Cemetery boys

Commentaire sur le livre de
AIDEN THOMAS

*-Tu sais qui tu es, je sais qui tu es et Notre Dame le sait aussi… alors que tous les autres aillent se faire voir. Maritza lui lança un sourire malicieux.
-Souviens-toi pourquoi on fait tout ça…Yadriel se blinda et parla avec tout le courage qu’il put rassembler. -Pour qu’ils voient bien que je suis un Brujo.
-Ils vont se sentir bien bêtes lorsque tu leur feras voir.

Extrait : CEMETERY BOYS, version française, d’Aiden Thomas. Édition de papier (poche) Big Bang éditeur, 2023, 456 pages. Format numérique : Actu SF éditeur, 2023, 405 pages, 1136 KB. Version audio : VOolume éditeur, 2023, durée d’écoute : 12 heures 37 minutes, narrateur : Loïc Richard.

Le choc de la tolérance

C’est un très bon roman. J’ai trouvé sa lecture agréable. Le thème est sensible mais habilement développé, en douceur, avec délicatesse. Pour le résumé de l’histoire, vous pouvez vous fier au quatrième de couverture plus haut. On ne pourrait faire mieux. Ce qu’il faut retenir, c’est que Yadriel est un garçon transgenre et qu’il veut devenir Brujo pour invoquer les esprits disparus, un pouvoir traditionnellement réservé aux garçons

Yadriel veut utiliser son pouvoir pour faire revenir l’esprit de son cousin qui a connu récemment une mort violente. Yadriel réussit effectivement à faire revenir un esprit. Mais voilà, ce n’est pas le bon. Ce qui apparaît est l’esprit d’un jeune homme lui aussi victime de mort violente. Il s’appelle Julian.

Julian ne veut pas repartir. Il veut rester pour protéger ses amis qui sont menacés et a besoin pour ce faire de la complicité de Yadriel. S’ensuit toute une série d’aventures et surtout, la naissance d’un petit sentiment qui grandit doucement surtout chez Yadriel. Mais bref, au départ, Julian veut rester pour sauver ses amis, Yadriel veut que Julian reparte mais on se rend vite compte qu’il en a de moins en moins envie.

Je veux m’attarder un peu sur Julian qui fut de loin mon personnage préféré. Jeune homme en fin d’ado, il est rebelle, un peu bougon, têtu et traînait de son vivant, une réputation de méchant garçon. Pourtant, L’auteur l’a doté d’une très bonne nature. Il a une carapace de dur à cuir mais ce n’est qu’une apparence. Il est sensible, protecteur et surtout, il a accepté Yadriel dans sa différence…le genre de bonhomme qu’on serait heureux d’avoir comme ami.

C’est un récit bien développé. L’action n’est pas à l’emporte-pièce mais il y a de l’émotion et la plume pousse les lecteurs à sympathiser avec les personnages qui ont tous un côté attachant et chaleureux. C’est un roman pour jeunes adultes mais aussi une réflexion de société alors que la reconnaissance des genres est au cœur de l’actualité. (voir LGBTQIA+)

Si le livre est venu me chercher et m’a touché, il comporte tout de même quelques irritants et faiblesses. Je note d’abord une surexploitation de mots et de termes espagnols. C’est un peu dérangeant, La version audio en particulier n’est pas aisée à suivre. Et puis, je suis toujours un peu heurté quand un livre en français porte un titre anglais. Pas fort. Enfin, l’intrigue tourne en rond et accuse un peu d’errance mais elle nous amène pourtant vers une finale surprenante. Le genre de finale qu’on a l’impression de vivre entre les mots…

Enfin, un mot sur les personnages. Ils sont forts mais sensibles. Certains luttent pour les traditions, d’autres luttent contre. Outre Julian et Yadriel, vous ferez la connaissance de Maritz, une vraie flamme celle-là, attachante et empathique, rejetée par les siens parce qu’elle est végane. Heureusement, deux petites perles que je vous laisse découvrir la protègent : Donatello et Michelangelo.

C’est un livre plein des mystères latins que l’auteur Aiden Thomas nous fait découvrir en toute simplicité en plus de thèmes que nous avons besoin d’explorer comme société : Amitié, Amour et bien sûr Respect des différences, Tolérance, Acceptation.  Je qualifierai ce livre de doux et fort.

Suggestion de lecture : LE BLEU DES GARÇONS, d’Éric Leblanc


Aiden Thomas est un auteur à succès figurant sur les listes best-sellers du New York Times. Il détient une maîtrise en création littéraire. Originaire d’Oakland (Californie), il est installé à Portland (Oregon). En tant que queer, trans et Latinx, il plaide pour une représentation de la diversité dans les médias.

Du même auteur

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 19 décembre 2025

Le roman maudit

Commentaire sur le livre de
FRANK THILLIEZ

* Il vient de se passer un truc. Un truc HORRIBLE. Si quelqu’un lit ça un jour, PITIÉ, arrêtez-vous là. Lisez pas la suite avant demain. C’est une question de VIE OU DE MORT. *

Extrait : LE ROMAN MAUDIT, de Franck Thilliez. Édition de papier, format numérique et version audio : Auzou éditeur, 2025. 388 pages, 112.9 MB. Pour la version audio, durée d’écoute : 3 heures 4 minutes, narratrice : Slimane Yefs 

Des frissons pour l’avent

Si vous cherchez un petit frisson en lecture pour le temps des fêtes, voici un livre très particulier à dévorer au rythme du calendrier de l’avent. Eh oui ! un petit chapitre par jour entre le 1er et le 24 décembre…un peu comme si on ouvrait une case par jour d’un calendrier de l’avent pour découvrir un chocolat. LE ROMAN MAUDIT est une histoire sombre, un peu lugubre mais ce fut pour moi une expérience littéraire originale, captivante et immersive. Une lecture parfaite pour les adolescents/adolescentes et jeunes adultes.

