*En regardant par une fente dans une remise voisine
de l’étable, elle aperçoit le pauvre diable en train de se
pendre : il avait fait un nœud coulant à sa ceinture,
avait attaché celle-ci à une solive du plafond et, monté
sur un bloc de bois, essayait de passer son cou dans
le nœud coulant…*
(Extrait : CRIME ET CHÂTIMENT, Féodor Dostoievsky,
paru à l’origine en 1884, rééd. : Éditions Caractère 2013,
papier. Poche, 770 pages)
Raskolnikov, un jeune homme désargenté, a dû abandonner ses études et survit dans un galetas de Saint-Petersbourg. Sans un sou en poche, le voilà réduit à confier la montre de son père à une odieuse prêteuse sur gages. Convaincu de sa supériorité morale, un fol orgueil le pousse à préméditer l’assassinat de la vieille. Il en débarrasserait ainsi les misérables, quitte à racheter son crime avec l’argent volé. Mais le diable s’en mêle, et le révolté se retrouve l’auteur d’un double meurtre… Ses rêves de grandeur s’effondrent, Le voici poursuivi par un juge et hanté par la culpabilité… La rédemption lui viendra-t-elle de la prostituée Sonia, dévouée jusqu’au sacrifice, ou de l’aveu de son crime ?
UN INTENSE COMBAT INTÉRIEUR
*Le corridor était sombre ; ils se trouvaient près d’une lampe.
Pendant une minute, tous deux se regardèrent en silence.
Razoumikhine se rappela toute sa vie cette minute. Le regard
fixe et enflammé de Raskolnikoff semblait vouloir pénétrer
jusqu’au fond de son âme. Tout à coup, Razoumikhine
frissonna et devin pâle comme un cadavre : L’horrible vérité
venait de lui apparaître.* (Extrait)
C’est un roman très fort et très riche d’une profonde connaissance de la nature humaine. La psychologie complexe du personnage principal m’aura fasciné jusqu’à la fin. Voici l’histoire de Rodion Romanovitch Raskolnikov, un étudiant rongé par la pauvreté, forcé d’abandonner ses études universitaires, reçoit un peu d’argent de sa mère, Pulchérie Alexandrovna avec laquelle il entretient une relation difficile. Malgré tout, Rodion a une très haute opinion de lui-même, se croyant au-dessus de la condition humaine, d’un point de vue russe en tout cas.
Pour survivre, Rodion vend quelques babioles à une usurière, Aliona Ivanovna qu’il décide d’assassiner et de s’emparer de sa fortune afin de se refaire une vie. Aliona est tuée à coup de hache. Quelques minutes après le meurtre, Élizabeth, la sœur de l’usurière arrive. Tuée aussi. Très peu de temps après ce double-meurtre, le remord s’empare de Rodion. Débute alors pour l’ancien étudiant un terrible combat intérieur qui aura de graves conséquences psychosomatiques d’abord puis psychologiques.
Ce combat intérieur s’étalera sur l’ensemble du récit et sera exacerbé par plusieurs facteurs : Porphyre Petrovitch, le juge d’instruction qui talonnera Rodion à la manière de Colombo, peut-être encore plus agaçante et énigmatique. Il aura aussi l’influence de son meilleur ami, Razoumikhine et de Sonia Semionovna, une prostituée dont Rodion est tombé amoureux.
Un élément très important brassera aussi les idées contradictoires de Raskolnikov, le fait que l’usurière assassinée était une femme cruelle et sans cœur, détestée par tout le monde. Cela poussait Rodion à des conclusions moralement satisfaisantes :
*-Sans doute, elle est indigne de vivre…-Qu’on la tue et qu’on fasse ensuite servir sa fortune au bien de l’humanité, crois-tu que le crime, si crime il y a, ne sera pas largement compensé par des milliers de bonnes actions ? * (Extrait) Le fait de prendre graduellement conscience de son crime rendra Rodion presque fou. Il n’y a pour lui qu’une possibilité de rédemption.
De cette œuvre remarquable transpire toute la tragédie de la Société Russe torturée par le socialisme, la pauvreté, l’alcoolisme. CRIME ET CHATIMENT est empreint de l’aspect social de la Russie du XIXe siècle et témoigne aussi de l’esprit agité de l’auteur qui a d’ailleurs jeté les premières bases de ce roman qui le rendra célèbre, alors qu’il était en prison. La démarche progressiste de l’auteur imprègne le personnage principal du roman, Rodion Roskalnikov, profondément travaillé et modelé avec un sensible stigmate autobiographique.
J’ai été fasciné par la force de l’écriture, la puissance de la plume, un développement lent, détaillé avec plusieurs passages particulièrement prenants et une errance dans la folie qui pousse à la réflexion entre autres sur les fondements de la Société et les contradictions de la morale. CRIME ET CHATIMENT est un appel de Dostoievski à l’exploration de l’âme humaine.
Le récit met habilement l’emphase sur les fondements mêmes de la psychologie : *Dostoïevsky est la seule personne qui m’ait appris quelque chose en psychologie. * (Nietzsche, célèbre philosophe et poète, 1844-1900). La finale, superbement imaginée est prenante et chargée d’émotion. Le parcours de Rodion promet de forts battements de cœur au lecteur.
Il est pratiquement impossible de critiquer un livre depuis longtemps classé chef-d’œuvre littéraire historique. C’est le genre de livre qu’il faut lire au moins une fois dans sa vie. Il était depuis longtemps dans mes projets de lecture. La seule question qui se pose : pourquoi m’en être privé si longtemps…?
Suggestion de lecture : CRIME ACADEMY, de Christian Jacq

