Les dieux s’amusent

Commentaire sur le livre de
DENIS LINDON

*Il y a un peu plus de trois mille ans, la Terre était peuplée d’une multitude de divinités qui ne cessaient d’intervenir dans les affaires des hommes. À bien des égards, ces dieux ressemblaient fort à des hommes ordinaires : ils étaient orgueilleux, avides, paresseux, gourmands, menteurs, mesquins, rancuniers, jaloux, frivoles, capricieux et violents ; il leur arrivait aussi quelquefois d’avoir de bons sentiments. Ils se mariaient, avaient des enfants, se disputaient, se trompaient, se vengeaient et se pardonnaient tout comme le commun des mortels. *

Extrait : LES DIEUX S’AMUSENT, Denis Lindon. Support papier : Castorpoch éditeur (rééd.) 512 pages. Version audio : Gallimard éditeur, 2019, durée d’écoute : 9 heures 2 minutes, narrateur : Jean-Paul Bordes. Format numérique : Flammarion jeunesse éditeur, 2019, 469 pages.

Un précis de mythologie aussi savant que souriant. Un livre passionnant, drôle et instructif qui permet de découvrir les plus belles histoires du monde : les amours de Jupiter, les travaux d’Hercule, les colères d’Achille, les ruses d’Ulysse…

Léger et plein d’humour

C’est un livre léger, rafraîchissant et instructif. Il faut prendre son titre au pied de la lettre. L’auteur démystifie (façon de parler) la mythologie grecque. Il raconte l’histoire et l’évolution des dieux jusqu’à leur dernière invention : un genre de marionnette appelé *humain*.

Denis Lindon raconte les dieux grecs sous un angle différent et novateur. Il prend des libertés par rapport à la mythologie officielle pour autant qu’on puisse considérer une mythologie comme officielle. Il ne s’en cache pas d’ailleurs. Peut -être est-ce au nom de cette liberté que Lindon a laissé glisser des erreurs dans l’histoire.

Il dit par exemple que le Cheval de Troie était une offrande à Athéna alors que ladite offrande était faite à Poséidon. Autre exemple, les 12 travaux d’Hercule qui ne sont pas présentés dans le bon ordre. L’ouvrage comporte plusieurs coquilles de ce genre. C’est la raison pour laquelle il faut se rabattre sur le titre et croire que l’auteur s’est aussi amusé.

Il y a quelque chose de paradoxal dans le fait de dire qu’une mythologie est inexacte puisqu’il n’est question que de légende. À ce chapitre, ma base de référence a toujours été et sera toujours Homère, ainsi que L’HISTOIRE DE LA MYTHOLOGIE GRECQUE de Jeremy Haim publié chez AFNIL et réédité en 2021. Si je me base sur ces références et quelques autres, la crédibilité de LES DIEUX S’AMUSENT est quelque peu discutable.

Il reste que le livre est original et divertissant. Sa version audio est superbe. J’ai trouvé l’ensemble drôle et instructif malgré tout. Son titre donne une bonne idée de l’objectif que s’était fixé l’auteur au départ.

Le livre est divisé en trois grandes parties. La première est consacrée à l’histoire des dieux grecs qui sont présentés comme des magouilleurs indolents, capricieux, menteurs, infidèles, sournois et autres gentillesses du genre.

La deuxième partie est consacrée à l’histoire et la guerre de Troie avec Ulysse en vedette, Achille bien sûr, Ajax, Hector, Pâris, la belle Hélène et plusieurs autres. Enfin, la troisième partie est consacrée à l’odyssée d’Homère qui, sous l’emprise de dieux cruels et fourbes, mettra 20 ans pour regagner sa terre d’Itak après la guerre de Troie.

Bien que ce livre dépoussière la mythologie grecque, que sa présentation soit agréable et sa façon d’aborder les dieux soit amusante, ce n’est pas un livre pour les enfants à cause des thèmes qui y sont développés : guerre, meurtres, cruauté, traîtrise, inceste, jalousie, misogynie et j’en passe.

Les dieux n’étaient pas des enfants de chœur. Il est donc exagéré de dire que c’est un livre pour toute la famille. Pour le reste, c’est une histoire énergique, captivante, qui va au-delà des autres versions. Petit bémol, l’humour prend souvent le pas sur la rectitude.

Suggestion de lecture : LE CHANT D’ACHILLE de Madeline Miller

Du même auteur

Après avoir dirigé pendant quinze ans l’une des plus importantes sociétés françaises de conseil en management, fondé et présidé la Sofres, Denis Lindon est devenu professeur de marketing à HEC et consultant d’entreprise dans les domaines de la stratégie marketing et de la formation des cadres marketing. Denis Lindon est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et d’économie de l’Université de Cambridge (G.-B.). Il écrit aussi des livres pour les enfants.

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 23 juin 2025

Nous sommes là

Commentaire sur le livre de
MICHAEL MARSHALL

*Tandis que Dawn s’endormait pour de bon et que le train atteignait sa vitesse de croisière pour ce trajet d’une heure jusqu’à Rockbridge, chez eux, David ne parvenait pas à oublier un détail. Ce que l’inconnu lui avait dit avant de se fondre dans la cohue… quatre petits mots, assénés comme un ordre. Ou une menace.
―Souviens-toi de moi, avait-il dit. *

Extrait : NOUS SOMMES LÀ, Michael Marshall, publié à l’origine par Orion éditeur en 2013, traduit en 2015 chez Bragelonne éditeur. Format numérique pour la présente, 1084 pages.


