PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES

Commentaire sur le livre d’un collectif
de l’Association des Écrivains Québécois
pour la Jeunesse

*Ils les découvrirent à l’étage dans la salle de bain :
Sophie, assise sur un banc, un drap sur les épaules
et de la mousse à barbe plein la tête; Étienne, le
rasoir de son père à la main, tout occupé à faire
disparaître les cheveux de sa sœur.*

(Extrait de la nouvelle de Hélène Grégoire, C’EST LA FAUTE
AU PETIT, du recueil PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES,
Éditions Pierre Tisseyre, 2001, édition de papier, 160 pages.
Littérature jeunesse québécoise)

PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES est un recueil de nouvelles écrites et publiées bénévolement par des membres de l’Association des Écrivains Québécois pour la Jeunesse, les droits d’auteur servant à financer le PRIX CÉCILE GAGNON. Dans ce recueil qui est le cinquième de la série, vous pourrez faire la connaissance de personnages drôles et sympathiques. Vous pourriez être surpris par les fanfaronnades scolaires de ces petits tannants dont les frasques ont pris avec le temps, valeur de légende. Vous l’avez compris, le recueil est développé sous le thème des mauvais coups et à ce sujet nos auteurs ne manquent pas d’imagination. 

DE MAUVAIS COUP EN NOUVELLE !
*Dans quelques années, je serais riche, me disais-je
innocemment. J’allais pouvoir acheter tous les
magasins de jouets et de bonbons de la planète.
Après quelques deux ans passés à économiser,
j’avais déjà amassé deux dollars et quarante-
cinq sous. Mon projet allait donc bon train.
(Extrait : ENTRE LA MÉMOIRE ET L’IMAGINAIRE de
Sophie-Luce Morin, du recueil PETITES MALICES ET
GROSSES BÊTISES.)

Ça fait plusieurs fois que j’entends parler de l’Association des Écrivains Québécois pour la Jeunesse et de son initiative pour encourager et motiver la jeune relève de la littérature québécoise. J’ai donc décidé de faire une petite recherche là-dessus car tout ce qui peut stimuler la plume québécoise m’intéresse.

C’est ainsi que chaque année, plusieurs auteurs de l’Association des Écrivains Québécois pour la Jeunesse (AEQJ) collaborent gracieusement à l’écriture d’un recueil collectif de nouvelles à l’intention des jeunes. Les droits perçus par la vente de ces ouvrages financent le PRIX CÉCILE GAGNON attribué par l’Association à un auteur ou une auteure de la relève.

J’ai donc lu un de ces recueils et exploré la Collection Conquêtes de l’éditeur Pierre Tissseyre dans laquelle ils sont insérés. Plus précisément, j’ai lu PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES, un recueil de 11 nouvelles sous le thème des mauvais coups.

Un collectif très sympa qui va plaire j’en suis sûr aux jeunes lecteurs de 12 à 14 ans et je peux dire aussi que le adultes ne seront pas indifférents à ces nouvelles étant donné le thème développé : LES MAUVAIS COUPS. Moi en tout cas, ça m’a rappelé un bout d’enfance.

J’ai trouvé dans ces petits textes du vécu, de la fraîcheur, de la candeur et beaucoup d’humour :

*Audrey Tanguay! Elle me fait les yeux doux depuis la troisième année. Ah! Qu’elle m’énerve! Elle me regarde toujours avec ce petit sourire insignifiant, comme si elle n’était pas intelligente, alors que je sais très bien que c’est une des filles les plus brillantes de la classe. Pourquoi y a-t-il tant de filles qui pensent que les garçons aiment les cruches?* (Extrait de la nouvelle de Yanick Comeau POUR L’AMOUR DE VIRGINIE, du recueil de l’AEQJ PETITES MALICES ET GROSSES BÊTISES). Ça vous donne je pense, un bon aperçu de l’atmosphère du recueil.

Même si j’ai aimé toutes les nouvelles, j’ai quand même ma préférée : LE GANG DES FOULARDS BLEUS de Michel Lavoie. À l’école qu’elle fréquente, Élise est fascinée par LA GANG DES FOULARDS BLEUS, une espèce de petite société secrète dont elle ne sait rien bien sûr mais à laquelle elle tente d’être initiée.

Les adultes se rappelleront sans doute leur adolescence à l’école alors qu’ils faisaient partie, ou tentaient de faire partie d’un groupe secret ou d’un petit club fermé…pour les jeunes lecteurs, ce sera une découverte. En tout cas, dans la nouvelle de Michel Lavoie, tout le monde pourra vérifier la portée du proverbe TEL EST PRIS QUI CROYAIT PRENDRE.

Je vous invite donc à découvrir ce bon petit recueil. En achetant les recueils de l’AEQJ, vous parrainez une très bonne cause. Vous encouragez les jeunes écrivains de la relève québécoise et croyez-moi, il y a du talent là-dedans et plein de promesses pour la pérennité de la littérature québécoise.

En même temps, pourquoi ne pas parcourir la très belle collection CONQUÊTE des Éditions Pierre Tisseyre qui réunit une brochette d’auteurs qui ont enchanté et enchantent toujours la jeunesse francophone tels Robert Soulière, Denis Côté, Cécile Gagnon, Yves Beauchesne et David Schinkel, Louis Émond et plusieurs autres.

La littérature québécoise n’a pas fini de me surprendre…

         
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7                                           8                                             9

10

1)      Francine Allard…MOLIÈRE ET LES ÉPINGLES À LINGE
2)     
Jean Béland…MOI, JE SUIVAIS…
3)     
Yanik Comeau…POUR L’AMOUR DE VIRGINIE
4)     
Cécile Gagnon…CINQ POULES AU DORTOIR
5)     
Diane Groulx…LE VAMPIRE
6)     
Michel Lavoie…LE GANG DES FOULARDS BLEUS
7)     
Sophie-Luce Morin…ENTRE LA MÉMOIRE ET L’IMAGINAIRE
8)     
Josée Ouimet…LES MÉMOIRES D’UN «GADOUSIER»
9)     
Stéphanie Paquin…1914
10) 
Louise-Michèle Sauriol…LES «FOUFOUNES» BLANCHES
N’apparaît pas sur les photos : Hélène Grégoire…C’EST LA FAUTE AU PETIT

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le samedi 12 JANVIER 2019

 

PASSAGE, le livre de CONNIE WILLIS

*…Il souhaitait l’informer des détails sidérants que Mme Davenport s’était remémorée. «Ils sont si précis et authentiques que vous ne pourrez plus contester la réalité des EMI.» -Ce qu’on voit n’est pas réel.- Rétorqua-t-elle. Même s’il a raison de
parler de précision et d’authenticité. *
(Extrait : PASSAGE, Connie Willis, t.f. Éditions J’ai Lu, 2001, édition numérique, 740 pages)

Joanna Lander, une psychologue, s’est spécialisée dans les expériences de mort imminente. Pour comprendre les mécanismes de la mort et du passage dans une autre vie, elle collige des témoignages qui s’avèrent malheureusement peu fiables. Mais un neurologue, Richard Wright, lui propose de travailler sur des EMI provoquées artificiellement par l’injection d’une drogue psychoactive. Joanna accepte sans toutefois se douter que cette technique pourrait bouleverser toutes les théories scientifiques sur les EMI et sur la mort elle-même. Joanna veux prouver la survie de l’esprit à l’enveloppe charnelle, mais les motivations ne sont pas les mêmes pour tous…

LES CHEMINS DE LA LUMIÈRE
*-C’est un S.O.S.- Ils ne le capteront jamais,
se répéta-t-elle. Mais elle resta assise dans
le noir, cernée d’étoiles, pour serrer le
petit chien contre elle et diffuser des
signaux d’amour, de compassion et
d’espoir. Les messages des trépassés.*
(Extrait : PASSAGE)

La mort, l’au-delà, la vie après la mort et les expériences de mort imminente sont des thèmes qui prolifèrent en littérature mais surtout sous forme de témoignages ou de documentaires, rarement sous forme de roman. Dans PASSAGE, Connie Willis a relevé le défi en se concentrant sur les expériences de mort imminente : Les E.M.I.

