*Dans sa tête, tout était confus. Les souvenirs s’enfuyaient
dans des recoins sombres tels des poissons d’argent. Mieux
valait les ignorer que de chercher à les attraper. *
(Extrait : LES MONSTRES, Lauren Beukes, à l’origine, papier,
Pocket éditeur, 1975, 609 pages. Version audio : Audible Studios
éditeur, 2015, durée d’écoute : 14 heures 10 minutes, narratrice :
Gaëlle Savary.)
Depuis qu’elle travaille à Detroit, département des Homicides, l’inspectrice Gabriella Versado ne s’était jamais trouvée face à une telle monstruosité : un jeune garçon mutilé, le haut de son corps mêlé aux membres inférieurs d’un cerf. Profondément remuée, Gabi se lance à la recherche du macabre sculpteur.
Pendant ce temps, sa fille, Layla, qu’elle délaisse trop souvent, se met en tête de débusquer des pervers sur Internet avec sa meilleure amie. Sa mère ne se doute pas un instant que l’adolescente est à deux doigts de tomber entre les mains du psychopathe, un fou qui se rêve artiste…
Un art glauque
*Gabriella s’accroupit à côté du banc. -Bob ! À son ton
urgent, il fait volte-face. Là ! elle désigne une fine éclaboussure
brune sur le plexi. -Il l’a tuée ici…en pleine rue…* (Extrait)

La version audio de ce récit m’a particulièrement impressionné. C’est un chef d’oeuvre de performance vocale de la narratrice Gaëlle Savary. Elle a su actualiser et envelopper une histoire qui en avait grandement besoin, créant un registre vocal précis pour chacun des principaux personnages. La prestation est excellente en particulier pour le principal monstre de l’histoire, Clayton, un tueur psychopathe sans conscience.
Le récit a quelques forces. L’auteur frappe fort dès le départ avec le meurtre d’un enfant que le tueur a coupé en deux pour le fusionner avec un cerf. En général, les personnages ont peu de profondeur sauf peut-être celui de l’inspectrice principale, Gabriella Versado qui doit composer avec ce que je pourrais appeler la folie intelligente d’un tueur insaisissable.
Si je déleste le récit de son enquête des nombreux et ennuyants passages inutiles qui diluent l’intrigue, j’ai trouvé l’enquête intéressante, dirigée par un personnage créé pour faire preuve de courage et se débattre avec l’énergie du désespoir. Puisque je suis dans les forces, je signale enfin que la présentation générale est bonne : des chapitres courts, un ensemble bien ventilé avec un bon sens de l’intrigue.
Malheureusement, l’intrigue est affaiblie par une grande quantité de palabres inutiles, de dialogues vides. L’histoire est longue. L’intrigue est assez bien construite mais l’action est lente. Le fil conducteur est fragile. Le modus operandi du tueur force l’attention et laisse libre cours à l’expression de l’auteure, à savoir que plusieurs passages sont à soulever le cœur et la corde est sensible car parmi les victimes, il y a des enfants.
Ma plus grande déception est la finale qui m’a donné l’impression d’un parfait remplissage laissant supposer que le mal à l’état pur a besoin d’une enveloppe pour se répandre. C’est ainsi que l’auteure a introduit le paranormal ou le fantastique si vous préférez. J’ai l’impression que l’auteure n’avait pas prévu sa finale et qu’elle a improvisé. Autre questionnement : après la conclusion, c’est-à-dire la lecture du rapport de police, l’auteure annexe des extraits d’un forum fictif lié à l’histoire, extraits précédés et suivis de chiffres et du nombre de commentaires.
Je n’ai pas compris l’utilité de cette annexe. Encore du remplissage. Donc en résumé, l’histoire connait un bon départ mais ça se dégrade jusqu’à la conclusion qui est elle-même tirée par les cheveux. Pardonnez-moi ce cliché, mais les meubles ont été sauvés par la narratrice qui a fait un excellent boulot. Ça donne un tout probablement très supérieur à la version papier.
Suggestion de lecture : NÉBULOSITÉ CROISSANTE EN FIN DE JOURNÉE, de Jacques Côté