Lorsque David bouscule un inconnu à New York, ce qu’il entend va changer sa vie pour toujours : Souviens-toi de moi. A présent, des phénomènes étranges ne cessent de se produire, et David ne parvient pas à se départir de l’impression que quelqu’un l’observe.

Puis John et sa compagne Kristina viennent en aide à une amie se sentant suivie en permanence. En creusant un peu, ils déterrent quelque chose d’inimaginable. Il existe des êtres cachés dans l’ombre, qui observent, attendent. Prêts à sortir…

Dans l’ombre
Nous avons passé notre vie à vos côtés.
Nous savons qui vous êtes.
Nous savons où vous vivez.
Vous ne pouvez pas nous voir,
mais soyez-en sûrs :
Nous sommes là.


Un thriller fantastique
qui appelle à la patience

L’objet du livre est intéressant : une espèce de sixième sens, perception extra-sensorielle, une impression obsédante. Maintenant, ajoutons à cela un peu de tangibilité avec des phénomènes aux limites du palpable : *…Ils disparurent de nouveau…David ne les voyait plus mais il sentait leur présence. Il y avait des gens dans le parc, des gens qu’il ne pouvait pas voir. * (extrait)

Bien sûr, certains évènements mettent la puce à l’oreille et lancent l’intrigue : David qui bouscule un inconnu qui lui dit *souviens-toi de moi* ou une jeune femme qui à la lourde impression d’être suivie et qui a besoin d’aide.

Ils découvrent alors quelque chose d’impensable…monde parallèle, autre dimension, anges ou démons, ami imaginaire, fantôme, hallucinations ou disons une imagination débordante ou simple supposition… : *Elle avait émis l’hypothèse que les gens ne partaient pas vraiment quand ils décédaient ou quelque chose comme ça…Oh Seigneur. (Extrait)

C’est une intrigue assez bien développée. Je l’ai trouvé originale. Malheureusement, le récit a une faiblesse pour le moins irritante : un important déficit dans le rythme. En effet, le développement de l’histoire est d’une lenteur éprouvante. Il n’y a pas d’action dans cette histoire. Heureusement, L’intrigue a un certain caractère addictif. L’histoire est très longue à démarrer et prendre un sens.

Si l’intrigue garde en haleine jusqu’à un certain point, il faut rester concentré à cause d’une imposante galerie de personnages qui a tendance à noyer l’intérêt. Toutefois, certains personnages forcent l’attention, mon préféré étant Reinhart, le genre vilain. Qui dans cette histoire semble n’avoir sa place nulle part et pourtant son rôle est capital… un rebelle qui met du piquant dans le récit. J’aime bien. Malgré ses lacunes, le récit vaut la peine d’être lu car il évoque et met en perspective les éléments non-palpables de notre vie : l’imaginaire, l’intuition, le ressenti, la perception, les apparences, les impressions tenaces et jusqu’à un certain point, la prémonition.

Ça pousse au questionnement. Par exemple, savons-nous toujours exactement où nous mettons les pieds? *… y avait une bonne femme. Je l’ai vue. Il n’y avait d’abord personne, et puis elle est apparue de nulle part. Je viens de luis passer à travers, mec. *

Un livre à l’atmosphère très particulière.

Suggestion de lecture : LA FANTASTIQUE ODYSSÉE, de Chérif Arbouz


L’auteur Michael Marshall

Du même auteur

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 22 juin 2025

Le monstre de Kiev

Commentaire sur le livre de
SYLVAIN JOHNSON

<Il n’eut droit à aucun procès et fut rapidement surnommé ―le monstre de Kiev― par les journaux et les citoyens, qui parleraient de son crime pendant des mois. D’autres agressions inexpliquées sur des enfants lui furent rapidement attribuées, sans la moindre preuve. Le lendemain, il était déjà en route pour le goulag, le fameux système carcéral de camps de travail. >

Extrait : LE MONSTRE DE KIEV, Sylvain Johnson, ADA éditeur, 2018, collection Corbeau, édition de papier, 445 pages.

Grigori Tarasovski, un condamné au goulag pour un horrible crime qu’il n’a pas commis, découvre la violence et la folie de son espèce au sein des camps de prisonniers. Toutefois, il s’aperçoit que l’enfer de Sibérie cache autre chose: des entités innommables, monstrueuses, nées d’une légende antique. La source de leur création – et de leurs pouvoirs – est tout près. Une source capable de changer le destin des hommes. Et de les détruire.

Note :
GOULAG : organisme central gérant les camps de travail forcé en Union soviétique. La police politique placée à la tête du système pénal développa le Goulag comme instrument de terreur et d’expansion industrielle. Cette administration pénitentiaire connut une croissance constante jusqu’à la mort de Staline, à mesure que de nouveaux groupes étaient incarcérés et déportés, et que ses prérogatives économiques se développaient. <Wikipédia>

 

L’horreur né du goulag

Quoiqu’original, LE MONSTRE DE KIEV est un roman dur, violent et d’une grande noirceur car on y plonge dans l’atmosphère de la Russie Stalinienne des années 1930 alors que le peuple était écrasé par la paranoïa et la délation. On plonge aussi dans le quotidien d’un goulag, celui de Kolyma, une prison-mouroir sibérienne, basse œuvre d’un régime politique cancéreux.

Je pourrais dire que l’histoire est en deux parties mais son caractère surnaturel est tellement manifeste qu’il est plus juste de dire que l’histoire se déroule en deux temps parallèles mais elle deviendra plus claire pour les lecteurs quand les deux existences s’imbriqueront.

