L’oiseau donne un coup de bec sur la vitre, puis un deuxième. Mes mains se couvrent d’une moiteur froide, ma gorge se noue. J’ai envie de crier, mais je n’ai pas d’air dans les poumons.
La corneille croasse et martèle la vitre à une vitesse inouïe. Le verre se fend.
Le bec se brise, le sang éclabousse la fenêtre. ‘Tu n’as aucun éclat, ma colombe’ hurle une voix distordue.
–Un problème, madame Northwood-Gros ? demande le psychiatre inquiet.
Je me tourne vers lui, grimaçante de peur, puis je lève le bras vers la fenêtre.
Intacte. Pas de sang, Pas d’oiseau non plus.
Extrait : DANS LA TOILE, de Vincent Hauuy, Hugo thriller éditeur, 2019, version numérique. 242 pages, 2,1 Mo
Isabel Gros est une miraculée. Seule survivante d’une fusillade, elle a passé deux semaines dans le coma. Contrainte d’abandonner sa carrière de critique d’art et ne supportant plus la vie citadine, elle quitte Paris avec son mari, pour s’installer dans leur nouveau chalet, au cœur des Vosges.
Souffrant de graves séquelles, Isabel pense se reconstruire grâce à la peinture. Mais le malaise qu’elle ressent dès son arrivée va rapidement se transformer en terreur.
Digne du titre

Après avoir lu son livre LE TRICYCLE ROUGE en 2020, j’étais très curieux de savoir ce que Vincent hauuy avait à m’offrir cette fois. Serait-ce supérieur, équivalent, ou d’intérêt moindre. C’est ainsi que j’ai lu DANS LA TOILE, un polar psychologique d’une grande intensité. Celle-ci cède d’ailleurs le pas au rythme et à l’action mais commençons par le contenu.
L’histoire est celle d’Isabel Gros, femme du médecin Frank Gros. Isabel est l’unique rescapée d’une fusillade qui l’a plongée dans un long coma, avec un lourd traumatisme crânien et des poumons fortement abîmés. Obligée d’abandonner sa carrière de critique d’art, Isabel doit quitter Paris pour s’installer dans un chalet isolé où sa vie subira une deuxième bascule, versant dans la terreur.
Le lecteur aura à composer avec une femme désorientée sujette aux absences, trous noirs, hystérie et une femme obnubilée par le sort de sa sœur. Elle doit entreprendre un long voyage intérieur pour comprendre ce qui lui arrive et surtout le rôle obscur joué par son mari. Pas d’amis, pas d’alliés.
Comment s’en sortir sans ami, sans aide, sans force. La réponse serait-elle dans une toile ?
Si les débuts sont prometteurs, l’ouvrage est de plus en plus glauque et dense et, comme ça se produit souvent dans les huis clos, le lecteur est forcé de composer avec beaucoup plus d’éléments qu’il y a de personnages. Il doit même comprendre et démêler la dualité entre deux personnalités en une. Il est question ici d’un trouble dissociatif de la personnalité.
Donc ça dérape en cours de route dans l’inutilement compliqué avec beaucoup trop d’éléments qui sont tout, sauf de la valeur ajoutée: addiction au jeu et à l’alcool, pédophilie, des fausses jumelles, etc. Je comprends que l’auteur a voulu me faire plonger dans la psyché d’une femme traumatisée par ses démons. Mais j’ai eu l’impression d’errer dans une boucle redondante. Encore si le personnage principal était attachant, j’aurais été sans doute stimulé. Mais tout est froid dans le récit.
Ce polar psychologique reste malgré tout un intéressant défi de lecture à cause de son lien avec l’art de la peinture. Cet aspect, un peu mystifiant, donne une certaine saveur à l’histoire, même si je l’ai trouvé un peu sous développé.
Malgré la faiblesse de son fil conducteur, le livre a une grande force, il est porteur d’émotions et laisse à réfléchir sur la fragilité mais surtout sur la complexité de l’esprit humain.
Au final, c’est un bon roman, relativement efficace, mais ça ne vaut pas LE TRICYCLE ROUGE, nettement supérieur.

Suggestion de lecture : JE TE VOIS, de Clare Mackintosh
L’auteur Vincent Hauuy
DU MÊME AUTEUR

Pour lire mon commentaire sur LE TRICYCLE ROUGE, cliquez ici.
BONNE LECTURE
Claude Lambert
le vendredi 10 mai 2024
Three Pines dans les Cantons de l’est. Pendant la fin de semaine de l’Action de Grâce, Jane Neal est trouvée morte dans la forêt, le cœur transpercé. Le réveil est plutôt brutal pour cette tranquille communauté, d’autant que l’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec, est perplexe. Est-ce que ça pourrait être autre chose qu’un bête accident de chasse. Mais qui pourrait souhaiter la mort de Jane Neal, une enseignante à la retraite qui a vu grandir tous les enfants du village. Le détective Armand Gamache se doute qu’un serpent se cache au cœur de l’Éden, un être dont les zones d’ombre sont si troubles qu’il doit se résoudre au meurtre. Mais qui ?





À dix-sept ans, Tracy Petrikoff possède un don inné pour la chasse et les pièges. Elle vit à l’écart du reste du monde et sillonne avec ses chiens de traîneau les immensités sauvages de l’Alaska. Elle respecte les trois règles que sa mère lui a dictées : «ne jamais perdre la maison de vue », «ne jamais rentrer avec les mains sales » et surtout «ne jamais faire saigner un humain ». Jusqu’au jour où, attaquée en pleine forêt, Tracy reprend connaissance, couverte de sang, persuadée d’avoir tué son agresseur. Ce lourd secret la hante jour et nuit. Une ambiance de doute et d’angoisse s’installe dans la famille, tandis que Tracy prend peu à peu conscience de ses propres facultés hors du commun.





LA LISTE nomme 8 filles chaque année, 



« Plus que tout au monde, ce soir, elle aimerait se redresser pour atteindre l’amour de son fils, rejoindre son épaule, y déposer sa tête une seconde. Se hisser vers lui pour avoir quelques miettes d’amour. De l’amour sur la pointe des pieds. » Anna cherche à faire le deuil d’un enfant vivant. Elle ne sait plus quoi inventer pour sortir son fils de ce brouillard dans lequel il plane en permanence. Elle a l’impression d’errer dans un cimetière, sans corps à déposer en terre. Pourtant, tout était possible jusqu’à l’Accident. Un roman coup-de-poing, l’histoire d’une mère et de son enfant-vieillard.
Miss Pebmarsh a bien failli mettre le pied dessus. Même ; elle l’aurait piétiné, ce cadavre, si Sheila n’avait crié. Que voulez-vous : Miss Pebmarsh est aveugle et elle a été bien surprise d’apprendre qu’il y avait le corps d’un inconnu derrière son canapé. Et d’abord, que fait Sheila chez elle : jamais, au grand jamais, elle n’a demandé à l’agence où travaille la jeune fille qu’on lui envoie une dactylo. Et d’où viennent toutes ces pendules – toutes en avance d’une heure – qui encombrent les meubles de son salon : Avec Hercule Poirot comme conseiller technique, un jeune et beau garçon, mystérieusement attaché à quelque service secret, saura tirer de cet inextricable imbroglio le fil qui mène au meurtrier.



