TOMBENT LES ANGES de MARLÈNE CHARINE

*Tu nous a fait quoi, là, Choupette ? Dit Boris, un
pli d’inquiétude sur le front. –Je ne sais pas vraiment.
Je suis entrée et j’ai été frappée par une vague de
détresse. Quelque chose de démesuré. De trop costaud
pour moi…C’était une émotion pure…Et puis le froid. Comme
les autres fois.*
(Extrait : TOMBENT LES ANGES, Marlène Charine, éditions
NL.com, 2017, éditions numérique, 1066kb, 274 pages)

Lors d’une perquisition de routine, Cécile, jeune policière désabusée vit une expérience hors du commun qui va faire basculer son existence. Audrey, jolie infirmière de 25 ans met fin à ses jours dans la salle de bain de son luxueux appartement du XVe arrondissement. Elle ne s’y trouve pas seule. Contactée par le lieutenant Kermarec, Cécile n’a pas d’autres choix que d’écourter ses vacances forcées. Et après tout, il est bien le seul à ne pas la prendre pour une cinglée. Ainsi Cécile se lance dans une enquête qui chevauche le surnaturel…une enquête troublante…

ÉMOTIONS À CHAUD
*Un frisson la traversa de part en part.
Elle entoura la tasse de ses paumes,
but une nouvelle gorgée. Les cinq
paires d’yeux fixés sur elle
commençaient à la mettre mal à
l’aise. Surtout avec ce qu’elle était en
train de raconter.*
(Extrait: TOMBENT LES ANGES)

TOMBENT LES ANGES est un thriller policier avec du paranormal en toile de fond. Ça ne réinvente pas le genre mais je l’ai trouvé bien ficelé.  La trame est simple et facile à suivre : une policière à la limite dépressive reprend du service à la demande du lieutenant Merlin Kermarec. Une mort qui a toutes les apparences d’un suicide, mais quelque chose cloche.

L’affaire s’annonce complexe. La policière, Cécile Rivère, a un don. Elle peut voir des entités et ressentir des choses. C’est un don très rare. Mais peut-on faire avancer une enquête sur des preuves surnaturelles ? Le défi de l’auteure était d’insérer le surnaturel à l’enquête tout en demeurant crédible. C’est là l’originalité de l’œuvre. Le point fort.

Autre élément intéressant qui contribue à la crédibilité du récit est le fait que Cécile a peur de son don, elle le craint. Elle l’utilise une fois forcée ou avec parcimonie. Mais dans l’enquête sur la mort d’Audrey, l’infirmière, des entités appellent à la vengeance et leur force est telle que Cécile ne peut la contourner.

Il lui reste à utiliser cette force pour déterminer comment exactement Audrey est morte. Car il est clair pour les policiers qu’il ne s’agit pas d’un suicide. L’enquête est bien travaillée, l’intrigue va crescendo et la finale réserve une surprise. J’en ai eu un petit frisson dans le dos. Mission accomplie pour Marlène Charine, elle m’a tenu en haleine.

Je signalerais peut-être un dernier élément qui m’a plu. Le ou les coupables est ou sont particulièrement monstrueux (Je ne veux pas être trop précis pour ne pas vous enlever le plaisir de la découverte).

L’auteure aurait pu gaver son récit de passages croustillants et d’épisodes de charcutage sanglants, un peu comme l’a fait Sénécal avec LES 7 JOURS DU TALION, mais ce n’est pas le cas. Ça reste très violent mais j’ai senti une retenue de l’auteure et elle a bien servi la trame, particulièrement dans le dernier quart du récit que je peux qualifier de haletant.

Il y a deux irritants principalement. Je les signale même s’ils ne nuisent pas trop à l’œuvre. L’auteure s’étend beaucoup sur l’état d’âme des policiers Rivère et Karmerec, des êtres *bardassés* par la vie, qui ont passé de sales quarts d’heures, qui maudissent leurs supérieurs mais qui sont définitivement policiers jusque dans l’âme.

Et puis, il y a l’inévitable petite romance entre les deux…un petit sentiment, un peu de sexe, quelque chose qui ressemble d’abord à l’amour d’un grand frère et qui devient par la suite plus ou moins mal défini.

Les états d’âme et la romance sont deux clichés extrêmement courants en littérature policière. Il m’arrive toutefois de lire des romans policiers qui sont exempts de ces clichés ennuyeux et bouche-trous. Je ne l’ai pas fait souvent jusqu’à maintenant. Petit point positif, dans le livre de Charine, le sexisme est combattu…jusqu’à un certain point.

Donc en conclusion et pour résumer, TOMBENT LES ANGES développe une enquête extrêmement intrigante. En passant le titre est très bien choisi, vous découvrirez pourquoi. Tout est brillamment lié, tension constante et atteignant un paroxysme à la fin.

Bien que certains passages soient tirés par les cheveux, l’appel au surnaturel demeure crédible. L’auteure a évité la caricature et provoque l’empathie. Bref, un très bon livre qui mérite d’être lu.

Suggestion de lecture : LE SANCTUAIRE DU MAL, de Terry Goodkind

Marlène Charine est une auteure scientifique et nouvelliste suisse née en 1976. Le nez en permanence plongé dans un livre depuis l’enfance, Marlène Charine a sauté le pas de l’écriture il y a un quelques années. Sans doute pour compenser la rigueur de son métier scientifique, ses récits, romans ou nouvelles, ont tous une saveur d’imaginaire. Le Projet Alice, un thriller teinté d’anticipation, est son premier roman.

Intéressé à lire mon commentaire sur le tout premier roman de Marlène Charine ? Cliquez ici.

BONNE LECTURE
Claude Lambert

Le dimanche 31 janvier 2021

Les aventures de Tom Sawyer, MARK TWAIN

*Il avait le visage décomposé et ses yeux exprimaient l’épouvante. Lorsqu’il se trouva en présence du cadavre, il se mit à trembler et, se prenant la tête à deux mains, éclata en sanglots. «Ce n’est pas moi qui ai fait cela, mes amis, dit-il entre deux hoquets. Je
vous le jure sur ce que j’ai de plus cher, ce n’est pas moi.*

(Extrait : LES AVENTURES DE TOM SAWYER, Mark Twain, Culture commune 2012 réed. Tëte de Gondole, numérique 225 pages num.)

Tom Sawyer est orphelin et vit chez sa tante Polly sur le bord du Mississippi. Pas toujours sage, il entraîne son meilleur ami Huckleberry Finn (Huck) à faire l’école buissonnière. Les deux garçons découvrent les joies de la liberté. Ils se construisent une vie idéale de jeux, de baignades, de pêche, et empruntent des chemins inconnus qui les font voyager. Tom tombe amoureux de Becky Thatcher et tente de la séduire sous le regard jaloux de Huck. Ils jouent aux pirates, s’identifient à des personnages de roman et assistent à un meurtre commis par nul autre que Joe le balafré.