À chaque chapitre, l’angoisse va crescendo. L’histoire mêle et entremêle le rêve et la réalité, l’éveil et le sommeil, la joie et la tristesse, la peur et le courage, l’espoir et désespoir et je pourrais poursuivre longtemps. Ce livre est un continuum d’émotions et ce continuum prend racine dès le début de l’histoire. Voyons un peu ce qui se passe.

Un matin, un adolescent, Naël, le héros de cette histoire, découvre, à la sortie de la maison, un mystérieux carnet. En fait, ce carnet était un journal, écrit par Léo Lacan, 14 ans, kidnappé un an plus tôt. Intrigué, Naël ouvre le petit livre et ce faisant s’immisce sans le vouloir dans une boucle temporelle. Le garçon se retrouve piégé dans une journée qui se répète sans fin, à l’identique sauf s’il intervient et il sera appelé à le faire souvent. En s’endormant le soir, Naël remet le compteur à zéro.

Donc, chaque jour, Naël refait la même chose : sauver son frère d’un accident, faire le bien, sauver des vies mais surtout, comprendre ce qui est arriver à Léo et aux autres enfants kidnappés avant lui, apparemment prisonniers d’un être monstrueux, sauver sa propre vie dans un contexte de temporalité fracturée. Léo a écrit un chapitre par jour? Naël doit-il lire un chapitre par jour de l’avent et faire ce qu’il faut pour sauver tout le monde et stabiliser le temps. Et si c’était un piège ?  Des émotions fortes l’attendent.

Ici, Thilliez s’est adapté à un lectorat plus jeune, adolescents et jeunes adultes pour offrir un suspense très intense mais avec juste ce qu’il faut de retenue. Pas de gore, ni de violence physique. Seulement de la violence psychologique, suffisamment pour mettre les nerfs à l’épreuve.

Outre l’atmosphère qui est froide et oppressante, des personnages attachants : Naël, Léo et Louise, ce qui m’a beaucoup plus dans ce livre est son caractère innovant : pour Naël, Chaque chapitre du carnet de Léo est scellé et doit être découpé avant lecture, comme une case de calendrier de l’Avent. Le suspense est savamment dosé pour inciter les lecteurs et lectrices, auditeurs et auditrices, à lire ou écouter un chapitre par jour. (La version audio est un petit chef d’œuvre narratif)

Il fau bien comprendre que ce n’est pas le Thilliez qu’on connait, connu pour ses thrillers glauques et souvent violents. Ici, LE ROMAN MAUDIT est dédié au jeune lectorat pour donner un peu de piment à leur temps des fêtes.

Plusieurs considèrent cette tendance comme une faiblesse, pas moi. Je la trouve plutôt intimiste car très liée à l’enfance de l’auteur. De plus, les thèmes développés dans cette histoire parlent très fort aux jeunes : amitié, fraternité, solidarité, mystère, disparition sans oublier bien sûr une touche calculée de fantastique ou de science-fiction, la fameuse boucle temporelle.

Ce qui peut être irritant pour les lecteurs/lectrices, c’est le caractère contraignant du découpage. Se limiter à un chapitre par jour est contraignant et beaucoup de lecteurs choisiront de lire ce livre d’un trait. Je l’ai fait et le livre m’a tout de même tenu captif.

La principale faiblesse tient dans les personnages secondaires dont certains font figure d’esquisse, en particulier le personnage terrifiant appelé *le mal* dont on ne connait rien des motivations et qui ne parle pas. Le voisin Charon joue lui aussi un rôle pas très bien défini. Et la sympathique Louise est un personnage précieux de l’histoire que j’aurais aimé voire plus aboutie, plus présente. Enfin, le prénom NAËL est effectivement étrange dans le contexte du livre, mais un indice le justifie vers la finale de l’histoire…finale à laquelle je ne m’attendais pas mais qui pourrait être prévisible pour certains.

C’est une belle réussite je pense pour Frank Thilliez. C’est glacial et un peu noir mais ça va plaire aux amateurs du genre surtout que Noël est omniprésent dans l’ouvrage. Excellente lecture. Et surtout JOYEUSES FÊTES AMIS LECTEURS/AUDITEURS et AMIES LECTRICES/AUDITRICES

Suggestion de lecture du même auteur : PANDEMIA

Autres livres de Frank Thilliez


L’auteur FRANK THILLIEZ

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 30 novembre 2025

Là où chantent les écrevisses

Commentaire sur le livre de
DELIA OWENS

« Mais, mesdames et messieurs, je vous le demande, avons-nous exclu Mlle Clark parce qu’elle était différente, ou est-elle devenue différente parce que nous l’avons exclue ? »

Extrait : LÀ OÙ CHANTENT LES ÉCREVISSES, Delia Owens, version papier : Seuil éditeur, 2019, 480 pages. Version numérique : Seuil éditeur 2020, 483 pages. Verion audio : Audiolib éditeur, 2020, durée d’écoute : 11 heures 17 minutes, narratrice : Marie du Bled.

