THE SANDMAN, Neil Gaiman

*–Tenir parole ? J’espère que tu plaisantes! Regarde un peu, Morphée. Un million de seigneurs de l’enfer t’entourent, massés contre toi. Dis-nous, pourquoi te laisserions-nous partir ? Casque ou pas, tu n’as aucun pouvoir ici. Quels pouvoirs ont les rêves, en enfer?

–Je n’ai pas de pouvoir, dis-tu ? Tu as peut-être raison. Mais tu prétends que les rêves n’en ont pas non plus ? Dis-moi, Lucifer Morningstar. Et vous tous, demandez-vous: quel pouvoir aurait l’enfer si ceux qui étaient emprisonnés ne pouvaient pas rêver du ciel ? *

Extrait : THE SANDMAN, d’après le roman graphique de DC COMICS écrit par Neil Gaiman, adapté en audio et réalisé par Dirk Maggs. Audible originals éditeur, 2021, durée d’écoute 10 heures 21 minutes. Interprété par Guillaume Orsat et sept comédiens. À l’origine, The Sandman est une collection de 11 bd chez DC comics

Sandman, aussi appelé Morphée, roi des songes, des histoires et de l’imagination, est capturé dans son royaume des rêves. Emprisonné sur Terre par une secte, il croupit pendant plusieurs décennies avant de parvenir à s’enfuir. Une fois libéré, il se met en quête de ses trois « outils » qui lui permettront de retrouver ses pouvoirs et de rebâtir son royaume, qui s’est effondré en son absence.

Au cours de ses multiples aventures, il devra descendre en Enfer pour affronter Lucifer, traquer des cauchemars échappés de son royaume, et il rencontrera des personnages issus de l’univers de DC, ainsi que des mythes antiques et de l’histoire anglaise, comme des patients de l’asile d’Arkham, Docteur Destinée, la muse Calliope, les Parques, William Shakespeare, et bien d’autres.

 Tout y est…

Sandman fut pour moi une expérience sonore de premier plan. Je veux rappeler d’abord que la série audio SANDMAN a été librement adaptée des célèbres bandes dessinées de DC COMICS une série de romans graphiques totalisant plus de 2 000 pages et qui a fait le tour du monde. Moi je me suis limité à la version audio et j’ai été comblé. Ce premier acte est l’adaptation audio des trois premiers romans graphiques de la série : PRÉLUDES ET NOCTURNES, LA MAISON DE POUPÉE et DOMAINE DU RÊVE.

Sandman est le nom donné à Morphée, divinité grecque des rêves et du sommeil, dont la seule vocation est d’endormir les humains, le terme *endormir* pouvant avoir ici plusieurs sens dont le littéral : faire dormir, d’où l’expression *tomber dans les bras de Morphée*. Dans le tome 1, on donne toutes sortes de noms au Sandman. Le plus beau que j’ai entendu fût *tisseur de rêves*.

Sandman est en fait une série d’aventures pour une seule et même quête. Le premier opus de la série, est lui-même une série d’épisodes, écrit, dirait-on, à la façon d’une chronique ou d’un feuilleton. Notez, c’est une question de perception.

Dans le SANDMAN, Morphée est délivré d’une prison de verre dans laquelle il fut enfermé pendant plus de 70 ans, perturbant ainsi les rêves humains et causant dans le monde des dégâts considérables. Son objectif : trouver trois artefacts qui lui permettront de retrouver sa toute-puissance et le contrôle des rêves. Cet objectif, qui est le fil conducteur de l’histoire entraînera Sandman dans une série d’aventures pour la plupart originales et/ou spectaculaires et quelques-unes un peu plus platoniques.

Le livre 1 a largement inspiré la série télé, longtemps proposée par Netflix

Permettez-moi une petite parenthèse sur l’épisode que j’ai préféré. Imaginez Lucifer, roi des enfers, qui décide d’abandonner son royaume après avoir mis tout le monde à la porte. L’immense territoire infernal étant maintenant vacant, Morphée décide d’en prendre possession très rapidement et de le céder par la suite au plus offrant. Les divinités se bousculeront aux portes pour influencer ou soudoyer le Sandman afin de prendre le contrôle du territoire et d’y faire revenir les démons. (Comme quoi on est vraiment bien que chez soi)

L’enfer aux enchères. Ça m’a accroché. Mon attention fut par la suite pleine et entière d’autant que j’ai été impressionné par le jeu des acteurs.

Je dois toutefois mettre en garde les âmes sensibles. Même si l’œuvre est spectaculaire, originale, fort bien jouée par des dizaines d’acteurs et fortement immersive, LE SANDMAN est un roman glauque, très violent. Son langage est souvent explicite et l’ensemble contient des scènes à fort caractère sexuel.

Pour moi, c’est non-recommandable aux moins de 16 ans. Sur le plan littéraire, c’est rempli d’horreur et de fantasy et ces remarques s’appliquent aussi aux romans graphiques

Pour le reste, certains épisodes manquent de fluidité. Par moment, l’histoire se perd dans son caractère gore mais le fil conducteur est solide et on a l’impression de découvrir une personnalité chez les dieux. C’est un point fort. Horreur et terreur teintent cette œuvre qui a grandement participé à la gloire de DC COMICS.

Pour parcourir la série SANDMAN, cliquez ici.