Évidemment, quand on parle d’E.M.I. on pense presque automatiquement au docteur Raymond Moody qui a fait un tabac avec son livre LA VIE APRÈS LA VIE. Peut-on comparer avec PASSAGE? Disons que les deux auteurs développent une théorie complètement opposée.

Moody attribue à l’E.M.I une dimension essentiellement spirituelle répondant à des critères précis, les principaux étant la décorporation, la sensation d’être enveloppé de bien-être et d’amour, le tunnel avec au bout l’ange de lumière et le récapitulatif de la vie.

Dans PASSAGE, la théorie développée par Connie Willis est essentiellement scientifique, l’ E.M.I. étant considérée comme un soubresaut hallucinatoire du cerveau mourant, une réaction chimique et même comme une ultime tentative de se raccrocher à la réalité de la vie.

Voilà qui ne fait pas l’affaire des mystiques car la disparition des synapses cérébrales une par une, implique une finalité de la vie, un passage vers la non-existence. Ça s’arrête là. *Il est logique de supposer qu’une scientifique considère ces choses sous un jour différent, qu’elle les dépouille de leurs connotations mystiques* (Extrait)

Dans PASSAGE, les deux théories s’opposent. Nous avons en présence Maurice Mandraque, auteur à succès, être borné, farouche partisan du tunnel de lumière et dont les convictions se rapprochent beaucoup de celles de Raymond Moody. L’auteure n’est pas tendre avec son personnage et lui attribue la fâcheuse tendance à influencer les ÉMISTES dans leur témoignage.

Puis, il y a les défenseurs de la théorie scientifique, Joanna Lander et Richard Write qui tentent de comprendre les mécanismes de la mort pour éventuellement sauver des vies. Pour eux, la mort est une finalité, l’âme n’entrant pas en ligne de compte puisqu’elle n’est pas scientifiquement prouvée et encore moins manipulable.

Pour illustrer les étapes de la mort cérébrale, expliquer un retour possible à la vie et mettre en perspective le caractère hallucinatoire de l’É.M.I, l’auteure a imaginé une énigme qui trouverait sa réponse à bord du Titanic peu avant son naufrage et prend l’allure d’une véritable course contre la montre.

Le Titanic prend ici valeur de symbole de la finalité de la mort. Ce n’est pas simple à suivre, mais l’idée était tout de même excellente.

PASSAGE touche une corde sensible, développe un sujet controversé et on ne peut pas vraiment dire qu’il apporte une bonne nouvelle aux êtres humains mystifiés par la mort depuis l’aube des temps. L’histoire est intéressante et comporte beaucoup d’action, même haletante par moment. Mais le livre est victime de sa complexité. Les longues explications scientifiques sont nombreuses et lourdes.

Dans l’ensemble, le livre comporte beaucoup de longueurs. Mais la plume de Willis, brillante, pousse le lecteur à aller toujours plus loin pour comprendre où les acteurs veulent en venir. C’est réussi je crois, même si la finale m’a laissé un petit arrière-goût d’inachevé.

C’est un livre à lire avec patience et un esprit ouvert. Il faut se rappeler que c’est un roman de science-fiction. Willis a évité le piège du mélodrame tout en maintenant une forte intensité dramatique.

Elle ne prétend pas détenir la vérité mais développe une théorie originale qui pousse à une profonde réflexion et un questionnement qui n’aura peut-être jamais sa réponse : peut-on lier la logique, la raison, la science et la survie de l’esprit? Un bon livre finalement.

Connie Willis est une romancière américaine spécialisée dans la science-fiction, née à Denver, Colorado, le 31 décembre 1945. Elle a rapidement gagné en célébrité dès l’apparition de ses premières nouvelles dans les années 80. Comme c’est le cas avec PASSAGE, la plupart de ses livres abordent des thèmes difficiles ou sensibles. Son œuvre est chargée d’une impressionnante quantité de distinctions. PASSAGE par exemple, a décroché le PRIX LOCUS du meilleur roman de science-fiction en 2002. Ses œuvres majeures sont  LE GRAND LIVRE (1994) et SANS PARLER DU CHIEN (2000).

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 6 janvier 2019

NUIT DE FUREUR, le livre de JIM THOMSOM

*Des capsules de trois cents milligrammes d’amytal.
Des barbituriques. Un produit vicieux. Vous en avalez
une et vous oubliez complètement en avoir pris. Alors
vous en prenez encore plus…il suffisait d’en vider
quelques-unes dans cette bouteille de piquette et…?*
(Extrait : NUIT DE FUREUR, Jim Thomson, Éditions Payot et
Rivages, 1953, réédition 2016, édition numérique, 200 pages)

Carl Bigelow est un petit homme, santé précaire, myope, poumons en très mauvais état.  Un jour, il se voit confier une mission par le patron : assassiner Jake Winroy, un mafieux. Personne ne doit soupçonner un règlement de compte. Comme Jake est un alcoolique perdu, Carl doit lui trouver une mort parfaite qui colle avec sa réalité d’épave. Carl a une réputation de manipulateur futé et il a misé là-dessus. Mais chez les Winroy, il y a deux femmes : l’épouse de Jake et la bonne, affublée d’une infirmité dont Carl aimerait bien connaître l’origine. 

DÉTRAQUÉ : CORPS ET ÂME
*Je jetai un dernier coup d’œil à Jake avant de quitter
la chambre. Ruthie lui avait presque arraché la gorge
avec l’un de ses propres rasoirs. Elle avait eu peur de
le faire, vous comprenez, et peur aussi de ne pas en
être capable. Et sa peur l’avait rendue folle de rage.
Ça ressemblait beaucoup à ce que j’avais fait subir à
la Gnôle.
(Extrait)

C’est le cinéma qui m’a fait connaître Jim Thompson. En fait, j’ai vu l’adaptation cinématographique de son roman L’ASSASSIN QUI EST EN MOI, version française de THE KILLER INSIDE ME avec Casey Affleck. Un film extrêmement opaque, froid, cru et violent. J’étais intrigué et pour en savoir un peu plus, j’ai jeté un œil sur la bibliographie de Thompson.

J’ai vu à qui j’avais affaire : un auteur débordant d’imagination, spécialiste du polar, devenu un incontournable de la littérature du XXe siècle et qui donne une place dans chacun de ses livres pour des esprits torturés et pas seulement les esprits, les corps aussi. C’est une caractéristique de son œuvre.

