<Peuple ! Vous comptez votre argent, vous buvez,
vous sacrez, vous vous contraceptionnez…Vous
n’êtes même pas capable de vous z’entendre sur un
défunt à refuntiser…Vous n’êtes qu’une pauvre
accumulation de monde. Vous ne serez jamais z’un
village. Jamais.>
Extrait : UN VILLAGE EN TROIS DÉS, Fred Pellerin,
Sarrazine éditeur, 2019, édition de papier. 180 pages.
Un village en trois dés, c’est une nouvelle incursion de Fred Pellerin dans le dédale de Saint-Élie-de-Caxton. On y retrouve la faune légendaire préservée : Méo le barbier décoiffeur, Toussaint le marchand généreux. Aussi, sur ce sixième voyage conté, on a la chance de faire la rencontre d’Alice, la première postière de l’histoire locale, elle qui savait licher les enveloppes dans les deux sens – tant pour les fermer que pour les ouvrir -, et de connaître un peu mieux le curé neuf, mandaté pour redonner du lustre à la foi ambiante du Caxton d’époque. Un village en trois dés, c’est des histoires qui se tiennent en équilibre sur un petit cube de hasard ou de providence.
Sept fois la foi
Ils étaient un nombre.
Ils rêvaient d’un monde.
Ils étaient un voyage.
Ils rêvaient d’un village.
Extrait


Encore une fois, je suis entré dans l’univers de Fred Pellerin. Je me suis offert une enrichissante visite spatio-temporelle de Saint-Élie-de-Caxton afin par exemple de mieux comprendre les origines de Saint-Élie : *C’est à ce moment précis que le village de Saint-Élie-de-Caxton a commencé à exister. C’était le 12 avril 1865.
Juste avant l’heure du souper. * (Extrait) Ce *moment précis* c’est à vous bien sûr de le découvrir amis lecteurs et amies lectrices dans un des plus beaux passages du récit.
J’avais aussi le goût de retrouver les vieux de la vieille…Méo le barbier décoiffeur, Lurette la Belle, héroïne du chapitre UNE MALLE POUR UN BIEN. J’ai fait aussi la connaissance d’une p’tite nouvelle : Alice, la première postière de l’histoire locale, elle qui savait licher les enveloppes dans les deux sens – tant pour les fermer que pour les ouvrir – Extrait
Et puis, j’étais curieux de rencontrer un nouveau ptit curé, un flambant neuf, gracieuseté de Monseigneur L’Évêque, un petit cadeau disons non-désintéressé, l’évêché souhaitant brasser les âmes un p’tit peu et revitaliser la foi. C’est ainsi que j’ai revisité Saint-Élie-De-Caxton, à travers six petites histoires qui, comme le mentionne l’éditeur, se tiennent en équilibre sur un petit cube de hasard et de providence.
Qu’est-ce que les dés ont à voir avec Saint-Élie-de-Caxton? Évidemment, je l’ai découvert en cours de lecture et ce fut pour moi, tout à fait inattendu comme évènement, le tout reposant sur ce que je pourrais appeler le mot-clé et même le fil conducteur du petit recueil : LA FOI. Quelle finale remarquable. J’en ai eu quelques petits frissons d’émotivité. Encore une fois j’ai pu goûter la belle écriture aérienne de Fred Pellerin qui attise les émotions, pousse à la réflexion et nous gratifie d’un petit vent rafraîchissant.
Comme je l’ai ressenti en lisant L’ARRACHEUSE DE TEMPS en 2016, je me suis lové dans la plume de Fred qui est d’une grande richesse, la richesse des mots de chez nous…fantaisies, expressions colorées ou tordues, jeux de mots qui arrachent rire et sourire. La beauté de l’écriture est la garantie d’une lecture riche en émotions et génératrice de réflexion : *La connexion entre êtres humains existe depuis plus longtemps que le Wifi. On nommera cette chose EMPATHIE. * (Extrait)
Le récit laisse-t-il à penser que Saint-Élie-De-Caxton a été créé sur un coup de dés? À vous de le découvrir. UN VILLAGE EN TROIS DÉS est donc une lecture, légère, rafraichissante et agréable que je n’hésite pas à vous recommander. Fred Pellerin manie la langue avec habileté, joue avec les mots et privilégie le langage du Caxton :
*Ils ont bâti une église et se sont commandé un curé. Nous étions alors à cette époque où le curé était chose courante dans le sens de la régularité, comme dans celui de la mobilité. Tu voulais un curé ? Tu appelais l’évêché et il t’en mettait un sur la route, emballé sous vide livré la journée même. * (Extrait)
Dès le départ, vous pourriez être séduit par la première de couverture. Sur l’illustration, un dé tombe du clocher d’une église. À la fin de ma lecture, je me suis dit que c’était superbement imaginé. J’ai adoré. Apprêtez-vous à entrer dans un monde de légendes…
Suggestion de lecture: LA MAISON TELLIER ET AUTRES CONTES, Guy De Maupassant