On suit Grigori Tarasovsky, injustement condamné au Goulag, milieu carcéral sibérien d’une inimaginable cruauté qui transformera Grigori en monstre cruel et sans pitié. Une chaîne d’évènements mettra Grigori en présence d’enfants à l’apparence de spectres, venus de nulle part et qui doivent leur subsistance à une entité nommée *la Source* et qui doit être protégée à tout prix.

Par la suite, après avoir hérité de l’énigmatique médaille de Saint-Christophe, Tarasosvky changera de temps et d’espace grâce au concours de deux petites filles : Svetla et Tania, jusqu’à une rencontre ultime, à Montréal. Rongé par un cancer, menacé par la redoutable mafia russe, Grigori ne se doute absolument pas de ce qui est prévu pour lui, par la source…

Sachant que l’auteur, Sylvain Johnson est membre du collectif des CONTES INTERDITS, je craignais un récit gore, aux limites du supportable. Ce ne fut pas le cas. Bien sûr, la plume est crue, directe et froide, mais le récit dans l’ensemble est original. L’histoire est captivante et le style de l’auteur m’a plu.

Toutefois, l’épilogue m’a semblé un peu anarchique et la finale un peu prévisible concernant le destin de Grigori Tarasovsky. Si l’évolution du personnage principal est relativement facile, je ne peux en dire autant des créatures en général et de la Source en particulier. Des détails manquent à ma compréhension. L’aspect surnaturel est indéniable, mais, me semble-t-il, sensiblement sous développé.

Dans l’ensemble j’ai aimé ce livre. Il est bien documenté et m’a appris des choses et bien sûr, il m’a fait frissonner. Bref, c’est une histoire d’horreur qui m’a fait de l’effet.

Suggestion de lecture du même auteur : UN DIEU PARMI LES HOMMES


L’auteur Sylvain Johnson

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le vendredi 21 juin 2025

Le monde selon Garp

Commentaire sur le livre de
JOHN IRVING

*Les yeux de Garp avaient quelque chose d’anormal, chacun roulait dans son orbite indépendamment de l’autre; l’infirmier estima que, pour Garp, le monde extérieur devait sans doute surgir vaguement, puis disparaître, pour ensuite ressurgir de nouveau, à supposer que Garp vit quelque chose. *

Extrait : LE MONDE SELON GARP, John Irving. Pour la présente, édition de papier, Éditions du Seuil, 1980, 596 pages (poche). Format numérique, même éditeur, 2013, 772 pages. Thélème éditeur 2016, durée:  24 heures 53 minutes, narrateur, Bertrand Suarez-Pazos.


Romancier, Garp insère dans le récit tragico-burlesque de sa vie des extraits de son oeuvre, mêlant ainsi la réalité à la fiction au sein même de la fiction. Ce procédé, sans être vraiment original, révèle néanmoins que le monde est pour Garp un univers où c’est l’imagination qui règne. Roman qui mêle allègrement la farce et la tragédie, Le Monde selon Garp montre un univers où les références sont inversées sans tabous : la mère a une virilité d’homme, Robert devient Roberta, les hommes mordent les chiens…

Cependant, il reste quelque chose de sacré, un havre de paix rythmé par le ressac et vers lequel la métaphore liquide ramène toujours : la famille. Garp porte le nom de son père inconnu, sa fille comme sa mère se prénomme Jenny et la silhouette de la demeure familiale du New Hampshire ponctue tout le roman

La pureté et le chaos

Alors qu’en 1943, face à une contraception défaillante, le souci de bien des femmes reste d’avoir un homme sans avoir d’enfant, celui de l’excentrique Jenny est d’avoir un enfant… Et surtout pas d’homme. Elle jette alors son dévolu sur l’obscur et dépressif sergent technicien Garp, « opérationnellement » intact en dépit de son cerveau endommagé. De cette éphémère union naîtra S. T. Garp.

Garp deviendra écrivain au succès mitigé, philosophe de supermarché, conseiller matrimonial, entraîneur de lutte et papa au destin dramatique.

C’est un roman noir et violent sur fond de féminisme extrémiste et de machisme. Son personnage principal est à la fois héros et antihéros dangereux sous le prétexte qu’il est un homme. Sa crainte d’une humanité carnassière et sans âme est telle qu’il se livrera au seul exercice pour lequel il semble destiné : exprimer sa vision du monde, comme homme et comme auteur.

Garp s’exprime d’abord comme homme, dans un monde de femmes frustrées, engagées, de transsexuels et d’esprits tordus, dans l’ombre de sa mère, devenue l’infirmière la plus célèbre du monde, autrice à succès et engagée dans la protection des droits des femmes.

Garp s’exprime aussi comme auteur et il le fait par le biais d’une série de nouvelles mises en abyme dans l’histoire. Je suis peu attiré par cette technique littéraire qui consiste à insérer une histoire dans une histoire. Cela alourdit l’œuvre et n’ajoute pas grand-chose de plus ou de mieux même si la dernière nouvelle, LE MONDE SELON BENSENHAVER semble en dire très long sur la nature de Garp.

on se retrouve avec un récit comportant beaucoup de longueurs, de la redondance qui rendent le tout sensiblement indigeste. Il demeure clair toutefois que Garp voit le monde comme un univers d’horreur qu’il faut fuir ce qui met au jour le caractère cynique de T.S. Garp.

