*Les hommes se signent. Gonzague ne dit mot.
Ses mains tremblent, son cœur s’agite. Il
N’aurait pas dû ouvrir le cercueil.* (Extrait)
LA DALLE DES MORTS, Daniel Lessard, Éditions
Pierre Tisseyre, 2019, édition de papier et numérique,
350 pages.)
Basé sur des faits vécus qui ont traumatisé le petit village de Saint-Léon-de-Stanton, au point que les séquelles s’en font sentir encore aujourd’hui, le livre nous replonge dans le Québec profond à l’époque de la Grande noirceur, quand l’Église toute puissante dictait la conduite des catholiques du berceau jusqu’au tombeau. La dalle des morts raconte l’histoire macabre et tragique d’une guerre ouverte entre un curé et ses ouailles autour du déménagement du cimetière paroissial. Peuplé de personnages plus grands que nature, LA DALLE DES MORTS est un roman qui montre la vie dans le Québec rural à une époque aujourd’hui difficilement imaginable.
LA BALLADE DES CIMETIÈRES
*J’ai des tombeaux en abondance
Des sépultures à discrétion
Dans tout cimetière d’quelque importance
J’ai ma petite concession
De l’humble tertre au mausolée
Avec toujours quelqu’un dedans
J’ai des p’tits bosses plein les allées
Et je suis triste, cependant
Car je n’en ai pas, et ça m’agace
Et ça défrise mon blason…*
(Georges Brassens, La Ballade des Cimetières)

J’ai été attiré par le titre et par la très belle présentation du livre. Et je me suis dit aussi qu’il était grand temps que je me penche sur au moins un livre d’un auteur dont j’ai toujours apprécié l’excellent travail de journaliste à Radio-Canada : Daniel Lessard. Je n’ai pas été déçu pour plusieurs raisons. Avec neuf livres à son actif, je me doutais que Daniel Lessard est un très bon conteur. C’est le cas. Il s’est <emparé> de mon attention et l’a gardé jusqu’à la fin avec, entre autres, un personnage central étouffant, le curé Alyre Verreault.
Cet homme d’église est le genre de personnage pour lequel on aime à se lever plus tôt pour le détester plus longtemps. Ensuite, le récit touche à une époque qui m’a toujours particulièrement intéressé. Nous sommes ici dans le Québec campagnard des années 30 et 40, au cœur de l’obscurantisme induit par l’église catholique qui contrôle ses ouailles du premier à leur dernier souffle, entretenant la sempiternelle psychose du ciel et de l’enfer.
Il faut préciser que LA DALLE DES MORTS n’est pas un livre d’histoire mais un roman inspiré de faits réels. Avec une prose remarquable et un langage d’époque soigneusement reproduit, l’auteur relate, de façon romancée, des évènements qui se sont réellement produits entre 1938 et 1946 à Saint-Léon-de-Standon, petit village de la région actuellement appelée Chaudière-Appalaches mais qui faisait partie à l’époque du comté de Dorchester, vaste territoire qui comprenait Saint-Benjamin d’où Daniel Lessard est originaire.
Voici l’histoire abracadabrante d’une guerre ouverte entre un curé frustré et tyrannique et ses paroissiens concernant le déménagement du cimetière paroissial souhaité par le curé. Nous assistons ici à la métamorphose d’un village qui se déchire et où la vie devient impossible, le curé brandissant à tout va le spectre de l’enfer et de l’excommunication.
La crainte de l’église était une réalité à l’époque. Je la verrais difficilement se manifester ainsi de nos jours. J’ai un respect infini pour mes ancêtres, mais j’ai peine à croire qu’ils pouvaient être aussi naïfs, spécialement devant un curé qui n’avait pas grand-chose d’humain.
Ce livre aurait pu s’intituler LA GUERRE DES CIMETIÈRES ou LE MATCH DES CIMETIÈRES si on veut être un peu plus sportif tellement était omniprésente cette question des cimetières qui était profonde, complexe, déchirante avec des effets cruels sur les corps et les âmes alors qu’en réalité toute cette question reposait sur la volonté d’un seul homme, craint mais singulièrement détesté.
J’ai beaucoup aimé ce livre. On voit que l’auteur s’est documenté et a évité le piège du sensationnalisme. Il a aussi évoqué avec brio le quotidien des jeunes gens du village, leurs projets d’amour et de futur malheureusement ébranlés et déchirés par la guerre. En bref, c’est un roman tragique, insolite. Il a quelque chose de noir, de macabre. Mais il se lit bien, il est captivant et, au regard de l’histoire, il est crédible. Un très beau moment de lecture.
Suggestion de lecture : LA MÉMOIRE DU LAC, de Joël Champetier