SUGGESTIONS D’ÉCOUTE MULTISONORE :
ALIEN, LA MER DES DÉSOLATIONS, de Dirk Maggs et James A. Moore

Et

ALIEN, LA SORTIE DES PROFONDEURS, de Tim Lebbon


À gauche, l’auteur Neil Gaiman. À droite, l’adaptateur audio Dirk Maggs

 

The sandman

Bonne écoute
Bonne lecture

Claude Lambert
le samedi 27 juin 2026

Ce qui est enfoui, Julien Freu

*Il perçoit un mouvement, dans son dos. La peur et le froid compressent ses poumons. C’est avant tout une rumeur, un bruissement de feuilles mortes qui se précipite sur lui. Ben laisse libre cours à sa terreur. Il galope. Il serre les mâchoires. Son cartable est trop lourd. Il sent le cuir des lanières supplicier ses épaules. Quelqu’un court derrière lui. Ben n’arrive pas à se retourner. Il hurle. Il est projeté sur le bas-côté. *

Extrait : CE QUI EST ENFOUI, de Julien Freu. Édition de papier, Actes Sud éditeur, 2023, 368 pages. Version audio : Actes Sud audio éditeur, 2023, durée d’écoute : 10 heures 28 minutes, narrateur : Christophe Grégoire. Format numérique : Actes sud éditeur, 2023, 390 pages.

Canton d’Estanville, automne 1990. Jérémie et Guilhem découvrent le collège. Dans la cour, on évoque la disparition d’un élève de 4e, survenue quelques mois plus tôt et dont seuls les vêtements parfaitement pliés ont été retrouvés au milieu d’un sentier. On parle à bas mot de « l’homme qui marche », ce croque-mitaine insaisissable qui pourrait être vu en plusieurs lieux, au même moment. Malgré la détermination glaciale du capitaine Ernevin – dépêché sur place avec sa fille, Aurore -, un nouvel enlèvement se produit.

 

…Qui rappelle *Stranger Things*

CE QUI EST ENFOUI est un mélange de genres, amalgame de *déjà vu* de *déjà ressenti* J’y ai reconnu Stranger things, cette série Américaine de Ross et Matt Duffer qui repose sur la disparition d’un garçon. J’ai aussi reconnu des éléments de *Ça*, célèbre roman de Stephen King qui commence par la mort d’un jeune garçon tué par un clown maléfique et qui met aussi en scène des ados.. D’ailleurs, les allusions à King ne manquent pas dans l’ouvrage de Freu.

L’histoire me rappelle aussi un peu la série télévisée allemande DARK de Baran Bo Odar, encore un cas de disparition d’un ado. Aussi, j’exagèrerais à peine en disant que les ados qui mènent l’enquête ont le courage et l’abnégation des compères de SOS fantôme.

Je craignais de me lasser très rapidement. Et c’est tout à fait le contraire qui s’est produit. Il se trouve que cet assemblage d’ingrédients a donné au final une soupe tout à fait délicieuse.

Nous sommes à l’automne 1990, petite communauté située au milieu de nulle part, dans un décor de faubourg, de forêts, de champs. Comme dans STRANGER THINGS, l’histoire commence par l’évocation de la disparition d’un jeune collégien dont on a retrouvé que les vêtements, et encore, pliés à la perfection. Un évènement vient jeter de l’huile sur le feu : une autre disparition. Seuls sont retrouvés les vêtements de la victime, soigneusement pliés. Rien de moins qu’intrigant.

La communauté se démène, le bon et déterminé capitaine Ernevin et surtout un quatuor d’adolescents dont le charisme et le courage m’ont fasciné. Leur amitié et leur sincérité en font des personnages absolument attachants et c’est dans leurs actions que le récit prend tout son caractère immersif.

Pour vraiment apprécié ce livre, il faut le lire un peu comme j’ai regardé STRANGER THINGS : sans hâte, sans attente, sans chercher à déduire. L’auteur sait où il s’en va et sait où il nous amène et c’est fort bien ficelé.

Il faut surtout s’accrocher aux repaires qu’il nous laisse et qui font toute l’originalité du livre et consacre sa nature fantastique : Le mystérieux homme qui marche, La Distoria, un mystérieux laboratoire hautement surveillé qui donne la chair de poule, une distorsion dans l’écoulement du temps.

Accrochez-vous. C’est débridé, mais sans excès. La plume est singulière et parfois brûlante. CE QUI EST ENFOUI est un véritable roman d’apprentissage qui mêle habilement le thriller et le fantastique. J’ai été accro de la première à la dernière page. Ce livre m’a comblé parce qu’il m’a amené dans un autre ailleurs et j’ai oublié le temps.

Chaudement recommandé.

Suggestion de lecture : LE ROMAN MAUDIT, de Frank Thilliez


L’auteur Julien Freu

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 26 juin 2026

Renard Bleu

Commentaire sur le livre 
d’YVES BEAUCHEMIN

<Albert avala sa salive et remit le poids lourd en marche. Il regrettait à présent d’avoir cédé à sa curiosité. Cette rencontre ne lui plaisait pas du tout. Il avait eu le sentiment qu’Eulalie Laloux avait pénétré dans le secret de ses pensées. Et pourtant, il n’avait pas ouvert la gueule ! >

Extrait : RENARD BLEU, d’Yves Beauchemin. Fidès éditeur, 2019, relié. 376 pages.