La poésie des marais

Ce livre est un véritable enchantement. Je l’ai adoré malgré la crédibilité douteuse de son personnage principal et la superficialité des acteurs en général.

L’histoire est celle de Kia, une petite fille de Barkley cove, Caroline du nord. Elle a 10 ans. Elle est considérée rebelle et sauvage par ses pairs parce qu’elle refuse d’adhérer à une société avec laquelle elle ne se sent pas compatible. Abandonnée par sa famille, elle prend refuge dans le marais qui deviendra son monde.

Pour survivre, Kia, devenue la fille du marais, pêche des coquillages et les vend à un sympathique couple marchand du village : Jumping et Mable qui prennent Kia en amitié. Pour le reste, Kia demeure le plus possible dans la solitude là où chantent les écrevisses. Pour moi, ce cadre social, pour une fille de 10 ans au départ est peu crédible d’autant que les services sociaux ont renoncer à la rechercher. Peu probable à mon avis.

Au fil du temps, deux hommes entreront dans la vie de Kia : Tate, un garçon honnête, avide de connaissances naturalistes comme Kia, sincère mais un peu maladroit et Chase, un gars à filles, égocentrique et hypocrite. Or peu après une agression sur Kia, Chase est retrouvé mort. Le shérif du comté soupçonne un meurtre, accuse Kia et la met en prison.

Un procès suit. L’enquête et le procès sont au cœur de l’histoire et croyez-moi, le procès comme tel vaut la peine d’être suivi, c’est un bijou. L’avocat de Kia, Tom, m’a simplement ébloui.

Bien au-delà des performances judiciaires et de l’incompétence crasse d’un officier de justice, ce livre est envoûtant et il faut le pénétrer au-delà d’une simple lecture. J’ai fait plus qu’entrer dans l’histoire, je suis entré dans le marais, j’ai respiré son parfum, senti sur ma peau les vents humides. Je fus pénétré par les sons et les odeurs d’une nature luxuriante, généreuse.

Voilà la grande force de ce livre, celle de m’avoir amené dans le marais pour finalement le quitter à regret. Ce livre est un hommage à la nature. Et son réalisme descriptif est une véritable poésie.

Cet aspect immersif qui nous transporte dans une nature si généreuse m’a fait oublier le caractère insipide du côté romanesque de Kia et la qualité discutable des dialogues qui sont la principale faiblesse du livre.

Mais le procès et surtout, l’omniprésence du marais font de ce livre une petite merveille qui n’est pas sans évoquer les vertus de la tolérance et le respect de l’environnement.

Bref, c’est un livre qui fait du bien.

Suggestion de lecture :

LES MYSTÈRES DU BAYOU, trilogie de JANA DELEON



L’autrice Delia Owens


LÀ OÙ CHANTENT LES ÉCREVISSES image du film éponyme

*LÀ OÙ CHANTENT LES ÉCREVISSES* de Delia Owens a été adapté au cinéma en 2022 par Olivia Newman, scénarisé par Lucy Alibar. Avec Daisy Edgar-Jones, Taylor John-Smith et Harris Dickinson. Détails ici.

Bonne lecture,

Bonne écoute

Claude Lambert

le vendredi 12 septembre 2025

LES NOMBRILS, tome 1

POUR QUI TU TE PRENDS

Commentaire sur la BD de
DELAF et DUBUC

Extrait : LES NOMBRILS, tome 1, POUR QUI TU TE PRENDS par Dubuc et Delaf, Dupuis éditeur, 2006, bande dessinée de 48 pages.

Si vous les aimez autant qu’elles s’aiment, vous allez les adorer ! Jenny et Vicky sont les pires chipies que la Terre ait portées. Elles se prennent pour le nombril du monde et pour peu, elles le seraient vraiment. Avec leurs vêtements sexy, leur maquillage provocateur et leur coiffure toujours impeccable, partout où elles vont, les regards sont hypnotisés, la musique s’arrête. On ne voit et on n’entend plus qu’elles.

Et heureusement ! Parce que Jenny et Vicky sont prêtes à tout pour être le centre d’attraction. Leur amie, la trop grande Karine, l’apprend à ses dépens lorsqu’un certain Dan s’intéresse à elle. Jenny et Vicky ne sont pas du genre à accepter la compétition ! Les lettres de Dan n’arriveront jamais à destination, ses invitations tomberont toutes mystérieusement à l’eau.

Pauvre Karine !

Dans un monde qui privilégie l’enveloppe plutôt que son contenu, elle ne peut qu’être le souffre-douleur des deux autres. Et si un jour Karine s’émancipait ? Qu’adviendrait-il de ce trio dépareillé ?

 

Une collection de clichés

Première observation, ce n’est vraiment pas une bande dessinée à proposer aux enfants. Elle s’adresse surtout aux ados, et encore… aux ados capables de comprendre l’énormité des clichés qu’on y trouve. Il y a de l’humour, acide par moment. Personnellement, je n’ai pas accroché à cette BD à cause du déploiement d’égocentrisme, de cruauté et de clichés que j’y ai trouvé.

La série suit deux adolescentes sans trop de cervelle. Ce sont des chipies qui utilisent leur copine Karine, dessinée comme une grande échalotte, comme tête de turc, ou souffre-douleur si vous préférez. Étrangement, Karine se remet des coups bas, un peu gelée par sa naïveté et sa candeur et nettement désavantagée par son physique sur lequel elle a tendance à se faire quelque illusion.

