Ah ! C’est le but que tu poursuis…N’est-ce pas ! Inlassable ! Tu rampais !… Divers… Ondoyant ! Imprévu toujours !… Violences… Tendresse… Passion… Force… Je t’ai entendu l’autre jour ! … Tout t’est possible, Ferdinand. Tout ! (Extrait : MORT À CRÉDIT, Louis-Ferdinand Céline Éditions Gallimard 1952, collection Folio, édition de papier, 635 pages.)

Le second roman de Céline nous ramène au temps de son enfance. Nous suivons les avatars du jeune Ferdinand aux prises avec son époque -la France et l’Angleterre d’avant 1914- et son éducation- une suite d’expériences familiales, touristiques, scolaires, laborieuses, érotiques, etc. Ferdinand grandit entre une mère mercière et un père correspondancier qui s’empoisonnent littéralement l’existence et accablent leur fils de reproches amères et douloureux.
Il ne trouve dans sa famille besogneuse et mesquine qu’une atmosphère étouffante, fébrile, odieuse de laquelle deux personnalités seulement filtrent comme des rayons de soleil, celles de sa grand-mère Caroline et de son oncle Édouard…
AMER ET INDIGESTE
Mais profond
*Ça bardait du matin au soir…un défilé
d’hurluberlus exorbités jusqu’aux
sourcils, qui se dépoitraillaient devant
la porte, gonflés, soufflés de certitudes,
de solutions implacables… C’était pas
marrant à regarder.
(Extrait : MORT À CRÉDIT)
MORT À CRÉDIT m’a ramené à l’esprit certaines expressions consacrées relatives à la folie et au génie comme par exemple la citation de Thomas Fuller *Le paradis des fous c’est l’enfer des sages* ou celle d’Aristote *Il n’y a point de génie sans un grain de folie*. D’après la poétesse belge Josiane Coeijmans, la folie est porteuse de génie. Avec Louis-Ferdinand Céline, j’en suis là. Je ne sais trop quoi penser de son œuvre.
Dans son premier vrai grand roman, VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT, Céline raconte le cheminement de Bardamu se butant aux horreurs du colonialisme en Afrique, puis aux horreurs du capitalisme en Amérique, puis l’humanité de Bardamu tentant d’apaiser les souffrances humaines. Le livre donnait un sens à la vie d’une incroyable profondeur et poussait à l’introspection.
Dans MORT À CRÉDIT, Céline raconte l’enfance de Bardamu qu’on appellera Ferdinand, fils unique, apparence petit bourgeois dans un quartier de Paris qui vit au début avec des parents qui sont de parfaits modèles d’égocentrisme. Ferdinand évolue dans un monde de grognons mal embouchés et radoteurs.
Dans son style *coup de poing* habituel, Céline décrit le parcours initiatique de Ferdinand qui entre dans la transition qui le fera sortir de l’enfance avec de la violence, de l’émotion, l’indifférence qui va jusqu’au *je m’enfoutisme*.
J’ai senti que cette fois, Céline poussait son style à outrance, un style versé dans la redondance et à l’étalement d’états d’âme qui ne finissent pas de finir, le tout dans un langage hautement argotique.
Les passages qui évoquent les relations de Ferdinand avec ses parents sont intéressants…des relations émiettées entre un petit bonhomme représentant un fardeau potentiel pour ses *vieux* pusillanimes…
Les émotions se ressentent dans certains dialogues dont la compréhension a nécessité un dictionnaire : *Alors ils m’ont fait une gueule ! Rien qu’à m’entendre badiner !… Ça donnait juste l’effet contraire!… Ah! merde ! Moi, j’en avais tringle!… Je fumais alors moi aussi!… Moi aussi merde à la fin… J’avais bien toute la caille au cul…je venais pas leur quémander !
Ni flouze ! ni pitance ! Je leur demandais rien du tout ! Seulement je voulais pas m’enfoirer avec des soupirs à la con. Je venais simplement dire « au revoir »… Merde ! Un point c’est tout! … Ils auraient pu être contents… (Extrait)
J’ai décelé beaucoup d’amertume dans le récit. Tout en demeurant décapant, une caractéristique indécollable de Céline, je l’ai trouvé geignard. Avec le langage d’une brute, tantôt ordurier tantôt généreux, Céline fait dériver son personnage d’une côte à l’autre, introduisant chaque fois une nouvelle galerie de personnages. Pas de fil conducteur.
Ce n’est pas un récit vraiment axé sur les joies de la vie. C’est au contraire désespérément humain. C’est incisif, parfois acide mais le réalisme est omniprésent. Céline n’avait pas de plan mais il avait une vision et c’est là que ça devient intéressant si on considère que MORT À CRÉDIT est une vision tranchante et sombre du sens de la vie, ça pousse à la réflexion.
Cet aspect a beaucoup divisé les lecteurs et explique aussi mon lien entre la folie et le génie au début de cet article. Si ça met du monde en désaccord, c’est qu’il y a matière à débat.
J’ai trouvé le livre très long, il fait quand même 628 pages, répétitif, parfois ennuyeux, sensiblement misérabiliste mais son esthétique littéraire a mobilisé beaucoup de lecteurs quant à sa vision plutôt glauque de la vie et par une plume gueularde qui mobilise l’attention et ce, malgré l’omniprésence de l’argot. Heureusement, il y a l’oncle Édouard qui s’en tire bien et qui aime bien Ferdinand…un petit symbole qui nous rappelle que tout n’est pas noir.
Peut-être que je ne sais pas trop quoi penser de ce livre. Difficile aussi de saisir les raisons pour lesquelles il est considéré comme un monument littéraire. Une chose est sûre cependant, il ne m’a pas laissé indifférent.
Suggestion de lecture : LE GLAIVE DE DIEU, de Hervé Gagnon