Un dernier point. Ce livre de John Irving a été publié en 1980. La condition des femmes a considérablement changé depuis ce temps même si elle demeure perfectible. Je pense que ce livre a un peu vieilli.

Le livre a tout de même marqué la littérature parce qu’il fait évoluer un auteur avec le cheminement de ses idées, son ressenti, ses relations avec le monde de l’édition et les mécanismes de la création. Cet aspect du livre d’Irving m’a vivement accroché.

Autre point fort, je me suis attaché à la plupart des personnages, en particulier Duncan, fils de Garp et Roberta Muldon, ancien joueur de football des Eagles de la Californie, devenue transsexuelle. Un colosse au cœur sensible.

Malgré son caractère noir et son humour caustique et cru, LE MONDE SELON GARP reste une œuvre phare de la littérature, une tragédie d’une grande intensité avec des trouvailles originales que je vous laisse découvrir comme les *ellen-jamesiennes*, exécrées par Garp.

J’ai trouvé bien meilleur L’ŒUVRE DE DIEU, LA PART DU DIABLE, mais je crois que LE MONDE SELON GARP mérite d’être lu.

Suggestion de lecture : L’ÉCUME DES JOURS, de Boris Vian



L’auteur John Irving

 

LE MONDE SELON GARP de John Irving a été adapté au cinéma en 1983 par George Roy Hill d’après le scénario de Steve Tesich et John Irving. Dans la distribution, on retrouve Robin Williams, Mary Beth Hurt, Glenn Close, John Lightgow, Hume Cronyn et Jessica Tandy. Pour la fiche technique et une bande annonce, cliquez ici.

 

 

Bonne lecture
Bonne écoute

Claude Lambert
le dimanche 15 juin 2025

L’ICKABOG, J.K. Rowling

*Et de par le territoire entier, petits garçons et petites filles jouaient à combattre l’Ickabog, tentaient de se faire peur en se racontant l’histoire de l’Ickabog, et même, si le conte devenait trop convaincant, cauchemardaient de l’Ickabog. *

Extrait : L’ICKABOG, de J.K. Rowling. Édition de papier : Gallimard Jeunesse éditeur, 2020, 400 pages. Édition numérique : Gallimard Jeunesse éditeur, 2020, 316 pages. Version audio : Audible studio éditeur 2020, durée d’écoute : 7 heures 50 minutes, narratrice : Aïssa Maïga.

La Cornucopia était un petit royaume heureux. On n’y manquait de rien, le roi portait la plus élégante des moustaches, et le pays était célèbre pour ses mets délicieux : Délice-des-Ducs ou Nacelles-de-Fées, nul ne pouvait goûter ses gâteaux divins sans pleurer de joie !

Mais dans tout le royaume, un monstre rôde : selon la légende, l’Ickabog habitait les Marécages brumeux et froids du nord du pays. On disait de cette créature qu’elle avait de formidables pouvoirs et sortait la nuit pour dévorer les moutons comme les enfants. Des histoires pour les petits et les naïfs ? Parfois, les mythes prennent vie de façon étonnante…

 Un conte de fantaisie et de
petits frissons

L’Ickabog est un conte dystopique, politique et à certains égards, satirique. L’histoire se déroule dans un royaume appelé La Cornucopia où règne le roi Fred Sans-effroi dont on ne connait finalement que la vanité et l’insipidité et qui n’est rien d’autre que la marionnette de son conseiller suprême, Lord Crachinet, avide de pouvoir et de domination.

Crachinet utilise une vieille légende pour s’enrichir et étouffer le peuple : L’ICKABOG, une créature mythique à qui on prêtait la volonté de dévorer les enfants, entre autres. Invention ou réalité? Ce qu’on peut dire est que la vérité transformera le royaume à tout jamais grâce au courage et à l’empathie de deux enfants : Bert et Daisy.

Il m’a été difficile d’adhérer à cette histoire à cause de ses personnages adultes que je trouvais parfois insignifiants et qui frôlent la carricature. Il y a aussi des passages qui traînent en longueur. Son intrigue est linéaire et métaphorique et tient peu compte des réalités du peuple qui vit sous le joug de Crachinet.

L’écriture est superficielle et oppose de façon peu originale des méchants très méchants aux gentils trop gentils. Rien de neuf. Ça m’a poussé un peu à l’ennui sauf que ce livre comporte des forces qui ont maintenu mon attention. Des petites trouvailles pas mal intéressantes qui enrichissent l’histoire.

Par exemple, la <néance>. C’est un principe Ickabog qui donne à la naissance d’un petit un sens philosophique très profond et qui veut que le nouveau-né adopte la nature des personnes présentes à sa naissance. Cette trouvaille et quelques autres m’ont réconcilié avec l’histoire car elles en disent long sur la connaissance de la nature humaine.

L’ICKABOG est un récit axé sur les dérives du pouvoir. Il repose sur les pires côtés de la nature humaine : pouvoir, domination, manipulation, mensonge, traîtrise, meurtre, soumission, abrutissement et j’en passe.

Je ne comprends donc pas pourquoi ce livre est classé conte pour enfants de sept ans et plus. Personnellement, je ne recommanderai jamais ce livre aux enfants, sauf peut-être sous réserve de la stricte surveillance d’un adulte et encore.

Le personnage le mieux fignolé dans cette histoire est encore celui qui parle le moins : l’Ickabog lui-même. Belle trouvaille de madame Rowling, pas développée comme je l’aurais souhaité mais néanmoins très intéressante.