Chaque album est à raison d’un sketch par page et chaque page nous réserve son déploiement de méchanceté et de malveillance incrustée. C’est répétitif et redondant sur le plan comportemental. Rien ne change d’un sketch à l’autre sauf le thème abordé et c’est là que se trouve, à mon avis, le côté positif, la force de la série.

La série aborde des thèmes qui sont proches des ados comme l’amitié, l’estime de soi, la confiance, la famille, le coup de foudre, le rejet, la mode et les apparences et j’en passe. La bande n’est pas forcément moralisante comme telle, mais elle m’a surtout aiguillé sur ce qu’il ne fait pas faire. Ici, l’intelligence est démystifiée grâce à l’absurde.

L’humour a aussi sa place. Il est parfois caustique, noir, souvent subtil et on sait bien que c’est une qualité que recherchent les ados en littérature. Quant au graphisme, il ne m’a vraiment pas impressionné.

Je suis sûr que beaucoup d’ados apprécieront cette série. Elle est déjà d’ailleurs très connue si j’en juge par le volume impressionnant de ventes. Quant à moi, j’ai lu deux albums et j’ai arrêté là. Peu d’éléments sont venus me chercher et je n’ai pas pu m’attacher aux personnages bien que j’aie développé de l’empathie pour Karine malgré sa personnalité empâtée.

Il paraît que les derniers numéros sont meilleurs. Peut-être que j’y reviendrai un jour.

Suggestion de lecture : YUL ET SA CLIQUE, Une bd de Julien Mariole


Les auteurs de la série : Delaf, de son vrai nom Marc de la Fontaine, illustrateur et coloriste et Dubuc, de son nom complet Maryse Dubuc, scénariste de la série LES NOMBRILS.


Pour parcourir la série, cliquez ici

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 12 avril 2025

Minuit dans l’univers

Commentaire sur le livre de
LILY BROOKS-DALTON

*…cette nuit-là, les constellations n’étaient qu’une banale toile de fond pour la cascade de l’aurore boréale qui ruisselait dans l’air : coulées de lumière dansante, irisées de vert, de violet, de bleu. *

(Extrait : MINUIT DANS L’UNIVERS, Lily Brooks-Dalton, Les Presses de la Cité 2017, version papier, 275 pages. Version audio : Audible Studios éditeur, 2021, durée d’écoute : 7 heures 34 minutes. Narrateur : Éric Chantelauze.

Augustin, un brillant astronome, est en mission dans l’Arctique lorsque sa base est évacuée. Alors que les militaires rapatrient ses collègues, il refuse de quitter l’Observatoire. Quel que soit le danger, il veut finir ses jours ici, les yeux dans les étoiles. La rencontre avec une fillette de huit ans change ses plans : il doit reprendre contact avec le monde pour qu’elle soit sauvée. Mais toutes ses tentatives restent sans réponse…

Alors qu’une jeune astronaute, Sully, quitte Jupiter pour regagner la Terre avec son équipage, elle perd tout contact avec Houston. Augustin capte son appel. Au fil des échanges, ils vont se découvrir et se rapprocher, malgré l’immense vide qui les sépare. Ensemble, ils affrontent leurs peurs et leur solitude, réfléchissent sur leurs choix passés et affrontent le futur qui les attend.

 NUANCES D’INFINI

L’histoire suit en parallèle deux personnages principalement. Augustin, un astronome sur la fin de ses soixante-dix ans qui refuse de quitter sa base d’observation arctique malgré l’ordre d’évacuation. Il y a aussi Sully, une jeune astronaute qui tente de quitter l’orbite de Jupiter pour regagner la terre mais perd tout contact avec Houston.

S’ajoute un troisième personnage qui restera pour moi énigmatique du début à la fin du récit : Iris, qui a trouvé refuge dans l’observatoire, à la grande surprise d’Augustin.

De son observatoire, Augustin capte l’appel de détresse de Sully. Un dialogue s’installe et quelque chose de fort se développe entre les deux solitudes. Un lien qui pourrait peut-être les préparer à ce qui les attend.

C’est une belle histoire mais elle souffre de sous-développement. Il n’y a pas d’action comme telle, peu de suspense. Le rythme est lent mais un léger caractère fantastique vient toutefois enrichir le récit. Le quatrième de couverture laisse à penser qu’il s’agit d’un drame apocalyptique mais ce n’est pas le cas. Ici, l’apocalypse est très secondaire.

Pour faire simple, disons que MINUIT DANS L’UNIVERS est la rencontre de deux solitudes alors que la vie telle qu’on la connait pourrait toucher à sa fin, d’où le titre. Le dialogue plonge dans le passé et il en découle une nostalgie, de la tristesse. S’attacher aux personnages relève vraiment du ressenti de chaque lecteur-lectrice.

Le roman comme tel, méditatif et introspectif ne m’a pas vraiment emballé mais j’ai été fasciné par la beauté de l’écriture, de son pouvoir descriptif qui a aisément rejoint mon imagination. La façon dont Lily Brooks-Dalton décrit le vide arctique et le vide spatial et de les lier avec la solitude des personnages est majestueuse. L’expression d’une poésie qui ne m’a pas laissé indifférent.

La plume et l’imagination font la force du livre, les faiblesses étant dans le développement de l’histoire, Iris qui est un personnage énigmatique plus ou moins défini et la finale m’a laissé sur ma faim. Intéressant rapport de forces et de faiblesses. Je n’ai aucun regret.

