
*Là, j’ai vu papa arriver dans le salon. Il était en bobettes parce qu’il dort toujours en bobettes. Je pouvais voir sa face avec la lampe du salon allumée. Il y avait tout un côté de sa face qui était plein de sang, il y avait une grosse fente dans son front et on ne voyait plus son œil. Il ressemblait vraiment à ceux qui se font tuer dans les films d’horreur, mais là, c’était vrai. * (Extrait FLOTS, de Patrick Sénécal, Éditions Alire, 2021, 978-2-89615-225-4, édition de papier, 370 pages, photo ci-haut : quatrième de couverture.)

Patrick Sénécal dévie quelque peu de son modus operandi en nous livrant un roman sous la forme du journal personnel d’une petite fille de 8 ans : Florence. Florence adore les livres et est particulièrement talentueuse en français. Son oncle l’encourage à écrire son journal croyant que ça l’aiderait à maîtriser ses émotions et qui sait, peut-être même juguler les horreurs de sa vie. Mais voilà…Florence nourrit son journal avec un zèle qui fait enfoncer tout lentement le lecteur dans l’horreur…
Livre noir, comme le journal

Angoissant, addictif, à glacer le sang. C’est du Sénécal…du grand Sénécal. Pas de dentelle, aucune délicatesse. L’histoire est celle d’une petite fille de 8 ans, Florence Roberge, appelée Flo. Le titre du livre est FLOTS. Le lien serait facile à faire mais ce n’est pas aussi simple et je ne peux pas le dévoiler sans trahir l’auteur. Çà vous fera je crois, une belle découverte.
Sous l’impulsion d’un ami de sa mère, Flo, enfant unique d’une famille dysfonctionnelle, décide d’écrire son journal intime. Le journal devient le roman. Le roman est le journal et Sénécal n’est pas long à dévoiler les premiers malaises, palpables au début de l’histoire lorsque Flo fait mention d’un grondement dans sa tête.
J’ai senti très vite que quelque chose n’allait pas dans la tête de la gamine. Malsain, anxiogène. Il m’a semblé que la frontière entre le bien et le mal était complètement occultée chez Florence dont la conscience est devenue une immense zone grise, envahie par un improbable mélange de naïveté et de cruauté.
*C’est la première fois que je voyais quelqu’un de mort. C’était spécial, mais pas tant que ça. Bye. * (Extrait)
*…si la fatigante à Mégane est morte, elle ne nous achalera plus avec ses histoires de fraîche-pet. * (Extrait)
*J’étais déçue parce qu’il n’était pas mort. * (extrait)
Je vous laisse découvrir la suite. Vous ne serez pas déçu. Vous risquez toutefois d’être tendu. Personne ne l’aura facile. C’est une histoire noire, très noire, qui pénètre dans les arcanes d’un esprit torturé. Comme dans tous ses livres, avec l’habilité et la plume qu’on lui connait, Sénécal installe rapidement le doute, qui se mue en malaise, qui devient de l’angoisse, puis l’horreur pour aboutir sur la plus pure terreur.
Incapable d’en sortir, je n’ai pu faire autrement que de lire le livre d’une traite, la plume de Sénécal forçant irrésistiblement mon attention. C’est un thriller très dur et tout est développé par un enfant de 8 ans et c’est à ce niveau que j’ai repéré quelques irritants.
Il m’a semblé en effet qu’un tel déploiement d’imagination, de finesse et, à la fois, de naïveté et de cruauté chez une enfant de 8 ans était surréaliste. C’est plus fort que moi, ce principe joue sur la crédibilité de l’histoire et m’a agrippé jusqu’à la fin. Même chose pour le langage. Je note, entre autres, la surexploitation du verbe *chier*…assez singulier pour une enfant de cet âge.
La finale m’a paru étrange. Mais je crois qu’elle ouvre la voie à une suite. Sinon, je dirais que quelque chose m’a échappé.
Est-ce le meilleur de Patrick Sénécal ? Ou le pire ? Je crois qu’il est impossible de le dire. Dans chacune de ses histoires, l’auteur québécois développe une facette particulière de l’horreur et y met tout son talent, comme le doigt sur la noirceur de l’âme, inconsciente plus souvent qu’autrement.
Je demande toujours la même chose aux auteurs. Surprenez-moi. À ce titre, Patrick Sénécal n’a jamais failli.
Suggestion de lecture du même auteur : FAIMS

Pour parcourir la biographie de Patrick Sénécal, cliquez ici.
Dossier de presse : Journal de Québec, La Presse.
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Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 13 juin 2026



J’ai été surpris par l’imagination déployée par l’auteur pour amener les lecteurs exactement là où il veut, l’entraînant de rebondissement en rebondissement même jusqu’à quelques pages de la fin.











Une vague de drogués se jetant du haut d’immeubles, croyant pouvoir voler. Des disparitions. Une île perdue dans la forêt boréale, habitée par une communauté déjantée et leur leader sans âge. Une baronne du crime nymphomane et amoureuse des bijoux en forme de clochettes. Un enquêteur médisant dépourvu de sa main droite, dévorée par un cannibale qui hante encore ses nuits. La réécriture la plus sombre du conte classique » Peter Pan »




Louis-Pier Sicard est un écrivain québécois né en 1991. Il obtint un baccalauréat en éducation physique en 2014. Il est inscrit à la maîtrise en études littéraires tout en travaillant, depuis 2012, comme enseignant suppléant en éducation primaire. Gagnant du premier prix mondial de poésie francophone des 15-25 ans en 2014, il a publié un premier recueil en 2013, Les Amants de l’abîme, et a entrepris la publication d’une série fantastique, Félix Vortan, dont le premier tome obtient le Grand prix jeunesse des univers parallèles.

Cormoran Strike est en visite dans sa famille en Cornouailles quand une inconnue l’approche pour lui demander de l’aide. Elle aimerait retrouver sa mère, disparue dans des circonstances jamais éclaircies en 1974. Intrigué, Strike accepte, malgré la longue liste des cas sur lesquels lui et son associée Robin Ellacot travaillent déjà. Petit à petit, l’enquête apparaît comme très complexe. Sur leur chemin, Robin et Strike rencontrent des témoins peu fiables, s’interrogent sur des jeux de tarots, tout en poursuivant des pistes qui semblent mener vers un serial killer psychopathe. Ils apprendront bientôt, à leurs dépens, que même des affaires classées peuvent se révéler dangereuses…







L’ARCHIPEL DU GOULAG est un très long pavé (2 000 pages et plus selon les éditions) chargé de noirceur, de mort et de désespoir, cri du cœur de la réalité historique décriée froidement par Soljenitsyne. Plusieurs passages m’ont fait frémir et même, glacer d’horreur :
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Au fin fond de l’Ecosse, une bouteille ancienne en verre poli est longtemps restée sur le rebord d’une fenêtre. Personne ne l’avait remarquée, pas plus que le message qu’elle contenait. Un message qui commence par le mot Hjlp, « au secours », en danois, écrits en lettres de sang… Envoyée par la police anglaise à Copenhague, la mystérieuse missive révèle qu’elle provient de deux garçons qui auraient été kidnappés dix ans plus tôt. Chose étrange : leur disparition n’a jamais été signalée… La chasse haletante lancée par les inspecteurs Mørck et Assad derrière un tueur que rien ne semble pouvoir arrêter ne les dispense pas de jeter au passage un regard acerbe et troublant sur la société danoise.


Un film de Christoffer BOE