UN FLEURON DE LA LITTÉRATURE AMÉRICAINE
*tu sais, on peut se fier à Tom. Il a dit
qu’
il reviendrait. Il ne nous
abandonnera pas. Ce serait
d
éshonorant pour un pirate et il est
trop fier pour faire une chose comme
celle-l
à. Quand il nous a quitté, il
avait sûrement un plan en tête*
(Extrait : LES AVENTURES DE TOM SAWYER)

Il y a quelques années, j’ai pu rigoler un bon coup en visionnant LES AVENTURES DE TOM SAWYER. Je n’avais pas lu le livre. Ce n’est que tout récemment, en consultant les nouveautés sorties sur support numérique que je me suis décidé à lire ce petit chef d’œuvre.

Ce grand classique de la littérature jeunesse du XIXe siècle a conservé toute son actualité jusqu’à aujourd’hui car le récit évoque des thèmes qui ont toujours été chers à la jeunesse : l’amitié, l’amour naissant, la débrouillardise et surtout la liberté avec un grand L.

La liberté est un des thèmes les plus importants aux yeux de l’ensemble de l’humanité, malheureusement, historiquement, ce fut un des droits les plus malmenés. J’ajoute à cela qu’en lisant cette merveilleuse aventure, j’ai été fasciné par la capacité des jeunes de s’occuper avec à peu près rien…ce qui est impensable de nos jours.

Le récit est fortement autobiographique. En effet, Twain s’est inspiré de son enfance, de sa famille et surtout de quelques amis en particulier ou *combinaisons d’amis*, Tom Sawyer, jeune orphelin gardé par sa tante Poly, un gentil chenapan sympathique qui a plus d’un tour dans son sac pour tromper la vigilance de sa tante.

Et il y a bien sûr Huckleberry Finn dont le père est alcoolique et toujours absent. Il vit dans un tonneau, s’habille en guenille et fume la pipe. Mais qu’à cela ne tienne, il est libre et heureux. C’est un personnage énergique, sympathique, un peu naïf, un grand ami de Tom, car sur la vie, ils partagent les mêmes sentiments.

Il y a aussi quelques personnages un peu plus en retrait, Joe Harper et Becky Thatcher, une jolie fille nouvellement arrivée. Becky et Tom sont loin d’être indifférents un pour l’autre. Ils deviendront troglodytes pendant quelques jours et passeront par une kyrielle de sentiments.

Le fil conducteur de ce récit est en trois volets le principal étant que Tom rencontre Becky dont il tombe amoureux. Il y a bien sûr le volet familial : les relations de Tom avec sa famille. Quant à l’intrigue, elle tourne autour de Joe l’Indien un personnage sinistre impliqué dans un meurtre dont Tom a été témoin. L’écriture est d’une grande simplicité.

L’histoire est fort bien développée et comprend de nombreux passages intrigants et ingénieux. Le récit étant surtout axé sur l’action, la psychologie des personnages n’était pas une priorité pour Twain mais qu’à cela ne tienne, au fil des pages, on développe l’impression qu’on connait Tom et Huck depuis toujours et on a envie de s’en faire des amis.

On dit de ce livre que c’est un roman jeunesse mais dans les faits, il a été écrit pour tout le monde en plus d’être actuel dans toutes les époques depuis sa première publication en 1876. J’ai adoré ce livre. J’ai juste trouvé dommage d’avoir un peu trop attendu pour le lire.

J’ai pu faire des liens pas mal intéressants avec la télésérie, une excellente adaptation et surtout, comme je le dis au début de cet article, j’ai rigolé. L’humour est présent partout ce qui est une recette gagnante, je crois, pour inciter les jeunes à la lecture.

LES AVENTURES DE TOM SAWYER demeure pour moi un superbe classique qui met en valeur la liberté bien sûr et le fait que cette liberté s’acquiert, se mérite. Mais le récit pointe aussi du doigt le courage et l’audace car j’ai beaucoup aimé le petit caractère rebelle prêté aux deux principaux personnages. Ça ne les rend que plus attachants encore.

Suggestion de lecture : TARZAN SEIGNEUR DE LA JUNGLE, d’Edgar Rice-Burroughs

Samuel Langhorne Clemens (1835-1910) est un auteur américain natif de la Floride. Il rejoint en 1850 le journal fondé par son frère et y rédige ses premiers articles. Il devient reporter et voyage beaucoup en Europe.

Ses voyages l’inspireront entre autres pour son premier roman LE VOYAGE DES INNOCENTS publié en 1869. Clemens est parvenu à décrire la société américaine d’une façon très novatrice pour l’époque.

POURQUOI MARK TWAIN COMME PSEUDO?
Alors qu’il embarque sur le Mississipi pour rejoindre la Nouvelle Orléans en 1850, Clemens rencontre un capitaine de bateau à vapeur nommé Horace E. Bixby, lequel parvient à le convaincre de travailler pour lui.

De cette rencontre naîtra son pseudonyme : lorsqu’il vérifie la profondeur du fleuve, le capitaine lui crie «MARK TWAIN» : des mots de jargon pour signaler que la profondeur est suffisante.

 Mon adaptation préférée à la télé :

Rolland Demongeot  incarne Tom Sawyer et Marc Di Napoli joue le rôle de Huckleberry Finn dans cette série télé sortie en 1969, très fidèle au livre. La série a été réalisée par Mihai Iacob et Wolfgang Libeneiner. La série a marqué toute une génération.

Bonne lecture
Claude Lambert
le samedi 30 janvier 2021

L’OEIL DE CAINE, le livre de PATRICK BAUWEN

*Seth va mourir, il le sait. Le fait qu’il n’ait que douze
ans n’y changera rien. Quelqu’un va venir le chercher
pour le conduire sur la chaise électrique. On lui mettra
une cagoule sur la tête, on lui attachera les poignets
et les chevilles. Puis on le fera griller. C’est aussi simple
que ça. *
(Extrait : L’ŒIL DE CAINE, Patrick Bauwen, Éditions Albin
Michel, 2007, édition numérique, 350 pages)

LE SHOW DE LA FIN=LE DÉBUT DU SHOW
*La scène du hangar disparut. L’image du bas, représentant
la carcasse d’un animal dévoré par les mouches, grossit
jusqu’à envahir l’écran. Sauf que ce n’était pas le corps
d’une bête. C’était celui de Pearl. Thomas demeura pétrifié
d’horreur.  L’image se brouilla…
(Extrait : L’œil de Caine)

L’ŒIL DE CAINE est un roman de type thriller angoissant et très noir. C’est le tout premier roman de Patrick Bauwen publié en 2008 et il frappe fort pour démarrer sa carrière avec un récit ayant pour toile de fond la téléréalité telle que la conçoit Hazel Caine : Dans les émissions ordinaires, le spectateur est roi. Dans la nôtre, il est Dieu. Les gens ont un pouvoir de vie et de mort sur les candidats…virtuellement bien entendu. Ce sont eux qui vous ont élu, vous êtes leur héros.* (Extrait)

Showcaine sélectionne 10 candidats ayant chacun un secret enfoui profond. L’auditoire aura à trouver ce que c’est et voter. Mais voilà…ça ne se passe pas tout à fait comme les candidats l’avaient prévu…*un vieux psychiatre est engagé par Showcaine. Comme il éprouve pour vous de l’affection paternaliste, il vous fait entrer dans l’émission à votre insu, espérant vous refiler goût à la vie. Il donne également le feu vert pour que sa fille y participe. Mais l’un de ses anciens patients guette dans l’ombre.* (extrait)

Dès le départ tout dérape, d’autant plus que le patient en question est un psychopathe tordu, schizophrène, matricide et perturbé par la religion. Mais attention…Showcaine encourage son auditoire à se fier aux apparences. Le petit voyage de départ en autobus devient rapidement une aventure gore avec sexe, torture, mutilation et morts au programme. Un lent carnage, une boucherie.