Auteur du XXe siècle considéré comme majeur, Louis-Ferdinand Auguste Destouches dit CÉLINE est né le 27 mai 1894 à Courbevoie. Il est l’un des écrivains français les plus traduits et diffusés dans le monde. Son œuvre a fait toutefois l’objet de polémiques violentes en raison de son antisémitisme particulièrement haineux. Ce profond antisémitisme l’amène à devenir pro-nazi.
Mis au ban des personnalités respectables depuis cette période et celle de la libération, Céline s’exile en Allemagne puis au Danemark. Avant de revenir en France. Il faudra attendre 1957 pour un retour de Céline dans l’actualité littéraire mais il meurt peu de temps après d’une rupture d’anévrisme. Malgré les états d’âme de Céline, son écriture particulière, son réalisme et son style en font un écrivain très important. (Franceculture)
Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 11 juin 2021


Soucieux de développer une société meilleure basée sur l’entraide et l’empathie, un homme cible d’abord l’intérêt démesuré que portent les humains pour les animaux. Il décide donc de tuer et faire disparaître les animaux domestiques de son quartier. Mais le plan n’atteint pas ses objectifs et notre homme décide d’éliminer une race d’humains qui prolifère un peu trop à son goût : Les cons. Ne trouvant pas de définition claire et nette du con typique, il extermine ici et là tous ceux qui l’embêtent ou qui l’ennuient. Le livre prend un peu la forme d’un mode d’emploi tendant aussi à légitimer le combat meurtrier de cet homme contre ceux qu’il trouve cons.




Pour des raisons obscures, le président américain s’entretient avec Suliman Cindoruk, leader d’un groupe extrémiste, qui déteste cordialement les américains. Par la suite, les évènements vont se bousculer tout en prenant une dimension hautement dramatique : Le président devra faire face à une menace de destitution malgré les obligations que lui impose la sécurité nationale. Pire : Les États-Unis sont menacés d’une cyberattaque massive qui ramènerait le pays à l’âge de pierre. Le président n’a pas le choix… trouver une solution. L’équilibre mondial est en jeu. Non loin de la Maison Blanche, un huis-clos se déroule. Un huis-clos de trois jours. Président : introuvable.
À droite, James Patterson, écrivain et scénariste de films est né en 1947 à Newburgh. Il est l’auteur de thrillers les plus vendu au monde avec plus de 100 millions de livres achetés. Grâce à une technique parfaite et des intrigues très rythmées, tous ses livres atteignent les premières places des classements des meilleures ventes.




Photo extraite de GERMINAL, adaptation cinématographique du livre d’Émile Zola GERMINAL, réalisé par Claude Berri, production franco-belge de 152 minutes sortie en 1993, avec Miou-Miou, Renaud, Gérard Depardieu et Jean Carmet.





Dans un avenir pas si lointain, la mort n’est plus définitive : vous pouvez sauvegarder votre conscience et vos souvenirs et les réimplanter dans un nouveau corps. De fait, pour Takeshi Kovacs, mourir n’est plus qu’un accident de parcours : il a déjà été tué plusieurs fois. C’était les risques du métier dans les troupes d’élite du Protectorat des Nations unies expédiées à travers la galaxie. Mais, cette fois, on le ramène sur Terre pour enquêter : un riche magnat veut élucider sa propre mort. Pourquoi se suicider quand on sauvegarde son esprit tous les jours, certain de revenir parmi les vivants ?

Richard Morgan était recteur à l’université de Stratchclyde (Grande-Bretagne) avant de devenir romancier à plein temps. Carbone modifié est son premier roman et il a obtenu le 
