*Barrymore fit un bond pour s’écarter de la fenêtre ;
un sifflement s’échappa de sa poitrine ; livide, tremblant,
il resta immobile devant nous. Ses yeux noirs qui, dans
le visage blanc, paraissaient encore plus noirs, allaient
de sir Henry à moi en exprimant autant d’horreur que de
surprise.*
(Extrait : LE CHIEN DES BASKERVILLE, Arthur Conan Doyle,
numérique, storylab éditions, 2014, 200 pages)

Une malédiction pèse sur les Baskerville, qui habitent le vieux manoir de leurs ancêtres, perdu au milieu d’une lande sauvage : quand un chien-démon, une bête immonde, gigantesque, surgit, c’est la mort. Le décès subit et tragique de Sir Charles Baskerville et les hurlements lugubres que l’on entend parfois venant du marais, le grand bourbier de Grimpen, accréditent la sinistre légende.
Dès son arrivée à Londres, venant du Canada, Sir Henry Baskerville, seul héritier de Sir Charles, reçoit une lettre anonyme : « Si vous tenez à votre vie et à votre raison, éloignez-vous de la lande. » Malgré ces menaces, Sir Henry décide de se rendre à Baskerville Hall, accompagné de Sherlock Holmes et de son fidèle Watson.
Un célèbre cerbère
*Ce fut d’abord un murmure long, grave ; puis
un hurlement qui prit de l’ampleur avant de
retomber dans le gémissement maussade où
il s’éteignit. À nouveau il retentit, et tout l’air
résonna de ses pulsations : strident, sauvage…*
Extrait : LE CHIEN DES BASKERVILLE
LE CHIEN DE BASKERVILLE est un livre à part dans l’œuvre d’Arthur Conan Doyle…une petite escapade atypique comme ça s’est vu avec 10 PETITS NÈGRES d’Agatha Christie par exemple ou LA TOUR SOMBRE de Stephen King. D’abord le récit est plus long que les nouvelles habituelles de l’auteur, le texte est mieux travaillé et l’intrigue fait l’objet d’enquête d’une minutieuse attention.
Le docteur Watson est plus présent, plus utile. Il fait corps avec Holmes qui lui, fait un peu moins office de maître un peu imbu comme j’ai pu l’observer dans l’ensemble de l’œuvre : *Je dois vous complimenter…pour le zèle et l’intelligence dont vous avez témoigné à propos d’une affaire extrêmement difficile*. (Extrait)
Enfin, l’enquête qui est développée est beaucoup plus complexe, je dirais mystifiante. On a l’impression d’une petite touche de surnaturel. On était habitué à la légendaire réplique *élémentaire mon cher Watson* à quelques variantes près. Pas dans LE CHIEN DE BASKERVILLE où il n’y a rien de simple, encore moins d’élémentaire.
Je ne m’étonne donc pas que LE CHIEN DE BASKERVILLE soit devenu dès sa parution au début du XXe siècle une des enquêtes les plus palpitantes et intrigantes de l’œuvre du Père Doyle…la mieux travaillée, la plus réussie. Et un détail qui m’a beaucoup plus, c’est qu’on a donné à Sherlock Holmes un peu plus d’humilité qu’à l’ordinaire, et surtout, du fil à retordre :
*On ne peut pas toujours gagner, ni obtenir le succès qu’on espère, fit-il. Un enquêteur a besoin de faits, mais pas de bruits et de légendes. Cette affaire m’a déçu* (Extrait) Watson aussi, à qui on a beaucoup demandé dans cette aventure, était ébranlé par la complexité de l’affaire…un sentiment que l’auteur a le don de transmettre au lecteur… :
*- Ah ! Holmes, je suis heureux du fond de mon cœur que vous soyez ici ! Car vraiment ma responsabilité et le mystère devenaient trop lourds pour mes nerfs. * (Extrait)
Avec une énigme aussi puissante, je ne suis pas surpris non plus que LE CHIEN DE BASKERVILLE ait été très largement adapté au cinéma, à la télévision et même à la radio. Près d’une trentaine d’adaptations dans différents pays et c’est sans compter les livre-jeux, les jeux vidéos, les bandes dessinées. Il y a même eu trois adaptations au théâtre. Tout ça fait de LE CHIEN DE BASKERVILLE l’œuvre la plus visitée et consultée de Conan-Doyle et probablement la plus adulée.
J’irai un peu plus loin…Rappelez-vous la prestation de Sean Connery dans le célèbre film LE NOM DE LA ROSE, adaptation de l’œuvre d’Umberto Eco. Connery jouait le rôle d’un ancien inquisiteur en visite dans une abbaye bénédictine pour enquêter sur une mort suspecte. Connery incarnait Guillaume de Baskerville. Ce nom est un clin d’œil d’umberto Eco à Sherlock Holmes et au roman d’Arthur Conan Doyle : LE CHIEN DE BASKERVILLE.
Donc nous avons ici un très beau classique de la littérature policière, doté d’une écriture ferme, une puissante intrigue développée dans l’atmosphère embrumée, voire glauque de la lande anglaise. Pour moi c’est une trouvaille car Sir Charles de Baskerville est mort de peur apparemment à cause d’un chien sorti tout droit d’une malédiction ancestrale.
Comment prouver que cette peur a été provoquée? Autrement dit, que Sir Charles a été assassiné et que Sir Henri court le même risque. Tout ça nous conduit à une finale fort bien imaginée tout à fait imprévisible et dans laquelle les spéculations surnaturelles prennent toutes leur sens.
C’est un roman assez court, il se lit vite et bien. J’ai apprécié sa profondeur et le non-dit, c’est-à-dire l’atmosphère parfois épaisse qui se dégage de la lande, un endroit définitivement peu recommandable. J’ai aussi apprécié bien sûr l’intelligence de la machination et l’intensité des principaux personnages. Je vous recommande ce livre avec plaisir et je vous invite aussi à essayer au moins une adaptation cinématographique. Voyez ma suggestion ci-bas.
Suggestion de lecture, du même auteur : 17 NOUVELLES ENQUÊTES de SHERLOCK HOLMES
Il y a eu plusieurs adaptations du célèbre roman de Connan-Doyle.
Mon adaptation préférée du livre est de loin la version britannique réalisée en 1950 par Terence Fisher. C’était la première adaptation cinématographique en couleur du roman éponyme de Sir Arhur Conan Doyle publié en 1901. Je l’ai préférée à cause de l’atmosphère particulière du film rendue par Fisher et pour l’excellence de deux des meilleurs acteurs de films d’épouvante : Peter Cushing dans le rôle de Sherlock Holmes et Christopher Lee dans le rôle de Sir Henry Baskerville. André Morell incarne le docteur Watson.



Pour tout savoir sur l’auteur Arthur Conan Doyle,
Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 25 avril 2021



Henry Denker a commencé à écrire pendant ses études à l’Université de New-York. Il a renoncé à sa carrière de juriste pour l’amour de l’écriture. Il a été scénariste, directeur et producteur. Il a également écrit six pièces de théâtre, toutes jouées à Broadway. Il a enfin écrit de nombreux romans comme
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