Suggestion de lecture : SÉCESSION, de Julien Centaure

Extrait du film MINUIT DANS L’UNIVERS, sorti en 2020, réalisé par Georges Clooney, adaptation du livre de Lily Brooks-Dalton. En général, le film a reçu un accueil plutôt froid de la Presse et des critiques.


L’autrice Lily Brooks-Dalton

Bonne lecture

Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 11 avril 2025



Jonathan Livingston LE GOÉLAND

Commentaire sur le livre de
RICHARD BACH

*- Pauvre Fletcher, ne te fie pas à tes yeux, mon vieux. Tout ce qu’ils te montrent, ce sont des limites, les tiennes. Regarde avec ton esprit, découvre ce dont d’ores et déjà, tu as la conviction et tu trouveras la voie de l’envol… L’éblouissement s’éteignit. Jonathan le Goéland s’était évanoui dans l’espace. *

Extrait: JONATHAN LIVINGSTONE LE GOÉLAND, de Richard Bach. Format livre de poche, J’ai lu éditeur, 2000, 128 pages. Version audio : Coffragants éditeur, Alexandre Stanké, publié chez Audible en 2005. Narrateurs : Patrice Laffont, Dorothée Berryman, Cédric Noël, Vincent Davy Durée d’écoute : 58 minutes.

Décidément, Jonathan Livingston n’est pas un goéland comme les autres. Sa passion : voler toujours plus haut et plus vite pour être libre. Mais ce marginal qui ne se contente pas de voler pour se nourrir ne plaît guère à la communauté de goélands.

Condamné par les siens à vivre le reste de ses jours au-delà des falaises en solitaire, Jonathan Livingston le Goéland découvre non seulement la bonté et l’amour des amis, mais aussi comment dominer ses peurs et connaître ses limites.

 Un beau parcours initiatique

Lorsque j’ai terminé l’audition de JONATHAN LIVINGSTON LE GOÉLAND, je me suis posé deux questions : D’abord, comment un aussi petit livre peut avoir une aussi grande portée. Ensuite, comment ai-je pu passer aussi longtemps à côté d’un tel chef-d’œuvre.

Le livre comme tel fait une quarantaine de pages si j’exclus les photos et la version audio fait moins d’une heure et raconte l’histoire de Jonathan Livingston, un goéland qui a décidé un jour que l’existence ne se limitait pas à croquer des poissons. Il fallait aspirer à plus, repousser ses limites, voler plus haut, plus fort, plus vite, plus loin. Tendre vers la liberté, le bonheur, donner un sens à la vie en commençant par aimer et aider ses semblables.

Cet anti conformisme a fait de Jonathan Livingston, un paria dans sa communauté dont il est maintenant exclu, tombé en disgrâce. Son nouvel objectif : voler de ses propres ailes, tendre vers la sagesse et transmettre son savoir de guide.

Vous l’avez sans doute compris, JONATHAN LIVINGSTON LE GOÉLAND est un récit initiatique sur le développement personnel, un thème que je n’apprécie pas beaucoup lorsqu’il tend vers un exercice de vente. Mais dans ce cas-ci, il s’agit d’un voyage introspectif à la découverte de nos forces intérieures.

L’essence du récit me rappelle un peu l’idée développée par Paulo Coelho dans son livre L’ALCHIMISTE quand Santiago apprend à aller au bout de son rêve. Pas besoin de gourou ou de vendeur de cours pour faire vibrer les cordons du cœur. On ne peut qu’y arriver seul à partir de notre propre volonté, tout comme l’a fait Jonathan.

Bach n’a pas travaillé pour me convaincre. C’est venu seul et Jonathan a fait le reste.

C’est un récit initiatique mais aussi parabolique et critique de notre société. Il met surtout en lumière notre capacité de se réaliser et de se dépasser. L’écriture est très belle, enveloppante. Oui, JONATHAN LIVINGSTON est un récit évidemment, un parcours, un conte, une fable. On peut lui donner l’appellation qu’on veut.

L’oeuvre est un panégyrique de la vie, un éloge de la liberté, une invitation à mieux se connaître, mieux se comprendre, aimer et aider son prochain. Il est extraordinaire que Bach ait exprimé autant d’émotions en si peu de pages et tout autant remarquable est l’idée de donner la parole à des goélands. L’écriture est sensible, poétique, bienveillante.

Je recommande JONATHAN LIVINGSTON LE GOÉLAND à tout le monde, même les jeunes de 10 ans et plus. Ça peut aussi être une belle activité enrichissante et apaisante parents-enfants.

Je vous recommande chaleureusement JONATHAN LIVINGSTON LE GOÉLAND. C’est plein de poésie et d’amour…

Suggestion de lecture : LE GARÇON ET L’UNIVERS, de Trent Dalton


Du même auteur


L’auteur Richard Bach

Jonathan Livingston au cinéma

L’adaptation cinématographique a été réalisée en 2006 par Hall Barlett, avec James Franciscus, Juliet Mills, Hal Holbrook  Détails ici.

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert

LE PETIT PRINCE

Commentaire sur la version audio du livre
D’ANTOINE DE SAINT-EXUPÉRY

*-Aaahh…Petit Prince, j’ai compris peu à peu ainsi, ta petite vie mélancolique. Tu n’avais eu longtemps pour distraction que la douceur des couchers de soleil. J’ai appris ce détail nouveau le quatrième jour au matin quand tu m’as dit : -J’aime bien les couchers de soleil ! Allons voir un coucher de soleil ! *

Extrait : LE PETIT PRINCE, édition anniversaire, livre audio par ADA, Vues et Voix éditeur, 2019. Durée d’écoute : 1 heure 58 minutes, narrateur principal : René Gagnon. Comédiens : Élizabeth Gautier-Pelletier, Catherine Renaud et Tristan Harey.