Lauren Beukes est née en 1976 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Journaliste, scénariste, auteur de documentaires et de bandes dessinées, elle s’est fait connaître grâce à ses romans : Zoo City, qui lui a valu le prix Arthur C. Clarke en 2011, et Les Lumineuses, qui a reçu le prix British Fantasy en 2014. Depuis, elle a écrit Moxyland (2014) et Les Monstres (2015). Tous les ouvrages de Lauren Beukes sont publiés aux Presses de la Cité.
Pour tout savoir sur Lauren Beukes, visitez son site. Cliquez ici.
Notez toutefois que le site en en anglais.
Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 12 novembre 2023
À Montréal, des corps mutilés de jeunes femmes sont découverts toutes sans utérus. Tueur en série ? Secte satanique ? Les investigations du sergent-détective Pierre Dumont le mèneront à la rencontre de Jeremy Powell, charismatique dirigeant du Mouvement animaliste mondial, amateur d’orchidées. Un complot d’envergure se prépare, qui s’attaque aux fondements mêmes de la nature humaine. Les auteurs ont puisé leur inspiration entre autres, dans les archives secrètes de l’époque stalinienne rendues publiques depuis l’effondrement de l’URSS : Moscou a tenté dans les années trente de réaliser le projet démoniaque décrit dans ce livre.

Française, arrivée au Québec à 14 ans, Corinne de Vailly est un auteur jeunesse reconnu Outre-Atlantique. Journaliste puis auteur de comédies musicales, parolière pour les productions Disney et divers artistes québécois, elle dirige l’équipe éditoriale de l’émission jeunesse Le Petit Journal, pour laquelle elle remporte plusieurs prix.
Journaliste d’investigation, Normand Lester se spécialise dans les questions internationales, les affaires militaires et les activités des services secrets.Ancien stagiaire du Centre d’études de politique étrangère de Paris, Normand Lester a été correspondant du journal télévisé de la SRC dans la capitale française, au siège de l’ONU à New York et à Washington où il était accrédité à la Maison-Blanche. À titre d’envoyé spécial, il a réalisé des reportages en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine. Il s’est vu décerner le prix Olivar-Asselin pour « son courage et son excellence en journalisme d’enquête » et il est récipiendaire de la Médaille de l’Assemblée nationale du Québec.
VILLE DE REIMS. Caroline Dufrêne, une jeune femme qui élève seule sa fille de trois ans, est retrouvée pendue dans son appartement. Boris Thibert, jeune officier de police, se rend sur les lieux. À son arrivée, la porte est verrouillée. Aucune trace d’effraction, pas de témoin, pas d’indices. L’affaire est classée : suicide. Mais la mère de la victime en est persuadée : sa fille a été assassinée. Le jeune policier, hanté par cette sombre histoire, va découvrir que l’enquête a été délibérément bâclée. Dans quel but ? Qu’a-t-on voulu dissimuler ? Boris se lance dans une enquête approfondie. Son manque d’expérience lui fera comprendra alors que lutter contre les puissants n’est jamais sans danger…
George, jeune radiologue, a contribué à la création d’un smartphone qui permet d’ausculter le patient en direct, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et de lui délivrer diagnostics et ordonnances. Un bijou qui pourrait bien réduire de façon spectaculaire les dépenses de santé aux États-Unis. Mais les choses se gâtent quand les participants à la phase test décèdent les uns après les autres… 





Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort. 
Née en 1971, Sandrine Destombes a toujours vécu à Paris. Elle travaille dans la production d’événements depuis plus de vingt ans et profite de son temps libre pour écrire des polars, son domaine de prédilection. Bien que française, Sandrine Destombes est attachée à ses origines italiennes, elle instille dans ses écrits son amour des Abruzzes, une belle région située à l’est de Rome.
Miss Pebmarsh a bien failli mettre le pied dessus. Même ; elle l’aurait piétiné, ce cadavre, si Sheila n’avait crié. Que voulez-vous : Miss Pebmarsh est aveugle et elle a été bien surprise d’apprendre qu’il y avait le corps d’un inconnu derrière son canapé. Et d’abord, que fait Sheila chez elle : jamais, au grand jamais, elle n’a demandé à l’agence où travaille la jeune fille qu’on lui envoie une dactylo. Et d’où viennent toutes ces pendules – toutes en avance d’une heure – qui encombrent les meubles de son salon : Avec Hercule Poirot comme conseiller technique, un jeune et beau garçon, mystérieusement attaché à quelque service secret, saura tirer de cet inextricable imbroglio le fil qui mène au meurtrier.

Après avoir avoué à sa femme qu’il avait toujours détesté le thé, Ambroise Perrin se défenestre sous les yeux médusés des personnes présentes. Entre temps, Louise Duval se réveille d’une soirée de gala et découvre que sept de ses collègues sont morts au même moment dans leur lit, de causes inexpliquées. Rien ne lie ces deux affaires. Si ce n’est leur mystère. C’est assez pour intéresser Évariste Fauconnier, enquêteur émérite spécialisé dans les affaires que personne ne peut résoudre. Entre crimes en série, esprits diaboliques et complots politiques, le fin limier va devoir dénouer les fils d’une gigantesque toile qui risque bien d’avaler son âme autant que sa raison.
Juriste de formation, Oren Miller (un pseudonyme) s’est très tôt échappée dans des mondes imaginaires qu’elle décide de mettre par écrit en 2009 avec ses premiers romans. Son terrain de jeu favori reste l’adaptation des grands thèmes de fiction et l’exploration des émotions humaines à l’aide d’une plume colorée et bien taillée en pointe. Elle écrit des romances sous le pseudonyme de Lucie Castel (Harper Collins). En parallèle de ses activités littéraires, elle enseigne certaines matières juridiques dans une prestigieuse école à Lyon.
À la veille d’un procès contre une dictature pétrolière, le cadavre du grand avocat parisien Pascal Metzger est retrouvé en mer. Bien qu’ébranlés par son décès, ses trois jeunes associés décident de poursuivre le procès. Or, les preuves amassées par Me Metzger ont disparu. En reprenant le dossier, Carla, Malik et Pierre-Emmanuel pénètrent peu à peu une affaire aux ramifications aussi gigantesques qu’insoupçonnées : armes, pétrole, alliances des mafias et des cartels, corruption, évasion fiscale…. De la « France-à-fric » en passant par la Suisse, Monaco et la banque du Vatican, c’est le sommet des États et le cœur même de l’économie planétaire qui sont en cause.
1771 : On découvre des cadavres dans la Seine, nus et la tête coupée. Malgré l’émoi populaire, Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie n’a guère le temps de s’en préoccuper : Lafayette, son mentor, l’a chargé d’arrêter Marat, ce dangereux agitateur qui appelle au meurtre des aristocrates. Mais la mission tourne vite au cauchemar. Peu à peu, Victor Dauterive lève le voile sur un effrayant complot, une conspiration qui pourrait changer le cours de la Révolution…

Après des études à l’École nationale des arts décoratifs, Jean-Christophe Portes est devenu journaliste et réalisateur pour la télévision. Les précédentes enquêtes de Victor Dauterive, L’AFFAIRE DES CORPS SANS TÊTE, L’AFFAIRE DE L’HOMME À L’ESCARPIN, LA DISPARUE DE SAINT-MAUR et L’ESPION DES TUILERIES ont rencontré un beau succès. Portes a remporté le prix du Polar du Festival de Saint-Maur en 2018. Toutes les enquêtes de Victor Dauterive se déroulent dans le cadre de la France révolutionnaire, alors que le pays est au bord du chaos et que la monarchie tire à sa fin.