Dans NUIT DE FUREUR, un tueur impitoyable et insaisissable, Carl Bigelow se voit confier la mission de tuer Jake Winroy, une balance qui a donné ses complices à la police sur un plateau d’argent. Pourquoi la police n’a jamais pu mettre la main sur Bigelow?

Peut-être parce que ce personnage, intriguant, petit de taille, malade comme un chien, pâle comme un brouillard matinal, qui crache le sang, malmené par la tuberculose qu’il soigne avec du whisky et dont à peu près toutes les dents sont pourries…ce personnage donc n’inspire pas tellement la crainte puisqu’il porte le masque de l’insignifiance. Mais ce n’est qu’un masque. Sa réputation le précède. Il est froid, sans pitié.

Au cours de sa mission, beaucoup de choses vont changer pour le tueur sous l’influence de deux femmes dont l’une fortement handicapée et qui se déplace avec une béquille. Les femmes et le sexe constituent une forte addiction chez Carl, mais dans ce cas-ci, la vie de Bigelow va basculer….le manipulateur génial devenant graduellement manipulé lui-même.

Je crois que Jim Thompson est fidèle à son style. Il y a de la noirceur dans son roman, de la crudité, du cynisme même mais il s’est beaucoup attardé au profil psychologique de ses personnages. Ça complique l’histoire, ça la rend difficile à suivre parce que les directions sont changeantes. Le fil conducteur n’est pas solide. Parfois, j’avais plus l’impression de lire un drame psychologique qu’un thriller.

Le rythme est trop lent pour mettre l’intrigue en valeur. Le personnage principal est très intrigant. On dit que c’est un tueur froid et sans pitié et pourtant, dès le début de l’histoire, il me donnait une impression de faiblesse et de laisser aller…peut-être à cause de l’image de jeune étudiant qu’il se donnait pour préparer son crime, mais je n’ai pas embarqué dans cette mise en scène..

La finale du roman est beaucoup mieux travaillée, bâtie de façon à atteindre le lecteur. Elle est d’une grande profondeur sur le plan psychologique et dérangeante et elle nous ramène à du grand Thompson, donnant le point final à une âme détraquée, qui n’est pas celle qu’on pense, un cerveau en déroute. Une finale imprévisible qui donne une grande valeur à l’ensemble du récit et qui vous fera saisir tout le sens du titre.

Je ne regrette pas la lecture de NUIT DE FUREUR même si je l’ai trouvé un peu difficile à suivre. Je crois qu’il faut considérer la lecture d’un livre de Jim Thompson comme une expérience. C’est tortueux et tourmenté, incisif mais efficace.

Jim Thompson (1906-1977) est un romancier, nouvelliste et scénariste américain. Il s’est spécialisé dans le roman noir. Il en a écrit plus d’une trentaine, tous en partie autobiographiques. La notoriété de Thompson s’est surtout établie après sa mort, dans les années 1980 avec la réédition de ses livres et l’adaptation de plusieurs de ses romans au cinéma, dont le célèbre GUET-APENS sorti en 1972 et réalisé par Sam Peckinpah avec Steve McQueen. Je précise enfin qu’en France, entre 1950 et 1975, Thompson a été publié dans la collection SÉRIE NOIRE dont j’ai déjà parlé. Le créateur de la série, Marcel Duhamel lui avait offert symboliquement le numéro 1000 de la collection pour son livre 1275 ÂMES.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 16 décembre 2018

TÉMOIN HOSTILE, de REBECCA FOSTER

*Des traces d’ADN correspondant à celui d’Hannah avaient été trouvées…Un cheveu d’Hannah dans la chambre à coucher. Une goutte de son sang dans la salle de bain. Pire, on avait découvert une trace infime du sang d’Hannah sur la mâchoire de Fritz,
à l’endroit où il avait reçu un coup avant de mourir.*
(Extrait : TÉMOIN HOSTILE, Rebecca Forster, MA éditions 2013, édition de papier, 420 pages.)

Hannah Sheraton est une jeune fille de 16 ans, donc mineure selon la loi. Elle a été formellement accusée du meurtre de son grand-père par alliance, Fritz Rayburn, juge à la cour Suprême de Californie. Bien qu’elle soit mineure, et parce que la victime était un personnage très haut placé, Hannah sera arrêtée, emprisonnée et jugée. Si elle est reconnue coupable, elle risque la peine de mort. Désespérée, la mère d’Hannah fait appel à une vieille amie, Josie Bates, avocate. Josie hésite, mais vus l’âge de l’accusée et les aspects étranges de cette affaire, elle finit par accepter. Tout au long du procès, le doute s’installe dans l’esprit de Josie. La vérité risque de faire mal.

JUSTICE MAJEURE POUR MINEURE
*Lynda Rayburn se tenait sur le seuil et contemplait
la scène. Hannah, les jambes remontées contre sa
poitrine et coincées entre ses bras, tremblant comme
si elle était gelée jusqu’aux os. Kip était appuyé contre
le mur…avec sur le visage une expression où se
mêlaient la colère, le chagrin et, par-dessus tout
la haine…*
(Extrait : TÉMOIN HOSTILE)

Témoin hostile est un thriller juridique bien ficelé. Je l’ai lu toutefois avec une impression de déjà vu et les personnages principaux sont développés avec un tel souci du détail qu’il m’a été relativement facile de deviner qui est la personne coupable du meurtre de Fritz Rayburn. Le sujet développé est plutôt classique. Il y a quelques longueurs. Malgré ces faiblesses, je n’ai pas regretté la lecture de ce livre.

J’ai toujours été intéressé par le déroulement d’un procès depuis la diffusion de la série Perry Mason. J’étais fasciné par la fougue et l’agressivité des procureurs. Les chapitres consacrés au déroulement du procès dans la cour du juge Noris sont particulièrement forts et on y voit des personnages que de fortes émotions rendent extravertis…

je pense à un personnage en particulier, qui sera désigné témoin hostile. Je ne peux pas vraiment en dire plus car ça équivaudrait à tout dévoiler.

Le personnage d’Hannah est particulièrement intéressant. C’est une jeune fille timide, réservée et surtout, elle souffre de troubles compulsifs du comportement. Si elle fait une accusée facile, les personnes qui ont intérêt à la voir condamnée vont se heurter à Josie, une avocate particulièrement coriace et dont j’ai suivi l’évolution avec beaucoup d’intérêt.

Ce sont des facteurs qui m’ont fait oublier les petites faiblesses du récit. Même si j’ai deviné la finale assez vite, j’ai pu savourer de nombreux moments d’émotions et de tension avec des personnages attachants et j’ai aussi réagi à l’évolution d’un personnage particulièrement fourbe et égoïste : le témoin hostile.

Avoir une bonne idée de la fin d’un récit passe toujours si l’auteur peut y imprégner suffisamment de densité et de rebondissements. C’est le cas avec TÉMOIN HOSTILE. À partir de la deuxième moitié du récit, tout va très vite. L’histoire tient en haleine et a un petit côté touchant à cause entre autres de la vulnérabilité d’Hannah. Je n’ai pas été déçu quant aux messages véhiculés par le récit.