Suite à une panne de moteur, un aviateur doit poser son appareil en catastrophe dans le désert du Sahara. Cet aviateur, qui tente de réparer son avion est nul autre que Antoine de Saint-Exupéry qui se met lui-même en scène dans cette histoire. Tôt le matin, il est réveillé par une petite voix qui lui demande : « S’il vous plaît… dessine-moi un mouton ! »

 Indémodable

Magnifique adaptation sonore du conte universellement connu : LE PETIT PRINCE. Il a été publié en plus de 500 langues et dialectes à travers le monde. Je ne connais pas d’ouvrages autant traduits à part peut-être la bible. Il y a de bonnes raisons à cela. C’est un conte d’une douceur et d’une fraîcheur infinies.

L’histoire est très simple. Celui qui se raconte est nul autre que l’auteur lui-même, Antoine de Saint-Exupéry, un aviateur qui a dû poser son appareil en catastrophe dans le désert du Sahara.

Le lendemain de ce drame, Antoine est réveillé par une petite voix qui lui demande candidement *S’il-vous-plait…Dessine-moi un mouton*  (Extrait) Jour après jour, alors que l’aviateur tente de réparer son appareil, le Petit Prince lui raconte son histoire à partir du moment où il a décidé de quitter sa minuscule planète mère, l’astéroïde B612 pour explorer les étoiles et se faire des amis.

Je ne peux pas critiquer un chef d’œuvre pareil. On ne peut que se laisser pénétrer par sa chaleur et sa force d’attraction. Le petit Prince nous pousse en effet à retrouver l’enfant en nous, dont la pureté et l’innocence sont demeurés intactes.

Avec une simplicité et une tendresse désarmantes, LE PETIT PRINCE nous amène à redécouvrir le bambin toujours en couvaison dans notre cœur et qui détient une vérité à redécouvrir car elle est le sens de la vie.

Mon passage préféré est le dialogue avec le renard qui tient tant à être apprivoisé. Il met en lumière l’amitié, l’attachement, l’amour, la valeur de la vie.

LE PETIT PRINCE est avant tout une œuvre poétique et philosophique. Très accessible à tous, elle m’a atteint quand j’étais petit, elle m’atteint encore en tant qu’adulte.

Ce n’est pas une œuvre moralisatrice. Elle rassemble, avec l’extraordinaire sincérité du Petit Prince, tout un lot de valeur positives comme l’amitié, l’empathie et particulièrement l’ouverture d’esprit sans oublier le sens de l’émerveillement. LE PETIT PRINCE est aussi porteur d’une réflexion sur la solitude.

La version audio de cette œuvre est un véritable enchantement. La narration est superbe, les comédiens merveilleux. C’est une autre belle occasion d’introduire les enfants à la littérature, tout en douceur. Les parents passeront aussi un bon moment à faire la lecture du conte aux enfants, redécouvrant ainsi une des œuvres les plus marquantes de l’histoire littéraire.

Suggestion de lecture : LE PETIT PRINCE, LE ROMAN DU  FILM, novellisation, adaptation de Vanessa Rubbio-Barreau

Suggestion de lecture : LES CONTES DE NOËL, de Charles Dickens


L’auteur Antoine de Saint-Exupéry

Bonne écoute
Claude Lambert

Le samedi 1er février 2025

CROC FENDU, de Tanya Tagaq

Une adolescente grandit au Nunavut dans les années 1970. Elle connaît la joie, l’amitié, l’amour des parents, l’art du camouflage et de la survie. Elle connaît l’ennui et l’intimidation. Elle connaît les ravages de l’alcool, la violence sourde, le courage d’aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits.

Elle scande en silence le pouvoir brut, amoral, de la glace et du ciel. Dans ce récit venu de loin, d’un espace intime et profond où les frontières s’effacent, Tanya Tagaq chronique les jours terribles d’un village écrasé sous le soleil de minuit, laissant dans la blancheur de la page l’empreinte sauvage d’une mythologie enchanteresse. La réalité se révèle aussi étrange que la fiction, à moins qu’il n’y ait jamais eu de différence entre les deux.

*La dépendance, ça peut être tout ce qui te fait du bien sur le coup, mais qui finit par te mettre dans un état encore pire, une flétrissure de la psyché qui se manifeste physiquement. Toutes nos faiblesses se réunissent pour devenir nos adversaires les plus redoutables. Elles apportent de l’eau au moulin de l’insécurité, de la haine de soi, et nous, pauvres martyrs, on s’apitoie sur notre sort. *

Extrait : CROC FENDU, Tanya Tagaq, version audio Alto/Audible, 2020, durée d’écoute : 4 heures 1 minutes, narratrice : Natasha Kanapé Fontaine)

Cri du cœur sur fond blanc

C’est une histoire prenante et même dérangeante. La narratrice, dont je n’aurai jamais connu le nom finalement, raconte sa vie et plus particulièrement ses premiers temps d’adolescence au Nunavut des années 70 dans son village envahi par la nuit six mois par année. Dans ce récit magnifiquement narré, il m’a semblé entendre une longue déclamation de *la fureur de vivre*, pour emprunter le titre de l’oeuvre cinématographique immortelle de Nicholas Ray qui devait consacrer James Dean comme symbole de la jeunesse en crise.