Fédor Mikhaïlovitch Dostoievsky, fis de médecin, naît à Moscou en 1821. C’est un adolescent abreuvé de littérature qui entre en 1938 à l’école militaire de Saint-Pétersbourg. Son premier roman LES PAUVRES GENS (1844), son aspect bohême, son caractère taciturne lui taille la renommée d’un nouveau Gogol. Lié aux milieux progressistes, il est déporté en Sibérie en 1849, séjour relaté dans SOUVENIR DE LA MAISON DES MORTS (1860). Retiré de l’armée, il se consacre alors à son œuvre.
Couvert de dettes, il mène d’abord une vie d’errance en Europe (LE JOUEUR), où s’affermissent ses convictions nationalistes. CRIME ET CHÂTIMENT (1866) lui apportent la célébrité. Suivront L’IDIOT (1868) LES DÉMONS (1871) et LES FRÈRES KARAMAZOF (1879), dont le retentissement est immense. Torturés par leurs passions et leurs aspirations, écrasés par le matérialisme et l’égoïsme, ses héros posent crûment la question de Dieu et du libre arbitre. Ses obsèques, en 1881, seront suivies par trente mille personnes.
BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le dimanche 12 mars 2023
Julius est interné dans un hôpital psychiatrique. Son amnésie partielle ne lui a laissé que peu de souvenirs, mais l’un d’eux est plus vif que les autres : l’organisation Tirésias a planifié la fin du monde pour dans quatre jours ! Mais Julius compte bien révéler leurs manigances au vu et au su de tous. Et pour cela il aura besoin d’alliés. Tout d’abord Alice, qui vit dans la chambre d’en face, amnésique (comme lui) après l’incident qui a interrompu son mariage… en tuant tous les autres convives ! Ensuite Ours, symbole du geek. Le trio va devoir se défaire des policiers qui tenteront de se mettre sur leur route.


Ma sœur croit m’aider à « ouvrir mon autoroute émotive », à me défaire du « traumatisme causé par le divorce de nos parents alors que je n’étais qu’un enfant » et à tomber follement amoureux d’une fille. Ce qu’elle ne comprend pas, c’est que je n’ai pas envie d’être en couple. C’est trop compliqué. Mais, comme je suis un gars de parole, j’embarque dans son jeu (d’autant plus que c’est ma seule option pour qu’elle me laisse tranquille). Heureusement que j’ai le hockey, le tourbillon familial et l’apparition dans ma vie d’une mystérieuse Julianne et d’une charmante Léa Olivier pour agrémenter mon journal intime et le rendre un peu plus palpitant.
C’est à la plume passionnée de Catherine Girard-Audet, accro de magasinage, d’histoires de filles et de confidences, que l’écriture de L’ABC des filles a été confiée. À la barre de plusieurs traductions de romans ou d’albums à succès tels que, Lizzy McGuire, Dora l’exploratrice et même 
Sept ans ont passé depuis Le Silence des agneaux. Depuis, Hannibal Lecter vit sous nom d’emprunt à Florence, en Italie, où le faux docteur, vrai serial killer, mène la grande vie. Sur ses traces, Clarice Sterling, agent modèle du FBI. Mais elle n’est pas la seule à le pister : Mason Verger, une des premières victimes d’Hannibal Lecter, attend sa vengeance. La lutte peut-elle être égale entre cet homme cloué à son lit d’hôpital, accroché à son respirateur artificiel, qui tente de tirer parti de toutes les potentialités d’Internet pour mener sa traque, et le redoutable Lecter ?


L’adaptation cinématographique de HANNIBAL a été réalisée par Ridley Scott en 2001. D’après l’œuvre originale de Thomas Harris, le scénario a été signé par David Mamet et Steven Zaillian. Sont réunis à l’écran : Anthony Hopkins dans le rôle d’Hannibal Lecter, Julianne Moore dans le rôle de Clarisse Sterling, Gary Oldman dans le rôle de Mason Verger et Ray Liotta dans le rôle de Paul Krendler. HANNIBAL est le troisième volet de la série et suit le plus célèbre : LE SILENCE DES AGNEAUX réalisé par Jonathan Demme en 1991, Oscar du meilleur film et du meilleur acteur.
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En 2014, une guerre nucléaire a ravagé la Terre. En 2033, quelques dizaines de Moscovites survivent dans le métro, se dotant de diverses formes de gouvernements et croyances. Mais une menace plane à présent de l’extérieur. L’un des survivants, Artème, est alors chargé d’en avertir Polis, une communauté de stations qui préservent les derniers vestiges de la civilisation humaine.



Qui a dit que le croque-mitaine, c’est de la foutaise? Dans un futur pas si lointain, Kay Frarma, analyste comportementale dans un bureau régional de la police d’une ville moyenne, s’ennuie à mourir à brosser le portrait psychologique de petits malfrats sans envergure. Elle ne se doute pas que bientôt, sa vie va basculer d’une effroyable manière. Elle devient la cible d’un tueur en série qui parsème les lieux qu’elle fréquente de bouts de cadavres non identifiables. Dans quel but? Est-ce que le Tueur tente de lui passer un message ou ses actes cachent-ils d’autres agissements encore plus macabres?

1630 :La journée des Dupes se prépare. Richelieu, conseiller du roi, est en danger. Marie de Médicis, mère de Louis XIII, souhaite le faire révoquer. Un complot de plus ? Pire. Car la mise à l’écart du Cardinal constitue la première étape d’une menace plus grave encore. Quo ultimus exigussimus bella evadit cultorem. Cette phrase en latin est-elle la clef d’une conjuration cherchant à éliminer le souverain et à déstabiliser la couronne de France ? Une lutte sans merci s’engage, des rives sauvages du Saint-Laurent aux troubles coulisses du palais du Louvre. Mais qui oeuvre dans l’ombre ? Et qui l’emportera vraiment ?
