
*Voilà comment tout avait commencé. L’immonde mégère lui servant de mère l’avait plongé dans un univers insoutenable où ne devaient régner qu’horreurs et cruautés. Un monde coupé du nôtre, sans surveillance, sans barrière, où les travers de ces futurs pervers avaient pris naissance et puent s’alimenter de l’innocence et des peurs d’un être rendu fragile par le délaissement d’une marâtre indifférente. *
Extrait : DÉMONS, de Marc Laine. Édition de papier : Pocket éditeur, 2018, 576 pages. Format numérique : Les Nouveaux Auteurs éditeur, 2016, 517 pages. Version audio : Audible studio éditeur, 2017. Durée d’écoute : 14 heures 5 minutes. Narrateur : Hervé Carrasco.

Lourd et fort

C’est le thriller policier le plus addictif que j’ai lu depuis de nombreuses années. C’est un roman noir, glauque. Son atmosphère est glaciale et déroutante. Et c’est une histoire extrêmement violente, gore à la rigueur.
Un tueur en série échappe résolument à la traque policière, spécialement celle de Maxime, un lieutenant de la police judiciaire à l’âme torturée, visage scarifié et qui carbure aux antidouleurs et à la vodka. Maxime est obsédé par la capture du tueur dont les meurtres sont d’une inimaginable cruauté et tous accompagnés d’énigmatiques messages.
Le modus operandi du tueur est d’une perfection sans faille. Pas de trace, pas d’indice, pas de signature génétique, même pas un cheveu, rien qui le trahit. À croire qu’il commet ses atrocités, vêtu d’un costume de cosmonaute. Sa férocité est incroyable et la description de ses mises en scène sont à soulever le cœur.
Le seul outil de travail dont disposent les policiers, c’est le raisonnement, la déduction, la logique, le recoupage, la recherche. C’est d’ailleurs la force de ce polar qui pousse les lecteurs à explorer la déviance d’un esprit et la noirceur de l’âme. Et il y a bien sûr les mystérieux messages auxquels on fait peu attention parce qu’ils sont incompréhensibles et pourtant…
J’ai été surpris par l’imagination déployée par l’auteur pour amener les lecteurs exactement là où il veut, l’entraînant de rebondissement en rebondissement même jusqu’à quelques pages de la fin.
C’est étrange mais c’est un récit à la fois précis et chaotique mais les personnages sont tellement forts et travaillés que j’ai fait confiance à l’auteur et je n’ai pas été déçu.
J’ai eu de l’empathie pour Maxime même si parfois, son obsession du mal me tapait sur les nerfs mais j’ai ressenti sa souffrance et le respect que tous ses collègues lui portaient.
Si la psychologie des personnages est bien travaillée, entrer dans l’esprit du tueur fut une expérience angoissante et troublante. Une fois entreprise, il est difficile d’abandonner la lecture de ce livre que je ne recommande vraiment pas aux âmes sensibles.
Le livre comporte tout de même quelques petites faiblesses. Prenons par exemple Mathieu, 19 ans, une des victimes du tueur. Il n’a pas été tué de la même façon que les autres. Il n’a pas de points communs avec les autres victimes. Pourquoi ? Il y a une explication vers la fin du récit mais elle n’est pas aboutie. J’aurais aimé mieux comprendre ce que ce jeune homme venait faire dans le tableau.
Je me suis interrogé aussi sur le psychiatre, Florian qui a l’air de venir d’une autre planète, désireux de collaborer à l’enquête mais qui semble détaché de ce qui se passe dans son propre établissement. Dans la galerie de personnages, Florian est le maillon faible.
Le livre m’a captivé jusqu’à la fin, mais j’ai trouvé la finale un peu quelconque. Disons brève et facile. Mais le récit est en crescendo, rythmé, farci de fausses pistes qui sont autant de défi pour les lecteurs/lectrices, troublant, gore par moment. Je recommande ce livre à ceux et celles qui ont le cœur solide.
Pour ceux que ça intéresse, vous pourrez continuer à suivre le *calvaire* de Maxime dans FLAMBEAU qui suit DÉMONS, deuxième tome de la trilogie du mal absolu, un titre parfaitement réaliste.
Suggestion de lecture : L’HOMME QUI AIMAIT LES TUEURS, de Bernard Boudewau
Du même auteur


L’auteur Marc Laine
Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 6 mars 2026



L’auteur, combinant des éléments d’



















Pour apprécier LE CHIEN JAUNE, il faut connaître un peu l’inspecteur Maigret. Le gros Maigret, Jules de son prénom. Un limier aux antipodes des Colombo, Cherlock Holmes et Hercule Poirot. Maigret est un personnage singulier, énorme, dense, consistant doté d’un incroyable flair et d’un instinct exceptionnel.
Pas étonnant que l’imposant Jules soit le héros de plus de 75 romans de George Simenon. Et tous ces attributs se retrouvent dans LE CHIEN JAUNE alors que les cadavres s’accumulent, qu’il y a de la peur dans l’air et de la strychnine dans les verres. Pour résoudre cette affaire, Maigret s’obstine à se mettre dans la peau d’un chien jaune omniprésent à proximité des scènes de meurtres.
Par rapport aux romans policiers modernes, LE CHIEN JAUNE est plutôt dépaysant. C’est une qualité que j’apprécie. C’est un roman très bien écrit, superbement structuré car malgré sa brièveté, il dit tout, n’omet rien. Son seul défaut réside je crois dans l’absence d’indices. Quand il y a des indices, le lecteur travaille, quand il n’y en a pas, il mijote. Fidèle à son héros, l’auteur a caché son jeu jusqu’à a fin.




La Citadelle de Noirepierre. Une vieille forteresse en ruine, habitée par Dieu sait quel esprit maléfique. Du village misérable qui gît à sa frontière, jusqu’à ses marécages hantés, il faudrait être fou pour s’aventurer en pareille contrée. Pourtant, des héros venus de royaumes lointains y ont traîné leurs basques, en quête de richesse et de gloire : ceux qui en sont revenus se comptent sur les doigts d’une main. 
Né en 1992,
C’est sur un train qui sillonnait les régions reculées du nord de l’Ontario qu’est née Gladys. Avec sa fratrie et les enfants de la forêt côtoyés au fil des haltes, elle a vécu sur les rails des années de pur ravissement. A rencontré l’amour. Qu’est-ce qui a poussé cette optimiste forcenée, devenue une femme âgée, à se jeter sur un train puis un autre, échappant à toutes les tentatives pour la ramener à la maison ? La question obsédera ses amis proches et lointains, de même qu’un certain activiste des chemins de fer qui n’en démordra pas : quelqu’un, quelque part, doit savoir ce qui a conduit Gladys si loin de Swastika.



Douze auteurs prestigieux de noir sont ici réunis et, si chacun a son mode opératoire, le mot d’ordre est le même pour tous : nous faire ouvrir grand les yeux au fil de récits qui jouent avec les différentes interprétations de la vision.