Entre autres que la loi n’est pas toujours une question de justice et que ce n’est pas parce qu’un personnage est haut-placé, populaire, apprécié de tous voire adulé qu’il est un enfant de chœur…ce qui rappelle l’énoncé classique : il ne faut jamais se fier aux apparences.

Malgré son petit côté prévisible, le livre est agréable à lire, il pourrait en surprendre plusieurs par ses retournements de situation et surtout par la fougue de celle qui se débat comme un diable dans l’eau bénite, celle que j’ai envie de qualifier sans méchanceté de sympathique tête de mule : Josie l’avocate.

Ce n’est pas ce que j’ai lu de mieux dans le genre, mais ça m’a tout de même gardé en haleine.

Rebecca Foster est une auteure américaine. Au moment d’écrire ces lignes, elle a plus de 25 romans à son actif. Son succès est tel que l’éditeur a entrepris la traduction de ses livres. TÉMOIN HOSTILE est le premier roman de Rebecca Foster à être traduit en français.

Conférencière recherchée, elle enseigne dans la célèbre Formation pour Auteurs de l’Université de Californie à Los-Angeles. Elle s’implique aussi dans un programme pour jeunes écrivains de niveau collégial. Auteure à succès, elle est inscrite dans plusieurs listes de best-sellers. Elle est invitée régulièrement à la radio et à la télévision et fait aussi l’objet de nombreux articles dans la Presse américaine.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 9 décembre 2018

Si tu ne lis pas prends garde à toi,

COMMENTAIRE SUR LE LIVRE DE
LAURENCE FANTUZ

*Depuis toujours, je m’étais persuadé
que lire n’apportait aucun plaisir, sans
avoir réellement essayé, je dois
l’admettre. Devais-je lui faire confiance
et tenter l’aventure?*
(Extrait : SI TU NE LIS PAS, PRENDS GARDE À TOI!)
Laurence Fantuz, 2e édition 2012, Éditions Adabam.
édition numérique, 255 pages.)

Un jour, un vieux livre surgit dans la vie de Max, 12 ans…un cadeau que sa mère lui a fait…plutôt incongru pour Max qui est peu attiré par la lecture. Notre jeune ami décide de ranger le livre aux oubliettes, mais le livre n’est pas d’accord. Il s’anime et entreprend une mission : amener graduellement Max à apprécier la lecture. Max n’a pas du tout l’intention de se laisser faire et tire des plans pour se débarrasser de ce vieux livre dérangeant. Cependant, une chaîne d’évènements  et  l’influence de sa sœur qui adore lire amèneront  Max à s’intéresser au livre et à vivre finalement une aventure fantastique.

LIRE C’EST DÉCOUVRIR
*Effacés grâce à lui tous mes préjugés insensés,
tellement obstiné pendant des années j’ai été,
Mots et idées jaillissent désormais de mes pensées…*
(Extrait : SI TU NE LIS PAS, PRENDS GARDE À TOI)

Ce petit roman jeunesse est classé *aventure fantastique* mais j’y ai vu surtout un fort potentiel didactique et pédagogique. Au départ, le titre est plutôt ronflant et porte à jugement. Je n’ai pas tout à fait compris ce choix. Aussi, il ne faut pas trop s’y fier. Je veux préciser aussi que si vous croyez ne pas pouvoir lire ce livre avec des yeux d’enfants, mieux vaut pour vous passer à autre chose car vous risquez de vous ennuyer.

L’histoire est simple. C’est celle de Max, 12 ans, qui déteste la lecture mais qui ne l’a pas vraiment essayée. Un  jour, sa mère lui donne un vieux livre issu du patrimoine familial. Max n’en a cure…il relègue le livre aux oubliettes, mais le livre voit les choses autrement, car il est magique.

Le livre s’anime et se donne pour mission d’amener Max à apprécier la lecture. Pour ce dernier, le cadeau est empoisonné et il tire des plans pour s’en débarrasser. Il faut voir comment l’auteur amène Max à s’attacher à ce vieux bouquin. J’ai simplement et agréablement assisté à la naissance d’une forme de sentiment pour la lecture qui va finir d’ailleurs par une passion.

Quoique classique et peu original, le sujet est intelligemment développé et dévoile sans moralisation les vertus de la lecture comme l’enrichissement du vocabulaire en passant par le perfectionnement de l’orthographe jusqu’à l’ouverture de l’esprit sur le monde, son histoire, ses cultures.

L’élément qui m’a irrité un peu dans cette histoire tient au fait que tout se passe trop vite et va trop loin. En effet, presque du jour au lendemain, Max devient un passionné de lecture, délaissant sa passion des jeux vidéos, compose des histoires et de la poésie à mon avis un peu trop avancées pour son âge et compte maintenant devenir un écrivain. C’est un peu surréaliste ou tout au moins vite en affaires.

Malgré tout, j’ai apprécié ce livre, magnifiquement illustré par Dub, un excellent dessinateur, parce qu’il est très actuel. Les jeunes prendront plaisir à s’attacher au sympathique Max et ses amis et se reconnaîtront sûrement dans leur quotidien.

À notre époque où les jeunes sont aspirés par Internet, les jeux vidéos et les téléphones intelligents, il est bon de savoir qu’on peut prendre un réel plaisir à lire. Tout en évitant de présenter la lecture comme le seul loisir valable et considérant d’un bon œil les jeux vidéos et les sports,  Fantuz vient nous rappeler que le livre a et aura toujours sa place. Question d’équilibre.

C’est un  bon petit livre dans lequel l’humour a sa place et qui propose à la fin, un petit documentaire, encore là magnifiquement illustré par Dub, qui raconte l’histoire et l’évolution de l’écriture et du langage, l’histoire du livre et la naissance des différents genres littéraires.

Le livre survole aussi l’histoire de la bande dessinée et propose des petits conseils pour ceux et celles qui veulent prendre la plume. C’est un petit documentaire vraiment bien fait, écrit dans un langage simple et fluide à la portée des enfants. C’est un livre sympa qui ne peut faire que du bien.

Internet laisse filtrer peu de détails sur la carrière de Laurence Fantuz. Mentionnons simplement que c’est une auteure française née en 1966, résidant à Paris et maman de deux garçons. C’est une passionnée de la tradition orale qui a choisi la plume, et avec bonheur semble-t-il. SI TU NE LIS PAS, PRENDS GARDE À TOI est son premier roman-jeunesse. Vous pouvez consulter le site internet de Laurence Fantuz pour plus de détails sur son œuvre.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le samedi 8 décembre 2018

 

SURVIVANT, le livre de JAMES HERBERT

*Brusquement, un coup fut frappé sous la coque
de la barque. Le cœur battant, il baissa les yeux
vers ses pieds tout en se cramponnant à son
siège des deux mains, les articulations blanchies
par l’effort…alors, la barque commença à se
balancer. Tout doucement d’abord, puis de plus
en plus violemment.*
(Extrait : SURVIVANT, James Herbert, Milady, 1976,
présente traduction : Bragelonne 2008, édition
numérique, 472 pages.)