Le livre nous rappelle que les vrais monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit et est porteur d’une belle réflexion sur les régimes politiques, les abus de pouvoir et la corruption…entre autres.

Ces détails donnent au conte une saveur particulière et c’est la raison pour laquelle je le recommande aux 13 ans et plus. En passant, ne cherchez pas d’analogies ou de ressemblances avec Harry Potter, il n’y en a pas…

Suggestion de lecture, de la même autrice : UNE PLACE À PRENDRE 


L’autrice J.K. Rowling

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert

le samedi 14 juin 2025

TEMPÊTES, Andrée A. Michaud

*… mais je riais comme un maudit malade, comme un gars qui se rend compte que sa maison n’a pas été emportée par la crue printanière, comme un hostie de clown qui vient de défroquer et qui envoie chier sa confrérie de bozos en courant tout nu vers l’océan. *

Extrait : TEMPÊTES, d’Andrée A. Michaud. Version papier et numérique : Québec Amérique éditeur, 2019, 360 et 327 pages. Version audio : Vues et Voix éditeur, 2019. Durée d’écoute : 9 heures 37 minutes. Narration : Andrée A. Michaud.

Épouvante étouffante

Avec ce livre, il s’est produit un phénomène assez rare. La narration était tellement ennuyante et monocorde que je n’ai rien compris à l’histoire. C’état plus une lecture qu’une narration, sans émotion, sans chaleur ni conviction. Bien que j’aie écouté le récit jusqu’au bout, je me suis rabattue sur une version papier car il me semblait que l’histoire en valait la peine.

Il reste que, même en version reliée, TEMPÊTES est une histoire compliquée, difficile à suivre et qui évoque une mise en abyme. Cette histoire se déroule sur les deux flancs d’une montagne malveillante appelée <Massif bleu> alors que se succèdent de violentes tempêtes.

D’une part, on suit Marie Saintonge, une femme instable dans une cabane isolée et secouée par une tempête agressive, figée par la peur, des coups frappés à sa porte, des ombres qui n’ont pas leur place. D’autre part, on retrouve, sur l’autre versant de la montagne, Ric Dubois, homme psychologiquement fragile, terrifié par des spectres et la fureur du massif, pendant que les morts s’accumulent autour de lui à proximité de la <Red river>

C’est un roman très noir, très creusé, trop sans doute. Il s’agit de deux récits en alternance avec tendance à la convergence. J’’ai trouvé qu’ils étaient en dents de scie, sans fil conducteur et sous-développés. Ça manque de détails, de précisions sans distinctions réelles ou évidentes entre le rationnel et le surnaturel. De plus, il est difficile d’avoir une compréhension réelle et complète de tous ces morts.

C’est un thriller psychologique un peu tordu car s’il est question de tempêtes violentes sur le massif bleu, les éléments font rage également dans l’esprit des deux principaux personnages.

Ce qui m’a gardé dans le coup, c’est l’atmosphère, l’ambiance, le non-dit qui entretient la peur, la crainte, le doute, le frisson même. C’est toute la montagne qui vocifère et qui enveloppe le lecteur dans un voile de mystère. J’aime cette aura d’inaccessible, d’obscurité qui imprègne l’histoire. C’est une force, un crédit que j’accorde volontiers à  André A Michaud.

Manquent les explications, le fil conducteur et surtout, une logique qui soutient l’ensemble et qui m’aurait aidé à faire la part des choses. J’ai été enveloppé par l’atmosphère opaque du roman mis disons que j’ai avancé dans cette histoire plutôt péniblement.

Suggestion de lecture : L’EAU NOIRE, de Chloé Bourdon

L’autrice Andrée A. Michaud

De la même autrice

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le dimanche 8 juin 2025

Les malheurs de Sophie

Commentaire sur le livre de
LA COMTESSE DE SÉGUR

*On n’avait jamais vu un enterrement plus gai. Il est vrai que la morte était une vieille poupée, sans couleur, sans cheveux, sans jambes et sans tête, et que personne ne l’aimait ni ne la regrettait. La journée se termina gaiement ; et, lorsque Camille et Madeleine s’en allèrent, elles demandèrent à Paul et à Sophie de casser une autre poupée pour pouvoir recommencer un enterrement aussi amusant. *

Extrait : LES MALHEURS DE SOPHIE, par la Comtesse de Ségur. Publié à l’origine chez Hachette en 1858, collection rose. Réédité plusieurs fois. Pour la présente, CreateSpace éditeur, 2013, 88 pages. Édition numérique libre de droit, 152 pages. Version audio : Audiolud éditeur, 2020, narratrice, Lucille Delanne, durée d’écoute, 3 heures 13 minutes. Disponible en Bd chez Glenat éditeur, 2021, 56 pages. Littérature jeunesse.

Précurseur de la littérature pour enfants

Je lisais récemment sur internet un dossier littéraire qui réactualisait les écrits de la comtesse de Ségur, qualifiant son œuvre d’indémodable. S’il est vrai que la comtesse de Ségur fut précurseur de la littérature moderne pour enfant, je suis heureux de constater que les thèmes qu’elle développe ont été mis au goût du jour par nos auteurs contemporains. L’œuvre de la comtesse a vieilli, il faut bien le dire.

J’ai moi-même lu LES MALHEURS DE SOPHIE quand j’étais à l’école primaire. Je me rappelle que le livre m’avait atteint. Je l’avais apprécié car il correspondait parfaitement aux courants sociaux de l’époque qui mettaient surtout les garçons en valeur. Le machisme couvait.