Vous croyez avoir tout vu? Des animaux parlants, ça vous dit quelque chose? Dans ce livre, on en entend de toutes les couleurs: Renard Bleu et ses amis, le Canard Athlète, Gustave l’ours et d’autres, parmi lesquels, oui, des humains qui parlent eux aussi, bien sûr, même si certains sont… des squelettes ou des fantômes. Malheureusement, certains de ces humains ne sont pas toujours sympathiques. Renard Bleu réussira-t-il à délivrer ses parents du sort inouï que leur a jeté l’exécrable sorcière Gertrude Grondin, alias Eulalie Laloux? Est-ce même possible qu’il y parvienne ?

 UN RENARD BLEU ET PARLANT

Je suis sorti de cette lecture ravi. Quelle plume magnifique que celle d’Yves Beauchemin qui nous a donné entre autres LE MATOU. Je sais bien que ce livre n’a pas été reçu par tout le monde de la même façon. Il a tous les aspects d’un récit pour enfants mais je ne crois pas qu’Yves Beauchemin ait eu à l’idée de soumettre les enfants à un conte de 300 pages.

Disons plutôt que RENARD BLEU est un conte fantastique que je pourrais classer *conte pour tous* à partir de dix ans. C’est une histoire abracadabrante, tout à fait sortie des sentiers battus avec une brochette de personnages totalement disparates : des animaux qui parlent, une petite famille de fantômes sympathiques, un squelette timoré, un gros nounours attachant, un canard de type *tête enflée*, une sorcière haïssable, des humains et bien sûr, un renard bleu.

Renard bleu est notre héros. Sa quête sera de délivrer ses parents et sa sœur d’un sort cruel jeté par la sorcière Eulalie Laloux. Pour annuler le sort, Renard Bleu doit résoudre une énigme qui demeurera au cœur du récit et tenant lieu de fil conducteur pour les lecteurs-lectrices…une énigme complexe qui amènera nos amis au cœur de l’océan Atlantique à quatre kilomètres de profondeur. Heureusement, Renard Bleu peut compter sur ses amis pour l’aider et sur des alliés improbables.

J’ai beaucoup aimé ce récit malgré certains irritants comme par exemple la surexploitation d’un personnage, le canard athlète, vantard et fanfaron, qui a fini par me taper sur les nerfs. Le dénouement m’a semblé expédié et il y a de la redondance dans le récit quoique l’action s’installe durablement quand la résolution de l’énigme commence à travailler toutes les cervelles, même celui qui n’en a pas comme le gentil squelette.

 

Toutes ces faiblesses furent pour moi très surmontables si je retiens l’enchantement que m’a procuré la beauté et la sensibilité de la plume sans compter un beau sens de l’humour. Par ailleurs, le récit est enrichi de très belles valeurs qui viennent rejoindre tous les âges : esprit d’équipe, perspicacité, amitié, sens de la famille, courage, volonté et bien sûr la tolérance avec tout ce que ça comporte dont le respect des différences.

Je sais que ce livre a été imposé comme projet de lecture dans des cours de français. Pour moi, c’est une bonne idée qui vient me conforter dans ma certitude que Renard bleu n’est pas exclusivement un livre pour les enfants. C’est une lecture légère et sympathique mais il faut la prendre pour les valeurs qu’elle recèle, spécialement celle qui pousse à la compréhension des différences en société et au libéralisme.

Un livre original. C’est le moins qu’on puisse dire.

Suggestion de lecture, du même auteur : CHARLES LE TÉMÉRAIRE

Un classique d’Yves Beauchemin




L’auteur Yves Beauchemin

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 20 février 2026

La porte d’Abaddon

Commentaire sur le livre de
MATHIEU BERTRAND

*-En premier lieu, ce ne sont pas des prisonniers classiques mais des hommes qui vont être transformés en âmes damnées pour permettre à un démon de venir sur terre et en second lieu, nous devons capturer Bune vivant pour qu’il nous permette de mettre la main sur deux choses : un grimoire et, surtout, la position exacte de la porte noire pour que nous la détruisions. *

Extrait : LA PORTE D’ABBADON, de Mathieu Bertrand. Format numérique et édition de papier : M+ éditeur, 2021-2022, Version audio : Saga Egmont éditeur, 2022. Duré d’écoute, 8 heures 7 minutes., narrateur : Bastien Nicolaï.



Un thriller ésotérique oppressant

Deux histoires complètement différentes entrent en conjonction pour offrir aux lecteurs/lectrices un mélange de thriller policier, activités paranormales, sorcellerie et même possession. D’une part, au début du XVIe siècle, en France, Le capitaine Philippe d’Alesani a pour mission de débarrasser le pays des sorcières qui échappent toujours à l’inquisition. Un sorcier appelé Bune tente d’ouvrir la porte d’Abaddon, l’Ange exterminateur désigné dans l’Apocalypse.

Bune sera tué avant d’avoir dévoiler l’emplacement de la porte. D’autre part, cinq cent ans plus tard, une officière de la gendarmerie affectée aux phénomènes inexpliqués, Patricia Lagazzi, enquête dans les landes sur de nombreuses disparitions très étranges.