Un Boeing 747 s’écrase près d’Eton, une petite ville anglaise, La plus dramatique catastrophe de l’histoire de l’aviation fait 332 morts, un seul survivant, le pilote Dave Keller, devenu amnésique suite au choc. Keller a simplement jailli des flammes de la carcasse, comme poussé par une force invisible. Depuis, il cherche à comprendre pourquoi il a été le seul à en réchapper. Pour l’aider, il fait appel à un médium et l’enquête se parsème de mort. le médium se rapproche d’une vérité insupportable pour les habitants d’Eton…drame à forte intensité se croise avec des phénomènes paranormaux.

LA FRAPPE DES ESPRITS FRAPPEURS
*…la peur commençait à monter en lui. Il savait
que la nuit allait leur fournir la réponse à de
nombreuses questions. Il savait qu’après cette
nuit, plus rien ne serait jamais comme avant.*
(Extrait : SURVIVANT)

Je crois que ce livre va plaire aux amateurs de frissons même si le thème est un peu usé. Voyons voir… Un avion de 333 passagers, équipage inclus s’écrase : 332 meurent sur le champ. Un seul s’en tire sans mal. Les âmes sont arrachées des corps beaucoup trop vite pour qu’elles comprennent ce qui leur arrive.

Peu après une sorte de hantise accable la population de la petite ville d’Eton et les morts s’accumulent. Alors qu’est-ce qui se passe? Pourquoi Keller a-t-il survécu? À quoi est dû l’accident? On dirait que les morts crient vengeance. Est-ce possible?

Le récit, très visuel comme toutes les histoires de James Herbert, tourne autour de Keller et n’est pas sans me rappeler le livre de Peter Lerangis SIXIÈME SENS et bien sûr le film du même titre réalisé en 1999 par Night Shyamalan. Cette évocation devrait vous donner une bonne idée de l’histoire imaginée par James Herbert.

Les forces : l’écriture d’Herbert est très puissante, descriptive et entretient une atmosphère chargée, froide et mystérieuse. Les rebondissements s’enchaînent au même rythme que les catastrophes et les manifestations surnaturelles.

Le style est cru et direct. Certains passages pourraient même brasser un peu les cœurs sensibles. L’histoire se tient et le lecteur demeure en général captif. La façon dont Herbert entretient le mystère et parfois la morbidité dans son récit est efficace.

Les faiblesses : il est difficile d’être original dans le développement d’un sujet aussi élimé. Ici, Herbert n’a rien inventé. Le thème varie très peu. Faiblesse un peu compensée par l’intrigue qui évolue en crescendo et l’enquête policière qui est assez bien imaginée mais qui se confondra elle-même avec l’aspect paranormal du récit.

J’ai été surpris et déçu par la finale. On dirait qu’elle a été fignolée en vitesse et qu’on y a ajouté une petite philosophie de supermarché. Je trouve plutôt frustrant ce genre de finale expédiée. Je me suis demandé si l’auteur n’était pas pressé d’en finir.

Donc il y a du pour et du contre. Mais il y a une chose que je ne peux enlever à James Herbert, c’est cette magnifique capacité à donner du corps à ses récits, de faire de ses histoires une toile qui capture et garde alerte l’esprit du lecteur, grâce, dans ce cas-ci à un bon mélange de catastrophes, d’intrigues policières, de surnaturel, de paranormal et de chairs en putréfaction…

C’est pas le livre du siècle mais ça se laisse lire surtout si on aime les frissons et évidemment, ça vient nous questionner sur nos croyances quant à la vie après la mort…

James Herbert (1943-2013) est un auteur anglais spécialisé dans la littérature d’horreur. À l’âge de 16 ans, il étudie la photographie et le graphisme, devient typographe, directeur artistique, puis chef d’agence publicitaire. Ayant déjà depuis longtemps le goût de la lecture, il développe celui de l’écriture dans les années 60.

C’est ainsi qu’en 1974, à l’âge de 28 ans, James Herbert publie son premier roman : LES RATS. L’œuvre lance définitivement sa carrière d’écrivain explorant des thèmes à frissons : paranormal, surnaturel, réincarnation, fantômes, sans compter les romans-catastrophes. Ayant vendu plus de cinquante millions de livres publiés en 34 langues, James Herbert a été honoré de l’Ordre de l’Empire Britannique en 2010 pour l’ensemble de son œuvre.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 2 décembre 2018

TERREUR DOMESTIQUE, de GUILLAUME MORRISSETTE

*-Christian, j’ai devant moi au moins cinq cents
bûches appuyées contre le mur d’une maison,
c’est sûr que je ne les ai pas toutes retournées!
Vous m’avez dit que la nitroglycérine pouvait
exploser si on la secouait, j’ai vite perdu l’envie
de faire tomber du bois!*
(Extrait : TERREUR DOMESTIQUE, Guillaume
Morrissette, Guy St-Jean éditeur, 2015, version
numérique, 665 pages)

Une série d’explosions jette la ville de Trois-Rivières dans un horrible climat de paniques. Ce sont des attaques brutales qui touchent indifféremment enfants, adultes et personnes âgées. L’inspecteur Jean-Sébastien Héroux est chargée de l’enquête car ces explosions pourraient très bien avoir été provoquées par un groupe terroriste. Pourquoi Trois-Rivières? Pourquoi autant de morts? La peur paralyse maintenant la ville, Héroux doit trouver les réponses et le temps joue contre lui. Entre-temps, trois dangereux délinquants semblent vouloir faire la pluie et le beau temps. 

LA PEUR EST PARTOUT
*Comment allaient réagir les suspects? Ils pouvaient
tirer à travers les murs ou même tout faire sauter
s’ils n’avaient rien à perdre. La confrontation était
à éviter tant que Brigitte était près d’eux. Il fallait
gagner un peu de temps.*
(Extrait : TERREUR DOMESTIQUE)

TERREUR DOMESTIQUE est un livre qui m’a accroché pour plusieurs raisons. D’abord son sujet est d’actualité et vient nous rappeler que le terrorisme n’est pas exclusivement une réalité des grandes villes du monde mais qu’il peut toucher aussi des villes improbables et même des villages.

J’ai été vite conquis aussi parce que l’action se déroule à Trois-Rivières. Étant moi-même natif de la Mauricie, Trois-Rivières est une ville que je connais très bien. La plume très alerte de Guillaume Morrissette me donnait l’impression que l’action se déroulait chez moi et comme vous le savez, on voit les choses un peu différemment quand le drame se déroule dans notre cour.

Donc, dans TERREUR DOMESTIQUE, Trois-Rivières est prise pour cible : meurtre, explosions, intimidation, terreur. L’auteur installe lentement mais sûrement la peur et la panique dans son récit. On sait que Guillaume Morrissette s’est particulièrement intéressé aux jeunes attirés par le terrorisme. Comment par exemple, des enfants peuvent être attirés dans le piège du Djihadisme?

C’est ainsi que l’auteur a créé de jeunes personnages frustrés et déconnectés des réalités sociales et qui posent des gestes horribles avec une flagrante indifférence. Comme vous le savez, pour moi un bon livre donne toujours matière à réflexion. Dans TERREUR DOMESTIQUE, on est pas sans réfléchir sur l’énorme pouvoir que détiennent les intervenants sociaux de terrain sur les jeunes esprits.