Daniel Lessard est né à Saint-benjamin-de-Beauce en 1947. Il fait ses débuts à la radio à CKBM-Montmagny en 1969 d’où il passe à CJRC-Ottawa en 69 et à CKAC-Montréal de 70 à 72. Il s’installe à Radio-Canada en 1972 à CBOFT-Ottawa comme journaliste et devient animateur du Ce Soir en 78-79. À titre de correspondant national, il sera affecté à la Colline Parlementaire de 1979 à 1981. Il fut affecté à la couverture des premiers ministres fédéraux de 1981 à 1994.
Il fut donc aux premières loges de grands évènements : rapatriement de la Constitution, congrès au leadership, Meech et Charlottown, référendum, élections générales, etc… Il a évolué à Radio-Canada jusqu’en 2011 alors qu’il était animateur de *LES COULISSES DU POUVOIR. Puis la retraite et, la même année, la publication de son premier roman : MAGGIE. Huit autres romans suivront jusqu’à ce jour. (Site internet Daniel Lessard)
Du même auteur, entre autres :

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 19 mars 2023
France, 1562. Les tensions entre catholiques et protestants s’exacerbent, le royaume se déchire. Le prince de Condé et le duc de Guise se livrent un combat sans merci. Les huguenots sont persécutés, les massacres se succèdent. À Carcassonne, Marguerite Joubert, la fille d’un libraire catholique, fait la connaissance de Piet, un protestant converti dont la vie est en danger. Alors que la violence commence à se déchaîner dans la région, le couple se retrouve bientôt au centre d’un vaste complot lié à une sainte relique. Leur quête va les mener vers une ancienne forteresse, où sommeille un secret enterré depuis des décennies.
Raskolnikov, un jeune homme désargenté, a dû abandonner ses études et survit dans un galetas de Saint-Petersbourg. Sans un sou en poche, le voilà réduit à confier la montre de son père à une odieuse prêteuse sur gages. Convaincu de sa supériorité morale, un fol orgueil le pousse à préméditer l’assassinat de la vieille. Il en débarrasserait ainsi les misérables, quitte à racheter son crime avec l’argent volé. Mais le diable s’en mêle, et le révolté se retrouve l’auteur d’un double meurtre… Ses rêves de grandeur s’effondrent, Le voici poursuivi par un juge et hanté par la culpabilité… La rédemption lui viendra-t-elle de la prostituée Sonia, dévouée jusqu’au sacrifice, ou de l’aveu de son crime ?
En posant les yeux sur ce tableau de Matisse, Marion ignorait quels terribles secrets elle allait déterrer… Étudiante en droit et en histoire de l’art, Marion revient auprès de ses parents à l’occasion d’un stage chez Fabien Goldberg, notaire et homme politique à la carrière prometteuse. Troublé par le charme et l’enthousiasme de la jeune fille, celui-ci l’invite dans le domaine familial et lui fait admirer quelques peintures de grands maîtres. Une toile de Matisse retient l’attention de Marion. Ce Soleil couchant à Collioure ne fait-il pas partie des œuvres d’art disparues pendant la Seconde Guerre mondiale ? Quel que soit le mystère qui se cache derrière cette découverte, il va bouleverser le destin de Marion et de ceux qu’elle aime…
Le commissaire Tahar Agnelli vient d’enterrer son père en Corse. En tant qu’aîné d’une fratrie insulaire devenue orpheline, gérer au mieux la petite famille lui revient de droit. Après les terribles attentats terroristes qui ont traumatisé Paris, le policier n’a pas le temps de s’ennuyer. Côté vie privée, sa jeune sœur songe à prendre le voile et son frère est amoureux d’une beurette universitaire affublée de deux consanguins belliqueux, l’un trafiquant de drogue et l’autre apprenti djihadiste. Dans une atmosphère lourde et menaçante, Agnelli va devoir se recentrer sur l’essentiel. Heureusement pour lui, quelques alliés surprenants, vont lui apporter leur aide.
À la fin de la guerre fédérale des États-Unis, les fanatiques artilleurs du Gun-Club de Baltimore reçoivent du président, une proposition accueillie avec un enthousiasme délirant. Il s’agit de se mettre en communication avec la Lune en lui envoyant un énorme projectile, lancé par un gigantesque canon ! Tandis que ce projet inouï est en voie d’exécution, un Parisien excentrique Michel Ardan, un original, télégraphie au président : « Remplacez obus sphérique par projectile cylindroconique. Partirai dedans. »…