En effet, Sophie est une petite fille de quatre ans, caractérielle, égoïste, colérique et qui accumule les gaffes et les bêtises parfois cruelles. Le deuxième héros du petit roman est son cousin, Paul, un petit garçon bon, doux, facile et agréable à vivre. Sophie énerve tout le monde et tout le monde magnifie Paul. Classique d’un temps révolu, du moins pour les occidentaux.

Donc par curiosité et soixante ans plus tard, j’ai relu LES MALHEURS DE SOPHIE. J’ai aussi écouté la version audio narrée par Angèle Coutu. J’ai relevé des irritants comme par exemple le niveau de langage de Sophie, 4 ans, beaucoup trop haut perché pour être vraisemblable. L’imagination de ses bêtises est aussi poussée. Il eut été inadmissible que mes parents m’aient laissé jouer avec un couteau et encore moins boire du vin, entre autres.

LES MALHEURS DE SOPHIE est un livre du XIXe siècle et se cantonne encore au XIXe siècle. Toutefois, l’œuvre m’a encore atteint, mais pour des raisons différentes.

L’histoire de Sophie est porteuse de réflexions sur de nombreux thèmes qui ont conservé toute leur actualité : sur les personnes qui ont un irrésistible besoin d’avoir l’attention des autres par exemple, l’inutilité des châtiments corporels, l’équité et l’égalité entre garçons et filles, la place des femmes dans la Société.

L’ouvrage porte également à réfléchir sur des troubles qui n’étaient pas identifiés à l’époque mais qui sont courants aujourd’hui comme les déficits d’attention et l’hyperactivité. C’est un concept d’éducation à parfaire qui sous-tend l’œuvre de la Comtesse de Ségur.

LES MALHEURS DE SOPHIE est un récit intéressant, d’autant qu’il est autobiographique. Il est aussi divertissant même si l’imagination de Sophie est parfois poussée. Je pense qu’on peut faire confiance à l’intelligence des enfants de 7 ans et plus pour faire la part des choses.

Suggestion de lecture : UN VOISIN ÉTRANGE, de Florian Dennisson


Après avoir épousé le comte Eugène de Ségur
Sophie Rostopchine devient
LA COMTESSE DE SÉGUR

Bonne lecture
Bonne écoute

Claude Lambert
le samedi 7 juin 2025

Celle qui brûle

*D’accord, Norman Mailer avait poignardé sa femme avec un canif et William Burroughs avait abattu la sienne, mais c’était une autre époque, n’est-ce pas ? Les gens étaient devenus tellement intolérants, on ne pouvait plus faire ce qu’on voulait en toute impunité. *

Extrait : CELLE QUI BRÛLE, de Paula Hawkins. Édition numérique, Sonatine éditeur, 2021, 1480 KB, 247 pages. Même éditeur pour le support papier, 464 pages. Format audio : Audiolib éditeur, 2021, durée d’écoute 9 heures 19 minutes, narratrice : Cachou Kirsch.

FEU MODÉRÉ

C’est une histoire intéressante quoiqu’un peu tirée par les cheveux. La trame est complexe à cause de l’imposante galerie de personnages et comme c’est un thriller psychologique, les personnages principaux ont été particulièrement bien travaillés. Voyons maintenant un peu ces acteurs.

Un jeune homme, Daniel, est retrouvé mort dans sa péniche. Trois femmes sont dans la mire des policiers pour élucider ce meurtre. Laura, principale suspecte, qui a passé la dernière nuit avec Daniel. Miriam, une femme étrange, proche de Daniel puisqu’elle était sa voisine sur la péniche. Il y a enfin Angela, une alcoolique acariâtre, mère de Daniel.

D’autres personnages s’ajoutent au giron comme Carla, la sœur d’Angela, mariée à un écrivain obsédé par la mort de son fils il y a 15 ans. Enfin, il y a Miriam, une femme énigmatique, empathique, bienveillante qui s’est donné comme un rôle de médiatrice. C’est d’ailleurs pour moi un des personnages les plus fascinants de l’histoire.

Un dernier point important : tous les personnages de cette histoire ont une blessure dans l’âme comme l’écrivain cité plus haut. Les femmes soupçonnées par la police ont toutes vécues une injustice qui a fait basculer leur vie. Une colère couve en elles. Tout ça ne simplifiera pas la tâche de l’inspecteur Barker, appelé gentiment *crâne d’œuf* pour des raisons dont vous devez vous douter. Ajoutons à cela que de son vivant, Daniel était loin d’être sympathique.

L’intrigue a une forte intensité psychologique et est assez bien ficelée. La vengeance est au cœur du récit mais il y a aussi des thèmes secondaires intéressants comme l’écriture et L’auteur. À ce titre Theo Mayerson, l’écrivain encore en deuil de son fils 15 ans après sa mort, est un acteur particulièrement intéressant.

Je dois dire toutefois que la trame est complexe et traîne parfois en longueur, nous entraînant dans le passé puis dans le présent. J’avoues avoir écouté la version audio deux fois pour en saisir tous les éléments et ce n’est pas faute de l’excellente performance narrative de Cachou Kirsch.

L’histoire est bien construite et fort intrigante mais il y a trop de non-dits, pas assez d’émotion. Le *thriller redoutablement addictif promis* dans le quatrième de couverture est un peu fort mais il est vrai qu’il est profondément humain.