L’auteur frappe fort dès le départ en racontant comment Isabelle et son fils Franck doivent affronter quotidiennement le mari et père, un alcoolique extrêmement violent, sans conscience, empathie ou scrupule. Une erreur de la nature… Frank songe sérieusement à assassiner ce monstre au moment où les disparitions se multiplient dans les landes.

*«Il est violent, con, méchant, mais en plus, il est dégueulasse», songe le jeune homme avant de se retourner de nouveau vers la table de nuit en réalisant que le rejet de son père, un peu plus chaque jour, transpirait par tous les pores de sa peau. *

Entre temps, Patricia prend conscience du retour du sorcier Bune et réalise que la porte d’Abaddon fait peser un danger réel sur le monde entier. L’assassinat du père sonne le départ d’une course contre la montre.

LA PORTE D’ABADDON est donc un thriller fantastique à saveur ésotérique et il est efficace. C’est le moins que je puisse dire. Une histoire de sorcellerie, servie à la moderne, avec de la crédibilité. C’est aussi un roman d’atmosphère oppressante et angoissante. L’ambiance y est glauque et tout à fait ajustée au thème développé.

C’est un roman très noir, violent mais ficelé avec précision. L’auteur y réactualise le thème de l’exorcisme en le dépoussiérant et en le rendant plus crédible, et ce faisant, plus angoissant, plus stressant.

*Pour commencer, ôtez-vous de la tête les images des films, notamment L’EXORCISTE… ce n’est jamais aussi violent même si certaines choses vont néanmoins vous étonner. -Comme quoi ? questionna Eva, -Comme se mettre à parler une langue qu’il n’a jamais apprise ou vous attaquer verbalement de façon extrêmement méchante. *  (Extrait)

Ce livre est un mélange de genres mais j’ai beaucoup apprécié la façon dont l’auteur démarque le fantastique tout en gardant l’accent sur le thriller policier, ce qui n’est pas sans me rappeler Edgar Allan Poe. Ceux et celles qui me connaissent bien comprendront alors l’opinion très favorable que je porte sur LA PORTE D’ABADDON.

Ma seule déception sur ce livre est sa finale qui est pour moi à la limite de l’insignifiance. À moins que l’auteur ait imaginé un obscur lien avec la logique du texte, ce qui n’est pas impossible mais que je n’ai vraiment pas ressenti, ça sent le remplissage, un happy ending qui sonne faux.

Sinon, l’ensemble est fluide, ça se lit bien et c’est très captivant.

Suggestion de lecture : HISTOIRES EXTRAORDINAIRES, recueil d’Edgar Allan Poe


L’auteur Mathieu Bertrand et quelques-uns de ses livres

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 25 janvier 2026

 

Conte de fées

Commentaire sur le livre de
STEPHEN KING

*J’attendis que les battements de mon cœur ralentissent (un peu), puis me levai en me disant que les marches étaient assez larges pour mes pieds. Ce qui n’était pas tout à fait exact. Avec mon avant-bras, j’essuyai la sueur sur mon front, en me répétant que tout allait bien se passer. Sans y croire vraiment. Malgré tout, je commençai à descendre. *

Extrait : CONTE DE FÉES, de Stephen King. Édition de papier et format numérique : Albin Michel éditeur, 2023, 730 pages. (22672 KB) version audio : Audiolib éditeur, 2023, durée d’écoute, 28 heures 56 minutes, narrateur : Damien Witecka.

LE GRAND KING HABITUEL

Avec quelques nuances

Oui, c’est du grand King mais si son livre m’a intéressé, il ne m’a pas emballé. Jetons d’abord un coup d’œil sur le récit.

Voici l’histoire de Charlie Read, un garçon costaud de 17 ans. Il vit avec son père, alcoolique devenu abstinent. En voulant sauver un vieillard d’une mort certaine, monsieur Bowditch, Charlie hérite d’un secret aussi fantastique que terrifiant : l’existence d’un tunnel accessible depuis le cabanon du jardin du vieil homme et menant à un monde parallèle appelé Empis.

Charlie s’était attaché à la chienne de Bowditch, appelée Radar mais elle était très vieille et arthrosée. Le vieil homme avait raconté à Charlie qu’il existait, à Empis, un cadran solaire magique qui pouvait faire rajeunir son utilisateur qui s’exposait toutefois à de graves dangers.

À la mort de monsieur Bowditch, Charlie décide d’emprunter le tunnel pour accéder à Empis et au cadran solaire et sauver Radar qui était près de l’agonie.

En entrant à Empis, Charlie pénétra dans un monde ravagé par la guerre et menacé par le mal absolu, s’agitant dans les profondeurs et menaçant à la fois Empis et le monde de Charlie : Gogmagog.

C’est une histoire extrêmement longue qui aurait pu être largement simplifiée. Le premier quart de l’histoire était prometteur mais dès que Charlie a pénétré dans Empis, j’ai perdu de l’intérêt sous l’effet d’une plume errante. Je sais depuis longtemps que King s’étend dans ses histoires et travaille ses personnages en profondeur. Mais dans CONTE DE FÉE, je crois qu’il a battu son record.

L’action est très lente et peut amener les lecteurs-lectrices dans toutes sortes de directions. Pas d’horreur, pas de frissons à une exception près : dans le puits obscur, l’action m’a rappelé un peu ÇA.  Est-ce que King s’adoucit ? Heureusement, il ne manque pas d’imagination et il a pu farcir son récit d’idées fort intéressantes.