Et pendant que les candidats meurent un par un, les secrets sont dévoilés à la petite cuillère donnant à l’atmosphère du récit quelque chose de noir, de malsain. Mais qui survivra? Ça prend un gagnant…ça viendra avec de la manipulation, du mensonge et de l’hypocrisie.

Le récit rappelle à plus d’un égard LES DIX PETITS NÈGRES d’Agatha Christie. L’ŒIL DE CAINE est bien sûr plus explicite et plus sanglant. Mais les deux ont un point en commun : ils en disent très long sur la nature humaine lorsque celle-ci est confrontée à la peur et au seuil de la mort.

Ce livre est venu me chercher rapidement et j’y suis resté accroché jusqu’à la finale qui m’a laissé pantois. C’est un huis-clos infernal qui montre jusqu’où pourrait aller la télé-réalité si on la laissait faire. Comme je l’ai déjà expliqué à quelques reprises sur ce site, je considère la téléréalité comme une plaie, une errance dont le contrôle est douteux.

L’imagination déployée par l’auteur dans le développement de son récit est d’une redoutable efficacité. Bauwen fait monter la tension sans jamais fléchir jusqu’à la grande finale qui, même si elle est un peu tirée par les cheveux, m’a permis d’apprécier une intrigue très bien ficelée. J’ai eu un peu de difficulté à développer de l’empathie pour les personnages que j’ai trouvés froids et distants.

Sans jamais m’attacher aux personnages, j’ai pu apprécier la profondeur de chacun d’eux, graduellement au fil du récit. Certains sont un peu surfaits, je pense entre autres à Peter, un enfant autiste qui a autour de 10 ans. Qu’est-ce qu’un enfant faisait dans le lot? Vous connaîtrez la réponse et vous risquez d’être surpris. L’ŒIL DE CAINE est un des meilleurs thrillers que j’ai lus. La lecture est fluide.

Vous devez toutefois vous attendre à des passages extrêmement explicites de nature à soulever le cœur. Comme moi peut-être apprécierez-vous la subtilité de l’auteur déployée entre autres dans le jeu des alliances entre les personnages. Le récit a une dimension sociale et psychologique très intéressante.

Un vrai livre à faire peur…j’ai adoré.

Suggestion de lecture : LA CAGOULE, de François Gravel

De son vrai nom Patrick Bousket, Patrick Bauwen est auteur français né en 1968. Il dirige un service d’urgences en région parisienne et il vit une partie de l’année aux États-Unis. Après L’Œil de Caine, son premier roman dans l’univers de la télé-réalité, il a offert aux lecteurs un nouveau thriller très troublant : Monster dans l’univers de la médecine et des disparitions d’enfants.

Puis en 2010, il est de retour avec son thriller Seul à savoir. Auteur très talentueux, il est également très accessible et échange volontiers avec ses lecteurs sur sa page Facebook. C’est en 2014 que sort son quatrième roman « Les fantômes d’Eden », Il est également membre de la Ligue de l’Imaginaire. Site officiel de l’auteur : http://www.patrickbauwen.com/

Bonne lecture
Claude Lambert
vendredi 4 décembre 2020

ENTRE DEUX TEMPS, livre de HÉLÈNE GOFFART

*Ce monde putride et obscur se désagrégeait peu à peu, et il ne pouvait rien faire pour empêcher cela. Ni sa révolte ni ses larmes ne modifieraient la réalité. Mais, au moins, cet univers vérolé était à lui, et à lui seul. Il en faisait ce qu’il voulait ou ce qu’il pouvait…Et si cela lui faisait du bien, ne fut-ce que par moments, c’était toujours cela de gagné.> (Extrait : ENTRE DEUX TEMPS, Hélène Goffart, Éditions Sarah Arcane, 2018, édition numérique, 215 pages)

Nathan, enfant timide et solitaire, nourrit l’ambition de prouver à tous sa valeur. Il vit dans l’angoisse des brimades, jusqu’au jour où il se découvre un extraordinaire pouvoir : le bang. Peu à peu, il apprend à contrôler ce don étrange. Il profite largement de ses avantages, même si celui-ci s’avère redoutable : tous les êtres vivants qu’il touche pendant le bang meurent inévitablement. Mais un jour, le bang se bloque. Tout est figé. Nathan abandonne peu à peu tout espoir, renonçant à son humanité, jusqu’à ce qu’il rencontre une vieille femme, Lise, comme lui prisonnière du temps.

DU TEMPO ENTRE TEMPS
«C’est donc pour ça qu’on nous avait demandé de venir
en Chine ? Pour aider à intercepter un astéroïde ? (1) Et que
devons-nous faire ? Bloquer le temps pour permettre à
des ingénieurs de travailler sur une fusée d’interception ? »
«Lise…voyons. C’est impossible : Les gens extérieurs à notre
faction ne peuvent rester éveillés dans l’entre-deux-temps.»

(Extrait)
(1) l’astéroïde fait 100 kilomètres de long. Au moment d’écrire ces lignes,
nous n’avons pas la technologie pour arrêter un tel bolide géo croiseur »

Ce livre est venu me chercher dès le départ parce que quand j’étais jeune, je rêvais de pouvoir maîtriser le temps : l’arrêter, le repartir, voyager vers le futur, explorer le passé. Je m’intéressais donc fortement à cet aspect de la littérature. Dans le livre ENTRE DEUX TEMPS, il n’est pas question de voyage dans le temps, mais bien de BLOQUER le temps…ce qui est déjà pas si mal. En littérature, ce pouvoir a un nom : la chronokinésie.

Voici l’histoire de Nathan, un gamin d’une dizaine d’années au départ. Un garçon timide, pusillanime, solitaire qui n’a qu’un souci : prouver sa valeur : *Comment ? Il avait à ce point travaillé pour montrer sa réelle valeur, et ce connard monumental, ce débile de prof raté, cet artiste de pacotille, le plaçait dans une position où il ne pourrait pas être brillant ? La rage l’envahit…* (extrait)

Un jour, Nathan se découvre un don, un pouvoir extraordinaire : Il pouvait provoquer un bang temporel, c’est-à-dire un arrêt du temps. Un don très pratique pour échapper aux durs de l’école, faire des devoirs en retard… Si Nathan apprivoisait le bang, il n’a compris que trop tard ses effets redoutables. Par exemple, si une personne figée par le temps est touchée pendant le BANG, elle meure et les personnes qui bénéficient du blocage de temps vieillissent trois fois plus vite sans compter une détérioration de l’environnement.

Un jour, un bang est provoqué et Nathan ne peut plus le défaire. Proche du désespoir, il rencontre une vieille femme, Lise de Smet, elle aussi prisonnière du temps, membre d’un petit groupe qui vit la même situation et appelé LA FACTION. Nathan aura des réponses surprenantes à ses questions, mais malheureusement, le BANG ronge son esprit. L’arrêt du temps serait-il définitif? Malgré quelques faiblesses, c’est un livre intéressant.