Certains personnages m’on fasciné dans cette histoire, le bon crâne d’œuf, malgré son rôle un peu effacé, Théo, l’écrivain qui donne au thème de l’écriture une dimension particulière dans CELLE QUI BRÛLE et surtout la bonne vieille Irène qui semble avoir tout compris.

Malgré sa longueur qui donne au lecteur une forte impression de dilution de l’intrigue, CELLE QUI BRÛLE est une bonne histoire et même un roman fort, suffisamment énigmatique pour retenir votre attention même s’il est susceptible de mettre votre patience à l’épreuve.

Suggestion de lecture : LES PASSAGERS, de John Marrs

L’autrice Paula Hawkins

 

Bonne lecture
Bonne écoute
Claude Lambert
le vendredi 6 juin 2025

LA VIEILLESSE, Simone de Beauvoir

*Le mor <rebut> dit bien ce qu’il veut dire. On nous raconte que la retraite est le temps de la liberté et des loisirs; … Ce sont des mensonges éhontés. La société impose à l’immense majorité des vieillards un niveau de vie si misérable que l’expression <vieux et pauvre> constitue presque un pléonasme ; inversement : la plupart des indigents sont des vieillards.

Les loisirs n’ouvrent pas aux retraités des possibilités neuves ; au moment où il est enfin affranchi des contraintes, on ôte à l’individu les moyens d’utiliser sa liberté. *
Extrait : LA VIEILLESSE de Simone d Beauvoir, Gallimard éditeur 1970. Édition de papier, 800 pages.

Simone de Beauvoir aborde ici les problèmes, politiques, sociaux, existentiels, philosophiques, psychologiques du vieillissement et de la mort. L’essai est composé de deux parties.

Elle explique d’abord sa vision engagée de la vieillesse en démontrant que les sociétés modernes se comportent de façon aussi « dégradante » que certaines des sociétés primitives. Les vieillards sont des bouches inutiles à nourrir. De Beauvoir est en cela un précurseur du combat politique de personnes âgées pour faire reconnaître leurs droits dans un monde qui exclut les anciens.

Dans une seconde partie, l’auteure définit ce qui pour elle peut donner du sens dans l’absurdité d’un monde impitoyable pour les anciens. L’engagement au service des autres dans des projets et des combats politiques donnent même au grand âge des objectifs qui font sens pour la personne elle-même, pour son environnement, pour la société.

 

Un portrait tranchant

Dans son livre en deux tomes, Simone de Beauvoir dresse un bilan très sombre de la vieillesse. Dans le premier tome, elle décrit la vieillesse sur les plans biologique, ethnologique, historique et termine par le positionnement de la vieillesse dans la Société moderne.

Le deuxième tome est beaucoup plus philosophique, fortement empreint de la pensée existentialiste de Jean-Paul Sartre. Elle décrit la vieillesse sur les plans historiques et évolutifs, ce qui comprend la vie personnelle, professionnelle et sexuelle. Elle donne de nombreux exemples fort détaillés de la vieillesse de grands personnages historiques qui ont marqué leur temps en politique, littérature, arts, musique et philosophie.

Il faut comprendre ici que ce livre a été publié en 1970, soit 52 ans avant la publication de cet article. La question pour moi était de savoir si le livre a mal vieilli. Je dirais oui jusqu’à un certain point. Certaines choses n’ont pas changé.

À une très lointaine époque où régnait la loi tribale, on tuait les vieux dès qu’ils devenaient encombrants. Puis on a arrêté cette pratique et on a confiné les vieux dans leur famille où ils sont devenus rapidement gênants, souvent dans l’attente de l’héritage. Puis la famille a éclaté et on s’est mis à parquer les vieux. Aujourd’hui, on parque toujours les vieux ou ils se parquent eux-mêmes ce qui est tout à fait dans le ton de la modernité.

De Beauvoir a raison a bien des égards malgré l’évolution explosive de la Société : La politique de la vieillesse est un échec monumental de la civilisation, un gâchis à l’échelle mondiale.

Le livre est donc empreint d’un certain réalisme mais comporte des irritants comme celui d’être à la remorque de la mentalité des années 1960-70, l’auteure utilisant par exemple un vocabulaire vu aujourd’hui comme celui d’un autre temps.

Elle utilise des mots jugés aujourd’hui dépassés et même à la rigueur, choquants : Décrépitude, gâtisme, dégénérescence, finitude, déchéance, vieillards, etc. Certains modèles d’expression laissent à penser que Simone de Beauvoir est carrément tranchante :

<Le mot -rebut- dit bien ce qu’il veut dire. On nous raconte que la retraite est le temps de la liberté et des loisirs… Ce sont des mensonges éhontés. La Société impose à l’immense majorité des vieillards un niveau de vie si misérable que l’expression -vieux est pauvre- constitue presque un pléonasme.> Extrait. L’auteure va jusqu’à dire que la politique de la vieillesse confine à la barbarie.

Tout ça est trop fort. Je comprends pourquoi cet essai de Simone de Beauvoir a été aussi critiqué par ses contemporains. Il est tranchant et très agressif. Je rejoins l’auteure toutefois quand elle dit qu’il faut complètement revoir la gestion actuelle des aînés, repartir sur des bases réalistes et cesser de considérer les aînés comme des morts en sursis.

En résumé, l’ouvrage est intéressant, quoique pas toujours facile à suivre. C’est vrai, il est d’un autre temps mais il vient réactualiser la situation et le sort de nos aînés qui, nous l’avons vu pendant la pandémie du COVID 19, souffrent d’une tendance de la Société à les mettre sur une voie de garage.