Car c’est bien d’une crise dont il s’agit ici. Pas seulement une crise d’adolescence, consécutive entre autres, au réveil hormonal, mais une crise existentielle…cri du cœur d’être une femme dans un monde régi par des hommes, d’être autochtone issue pas seulement d’un peuple mais de toute une race violée par les blancs envahisseurs. Le récit est difficile à suivre parce qu’il n’a pas vraiment de fil conducteur mais je me suis laissé submergé par les mots, les nuances d’une plume subtile, chaude et enveloppante.

La description de son accouchement et de ses bébés est particulièrement belle et c’est là que le récit bascule dans toute la force du drame. Déjà que le livre est dépaysant, il est devenu troublant, et sensiblement mystifiant. Son pouvoir descriptif, couplé à la beauté de la plume, le choix des mots et la magnifique prestation de Natasha Kanapé Fontaine m’ont rendu captif comme auditeur.

Mais le récit n’est pas sans faiblesses. Outre la fragilité du fil conducteur, l’histoire est insolite, teintée de philosophie et de mysticisme et son caractère intimiste ouvre la voie à plusieurs passages qui m’ont paru hallucinants et peu crédibles. La plupart des personnages sont peu ou pas identifiés en commençant par la narratrice, et son meilleur ami appelé tout simplement le beau gars. Ce sont davantage des entités que des personnages et je n’ai pu m’y attacher.

Mais je n’ai aucun doute sur la beauté du récit. Croc fendu est un long poème, donc matière à être interprété. Il est dramatique et porteur d’émotions d’autant que Madame Kanapé-Fontaine campe très bien son personnage.

Suggestion de lecture : CHEVAL INDIEN, de Richard Wagamese

Tanya Tagak est originaire de Iqaluktuuttiaq, au Nunavut. Tanya est d’abord et avant tout une chanteuse de gorge, une jeune femme très engagée auprès de son peuple. Sans délaisser la scène, elle nous propose un tout premier roman, et quel roman…  best-seller canadien et finaliste au prix Scotiabank Giller

Pour en savoir plus sur Tanya, je vous invite à lire un article passionnant signé Anne-Frédérique Hébert-Dolbec dans LE DEVOIR en octobre 2019.  Si vous voulez en savoir plus sur le chant diphonique, cliquez ici. Vous pourrez également faire de belles découvertes ici, sur la culture et les traditions du Nunavut.

Bonne écoute
Claude Lambert

le dimanche 26 janvier 2025

La prophétie d’Ulysse

Livre 1 : LE RÉVEIL DU MONSTRE
Livre 2 : LA COLÈRE DES DIEUX

*Ulysse Moreau, collégien comme les autres, a vu son destin basculer le soir où son père, archéologue spécialiste de la mythologie grecque, n’est pas rentré à la maison. C’était la terrible prophétie qui était en train de s’accomplir. *

(Extrait de LA COLÈRE DES DIEUX, le premier livre de la dilogie LA PROPHÉTIE D’ULYSSE de David Pouilloux, format numérique, 2X 208 pages. Fleurus éditeur 2020.

Pour les mordus de mythologie

J’ai toujours été fasciné par la mythologie. Qu’elle soit grecque, égyptienne, romaine ou scandinave, le sujet m’a fait passer beaucoup de moments forts, peu importe le support : cinéma, télévision, animation, livres de papier, éditions numériques, bandes dessinées, audio…dès qu’il est question des dieux, mon attention se fige surtout depuis la série sur PERCY JACKSON, alors qu’on nous sert une mythologie conforme à l’esprit d’Homère mais dépoussiérée, actualisée, servie au goût du jour pour un lectorat qui en demande toujours plus.

La petite série LA PROPHÉTIE D’ULYSSE est un roman jeunesse. Ça ne m’a pas arrêté loin de là et vous y trouverez votre compte aussi je vous le promets.

Nous suivons donc Ulysse Moreau, un ado collégien, ordinaire, à l’exception peut-être du prénom qui a un petit quelque chose de prophétique. J’avais peur que l’auteur tombe dans la facilité mais la suite m’a bien démontré le contraire. Suite à certains évènements à découvrir, il apprend qu’il est un demi-dieu. Il y a deux autres enfants comme lui : Kenza, demi-déesse égyptienne et le troisième est l’enfant maudit…le sable dans l’engrenage. Le but de la quête : identifier et retrouver les parents des demi-dieux, combattre le monstre le plus cruel, le plus laid et le plus redoutable enfanté par l’Olympe : TYPHON.

Mais avant, s’armer bien sûr et pour ce faire, voir le seul et unique Héphaïstos, l’équivalent de Q dans la série James Bond, rien de moins. Entre autres armes : la célèbre foudre de Zeus, réactualisée elle aussi par Percy Jackson, célèbre voleur de foudre : <Foudre de Zeus, frappe mon ennemi. Aussi fort soit-il, la lumière des cieux le brûlera ! > Extrait. Tout est en place pour une grande aventure.

Ces deux petits livres m’ont apporté beaucoup : du divertissement bien sûr, du rire, car l’humour a sa place et plein de nouvelles connaissances sur la mythologie comme des divinités dont je n’avais même pas connaissance comme Dédale, par exemple, le dieu des labyrinthes. Maintenant, je sais d’où vient le nom de la redoutable tempête qui prend naissance dans le pacifique et qu’on appelle TYPHON. L’auteur sait qu’il s’adresse à des jeunes et il a fait le nécessaire pour garder leur attention, les captiver.