La subtilité réside en fait dans les effets pervers du blocage temporel et les raisons précises d’un blocage prolongé, ce que l’auteure appelle le *temps-sablier*. Le récit est intriguant mais le rythme change presque brutalement quand Lise fait son apparition dans le décor de Nathan. Lise raconte son histoire et là, le récit s’enlise. Il y a des longueurs, de l’errance.

Certains lecteurs peuvent décrocher à ce moment. Toutefois, l’auteure réajuste le fil conducteur de son récit vers le quatrième quart. Le récit de Lise déstabilise Nathan. Il en devient pratiquement fou. Il est intéressant de voir les effets du bang sur les personnages :

Malheureusement, sur le plan scientifique, l’histoire est totalement sous-développée. Il aurait été intéressant d’insérer dans le récit des règles scientifiques concernant cette notion fondamentale qu’est le temps comme par exemple, la théorie de la relativité.

Une fois bien vulgarisé, le sujet aurait sûrement enrichi l’histoire. J’ai eu aussi de la difficulté à m’attacher à Nathan qui est quelque peu dépourvu d’émotion et de chaleur. Victime du temps, il devenait difficile à saisir. L’empathie n’est pas facile. Malgré tout, l’intrigue est prenante, le sujet est original.

Le caractère sombre du récit va crescendo. J’ai trouvé en effet très intéressant de suivre la dégradation entraînée par le blocage du temps. Enfin le livre propose une intéressante réflexion sur la solitude et sur la vie. Un livre intéressant qui a un peu plus que la note de passage…

Suggestion de lecture : L’ARRACHEUSE DE TEMPS, de Fred Pellerin

NOTE : Hélène Goffart est née en 1976 à Bruxelles, ville dans laquelle elle travaille comme enseignante. Elle aime consacrer son temps à sa famille ainsi qu’aux voyages et à la nature surtout si elle est sauvage. L’univers Fantastique, qu’il soit littéraire ou cinématographique l’a toujours fascinée. ENTRE DEUX TEMPS est son premier roman.


L’auteure Hélène Goffart

Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 7 novembre  2020

UN MANIAQUE AU CHALET, Julie Royer

*Tout y est. Avant de prendre le chemin de la campagne,
il a cambriolé un petit commerce, prenant des caméras,
des projecteurs et tout le matériel dont il aura besoin
pour tourner son interprétation d’UN MANIAQUE AU
CHALET. Il sait d’ailleurs où il créera son œuvre. Qui en
seront les vedettes. ET IL SE SENT INSPIRÉ. *
(Extrait : UN MANIAQUE AU CHALET, Julie Royer, SLALOM
2018, Boomerang éditeur jeunesse, papier, 290 pages)


Une fin de semaine de rêve s’annonce pour Charlie et ses amis Louis et Maggie, grands amateurs de films d’horreur. Ils comptent tourner une reprise d’Un maniaque au chalet, la nouvelle œuvre de leur cinéaste favori, Hemon Globill.
Alors qu’ils se préparent au tournage, au chalet des arrière-grands-parents de Charlie, au fin fond de la forêt, un criminel surnommé le Cinéaste s’évade de prison. Il veut lui aussi reprendre le dernier film de Globill, mais à sa façon, pour vrai. Le vieux chalet sera son décor, et Charlie et ses amis, ses « comédiens ».

SCÈNES ET MISES EN SCÈNE
*Louis écoute Stéphanie en avalant
difficilement sa salive. Pour lui,
perdre la vie dans des eaux sombres
et glacées, c’est la fin la plus
ABOMINABLE QUI SOIT*
(Extrait)

C’est un petit livre intéressant pour les jeunes lecteurs de neuf ans et plus amateurs de sensations fortes. Le terme *émotions extrêmes* apparaissant sur le quatrième de couverture est peut-être un peu fort mais les jeunes y trouveront tout de même une bonne dose de frisson et auront un intéressant défi à relever : séparer la fiction de la réalité ce qui demande de la concentration.

L’histoire suit les péripéties de Charlie et ses amis, trois préados grands amateurs de films d’horreur et leurs parents, tous deux cinéastes professionnels. Le cinéaste préféré de Charlie, Louis et Maggie s’appelle Hemon Globill, réalisateurs de films d’horreur comme LA MAISON AUX POUPÉES TUEUSES ou L’OGRE DU CPE. Mais leur film préféré est  UN MANIAQUE AU CHALET qui raconte l’histoire de trois jeunes venus passer une fin de semaine au chalet, dans un endroit isolé, avec leurs parents cinéastes.

Leurs vacances tournent au cauchemar quand un vrai maniaque entre en scène avec sa caméra. Vous voyez où je veux en venir, un maniaque appelé LE CINÉASTE, échappé d’un hôpital psychiatrique veut tourner *à sa façon* une réplique du film de Globill et ses victimes potentielles, Charlie, Louis et Maggie et les parents de Charlie se préparaient à tourner le même film.

Le jeune lecteur ne doit pas perdre le fil de l’histoire car tout au long du récit, il aura à comprendre dans quel film il se trouve exactement : *Couvert de boue, un spectre ligoté rampe sur le sol, près de la rivière à côté de la chaloupe, en déployant de grands efforts pour se relever. -C’est…c’est…c’est…le…le…fan…LE FANTÔME DE LOUIS, bégaie Marie qui tremble de tous ses membres. * (Extrait)

Dans les moments les plus dramatiques, les jeunes lecteurs devront s’assurer de bien cerner le texte pour séparer la fiction de la réalité du texte. Il faut prendre cette nécessité de concentration comme un intéressant défi de compréhension de texte…un défi tout à fait à la portée des jeunes.

Je ne peux pas dire que ce récit tranche par son originalité. Mais il m’a paru évident que la principale force du livre réside dans sa présentation : une écriture fluide, des chapitres courts et ventilés, des grosses lettres, une utilisation ciblée et efficace des caractères gras, un développement modérément rapide, une intrigue soutenue, un texte bien encadré par les magnifiques illustrations de Sabrina Gendron.

La seule faiblesse que j’ai trouvée au récit est un certain manque d’émotions par endroit. Il m’a semblé que les enfants traduisaient mal la peur qu’ils ressentaient pour certains passages du récit. À ce niveau, le texte manque de constance. Mais j’admets volontiers que la perception des jeunes peut-être très différente de celle des adultes.

Les jeunes ont toujours été attirés par la littérature et le cinéma d’horreur. Je n’ai pas fait vraiment de recherches sur le sujet mais c’est un fait avéré. Les jeunes aiment avoir peur et les adultes ne donnent pas leur place dans la recherche de frissons. Moi-même, je suis un amateur inconditionnel. Cette littérature est en développement au Québec actuellement et le live de Julie Royer y ajoute un élément plus qu’intéressant.

Suggestion de lecture : LA VIE QUAND-MÊME UN PEU COMPLIQUÉE D’ALEX GRAVEL-CÔTÉ, de Catherine Girard-Audet

Julie Royer est titulaire d’un certificat en arts plastiques, d’un baccalauréat et d’une maîtrise en études littéraires. Depuis vingt-quatre ans, elle va où on l’invite, avec ses chansons, ses livres et sa guitare, afin d’éveiller les enfants à la lecture. Elle écrit des livres pour les petits et les grands. Elle écrit et coanime Gribouille Bouille, diffusée sur COGECOTV . En 2015 et en 2016, son émission reçoit le trophée COGECOTV pour la meilleure série télévisuelle destinée à la jeunesse. 