Les ados ont en général un esprit malléable, influençable, ouvert. L’influence des intervenants est déterminante. Heureusement, il se fait un travail remarquable à ce niveau au Québec. Mais ça ne nous met malheureusement pas à l’abri des esprits tordus.

Autre matière à réflexion : la réalité du terrorisme et sa montée un peu partout dans le monde. On sait maintenant qu’il peut frapper n’importe où :

*J’en conviens. Ils peuvent être deux, dix ou cent. La milice traditionnelle est morte, le gangstérisme et le terrorisme sont maintenant des vocations sournoises et patientes. Et de la terreur, ça en est! Moi c’est la seule façon que je m’explique des crimes comme ceux-là. Ce que tu trouves épeurant, c’est que ça soit rendu chez nous.* (Extrait)

Pour ceux que ça intéresse, j’ai noté deux petites faiblesses dans le récit. J’ai trouvé que la trame est prévisible. J’anticipais facilement ce qui allait se passer, mais j’admets que cette perception peut varier beaucoup d’un lecteur à l’autre. Ensuite, j’ai trouvé que l’auteur faisait peu de cas des réactions de la population.

Comme l’action était très loin de se dérouler dans une mégapole (Trois-Rivières ne compte qu’environ 135,000 habitants) j’aurais pensé que l’auteur aurait mis plus d’emphase sur les peurs, les craintes, les réactions et les attitudes de monsieur et madame tout le monde, du commun des mortels…du simple citoyen quoi!

En dehors de ce détail, je crois que TERREUR DOMESTIQUE est une réussite…pas de temps morts, pas de longueurs, une plume habile et rythmée et des personnages attachants dont l’inspecteur Jean-Sébastien Héroux, personnage créé dans le premier roman de Morrissette L’AFFAIRE MÉLODIE CORMIER et qui a valu à l’auteur le prix du premier polar 2015.

Je recommande sans hésiter TERREUR DOMESTIQUE. C’est un roman d’une grande actualité, à l’action ininterrompue et qui a une qualité particulière que j’apprécie beaucoup dans un polar : il est plausible.

Guillaume Morrissette est un auteur québécois, résident de Trois-Rivières en Mauricie. Polymathe, c’est-à-dire doté d’une culture poussée et large, Guillaume est chargé de cours à l’université du Québec à Trois-Rivières, récipiendaire du prix d’excellence en enseignement 2012, la plus haute distinction honorifique remise à un chargé de cours. Il est membre actif de Mensa Canada qui fait la promotion de la paix.

Il publie LA MAISON DES VÉRITÉS EN 2013, suivi de L’AFFAIRE MÉLODIE CORMIER qui marque le début des aventures de Jean-Sébastien Héroux, le fameux inspecteur qu’on retrouve avec plaisir dans TERREUR DOMESTIQUE.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 25 novembre 2018

NOT DOG (1), livre-jeunesse de SYLVIE DESROSIERS

*Au passage de tous ces pieds, le sable glisse,
s’enfonce. Les semelles et les orteils laissent
leurs marques jusqu’à ce que le vent ou la
mer les effacent. Au milieu de ces nouvelles
traces, personne ne remarque celles qui se
font toutes seules.*

(Extrait : QUELQU’UN A-T-IL VU NOTDOG, NOTDOG
Tome 1, Sylvie Desrosiers, La Courte Échelle, rééd.
2009, édition de papier, 370 pages, comprend 4
romans.)

Laissons l’auteure nous présenter l’équipe : *Jocelyne, dont la curiosité est sans limites, heureuse propriétaire de NOTDOG. Agnès, une grande rousse, qui en a pour cinq ans à porter des broches aux dents. John, l’Anglais blond fortuné à lunettes rondes qui fait sans arrêt des fautes de français.* Tous les trois ont douze ans. Mais le véritable héros de l’histoire est un chien, aussi laid que brillant. Nos amis ont ouverts une petite agence de détectives, peu importe la nature de l’enquête, allant jusqu’aux histoires de fantômes, de magie et autres *mystérieux mystères*…

NOTDOG 01 réunit les quatre romans suivants:

      

Un chien aussi laid que génial!
*-Lui aussi dit qu’il n’a vu personne observe
Agnès. –L’homme invisible frappe encore,
on dirait, remarque Jocelyne. -Avant que je
croie à l’homme invisible, il va mouiller des
petites cuillères! C’est alors que, juste à la
hauteur de ses yeux, une petite cuillère
passe lentement, reste suspendue quelques
secondes et…*
(Extrait : NOTDOG 01, FAUT-IL CROIRE À LA MAGIE?)

Lorsque j’étais animateur scout sur la Côte-Nord, je basais les camps sur un livre. J’adorais raconter à mes pré-ados une histoire et créer des jeux d’aventures en liens  avec celle-ci. À ce titre, ma plus grande inspiratrice fût sans nul doute Sylvie Desrosiers.

Pour sa série NOTDOG, elle a créé trois jeunes sympathiques personnages de 12 ans et un chien qui retient l’attention autant parce qu’il est laid que parce qu’il est brillant : NOTDOG. Jocelyne, Agnès, John et Notdog  ont monté ensemble une petite entreprise de détectives. Ça c’est le point commun à toutes les histoires de la série. Une enquête par histoire.

À chaque enquête, Sylvie Desrosiers a incorporé avec brio tous les éléments que les pré-ados aiment dans une histoire : du mystère, des intrigues avec des tas d’indices…fantômes, disparitions inexpliquées, phénomènes étranges, mais aussi, de la fantaisie et beaucoup d’humour…des éléments qui plaisent beaucoup aux jeunes, en particulier l’humour.

Dans ces histoires, il n’y a pas de violence, pas de gros mots, pas d’horreur. Mais dans chaque histoire,  nos amis courent un danger potentiel et doivent compter les uns sur les autres pour s’en sortir et résoudre les énigmes. Voilà qui pourrait amener les jeunes lecteurs et lectrices à prendre parti sur les vertus de l’esprit d’équipe.

Sylvie Desrosiers a créé trois personnages qui sont toujours à l’image des jeunes d’aujourd’hui : dégourdis, curieux, aimant vivre des aventures dont ils vont s’enrichir, appréciant les amis et les aspects sociaux de leur vie.

Donc les jeunes lecteurs peuvent aisément s’identifier aux jeunes héros, d’autant que dans ces histoires, les parents sont légèrement en retrait. Ils peuvent s’intégrer dans les aventures et en demeurer captifs jusqu’à la fin.

Un des éléments qui m’a le plus emballé dans ces histoires est l’humour, particulièrement celui des passages descriptifs : *Ses mains sont tellement sales qu’il a l’air de porter des mitaines; ses jeans sont tellement crottés que même les vidangeurs n’en voudraient pas; et ses dents sont tellement douteuses qu’il a l’air d’avoir une barre de toffee accrochée aux gencives.* (Extrait : NOTDOG 1, FAUT-IL CROIRE À LA MAGIE?)

Je crois que les livres de la série ont tout pour plaire aux jeunes : beaucoup d’humour, mystère et intrigues, amitié, action, rebondissements…les histoires sont courtes et se lisent facilement. Il n’y a rien à l’épreuve des jeunes intrépides…de la bonne lecture…toujours actuelle.