Suggestion de lecture : L’ÉTRANGER, d’Albert Camus


L’auteure Simone de Beauvoir

 

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 1er juin 2025

 

Le Seigneur des anneaux



VERSION AUDIO


Lu par Thierry Janssen

 Amies lecteurs, amies lectrices, chaleureuses salutations. Aujourd’hui, je viens réactualiser la célèbre trilogie de J.R.R. Tolkien LE SEIGNEUR DES ANNEAUX. Cette fois, je commente la version audio réalisée par Audiolib et lue par Thierry Jansen. Comme je ne commenterai que la version sonore, je vous invite à lire ou relire le commentaire que j’ai publié le 1er avril 2019.

L’article comprend mon opinion sur l’histoire, les notes biographiques et cinématographiques. Mon opinion n’a pas changé. Sur le plan littéraire, LE SEIGNEUR DES ANNEAUX est un chef d’œuvre. Cliquez ici pour lire l’article. Cette fois, je veux commenter seulement la version sonore ainsi que l’édition.

Trois anneaux pour les rois des Elfes sous le ciel
Sept aux Seigneurs des nains dans leurs salles de pierre
Neuf aux hommes mortels voués à trépasser
Un pour le Seigneur sombre au trône de ténèbres, au pays de Mordor où s’étendent les ombres
Un anneau pour les dominer tous
Un anneau pour les trouver
Un anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier
Au pays de Mordor où s’étendent les ombres
Extrait : 1er volume audio LE SEIGNEUR DES ANNEAU, J.R.R. Tolkien. Narrateur : Thierry Janssen. Audiolib éditeur, 2018. Durée d’écoute : Volume 1, LA FRATERNITÉ DE L’ANNEAU, 20 heures 52 minutes, Volume 2, LES DEUX TOURS, 18 heures 9 minutes. Volume 3 : LE RETOUR DU ROI, 19 heures 13 minutes.

1 LA FRATERNITÉ DE L’ANNEAU : C’est un dangereux héritage que Bilbo Bessac cède à son neveu avant de disparaître : l’anneau de pouvoir forgé par Sauron et dérobé jadis à Gollum. Le mage noir n’aspire qu’à retrouver son arme et sa puissance, et déjà ses cavaliers font route vers la Comté… Pour leur échapper et détruire la menace que représente cet anneau, le jeune hobbit, Frodo, et ses compagnons commencent la périlleuse traversée de la Terre du Milieu, dans l’espoir d’atteindre la Faille du Destin, au cœur du Mordor.

2 LES DEUX TOURS : Tandis que Merry et Pippin rencontrent les fascinants Ents de la forêt de Fangorn, Aragorn, Gimli et Legolas affrontent les Orques et les Cavaliers du Rohan, avant de rencontrer un mystérieux cavalier blanc. Frodo et Sam, de leur côté, suivent Gollum le long des chemins périlleux qui mènent vers le royaume du Mordor, le seul lieu où l’Anneau pourrait être détruit.

3 LE RETOUR DU ROI : Toujours accompagné de Sam et Gollum, Frodo poursuit sa traversée du Mordor pour atteindre la montagne du destin. Tandis que Gandalf affronte Sauron dans une lutte sans merci, c’est une guerre dévastatrice qui a lieu au pied de Minas Tirith, assiégée par des armées d’orques et de trolls. Aragorn, Gimli, Legolas, Merry et Pippin combattent avec l’énergie du désespoir pour défendre la cité blanche, et avec elle la Terre du milieu toute entière, face à l’invasion des forces des ténèbres.

Un beau moment d’écoute

Ce fut pour moi une très belle expérience sonore malgré l’étrangeté de la traduction. En effet, plusieurs mots et expressions ont été traduits littéralement ou librement. C’est ainsi que Frodon Sacquet est devenu Frodo Bessac, Grand-pas est devenu l’Arpenteur, Fondcombe est devenu Fondeval et j’en passe.

Certains noms sont demeurés les mêmes comme la dame de Loriens, la belle Galadrielle et son époux Clayborne par exemple. Et au moins, Gandalf est demeuré Gandalf

Bien sûr, pour ceux et celles qui ont LU LE SEIGNEUR DES ANNEAUX ou qui ont vu la version française de la trilogie cinématographique, et il y en a des millions, cette nouvelle traduction est dérangeante. Je n’ai pas très bien compris ce choix de l’éditeur. Mais, bon, c’est irritant mais surmontable.

Il est impossible pour moi d’oublier ma lecture de la trilogie. Elle demeure inoubliable. Mais avant d’ÉCOUTER la version audio, il est préférable d’oublier momentanément les versions du septième art.

Quant à la narration, Thierry Janssen a fait, je crois un excellent travail. Bien sûr, avec l’énorme quantité de personnages à incarner vocalement, certaines voix sont moins bien réussies mais c’est un détail. Ce qui est important, c’est que la voix de chaque personnage de la communauté de l’anneau soit distincte et bien travaillée. À cet effet, Janssen ne m’a jamais déçu.

Bref, j’ai beaucoup aimé cette version audio et sur le plan littéraire, LE SEIGNEUR DES ANNEAUX demeure dans le top dix de mes meilleures lectures à vie. Bientôt, je ferai le même exercice avec LA TOUR SOMBRE, la célèbre octalogie de Stephen King. J’ai très hâte de vous en reparler. 

Bonne écoute
Claude Lambert
le samedi 31 mai 2025