La partie dite fantastique du récit, soit à partir du moment ou Charlie entre dans Empis est baignée de l’atmosphère des récits d’HP Lovecraft. J’ai beaucoup aimé le clin d’œil que King a fait à ce célèbre écrivain, évoquant Cthulhu, une énorme et monstrueuse entité cosmique imaginée par Lovecraft et qu’on pourrait apparenter à Gogmagog, créature infernale en dormance dans le puits obscur d’Empis. C’est là que j’ai pensé à *ÇA*. C’était bien imaginé.

Ce lien m’a *gardé dans le coup* comme on dit. Grâce à quelques idées brillantes, je n’ai pas atteint le stade de la vraie déception mais au regard de certains éléments, j’ai malheureusement déchanté : une finale un peu trop rapide, un épilogue sous-développé.

Même la présentation matérielle du livre, tape-à-l’œil dans les présentoirs d’une librairie laisse à désirer. Les lettres de la premières de couverture s’effacent à l’usage, et cette couverture décolle, fragilisant ainsi le dos du livre. Je ne comprends pas l’éditeur, un vieux routier, de ne pas avoir prévu cela.

Ce que j’ai écris ici est mon ressenti de la lecture de CONTE DE FÉE. Je sais que je suis à contre-courant de la Presse littéraire mais peu importe et de toute façon demeure un inconditionnel de Stephen King.

Suggestion de lecture, du même auteur : L’OUTSIDER


L’auteur Stephen King

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 6 décembre 2025

Le roman maudit

Commentaire sur le livre de
FRANK THILLIEZ

* Il vient de se passer un truc. Un truc HORRIBLE. Si quelqu’un lit ça un jour, PITIÉ, arrêtez-vous là. Lisez pas la suite avant demain. C’est une question de VIE OU DE MORT. *

Extrait : LE ROMAN MAUDIT, de Franck Thilliez. Édition de papier, format numérique et version audio : Auzou éditeur, 2025. 388 pages, 112.9 MB. Pour la version audio, durée d’écoute : 3 heures 4 minutes, narratrice : Slimane Yefs 

Des frissons pour l’avent

Si vous cherchez un petit frisson en lecture pour le temps des fêtes, voici un livre très particulier à dévorer au rythme du calendrier de l’avent. Eh oui ! un petit chapitre par jour entre le 1er et le 24 décembre…un peu comme si on ouvrait une case par jour d’un calendrier de l’avent pour découvrir un chocolat. LE ROMAN MAUDIT est une histoire sombre, un peu lugubre mais ce fut pour moi une expérience littéraire originale, captivante et immersive. Une lecture parfaite pour les adolescents/adolescentes et jeunes adultes.

À chaque chapitre, l’angoisse va crescendo. L’histoire mêle et entremêle le rêve et la réalité, l’éveil et le sommeil, la joie et la tristesse, la peur et le courage, l’espoir et désespoir et je pourrais poursuivre longtemps. Ce livre est un continuum d’émotions et ce continuum prend racine dès le début de l’histoire. Voyons un peu ce qui se passe.

Un matin, un adolescent, Naël, le héros de cette histoire, découvre, à la sortie de la maison, un mystérieux carnet. En fait, ce carnet était un journal, écrit par Léo Lacan, 14 ans, kidnappé un an plus tôt. Intrigué, Naël ouvre le petit livre et ce faisant s’immisce sans le vouloir dans une boucle temporelle. Le garçon se retrouve piégé dans une journée qui se répète sans fin, à l’identique sauf s’il intervient et il sera appelé à le faire souvent. En s’endormant le soir, Naël remet le compteur à zéro.

Donc, chaque jour, Naël refait la même chose : sauver son frère d’un accident, faire le bien, sauver des vies mais surtout, comprendre ce qui est arriver à Léo et aux autres enfants kidnappés avant lui, apparemment prisonniers d’un être monstrueux, sauver sa propre vie dans un contexte de temporalité fracturée. Léo a écrit un chapitre par jour? Naël doit-il lire un chapitre par jour de l’avent et faire ce qu’il faut pour sauver tout le monde et stabiliser le temps. Et si c’était un piège ?  Des émotions fortes l’attendent.

Ici, Thilliez s’est adapté à un lectorat plus jeune, adolescents et jeunes adultes pour offrir un suspense très intense mais avec juste ce qu’il faut de retenue. Pas de gore, ni de violence physique. Seulement de la violence psychologique, suffisamment pour mettre les nerfs à l’épreuve.

Outre l’atmosphère qui est froide et oppressante, des personnages attachants : Naël, Léo et Louise, ce qui m’a beaucoup plus dans ce livre est son caractère innovant : pour Naël, Chaque chapitre du carnet de Léo est scellé et doit être découpé avant lecture, comme une case de calendrier de l’Avent. Le suspense est savamment dosé pour inciter les lecteurs et lectrices, auditeurs et auditrices, à lire ou écouter un chapitre par jour. (La version audio est un petit chef d’œuvre narratif)

Il fau bien comprendre que ce n’est pas le Thilliez qu’on connait, connu pour ses thrillers glauques et souvent violents. Ici, LE ROMAN MAUDIT est dédié au jeune lectorat pour donner un peu de piment à leur temps des fêtes.