Sylvie Desrosiers est une écrivaine et journaliste québécoise née à Montréal le 28 août 1954. Elle est l’auteure de plus d’une vingtaine de romans à la Courte Échelle dont la série complète NOTDOG. Son œuvre a été couronnée de plusieurs prix prestigieux dont le PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL en littérature jeunesse de langue française en 2008 et la MÉDAILLE DE LA CULTURE FRANÇAISE en 1997.

Daniel Sylvestre est un illustrateur  québécois, natif de Montréal. Il exerce son art depuis plus de 30 ans. Ses livres sont connus un peu partout dans le monde. Les jeunes lecteurs québécois le connaissent surtout pour ses illustrations dans les séries PUCE, ZUNIK et CLÉMENTINE, ainsi que dans les aventures du chien « Notdog ». Daniel Sylvestre a étudié en arts décoratifs et en arts graphiques à Paris. Artiste graveur reconnu En 2007, il était finaliste au Prix du Gouverneur général du Canada pour les illustrations du roman « Ma vie de reptile » de Sylvie Massicote.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le samedi 24 novembre 2018

LE COMTE DE MONTE-CRISTO, Alexandre Dumas

*Et maintenant, adieu bonté, humanité, reconnaissance… Adieu tous les sentiments qui épanouissent le cœur!… Je me suis substitué à la Providence pour récompenser
les bons…Que le Dieu vengeur me cède la place pour punir les méchants!*
(Extrait : LE COMTE DE MONTE-CRISTO, Alexandre Dumas, Flammarion 1998, édition revue en 2007 et réunissant les deux tomes parus en 1998 en un seul volume. Papier, 420 pages)

Voici l’histoire d’Edmond Dantès, capitaine en second sur le navire Marchand LE PHARAON. En février 1815, Dantès est promu capitaine par son armateur. Jaloux de cette promotion, le comptable de bord, Danglar fomente, avec l’aide de complices, un complot qui vise à éliminer Dantès qui se retrouve au cachot dans le château d’If. Il devient ami avec un codétenu, détenteur du secret de l’existence d’un fabuleux trésor sur l’île de Monte-Cristo. Dantès s’échappe du Château d’If, réussit à se rendre dans l’île et à prendre possession du trésor. Alors, il devient le Comte de Monte-Cristo et jure d’exercer une implacable vengeance. 

UNE VENGEANCE EN FINESSE
*«Camarade…je vous adjure d’avoir pitié de moi
et de me répondre. Je suis le capitaine Dantès,
bon et loyal français, quoique accusé de je ne
sais quelle trahison : où me menez-vous? Dites-
le, et, foi de marin, je me rangerai à mon devoir
et me résignerai à mon sort.»*
(Extrait : LE COMTE DE MONTE-CRISTO)

Encore une fois, j’avais une envie irrésistible de me tourner vers les classiques de la littérature. Je voulais un roman à large spectre comprenant plusieurs éléments : action, trahison, espionnage, machination, romantisme, vengeance et autres *tags* appropriés.

J’ai consulté la liste des best-sellers à vie et j’ai finalement choisi un livre que j’ai déjà lu il y a plus de 40 ans. Je vous parle du grand classique d’Alexandre Dumas : LE COMTE DE MONTE-CRISTO. Alors que j’étais dans la jeune vingtaine, je me rappelle très bien avoir été séduit par la beauté de l’écriture du Père Dumas et de son style exotique et alerte.

La trame est très simple mais le développement est surprenant : le 24 février 1815, jour où Napoléon quitte l’île d’Elbe, Edmond Dantès débarque à Marseille pour s’y fiancer avec Catalane Mercédès. Edmond est un jeune marin de 19 ans, second du navire LE PHARAON et pressenti pour remplacer le capitaine.

Trahi par ses propres amis jaloux, Edmond est dénoncé comme conspirateur bonapartiste, enfermé au Château d’If sur une île au large de Marseille. Il y restera pendant 14 ans et y fera la connaissance de l’abbé Faria qui dévoile à Edmond le secret de l’emplacement d’un trésor sur l’Île de Monte- Cristo.

Avec difficulté et non sans d’énormes risques, Edmond s’échappe de sa prison et réussit à gagner l’île de Monte-Cristo, trouve le trésor, s’en empare et enfin concocte sa vengeance contre ceux qui l’ont accusé et emprisonné injustement.

J’ai trouvé remarquable la façon dont l’auteur a réintégré Dantès dans son milieu. Il le fait passer pour divers personnages dont le comte de Monte-Cristo. J’ai aussi beaucoup apprécié la finesse avec laquelle Dantès exerce sa vengeance.

En adhérant à cette vengeance que je jugeais fort légitime, je devenais accro du livre, de la magie de son écriture et du petit caractère fantastique que j’ai perçu dans le développement du récit tout à fait dans la tradition littéraire du XIXe siècle.

Et un petit plus : une vengeance méthodique sans violence abusive, une garantie de bonheur et de liberté pour ceux qui lui sont restés fidèles le tout enrobé d’émotions et d’un style qui je crois allait ouvrir la voie à une nouvelle forme romanesque en littérature et aux fameuses histoires de cap et d’épée au cinéma.

J’ai noté toutefois quelques faiblesses, mais c’est en comptant avec mon raisonnement de lecteur du 21e siècle. Le livre accuse des longueurs et des redondances. Devrais-je me compter chanceux? L’édition originale de l’œuvre compte 1 500 pages dans le genre roman feuilleton. Dumas adorait s’étendre longtemps sur des passages précis de ses œuvres et parfois, ça ne finissait pas de finir.

L’édition que j’ai lue a un peu plus de 400 pages et j’observe encore des longueurs. Il y a aussi plusieurs passages déclamés aux formes plus théâtrales que littéraires. Certains passages rappellent la complainte d’autres contes. J’ai été aussi un peu déçu de la finale, le sort de Morel traînant à mon avis inutilement en longueur.

Et puis j’ai trouvé l’aspect romanesque légèrement sous-développé. Enfin, il y a deux parties à ce roman : Edmond Dantès avant sa rencontre avec Fariah et le Comte de Monte-Cristo après sa rencontre avec Fariah alors qu’il est devenu un peu plus froid et calculateur jusqu’au machiavélisme, une situation plus difficile à inscrire dans un contexte romanesque.

Mais ce sont des détails. La perfection n’existe nulle part y compris en littérature. Encore une fois, 40 après, j’ai été enchanté de revisiter Alexandre Dumas dont l’influence est encore marquante dans la littérature moderne. Je vous invite donc à entreprendre la lecture du livre le plus lu d’Alexandre Dumas et une des œuvres les plus adaptées à l’écran : LE COMTE DE MONTE-CRISTO.

Alexandre Dumas Père (1802-1870) est un écrivain français. Ne pas confondre avec Alexandre Dumas fils (1824-1895) à qui on doit entres autres LA DAME AUX CAMÉLIAS. Le Père, à 13 ans, est engagé comme coursier dans une étude de notaire. Il se lie avec Adolphe de Leuven qui l’initie à la poésie moderne.