Les histoires de Fred Pellerin sont celles de son village: Saint-Élie-de-Caxton, petit village québécois de la Mauricie, « où les lutins et les fées s’écrasent dans les pare-brise le soir ». Anecdotes, potins, rumeurs passent à la moulinette de Fred Pellerin pour en ressortir sous forme de contes pour adultes.
Et la force de ce formidable bonimenteur est, sans être démagogique, de nous raconter des histoires… toujours vraies! Fred Pellerin met des enjoliveurs à la surréaliste banalité, brasse notre mémoire collective par ses acrobaties verbales. Fred Pellerin, figure emblématique du conte au Québec, s’est aussi illustré au-delà de nos frontières. Quarante-trois ans et plus de 4000 représentations professionnelles au sein de la francophonie mondiale.
AUTRES LIVRES DE FRED PELLERIN

Bonne lecture
Claude Lambert
Le dimanche 19 novembre 2023



Extrait de l’adaptation cinématographique de INDIAN HORSE de Richard Wagamese sorti en salle en 2018, réalisé par Stephem Campanelli, scénarisé par Dennis Foon. L’histoire est surtout centrée sur un jeune canadien des premières nations : SAUL CHEVAL INDIEN un Ojibwe du nord ontarien. Le destin amène Saul à survivre au pensionnat indien et devenir un joueur de hockey étoile. Le film a principalement tourné à Sudbury et à Peterborough et a remporté le premier prix au Festival Du Film de Vancouver. Sur la photo à gauche, Forest Goodluck incarne Saul Cheval Indien à l’âge de 15 ans.
Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. 


Grand centre culturel et marchand du désert, la cité de Sharakhaï est dirigée depuis des siècles par douze rois immortels, cruels et omnipotents. Ils ont écrasé tout espoir de liberté avec leur armée et leur unité d’élite de guerrières. Çeda, jeune fille des quartiers pauvres, va pourtant braver leur autorité. Le lien qu’elle découvre entre les secrets des tyrans et les énigmes de son propre passé pourrait bien changer son destin… comme celui de Sharakhaï. <<douze Rois immortels, protégés par leurs guerrières surentraînées règnent d’une main de fer sur une population à la fois apeurée et révoltée.>> (







La question générale posée dans ce livre est celle-ci: L’HOMME A-T-IL BESOIN D’UNE RELIGION? L’homme ne nait pas pécheur. C’est la religion qui l’a décrété comme tel. L’homme ne nait pas religieux non plus, il le devient par endoctrinement. Historiquement, les religions ont engendré guerre, haine, violence, cruauté…le tout stimulé par l’intolérance. D’après l’auteur, la Bible et le Coran ne sont que des créations littéraires. Non seulement leurs récits n’ont aucune origine divine, mais rien, absolument rien ne peut les légitimer. Une question à long développement, source de débat se pose : À quoi ça sert de prier ?

Vous voyez où je veux en venir. Voltaire marchait sur des œufs. Son traité sur la tolérance visait avant tout le renversement du jugement et la réhabilitation de la famille Callas. Il devait éviter tout emportement et rester à l’intérieur des limites de la diplomatie face à la royauté et à l’Église Catholique. Il a dû souffrir le pauvre. Je ressens sa frustration à travers sa plume : *On dirait qu’on a fait vœu de haïr ses frères; car nous avons assez de religion pour haïr et persécuter, nous n’en avons pas assez pour aimer et secourir*. (Extrait)


Ambrosio, un moine prieur apparemment irréprochable, bénéficie d’une grande crédibilité dans sa région. Tout ce qu’il fait est dicté par la foi. Il semble campé sur le chemin de la sainteté jusqu’à ce qu’un mystérieux personnage s’installe au monastère : Rosario. Dès le moment où Ambrosio se lie d’amitié avec Rosario, sa vie bascule, tiraillé entre son idéal vertueux et une forte attirance pour la chair, car une femme est dans le décor. Le Moine qui pourfendait le mal l’attire maintenant à lui. Il tombe dans la luxure et devient un monstre qui tue, viole et sombre dans la déchéance, se montre sous son vrai jour… pervers…