Pour la version audio : narrateur : Pierre Junières. Comédien Théâtre, Metteur-en-scène Théâtre : Animateur radio France Inter, RFI) et télé (France2, France3
Quand Viviane, prêtresse d’Avalon, arrive accompagnée du grand sage Merlin, Ygerne, femme du duc de Tintagel, ne peut contenir la joie de revoir sa sœur. Mais elle est de courte durée. La Dame du Lac lui annonce sa prochaine grossesse – fruit d’une union avec un autre homme – et le destin de l’enfant qu’elle portera : futur Haut Roi de Grande Bretagne, il unira et protégera les peuples présents sur ses terres ainsi que leurs croyances contre les assauts des envahisseurs.
Marion Zimmer Bradley est née en 1930 dans l’État de New York. À dix-huit ans, elle remporte un prix décerné chaque année en Amérique à l’auteur de la meilleure nouvelle. Elle a publié de nombreux ouvrages de science-fiction mais c’est avec ses romans historiques, best-sellers internationaux racontant la merveilleuse légende du Graal, qu’elle est devenue célèbre dans le monde entier. Cette légende fait d’ailleurs l’objet d’une abondante littérature. J’ai déjà commenté sur ce site le Cycle du graal d’après Jean Markale. Pour lire ce commentaire, 

Je me nomme Gabriel Wells.
Bernard Werber fait ses premières armes dans un journal de Cambrai aux rubriques en tout genre, avant de gagner le prix de la fondation News du meilleur jeune reporter qui lui permet de financer son premier vrai grand reportage. A son retour, il devient journaliste scientifique au Nouvel Observateur où il reste 7 ans. Son enquête sur les magnans va lui inspirer son premier roman, Les Fourmis, qui connaît dès sa sortie en 1991, un succès immédiat. Succès qui ira croissant au fur et à mesure de la parution de ses livres (près d’une vingtaine : romans, nouvelles, pièce de théâtre…). Les livres de Bernard Werber sont traduits dans une trentaine de langues.
Après trente ans de prison, Johan Andersson, alias Dédé le Meurtrier, est enfin libre. Mais ses vieux démons le rattrapent vite : il s’associe à Per Persson, réceptionniste sans le sou, et à Johanna Kjellander, pasteure défroquée, pour monter une agence de châtiments corporels. Des criminels ont besoin d’un homme de main ? Dédé accourt ! Per et Johanna, eux, amassent les billets. Alors le jour où Dédé découvre la Bible et renonce à la violence, ses deux acolytes décident de prendre les choses en main et de le détourner du droit chemin…Après son *vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire*, c’est à un malfrat repenti que Jonas Jonasson donne une seconde chance.
Jonas Jonasson est né en Suède en 1961. Son premier roman, LE VIEUX QUI NE VOULAIT PAS FÊTER SON ANNIVERSAIRE, paru en France en 2011 aux Presses de la Cité est un best-seller international. Il a été acheté par 35 pays et a été adapté au cinéma par Félix Herngren. Après l’analphabète qui savait compter, (Presses de la Cité, 2013) Jonas Jonasson a publié en 2016 L’ASSASSIN QUI RÊVAIT D’UNE PLACE AU PARADIS, chez le même éditeur.