Bonne lecture
Claude Lambert

Le dimanche premier novembre 2020

VIES PARALLÈLES, le livre de SONIA BESSONE

*Je vais vous expliquer pourquoi je vous casse
les pieds. Parce que je ne suis pas heureuse.
J’aime mon travail mais ma vie est nulle. Je
m’accroche à un type qui préfère vivre avec
ses bières et son whisky. Et la seule chose qui
me distrait, qui me sort de cet enfer, ce sont
vos bouquins.>

(Extrait de TERENCE WILKES, une nouvelle du
recueil VIES PARALLÈLES de Sonia Bessone,
Nat éditions, 2014, versions numériques, 248p.)

La bulle humaine
*Je n’appartenais plus à personne, j’étais libre.
Un affranchi. Curieux de voir le monde, et de
choisir moi-même à qui dispenser les petits
bonheurs dont j’étais chargé. En une fumée
évanescente, je me suis enfui. Mon rêve à
moi : la liberté !*
(Extrait : VIE PARALLÈLES recueil de nouvelles)

VIES PARALLÈLES est un recueil de nouvelles dont la première, TERENCE WILKES est bâtie comme un roman et en a la longueur, occupant 80% du volume. C’est un recueil très intéressant et Terence Wilkes m’a fasciné. Malgré ses énormes succès d’auteur, Terence Wilkes abandonne l’écriture pour travailler dans la publicité. Pourquoi ? C’est simple :

*Elle n’avait pas hérité d’un frère ordinaire. Terence avait cette étrange faculté de pressentir les choses… Deviner à quel instant le téléphone sonnerait, sur quelle marche d’escalier s’arrêterait leur mère, qui frapperait à la porte…il présageait les choses et créait la vie. Malheureusement, un jour, il n’avait pas prédit que sa femme se donnerait la mort et une vie avait été détruite. * (Extrait)

Dans son deuil qui ne finit pas de finir, Terence Wilkes qui a peur de ses facultés, de ses écrits, qui angoisse sur lui-même se cherche au milieu de son petit monde. Un jour, cherchant toujours à comprendre le sens de la mort, celle de sa chère femme en particulier, Terence laisse entrer dans sa vie une fan de ses livres : Jenny, une jeune fille à la vie agitée, malmenée par son ami, macho et alcoolo.

Avec des trésors de patience et de finesse, elle se fera accepter par Terence. Est-ce qu’ensemble, ces deux égratignés de la vie pourraient aboutir à quelque chose. Ses écrits se répercutant sur la vie de ses proches, Terence aurait-il quelque chose à voir avec la mort de sa femme.

Avec un amour mutuel allant crescendo, très très graduellement, Jenny et Terrence vont apprendre ensemble à accepter leur passé et bâtir leur avenir.

Les écrits précurseurs et leur effet sur la vie réelle ne sont pas une innovation en littérature mais je me suis attaché aux personnages dès le départ. J’ai été séduit par l’intelligence et la finesse de la plume de Bessono, sa modération aussi et son humour. Elle a développé le caractère fantastique de son récit sans tomber dans le spectaculaire et le tape-à-l’œil.

Elle a dosé avec habileté rebondissements, intrigue et retournements avec une dose d’inexpliqué…de…disons surnaturel. Ce récit m’a fait vibrer. Il s’en dégage une émotion très forte. Évidemment c’est long pour une nouvelle et le récit met malheureusement un peu dans l’ombre les quatre autres nouvelles qui complètent le volume.

Ce sont quatre petits textes dans lesquels le thriller se fond dans le fantastique : LE MIROIR : quatre amis voient leur vie basculer à cause d’un miroir. DE L’AUTRE CÔTÉ DU MUR : une autre forme de réflexion sur le sens de la mort et peut-être même une raison pour laquelle on a pas à la craindre.

UN ANGE PASSE. Cette autre nouvelle est une réflexion sur la mort d’un amour et la possibilité d’une renaissance. LE FUGITIF : un être sacrifié par les Dieux et désigné pour rappeler aux hommes la grandeur de l’œuvre de l’être suprême…

J’ai toujours l’impression qu’il y a un lien entre les nouvelles. Ce n’est pas une suite, une continuité…seulement une espèce de lien comme si les nouvelles se complétaient et s’enrichissaient les unes les autres afin de remettre aux lecteurs des éléments de réflexion, ldans un style apaisant.

Enfin, un mot sur l’introduction au recueil, LA VIEILLE ROUTE. C’est un texte un peu déroutant. On pourrait presque lui faire dire ce qu’on veut. Mais ce texte m’a fait voir le recueil comme une route…avec de nombreux embranchements, mais tout en convergence. L’auteure nous prépare à longer la route…celle qui nous confronte avec la vie…tout se tient dans ce recueil qui porte vraiment bien son titre.

Le tout se lit très bien. C’est le lecteur qui est le fil conducteur. Avec la première nouvelle toutefois, j’aurais souhaité quelque chose de plus long, de mieux nourri. J’aurais préféré une meilleure exploitation du sujet pour en faire finalement un roman complet. Mais dans l’ensemble, le recueil m’a ravi.

Suggestion de lecture : L’AIGLE DE SANG, de Jean-Christophe Chaumette

Au moment d’écrire mon article, il y a peu d’informations disponibles sur Sonia Bessone. J’ai toutefois noté ce qui suit sur sa page Facebook :

Les tribulations de Sonia Bessone dans les pays lointains n’étant plus très compatibles avec ses fonctions de mère, elle s’est jetée à fond dans l’écriture. Et ses récits ont tous un petit goût « d’ailleurs » .

Nats éditions lui a attribué des fonctions de parolière pour les B.O. de livre. Une grande nouveauté pour elle, mais elle en est ravie ! Ses projets ? Quelques textes de chansons…Et peut-être libérer tout ce qui sommeille dans le disque dur de son ordi ?!!

Bonne lecture
Claude Lambert
Le samedi 31 octobre 2020

ANNA CARITAS Les damnés, PATRICK ISABELLE

*Tout à coup ça me saisit. Les sueurs froides
dans mon dos. La sensation désagréable d’être
observé…un vertige bizarre que je m’explique
toujours aussi mal. Je scrute les estrades, le
parc. Je lance un regard derrière moi…*
(Extrait : ANNA CARITAS, Patrick Isabelle, Les
éditions les Malins, 2018. éd. papier, 380 pages.)