L’écriture est calibrée et efficace. Kenza a un caractère bien trempé, Ulysse est plus réservé mais les deux sont attachants. L’auteur leur a insufflé bien sûr courage et volonté mais il les a gardé humains avec leur petites faiblesses et leur capacité d’empathie. Notez qu’il y a une belle variété de personnages mais on ne s’y perd pas. Le fil conducteur est solide. J’ai dévoré ces deux petits livres. Pourquoi 2 ? je me suis interrogé là-dessus mais bon. Il y a toujours des choix à faire. Bref, une magnifique lecture pour tous, addictive…sans aucun doute.

Suggestion de lecture : LA MYTHOLOGIE, SES DIEUX, SES HÉROS, SES LÉGENDES, d’Édith Hamilton

Pour en savoir plus sur l’auteur et son inspiration pour la PROPHÉTIE D’ULYSSE, cliquez ici.
Pour explorer sa bibliographie, cliquez ici
je vous invite également à consulter le dossier Wikipédia sur la mythologie grecque…très intéressant.

DU MÊME AUTEUR

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 1er novembre 2024

L’œil du monde, Robert Jordan

Livre premier de La roue du temps

*Tandis que les océans bouillonnaient, les vivants commencèrent à envier les morts. Tout fut dévasté et perdu, à part les souvenirs, et, parmi ceux-ci, celui du fléau qui provoqua l’Invasion des Ténèbres et la Dislocation du Monde. Et celui-ci les hommes l’appelèrent Dragon. *

(La roue du temps, livre premier, L’ŒIL DU MONDE, Robert Jordan, version audio, Audible studios éditeur, 2019. Temps d’écoute : 34 heures 8 minutes. Narrateur : Arnaud Le Ridant)

C’est la Nuit de l’Hiver dans la contrée de Deux Rivières et, en ce soir de fête, l’excitation des villageois est à son comble.  Arrivent alors trois étrangers comme le jeune Rand et ses amis d’enfance Mat et Perrin n’en avaient jamais vu : une dame noble et fascinante nommée Moiraine, son robuste compagnon et un trouvère. De quoi leur faire oublier ce cavalier sombre et sinistre aperçu dans les bois, dont la cape ne bougeait pas même en plein vent…

Mais, quand une horde de monstres sanguinaires déferle et met le village à feu et à sang, la mystérieuse Moiraine devine qu’ils recherchaient quelqu’un. Pour les trois amis l’heure est venue de partir car la Roue du Temps interdit aux jeunes gens de flâner trop longtemps sur les routes du destin…

Un ajout à la tradition littéraire du
FANTASY MÉDIÉVAL

C’est une très longue histoire. Trop longue je dois dire. Aussi, il ne faut pas perdre de vue le fil conducteur de l’histoire : la quête désespérée de trois garçons, amis d’enfance : Rand, un jeune berger, Perin, un colosse à l’esprit lent et Mat, un petit farceur, malin et séducteur, leurs alliés : Moiren, une *aes sedai*, c’est-à-dire une super-magicienne, accompagné d’un guerrier et d’un trouvère, qu’on appellerait aujourd’hui un troubadour.

C’est l’éternel combat entre le mal, représenté ici par le *ténébreux* et le bien, représenté par la lumière dont les combattant doivent affronter la flétrissure : un environnement putride créé par le ténébreux. Les combattants doivent accomplir la trame prévue par la roue du temps qui est ni plus ni moins que la destinée.

Beaucoup d’éléments rappellent le Seigneur des anneaux, les chroniques de Krondor et même Harry Potter. Mais entendons-nous L’ŒIL DU MONDE n’arrive pas à la cheville de l’œuvre de Tolkien en particulier, ce dernier étant plus subtil, plus abouti, plus mature.

L’ouvrage a des forces intéressantes et, en version audio,  j’ai plaisir à mettre en tête de liste l’incroyable performance du narrateur Arnauld Le Ridant qui ne cesse de m’étonner. L’écriture de Jordan est assez limpide. Je n’ai pas trouvé les personnages particulièrement travaillés mais j’ai trouvé le jeune Rand attachant et très humain malgré l’étoffe du héros qui lui est attachée. J’ai aussi beaucoup apprécié le personnage de Mat, qui vient alléger un contenu déjà assez lourd avec son attitude désinvolte et son beau sens de l’humour.

Enfin j’ai apprécié l’importance que l’auteur a donné aux femmes dans son histoire, partie prenante de la culture de leur peuple. Dans un contexte d’heroic fantasy, ça fait du bien je pense. Je le rappelle, le pavé est trop long inutilement, un peu redondant et ce n’est que le premier tome.

L’auteur innove très peu sur le thème de l’heroic fantasy. C’est réchauffé et prévisible même si j’ai trouvé la finale intéressante. Le rythme est modéré, peu de rebondissements. Au moins, les jeunes héros ne sont pas surfaits et le roman, sans être spectaculaire, est truffé de petites trouvailles intéressantes. Au final, ça mérite d’être écouté même s’il faut y mettre le temps.

Suggestion de lecture : HANDMAN, livre 1, DESTIN INDÉSIRÉ, de Quentin Lefèbvre


l’auteur Robert Jordan

LA SUITE



Pour consulter la petite histoire de la saga, cliquez ici.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
le vendredi 20 septembre 2024