Plusieurs considèrent cette tendance comme une faiblesse, pas moi. Je la trouve plutôt intimiste car très liée à l’enfance de l’auteur. De plus, les thèmes développés dans cette histoire parlent très fort aux jeunes : amitié, fraternité, solidarité, mystère, disparition sans oublier bien sûr une touche calculée de fantastique ou de science-fiction, la fameuse boucle temporelle.

Ce qui peut être irritant pour les lecteurs/lectrices, c’est le caractère contraignant du découpage. Se limiter à un chapitre par jour est contraignant et beaucoup de lecteurs choisiront de lire ce livre d’un trait. Je l’ai fait et le livre m’a tout de même tenu captif.

La principale faiblesse tient dans les personnages secondaires dont certains font figure d’esquisse, en particulier le personnage terrifiant appelé *le mal* dont on ne connait rien des motivations et qui ne parle pas. Le voisin Charon joue lui aussi un rôle pas très bien défini. Et la sympathique Louise est un personnage précieux de l’histoire que j’aurais aimé voire plus aboutie, plus présente. Enfin, le prénom NAËL est effectivement étrange dans le contexte du livre, mais un indice le justifie vers la finale de l’histoire…finale à laquelle je ne m’attendais pas mais qui pourrait être prévisible pour certains.

C’est une belle réussite je pense pour Frank Thilliez. C’est glacial et un peu noir mais ça va plaire aux amateurs du genre surtout que Noël est omniprésent dans l’ouvrage. Excellente lecture. Et surtout JOYEUSES FÊTES AMIS LECTEURS/AUDITEURS et AMIES LECTRICES/AUDITRICES

Suggestion de lecture du même auteur : PANDEMIA

Autres livres de Frank Thilliez


L’auteur FRANK THILLIEZ

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 30 novembre 2025

Gardiens des cités perdues

Commentaire sur le livre de 
SHANNON MESSENGER

Elle aurait voulu disparaître… Exactement le genre d’attention qu’elle s’efforçait à tout prix d’éviter ! La raison pour laquelle elle portait des couleurs ternes et restait toujours à la traîne ou au fond de la classe, dissimulée par les autres élèves, qui la dépassaient d’au moins une tête. Quel autre moyen avait-on de survivre quand, à douze ans seulement, on se retrouvait en terminale ?

Extrait : GARDIENS DES CITÉS PERDUES, tome 1, de Shannon Messenger, PKJ éditeur 2017, édition de papier, 496 pages. Version audio : Lizzie éditeur 2022, durée d’écoute : 12 heures 4 minutes, narratrice : Aaricia Dubois.

 

Une plongée dans le fantastique

Voici une belle saga qui couvre une grande partie des classiques de l’univers fantastique avec, toutefois, des variantes très intéressantes qui donnent à la série une très bonne place dans le monde achalandé de la littérature jeunesse. Voyons l’histoire en bref.

Nous suivons une jeune fille, Sophie Foster, 12 ans. Sophie a des pouvoirs particuliers qu’elle craint et qu’elle tente de cacher avec plus ou moins de succès. Un jour, Sophie est approchée par un mystérieux jeune homme, Fitz Vacker qui jouera un rôle très important dans toute la série.

Fitz apprend à Sophie qu’elle est une elfe, rien de moins, cachée parmi les humains à sa naissance et qu’elle doit maintenant regagner son monde d’origine, ce qu’elle fera non sans difficulté, sans surprises et sans souffrances. Elle apprend au cours de son aventure qu’elle a été conçue par une obscure organisation appelée LE CYGNE NOIR.

Son but désormais est de savoir qui elle est vraiment, quel est le but du Cygne noir, pourquoi a-t-elle été cachée chez les humains, c’est quoi tous ses secrets qui l’entourent. Y a-t-il danger. Elle ne sera pas au bout de ses peines mais pourra compter sur de nombreux alliés.

Le premier livre se concentre sur l’installation de Sophie dans le monde des Elfes et sur l’école : les apprentissages obligatoires entre lesquels elle aura à surmonter quantités d’épreuves et d’intrigues. Cet aspect de la Saga n’est pas sans rappeler Harry Potter et ses aventures à Poudlard mais j’ai senti que l’auteure a travaillé fort à limiter le <déjà vu>

Autre exemple, les Elfes. Leur pureté est loin d’être celle décrite dans LE SEIGNEUR des Anneaux mais leur beauté physique demeure un critère intouchable. Je crois que Shannon Messenger a imbriqué dans sa saga de nombreuses touches d’originalité qui viennent actualiser l’univers de la fantasy.

C’est sa grande qualité. L’écriture est au goût du jour, vigoureuse et l’auteure explore plusieurs mythes et y ajoute de l’aventure, de l’intrigue et des rebondissements. Les personnages sont attachants, même si Sophie fait un peu misérable par moment. Il faut dire qu’elle passe de sales quarts d’heure mais ça donne un petit caractère naïf au récit.

C’est bien développé et je crois que la série est prometteuse. Aussi, je me promets d’y revenir.

