avec quand même de la recherche, un brin de philosophie et beaucoup d’humour surtout quand on pense qu’il est ici question de l’être le plus énigmatique de l’univers : Dieu qui est présenté ici à l’image de l’homme, comme un *chum* qui pourrait être votre voisin.

Est-ce que le directeur engagera Dieu????? À lire absolument.

BONNE LECTURE

Suggestion de lecture : ET DIEU CRÉA LES BEATLES de Daniel Ichbiah

JAILU/Claude Lambert
Février 2013

(En Complément…)

MICRO, de MICHAEL CHRICHTON et RICHARD PRESTON

N’ayant envie ni de se retrouver arrosés
Ni de servir de repas au scarabée, ils
Cessèrent de parler et restèrent immobiles
Pendant que l’insecte poursuivait son chemin,
Visiblement en quête d’une proie. Soudain…
(extrait de MICRO de Michael Crichton et
Richard Preston, éditions Robert Laffont, 2012)

Après la mort de Michael Crichton en 2008, on a découvert sur son ordinateur, la première ébauche du roman MICRO, un document incomplet mais très riche en possibilités. L’éditeur a demandé à un grand admirateur de Crichton, Richard Preston, d’écrire la suite de l’histoire.

Preston y a vu une possibilité de rendre hommage à l’auteur prolifique et d’un talent exceptionnel qu’est Michael Crichton, le père de JURASSIC PARK. Le livre a été publié à titre posthume à la fin de l’année 2011 et a rapidement été classé Bestseller.

À Honolulu, une mystérieuse société de bioprospection : Nanigen,  attire dans ses filets de recrutement sept étudiants venus de Harvard. En réalité, cette société opère un mystérieux appareil qui lui permet de réduire objets et créatures vivantes à l’état microscopique.

Le directeur de Nanigen, Vin Drake, corrompu et sans scrupules, cache aux nouveaux venus les véritables raisons de leur venue à Nanigen, entre autres la fabrication de micro robots qui peuvent devenir rapidement meurtriers et hors de contrôle.

Très vite, les étudiants en savent trop. Ils sont miniaturisés et abandonnés dans la forêt tropicale. Commence alors pour les jeunes scientifiques une lutte impitoyable pour survivre à une nature cruelle et échapper à Vin Drake, prêt à tout pour se débarrasser de témoins gênants.

Ce livre est une variation d’un thème déjà largement exploité dans la littérature de science-fiction, au cinéma (avec entre autres le classique de Richard Fleischer LE VOYAGE FANTASTIQUE sorti en 1966) et à la télévision (avec la série-culte créée par Irwin Allen dans les années 60 : AU PAYS DES GÉANTS et bien sûr l’œuvre immortel de Jonathan Swift LES VOYAGES DE GULLIVER, adapté une nouvelle fois à l’écran par Rob Letterman en 2010.) Ce thème est celui de la miniaturisation.

Même si Richard Preston  a écrit à peu près les deux tiers du roman, on reconnaît aisément l’empreinte littéraire de Michael Crichton quant à l’esprit et à l’écriture. Le thème développé est aussi cher au cœur de l’auteur d’origine. MICRO me rappelle d’ailleurs à plusieurs égards JURASSIC PARK : des êtres humains continuellement confrontés au gigantisme d’une nature jugée cruelle et impitoyable.

Il n’y a pas de dinosaures ici mais c’est tout comme…les étudiants réduits à quelques millimètres doivent affronter les insectes, des plantes naturellement équipées pour se défendre et sont menacés aussi par les cruels effets de la désaturation, ce qu’on appelle LA MALADIE DES CAISSONS, conséquence directe de la miniaturisation.

Ajoutez à cela une crapule prête à vendre son âme au diable et vous obtenez un mélange explosif. Le thème est usé évidemment mais Crichton  a ce don, magnifiquement entretenu par Preston, de garder captif le lecteur en l’entraînant de rebondissement en rebondissement et en maintenant constante l’intensité de l’intrigue. J’ai aussi été séduit par la description de l’environnement dans l’infiniment petit.

L’auteur ne se limite pas aux extrêmes dangers que représente cet environnement mais aussi à sa beauté. L’histoire est crédible du seul fait d’un équilibre parfait entre la fiction et la réalité scientifique auquel s’ajoute une intensité dramatique *accrochante* .  Preston ne pouvait rendre plus bel hommage à Michael Crichton.  Vous ne serez pas déçu.

Pour en savoir plus sur les auteurs, consultez le site officiel de Michael Crichton. Il est en anglais, mais il vaut le coup d’œil :    http://www.crichton-official.com/

Et pour Richard Preston, consultez http://richardpreston.net/

Suggestion de lecture : A COMME APOCALYPSE de Preston et Child

BONNE LECTURE
Claude Lambert

LE RASOIR D’OCKHAM, livre d’HENRY LOEVENBRUCK

« …Mais en gros, le centre de la terre reste

Suffisamment inconnu pour que des

Occultistes puissent imaginer n’importe quoi… »

Extrait de *LE RASOIR D’OCKHAM* par Henri Loevenbruck, Flammarion 2008 


RASOIR D’OCKHAM :

Vieux principe philosophique et mathématique qui veut que lorsque deux hypothèses entrent en compétition pour la solution d’un même problème, l’hypothèse la plus simple est la meilleure…

L’histoire est celle d’Ari Mackenzie, policier analyste controversé de la Direction Centrale des renseignements Généraux. Mackenzie doit enquêter sur des meurtres en série particulièrement sordides commandités par une secte sanguinaire surgie du passé.