L’été tire à sa fin et William Walker s’apprête à entamer son secondaire III au collège Anna Caritas. S’il est impatient de retrouver ses amis, et surtout de revoir l’insondable Marianne Roberts, il ne sait pas encore que la rentrée scolaire lui réserve une surprise des plus macabres… Il se passe des choses étranges à Saint-Hector : quelqu’un ou quelque chose met la ville à feu et à sang. Ses amis ont beau le supplier de ne pas s’en mêler, William a l’impression d’être au centre de ces événements terrifiants. Mais comment combattre le Mal quand celui-ci semble avoir une longueur d’avance ? Un mal qui se propage…

AU-DELÀ DU PIRE
*C’est dans ma tête, tout ça.
il faut que ce soit dans ma tête. *
(Extrait)

Anna Caritas est une histoire bien étoffée pour les jeunes lecteurs et lectrices. On y suit le destin du jeune William Walker, un adolescent qui vit à Saint-Hector. Un petit patelin qui a un passé lourd et sanglant et pour lequel s’annonce un avenir aussi meurtrier. William ressent très vite l’étrangeté des évènements dont Saint-Hector est le théâtre. Il sent également qu’il a quelque chose à voir avec tout ça.

Avec ses amis, William tente de comprendre d’autant que les morts semblent s’accumuler selon un certain rituel. Il fera tout pour connaître la vérité, ne tenant plus compte des avertissements de ses amis. William semblait irrésistiblement attiré dans une histoire qui le dépassait. Une chose est sûre : une force met la ville à feu et à sang. Dès les premiers chapitres, l’auteur frappe fort : un incendie à Saint-Hector et pire encore :

*Mes jambes flanchent et je me retrouve par terre. Dans la panique, j’essaie de reculer en faisant aller mes mains sur le plancher, mais je suis au pied du mur. Impossible de m’éloigner. Je voudrais crier mais je n’en suis pas capable…Monsieur Ben s’élance vers moi…-Oh…Mon Dieu…Devant nous, le corps inanimé du vieux Marcel est pendu au plafond par les pieds. Il se balance au ralenti de gauche à droite…* (Extrait)

La suite est un enchaînement de rebondissements et de revirements. Patrick Isabelle poursuit avec brio son histoire dans la lancée du tome précédent, LE SACRILÈGE et mélange dans son récit des touches de fantastiques, de sorcellerie et d’intrigues, le tout bien dosé pour les 13-16 ans. Les jeunes adultes y trouveront aussi leur compte car l’intrigue est captivante et l’atmosphère lourde…

Il semble donc que le cycle de violence et de mort soit relancé à Saint Hector et c’est dans les couloirs inquiétants du sous-sol hectorien que William aura une grande partie de ses réponses mais ça lui coûtera très cher. Ici, Patrick Isabelle prépare le terrain pour une suite non-confirmée d’ANNA CARITAS avec une finale dramatique, un peu rapide et qui m’a laissé sur ma faim.

C’est normal s’il y a une suite me direz-vous mais j’aurais souhaité une finale mieux aboutie. J’ai quand même hâte de lire le tome 3 donc un peut dire mission accomplie pour Patrick Isabelle. En finissant LES DAMNÉS je laisse momentanément William, adolescent attachant et opiniâtre, prisonnier de son histoire et pas seulement…

J’ai trouvé cette histoire bien ficelée, le mystère bien entretenu et le rythme est élevé Le récit véhicule un symbole avec intensité :  Les sociétés secrètes. Elles sont secrètes parce qu’elles ont quelque chose à cacher et le thème est développé avec emphase dans Anna Caritas. Il porte aussi à réfléchir sur l’utilité de telles confréries.

Le livre se lit assez bien de façon indépendante. Mais pour plus de plaisir et de compréhension, je recommande de lire d’abord le tome 1 LES SACRILÈGES dont l’origine de l’intrigue se trouve dans le fameux jeu Ouija, cette célèbre planche alphanumérique censée permettre la communication avec les esprits. C’est prometteur.

Et pas d’erreur…le deuxième tome est à la hauteur…

Suggestion de lecture : LES CONTES INTERDITS, coup d’œil sur la série

Patrick Isabelle est un auteur québécois né à Montréal en 1980. Il connait un succès intéressant avec entre autres sa série ANNA CARITAS et bien sûr son premier livre publié en 2014 : EUX un roman choc qui a contribué à donner aux jeunes le goût de la littérature d’horreur. On peut suivre la carrière de Patrick Isabelle sur www.patrickisabelle.com et sur Facebook : https://fr-ca.facebook.com/public/Patrick-Isabelle

Le livre dont j’ai parlé plus haut, LES DAMNÉS, est le deuxième de la série ANNA CARITAS. Toutefois sur la première de présentation du livre, il n’y a aucune mention *tome 2*. Même si, à la rigueur, le tome 2 peut se lire indépendamment du 1, je vous suggère de commencer par ANNA CARITAS LE SACRILÈGE. C’est ce que j’aurais fait si j’avais su…

Bonne lecture
JAILU/Claude Lambert
le dimanche 25 octobre 2020

 

ÉTRANGES RIVAGES, de ARNALDUR INDRIDASON

*Lombre dun homme vacille sur la cloison, il laperçoit en un éclair : il a le dos tourné et baisse la tête, lair désespéré. Cette vision le fait sursauter avec une telle violence que la lampe lui échappe et tombe sur le sol où elle séteint à nouveau.*
(Extrait : ÉTRANGES RIVAGES, Arnaldur Indridason, Éditions Métailié, 2010, édition
numérique, 300 pages)

Erlendur est de retour dans ce roman noir d’Arnaldur Indridason. Parti en vacances dans les régions sauvages des fjords de l’Est, le commissaire est hanté par le passé, celui des affaires restées sans réponses comme des évènements sinistres qui se sont déroulés dans cette région bien des années auparavant.  Un groupe de soldats anglais s’est perdu dans ces montagnes pendant une tempête. Certains ont réussi à regagner la ville. Cette même nuit, une jeune femme a disparu dans la même région et n’a jamais été retrouvée. Erlendur veut trouver coûte que coûte ce qui est arrivé… Une histoire étrange…

UN POLAR TRÈS NORDIQUE
*Je n’ai jamais entendu parler de ces gémissements…
Si c’était la réalité, ça impliquerait qu’il était sacrément
résistant…- mais je connais des histoires où il est
question d’une résistance exceptionnelle au froid et
d’un instinct de survie hors du commun…*
(Extrait : ÉTRANGES RIVAGES)

L’histoire se déroule dans une magnifique contrée appelée ISLANDE, littéralement, «terre de glace», un état insulaire de l’Océan Atlantique Nord, situé entre le Groenland et la Norvège. Superficie : 103 000 km carrés. Population : 331,000 habitants. La capitale est Reykjavik. La langue nationale est l’Islandais.

Le climat de l’Islande en est un de toundra, soumis aux vents froids polaires. C’est tout le livre d’Indridason qui respire l’Islande. Même la langue, qui comprend quantité de mots presqu’imprononçables pour les francophones est présente dans chaque page du livre et donne à l’ensemble un rythme agréable de par la toponymie rythmique Islandaise.

L’intrigue du livre se déroule dans les fjords de l’est digne des paysages de GAME OF THRONES (il y a plusieurs lieux de tournages de cette série en Islande) où on peut voir des troupeaux de rennes, des glaciers, des aurores boréales ainsi que les hautes terres intérieures, soumises à d’impitoyables caprices météorologiques. La première chose que je peux dire de ce livre, c’est L’Islande comme si j’y étais.