Suggestion de lecture : LA PROPHÉTIE DE GLENDOWER, de Maggie Stiefvater


L’autrice Shannon Messenger


Pour parcourir la série GARDIENS DES CITÉS PERDUES, cliquez ici

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 14 novembre 2025

La prophétie de Glendower

Commentaire sur le livre 1 de la série
LE CYCLE DU CORBEAU

de MAGGIE STIEFVATER

*Il n’y a que deux raisons pour lesquelles un esprit peut t’apparaître, Blue. Tu dois être soit l’amour de sa vie, soit la cause de sa mort. *

Extrait : LE CYCLE DU CORBEAU, tome 1, LA PROPHÉTIE DE GLENDOWER, de Maggie Stiefvater, Pour les formats papier et numérique : Teen spirit éditeur. Nombre de page respectivement, 472 et 352 pages.

Chaque année, Blue Sargent accompagne sa mère clairvoyante observer les esprits des futurs morts. Des esprits que Blue ne peut voir… Du moins, elle ne le pouvait pas, jusqu’à ce qu’un jeune homme lui apparaisse et s’adresse directement à elle. Il s’appelle Gansey et Blue découvre vite qu’il est étudiant à Aglionby, l’école privée locale. Or, elle a pour principe de ne pas s’approcher des jeunes hommes de l’académie ; plus connus sous le nom de « Corbeaux » , ils ne causent que des ennuis. Pourtant, Blue est irrésistiblement attirée par Gansey.

Du plus loin que remontent ses souvenirs, Blue a toujours su qu’elle causerait la mort de l’amour de sa vie. Elle n’avait pourtant jamais cru que ce serait un problème. Maintenant que sa vie se retrouve intrinsèquement liée au monde sinistre des Corbeaux, elle n’en est plus aussi certaine.

 Le premier esprit de Blue

Dans cette histoire à caractère fantastique, on suit Blue Sargent, une adolescente issue d’une famille de clairvoyantes, qui ne possède aucun don… sauf celui d’amplifier les pouvoirs des autres. Chaque année, elle accompagne sa mère pour observer les esprits des futurs morts. Mais cette fois, elle voit un esprit elle-même — celui de Gansey, un étudiant d’Aglionby, l’école privée locale. Cela ne peut signifier que deux choses : soit il est l’amour de sa vie, soit elle causera sa mort.

Gansey, lui, est obsédé par la légende du roi gallois Glendower, qu’il croit endormi quelque part en Virginie, et dont il espère obtenir un vœu. Il est accompagné de ses trois amis : Adam, le boursier déterminé ; Ronan, le rebelle tourmenté ; et Noah, le discret observateur. Ensemble, ils se lancent dans une quête ésotérique où les lignes entre le réel et le magique deviennent floues.

Ce roman est apprécié pour son atmosphère envoûtante, ses personnages profonds et son écriture poétique. Mais j’ai trouvé cette quête surnaturelle un peu longue sans trop d’action. Malgré tout, elle pose les bases d’une série riche sinon en rebondissements, au moins en émotions car si LE CYCLE DU CORBEAU est sur fond de surnaturel, c’est d’abord une histoire d’amour.

Il n’y a pas vraiment d’action. Le rythme est lent. Quoique bien travaillés, les personnages manquent de direction et le fil conducteur est difficile à saisir. Il est vrai que je ne suis pas un inconditionnel de la littérature sentimentale, mais je dois admettre que l’écriture de Stiefvater est d’une extraordinaire beauté.

Malgré tout, je n’ai pas accroché. Le roman privilégiant l’atmosphère, l’intrigue est trop stagnante et met une éternité à se pointer le bout du nez. C’est lent. Un peu plus d’action aurait avantagé le rythme. Je suppose que ça va bouger dans les tomes suivants. Il n’est pas dit que je n’y reviendrai pas car les adolescents de l’histoire sont sympathiques et attachants.

Suggestion de lecture : tout comme les tortues, de Marie-Christine Chartier


L’autrice Maggie Stiefvater

Pour explorer la série LE CYCLE DU CORBEAU, cliquez ici

Bonne lecture
Claude Lambert

le dimanche 27 juillet 2025

PARALLÈLE-NEW YORK, bd

de Laval Ng et Philippe Pelaez

« Calmez-vous, Munoz. Ce n’est pas le moment de s’énerver.
– Je ne m’énerve pas, je panique. Mais où on est ?!
– A ton avis ?
– Je connais New York, et ça, c’est pas New York !! »

Extrait : PARALLÈLE, livre 1, NEW YORK, bande dessinée de Laval Ng et Philippe Pelaez, sandawe éditeur, 2016.


Extrait de la bande dessiné PARALLÈLE, tome 1
illustrateur : Ng Laval, scénariste : Philippe Pelaez

 

En 2082, un vaisseau minier s’écrase sur une planète au climat glaciaire, peuplée de créatures inhospitalières. Alors qu’ils sont en contact radio avec la présidence des Etats-Unis, les membres de l’équipage s’aperçoivent qu’ils sont bloqués dans un univers parallèle et que les monstres qu’ils affrontent ne sont autres que leurs doubles.

 

 

Monde parallèle en BD

PARALLÈLE est une série de bandes dessinées apocalyptiques qui serait suivie logiquement d’une autre série intitulée AFTER. C’était à l’état de projet au moment d’écrire cet article. Le sujet n’est pas original comme tel. Les histoires apocalyptiques et post apocalyptiques abondent en littérature même si elles sont plus rares en BD.