Pour avancer dans cette affaire, probablement la plus complexe et la plus violente de sa carrière, Mackenzie doit interpréter six pages d’un célèbre manuscrit du XIIIe siècle : le célèbre carnet de Villard de Honnecourt.

Ce document énigmatique aurait un lien avec les Compagnons du Devoir, un groupe occulte prêt à tout pour redécouvrir ce secret oublié du Moyen-âge et susceptible de déchaîner une incroyable violence. Le défi de Mackenzie :  arrêter ces fanatiques  sans scrupules avant qu’ils ne mettent en place leur sinistre dessein.

Rien de neuf et de vraiment original dans cette saga de Loevenbruck qui rappelle étrangement les histoires de Dan Brown … exactement la même recette :  un personnage principal spécialiste des sectes et de l’occultisme, des meurtres dégueulasses, un secret dangereux que veut percer une secte d’illuminés, des héros qui passent d’une énigme à l’autre, évoquant un jeu de piste et bien sûr, la femme de l’histoire qui vient ajouter une petite touche romantique. 

J’aime mieux vous le dire tout de suite, bien que le livre de Loevenbruck ait quelques forces, Brown est infiniment supérieur,  plus subtil, plus intriguant, et un peu plus réaliste. Ma déception vient principalement de trois faits qui m’ont sauté aux yeux : le style est beaucoup trop emprunté, l’histoire est un peu tirée par les cheveux, et la finale, bien qu’elle annonce une suite, évoque ce que je pourrais qualifier de superbe queue de poisson.

Mais tout n’est pas noir… il y a quand même des éléments intéressants qui m’ont gardé le nez dans le livre. Les chapitres sont assez courts et plusieurs sont d’une grande intensité. Il y a de l’action et du mystère ainsi qu’une description intéressante des lieux historiques.

Si vous êtes amateurs d’occultisme, de mystères et d’intrigues évoquant un péril possible de l’équilibre mondial, vous pourriez  apprécier ce livre à la condition de ne pas avoir trop d’attente car toute l’intrigue repose sur un secret qui doit être protégé même au prix de la vie. C’est une variation très ordinaire sur un thème archi connu.  Si c’est votre baptême du genre, vous pourriez vous en tirer avec une petite déception sur le manque d’envergure et sur le ptit coté *guerre de gang*. C’est lisible, mais ça s’arrête là

Suggestion de lecture : AU FIL DU RASOIR de Karin Slaughter.

JAILU
FEVRIER 2013

(En Complément…)

CODE ZÉRO, le livre de KEN FOLLETT


*Écoutez, monsieur Carroll,
L’armée n’emploierait pas Un cinglé pour un projet
Ultrasecret. En temps normal,
Luke est aussi sain d’esprit que Vous et moi. De toute évidence, Quelque chose l’a déstabilisé…* (
Commentaire sur le livre CODE ZÉRO de Ken Follet, version française de CODE TO ZERO, paru en 2001)

1958, en pleine guerre froide, un scientifique, Claude Lucas, concepteur de la fusée américaine EXPLORER 1, perd la mémoire dans des circonstances mystérieuses et se retrouve vêtu en clochard dans un milieu malfamé. Cherchant à retrouver son identité,  Lucas, surnommé Luke comprend petit à petit qu’il a été drogué et qu’il est accusé d’espionnage par un agent de la CIA prêt à tout pour l’empêcher de reconstituer son passé. Avant que sa mémoire bascule, Luke avait découvert que le lancement d’EXPLORER allait être saboté.

Pour Luke, le défi  est de taille : convaincre le Pentagone d’annuler le décollage d’Explorer, identifier le saboteur, sauver sa vie, empêcher une catastrophe majeure et remettre les États-Unis en selle dans la course à la conquête de l’espace. Mais voilà…le compte à rebours  est très mince.

Voici un livre que j’ai beaucoup aimé. Il se lit bien et vite. Les chapitres sont en réalité des séquences temporelles (temps réel), intenses, sans longueur, à part peut-être quelques inclusions sentimentales qui sont du reste toujours en lien avec le drame. Cette façon d’écrire de Follet me rend automatiquement captif…c’est une force irrésistible qui caractérise l’auteur.

Fidèle à sa tradition, Follet s’est basé sur un évènement historique pour imaginer son histoire. En effet, il faut se rappeler que le 29 janvier 1985, le lancement d’Explorer avait été annulé et reporté, soi-disant pour des raisons météorologiques, alors que le temps était magnifique sur Cap-Canaveral.

J’aimerais préciser aussi que ce livre est bien documenté politiquement et scientifiquement. En effet, Follet met très bien en perspective le contexte de la guerre froide, l’intensification de l’espionnage et les moyens fantastiques déployés pour développer le contre-espionnage.

D’autre part, Follet met aussi en évidence le défi scientifique extraordinaire que représente la conquête de l’espace en donnant des caractéristiques de la fusée au début de chaque séquence temporelle du roman. Pour moi ça a un ptit coté génial parce que le déroulement de l’histoire est libre de détails scientifiques et techniques encombrants et compliqués.

C’est un livre non seulement divertissant, mais crédible…une lecture agréable que je n’hésite pas une seconde à vous recommander.

Suggestion de lecture : APOCALYPSE SUR COMMANDE de Ken Follet

Bonne Lecture

Claude Lambert
Février 2013

(En Complément…)