Le livre raconte l’histoire d’Erlandur,  policier à Reykjavik qui prend quelques jours en vacance et décide d’aller vagabonder dans son patelin natal : les fjords de l’est. Le commissaire est hanté par son passé et obsédé par les disparitions signalées, sur les étranges rivages des fjords. Celle de son frère par exemple.

Mais surtout, cette nuit où les soldats britanniques se sont perdus en pleine montagne pendant une violente tempête, presque au même moment, une jeune femme, Mathildur disparaît et n’a jamais été retrouvée. Pour Erlandur, cette disparition est suspecte. Comme Mathildur était au centre d’un triangle amoureux, Erlandur décide d’aller au bout de la vérité.

La quête d’Erlandur est au cœur du récit. Celui-ci créera involontairement un lien entre son enfance qui le hante et Mathildur. J’ai pu apprécier l’incroyable minutie de l’auteur dans son développement. J’ai été touché par l’opiniâtreté d’Erlandur, policier buté qui  n’était qu’en vacance. Il est obsédé par la découverte de la vérité mais il sait qu’elle fera mal.

*À qui la découverte de la vérité serait-elle utile après toutes ces années, toutes ces décennies ? Pourquoi exhumer des choses que, sans doute, il valait mieux ne pas remuer ? À qui cela profiterait-il ? (Extrait)

En fait, Erlandur ne cherchait pas au départ à résoudre un crime. C’est le crime qui est venu à lui. Indridason a magnifiquement calibré son récit. Son atmosphère est glauque et la ténacité du policier est enveloppante. Imaginez comment Peter Falk pouvait être achalant dans les scénarios de la série COLOMBO. Erlandur est pire.

Mais par le pouvoir d’une plume qui dégage d’intenses émotions, mon cœur est avec Erlandur. On sait ce qu’il veut, on se doute qu’il l’aura, mais comment ? Pour moi, ÉTRANGES RIVAGES est un roman noir dans un cadre blanc, profondément islandais dans son environnement, sa mentalité, son climat dur et imprévisible, son anthroponymie et sa toponymie imprononçables. Le rythme du roman est lent mais l’intrigue est très bien ficelée

Donc j’ai aimé ce livre mais je le répète, je l’ai trouvé dur. Il y a même des passages pénibles qui semble vouloir pousser le lecteur à se demander comment les choses font pour en arriver là. On y trouve tout de même de très belle séquences et l’histoire pousse à une réflexion sur les écarts de l’amour.

Erlandur est attachant même si on peut s’interroger parfois sur ses motivations. Il se dégage de l’ensemble une mélancolie qui pousse un peu à la poésie. Quant à la finale, je l’ai trouvé magnifique, psychologiquement bien manœuvrée. C’était pour moi, une de mes rares incursions dans la littérature islandaise. Je me promets bien d’y revenir.

Suggestion de lecture : LA MÉMOIRE DU LAC, de Joël Champetier

Arnaldur Indridason est né à Reykjavík le 28 janvier 1961. Ses nombreux romans, traduits dans quarante langues, ont fait de lui un des écrivains de polar les plus connus en Islande et dans le monde, avec douze millions de lecteurs.

Il a reçu le prix Clef de verre en 2002 pour La Cité des jarres, et en 2003 pour La Femme en vert et plusieurs autres prix prestigieux dont le prix espagnol du roman noir en 2013 pour Passage des Ombres. Douze de ses romans mettent en scène le personnage d’Erlendur Sveinsson, inspecteur de la police de Reykjavík. Plusieurs autres sont consacrés à des énigmes historiques ou des affaires d’espionnage.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le samedi 24 octobre 2020

 

Les neuf cercles, le livre de R.J. ELLORY

*On perdait une partie de son humanité à la guerre, et
on ne la récupérait jamais. Mais cette fois-ci, même
Gaines était retourné. Une jeune fille morte. Peut-être
noyée, peut-être assassinée, et enterrée dans la vase.
L’exhumer ne serait pas une tâche aisée…*
(Extrait : LES NEUF CERCLES, R.J. Ellory, Sonatine
Édition pour la traduction française,  2014, édition
numérique, 700 pages)

1974. De retour du Vietnam, John Gaines a accepté le poste de shérif de Whytesburg, Mississippi. Une petite ville tranquille jusqu’au jour où l’on découvre, enterré sur les berges de la rivière, le cadavre d’une adolescente : Nancy Denton, une jeune fille mystérieusement disparue vingt ans plus tôt et dont le corps a été préservé par la boue. L’autopsie révèle que son cœur a disparu, remplacé par un panier contenant la dépouille d’un serpent. Traumatisé par le Vietnam, John doit à nouveau faire face à l’horreur et se lancer dans  un combat mené pour une adolescente assassinée et une mère de famille déchirée. Ce qui attend John : une nouvelle traversée des neuf cercles de l’enfer.

UN HOMME…
DE LA GUERRE IMPRÉGNÉ
*J’ai fait ce qui m’a semblé le mieux, et si je dois finir
en prison pour ça, alors soit. Et il y avait l’expression
dans ses yeux, cette espèce d’étonnement, cet espoir
désespéré que son acte effroyable ait pu être bénéfique.*
(Extrait)

C’est un suspense policier à caractère psychologique très centré sur l’horreur de la découverte faite par le Shériff John Gaines du cadavre d’une jeune fille conservé intact dans la boue d’une rivière même après 20 ans, le cœur arraché. Que s’est-il passé exactement. Le livre est très centré sur l’impact psychologique d’une telle vision sur l’esprit de Gaines. Mais le shérif est un ancien du Vietnam.

Il a vécu les neuf cercles de l’enfer vietnamien…il en a vu d’autres…c’est pas si simple… : *Quand vous voyiez un joueur de football blond de 19 ans décapiter un jeune vietnamien de 15 ans, puis rester là à prendre des photos…vous compreniez que le monde ne tournait pas rond…Cette affaire était comparable. La même fascination surréaliste et morbide. Le même étonnement sombre et terrifiant. (Extrait) Malgré lui, et avec cette affaire qui dépasse tout le monde, Gaines revivra les neuf cercles.

C’est un roman très noir dans lequel l’atmosphère étrangle parfois l’intrigue et qui met en scène des personnages transformés par la guerre, mais aussi des policiers dépassés par un évènement d’une incroyable morbidité : Au premier plan, on trouve aussi une famille dynastique typique du sud américain du dernier siècle : la famille Wade, pourrie par l’argent, l’ambition, le pouvoir qui étend ses tentacules dans les sphères politiques et judiciaires.

Le genre de famille avec des membres tordus et sans scrupules à qui il est impossible de dire non. Ainsi s’exprime Earl Wade, le patriarche devenu mentalement instable : *<Un salopard, une putain, un pédéraste et une pimbêche. Voilà le fruit de mes entrailles. On dit que les amis sont la famille qu’on se choisit. Si j’avais le choix, je les renverrais tous sans rien et je donnerais tout mon argent.* > (Extrait)

Vous avez maintenant une bonne idée du décor planté avec un rare souci du détail par l’auteur R.J. Ellory. Reste à savoir comment Gaines dirige son enquête. Je vous laisse le découvrir mais vous pourriez être surpris par l’opiniâtreté du Shérif…opiniâtreté qui tourne à l’obsession et qui nous prépare à une finale tout à fait inattendue.