J’y ai trouvé toutefois de très bonnes idées comme les deux terres jumelles antagonistes qui sont des mondes parallèles avec action parallèle. Des idées comme celle-ci rendent la série enlevante et intrigante. D’ailleurs, l’intrigue se dévoile très graduellement et amène le lecteur de découverte en découverte en provoquant à l’occasion quelques frissons.

La présentation est très belle. J’ai été subjugué par le graphisme avec le bleu dominant et une foule de teintes réalisées par Daniel Florent. Les dessins de Laval Ng sont parfaitement ajustés avec le scénario de Philippe Pelaez et rendent crédibles les créatures antagonistes qui nous amènent aux côtés noirs de l’être humain.

L’aspect scientifique est assez facile à suivre et nous familiarise entre autres avec les effets des impulsions électro-magnétiques entre autres et aussi, le récit n’est pas sans nous faire réfléchir sur les effets irréversibles d’une guerre totale.

Cette BD est une découverte pour moi. Ça m’a plu. Un plus dans l’univers de la littérature-jeunesse. Sa technique narrative m’a accroché autant que les dessins. Une excellente BD immersive à souhait.


Ng Laval , illustrateur (à gauche) et le scénariste Philippe Pelaez

LA SUITE

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 20 juillet 2025

 

Nous sommes là

Commentaire sur le livre de
MICHAEL MARSHALL

*Tandis que Dawn s’endormait pour de bon et que le train atteignait sa vitesse de croisière pour ce trajet d’une heure jusqu’à Rockbridge, chez eux, David ne parvenait pas à oublier un détail. Ce que l’inconnu lui avait dit avant de se fondre dans la cohue… quatre petits mots, assénés comme un ordre. Ou une menace.
―Souviens-toi de moi, avait-il dit. *

Extrait : NOUS SOMMES LÀ, Michael Marshall, publié à l’origine par Orion éditeur en 2013, traduit en 2015 chez Bragelonne éditeur. Format numérique pour la présente, 1084 pages.


Lorsque David bouscule un inconnu à New York, ce qu’il entend va changer sa vie pour toujours : Souviens-toi de moi. A présent, des phénomènes étranges ne cessent de se produire, et David ne parvient pas à se départir de l’impression que quelqu’un l’observe.

Puis John et sa compagne Kristina viennent en aide à une amie se sentant suivie en permanence. En creusant un peu, ils déterrent quelque chose d’inimaginable. Il existe des êtres cachés dans l’ombre, qui observent, attendent. Prêts à sortir…

Dans l’ombre
Nous avons passé notre vie à vos côtés.
Nous savons qui vous êtes.
Nous savons où vous vivez.
Vous ne pouvez pas nous voir,
mais soyez-en sûrs :
Nous sommes là.


Un thriller fantastique
qui appelle à la patience

L’objet du livre est intéressant : une espèce de sixième sens, perception extra-sensorielle, une impression obsédante. Maintenant, ajoutons à cela un peu de tangibilité avec des phénomènes aux limites du palpable : *…Ils disparurent de nouveau…David ne les voyait plus mais il sentait leur présence. Il y avait des gens dans le parc, des gens qu’il ne pouvait pas voir. * (extrait)

Bien sûr, certains évènements mettent la puce à l’oreille et lancent l’intrigue : David qui bouscule un inconnu qui lui dit *souviens-toi de moi* ou une jeune femme qui à la lourde impression d’être suivie et qui a besoin d’aide.

Ils découvrent alors quelque chose d’impensable…monde parallèle, autre dimension, anges ou démons, ami imaginaire, fantôme, hallucinations ou disons une imagination débordante ou simple supposition… : *Elle avait émis l’hypothèse que les gens ne partaient pas vraiment quand ils décédaient ou quelque chose comme ça…Oh Seigneur. (Extrait)

C’est une intrigue assez bien développée. Je l’ai trouvé originale. Malheureusement, le récit a une faiblesse pour le moins irritante : un important déficit dans le rythme. En effet, le développement de l’histoire est d’une lenteur éprouvante. Il n’y a pas d’action dans cette histoire. Heureusement, L’intrigue a un certain caractère addictif. L’histoire est très longue à démarrer et prendre un sens.

Si l’intrigue garde en haleine jusqu’à un certain point, il faut rester concentré à cause d’une imposante galerie de personnages qui a tendance à noyer l’intérêt. Toutefois, certains personnages forcent l’attention, mon préféré étant Reinhart, le genre vilain. Qui dans cette histoire semble n’avoir sa place nulle part et pourtant son rôle est capital… un rebelle qui met du piquant dans le récit. J’aime bien. Malgré ses lacunes, le récit vaut la peine d’être lu car il évoque et met en perspective les éléments non-palpables de notre vie : l’imaginaire, l’intuition, le ressenti, la perception, les apparences, les impressions tenaces et jusqu’à un certain point, la prémonition.

Ça pousse au questionnement. Par exemple, savons-nous toujours exactement où nous mettons les pieds? *… y avait une bonne femme. Je l’ai vue. Il n’y avait d’abord personne, et puis elle est apparue de nulle part. Je viens de luis passer à travers, mec. *

Un livre à l’atmosphère très particulière.

Suggestion de lecture : LA FANTASTIQUE ODYSSÉE, de Chérif Arbouz


L’auteur Michael Marshall

Du même auteur

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 22 juin 2025