Ils écrivent ensemble des vaudevilles qui connaîtront des succès flatteurs. Suite à la publication et au succès de LES TROIS MOUSQUETAIRES en 1844 et LE COMTE DE MONTE- CRISTO en 1846, il lance en 1853 LE MOUSQUETAIRE, un quotidien, suivi en 1857 du MONTE-CRISTO, un hebdomadaire. Parallèlement, il écrit LA REINE MARGOT en 1845, LE COLLIER DE LA REINE et plusieurs autres…

LE COMTE DE MONTE-CRISTO AU CINÉMA
Ils ont incarné Monte-Cristo au fil du temps

          
Jean Dangelo (1929)                             Robert Donat (1934)

    

                                 Louis Jourdan 1961               Richard Chamberlain 1975

Jim Caviezel, 2002

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le dimanche 18 novembre 2018

UN TOUT PETIT MONDE, de DAVID LODGE

*Nous étions assis vers le fond de l’appareil, juste
derrière l’aile. Il était près du hublot et moi à côté
de lui. Dix minutes environ après avoir quitté
Gênes…le négociant s’est tourné vers moi. M’a
donné une tape sur le bras et m’a dit : «Excusez-
moi, mais vous ne voudriez pas jeter un petit coup
d’œil dehors. Je rêve ou quoi? Est-ce que ce moteur
est vraiment en feu?*

(Extrait : UN TOUT PETIT MONDE, David Lodge, Éditions
Rivages, Rivages poche, 1992, édition de papier, 500 pages)

Dans ce récit loufoque et hilarant, David Lodge s’immisce dans le monde huppé des Universitaires, plus précisément des spécialistes en critique littéraire, qui vont de congrès en congrès pour *crier en silence* leur besoin d’être entendus. Par le biais de deux  Universitaires. l’auteur nous entraîne dans le monde fascinant des congrès, colloques, conventions et rencontres internationales où les pontes de la critique se retrouvent et se perdent.

Lodge jette un regard sarcastique, aussi acide qu’hilarant sur les protocoles et rituels des congrès : rencontres intellectuelles hermétiques, dialogues sirupeux, tourisme, sexe, loisirs, bouffe et conférences ennuyeuses transforment les congrès en liturgie…

LES CONGRÈS : MODE D’EMPLOI
*…Que les filles enlèvent tous leurs vêtements avant de
commencer à danser devant leurs clients. Ce n’est pas du
strip-tease, c’est du vulgaire déshabillage, l’équivalent
terpsichoréen de l’illusion herméneutique d’un sens
récupérable, laquelle illusion prétend que si nous
dépouillons un texte littéraire de son enveloppe
rhétorique, nous découvrirons les faits simples et
élémentaires qu’il essaie de nous communiquer*
(Extrait : UN TOUT PETIT MONDE)

Ce livre fascinant m’a aspiré dès les premières pages dans l’univers cossu des colloques et des congrès des milieux littéraires universitaires de partout dans le monde…un milieu qui souffre d’un snobisme torturé et handicapant :

«Les journaux du dimanche et les hebdomadaires ne s’intéressent pas autant à la critique littéraire qu’autrefois, j’en ai bien peur«. «C’est parce qu’elle est souvent illisible, dit Philip Swallow. Moi je ne la comprends pas, alors comment veux tu que les gens du commun la comprennent? En fait c’est précisément ce que raconte mon livre. C’est pour ça que je l’ai écrit». (Extrait)

Avec un humour parfois noir et grinçant, mais pourtant irrésistible, David Lodge nous décrit les rituels entourant ces congrès, comprenant bien entendu une programmation de conférences et de communications qui n’aurait aucune raison d’être si elle n’avait pas un côté social bien développé :

*Allons boire un verre, allons dîner, allons déjeuner ensemble. C’est ce genre de contact informel, bien sûr, qui constitue la raison d’être d’un congrès et non pas le programme des communications et des conférences qui pourtant a servi d’alibi pour rassembler les participants et qui semble à la plupart d’entre eux affreusement ennuyeux.* (extrait) Il y a aussi, selon les congrès des programmations culturelles et touristiques.

Mais surtout, tout bon congrès est assorti d’une programmation un peu plus discrète celle-là, un peu plus cachée, à peine avouée mais qui ne surprend personne…les congrès sont l’occasion d’aventures sexuelles et là-dessus, Gibson entre allègrement dans les détails.

C’est comme si l’activité sexuelle entretenait avec la créativité intellectuelle de certains congressistes des liens vitaux, mystérieux et profonds. Cet aspect du rituel des congrès occasionnent dans le récit des tournants plus dramatiques quoi qu’extrêmement intéressants.

Il y a dans ce récit, deux fils conducteurs intimement liés : d’abord, un des principaux héros, Persse McGarrigle a soif de gloire, mais cette soif se transforme graduellement en soif d’amour et la recherche de cet amour incarné par Angelica Pabst va le faire errer de congrès en congrès. Va-t-il la rattraper? Dans une espèce d’attachement au personnage que j’ai développé, je me suis surpris à espérer pour lui.

Ensuite, secrètement ou ouvertement, les grands pontes de la critique littéraire espèrent décrocher la chaire de critique littéraire offerte par l’Unesco, dotée d’avantages plus que confortables, ce qui donne au récit un petit caractère intriguant, les héros de la plume versant dans de petites bassesses, des petites jalousies et un peu de léchage. Le fin mot de la course m’a un peu déçu mais pas vraiment surpris.

Donc nous avons ici un roman très bien bâti, facile à suivre malgré une grande quantité de personnages, un roman qui tranche par son originalité bien sûr mais aussi par la plume franche et directe de Gibson qui nous a réservé une fort belle finale..

Le récit a un petit côté noir, en fait disons gris, grinçant, mais moi, je l’ai trouvé terriblement humain car dans cet énorme chassé-croisé de profs d’universités à travers le monde, j’ai pu observer tout au long de ma lecture, l’évolution d’hommes et de femmes qui, sous leur surface hermétique et snobinarde, ont un extraordinaire besoin de reconnaissance et d’amour.

En terminant, l’auteur aborde la littérature et la critique littéraire faite par des professeurs aussi émérites que flagorneurs. Vous comprendrez d’une part pourquoi l’auteur a choisi comme titre UN TOUT PETIT MONDE et d’autre part pourquoi mes articles constituent des commentaires et non de la critique. Mon dernier commentaire est à l’effet que, d’après moi, vous aimerez ce livre.

David Lodge est un écrivain britannique né à Londres en 1935. Diplômé de l’Université de Londres, il enseigne l’anglais. Il a écrit son premier roman à l’âge de 18 ans : LE MONDE, LE DIABLE ET LA CHAIR, mais il ne sera jamais publié.

À partir des années 1970, les romans de Lodge dépeignent ironiquement et avec sarcasme les milieux universitaires, créant quelques personnages dont quelques-uns deviendront récurrents dont le professeur de lettre qui aspire à devenir l’enseignant le mieux payé du monde : Morris Zapp.

D’ailleurs, David Lodge atteindra la notoriété avec la publication de UN TOUT PETIT MONDE en 1992.Ce n’est que dans les années 80 qu’il variera le cadre de ses romans, développant différents thèmes dont le monde de la télévision et la maladie d’Alzheimer (LA VIE EN SOURDINE, 2008)

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 11 novembre 2018