C’est un livre intéressant marqué par une exploration minutieuse de l’âme humaine. L’intrigue est là mais il y a plus fort encore : l’ambiance, l’atmosphère parfois lourde et dense qui évoque le brouillard. Cet élément consacre l’aspect psychologique du récit. Le rythme du récit est modéré et se concentre sur le mal…l’horreur.

J’ai trouvé le lien avec les neuf cercles de l’enfer un peu ténu pas toujours constant. Il n’y a aucune évocation de Dante, mais ce n’est pas important. C’est le traumatisme de la guerre qui compte et il est omniprésent dans l’histoire. Tout comme le caractère psychologique de l’œuvre, la plume est à la fois forte et sensible.

Une belle exploration de la psyché humaine…à lire.

Suggestion de lecture : LES CLOCHES DE L’ENFER, de John Connoly

Roger Jon Ellory est né à Birmingham en 1965. Après avoir connu la prison à l’âge de 17 ans, il se consacre à plusieurs activités artistiques puis se plonge dans la lecture, et sa passion pour la littérature de fiction ne fait que croître. Ses auteurs de prédilection: sir Arthur Conan Doyle, Michael Moorcock, Tolkien, Stephen King… Entre 1987 et 1993, RJ Ellory écrivit pas moins de vingt-deux romans, chacun lui valant systématiquement des refus éditoriaux, polis mais fermes…

Découragé, RJ Ellory cesse d’écrire jusqu’en 2001, où il reprend la plume avec trois romans en moins de six mois. Mais c’est avec SEUL LE SILENCE, son cinquième roman publié en Angleterre que le public français le découvre. Suivront, toujours chez Sonatine Editions, Vendetta en 2009 et Les Anonymes en 2010 et bien sûr LES NEUF CERCLES.

BONNE LECTURE
Claude Lambert
Le vendredi 23 octobre 2020

VIRUS L.I.V. 3 la mort des livres, Christian Grenier

*Les livres, eux, ne me trahissaient pas.
ils étaient ma réserve de rêve, ma
provision de bonheur. Tout cela, votre
virus l’a anéanti. *
(Extrait : VIRUS L.I.V.3 ou LA MORT DES LIVRES.
Christian Grenier, Éditions or. Hachette jeunesse
1998, 189 pages. Version audio : Audiolib éditeur,
2018, durée d’écoute : 3 heures 34 minutes,
narratrice : Audrey d’Hulstère)

Le gouvernement des Lettrés a interdit les écrans et décrété la lecture obligatoire. Face à cette tyrannie, les Zappeurs se révoltent : en propageant un virus qui efface les mots à mesure qu’ils sont lus. Seule Allis, une jeune fille sourde et muette, semble capable d’identifier l’inventeur du virus et de trouver un antidote. Un roman de science-fiction qui nous fait voyager en 2095, dans une société où l’existence des livres et des écrans est en danger.

LA TOUTE-PUISSANCE DES VOYELLES
*Là, dans la petite pièce de ce centre…, je pris
conscience de l’ampleur du désastre : non
seulement tous les livres qui existaient
allaient mourir, mais personne ne pourrait
plus jamais en écrire.
(Extrait)


Dès le début de ce petit livre, le nom du grand Ray Bradbury est évoqué et pour ma plus grande joie, l’auteur du fameux FARENHEIT 451 allait avoir un rôle capital à jouer dans cette histoire. Pourtant, il ne faut pas s’y tromper. Dans la célèbre dystopie de Bradbury, les livres sont totalement proscrits.

Dès qu’on en découvre on les brûle. Aussi paradoxal que ça puisse paraître, c’est le travail des pompiers.  Dans VIRUS L.I.V.3 OU LA MORT DES LIVRES, ce sont les écrans qui sont prohibés. TOUS les écrans…cinéma, télévision, et surtout les ordinateurs. Les Voyelles, un collège d’érudits formant le gouvernement de lettrés oblige la lecture des livres.

Un groupe de rebelles, les zappeurs zinzins part en guerre contre les Voyelles en mettant au point un virus effroyable qui efface à tout jamais les lettres d’un livre au fur et à mesure qu’on les lit, créant à la place la même histoire mais en réalité virtuelle :

*L.I.V. signifie sans doute Lecture Interactive Virtuelle. Sun, le maître des zappeurs, ou les ZZ, ont dû vouloir mettre au point deux virus L.I.V. successifs. Deux échecs. Mais le troisième…c’est…une réussite. * (Extrait) Vous avez maintenant l’explication du titre.

L’assemblée des Voyelles a délégué l’écrivaine lettrée sourde-muette Allis LC Wonder pour enquêter sur l’origine du virus et trouver un antidote au L.I.V.3 le plus vite possible. Allis entreprend une quête dont je ne parlerai pas ici car vous avez droit à votre part de surprise. Mais cette quête m’a fasciné par son caractère surprenant : un jeu d’alliances et de traîtrise.

Réussira-t-elle sa mission. Une chose est sûre, un piège se referme sur Allis et sa seule façon d’en sortir est de faire intervenir le grand Ray Bradbury.

Ce livre m’a émerveillé à cause du questionnement qu’il soulève sur la pérennité des livres de papier, le tout avec une atmosphère d’intrigue et suspense, des personnages attachants dont les noms de certains évoquent de grands écrivains. Il y a surtout une volonté de croire que le monde littéraire de papier et la technologie peuvent se comprendre, se compléter. J’ai été immergé dans un monde où deux puissantes philosophies s’opposent.

C’est le choc de deux solitudes développé avec ouverture d’esprit. Ce livre, attractif et bourré d’idées ingénieuses, est pour moi, un petit chef d’œuvre de logique et de cohérence qui débouche sur une finale que j’ai appréciée. Il serait intéressant de voir intégrée l’analyse de cet œuvre dans les cours de français de certains niveaux. Je suis sûr que ça donnerait des débats allant dans le sens du raisonnement développé par Christian Grenier.

Comme vous l’avez vu plus haut, j’ai utilisé la version audio du livre. J’ai trouvé très agréable la prestation de la narratrice Audrey d’Hulstère. Eh oui, j’ai utilisé la technologie. Je lis aussi en format numérique.

Malgré tout, ceux qui me connaissent,  connaissent aussi mon attachement indéfectible pour les livres de papier. Vous voyez, les technologies, le papier et moi, nous sommes faits pour nous entendre. Je suis ouvert à tous les supports.

En terminant, je veux mentionner que j’ai senti dans cet opus de Christian Grenier le caractère apologétique de la lecture en général mettant en perspective l’interaction entre écrivains. Aussi, je vous laisse sur cette petite citation qui, je crois, va me suivre le reste de ma vie :

Suggestion de lecture : LA PESTE, d’Albert Camus

*Les livres sont pleins de livres*

Né en 1945 à Paris, Christian Grenier aime la science et la fiction… donc la science-fiction. Il a publié des récits, des essais, et de nombreux romans pour la jeunesse, parmi lesquels La Machination et Le coeur en abîme, Grand Prix de la S.-F. française en 1988. Après avoir été longtemps professeur dans un collège parisien, au moment d’écrire ces lignes, Christian Grenier vit dans le Périgord.

Bonne lecture
Claude Lambert
le dimanche 18 octobre 2020