
*— Majesté, votre royaume s’effondre.
La sentence était tombée comme la herse d’une prison. Elle résonna longtemps entre les quatre murs de pierre du cabinet royal. Pieter le Vénérable leva les yeux vers le roi pour voir si sa formule avait eu quelque effet. Mais Livain ne réagit pas. La tête appuyée sur sa main droite, le coude sur le bord de son large fauteuil, il réfléchissait encore, le regard dans le vide. *
Extrait de GALLICA, l’intégral du CYCLE DES LOUPS, de Henri Loevenbruck. Édition de papier : Bragelonne éditeur, 2008, 951 pages. Version audio : Audible studio éditeur, 2021, durée d’écoute : 40 heures 3 minutes. Narrateur : Éric Chantelauze.

Une France de légende

Je précise au départ que la trilogie GALLICA est la suite de LA MOÏRA, une série du même auteur parue en 2001 et 2002. Je n’ai pas lu LA MOÏRA. J’ai toutefois parcouru synopsis, commentaires et extraits et je me suis rendu compte qu’on navigue à peu près dans les mêmes eaux : médiéval fantastique, magie, guerre, culture celtique, animaux de légende, etc. Il reste que j’ai trouvé la série intégrale Gallica très intéressante. J’ai pu lire aisément GALLICA indépendamment de la série LA MOÏRA. Résumons d’abord un peu l’histoire.
Nous sommes au XIIe siècle dans un pays imaginaire très largement inspiré du Royaume de France. Même les acteurs de cette histoire rappelleront sans doute aux lecteurs/lectrices des personnages historiques célèbres de la France comme Livain VII, roi de Gallica rappelle Louis VII, roi de France. Le pape Nicholas IV, un anglais, a toute la stature d’Adrien IV, également d’origine anglaise. Les exemples sont nombreux. Les liens historiques sont dignes d’intérêt.
À cette époque, les hommes chassent des créatures fantastiques, animaux mythiques en voie de disparaître : Loups, licornes, bayards, entre autres. Le personnage principal de cette histoire, un louvetier appelé BOHÊM s’oppose à ces pratiques et se rend à la fois célèbre et indésirable pour avoir sauvé une brume, un loup gris plus précisément après avoir marché dans le feu, sans dommage, pour sauver l’animal d’une mort horrible.
Depuis, tout le monde veut la peau de BOHÊM. L’Église catholique, qui, au regard de l’histoire s’est fait une spécialité de se mêler des affaires des autres, voit en Bohêm un flagrant symbole d’Hérésie. Il est aussi recherché par les soldats du roi de Gallica. Heureusement, Bohêm a des alliés, les Compagnons du Devoir, entre autres. Cette chasse se déroule alors qu’un roi vassal, Emmer Capiigesne déclare la guerre au roi de Gallica, Livain VII.
La trilogie

Bien sûr c’est très succinct. On parle tout de même d’un livre de près de 1000 pages, en audio, 40 heures d’écoute. Mais je crois que les lecteurs/lectrices feront de belles découvertes d’autant que Loevembruck a inséré dans son histoire une touche non négligeable de politique et d’onirisme. GALLICA est aussi une belle histoire d’amour.
L’atmosphère de l’histoire est prenante à cause de la qualité de ses personnages mais aussi parce qu’elle est un portrait fidèle de la mentalité médiévale. Bohêm est un personnage particulièrement bien travaillé même si, dans le dernier quart du récit, il frôle la démesure. Il garde toutefois une bonne nature du début à la fin et ça le rend attachant.
Ce que j’ai surtout aimé de ce livre, ce sont les symboles qu’il véhicule. Il m’a questionné en particulier sur le sens de la guerre. Je n’ai pas à chercher. La guerre n’a pas de sens et pourtant, elle jalonne l’histoire de l’humanité. L’histoire fait aussi réfléchir sur le sens et surtout la valeur de la vie. À ce titre, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Bohêm.
Enfin, j’ai plongé à nouveau dans l’obscurantisme entretenu par une église qui a complètement dénaturé son rôle. Le pape complote et fait agir une petite milice comparable à une garde prétorienne : la milice du Christ, dirigée, comme on peut s’y attendre par un tordu.
L’auteur m’a fait aimer les brumes. Ce n’est pas rien. Ce qui m’amène à identifier une faiblesse du récit. L’intérêt pour les brumes est en dents de scie. Emporté tantôt par la politique, tantôt par la guerre et beaucoup aussi par l’amour porté par Bohêm à sa belle Vivienne. La finale est abrupte et laisse la voie à une suite. Mais franchement, si je me base sur la masse critique concernant LA MOÏRA et ma lecture de GALLICA, je ne vois pas vraiment comment l’auteur pourrait innover.
Bref. Il y a de l’action, du suspense. Quelques longueurs, un peu de redondance. C’est aussi violent et pas qu’un peu par moment. L’écriture est riche et confine parfois à la poésie, ce qui n’a pas été sans me rappeler le CYCLE DU GRAAL que j’ai dévoré. Plusieurs heures de belle lecture en vue donc.
Suggestion de lecture : LES DAMES DU LAC & LES BRUMES D’AVALON de Marion Zimmer Bradley

L’auteur Henri Loevenbruck
Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 18 octobre 2026














À gauche, l’auteur 
















J’ai adulé Lucky Luke pendant de nombreuses années. Je l’aime toujours mais mon intérêt a baissé d’un cran. Comme tous les inconditionnels de l’homme qui tire plus vite que son ombre, j’ai dû subir deux sevrages avec cette série de BD qui réussit à garder la tête hors de l’eau. D’abord, Morris a troqué la cigarette pur une brindille de paille. Je peux comprendre Morris, il ne faisait que devancer les exigences de la loi Elvin, adoptée au début des années 1980 en France et encadrant sévèrement la publicité sur le tabac. C’est un détail, loin d’être malsain mais je ne m’y suis jamais fait.
Autre sevrage important, le décès de Goscinny en 1977. Depuis ce jour, la série a perdu un peu de ses étincelles et a commencé à vieillir à mes yeux. La subtilité et la spontanéité de Goscinny manquent cruellement au scénario de FINGERS. Ça reste une bonne histoire, drôle par moment, pas désagréable à lire au contraire. Malheureusement, le personnage de Lucky Luke s’est affadit avec le temps. Il reste stoïque, sûr de lui mais il est devenu prévisible et sans éclat. Toujours vedette, mais d’une série essoufflée. Dans FINGERS, Luke est plus effacé, trop, en fait, par rapport au prestidigitateur à qui le scénariste a donné des pouvoirs surdimensionnés
Morris, très différent aussi de son prédécesseur Uderzo a fait quand même de son mieux pour rehausser le scénario de Van Banda et a réussi à rendre l’ensemble plus rigolo. L’histoire de Lucky Luke est quand même extraordinaire.

Après la mort de ses parents, Alexanne Kalinovsky est confiée à sa tante Tatiana. La vieille dame vit seule dans un immense manoir aux multiples chambres parfumées à l’encens, garnies d’anges et de chandelles. Découvrant l’histoire de ses origines russes et ses propres dons particuliers, Alexanne apprendra toute la vérité sur l’héritage étrange dont son père l’avait tenue éloignée. Pour ceux et celles qui ont apprécié la fabuleuse histoire des Chevaliers d’Emeraude, l’écrivaine crée un univers tout nouveau avec la série Les ailes d’Alexanne. Cette saga explore les phénomènes paranormaux, la guérison spirituelle et les anges. 











